INVENTAIRES
DE JEAN
DUG DE BERRY
INVENTAIRES
DE JEAN
DUG DE BERRY
(1401-1416)
PUBLIES ET ANNOTES
PAR
JULES GUIFFREY
Membre du Comite des tr'avaux historiques et archeologiqiies
au Ministere de I'lnstriiction publique
TOME PREMIER
PARIS
ERNEST LEROUX, EDITEUR
28, RUE BONAPARTE, 28
1894
fcgrapWe Braun
-Heiio6,Imp.lem%rciet
JEANNE DUCHESSE DE BEE.RY
Dessin de Holbein au musee de Bale
d'apres lafi^ure a§^enouillee dutombeau de Bourses
t
INTRODUCTION
Le troisieme fils du roi Jean II, d'abord comte dc
Poitiers, puis due de Berry, a laisse dans I'histoire la
reputation d'un collectionneur emerite, digne d'etre
compte parmi les amateurs les plus delicats et les plus
passionnes de tous les temps et de tous les pays.
Cette opinion se trouve pleinement justifiee par I'exa-
men des documents qui suivent et dont le texte integral
parait ici pour la premiere fois.
Rien ne fait mieux connaitre les gouts, les mceurs,
les moindres details de la vie intime de nos ancetres
que ces inventaires dont il est superflu de vanter I'in-
teret. Or, parmi les nombreux documents de cette na-
ture conserves dans les depots scientifiques, il n'en
existe peut-etre pas qui egale en importance la liste des
tresors amasses par le due Jean de Berry.
Nous possedons trois inventaires de cette collection ^.es inventaires.
princiere, tous trois de date differente, oifrant tous trois
d'importantes variantes. Le texte de chacune de ces
redactions merite done d'etre connu dans ses moindres
details; c'est le but que nous nous sommes propose, en
■ cherchant a eviter toute repetition inutile. L'ctendue des
descriptions ainsi que les notes nombreuses et precises,
ajoutees en marge des articles, nous renseignent a mer-
veille, non seulement sur la qualite, mais aussi sur la
formation et la dispersion de ces tresors incomparables.
Observons toutefois que les trois inventaires du due
de Berry, dates dc 1401, 141 3 et 1416, repondaient a
• II INTRODUCTION
des neccssites differentcs; aussi leur redaction a-t-elle
garde la trace des preoccupations auxquelles ont obei
leurs auteurs.
Lini'ciit.Tirc Seul, Ic i^remicr de ces documents, conserve au Cabi-
net des manuscrits de la Bibliotheque nationale (i),
ofl're tous les caracteres d'un inventaire proprement dit.
Precede du mandement adressc, en novembre i4oi,aux
conseillers et secretaires du Due, pour leur ordonner de
proceder a la description de ses tresors, ce catalogue a
pour redacteur Guillaume de Ruill}^ garde des joyaux,
qui le commenca au chateau de Dourdan, le 2 decem-
bre 1401. Selon la methode generalement adoptee pour
les textes de cette nature, le garde des jo3'aux se rend
successivement dans les dilTerentes residences de son
maitrc et decrit, Tun apres I'autre, les objets precieux
qu'il rencontre, en suivant I'ordre du classement mate-
riel. Sans doute, par la force meme des choses, il debute
par les articles les plus precieux ou les plus remarqua-
bles; mais il sc preoccupe assezpeu d'introduire dans sa
liste une methode suivie. Du chateau de Dourdan, ou I'in-
ventaire est commence, Guillaume de Ruilly se trans-
pose, le 16 decembre, a Paris, pour continuer les ope-
rations. Le due de Berry ne possedait pas moins de dix
ou douze residences a la ville et a la campagne, commc
on le verra ci-apres; ses joyaux se trouvaient disse-
mines un peu partout dans ses nombreux chateaux. La
description se poursuit done par la liste des pierres pre-
cieuses ou des pieces d'orfevrerie garnissant I'hotel de
Nesle. Les commissaires adjoints au garde des joyaux
s'occupent assidument de ce travail en decembre et Jan-
vier. A I'article 359 finit la premiere partie des collec-
tions conservee a Dourdan et a Paris. Avec le n° 36o,
(i) N" 1 1496 du fonds franfais. Voycz la description matcricllc dc cc
manuscrit ci-apres, t. II, p. i.
INTRODUCTION HI
nous passons au chateau de Mehun-sur-Yevre, une dcs
residences preferees du prince. Les commissaires y con-
tinuent leur travail le i5 mai 1402, et se trouvent en
presence d'une partie des plus belles pieces du tresor.
Guillaume de Ruilly etait a cette epoque sur le point
de remettre les fonctions de garde des joyaux a Robinet
d'Etampes qui resta investi de cette mission de con-
fiance jusqu'aux derniers jours de la vie du prince, et
c'etait pour obtenir la decharge des graves responsabilites
lui incombant du fait de sa charge qu'il avait du proce-
der a cet inventaire detaille.
De Mehun-sur-Yevre la commission se rend a Bour-
ges. La, I'enumeration des richesses deposees dans la
grosse tour est poursuivie sans interruption le 29 mai
1402 et les jours suivants. Ce chapitre va du n'' 65o au
n° 933. Apres une breve mention de quelques articles
dont la place exacte n'est pas specifiee, commence (i), a
la date du 17 aout 1402, la description des manuscrits
conserves en la librairie du Due, au chateau de Mehun.
Puis, vient une serie d'objets remis naguere a Guillaume
de Ruilly par Jean d'Etampes, le pere de Robinet, et
delivres a divers particuliers par le depositaire, sur Tor-
dre ecrit du prince (2). Naturellement, cette derniere
categorie de joyaux ne reparaitra pas dans les inventaires
suivants. Le volume se termine par la nomenclature des
draps d'or et de sole, des ornements de chapelle, linge,
chapes, etc., confies, en fevrier 1403, a la garde de
Guillaume Fauvete, bien que le titre du chapitre desi-
gne, comme depositaire de ces articles, Robinet d'Etam-
pes. Le parement d'autel, brode de nombreuses figures,
dont la minutieuse description figure dans I'article der-
nier {n° 1 3 17), merite une attention particuliere. Nous
(i) N" 959 ct suivants.
(2)N- 1081-1187.
IV INTRODUCTION
connaissons peu d'ornements de ce genre aussi magni-
fiques. Gelui-ci, donne par le Due a I'eglise de Ghartres
et signalc dans tous les inventaires du tresor de cette
eglise, ne fut detruit qu'en 1793, commc M. de Mel}^ I'a
constate dans une etude recentc sur ce chef-d'oeuvre
de I'art de la broderie (i).
Une notable partie des plus beaux joyaux enumeres
dans le manuscrit de la Bibliotheque Nationale avait
cesse d'appartenir au due Jean lorsque fut redige le
compte de Robinet d'Etampes qui constitue le deuxieme
inventaire en date des collections ducales.
SahiTe'-cfiJpeiie ^^^^^ <^^ ^^ dcdicacc de la Sainte-Chapelle construitc dans
de Bourg^es. j^, p^j^jg ^^q Bourgcs, Ic prince dota sa nouvelle fondation
d'un choix de ses plus beaux joyaux. G'est ainsi que beau-
coup d'articles, portes sur I'inventaire de 1401, ne repa-
raissent pas sur les catalogues d'une date plus recente.
Ges dons sont d'ailleurs soigneusement consignes sur
le manuscrit de la Bibliotheque. II subsiste encore
d'autres temoignages authentiques des largesses faites
a la Sainte-Ghapelle de Bourges. G'est d'abord un petit
cahier sur papier, recemment entre a la Bibliotheque
Nationale (2), renfermant une liste de 348 articles, joyaux
d'or et d'argent, manuscrits religieux et ornements de
chapelle, donnes au sanctuiare lors de sa dedicace ou dans
le cours des annees suivantes. La plupart des objets
inscrits sur cette liste sont mentionnes dans I'inventaire
de 1401 ; mais, a cote de ceux-la, s'en trouvent d'autres
figurant ici pour la premiere fois. Gomme ces articles,
par suite de la donation, cessent des lors d'appartenir aux
collections ducales, on ne les rencontre necessairement
dans aucun des inventaires ulterieurs. Les livres ou
joyaux auxquels cette remarque s'applique et qui for-
(1) Voy. tome II, p. 1G6, note.
(2) Voy. tonic II, p. 167-1SG.
lit' 1 41 3.
INTRODUCTION V
ment ainsi en quelque sorte le complement de I'inven-
taire de 1401, sont au nombre de quatre-vingt-dix.
Dans un travail deja ancien (i), M. Hiver de Beauvoir
avait consigne le resultat de ses recherches sur les libe-
ralitcs faites a la Sainte-Chapelle. Ce memoire a fourni
quelques additions a la liste precedente (2). Encore con-
vient-il de n'accepter qu'avec prudence les renseigne-
ments provenant de cette origine, car M. Hiver de
Beauvoir neglige souvent d'indiquer ses sources d'in-
formation. Quoi qu'il en soit, les additions a I'inven-
taire de 140 1, tirees de la publication de M. de Beau-
voir, viennent s'intercaler chronologiquement entre le
manuscrit de la Bibliotheque Nationale et le comptc
de Robinet d'Etampes.
Ce compte (3), veritable inventaire dcs tresors appar- imcntairc
tenant au due de Berry dans les dernicres annees de
sa vie, a ete adoptc comme point de depart de la pre-
sente publication. Publie integralement ici avec toutes
les notes et commentaires qui I'accompagnent, il remplit
notre premier volume tout entier. Peut-etre eut-il paru
plus rationnel au premier abord de commencer par la
publication de I'inventaire de 1401, d'en donner le texte
complet et de rattacher a ce document les additions
posterieures. II n'a pas dependu de nous qu'il en fut
ainsi. Lorsque, peu de temps apres la mort de Germain
Demay, il fut question de livrer a I'imprimeur le manu-
scrit des inventaires, la copie etait cntieremcnt terminec
et paraissait definitivement arretee. Ce ne fut que par la
suite que les lacunes et les imperfections de la preparation
premiere serevelerent successivement. Sansponctuation,
sans notes, le manuscrit dut etre revu d'un bout a I'autre
(i) Memoires dc la Societc histovique du depavtcment dii Cher,
tome I" ( 1 856-1 860).
(2) Tome II, Appendice, p. 3o5-3i6.
(3) Arch. Nat. KK 258.
INTRODUCTION
et complete. Quand le succcsseur dc Dema}', qui avait
cru sc charger d'unc simple correction d'epreuves,
s'apercut da travail enorme qui lui incombait, il etait
trop tard pour reculer. Peut-etre eut-il hesite a accepter
unc tache fort ingrate, s'il en eCit connu des Tabord
toute la difficulte. II ne fallait pas songer a modifier le
plan de la publication; les choses etaient trop avancees
pour qu'on put revenir en arriere. II ne manquerait pas,
au surplus, d'excellentes raisons pour justifier les prefe-
rences de notre predecesseur et le choix du registre des
Archives comme inventaire type. D'abord, c'est le seul
qui ait recu, du commencement a la fin, un classement
rationnel.Nous venons de constater que les descriptions
de 1 40 1 etaient enregistrees quelque peu au hasard. Puis,
presque tous les objets inscrits sur le registre de Robinet
d'Etampes sont restes en la possession du Due jusqu'au
jour de sa mort. Enfin, ce texte est enrichi de commen-
taires et de notes d'un intc'ret considerable. L'ordre de
publication adopte par notre devancier pent done se
justifier par des arguments tres serieux. Dans tous
les cas, nous ne nous sommes pas cru le droit de le
changer.
Le compte de Robinet d'Etampes ou inventaire de
141 3 se trouve done designe dans les renvois par la
lettre A (i), tandis que le n" 1 1496 du fonds francais
porte partout la lettre B et celui de la Bibliotheque
Sainte-Genevieve est represented par les initiales S G
dans les notes du texte courant comme a la table de la
fin du second volume.
Le petit registre en papier contenant la liste des dons
faits a la Sainte-Chapelle de Bourges en 1405 et dans
(i) M. Dclislc, partantdu tcxtc Ic plus ancien,a donnc la lettre A, dans
son Cabinet des Manitscrits, au volume dc la Bibliotheque Nationalc, la
lettre B au registre des Archives. La lettre C designe le manuscrit dc
Sainle-Gcnevieve, etc.
INTRODUCTION VII
Ic cours des annees suivantes (i), figure, dans nos notes
comme a la table, sous la rubrique D.
Quand on examine en detail le compte de Robinet
d'Etampes, on est frappe de Tordre et du classement des
articles, denotant un esprit de methode fort remarqua-
ble. Le gardien des collections a inventorie les tresors
confies a ses soins a la fois suivant leur nature et sui-
vant leur provenance ; cela ne laisse pas que d'aug-
menter singulierement I'interet de cette nomenclature.
Tout d'abord, deux grandes divisions chronologiques : Divisions
^ dc I'inventaire
la premiere partie, du n° i au n" 1099, renferme les dc 1413.
joyaux ou livres remis a Robinet d'Etampes avant le
3 I Janvier 141 3 (nouv. St.); les acquisitions faites depuis
ce jour-la jusqu'au 16 juin 1416, date de la mort du
prince, forment la seconde partie, du n° 1 1 00 au n° 1 25 1 .
Chacune des deux series comporte un certain nombre
de chapitres : Joyaux pour chapelle. — Joyaux pour le
corps de Monseigneur le Due. — Pierreries des joyaux
et vaisselle depeces. — Vaisselle d'or ct d'argent. —
Livres. — Draps de sole, linge.
Des tapisseries et des broderies il n'est point ici ques-
tion ; Robinet d'Etampes n'en avait pas la garde.
La deuxieme partie du compte reproduit les memes
rubriques que la premiere. Ghaque chapitre se subdivise
lui-meme en un certain nombre de paragraphes. Ainsi les
jo3'aux pour chapelle comprennent les sous-titres sui-
vants : Croix d'or et d'argent. — Tableaux, reliquaires et
petits jo3-aux. — Images d'or et d'argent. — Calices,
portepaix, corporaliers, boites et burettes. — Chande-
liers, bcnitiers, encensoirs. — Autels portatifs. — Autres
joyaux pour chapelle. — Reliques saintes.
Citons un autre exemple de ce classement metho-
dique : le chapitre des joyaux et vaisselle depeces est
(i) Nouvcllcs acquisitions, fonds fran^ais, n° i363.
INTRODUCTION
reparti en huit subdivisions : i" Rubis. 2" Rubis balais.
3° Saphirs. 4" Emeraudes. 5'^ Diamants. 6'^ Perles.
7° Sceaux ct signets. 8° Anncaux et pierres de nulle ou
petite valeur.
Seuls, les livres se presentent dans iin desordre evi-
dent. Sans doute, le garde les a inscrits comme il les
trouvait ranges siir les ra3'on'S ou dans les coffres.
Mais Robinet d'Etampes ne s'en est pas tcnu la. Dans
chaque subdivision, il distingue soigneusement la pro-
venance et etablit trois classes : ancienne collection —
dons — achats. Ainsi, les croix d'or et d'argent formantla
premiere categoric des jo3'aux pour chapelle sont repar-
ties en croix d'or et d'argent des inventaires, c'est-a-dire
possedees park prince avant 141 3, croix d'or et d'argent
achetees par Monseigneur, croix d'or et d'argent donnees
a Monseigneur. Le garde des joyaiix ne neglige pas une
occasion de noter tout ce qu'il sait des circonstances
de I'acquisition, ct aussi le nom du donateur commc la
date de la donation.
On saisit maintenant tout le prix de pareilles indica-
tions, lorsqu'elles viennent s'ajouter a des descriptions
fort completes par elles-memes. Quanta lafidelite de ces
descriptions, un exemple suffira pour montrer le scru-
pule et la conscience du redacteur. II existe encore cer-
taines reproductions des medailles d'or de Constantin et
d'Heraclius, inscrites sous les n°^ 199 et 200 de Tln-
ventaire. Or, sur les exemplaires conserves au Cabinet
des Medailles, les legendes latines ou grecques repon-
dent exactement au texte de Robinet d'Etampes, de sortc
qu'il ne subsiste aucun doute sur I'identite des unes et
des autres.
Ces ingenieuses divisions recommandent tout parti-
culierement Tinventaire des Archives nationales et justi-
fieraient, s'il en etait besoin, le choix de ce manuscrit
comme point de depart de la publication.
INTRODUCTION IX
Jusqu'a la fin de son travail, Robinct d'Etampcs a suivi
fidelement la classification adoptee des le debut; dans
Tenumeration des articles acquis entre le 3i Janvier 1413
etle 16 juin 1416, il n'a plus a se preoccuper des anciens
inventaires ; mais il distingue avec soin les objets ache-
tes des dons faits au due de Berry.
Nous n'insisterons pas davantage sur I'utilite de ces
precieuses mentions. Elles nous edifient sur les relations
et les alliances du prince, sur sa generosite, sur les habi-
tudes du temps. Sans doute, des sommes immenses
furent englouties pour des acquisitions de pierres pre-
cieuses, de matieres d'or et d'argent artistement travail-
lees. Mais c'etait une obligation, imposee par un rang
illustre, que d'offrir periodiquement aux etrennes, a
Tissue des grandes receptions, ou a I'occasion des cere-
monies oflicielles, de somptueux presents. Tous les
comptcs de Tepoque, ceux de Charles V et de Char-
les VI, comme ceux des dues de Bourgogne et du due
de Berry, temoignent de I'importance de ces cadeaux,
dont les seigneurs ayant le souci de leur dignitc et de
leur reputation n'auraient pas ose se dispenser. Le nouvel
an surtout etait le pretexte de liberalites periodiques : sur
trois cent cinquante objets de nature diverse, offerts au
due de Berry par des person nages de toute condition,
cent soixante-dix-sept joyaux et vingt-quatre manuscrits
entrerent dans le tresor de Bourges a I'oecasion des
etrennes, dans I'espaee d'une quinzaine d'annees, dei4oi
a 141 6. On connaissait le gout du prince pour les objets
d'art et les euriosites de toute nature, et chacuns'empres-
sait de gagner ses bonnes graces en flattant sa passion.
La politique ou les simples convenances imposaient au
due de Berry le devoir de ne pas se montrer moins gene-
reux. Aussi,les notes marginales ajoutees au compte de
Robinet d'Etampes, notes destinees dans le principe a
scrvir de deeharge au garde des joyaux, constatent-cUes
INTRODUCTION
la sortie dc deux cent trente-un articles distribues, de 1401
a 1416, au roi Charles VI, aux personnes de la famille
royale, aux familiers et aux officiers de la maison ducale,
ou encore a des princes etrangers. Ces memes notes, qui
racontent en quelque sorte I'histoire abregee de ces
fameuses collections, temoignent qu'aux deux cent trente-
un articles offerts en present, il faut en joindre treize
autres perdus ou voles, deux restitues aux chapitres de
Chartres et de Saint-Denis qui en reclamerent la pro-
priete apres la mort du prince, et une soixantaine envi-
ron qui furent alienes immediatement apres le 16 juin
141(3, au prix de 6933 livres tournois, pour subvenir aux
depenses urgentes de la succession. Encore n'avons-nous
pas compris dans ces chiffres les objets legues aux deux
fiUes du Due ou a elles attribues en acquit de leur dot.
Les details dans lesquels on vient d'entrer prouveut
suffisamment, croyons-nous, qu'il existe peu d'inven-
taires aussi riches en renseignements de toutes sortes
que le compte de Robinet d'Etampes, et etablissent du
meme coup la necessite d'en faire connaitre le texte
complet.
invcntaire Arrivous maiutcnant au dernier inventaire, conserve
dc 1416. .
aujourd'hui a la bibliotheque Sainte-Genevieve.
Ce volume renferme le compte de Jean Lebourne,
secretaire et controleur de la depense de Thotel du due
de Berry, charge, apres la mort de son maitre, de veiller
au reglement des dettes, a I'execution du testament et
aux depenses funeraires. Le compte se divise done en
deux parties distinctes : Recettes, Depenses. Bien que
la seconde contienne d'instructifs renseignements sur
la maison du due de Berry, sur le partage de ses tresors,
renseignements dont nous avons pris bonne note, nous
devions nous attachcr specialement a la premiere, c'est-
a-dire a I'enumeration des objets precieux constituant la
fortune liquide du prince au moment de son deces.
INTRODUCTION XI
Tout tn rcstant inferieur aux manuscrits dcs Archives
etdela Bibliotheque nationale sous le rapport de la correc-
tion etdc la calligraphic, celui de Sainte-Genevieve, plus
souvent consulte que les precedents par les historiens,
vient utilement les completer. II debute par la transcrip-
tion du testament et des codicilles du defunt et par la
copied'un certain nombre de pieces garantissant la regu-
larite des operations. En suite, commence la liste des
objets recueillis dans les differentes residences du Due
et transferes a Paris. Par suite de sa destination spe-
ciale, cet inventaire renferme un element qui manque
aux autres. Chaque article est accompagne d'une esti-
mation de sa valeur venale. Comme on connait pour
un certain nombre de joyaux precieux le prix d'acquisi-
tion, on pent constater souvent un ecart considerable
entre ce chiffre et I'estimation de Jean Lebourne. Or,
ce dernier parait s'etre tenu a des evaluations assez
exactes, et la vente ulterieure de plusieurs articles prouve
qu'il s'est rarement trompe. Notons toutefois que la
situation de la France en 141 6 etait particulierement
defavorable pour la liquidation d'une succession pareille.
Assurc'ment, des objets de grand prix, acquis depuis
plusieurs annees, avaient perdu facilement la moitie de
leur valeur marchande, ou meme davantage.
Comme nous I'avons fait pour Timpression de I'inven-
taire B, nous avons remplace, dans Tinventaire de
Sainte-Genevieve, les articles deja decrits dans le regis-
tre des Archives par des renvois aux numeros de ce
registre. L'inventaire de 141 6 fournit toutefois environ
quatre cent quarante articles entierement nouveaux,
consistant surtout en tapisseries, linge, vetements, pier-
res precieuses, reliques et autres objets de faible valeur.
Le nombre des joyaux de prix non mentionnes sur les
listes anterieures est fort restreint. La serie de beaucoup
la plus remarquable est celle des tapisseries. Comme les
INTRODUCTION
tentures historiees etaient confiees aux soins d'lm servi-
tcLir autre que le garde des joyaux, elles ne pouvaient se
rencontrer avec les precedentes enumerations de pier-
res precieuses et d'orfevrerie. L'inventaire de Sainte-
Genevieve est done le seul ou soient decrites les tapisse-
ries, les chambres d'etoffe et aussi les robes du prince.
Pour le meme motif, le linge ne parait que sur le compte
de Jean Lebourne. Les autres articles n'ont qu'un faible
interet. A la suite de chacun d'eux, on a soigneusement
conserve le chiffre de Testimation, deja porte en note
de l'inventaire A. Cette repetition a paru necessairc pour
permettre d'etablir la valeur exacte de la collection du-
cale au moment de sa dispersion.
On ne pouvait songer a reproduire intc'gralemcnt la
seconde partie du registre, consacree a la dcpense,
au compte des obseques et funerailles, aux liberalites
distribuees, suivant I'usage, entre les oificiers de la mai-
son du defunt, et a la delivrance des legs inscrits dans le
testament. Toutefois, ces longs developpements ont ete
sommairement resumes. Tous les passages concernant
I'attribution de quelque objet de la succession sont con-
serves. La repartition des biens mobiliers entre la du-
chesse de Bourbonnais et la comtesse d'Armagnac avait
ete soigneusement consignee par Lebourne dans la rela-
tion des operations. La liste des objets revendiques par
les deux princesses occupe de longues pages, ou cha-
que article vise se trouve reproduit en enticr; ce qui
nous a permis d'inscrire, a la suite des articles de
l'inventaire, le nom de la pcrsonne a laquelle il etait
attribue. On trouvera enfin, a la page 294 et suivantes,
la liste complete des numeros de tous les objets remis
aux Hlles, a la veuve du Due, a ses differents legataircs ou
a d'autres personnages qui userent d'artifices plus ou
moins ingenieux pour se procurer la part convoitee de
cette opulente succession.
INTRODUCTION XIII
Quant aux pieces d'orfevrerie, aux joyaux de prix
qui n'avaient pas ete revendiques par les heritiers ou
n'avaient pas recu une attribution speciale, on serait
tente de croire qu'ils servirent a desinteresser les crean-
ciers. II n'en fut rien. D'un compte original, portant la
date de 141 7, il resulte que le roi de France ou ses reprc-
sentants s'emparerent de presque toutes les matieres
precieuses provenant de I'oncle de Charles VI, pour les
convertir en bonnes especes d'or et d'argent et les
employer au payement des hommes d'armes qu'on enro-
lait alors contre les Anglais (i).
Les divers inventaires reunis dans la presente publi-
cation apportent done chacun leur contingent utile a
la liste des tresors amasses par le plus fameux collection-
neur du moyen age.
A la suite des inventaires, nous avons reuni quelques
documents tires de sources differentes et fournissant un
complement d'informations a I'objet de la presente etude.
C'est d'abord une liste de manuscrits non inventories et
dont les patientes recherches de M. Leopold Delisle ont
permis de determiner la provenance. Viennent ensuite
divers extraits et fragments de comptes relatifs a des
acquisitions de joyaux ou de manuscrits. Le volume se
termine par un certain nombre de passages du manu-
scrit de 141 7 dont nous parlions plus haut, passages
relatifs a certains joyaux legues au roi de France ou res-
titues aux heritiers de Jean de Montaigu.
Apres un depouillement minutieux de la plupart des
comptes du due de Berry, il nous eiit ete facile de multi-
plier ces extraits. La crainte d'allonger outre mesure la
presente publication nous a conduit a restreindre les
citations. Cependant, les inventaires et les comptes se
(i) Voyez le ins. fr. 6747 a la Bibliothequc Nationale et la lin de notre
2" volume, p. 33(j-'i44.
XIV INTRODUCTION
complctent mutuellement. Bicn des points obscurs de-
vront au rapprochement de ces sources diverses une
lumiere inattendue. Nous allons essayer de montrer, a
I'aide d'articles tires de la comptabilite que nous avons
depouillee en vue de ce travail, la precieuse contribution
que fournirait a I'histoire des moeurs, du costume, des
industries somptuaires, et meme au recit des faits poli-
tiques ou militaires, I'etude attentive des registres oii
les tresoriers des grands personnages inscrivaient, mois
par mois, leurs recettes et leurs depenses.
\iufdc^Dcrrr" L'exauicn des comptes encore existants du due de
Berry fournit une preuve categorique de I'exactitude de
ce qu'on vient d'avancer.
A part un certain nombre de fragments epars dans
divers recueils du Cabinet des manuscrits, les details
rapportes ici proviennent de huit registres conserves aux
Archives nationales; en voici la liste chronologique :
iSyo-iSyS : Comptes d'Etienne Valee, maitre de la
chambre aux deniers (KK 2 5 i) ;
■ I 374-1 378 : Comptes de Nicolas Mangin, maitre de la
chambre aux deniers (KK 262) ;
Novembre i 397-fevrier 1399 : Comptes de Philippon
de Veauce et de Jean de Ruilly, successivement maitres
de la chambre aux deniers (KK 253);
Mars I 399-septembre 1401 : Comptes de Jean Her-
mant, maitre de la chambre aux deniers (KK 254);
141 3-1 41 4 : Compte de la tresorerie du due de Berry
tenu par Mace Heron, tresorier general du Due (KK
25o);
I 382-1 387 : Comptes des batiments du due de Berry,
tenus par Jean de Saingnon, payeur des a^uvres et
salaires des journees (KK 255-257).
En dehors de ces volumes bien connus et souvent
consultes, on rencontre des debris de nos comptes un
peu partout; chaque jour en fait decouvrir de nouveaux.
INTRODUCTION XV
Sans sortir dc notrc grand depot central, certain feuillet
detache vient d'etre signale dans la reliure d'un inven-
taire des joyaux du metier des orfevres parisiens. Les
mentions qu'il contient sont, il est vrai, d'un faible
interet (i). D'autres feuillets detaches ont ete recueillis
a la Bibliotheque Nationale; ils presentent sur les acqui-
sitions de joyaux des indications precises, reproduites
dans notre Appendice. Les quittances enfin donnent sur
les achats faits par le prince ou pour lui des details utiles
anoter; telle est celle ou il est fait mention d'un por-
tepaix d'or dont ne parlent pas les Inventaires (2).
Des recherches nouvelles augmenteraient sans doute
cette serie; mais on comprendra que nous n'ayons pu
etendre bien loin nos investigations dans ce sens et que
nous nous soyons borne a recueillir le resultat de trou-
vailles deja signalees.
Enfin, si, depuis leur incendie, les Archives de Bour-
ges ne peuvent promettre une abondante recolte aux
chercheurs, d'autres depots provinciaux serviront peu a
peu a combler les lacunes des collections parisiennes.
Tout recemment, la publication du registre de Barthe- Re^istre
lemi de Noces (j), serviteur du due de Berr}^ registre dc noccs.
conserve dans les Archives municipales de Clermont-Fer-
rand, vient d'apporter de nouvelles lumieres sur une
periode bien anterieure a la redaction des Inventaires.
Ce registre nous apprend qu'en i SyS, le tapissier Colin
ou Nicolas Bataille, Tauteur de la precieuse tenture de
I'Apocalypse d'Angers, se trouvait en relations assidues
(i) Archives Nationalcs T * 1490 6. Ces feuillets d'un compte de 1414
ne mentionnent que des payements faits a des chevauchcurs. L'invcn-
laire des orfevres portant la date de 1427, la destruction du registre de
depenses du Due remontait done au premier quart du xv" siecle.
(2) Donne en 1394 par le due d'Orlcans a son oncle. (Voy. tome II,
p. 328.)
(3) Bibliothdque de VEcole des Chartes, 1891, tome LII, p. 220-258 et
517-572. La publication de cc texte est due a M. E. Teilhard de Chardin.
XVI INTRODUCTION
avcc Icduc Jean. Le nom de Bataille ne s'ctait pas jus-
qu'ici rencontre dans les documents emanant dela chan-
cellerie ducale.
Des artistes ct des marchands, Sandre le brodeur,
Hennequin, Torfevre du Roi, Simon de Dammartin (i),
changeur a Paris, Denis Raponde, marchand de Luc-
ques, dont les noms se retrouvent ailleurs, d'autres en-
core, paraissent a divers titres dans le registre de Bar-
thelemi de Noces. II contient encore des listes de joyaux
et de pieces d'orfevrerie mis en gage chez une juive, et
chez un marchand florentin, nomme Bernart Chinon,
pour le comptc du due Jean. Dans une enumeration de
vaisselle vendue par Simon de Dammartin, figure un
hanap d'or surmonte du cygne, si souvent reproduit,
comme motif de decoration, sur les joyaux et les ma-
nuscrits du prince.
En somme, cette compilation rcnferme nombre de
mentions curieuses dont il n'est pas question dans les
autres textes de la meme epoque.
Esquisse Avant d'entreprendre I'examen detaille des matieres
reunies dans les inventaires que nous venons de decrire,
il importe de rappeler sommairement les principaux
faits de la carriere du prince qui nous occupe. Cette
esquisse biographique n'est pas superfine pour I'intelli-
gence des details qui viendront par la suite.
Le due de Berry naquit au chateau de Vincennes le
3o novembre 1 840, et mourut a Paris, en I'hotel de Nesle,
le 1 5 juin 141 6, apres avoir connu, pendant cette longue
existence de soixante-seize ans et demi , toutes les
vicissitudes de la fortune. En effet, il passa sa premiere
jeunesse avec les combattants de Grecy, et il eut le
malheur de prolonger assez sa vie pour que les echos
(i) Peut-etre le tils du Jean de Dammartin, orfevre du due de Berry,
tuc vers i364 par Jamin Beguin ct ses compagnons, comme on le verra
plus loin.
biographique.
INTRODUCTION XVII
funcbrcs du desastre d'Azincourt vinsscnt desoler ses
derniers jours.
Quand il naquit, la cour de France prcsentait I'aspect
le plus brillant. La galanterie etait a I'ordre du jour.
Veuf de Jeanne de Bourgogne, Philippe VI epousait,
en 1 349, Blanche, fille de Philippe, comte d'Evreux, et
de Jeanne de Navarre, princesse agee de dix-sept ans a
peine, et une des plus belles femmes de son temps, assu-
rent les chroniqueurs. Jeanne d'Evreux ne mourut qu'en
1398, et on salt par des temoignages formels que les
relations les plus affectueuses ne cesserent de regner
entre le due de Berry et sa grand'mere jusqu'a la der-
niere heure (i).
Le roi Jean atteignait a peine sa trente-unieme annee
quand ilmonta sur le trone, et deja Bonne de Luxem-
bourg, sa femme, qu'il avait epouseedans sa premiere jeu-
nesse, lui avait donnequatre fils et cinq filles. L'aine de
tous, qui fut le grand roi Charles V, etait ne a Vincennes
le 21 Janvier i337, alors que son pere n'avait pas encore
atteint I'age de dix-huit ans. Les naissances se succe-
dent ensuite a des intervalles rapproches : Louis, plus
tard ducd'Anjou, vient au monde a Vincennes le 23 juil-
let 1339; Jean est, comme on I'a vu, du 3o novem-
bre 1340; le futur due de Bourgogne, Philippe, nait a
Pontoise le i5 Janvier 1342. Lapauvre Bonne de Luxem-
bourg succombait en 1349, d'epuisement sans doute ;
elle etait remplacee, la meme annee, par Jeanne, fille du
comte de Boulogne et de Marguerite d'Evreux. Ces cir-
con stances ne sont pas etrangeres, comme on serait
peut-etre tente de le croire, au sujet qui nous occupe. II
resulte, en effet, de ces rapprochements que les premieres
(i) Le 12 mai iSgS, le due de Berry fait payer une certaine somme a
Perrinet Le Picart, chevaucheur, pour aller de Paris a Neautie porter des
lettres a la reine Blanche. (xVrch. Nat. KK 253, fol. 62;. Cette princesse
mourut le 5 octobre 1 398.
b
XVIII INTROnrCTION
annees du due de Berry, ces annees dont les impres-
sions si vives exercent une influence inelTacable sur les
gouts de toute la vie, s'ecoulerent dans une cour elegante,
amie du luxe, toute occupec de fetes et de galanterie,
et dirigee dans cette voie par des princesses dans tout
I'eclat de la jeunessc et de la beaute.
Nous voyons encore dans I'entourage du souverain
Jeanne d'Evreux, la veuve de Charles IV, fille d'un de
ces comtes d'Evreux dont la puissante maison eut a ce
moment le privilege de fournir trois reines a la France.
Marguerite, fille du roi Philippe V, mariee au comte de
Flandre et mere de Louis le Male, contribuait aussi,
avec la fille de Charles IV, epouse de Philippe d'Orleans
et quine mourut qu'en i362, a I'ornement de cette cour,
la plus policee et la plus brillante de I'Europe. Enfin, les
cinq filles du roi Jean melaient les graces feminines aux
jeux turbulents des jeunes princes. Dans un semblable
milieu, il n'est pas etonnant que le futur due de Berry
ait contracte de bonne heure des gouts d'elegance raffi-
nee. La branche des Valois, on Ta remarquc souvent, a
toujours manifeste une passion singuliere pour les
productions de I'intelligence et de I'art. Pas un prince
de cette dynastie n'echappe a cette loi generale. Le
roi Jean lui-meme, bien qu'il ait merite par les fai-
blesses et les desastres de ses dernieres annees les
justes severites de I'histoire, parait avoir porte au plus
haut degre I'amour de I'art et du luxe. Sa predilec-
tion pour tons les souvenirs et toutes les pratiques
de Tancienne chevalerie est bien connue. Ne posse-
dons-nous pas de lui un portrait contemporain, d'une
intensite de vie extraordinaire, pour temoigner, sinon
de la beaute plastique de ses traits, du moins de
son gout prononce pour la peinture? J'ai essaye jadis
de demontrer que, si le sort des armes lui avait ete
contraire, il avait su faire preuve dans sa jcunesse d'un
INTRODUCTION XIX
reel talent de diplomate (i). Comment un homme vul-
gaire eut-il pu donner le jour a quatre fils aussi remar-
quablcs, aussi bien doues que le roi Charles V, le due
d'Anjou, le due dc Berry et le due de Bourgogne ? Un
jeune erudit nous promet une etude detaillee sur le due
de Berry (2). En attendant le resultat de ses reeherehes,
nous pouvons affirmer que les vingt premieres annees du
jeune prinee s'eeoulerent dans le milieu le plus propre a
developper les inelinations d'un esprit naturellement
ouvert a toutes les manifestations de I'art.
Sur I'enfanee et la ieunesse du frere eadet de Char- Jeunesse
les V, les doeuments precis font defaut. II assistait a la due dc Berry.
bataille de Poitiers sous la eonduite de son frere aine,
et laeha pied avee ses compagnons des le debut de I'ae-
tion. Mais pourquoi eonfier a des jeunes gens sans expe-
rience une aussi lourde responsabilite? On oppose quel-
quefois I'attitude timide de Charles et de Jean (3) a la
bravoure intrepide de leur frere Philippe. Pure ques-
tion de temperament peut-etre. Le fils aine du roi Jean
n'etait pas ne pour les longues ehevauchees et les grands
coups d'epee; or, le caractere de son frere presentait avec
le sien de frappantes analogies, Meme penchant pour les
joies calmes de I'interieur; meme passion pour les beaux
livres, pour les riches orfevreries, pour les joyaux de
grand prix; meme aptitude aux negoeiations epineuses.
A d'autres le eommandement des armees, les surprises
nocturnes, les marches forcees. Telle est la meilleure
(i) Voyez notrc Histoire de la Reunion du Dauphine a la France, Paris,
1868, in-8°.
(2) M. G. Lcdos a presentc en 1888, a I'Ecole des Chartes, une these
sur la jeunesse du due de Berry. Ce travail est encore inedit ; nous n'en
connaissons done que I'esprit general.
(3) Gepcndant le Pere Anselmc dit de notre prince : « II se trouva a la
bataille de Poitiers ou il se comporta gcncreusement » (tome I, p. 106).
Mais la banalite de cet cloge le rend suspect. II aurait besoin d'etre con-
tirme par des textes contcmporains.
XX INTRODUCTION
excuse de la conduite des jcunes princes dans la rencontre
funeste de Poitiers.
Ce desastre eut une inliuence directe sur les destinees
du frere cadet de Charles V. II portait jusque-la le titre
de comte de Poitiers et de Macon. Le comte de Poitiers
devait former son apanage ; mais le traite de Bretign}^
ayant fait passer cettc province sous la domination an-
glaise, il fallut bien chercher une compensation pour le
prince depossede. Des i359, avant meme la conclusion
du traite, le roi I'avait investi de la lieutenance du Lan-
guedoc. Par suite de cette mission, il se trouva en rela-
tions avec la haute noblesse du Midi, et, le 24 juin iSdo,
il epousait, a Carcassonne, Jeanne, fille de Jean P'" d'Ar-
magnac (i) et de Beatrix de Clermont, alliance qui
devait avoir une portee considerable sur la politique
du prince pendant tout le reste de sa vie. La meme annee,
en echange du comte de Poitiers abandonne aux Anglais,
il recevait en apanage le duche de Berry et le comte
d'Auvergne. C'est sous le titre de due de Berry qu'il
sera designe desormais dans les actes de sa vie publique
et qu'il est connu dans Thistoire (2).
A ce moment s'arrete la premiere periode de sa car-
riere. Quoiqu'age de vingt ans a peine, le due de Berry,
allie par son mariage a une des plus grandes families du
midi, disposant a son gre des vastes ressources d'une
des plus riches provinces de France, est un personnagc
considerable dans le royaume. Nous allons le voir, apres
le couronnement de son frere, prendre dans le conseil
et aussi dans les combats une part active au relevement
du pays.
(i) Le contrat de mariage est conserve aux Archives Nationales
J. 186 B, n" 82, 83. Le comte d'Armagnacdonnait, ou du moins promet-
taita sa fille une dot de cent niille florins d'or.
(2) Voyez le resume des lettres-patentes portant cession du Berr)- dans
Raynal, Histoire du Berry, t. Ill, p. 377.
INTRODUCTION XXI
Tout d'abord, il dut partir pour I'exil. En rcndant la Dcxicmc
liberte au roi Jean, le traitc de Bretign}' avait specifie '"'""";v!f ''^'"'^
que deux de ses fils seraient remis comme otages aux ' "" '"■'"
Anglais, jusqu'a I'entiere execution des conventions. La
captivite semble n'avoir pas ete bien dure au jeune prince.
A peine rendu en Angleterre depuis quelques mois, un
sauf-conduit d'Edouard III I'autorise a repasser le de-
troit. II part le 6 mai i36i, sous condition de se consti-
tuer a nouveau prisonnier avant le i5 aout. On le
retrouve en France au mois d'avril de I'annee suivante.
Un arrangement du mois de novembre i362 avait permis
aux otages de rentrer dans leur pays.
Toutefois, en avril 1364, notre prince etait de nouveau
prisonnier, car son frere lui envo3'ait un message en
Angleterre (i). II habitait done encore Londres quand
son pere, apres avoir regagne sa prison par un scrupule,
excessif peut-etre, de loyaute chevaleresque, venait a
mourir dans cette ville, le 8 avril. En cette circonstance,
le jeune frere de Charles V etait tout designe comme
rintermediaire naturel entre le nouveau roi de France
et les Anglais.
Le 21 septembre, le due Jean n'est pas encore de
retour en France, car a ce moment, le Roi lui alloue la
somme de cinq cents francs d'or par mois « pour qu'il
puisse honorablement avoir et soustenir son estat oudit
ostage » en Angleterre (2).
Enfin, en Janvier i365, nous le trouvons installe a
la cour de Charles V. II recoit de son frere, al'occasion
des etrennes, quatre coursiers avec quatre selles d'unc
valeur de 600 francs d'or (3). A partir de ce moment les
dons royaux vont chaque jour se multiplier. Une rente
de mille francs d'or par mois est assignee au prince
(() L. Delisle, Mandcments de Charles V, n" 2 19 avril 1364.
{2) Ibid., irSS.
(3) Ibid., n° i63.
INTRODUCTION
« pour son cstat mieux soustenir (i) », sans compter les
dons particuliers que le Due obtient frequemnient de la
generosite de Charles. Un jour, c'est une rente via-
gere de 4000 livres sur le comte et la ville de Macon
(4 fevrier 1367); peu apres, s'y joint I'abandon des aides
du comte de Clermont (i3 fevrier), enfin la cession pour
une annee des aides des dioceses de Bourges, Clermont,
Saint-Flour et Macon. Un peu plus tard, quand le Due
prendra une part active aux operations militaires contre
les Anglais, son frere ne lui menagera pas les subsides. Le
14 octobre 1369, Charles ordonne de lui compter 2000
livres tournois par mois « pour soustenir les frais de la
guerre (2) ». Le 25 aout 1372, le Due recoit d'un seul
coup 12000 francs d'or en dedommagement des frais
supportes par lui pour la prise de Saint-Severe, de
Chauvigni, de Poitiers et autres lieux (3). Nouvelle
indemnite de 8000 livres tournois, payee le 6 avril i373,
pour les depenses du siege de La Souterraine (4).
Ces largesses ineessantes pourraient surprendre si
Ton ne savait que le regne de Charles V fut pour la
France une periode de reparation et une ere de pros-
perite. Quand on suppute les tresors amasses par le Roi
et par ses freres en pleine guerre contre les Anglais,
au lendemain des lourds sacrifices exiges par la rancon
du roi Jean, on a peine a expliquer une pareille pros-
perity dans d'aussi tristes eirconstanees. Jamais, dans
tout le cours du moyen age, le pouvoir de I'argent ne
tomba aussi bas que dans la sceonde moitie du qua-
torzieme siecle. Cette remarque souvent faite et re-
cemment confirmee par les observations d un eco-
(1) L. DeVis,\e, Mandements de Charles V, n" 174.
(2) Ibid., n° 5g2.
(3) Ibid., n° gi I.
(4) Ibid., n°96o.
INTRODUCTION
nomiste distingue (i), prouve que la fortune de la
France n'avait pas ete profondement entamee par les
defaites dc Crecy et de Poitiers. Son prestige militaire
(i) La fortune mobilidre dans Vhistoire : I, Le pouvoir de I'argent par
M. le vicomte d'Avencl. {Revue des Deux Mondes, i5 avril 1892, p. 834
ct 839.) Voici comment I'auteur parle du pouvoir de I'argent a I'epo-
que qui nous occupe : « Quatre fois et demie plus fort que de nos jours
dans le premier quart du xiii" siecle, il diminue graduellement a quatre
jusqu'a Philippe le Bel, puis a trois et demi sous les dcrniers Capetiens
et en iSSi-iSyS a trois fois seulement ce qu'il est aujourd'hui... Un
memoire de iSyS s'occupe de I'abaisssement de la valeur de I'argent et
de I'elevation du prix des denrees. » Aussi plus loin I'historien pose-t-il
cette question : a L'histoire aurait-elle exagcre ? Ferait-elle dater a tort
du milieu du xiv siecle I'ere desastreuse qui ne devait commencer
qu'avec le xv° siecle ? » Peut-etre un facteur dont il n'est pas assez tenu
comptc dans cette etude a-t-il exerce une influence immediate sur ccs
rapides alternatives de prosperite et de ruine. La circulation monetairc
etant infiniment plus restreinlea cette epoque que de nos jours, lorsqu'un
cvenement imprevu, un dcsastre comme Crecy ou Poitiers creait ino-
pinement de grands besoins d'argent monnaye pour la solde des gens
d'armes ou la ran^on du Roi, la penurie du tresor royal devait absorber
subitement tous les capitaux disponibles, ceux du moins qui ne se
cachaient pas. De la, disette momentanee ; mais la prosperite publique
ne se trouvait pas par la profondement atteinte. II suffisait de quelques
annees d'un regne reparateur comme celui de Charles V pour regagner
tout ce qui avait etc perdu et au dela. Les somptueux tresors d'orfevrerie
et les joyaux de toutes sortes amasses par le Roi et ses freres dans une
assez courte periode fournissent le meilleur temoignage de cet accroisse-
ment prodigieux de la richesse publique. C'est un fait etabli et que sem-
ble meconnaitre M. d'Avenel quand il ecrit (p. 840): « Un fait singulier,
mais appuye de nombrcux temoignages, c'est que la quantite d'argent et
d'or consacree aux bijoux^ aux meubles, aux usages domestiques, par con-
sequent retiree de la circulation monetaire, est beaucoup plus grande au
xV siecle, ou I'argent est cher, qu'au xiv° ou I'argent est bon marche.
Les particuliers et les princes du xiv" siecle avaient bien moins d'ar-
gentcrie que ceux du xv". » II nous parait y avoir la une errcur mate-
rielle. Comment un auteur si bien informe a-t-il pu ignorer que, pour
un exemple fourni par la fin du xv° siecle, celui de Charles le Teme-
raire, on en citerait dix, vingt autres du xiv", detruisant absolumcnt I'as-
sertion contenue dans ce passage. D'ailleurs, la vaisselle d'argent de
Jean Sans Peur, non plus que celle dc son pere n'etaicnt mcsquines,
comme le croit M. d'Avenel. II pourrait s'cn convaincrc en lisr.nt les
inventaires de ces princes.
XXIV INTRODUCTION
scul futatteint; mais les sources dc sa prospcritc n'ctai cnt
pas taries, et on peut affirmer que, sans les troubles et
les malheurs du regne de Charles VI, la sage adminis-
tration de Charles V eut panse toutes les blessures de la
guerre et ramene partout I'abondance.
Si ce prince, au milieu dcs guerres incessantes qu'il
eut a soutenir, put amasser le magnifique tresor dont
nous possedons I'inventaire detaille, si ses trois freres,
les dues d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, parvinrent
a former en quelques annees les immenses collections
de joyaux dont la description nous frappe dY'tonnement,
ce fait n'offre-t-il pas la preuve la plus peremptoire de
I'extreme richesse du pays et de ses ressources infinies?
II serait difficile en effet de citer dans I'histoire un autre
exemple de quatre freres reunissant en meme temps,
dans le meme royaume, des tresors comme ceux dont
nous possedons les inventaires. Et celui du due de Berry,
on ne doit pas I'oublier, n'occupait pas le premier rang ;
a peine soutient-il lacomparaison avec les richesses du
due de Bourgogne.
Toutefois, pendant toute la duree du regne de Char-
les V, les gouts de son frere pour les merveilles de I'or-
fevrerie ou de I'enluminure ne semblent pas s'etre encore
donne libre carriere. II prend une part directe, souvent
active, a la lutte contre I'etranger. On possede une partie
des comptes du due de Berry pour toute la periode
qui s'etend de iSyo a 1878; or, dans ces registres, les
depenses somptuaires, les achats de bijoux ou de joyaux
tiennent relativement peu de place, tandis que de nom-
breux passages attestent I'interet du prince pour les ope-
rations militaires, son desir de seconder les efforts des
vaillants capitaines places a la tete des troupes royales.
Roicmiutaire Slgualous uotaiiiment les frequents messages expedies
duc/c"Bcnj. a Du Guesclin, a Olivier de Clisson, au marechal de
Sancerre, au sire de Tancarville et aux autres generaux
INTROnUCTION XXV
francais, pour Ics tcnir au courant des fails dc guerre
survenus dans le Berry ou dans les provinces voisines.
De 1 375 a 1378, nous trouvons la mention de quinzc a
vingt lettres adressees au connetable et portees par des
gens a la solde du Due. Quelques-uns, mais c'est I'excep-
tion, font le chemin a pied (i). La plupart du temps le
compte est muet sur I'objet du message ; parfois cepen-
dant, il olTre des details precieux a recueillir pour I'his-
toire militaire. Ainsi, un messager, Symonnet ou Simon
Champion, part pour Paris, au debut de I'annee i375,
annoncer au connetable la nouvelle de la perte de Mon-
treuil-Bonnin (2),prispar les Anglais le 9 Janvier 1375 (3).
Les ennemis ne jouirent pas longtemps de leur succes,
car on lit quelques pages plus loin, sous la date du
16 fevrier : « A Gabriel, sergent d'armes du Roi, pour
don fait a luy pour les bons nouvelles qu'il luy apporta
a Paris, comme le connestable avoit pris d'assault Mon-
stereul Bonnin sur les ennemis (4). » Sans doute, bien
des faits indiques dans ces roles de messagers sont deja
connus. Mais on trouvera la des elements authentiques
pour confirmer ou preciser maint detail important.
Veut-on d'autres temoignages de la sollicitude du
prince pour tons ceux qui tenaient la campagne contre
les envahisseurs? Voici un article assez significatif a la
date du 16 juin 1373 : « A Rynant, escuier de Monsei-
gneur le connestable de France, lequel s'estoit echape
des Anglais, de Gencay, ou il estoit prisonnier, pour don,
60 sous tournois (5). » Inutile d'insister; les exemples
cites attestent assez la part active du due de Berry
(i) Voyez notammcnt I'article conccrnant Bescu : i\rch. Nat. KK 262,
fol. 2 5 v.
(2) Pres Lusignan, dans le Poitou.
(3) Arch. Nat. KK 252, fol. 6g.
(4) Ibid., fol. 82.
(5) Arch. Nat. KK 25 1, fol. 122 v".
XXVI INTRODUCTION
aiix operations militaires et ses relations constantcs
avec le heros de la guerre dont nul n'admirait plus que
lui, on en trouve la preuve dans les inventaires, la
vaillance et les services. D'ailleurs, les mandemcnts de
Charles V sont d'accord, on I'a vu, avec les extraits qui
precedent pour montrer les efforts tentes par notre prince
pour faire rentrer les bonnes villes du roj^aume sous
I'autorite de leur souverain legitime
Le chapitre des messagers fournit encore de pre-
cieuses indications sur les rapports du prince avec sa
nombreuse famille commeavec les souverains etrangers.
Constamment des chevaucheurs s'en vont porter les
lettres du due de Bcny au Roi, a la Reine, au due d'An-
jou, au due de Bourgogne. Un jour, c'est le 25 aout
1872 (i), I'infatigable Simon Champion part de Poitiers
charge de lettres pour le roi de France « contenant que
le captal et plusieurs autres cappitaines anglois ont este
dcsconffit (2) )). Dans le courant du meme mois, un
huissier de salle du Due est charge d'annoncer a Paris
que la ville de Poitiers vient de se rendre en son obeis-
sance le S aout.
Ce n'est pas seulement avec les personnages francais
que notre prince entretient des relations assidues. Ses
emissaires vont tantot trouver les cardinaux residant a
Avignon, — on sait que le due de Berry se plaisait a
intervenir dans les questions religieuses ; — tantot, ils se
rendent aupres du comte de Savoie ou du due de Milan.
Un chevaucheur nomme Mondon Morel recoit, le4avril
1400, la mission d'aller en Lombardie porter des lettres
a I'empereur de Constantinople ; pour ce long voyage
on ne lui octroye que la modique somme de 28 livres
(i) Arch. Nat. Registre KK 25i, fol. 90 v°.
(2) Ibid., fol. 89 v°. On trouve exactemcnt a la memc date, dans les
mandemcnts de Charles V, mention d'un don de 12,000 livres pour
indemniser le Due des frais de la campagne.
INTRODUCTION XXVII
2 SOUS 6 denicrs (i). La mcmc annee, d'autrcs cavaliers
sont cxpedies au Mont Saint-Michel, charges de mes-
sages pour Ic roi et la reine de Sicile, pour le prince
de Tarente (2). Peu de mois a peine avant sa mort, la
veuve de Philippe VI, Blanche d'Evreux, recevait dans
sa retraite de Neauphle les lettres du Due confiees aux
soins de Perrinet le Picart (3).
Tous les evenements d'un ordre plus intime, nais-
sances, mariages, deces, donnent lieu a des correspon-
dances de meme nature. Les messagers sont aussi char-
ges de transmettre les ordres relatifs a I'administratiou
des provinces; on les envoye a la recherche des provi-
sions de bouche ; ils menent d'un chateau a I'autre,
lors des frequents deplacements de leur maitre, les har"
des et les meubles. Toujours par voies et par chemins,
ils constituent a cette epoque un des rouagcs essentiels de
I'administration publique et des relations sociales. C'cst
une des grosses, mais des plus indispensables depenses
de tout seigneur d'un rang eleve. Le chapitre qui leur
est consacre tient toujours une large place dans les
comptes du due de Berry ; on pent y suivre aussi la
modification de ses gouts et de ses preoccupations aux
ditferentes epoques de sa vie.
Les articles des comptes relatifs a des acquisitions de
pierres et de joyaux precieux pendant la periode qui
s'etend de i36o a i38o (4), sont a peu pres insignifiants
si on les compare a la masse considerable de tresors
dc toute nature enumeres dans les inventaires d'une
date ulterieure.
Nous avons dit plus haut que le manage du prince
(i) Arch. Nat. Reg. KK 254, fol. 69.
(2) Ibid. 3 avril 1400.
(3) 12 mai i3g8. — Arch. Nat. KK 253 fol. 62.
(4) Voyez tome II, p. 319-327. Nous avons reproduit dans cet appen-
dice tous les passages relatifs a des achats d'objets precieux,
XXVIII INTRODUCTION
Premier uvcc Jeaniic d'Amiagnac avait etc celebre Ic 24 juin
mariagc du due ^ r t^ • ■ • /- 1 i
de Berry. iJbo. Dc ccttc UHion naquircnt trois fils ct deux
Sescn/ants.
nlles :
I ° Charles, comte de Montpensier, mort en 1882 (i),
laissant une veuve, Marie, dame de Sully et de Craon ;
2° Jean, devenu comte de Montpensier apres le deces
de son frere aine. II mourut en iSqy (2), sans laisser
d'heritier, bien qu'il eut epouse successivement sa cou-
sine Catherine, fiUe de Charles V (f i388), puis Anne,
fiUe de Jean de Bourbon, comte de la Marche et de Ven-
dome; cette dernierc fut mariee en secondes noces a
Louis le Barbu, due de Baviere;
3° Louis, decede aussi avant son pere;
4° Bonne de Berry, mariee, apres de longues nego-
ciations, a Amedee VII, comte de Savoie. Le mariage
fut Toccasion d'unc fete donnee a Paris le 20 Jan-
vier 1877 (3). Apres la mort d'Amedee VII, survenue le
i^'' novembre iSqi, Bonne de Berry contracta une se-
conde union qui resserra les liens unissant deja sa
famille a la maison d'Armagnac. En decembre iSgS,
elle epousa Bernard VII, comte d'Armagnac, qui devint
connetable de France. Elle mourut dans un age avance,
au chateau de Carlat en Auvergne, le 3o decembre 1435 ;
5° Marie, deuxieme fille du due de Berry et de Jeanne
d'Armagnac, survc'cut a son pere comme sa soeur Bonne.
Elle contracta successivement trois mariages : unie le
20 mars i386, a Louis de Chatillon, comte de Dunois,
mort en 1391, elle perdait, le i5 juin 1397, son deuxieme
(i) Dans le comptc dc I'anncc iSyS (KK 252, fol.GJ^). parait la nourricc
du comte de Montpensier. Elle se nommait Catherine. La nourricc du
due dc Berry etait, d'apres le meme compte (fol. 104 V), dame Gille
de Caumont.
(2) Ses obseques furcnt celebrces en I'hotcl de la Grange, Ic lynovem-
bre 1397 (KK 2 55, fol, 18).
(3) Arch. Nat. KK 202, fol. 144.
INTROnUCTION XXIX
mari, Philippe d'Artois, comte d'Eu, connetablc de
France, quelle avait epouse le 27 Janvier 1892, et con-
volait en troisiemes noces, le 24 juin 1400, avec Jean P%
due de Bourbon, qui la preceda dans la tombe. Marie
de Berry mourut a Lyon peu de temps avant sa stcur
la comtesse d'Armagnac, en juin 1434.
II etait necessaire de preciser les dates et les circon-
stances essentielles de la vie de ces deux princesses,
parce que,ayant survecu a leurs freres,elles recueillirent
seules, en 1416, I'heritage paternel.
Le due Jean perdait sa premiere femme le 1 5 mars 1 388. second 'i^^^rjage
Soit par raison d'interet, soit pour se conformer aux lois
de TEglise, les princes du moyen age semblent avoir
eu un grand eloignement pour le veuvage. lis avaicnt
besoin d'une compagne pour tenir leur maison, com-
mander aux serviteurs pendant leurs frequentes absen-
ces, elever les enfants.
Un moment, notre prince avait songe a une alliance
avec la famille royale d'Angleterre et jete les yeux sur
une princessede la maison de Lancastre. Les pourparlers
n'aboutirent pas; le due de Berry qui approchait de la
cinquantainc fut sans doute trouve trop age, et la jeune
princesse alia chercher un mari en Espagne. Decu dans
ses visees, notre prince se resignait a prendre femme en
France. Ses noces avec Jeanne, fille de Jean VI, comte
d'Auvergne et de Boulogne, et d'Eleonore de Cominges,
furent celebrees a Riom le 5 juin iSSg. Cette union resta
sterile. Se conformant a I'exemple donne par son mari,
Jeanne de Boulogne s'empressait de se remarier aussitot
apres la mort du due de Berry. Les historiens fixent la
celebration de son mariage avec Georges, seigneur de la
Tremoille, au 19 novembre 141 6.
On connait maintenant par le detail la famille directe
du due de Berry; il ne sera pas supertlu de passer rapi-
dement en revue celle des differents princes avec les-
INTRODUCTION
quels il cntretint des relations suivics Jusqu'aux dcrnieres
annees desa vie.
Lafamiiic Dc I'union de Charles V avec Jeanne de Bourbon
dc Charles V , . , , . 01 ,., . .
,-tdeses freres. qu il avait epousce en )uiilet ii49, ^loi's qu il atteignait a
peine sa douzieme annee, naquirent neuf cnfants : trois
fils ct six filles. II ne lui restait, au moment de sa mort,
que le jeune prince qui prit la couronne sous le nom de
Charles VI, Louis, due d'Orleans, et Catherine, promise,
des I'age de neuf ans, a Jean de Montpensier, et morte,
comme on vient de le dire, en i388. Sa naissance avait
coiite la vie a Jeanne de Bourbon, decedee a Paris le
6 fevrier i 377.
Le frere puine de Charles V, Louis d'Anjou, Taventu-
reux competiteur au trone de Naples, avait laisse de son
mariage avec Marie de Chatillon, dite de Blois, deux
fils : Louis II d'Anjou ne en 1377, mort en 141 7, et
Charles decede des 1404.
Les relations du due Jean avec son frere le due de
Bourgogne paraissent s'etre toujours maintenues sur un
pied d'affectueuse intimite; cela ressort de tous les do-
cuments authentiques. Le due de Berry fut le parrain
de son neveu, le comte de Nevers, surnomme plus tard
Jean sans Peur (i). Philippe le Hardi avait epouse la
riche heritiere des provinces de Flandre et d'Artois. II
en eut quatre fils et quatre filles. L'aine de ces fils, Jean,
naquit le 28 mai 1371. Louis, qui vient ensuite, mourut
en bas age. Le troisieme, Antoine, fut le fondateur de
la maison de Brabant. Enfin le dernier, Philippe, prit le
titre de comte de Nevers lorsque son frere aine Jean eut
succede a son pere ; de lui sortit la dynastie des comtes
de Nevers.
(i) Don de loo livres tournois, fait le 5 juin iSyi « aux demoiselles et
femmes de chambre du filz de Monseigneur de Bourgoigne, lequel Mon-
seigneur (le due de Berry) tint sur tons. » (Arch. Nat., KK25i, fol. 69.)
INTRODUCTION
La fille ainee de Philippe Ic Hardi , Marguerite,
epousait, en i385, Guillaume de Baviere, quatrieme
du nom, comte de Hainaut, de Hollandc et de Ze-
lande. Marie, soeur cadette de Marguerite, fut unie,
en 1 40 1, a Amedee VIII, comte de Savoie, petit-fils
du due de Berry. Catherine, la troisieme fille du due
de Bourgogne, recut pour epoux, en i SgS, Leopold III,
due d'Autriche. Quant a Bonne, la derniere, elle mourut
jeune.
Ges mariages expliquent le rapide developpement de
la maison de Bourgogne; ils font comprendre en meme
temps les relations intimes des princes francais avec
presque toutes les families souveraines de I'Europe. De
la, ces echanges frequents de presents entre le due de
Berry et les chefs des dynasties regnantes de I'Espagne,
de I'Allemagne, de I'ltalie.
Pendant toute la vie du roi Charles V, le due
de Berry ne joua qu'un role eftacee; il se contenta
de rester Tauxiliaire modeste de la politique royale.
Plus que ses freres Louis et Philippe, il s'occupa des
operations militaires comme des negociations politi-
ques. C'est sans doute dans cette intimite constante
avec la famille royale, dans la contemplation assidue
des trcsors reunis a la tour du Louvre et dans les autres
chateaux de la couronne, que sa passion des beaux
manuscrits, des opulentes vaisselles d'or et d argent,
des joyauxde prix se developpa lentement pour se donner
libre carriere quand les circonstances lui en fournirent
I'occasion.
L'inventaire de Charles V a conserve, en partie du
moins, la mention des dons faits au Roi par ses freres.
Le due de Berry, comme le due d'Anjou y parait a di-
verses reprises en qualite de donateur. Mais c'est surtout
dans les extraits publics par M. Petit a la suite des Iti-
neraires des dues de Bourgogne qu'on trouvera de nom-
XXXII INTRODUCTION
breux excmples des presents faits a roccasion du i^' Jan-
vier ou des fetes de famille (i).
II est parfois malaise de retrouver dans un inventaire
les cadeaux ainsi recus. D'une part, les descriptions
sont souvent trop courtes, trop sommaires pour per-
mettre d'identifier un objet comme un anneau, un rubis,
une perle. D'un autre cote, de nombreux temoignages
etablissent que les princes de la fin du xv' siecle se plai-
saient a modifier sans cesse, au gre de leur caprice, la
forme des joyaux les plus precieux. Quantite de figures
d'or ou d'argent, offertes au due de Berry par son frere
de Bourgogne, ne paraisscnt pas sur les inventaires.
Et cependant ces dons datent du commencement du
xv' siecle; quelques annees ont suffi pour en degouter
le possesseur et le present recu a ete presque aussitot
fondu, vendu ou engage. Mais la principale cause de ces
pertes si regrettables fut encore la necessite de battre
monnaie pour parer a des besoins pressants. Les vais-
selles d'or et d'argent, entassees sur les dressoirs ou dans
les coffres des demeures seigneuriales, constituaient
alors une sorte d'epargne ou de reserve a laquelle on
avait recoursdans les circonstances critiques. Apres le de-
sastre d'Azincourt, le roi Charles VI, reduit a se pro-
curer des ressources immediates, envoyait a la Monnaie
non seulement les orfevreries de son pere et les bijoux
de sa femme, mais aussi les vases precieux de son onclc
le due de Berry, qui appartenaient de droit aux nom-
breux creanciers de ce prince.
Troisicme Lcs eveuemeuts politiques qui suivirent la mort de
Charles V sortent du cadre de cette etude; nous nous
periode de la vi
du
due de Berry
(i)Nous inserons,parmiles additions de notre tome II, la liste complete
des dons offerts par le due de Bourgogne a son frere Jean, de 1387 a
1403, a I'occasion des etrennes ou de diverses solennitcs. Peu de ces
dons princiers parmi lesquels on remarque de nombreuscs figures d'or
assez faciles a reconnaitre, figurent dans I'lnventairc de 1402.
INTRODUCTION XXXIII
varretcrons pen dc temps. Rcmarquons seulement que
Ic clue de Berry, completement efface auparavant par
la haute personnalite de son frere, jouera un role de plus
en plus actif dans les intrigues qui vont se nouer autour
du trone. II est, par ses alliances, par la force meme des
choses. Tame du parti hostile aux Bourguignons; il de-
vient le conseil des chefs Armagnacs sur lesquels sa royale
origine lui donne un incontestable ascendant. Jusqu'ala
mort de Philippe le Hardi, la bonne intelligence se main-
tient, en apparence du moins, entre les deux freres ; mais
quand le violent Jean sans Peur deviendra possesseur
des vastes etats de son pere, il faudra bien que la riva-
lite des deux adversaires eclate. Nous n'avons pas
a entrer dans le detail de ces querelles si funestes a la
France ; si nous en parlous, c'est seulement pour consta-
ter que toutes sortes de liens rattachaient le due de Berry
au parti des Armagnacs, dont il resta jusqu'a sa mort le
chef inconteste, dont il partagea la fortune quand les
Bourguignons, maitres de Paris, mirent au pillage son
chateau de Bicetre, et quand le due de Bourgogne vint,
a la tete des troupes royales, assieger la eapitale du Berry.
Apres avoir eu I'espoir dejouer un role preponderant
dans I'administration du royaume, le due de Berry dut
bientot s'effacer devant les pretentions de son frere de
Bourgogne. Les impitoyables exactions de ses creatures
dans le Languedoe, la hauteur et I'avidite de ses otfi-
ciers avaient rendu son nom impopulaire dans tout le
royaume. Aussi cherche-t-il a se menager des alliances.
II signe avec la reine Ysabeau et le due d'Orleans un
traite secret par lequel les trois contractants s'engagent
reciproquement, par serment sur I'Evangile, a se main-
tenir au pouvoir. L'acte est du i^' decembre 1406 (i).
(i) Arch. Nat., K 55, n" 36. Get actc est expose au Musec des Archives,
vitrinc 36. II a ete public par Douet d'Arcq, dans son Clioix de pieces
inedites siiv le rd£;ne de Charles VI.
XXXIV INTRODUCTION
II ne poLivait etre dirige que centre le nouveau due de
Bourgogne Celui-ci sentit le coup; il }' riposta quel-
ques annecs plus tard par I'assassinat dc la rue Bar-
bette. II ne semble pas que Jean sans Peur ait jamais
forme aucun projet meurtrier contre son oncle le due de
Beny; du moins Ics chroniques ne mentionnent aucune
tentative de cette nature. Mais, a voir les precautions
dont il s'entourait, la quantite de contre-poisons qu'il
avait amasses, ne parait-il pas evident que notre prince
ne se crut jamais completement en surete et que les
liens du sang constituaient une faible garantie contre la
violence des passions?
La En 1406, le due de Berry se trouvait a I'aposee de la
Sainte-Chapcllc t ' J r »
de Bourges. fortune et de la prosperile. Son age et son rang lui
assuraient une situation sans rivale a la cour de France.
II venait de terminer, d'inaugurer et de doter somptueu-
sement cette Sainte-Ghapelle de Bourges, elevee sur le
modele de la Sainte-Chapclle de Paris, qui devait trans-
mettre aux generations futures le souvenir de sa magni-
ficence et de sa piete. La consecration du sanctuaire avait
etc I'occasion de ceremonies fastueuses. Aux fetes reli-
gieuses avaient succedc des tournois et des festins pro-
longes pendant plusieurs jours. Jamais la ville de Bour-
ges ne vit pareilles splendeurs. Heureux le prince s'il
n'eut pas survecu de longues annees a cette brillante apo-
theose ! II n'eut pas connu les amertumes d'une vieillesse
impuissante et humiliee. II n'eut pas assiste a la mort
lamentable de son neveu prefere le due d'Orleans. Les
horreurs de la guerre civile eussent ete epargnees a ses
etats, et il n'eut pas eu cette supreme douleur de voir,
avant de quitter ce monde, le sanglant desastre d'Azin-
court engloutir la fortune de la France. Ne valait-il pas
mieux pour un prince pacifique, passionne pour toutes
les recherches du luxe, pour les delicatcsses de Tart
le plus raffine, disparaitrc avant d'avoir ete le tcmoin
INTRODUCTION XXXV
impuissant de ccs lamentables catastrophes? II liii fallut
subir ses dcstinees jusqu'au bout ; et c'est merveillc
c^u'aprcs tant de traverses, il possedat encore, aux der-
niers jours de son existence, une si merveilleuse quantite
de jo3^aux de grand prix, de tapisseries, de livres pre-
cicux, d'objets curieux de toute nature.
Certes, la vie du due Jean de Berry peut etre citee par
I'historien philosophe comme un des exemples les plus
rares des vicissitudes du sort et des retoursde la fortune.
Ce n'est pas a ce point de vue que nous avons a I'etudier
ici ; ce qui nous interesse en lui, ce qui nous occupe
avant tout, c'est le grand collectionneur, c'est le t\'pe
acheve de I'amateur fanatique, ne reculant devant aucune
depense, devant aucune folie, pour satisfaire une passion
jamais assouvie. Voilii le cote le plus saillant de la figure
du prince que nous etudions; c'est par la qu'il se dis-
tingue de tous ses contemporains; c'est sous cet aspect
que nous chercherons a le faire connaitre par I'analyse de
ses inventaires.
Au debut du xv'^ siecle, le due de Berry sc trouve
possesseur de collections considerables, moins nom-
breuses sans doute que celles du roi Charles V, mais
choisies peut-etre avec plus de tact et de gout. C'est
alors qu'il fait dresser le premier inventaire des tresors
qui ne cesseront de s'accroitre jusqu'au dernier jour de
sa vie. Ces tresors consistent surtout en joyaux de cha-
pelle, en images, croix, calices et ornements d'or; tout
cela va bientot devenir la propriete de la Sainte-Chapelle
de Bourges dont la consecration aura lieu le 1 5 avril 1405.
La Sainte-Chapelle de Bourges ne garda pas longtemps
les presents offerts par son fondateur. Lors du siege de
sa capitale, le due de Berry ne se fit aucun scrupule de
reprendre les matieres precieuses donnees par lui au
sanctuaire, sauf a le dedommager plus tard si les cir-
constances le permettaient. Ainsi, nombre de joyaux du
XXXVI INTRODUCTION
plus grand prixdisparurent dans cette lamentable guerre
civile. Les plus belles pieces de la collection du Due
avaient done disparu dans le naufrage de sa fortune,
plusieurs annees avant sa mort.
Parmi les objets de toute nature qui constituent I'en-
semble dcs inventaires, les jo3'aux pour chapcUe, ainsi
qu'on I'a vu, occupent la premiere place, et comme nom-
bre et comme richesse. Puis viennent les vaisselles
et orfevreries a I'usage personnel du prince. Les pierres
precieuses divisees en plusieurs categories, suivant leur
nature, remplissent tout un chapitre. Enfin commence
I'c'numeration de ces incomparables manuscrits, le prin-
cipal honneur des collections de Bourges. Mais, avant
de passer en revue ces differentes series, avant d'insister
sur les ressources que les descriptions de I'inventaire
peuvent offrir aux etudes archeologiques, il convient
de dire quelques mots de Torigine des merveilles rcunies
par notre prince.
Originc L'inventaire de 141 3 assi^ne trois provenances dis-
ctes collections _ .
dejoyaitx tiuctes aux jovaux et aux livres confies a Robinet
et de livres. _ ' -'
d'Etampes ; sur cette distinction repose toute I'econo-
mie du compte. La premiere division , reservee aux
articles figurant deja sur les precedents inventaires, ren-
ferme par consequent tous les objets portes au ma-
nuscrit de 1401. Les objets decrits en 1401 qui ne
reparaissent pas en 141 3, avaient ete, dans I'intervalle
de ces deux dates, soit donnes a la Sainte-Chapelle
de Bourges ou a divers personnages, soit detruits ou
perdus. Parmi les joyaux ou autres articles disparus
entre 1401 et 141 3, une trentaine environ proviennent
de dons anterieurs au quinzieme siecle. Sur la liste
de donateurs, le roi de France figure pour quatre arti-
cles (i); le due d'Orleans, pour un seul (2); le due
(i) Art. 5o, 129, i3i, iio3.
(2) Art. 47.
INTRODUCTION XXXVIl '
dc Bourgognc, pour six(i); la duchesse de Berry, pour uonsanteneurs
deux (2) ; I'eveque de Poitiers, chancelier du Due, egale- "^ ^'*°°'
ment pour deux (3), ainsi que le pape Clement VII (4).
Raymond de Turenne a offert trois morceaux d'une
etotfe cnrichie de broderie (5). Enfin la reine de France,
le connetable Olivier de Clisson, le grand maitrede Rho-
des, I'empereurde Constantinople, levicomtede Thenars,
Guillaume Bie, Casin de Serenviller, Baude de Guy, la
femme de Raymond de Turenne, sont cites chacun une
fois en qualite de donateurs (6). Cette e'numeration
ne comprend, il ne faut pas I'oublier, que les person-
nages dont les presents n'existent plus en nature lors de
la redaction de 141 3.
Le registre de Robinet d'Etampes ne signale que les Don,dci4oi
dons posterieurs a 1401. Le rapprochement des men- '^ ''^"''
tions eparses dans ce manuscrit nous apprend que, pen-
dant une periode de quinze annees a peine (decembre
1401-16 juin 1416, date de la mort du due de Berry,)
cent trente-six personnages firent present a notre prince
de trois cent cinquante joyaux, pierres precieuses, ma-
nuscrits et objets divers. II faut encore Joindre a ce
total huit articles provenant de dons, mais sans noms
d'auteurs,
C'est d'abord la famille du Due, sa femme, ses filles, Dons
gendres, freres, neveux et cousins. ''JJIdhc!'"^
Le nom de la duchesse de Berry revient cinq fois sur
cette liste de liberalitcs (7), le plus souvent a I'occasion
des ctrennes.
(1) Art. 46, 124, 127, 128, 188, 1081.
{2) Art. 180, 194.
(3) Art. 956,- 1062.
(4) Art. 222, 949.
(5) Art. i3o2, i3o3, i3o4.
(6) II sera facile, avec la table, de sc reporter aux articles ou ces
personnages sont nommes.
(7) Art. 12, 354, 358, 396, 696, de I'lnventaire dc 141 3, tome I.
XXXVIII INTRODUCTION
La duchesse de Bourbon reparait six fois (i)comme
donatrice, la comtesse d'Armagnac quatre fois (2), et
tOLijours, a une ou deux exceptions pres, a propos du
nouvel an. Leurs maris, le due de Bourbon et le comte
d'Armagnac, ne se montrent pas moins empresses a flat-
ter les gouts de leur beau-pere. C'est encore a I'epoque
des etrennes que le premier offre les huit joyaux (3) men-
tionncs avec son nom dans I'inventaire, ou le comte
d'Armagnac figure quatre fois (4). N'oublions pas Char-
les d'Artois, comte d'Eu, fils de Philippe d'Artois, con-
netable de France, le deuxieme mari de Jeanne de
Beny. Le due de Berry parait avoir temoigne a ce petit-
fils une affection particuliere, justifiee par les qualites
remarquables de ce prince. II lui laissa par testament
une somme de 20,000 livres pour le paj^ement de sa
rancon, apres qu'il eut ete fait prisonnier a Azincourt ; ce
qui n'empecha pas le comte d'Eu de passer plus de vingt
annees en captivite (5). D'autre part, le comte d'Artois
ne laisse jamais passer la date du i*^'"" Janvier sans prou-
ver a son aieul sa deference et son affection. Plusieurs
articles temoignent de ses sentiments (6).
. ^P°"f ,'r Parmi les nombreux presents, — nous n'en comntons
de Charles 17. ^ ' ^
pas moins dc quinze consistant en picrres precieuses ou
(i) Art. io3, 33o, 807, 1 126, 1 134, 12 1 3.
(2) Art. 321, 417, 664, 671.
(3) Art. 68, 324, 389, 395, 606, 689, 1 169. 1209.
(4) Art. 72, 687, 691, 223.
(5) Le P. Anselme (tome I, p. 390) cxpliquc ainsi la cause dc ccttc
longue detention : « Le roy d'Angleterre Henry V avait une telle opinion
« de sa valeuret de son courage qu'en mourant au chateau de Vincennes,
« en 1422, il ordonna que ce prince ne fut dclivrc jusqu'a ce que le
« jcune Henry, son tils, \'I= du nom, eut I'age necessaire pour gouverner
« sesEtatsjde sorle qu'il y demeura vingt-trois ans et ne fut mis en
« liberie qu'en 1438, en echange du comte de Somerset, prisonnier du
0 due de Bourbon. » Le comte d'Eu etait ne vers 1394.
(6) Art, 35 1, 602, 611, 693, 1 161, 1 189.
INTRODUCTION XXXIX
en manuscrits (i), — que le Due recut de son neveu, le
roi Charles VI, il en est un qui merite une mention
speciale. C'est le rubis balai pay6 dix-huit mille ecus
d'or et mentionne sous le n'' 36(). La somme etait consi-
derable, meme pour le tresor royal. Aussi Robinet
d'Etampes prend-il soin de noter qu'elle representait
les etrennes des trois annees i-|02, 1408 el 1404. Encore
le Roi ne paya-t-il pas tout le prixde cette pierre exception-
nelle, une des plus belles, sans contredit, de la collection.
Charles VI donna quatorze mille livres; le surplus fut
acquitte par le due de Berry. Le detail n'est-il pas pi-
quant? La note inscrite en marge de I'article nous fait
savoir que ce rubis merveilleux, enchasse dans une croix
ornee de pierres du plus grand prix, fit retour au roi de
France en vertu du don fait par le due de Berry peu de
jours avant sa mort.
Parmi les donateurs les plus genereux, les deux dues ^^^^ ^^^,^ ^^^^^
de Bourgogne tiennent naturellement le premier rang. ^-^ ^onrgogne.
Les extraits des comptes de Dijon, publics par M. Petit,
viennent utilement, a ce sujet, completer les inven-
taires. Les comptes de Philippe le Hardi, reproduits
dans les Additions de notre deuxieme volume, enume-
rent, annee par annee, la nature et souvent la valeur des
presents oficrts au due de Berry a I'occasion du i"' Jan-
vier, de 1887 ^ 1403. La publication que prepare M. Ber-
nard Prost sur les comptes des dues de Bourgogne nous
apportera de nouvelles lumieres sur ce point. Deja,
grace a M. Petit, nous pouvons constater avec quelle rapi-
dite les joyaux precieux sortaient des collections ou ils
venaient d'entrer. Certaines images d'or offertes au due
de Berry en iSgS ou meme les annees suivantes ne font
deja plus partie de son tresor lors de la redaction de I'in-
ventaire de 1401.
(i) Art. 366, 3S4, 392, 439, 454, 476, 607, 608, gio, 904, 941, 946, 1 188
1241, 1247.
INTRODUCTION
L'inventairc de 1413 complete les indications fournies
par les textes publies dc M. Petit. Des picrres de grand
prix, rubis et saphirs, ont ete donnees au due de Berr}^
par son frere de Bourgogne. Notre prince, qui semble
avoir eu la manie de baptiser de noms caracteristiques
non seulement les animaux preferes de sa menagerie,
mais encore les objets inanimes d'une haute valeur,
prend plaisir a designer deux rubis exceptionnels qu'il
tenait de son frere, I'un par le sobriquet de Bonhomme [i),
I'autre sous le nom de Coeiir de France (2). Puis, ce sont
des saphirs (3), notamment \q. grand saphir dc Bourgo-
gne. Signalons enfin un manuscrit enrichi de belles en-
luminures (4). Parmi les cinq presents oflerts par Jean
sans Peur a son oncle (5), il }' a lieu de remarquer la petite
croix d'or ornee d'un fermaillet, representant un rabot (6),
cet attribut fameux du terrible due, dont les comptes de
Bourgogne nous ont conserve une bicn curieuse descrip-
tion (7). Faut-il admettre, avec un ecrivain contemporain,
que le rabot etait d'invention rccente en 1400, et expli-
quer par la le choix singulier de Jean sans Peur? Nous
laissons aux archeologues le soin de decider la question.
Le frere cadet de Jean sans Peur, devenu due de
Nevers apres la mort de Philippe le Hardi, et le comte
de Charolais, fils aine du due Jean, figurent aussi sur
la liste des donateurs (8). Ce sont generalement des
anneaux d'or enrichis de pierres precieuses qui font les
frais de ces cadeaux.
(i) Art. 340.
(2) Art. 35o.
(3) Art. 369, 377.
(4) Art. 933.
(5) Art. 10, 391, 83 I, ioo5, i i4<S.
(6) Art. 10.
(7) Voy. notrc tome I, p. i3, note 3.
(8) Pour Ic comtc dc Nevers, voycz les art. 3N8, 393 et 457; pour Ic
comte de Charolais, le n° 356; pour la comtcssc de Charolais, Ic n" 461,
INTRODUCTION XL!
Les allies du due de Berr}^ dans sa luttc contrc Dons d-Y!<c7beau
la maison de Boursosne, i ai nomme la reine Ysabeau ct du
o '-J ' ^ clue d'Orlcans.
dc Bavierc et Ic due d'Orleans, ne pouvaient man-
quer de compter parmi les personnages empresses a
flatter les gouts de Tillustre amateur. Aussi le nom
de la reine revient-il huit ou neuf fois dans Tlnven-
taire (i), tandis que celui du due d'Orleans reparait
dans quatre articles (2). Les presents d'Ysabeau de
Baviere sont generalement, le detail vaut la peine d'etre
note, assez modestes ; ils consistent en gobelets, en
vases de eristal ou de jaspe. A peine le due de Berry
les a-t-il en sa possession, qu'il les enriehit de belles
montures d'or, emaillees a ses armes (3). Parmi les
eadeaux du due d'Orleans, on remarque un Breviaire
manuscrit dont I'histoire ne laisse pas que d'etre pi-
quante. Donne par le due de Berry a son neveu, ce livre
se retrouve dans la succession de la duchesse d'Orleans
lors de sa mort, et le due de Berry s'empresse sans ver-
gogne de le reclamer et de se le faire rendre.
Nous sommes loin d'avoir epuise la liste des parents Dons dc divers
. ^. parents et allies
du due Jean qui figurcnt dans 1 Inventaire. Signalons
encore le roi et la reine de Sicile, heritiers des pretentions
du due d'Anjou. Quelques-uns de leurs presents (4)
offrent un interet exeeptionnel : d'abord les deux dia-
mants tallies en forme d'E et de V, ces deux initiales
mysterieuses traces sur nombre de volumes manuscrits
de la librairie ducale et dont on n'est pas encore parvenu
a determiner le sens; puis les Heures manuscrites sur
lesquelles le roi Jean avait appris a lire, veritable relique
de famille que le due de Berry s'empressait d'orner de
riches fermoirs en or.
(i) Art. 36 1 ct 455, 462, 8og, 810,811,812, 8i3, 823.
(2) Art. 3 14, 352, 947, 965.
(3) Voy. les art. 809 a 8i3.
(4) Art, 164, 3S7, 442, 443, (376, 686, 968.
INTRODLXTION
La nombreuse famillc du due dc Berry compte bien
d'autres donatcurs : d'abord, sa bru,cette Anne de Bour-
bon qui epousa successivement Jean de Berry, comte de
Montpensier, puis Louis III, due de Baviere, frere de
la reinc de France. La comtesse de Montpensier est citee
a trois reprises (i). Son second mari, lui aussi, ne cesse
d'entretenir avec le due de Berry jusqu'au dernier jour,
les plus cordiales relations (2).
Puis, c'est le fils du due de Bourbon, le comte de Cler-
mont, qui cherche a gagner les bonnes graces de son
grand-pere en lui offrant un rcliquaire et un diamant de
prix (3).
Les fils de Charles le Mauvais ne sont pas les der-
niers a faire leur cour a leur oncle de Berry. Parmi les
presents de Charles le Noble, fils aine et sueeesseur
du roi de Navarre (4), on remarque une corne d'uni-
corne ou de narval, objet fort recherche au moyen age,
moins encore a cause de sa rarete qu'en raison de la
vertu attribute a cette matiere de reveler la presence
ou de neutraliser les effets du poison. Pierre de Na-
varre, frere de Charles le Noble, ne se montre qu'une
fois sur la liste des donateurs (5); mais sa femme, Ca-
therine d'Alencon , remariee en secondes noces avec
Louis de Baviere, veuf lui-meme de la belle-fille du due
de Berry, ne cesse d'entourer son oncle par alliance de
soins et de prevenances. Deux manuscrits et deux joyaux
d'or en fournissent la preuve (6).
Dans les dernieres annees de sa longue earriere,
(i) Art. 316,674, 827.
(2) Les articles de I'lnvcntaire provcnant du due dc Baviere sont
inscrits sous les n'^ 459, 1208 ct 12 38.
(3) Art. 1 125, 1 196.
(4) Art. 100, 162, 309,413, 469, 470, 598, 399,68?.
(5) Art. 390.
(6) Art. 998, 999, 1 108, 1109.
INTRODUCTION
le due Jean, considcrc commc Ic patriarche dc la
famillc, est accablc d'attentions de toutes sortes par ses
nombrcux petits-cnfants et petits-neveux. Signalons rapi-
dcment Ics presents offerts, le plus souvent a la date du
i" Janvier, par le due et la duchesse de Guienne (i), fils
et bru du roi Charles VI, et par le comte de Ponthieu (2),
frere du precedent, par les deux fils du due Louis d'Or-
leans, Charles d'Orleans (3), et le comte de Vertus (4),
par la comtesse de Nevers (5), fille du comte d'Eu et
arriere petite-fiUe du due de Berry, enfin par le comte
d'Alencon (6), le comte et la comtesse de la Marche (7).
Non content d'avoir fait hommagc a son grand-oncle
de pierres renommees, telles que Riibis de Guienne (8) et
le Balaf de la Chasteigne (9), le due de Guienne lui
leguait en mourant quelques-uns de ses joyaux les plus
precieux, deux tableaux d'or de travail italien ou orien-
tal (10), deux magnifiques perles, la grosse Perle de
Berry et la grosse Perle de Ncwarre (11) et un manu-
scrit riehement enlumine (12). Ces deux perles furent
evaluces, dans I'inventaire apres deces, la premiere qua-
tre mille livres et I'autre deux mille. Or, on I'a deja
constate, ces estimations devaient etre bien infericures
a la valeurreelle des jo3'aux.
Les grands offieiers du royaume, les membres du oonsdes^n-ands
clerge, les chefs de 1 armee, les personnages remplissant du royaume.
de hautes fonetions administratives ou judiciaires se
disputaient a Tenvi les bonnes graces de I'oncle du
Roi. Nul mo3'en n'etait plus sur pour parvenir a
(i) Art. 453 , 456, 972, 973, 1006, (7) La comtesse olTrit les a"' 78
1 1 52, 1 1 63, 1 182. et683 ; le comte le n^ 1 190.
(2) Art. I 1 36. (8) Art. 11 52.
(3) Art. ii5i. (9) Art. 1 1 63.
(4) Art 1 149. (10) Art. I io5, 1 106.
(5) Art. 1 135, 1 183. (i i) Art. 1200, 1201.
(6) Art. -3, 102. (12) Art. i2 5o.
XLIV INTRODUCTION
cc but que dc flatter ses gouts bien connus. On le
savait et on agissait en consequence. Aussi rencontre-t-
on, parmi ceux qui contribuerent a augmenter les tresors
de Bourges,tous les hauts dignitaires de I'Eglise, les sei-
gneurs les plus marquants, les conseillers et les ministres
du souverain.
A cote du connetable d'Albret (i), du connetable de
Saint-Pol (2), on rencontre leur predecesseur, le vaillant
Louis de Sancerre (3). Nul doute que le present de ce der-
nier ne fut particulierement sensible au coeur du due de
Berry, En effet, c'est un diamant venant de sa mere-
Voici maintenant des souvenirs du marechal Bouci-
caut (4), le brave defenseur de Constantinople contre
les Turcs, et de son compagnon d'aventures, le sieur
de Chasteaumorant (5). Ces intrepides champions de
la croix n'ont guere rapporte que la misere de leurs
expeditions lointaines ; aussi leurs offrandes sont-elles
des plus modestes. Elles consistent en fruits de TOrient,
en antidotes contre le vcnin, en reliques trouvees
a Constantinople avec inscriptions en caracteres grecs.
Olivier de Clisson, on ne I'a pas oublie, paraissait
sur le premier inventaire du Due. Notons encore I'ami-
ral dc France, Jacques de Chatillon (6), ainsi que plu-
sieurs pcrsonnages qui se succederent dans une des pre-
mieres charges de la cour, celle de grand maitre de Thotel
du Roi : en premier lieu, 1 'infortune Jean de Montaigu,
seigneur de Marcoussis, vidame dc Laonnois, envoye au
supplice en 1409 (7). En vain avait-il cherche a gagner
par de riches presents la protection du due de Berry.
Pierres de grande valeur, manuscrits precieux, tout cc
qui pouvait rentrer dans les gouts d'un fervent connais-
(i) Art. 448, 668. (3) Art. 9, loi, i33, iIh, i35.
(2) Art. 74, 8o3. (6) Art. 71.
(3) Art. 436. (7) Art. 353, 383, 478, 785, 818,
(4) Art. 594. 948, 966,972, 975.
INTRODUCTION XLV
seur lui avait etc olTert. La dame de Montaigu s'etait
associee aux largesses de son mari (i); ce qui n'eni-
pecha pas Ic Due de faire son choix dans les tresors
de I'infortune grand maitre apres son execution et de
s'emparer avidement de I'objet de ses convoitises. II
ordonna, toutcfois, par son testament, de rendre a la
famille ces biens mal acquis (2). On verra comment les
ministres de Charles VI eurent egard acette recomman-
dation. Les successeurs de Jean de Montaigu dans la
charge de grand maitre de Thotel, Guichart Dauphin,
sieur de Jalligny (3), et monseigneur de Vend6me(4), ne
se montrerent pas moins empresses a flatter la passion
de I'oncle du Roi.
On lit encore sur cette longue liste de donateurs
les noms de Beraud , dauphin d'Auvergne (5), de
Lhermitte de la Faye (6), chambellan du Roi et se-
nechal de Beaucaire, de Philippe de Corbie (7), maitre
d'hotel, fils du venerable Arnaud de Corbie, premier
president du Parlement et chancelier de France, de
Pierre de I'Esclat (8), maitre des requetes de I'hotel, de
Gontier Col (9), notaireet conseiller du Roi, de Fruitier,
dit Salmon (10), secretaire du Roi,de Robert Mauger(i i),
nomme premier president du Parlement de Paris en
1418, d'Olivier de Mauny (12), capitaine de Saint-Malo,
puis bailli de Caen, du prevot de Paris, messire Guil-
laume de Tignonville (i3) et de Raoul d'Auqueton-
ville (14), ce felon chevalier normand qui trempa ses
mains dans le sang du due d'Orleans. A tous ces noms
(0 Art. 75, 670. (8) Art. ii33.
(2) Voy. tome II, p. 3o2. (9) Art. 986.
(3) Art. 394, 612, 1207. (10) Art. 964.
(4) Art. 120, 322,684, 1 1 17, 1 119. (11) Art. 1242.
(5) Art. 672, 682,825, 1246. (12) Art. 816.
(6) Art. 693, 694. (i3) Art. 993, 996.
(7) Art. 688, 974. (14) Art. 854.
XLVI
INTRODUCTION
Donaleiirs
clransrers.
Donateurs
ecclesiastiques.
il faut encore ajouter ceux du sire de Thouars (i), du
seigneur de la Croisette (2), de lacomtcsse de Mortain (3)
et de la dame de Saint-Just (4).
Les relations du due de Berry s'etendaient aux pays
etrangers; aussi ne doit-on pas s'etonner de trouver
parmi les personnages qui entretenaient avec lui des re-
lations cordiales la reine d'Angleterre (5), fille de
Charles le Mauvais et par consequent niece de Jean,
le due d'York (6), Charlotte de Bourbon, reine de Chy-
prc (7), la duchesse de Gueldre (8), le comte de Tri-
poli (9), frereduroi deChypre,et jusqu'a desAllemands
designes en termes tres vagues, comme une dame
d'Allemagne (10), un chevalier d'Allemagne (11). Une
habitante de la ville de Cologne, Catherine de Lizen-
beke ou de Liskerke, avait envoye au Due, avant 1401,
une serie de reliques qu'il s'empressa de dc'poser a la
Sainte-Chapelle de Bourges (12).
Les princes de I'Eglise contribuerent, plus que tons
autres, a augmenter les collections de Bourges. Plusieurs
articles de nos inventaires portent les armes du pape
Clement VII avec qui le Due n'avait cesse d'entretenir
des rapports amicaux. Les divers presents envoyes en
Berry par le pape Jean XXII (i3), montrent que les
bonnes relations du prince avec le Saint-Siege ne
cesserent qu'avec sa vie. Les prelats francais s'em-
pressent de suivre Texemple du chef de I'Eglise. Parmi
ceux dont le nom revient le plus souvent sur I'lnven-
taire, signalons deux des officiers de Tcntourage imme-
(i) Art. 3o6.
(2) Art. 317.
(3) Art. 80.
(4) Art. 600, 609.
(5) Art. ii85.
(6) Art. 1 1 28.
(7) Art. 76, I i3i, 1 137.
(8) Art. 1 181.
(9) Art. I 1 55.
(lo)Art. i36.
(11) Art. 822.
(12) Inv. B. art. 317.
(1 3) Art. 447, 83o, 11 39.
INTRODUCTION XLVII
diat du prince : d'abord, son ancien tresorier general,
Martin Gouge deCharpaignes, eveque de Chartres, puis
de Clermont, ensuite Guillaume Boisratier, archeveque
de Bourges, un des conseillers les plus ecoutes du Due
dans les dernieres annees de sa vie. Ces deux prelats ne
laissent pas echapper une occasion de lui temoigner leur
attachement. Soit au i" Janvier, soit en d'autres circons-
tances, Martin Gouge n'offre pas moins de dix-sept
joyaux ou manuscrits (i). Au nombre de ces objets, on
remarque une aiguiere d'or avec une inscription rap-
pelant qu'elle avait appartenu au roi saint Louis ; peut-
etre, I'eveque avait-il enleve cette precieuse relique du
tresor de son eglise, sachant qu'elle serait particuliere-
ment agreable a son protecteur. En effet, c'est peu de
temps apres sa nomination au siege de Chartres que
Martin Gouge enrichissait de cette venerable aiguiere les
collections ducales. Le i" Janvier 141 6, Martin Gouge
s'associe avec Guillaume Boisratier pour faire present
c^ son maitre d'une paix d'or (2). Le nom de I'arche-
veque de Bourges figure encore a six reprises parmi
ceux des donateurs (3).
Si ces deux prelats se montrent parmi les plus em-
presses a se rappeler en toute circonstance au souvenir
de leur maitre, les autres dignitaires ecclesiastiques sui-
vent a I'envi leur exemple. C'est Jean et Gerard de
Montaigu, les freres de I'infortune grand maitre de
I'hotel du Roi ; le premier etait archeveque de Sens (4),
le second fut eveque de Poitiers, puis de Paris (5) ; Pierre
de Savois}', eveque de Beauvais ((5) ; Simond de Cramand,
(i) Art. 193, 3ii, (366,677, "^06, 808, 814, 8i5, S32, 936, 937,969,
993, iiio, 1121, 1122, 1124.
(2) Art. 1 122.
(3) Art. 938, 944, 967, 1 120, 1 170, 12 19.
(4) Art. 992.
(5) Art. 443, 667.
(6) Art. 673.
INTRODUCTION
patriarchc d'Alexandrie, archevcquc dc Reims (i); Pierre
Neveu, eveque de Lavaur, puis d'Alby, qui scrvit d'in-
termediaire a diverses reprises entre le pape et le due
Jean (2); le cardinal d'Armagnac,archeveque d'Auch (3);
Gerard du Puy, eveque de Saint-Flour (4) ; Michel
Leboeuf, eveque de Lodeve (5); Leger d'Eyragues,
eveque de Gap (6); Hugues de Magnac, eveque de
Limoges (7) ; enfin Louis, cardinal de Bar, eveque de
Chalons (8).
Bien d'autres personnages appartenant au mondc reli-
gieux viennent grossir la foule des courtisans du pou-
voir. Nous trouvons ca et la les noms de Philibert de
Naillac, grand maitre de Rhodes (9), du cardinal de
Pise(io), de Raymond de Lescure, grand prieurde Tou-
louse (i i), de I'abbe de Saint-Guillaume (i2),de Jacques
Legrand, religieux Augustin (i3), fameux predicateur,
tout devoue au parti d'Armagnac ; d'Asselyn Roine,
tresorier de Saint-Hilaire de Poitiers, confesseur du
Due (14); de I'abbe de Deols (i5) et de I'abbe de Bru-
ges (16).
Les chapitres des eglises ne se montraient pas moins
empresses a condescendre aux caprices du prince dont
ils avaient besoin de se menager la protection. Ainsi, les
chanoines de Teglise de Chartres offrent un tableau d'or
avec un fragment du bois de la vraie croix(i7); cette
relique fit retour au chapitre apres la mort du due de
Berry. Les memes font encore don d'un gros diamant,
(i) Art. 678. (10) Art. 12 lo.
(2) Art. 811, 812, 11G2. (II) Art. 819, 820, 821, 842.
(3) Art. 67, 669. (12) Art. 95.
(4) Art. 950, 976. (i3) Art. 991.
(5) Art. 1 129. (14) Art. 680.
(6) Art. 1240. (i5) Art. 824.
(7) Art. 94. (16) Art. 935.
(8) Art. 1248. (17) Art. 69.
(9) Art. 1 3, 334, 692.
INTRODUCTION XLIX
dit \q Diamant de Char/res (i), qui ne rcsta pas long-
temps dans le tresor de Bourges.
II est au moins douteux que les gardiens naturels du
tresor de la Saintc-Chapelle de Paris eussent donne dc
leur plein gre les reliques du sang du Christ et du lait
de Notre Dame, que le Ducenferma dansunmagnifique
tabernacle. L'inventaire contient a leur sujet ce precieux
aveu : « prins en la Sainte-Chapelle du Palais a Paris (2) ».
D'ou il est permis de conclure que nul moyen ne repu-
gnait a I'ardent amateur quand ses convoitises rencon-
traient quelque obstacle.
Le chapitre de Bourges fit moins de difficultes II ne
s'agissait, il est vrai, que d'un vase d'agathe (3).
Robinet d'Etampes porte sur son registre tout ce qui
se rencontre dans les coffres de son maitre, sans s'in-
quieter outre mesure de la provenance et du veritable
proprietaire. C'est ainsi qu'il inscrit parmi les livres de
la librairie un manuscrit des Chroniques de France (4)
prete par I'abbaye de Saint-Denis et que le due Jean
avait demande pour le faire copier. Les religieux recla-
merent leur bien en 1416 et se le firent restituer.
II nous reste a parler d'une derniere classe de dona- oomoferts
par les officiers
teurs particulierement mteresses a se menager les bonnes du Due.
dispositions du prince. Nous voulons parler des officiers
de samaison, de ses serviteurs et des marchands en rela-
tions d'affaires avec lui. Ce ne sont pas les articles les
moins curieux de Tinventaire, et cela se concoit. Nous
penetrons avec ces familiersde la petite cour de Bourges
dans la vie intime du due Jean. Voici, par exemple, un
« livre contrefait d'une piece de bois paincte en sem-
blance d'un livre, ou il n'a nuls feuillets ne rien escript »
offert par Pol de Limbourg et ses deux frcres (5). Ce
(i) Art. 441. (4) Art. 1249.
(2) Art. 1 1 1 1. (5) Art. 994.
(3) Art. 663.
INTRODUCTION
present facetieux montre qu'on aimait a rire dans Ten-
tourage du prince, et que lui-meme comprenait et goutait
au besoin la plaisanterie. C'etait une espieglerie toleree
chez des favoris, et, plus que tout autre, Pol de Lim-
bourg pouvait fairc accepter de pareilles faceties. Son
talent comme miniaturistc, sa reputation universelle-
ment reconnue lui donnaientaupres d'un grand seigneur
passionne pour les arts certaines libertes que nul autre
ne se fut permises. Aussi, parait-il probable que la farce
du « livre contrefait d'une piece de bois », amusa fort
le bon due de Berr}'.
Si Pol de Limbourg est reellement, comme I'admet
M. Delisle avec toute vraisemblance, I'auteur des grandes
miniatures decorant le calendrier du superbe livre
d'Heures de Chantilly, il merite une place parmi les
plus grands artistes du mo3^en age ; ces peintures exqui-
ses peuvent en effet soutenir la comparaison avec les
chefs-d'ceuvre les plus vantes d'Andre Beauneveu et de
Jean Fouquet.
Le present du livre figure est de I'annee 1410. Or,
un nouveau venu ne se serait guere laisse aller a une
pareille licence. Pol de Limbourg serait done reste une
dizaine d'annees au moins au service de son Mecene.
11 travailla probablement pour lui jusqu'a ses derniers
moments ; car, le i'^'" Janvier 141 5, il faisait hommage a
son protecteur d'une petite saliere d'agate, garnie d'or
et de pierres (i).
De Pol de Limbourg rapprochons le peintre Jean
Grancher, dit Jean d'Orleans; celui-ci etait occupe vers
la meme epoque par le due de Berry (2). Ce sont les seuls
noms d'artistes cites dans I'lnventaire; les comptes et
autres documents authentiques ont garde le souvenir de
(i) Art. 12 I r.
(2) Art. 328.
INTRODL'CTION LI
plusieurs autrcs pcintres du Due dont on parlcra plus
loin.
Les medccins ne pouvaicnt manqucr d'cxercer un
certain empire sur un hommc age. Simon Allegret, le
ph3-sicien ordinaire du Due, ne neglige aueune oeeasion
de lui faire sa eour, et n'oublie pas surtout de se rap-
peler a son souvenir lors du i'^'" Janvier (i). II ne sortait
pas d'ailleurs de ses attributions quand il presentait, aux
etrennes de 141 3, un livre de medecine traitant de la
vertu des herbes et des betes (2).
II eonvient de eiter eneore les presents d'Arnoul
Belin (3), tresorier de la Sainte-Chapelle de Bourges,
de Maee Heron (4), tresorier general du Due, de Jean
Gouge (5), autre tresorier, mort avant 141 3, de Jean de
la Barre (6), receveur general de toutes les finances en
Languedoe et Guienne, dont le nom revient cinq fois dans
le compte, — sa femme y figure aussi (7), — du garde
des joyaux, Robinet d'Etampes (8) et de sa femme (9), de
Jeanl'Archeveque (10), seigneur de Parthenay, senechal
du Poitou, de Pierre Culon (11), receveur des aides en
Berry, du chambellan Guillaume de Lodde (12), de Thi-
baut Portier (i3), du sire d'Allegre (14), de Christophe
de la Mer(i5), conseiller, puis tresorier general, de Guil-
laume de Ruilly (16), controleur de la depense, des
conseillers Guillaume de Champeaux (17) et Nicolas
Viaut (18), de Thevenin de Montigny, valet de cham-
(i) Art. 41S, ioo3, 1 167, 1243. (10) Art. 596, 597.
(2) Art. ioo3. (11) Art. 11 72.
(3) Art. 307, 333, 1244, 1245. (12) Art. 3i3, 679, 829, 833,
(4) Art. 149,695, 1 1 38, 1 193. ii5o, 1212.
(5) Art. 675. (1 3) Art. 386, 662, 804.
(6) Art. 449,458, 940, 1 153, 1220. (14) Art. 3io, 1 127.
(7) Art. 319. (i5) Art. 3i5, 648, 826.
(S) Art. 3i2, 335, 451, 460, 997, (16) Art. 681.
ii3o, 1 184, 1 195. (17) Art. 1 168.
(9) Art. 332. (18) Art. 665.
INTRODUCTION
bre (i), enfin des secretaires Pierre de Gynes (2), Michel
Le Beuf, Erart Moriset, Jean de Cande, Regnier dc
Boulegny ct Oudart de la Barre (3). Toute la maison
officielle, dont nous possedons I'etat complet a la date
de 1 41 6 dans le manuscrit de Sainte-Genevieve, figure
sur cette liste, sans compter un certain nombre d'indi-
vidus dont les fonctions ne sont pas specifiees, lis se
nomment Geoffroy Robin (4), Jamet de Nesson (5),
Gauchier de Passac (6), Jean Dompne (7), Guillaume
Lurin (8), Geoffroy de Damart (9), Jacques Couran (10),
Guy de la Roche (11), Jehannin Henon (12), Bureau
de Dammartin (i3), Pannier (14), Poulain (i5), Raymond
Christofle (16).
L'examen de certains articles de cette longue liste, si
nous avions le loisir de I'entreprendre, donnerait lieu a
des remarques piquantes. Ainsi, les secretaires du Due
qui se reunissent au moment des etrennes pour offrir
coUectivemcnt un present de plus grande valeur, restent
dans la sphere de leurs attributions quand ils font hom-
mage d'un encrier d'argent (i7),ou encore d'une table k
jeu (18).
Dons offcrts par Daus fenumeration qui precede figuraient les femmes
lesjemmes. ^^ j^^^ ^^ ^^ g.^j,j.^ ^^ ^^ Robiuet d'Etauipes. A celles-
la il faut joindre un certain nombre d'autres noms,
telles que les femmes de Francois de Neisly (19), de
( I ; Art. 1 1 54, 1 1 87, II 94. ( I o) Art. 9 1 1 , 942 .
(2) Art. 1 1 18. (11) Art. 1191.
(3) Art. 79, 3i8, 323, 329, 33i. (12) Art. 192.
939, 1140. (1 3) Art. 834.
(4^ Art. 8o5, 951. (14) Art. 610.
(5) Art. 1 1 59. (i5) Art. 6o5.
(6) Art. 326. (16) Art. 320. 414.
(7) Art. 385. (i7)Art. 323, 1140.
(8) Art. 444, 446. (18) Art. 33 1.
(9) Art. 595. (19) Art- "8(3.
INTRODUCTION LIII
David de Brimeu (i), de Pierre le Biernois (2), et de
Regnier de BouUegny (3), le secretaire du prince.
On doit une mention particuliere a une personne j/ji'/^'^^^^'l^i
illustre dans les lettres, dont les relations avec Ic due ^••■^ «"]^';;^f ^ "«
de Berry sont attestees par les articles de nos inven-
taires. Sur sept manuscrits presentes par Christine de
Pisan (4)^ quatre ou cinq contenaient diverses oeuvres
d'elle. On salt que la femme poete dedia la plupart
de ses ouvrages soit au due de Berry soit au due de
Bourgogne. C'etait une maniere indirecte de solliciter
la protection et les liberalites de ces princes riches et
magnifiques.
II ne reste plus guere a signaler que les marchands ^^^^ „STcL«is.
genois, venitiens ou florentins qui, en offrant a leur
noble client quelques objets curieux, savaient bien que
leurs depenses constituaient un excellent placement. Ces
marchands se nomment Janus de Grimault (5), Constan-
tin de Nicolas (6), Loys Gradenigo, de Venise (7), Baude
de Guy (8), Nicolas Pigace (9). Tons font partie des
notables commercants installes a Paris; leurs noms se
retrouvent frequemment dans les documents de I'epo-
que. Quelquefois, ils jouent le simple role d'interme-
diaires. C'est ainsi que Constantin de Nicolas apporte
a Bourges le corps d'un Innocent dans un petit coffret
de la part du doge de Venise (10), et qu'on voit Andre
Raponde remettre, en juin iqiijUn anneau d'or orne
d'un petit rubis, oftert par la ville d'Avignon (11). Toute-
fois, si ces marchands paraissent de temps en temps
(i) Art. i25i. C'est le dernier ar- (5) Art. 70.
ticlede I'lnventaire. Le manuscrit (6) Art. 327, 1192.
inscrit sous ce numero fut ofFcrt le (7) Art. 357.
I" Janvier 1416. (8) Art. 41 5, 437, 450, 392.
(2) Art. 247. (9) Art. 438.
(3) Art. 601. (10) Art. i38.
(4) Art. 932, 943, 949, 952,977' ('0 Art. 355.
1004, 1239.
LIV INTRODUCTION
parnii les donatcurs, leurs noms revicnncnt bien plus
souvent dans le chapitre des achats.
Quel que fut le soin de Robinet d'Etampes a se rensei-
gner et a tenir bonne note de la provenance des objets
confies a sa garde, il en est un certain nombre sur
lesquels il n'a pu recueillir que des indications vagues
ou incompletes. L'ignorance du garde des jo^vaux s'expli-
que du reste par la valeur insignifiante de ces presents,
oflferts sans doute par quelque officier subalterne. D'ail-
leurs, le nombre de ces dons anon3'mes est assez res-
treint, puisqu'on n'en compte que sept en tout (i).
Les trois cent cinquante-six objets de toute nature
que de nombreux donateurs avaient fait entrer dans
les collections du due de Berry en I'espace d'une
quinzaine d'annees ont leur contre-partie dans les pre-
sents que le prince etait oblige d'offrir aux person-
nes de sa famille et de son entourage. Les etats successifs
du tresor de Bourges, si differents les uns des autres,
donnent une idee de la rapidite avec laquelle se for-
maient et se dispersaient alors les collections les plus pre-
cieuses. Nul document n'est plus significatif a cet egard
que le compte de Robinet d'Etampes, car nous ne con-
naissons aucun inventaire contenant des indications
aussi minutieuses sur I'origine de chaque article et sur
son sort ulterieur apres la mort du proprietaire. Ces
additions ajoutent done aux descriptions detaillees de
chaque jo3'au et de chaque manuscrit un prix inestima-
ble. Combien il est regrettable que nous ne soyons pas
renseignes d'une facon aussi precise sur les collections
du roi Charles V !
L'inventaire de 1401 est, a ce point de vue, bien
inferieur au compte de 141 3. C'est a peine s'il nous
apprend I'origine d'une trentaine d'articles provenant
(i) Art. 194, 32 5, 336, 416, 440, Sgi, Go3.
INTRODUCTION
de hauls personnages ou de familiers du Due, dont on a
dejii presente ci-dcssus une enumeration complete (i).
(i) Voy. plus haut, pages xxxvi ct xxxvii.
Pour en finir avec cettc question, nous avons dress6 une liste par
annee de tous les articles de I'lnventaire de 141 3 provenant de dons, en
ayant soin de distinguer par une asterisque ceux qui ne furent pas
offerts b. I'occasion des etrcnnes.
1401 : Un seul article : 436. Les autres dons de 1401 tiguraient dcja
sur le premier inventaire.
1402 : Dix-huit articles, dont sept aux ctrenncs (67, *Joi, *i33,
*i34, *i35, 3o6, 307, 366 (i), 384, *385, *437, 591, *592, *595, *662,
*663. *675, 8o3) et deux manuscrits (911, *9i2).
1403 : Sept articles, dont cinq aux ctrennes (68, 120, *i92, 386,
*438, 664, 8o5) et six manuscrits (*932, *933, *934, *935, *936, *937).
1404 : Quatorze articles^ dont quatre aux etrennes (g5, *3o8, *3og
*3io, *3ii, *35o, *4i3, *476, *593, *594, 665, 666, *667, 674) ct six
manuscrits (938, 939, *940, *94i, *942, *952).
1405 : Seize articles, dont huit aux etrennes (79, *ioo, *i62,3i2, 3i3,
3 1 5, *439, *596, *597, *598, *599, 668, 669, *67o, 690, 804) et deux
manuscrits (943, *944).
1406 : Seize articles, dont treizc aux etrennes (*69;, 94, 164, 3i6j 317,
3 18, 319, *320, 387, 414, 600, 607, 671, 672, 673, *677), et deux manu-
scrits (gbo, gbi).
1407 : Douze articles, dont neuf aux etrennes (32i, 322, 323, 601,
676, 678, 679, 687, 816, *8i9, *82o, *82i), et quatre manuscrits (*965,
*966, *967, *968).
1408: Tente-un articles dont dix-huit aux ctrennes (70, *yi, 102, 324,
*328, 388, 389, 390, 415, 416, 442, *469, 602, 6o3, 604, *6o5, 680, 681,
682, 683, *8o7, 808, *8o9, *8io, *8ii, *8i2, *8i3, *8i4, *8i5, *823,
842), et deux manuscrits (969, 970).
1409: Douze articles, dont sept aux ctrennes (12, *i9i, *i93, 329,
391, 392, 444, 470,606, *684, *685, *688;, et trois manuscrits (*9734
1410 : Vingt-un articles, dont dix-scpt aux etrennes (i3, 72, 73, 74,
75, 76, 187, 194, 33o, 33i, *334, 35i, 393, 394, 446, *447,6io, 686, 689,
*692, *83o), et quatre manuscrits (976, 977, *99i, *992).
141 1 : Treize articles, dont douze aux etrennes (78, 149, 332, 333,
354, 355, 417, 448, 449, 45o, 45i, *452, 829), ct deux manuscrits (993,
994)-
141 2 : Six articles, dont cinq aux ctrennes (335, 358, 395, 418, *453,
693), et cinq manuscrits (*995, *996, *998, *999, *ioo6).
(i) Ce balai qui couta 18000 ecus d'or devait compter pour les etrennes de trois
anne'es (1402-140^).
1402 a 1416.
LVI INTRODUCTION
Achats En poursuivant I'examen des origines dc la collec-
dc tion, on remarque que, pendant la periode de quinze
annees s'etendant de 1402 a 1416, le total des acquisi-
tions s'eleve a cent dix-neuf articles ; soit, en tout, environ
quatre cent quatre-vingts objets de toute nature venant
remplacer les jo3^aux ou manuscrits du premier inven-
taire, livres a la Sainte-Chapelle de Bourgcs ou sortis
du tresor pour divers motifs. Le surplus avait etc inscrit
deja sur I'inventaire de 1402.
Ainsi, plus d'un tiers des articles enumeres dans le
compte de Robinet d'Etampes fut acquis en moins
d'une quinzaine d'annees. Pendant ce temps, un nombre
a peu pres egal de joyaux ou de manuscrits etait sorti du
tresor. Tous ces changements sont soigneusement rele-
ves par les gardiens responsables de ces richesses. II ne
faut pas oublier que quantite d'objets d'une reelle
valeur ne furentpasconsignessurles inventairesque nous
possedons, ainsi que le prouve la liste des presents
141 3 : Vingt-six articles, dont vingt-un aux etrennes (80, io3, 356,
357, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 61 1, 612, 694,695, 696, 83i,
832, 833, 834, *ii28, *ii48, *ii8i, *i209, *i2i9), et quatre manuscrits
(ioo3, 1004, ioo5, *i24i).
1414 : Vingt-un articles, dont seize aux etrennes (1108, 11 17, 11 18,
1125, 1126, 1127, *ii29, 1149, ii5o, *ii52, 1161, 1167, *ii70, 1182,
ii83, 1184, *ii85, *ii88, 1207, 1223, 1224), et quatre manuscrits (1 238,
1239, 1240, *I242).
141 5 : Trente articles, dont vingt-cinq aux etrennes (i 109, 11 10, 11 19,
1 120, 1 121, I i3o, 1 1 33, ii34, ii35, *ii3g, 1 140, i i5i, 1 153, 1 162, 1 163,
1 168, 1 169, *i 171, 1 172, *ii86, *ii87, 1 189, 1 190, 1 191, 1 192, * 1 193,
1208, 1 2 10, 121 1, 12 1 2), et deux manuscrits (1243, 1244).
1416 : Dix articles, dont neuf aux etrennes (i 122, ii3i, ii36, 1137,
ii38, *ii55, 1 194, 1 195, i2i3, 1220), et quatre manuscrits (1245,
*i246, *i247, i25i).
Soit, en tout, trois cent sept cadeaux d'ctrcnncs, tant joyaux que ma-
nuscrits. Le nombre des livres offerts au due dc Berry s'eleve au chif-
fre dc cinquante-trois. Le total de cettc listc chronologique ne corres-
pond pas cxactement a celui des dons re^us par le due dc Berry; ccla
vient de ce qu'un certain nombre d'objets prescntes a des dates indeter-
minees n'y figurcnt pas.
INTRODUCTION LVII
offerts par Ic due dc Bourgogne lors du nouvcl an. On ne
connaitra done jamais exactemcnt la quantite et la nature
de routes les richesses possedees par le due de Berry
pendant le eours de sa longue existenee. II est egale-
ment impossible de dresser un etat eomplet de ee tresor
soumis a des modifieations quasi quotidiennes. C'est
un eote de la question qu'il importe de ne jamais perdre
de vue.
Independamment des dons et des aehats, le due de
Berry renouvelait ineessamment ses joyaux par des
eommandes a ses orfevres attitrcs. Comme la realisa-
tion de pareils eaprieesetait fort onereuse, on employait
a la fabrieation des nouveaux ehefs-d'oeuvre la matiere
des objets tombes en defaveur. Robinet d'Etampes a
consacre plusieurs artieles (i), dans le ehapitre des
pierres preeieuses, al'enumeration des rubis,des saphirs,
des diamants, ete., provenant d'images et de tableaux
d'art, de portepaix et autres objets detruits sur les ordres
de son maitre.
Apres avoir note avee tant de sollicitude la provenanee
des tresors eonfies a ses soins, le serupuleux Robinet
. d'Etampes n'avait garde d'omettre la mention de ee
qui sortait de ses mains pour un motif queleonque. II
inserivait en marge de son registre, avee une ponetualite
rigoureuse, les dates et les eireonstanees de ees aliena-
tions ; e'etait pour lui le seul moyen d'eviter de gra-
ves responsabilites. Ces notes marginales, reproduites iei
en petit texte a la suite de ehaque artiele, nous font eon-
naitre tous les objets de la eolleetion donnes ou engages
par le due de Berry depuis 1402, date de la remise des
joyaux a Robinet d'Etampes, jusqu'en 1416.
II resulte de ees annotations que deux eent trente-un Dons fans
articles, portes sur I'lnventaire de 141 3, furent ofterts a due dc Berry.
(i) Inv. A, art. 359, 36i, SGy, 397, 46:
INTRODLXTION
diffcrcnts personnages du vivant du due de Berry. Sin-
ce nombre, trois seulement sont attribues a des servi-
teurs du prince dont le nom n'est pas mentionne (i).
Le garde des joyaux avoue en outre la perte de douze
numeros (2), en relatant soigneusement les circon-
stances de nature a couvrir sa responsabilite. Au sur-
plus, les articles ainsi disparus sont generalement de
minime valeur. Robinet d'Etampes declare aussi qu'un
objetavait ete vole (3). C'cst un des deux encriers d'ar-
gent offerts par les secretaires. II avait ete derobe au
■chateau de Nesle, dans le bureau meme du prince. Rap-
pelons encore que deux des articles inscrits sur I'inven-
taire, le reliquaire contenant un morceau du bois de la
vraic croix et le manuscrit des Chroniques de France,
n'appartenaient pas au due de Berry. lis avaient ete pre-
tes par les chapitres de Chartres et de Saint-Denis qui
les reclamerent des que I'occasion s'offrit de les recou-
vrer. Les 12b i numeros de I'inventaire A se trouvent
ainsi reduits, par suite de dons, de pertes, de vols ou de
restitutions, a un millier d'articles, auxquels il convient
d'ajouter les tapisseries, le linge, les ornements d'eglise,
les vetements, toutes choses dont Robinet d'Etampes
n'avait pas a s'inquieter.
Sans entrer dans I'examen minutieux des libera-
lites qui diminuerent, comme on vient de le dire, le
tresor de Bourges, nous allons dresser une nomenclature
succincte des personnages qui recurent ces dons, en
insistant sur les particularites dignes d'attention. Ainsi,
des quinze articles (4) abandonnes en tout ou en partie
(i) Art. 444, 496, (33 1.
(2) Art. 64, 704, 797, 833, 844, 847, 848, 849, 1027, iu5o, 10.-) i,
1221.
(3) Art. 323.
(4) Art. 162, 339, 359, 36o, 363, 364, 366, 371, 392,429, 449, 4()7,
776, 1 160, 1 163.
INTRODUCTION
au roi Charles VI, le plus grand nombre (i) est relatif Dons au
V , « J 1 ^ I ■ r roi Charles VI.
a des gemmes ou a des perlcs ornant la magninquc
croix offerte au Roi par le Ducpeu de jours avant sa mort.
II est frequemment question de cette croix, nomniee
pulchevrima crux, dans le compte de Robinet d'Etampes;
mais on y chercherait vainement une description quel-
que peu detaillee de ce joyau exceptionnel. Heureuse-
ment, un manuscrit, deja mentionne plus haut, nous a
conserve I'enumeration (2) des emaux et des nombreuses
pierres qui le decoraient ; dans le nombre se retrouve
le gros balai paye a Janus de Grimault, en 1408 (3),
seize mille ecus d'or. D'apres ce manuscrit, I'execution
de la croix aurait ete confiee a Herman Rainsse, un des
plus habiles orfevres parisiens, et il semble bien resul-
ter de la description que les pierres livrees au joaillier
pour sa decoration n'etaient pas encore mises en
oeuvre lors de la mort du due de Berry. Si nous con-
naissons ces particularites, c'est seulement par suite de
cette circonstance que la croix fut detruite quelques
semaines a peine apres la mort de celui qui I'avait com-
mandee. C'est, en effet, dans la liste des objets d'or et d'ar-
gent envoyes a la Monnaie pour solder les troupes fran-
caises que cette mention precieuse a ete conservee.
Elle nous apprend que la croix, entouree de petits anges
en relief, emailles de couleur bleue, pesait pres de cin-
quante marcs, sc/it a peu pres douze kilogrammes d'or.
On comprend que le due de Berry ait voulut rehausser
cette piece unique avec les plus belles pierres de son
tresor.
II n'y a rien a dire de deux diamants pointus (4)
(i) Douze articles sur quinze. Les trois autrcs sont les 11°'' 429,. 449,
776.
(2) Voyez tome II, p. 340.
(3) Art. 162.
(4) Art. 4i'9, 449.
LX INTRODUCTION
offcrts a Charles VI ; mais il convient de signaler ce
hanap d'or d'ancienne facon (i) dont I'etrange deco-
ration a paru au garde des joyaux meriter une des-
cription minutieuse. On rencontre rarement dans les
inventaires du temps une piece aussi singuliere. Quels
sont ces personnages que le texte nomme Marcus Emi-
lius, Sempronius Gallus, Celius Servilius, Publius Clau-
dius, Lucius Cantulius, Lucius Simius? Sous leur desi-
nence latine, ces noms etranges ne designeraient-ils
pas de fameux magiciens, reputes pour leurs connaissan-
ces dans les sciences occultes? Les inscriptions inintel-
ligibles, peut-etre de dessein premedite, reproduites
dans le texte de I'lnventaire, semblent se rapporter a des
pratiques mysterieuses, a une destination cabalistique.
En vain avons-nous cherche I'explication de ces enigmes,
en vain avons-nous consulte les personnes versees dans
I'etude de I'antiquite; nous n'attendons plus que du
hasard ou de quelque rencontre fortuite la solution du
probleme.
Dons aux Si Ic Roi recevait les pieces capitales du tresor de
^'e?ftr{7g"'rs!' Bourges, uue large part etait faite a tons les princes de
la maison de France, ainsi qua plusieurs souverains
etrangers.
Le nom du due de Guienne, fils aine de Charles VI,
mort en 141 5, revient jusqu'a douze fois (2) dans ces
annotations de Robinet d'Etampes; celui de sa soeur,
Marie de France, religieuse a Poissy, reparait dans deux
articles (3). Le due de Berry avait donne a sa petite niece
le superbe manuscrit en deux volumes connu sous le
(i) Art. 776.
(2) Art. 56, 162, 342, 43i, 441, 452, 469, 696, 785, 832, 1809, 1112.
Ces dons comprenncnt surtout des pierrcries de grande valeur, cuinir.e
le Diamant de Chartres de I'article 441. Un autre diamant (n° 452),
donne par le due de Guienne en 1410, lui est restituc deux ans apres.
(3) Art. 80, 963.
INTRODUCTION
titre d^Heures de Belleville (i), une des merveilles de la
calligraphic au xiv<^ siecle, qui avait passe par la librairie
de Charles V avant de venir en la possession de son frere.
On en trouvera plus loin la des-cription.
Parmi les personnages de marque inscrits sur la
liste des donataires, figurent, au premier rang, TEm-
pereur (2), le pape (3), — il s'agit probablement de
Jean XXIII, — le roi (4) et la reine (5) d'Espagne, le roi
d'Angleterre (6), le roi des Romains (7), le roi de
Sicile (8), le roi de Chypre (9).
La plupart de ces princes recoivent des reliques, des
pierres fines, des anneaux d'or avec diamants, tons objets
oil I'art de I'orfevre ne joue qu'un role accessoire. Les
diamants, les rubis, les saphirs, les perles constituent la
monnaie courante de ces echanges officiels entre souve-
rains et grands personnages.
La famille du Due ne pouvait manquer d'avoir une
part importante dans ces liberalites. Les notes du
garde des joyaux mentionnent en eftet un certain nombre
de cadeaux offerts a la duchesse de Berry (10), au due de
Bourgogne (i i), a la duchesse de Bourbon (12) et a sa
fille (i 3), au comte (14) et a la comtesse (i 5) d'Armagnac, a
Bernard d'Armagnac (16), leur fils, au comte d'Eu (17),
(i) Art. 963. (7) Art. 354, ' i23.
(2) Art. 1 166; le don est de peu (8) Art. 777.
d'importance : un simple saphir. (9) Art. 11 36, i2o3.
(3; Art. 344, 396, 434, 439, 695, (10) Art. 1009, 1022, 1024, 102G,
814. La date d'une partie de ces io3o, io32, io38.
dons n'est pas mentionnee, mais (11) Art. 340,972.
ceux dent Tindication est accom- (12) Art. 357, 471,831,966, i F04,
pagnee d'une date furent offerts 11 10.
apres I'avenement de Jean XXIII, (i3)Art. 11 33.
qui, comme on I'a vu ci-dessus, (14) Art. 594, 1193.
avait envoye plusieurs fois des (i5) Art. i25i.
presents a notrc prince. (i6)Art. 938, 1216.
(4) Art. 1006. (17) Art. 359, 1044, ii3o, 1145,
(5) Art. 17, 139. 1 i5o.
(6) Art. 401, 598.
INTRODUCTION
au comte de la Marche (i), au comte de Mortain (2), au
connetable d'Albret (3).
Le due d'York (4), le due de Clarence (5), avec la
duchesse de Gueldre (6), le marechal du roi de Hon-
grie (7), Louis Dupre, ecuyer du pape (8), sont cites
aussi sur la liste des munificences ducales ; puis les
grands dignitaires de I'Eglise, les archeveques de Bour-
ges (9), de Tours (10), de Reims (11), les eveques de
Chartres(i2),de Paris (i3),deSarlat (14), de Lodeve (i5),
de Coutances (16), de Carcassonne (17), de Domno (18);
le cardinal de Bar (19), I'abbe de Bruges (20).
DonsauxegHses La solHcitudc du Duc pour la Sainte-Chapelle de
Bourges ne se dementit pas jusqu'aux derniers mo-
ments de sa vie. Douze articles (21) sont ajoutes a
ceux qui constituaient, avant 141 3, le tresor de ce
sanctuaire. Car, on ne I'a pas oublie, il n'est pas ques-
tion ici de joyaux sortis des collections ducales
anterieurement a 141 2. Ainsi, les deux cent quarante-
cinq articles dont Robinet d'Etampes constate Tabsence,
furent alienes dans un espace de trois ou quatre annees.
Cette remarque s'applique specialement aux dons faits
a la Sainte-Chapelle. lis appartiennent tous aux annees
1414, 141 5 et 141(3. Le dernier preceda la mort du
(i) Art. 797. cles 410, 447, 453, 469, 997, 1002,
(2) Art. 307. 1 153, 1 162, 1 176, 1 179, 1 186.
(3) Art. 4i3. (i3) Art. j23o, 232.
(4) Art. 62, 3o5, 424, 799. (14) ^^I't- 490-
(5) Art. 149, 442. (i5) Art. 1166.
(6) Art. 1 142. (iG) Ibidem.
(7) Art. 1 1 57. (17) Art. 1168.
(8) Art. 454. (18) Art. 584.
(9) Art. 23o, 232, 359, 384, 391, (19) Art. 486, 6o5.
398, 592, 992, 1246. f2o) Art. 578.
(10) Art. 1 170. (21) Art. 3, 55, io3, i32, 227,
(i i) Art. 1 165. 1003,1106,1117,1119,1217,1244,
(12) Martin Gouge. — Voy.lcsarti- 1245.
INTRODUCTION
Due de vingt jours a peine; il est du 2(3 mai 1416 (i).
Certains joyaux meme ne furent livres au sanctuaire de
Bourges que par les executeurs testamentaires, confor-
mement aux intentions du dcfunt. Mentionnons, en
passant, le manuscrit donne au tresorier de la Sainte-
Chapelle, Arnoul Belin (2).
Les chroniqueurs contemporains exaltent a I'envi la
generosite du prince pour les eglises, et pourtant I'in-
ventaire de Robinet d'Etampes ne signale parmi les
donatairesque Notre-Dame de Paris (3).Cette apparente
contradiction pent s'expliquer. Les joyaux offerts aux
tresors religieux furent acquis pour cette destination
speciale; ils ne sauraient done figurer sur les inventaires.
C'est par exception que nous y rencontrons la designa-
tion des reliques donnees a I'eglise de Paris, et aussi de
cette magnifique table de broderie de I'inventaire de
1 40 1 (4), conservee jusqu'a la Revolution de 1789 dans
le tresor de Notre-Dame de Chartres.
Par contre, nous ne trouvons nulle trace, ni dans
les comptes ni dans les inventaires, du fameux reli-
quaire du chef de saint Philippe, non plus .que du
grand reliquaire d'orappele le tableau de saint Sebastien
ni de la medaille de saint Michel, en or emaillc, donnes
tous trois par notre prince au tresor de Notre-Dame de
Paris, et longuement decrits par un auteur du siecle
dernier (5). Ces precieux joyaux ont duetrc specialement
executes pour le tresor qui les a precieusement garde's
durant plusieurs siecles.
Nous avons nomme les hauts dignitaires de I'Eglise
qui eurent part aux liberalites de Jean de Berry; il
faut signaler maintenant une serie de noms plus mo-
(i) Art. 1 106. {5) Yoy. Description des ciiriosi-
(2) Art. 999. te^ de I'eglise de Paris. Paris, C-
(3) Art. 20, 36i. P. Gueffier, 1763, in-8, p. 267,
(4) Inv. B. n" i3i7. 292, 293.
LXIV INTRODUCTION
dcstes, appartenant pour la plupart a I'cntourage du
prince et figurant sur les listes des officiers de sa maison.
Dons du Due Est-il besoio d'aiouter que Timportance et le nombre
a ses officiers et ; i i
serviteurs. ^^g ^cs prcscnts iTiarqucnt le degre de faveur du ser-
viteur recompense ? Ainsi, Thevenin de Montigny et
Guillaume Lurin, valets de chambre, paraissent posse-
der des titres exceptionnels aux bonnes graces de leur
maitre. Le premier n'est pas cite moins de dix fois (i)
et le second moins de six fois (2) dans les annotations
de Robinet d'Etampes.
Le nom du barbier Gervais Merlin, (3) revient a cinq
reprises. Ces multiples cadeaux prouvent le cas que
Ton faisait des talents de ce serviteur modeste. Et ce ne
sont pas des objets insignifi^ants qu'il tient de la muni-
ficence de son maitre, mais des anneaux d'or avec dia-
mants et saphirs. II figure parmi les mieux traites entre
tous les familiers de la maison. Le chapelain Jacques
Carite n'est nomme lui-meme sur cette liste de libera-
lites que cinq fois {4), tout comme le barbier Gervais
Merlin.
Viennent ensuite les chambellans Guillaume de
Lodde (5) et Jean Barre (6), cites dans trois articles comme
le garde des joyaux lui-meme (7). Les valets de chambre
ne sont pas moins bien recompenses. L'un d'eux, Jean de
Riom (8), recoit seul, pour sa part, un rubis, un anneau
d'or avec un saphir et deux autres anneaux avec dia-
mants. II balance presque la faveur de Thevenin de Mon-
tigny et de Guillaume Lurin. Les autres valets de cham-
(i) Art. 189, 355, 42G, 1 142, (4) Art. 428, 437, 445, 1149,
M44, 1 146, 1 1 57, 1 1 78, 1 180, 1 190.
1 191. (5) Art. 187, 352, 448.
(2) Art. 189, 404, 440, 475, 936, (6) Art. 473, 1206, 1208.
1 107. (7) Art. 1 107, 1 157, 1 189.
(3) Art. 379, 390, 460, 1169, (8) Art. 346, 393,425, 1 183.
1 195.
INTRODUCTION
brc, Martin Rainc (ii, Pol de Linibourg (2), ont Icur
part dans ces largesses.
Voici maintcnant Ics secretaires tout a Theurc si
empressc's a flatter les gouts dc leur maitre et a se
se reunir pour celebrer le T' Janvier : Mace Sarre-
bourse (3), Michel Le Bceuf ou Bceuf (4), la femmc de
Regnier de Boullegny (5). Les autres officiers de la
maison ducale ont leur tour : le tresorier general, Mace
ou Mathieu Heron (6) avec sa femme (7) ; le controleur
de I'hotel, Jean Lebourne (8); I'echanson, Thomas de
Rancon (9);Ie pannetier, Heliot de la Fleute(io); le som-
melicr d'echansonnerie, Pierre Lestringal (i i) ; I'ecuyer,
Guillaume de la Have (i 2);Guillaume de Champeaux(i 3),
conseiller du prince; un autre chambellan, le sire de
Groslee(i4); Jean d'Etampes (i5), fils de Robinet; le
receveur des finances de Languedoc, Jean de la Barre (i(5)
qui revient plusieurs fois sur la liste des donateurs. II
n'est pas jusqu'a I'epicier du Due, Jean Dupre (17), qui
n'ait part a ces distributions. Puis, c'est un conseiller a
la Chambre des comptes, charge de veiller a Texecution
du testament, Nicolas Despres (18); le veterinaire du
Due, nomme Milet (19); I'habile calligraphe, Jean Fla-
mel (20), qui a inscrit son nom sur tant de precieux vo-
lumes de la librairie de Bourges. Voici encore d'autres
(i) Art. 388, ii5i. (i3)Art. 4?:.
(2) Art. 421, 457. (14) Art. 1018. II partagc cc pre-
(-V ^^'"t- 2, 2j:>. sent avec le seigneur dc Lopiat,
(4) Art. G12. un des representants des heriticrs
(5) Art. 461. pour Fexecution du testament.
(6) Art. 358, 11 57. (i5) Art. 1240.
(7) Art. 356. (16) Art. 1004.
(8) Art. 35 r. (,7) Art. 208, 11 74.
(9) Art. 1 167. (18) Art. 25 1, 749.
(10) Art. 1 192. (19) Art. 438.
(11) Art. 797. (20) Art. 446.
(12) Art. 1 2 14.
LXVI INTRODUCTION
pcrsonnages en relation avec le prince a divers titres :
la fcmmc dc Thevenin de Bon Puits (i), echevin
de Paris ; les j^revots des marchands, Jean Jouvenel
des Ursins (2) et Pierre des Essarts (3); la femme
de Charles Culdoe (4), autre prevot des marchands;
Jean de Nielles (5), chancelier du due de Guienne.
Ceux-ci entin, dont les noms se retrouveraient au
besoin sur les comptcs de depenses ou sur les etats de
la maison du Due : le frere Hennequinet (6), Jean
Pigrez (7), la lille de Raoul de Presles (8), le chevalier
Olivier de Mauny (9), capitaine de Saint-Malo, maitre
Milon le Cavelier (10), le sire de Gaucourt(i i), Jacques
de Lilliers (12), Alvaro Quaralle (i3), la femme de Pierre
Perron (14), enfin trois autres individus dont Robinet
d'Etampes a neglige de mentionner les noms.
Dons A une categoric speciale appartiennent les orfevres et
el marchands ordinaires du Due, dont il veut rc'compen-
\7ix marchands.
ser les services. C'est Bureau de Dammartin (i5) et sa
femme (16), Herman Rainsse (i7),Baude de Guy (18) et
sa femme (19), JeanTarenne (2o).Tous sont en relations
d'affaires avec Topulent amateur; tous prennent part a
ses generosites.
Nous n'aurions garde d'omettre « ce hochet de bro-
dure, pour ebattre petis enfants » enrichi de perles et dc
quatre ecussons « donne a Bourges, si comme on dit,
a un petit enfant (21) ». II est regrettable que Robinet
(i) Art. 52 1. (12) Art. 460.
(2) Art. io83. (1 3) Art. 833.
(3) Art. 1000. ■ (14) Art. 455.
(4) Art. 456. (i5)Art. 1157,1199.
(5) Art. 294. (iG) Art. 406.
(6) Art. II 85. (17) Art. 206, 11 57.
(7) Art. 414. (18) Art. 164.
(8) Art. 458. (19) Art. i 182.
(9) Art. I 194. (20) Art. i()63.
(in) An. 12117. (21) Art. 23i.
(11) An. 1218.
INTRODUCTION LXVII
d'Etampcs n'ait pas note le nom du bamhin qui sut sans
doute charmer le prince par sa gentillesse. G'etait pro-
babiementrenfantd'unhommedu peuple dont le souve-
nir ne meritaitpas Thonneur d'une mention. Et Robi-
net se borne a constater avec un certain dedain que ce
jouet (c estoit tres viel et rompu ».
La plupart de ces dons etaient de faible valeur, nous
I'avons deja remarque. Le due de Berry, comme tous
les fervents amateurs, se separait a regret du plus mo-
deste objet de ses collections; aussi consentait-il diffi-
cilement a laisser sortir de ses cotfres un joyau vraiment
rare. Les rubis, les diamants, les anneaux d'or se
remplacent facilement. C'est done la collection de pier-
res, une des plus riches d'ailleurs de I'epoque, qui sera
mise a contribution quand il s'agira de recompenser un
service, de repondre a une gracieusete.
Comme on I'a vu, le Due avait des relations suivies ^^/,^^
avec les marchands francais ou etrangers qui affluaient "-'J'^y^"^-
alors a Paris, siege de la cour la plus fastueuse et la plus
magnifique de I'Europe. Les details fournis par le manu-
scrit des Archives rendent ces acquisitions des plus inte-
ressantes a etudier. En effet, ces articles contiennent la
mention de nombreux orfevres ou marchands, etrangers
pour la plupart, fixes a Paris au debut du xv-^ siecle.
Quelques-uns d'entre eux etaient deja celebrcs ; on .
connaissait, par d'autres temoignages contemporains,
leur haute situation dans le monde commercial de I'epo-
que. II ne sera pas sans interet de rappeler ici les noms
de ces fournisseurs attitres des princes de France, car
ces noms reparaissent frequemment sur les comptes
royaux et sur ceux des grands seigneurs de la cour.
Le souvenir du premier en date de ces orfevres a ete or/cvresdu
conserve par une circonstance assez singuliere. II se jamin Bcguin.
trouva mele a une bagarre ou I'un des adversaires recut
une blessure mortelle. La victime se nommait Jean
LXVIII INTRODUCTION
de Dammartin ct cxercait tres probablemcnt le metier
d'orfevre. II n'y a pas de temerite a supposer qu'il etait
parent du Bureau et du Symonnet de Dammartin cites
a plusieurs reprises dans les comptes du due de Berry.
L'affaire, ayant cte suivie de mort d'homme, pouvait
entrainer des consequences facheuses pour les vain-
queurs; aussi, cliacun d'eux s'empressa-t-il de fairc agir
des influences puissantes. Par I'intervention du due de
Berry, Jamin Beguin, son orfevre, obtint, en mars 1364
(anc. St.), une lettre de remission (i) ou toute I'aventure
est longuement racontec, mais dont le principal interet
est, a nos yeux, de donner le nom du plus ancien orfevre
de notre prince. Apres lui, les textes font defaut pendant
un long intervalle de temps.
Jean chenu. \\ faut aiTiver aux dernieres annces du xiv'^ siecle
orfevre.
pour rencontrer un orfevre en relations regulieres avec
la cour de Bourges. Get habile homme se nommait Jean
Chenu. Suivant un usage assez frequent alors, on le
designe constamment par le diminutif familier de
Jehannin.
On a deja vu qu'il eut une part serieuse dans les libe-
ralites du Due. Avant 1402, nous le trouvons a son ser-
vice, car le premier de nos inventaires le cite a diverses
reprises. Signalons notamment la description d'un taber-
nacle d'argent servant de reliquaire, de la facon de
Jean Chenu (2); cette piece faisait partie des joyaux
attribues a la Sainte-Chapelle de Bourges. Dans le
comptc de Robinet d'Etampes, notre orfevre est cite
plusieurs fois. Tantot, il est simplement charge de
donner son avis sur la valeur d'objets precieux acquis
parle prince (3); tantot, il est employe a des ouvrages de
(i) Arch. Nat.,JJ cjG, n"422.
(2) Tonic II, Inv. P), art. 710.
(3) Tome 1, Inv. A, art. 785, 786.
INTRODUCTION LXIX
son metier : c'est un pied d'argent dore, decore de
diverses figures pour la Croix aiix cmeraudes (i); c'est
un relic]uaire d'or, richement travaille et estimc 2,000
francs lors de I'ouverture de la succession (2) ; c'est
encore une saliere d'agathe aux armes ducales, fabri-
quee avec un joj^au donne par I'cglise de Bourges (3).
Jean avait recu ce present en 1402; quelques annees
s'etaient a peine ecoulees qu'il le faisait convertir en
saliere par son orfevre ordinaire.
Au titre d'orfevre Tun des emules de Jean Chenu joint victor wienx,
celui de valet de chambre (4). On le nomme Victor Wie-
ric ou Wierix ; celui-ci, a coup sur, est un etranger, un
homme du Nord. II n'est d'ailleurs question de lui qu'une
seule fois.
On en sait davantage sur Herman Rince, Rainsse ou Herman
Rinssel. Get habile artisan etait fort employe par la reine o?-/evre.
Isabeau comme par le due de Berry. A ce dernier il livre
un fermaillet d'or enrichi de pierreries (5), un pied d'ar-
gent dore pour une croix d'or (6), un collier d'or seme
d'ours emailles (7), sans parler des pierres precieuses et
aussi des joyaux qui lui sont achetes a diverses epo-
ques (8). Aussi, le titre d'orfevre du Due est-il souvent
joint a son nom (9) qui revient a deux ou trois reprises
dans le compte de I'execution testamentaire (10).
Les orfevres, on vient de le montrer par plusieurs
exemples, ne se contentaient pas de mettre en oeuvre les
matieres precieuses. Leurs attributions comprenaient
aussi bien la vente des pierres fines et des pedes que les
travaux de fonte, de ciselure ou d'emaillerie. Aussi cst-il
(0 Art. II. (y) Art. ii23.
(2) Art. 66. (8) Art. 410, 421, i2o5.
(3) Art. 663. (g) Art. ii.Sy.
(4) Art. 773. (10) Inv. S G, art. 1077, i3i4 et
(5) Art. 162. injlne.
(6) Art. 1 1 01.
LXX INTRODUCTION
souvcnt malaise dc distingucr Ics orfevres proprcment
dits dcs simples marchands dans la longue liste dcs
fournisseurs attitres du Due. Nous en avons compte
plusde soixantedans le seul registre de Robinet d'Etam-
pes. Beaucoup d'entre eux sont deja connus par d'autres
textes contemporains et figurent parmi les membres les
mieux poses de la bourgeoisie parisienne au debut du
xv^ siecle. D'autres paraissent ici pour la premiere fois.
Ceux-ci appartiennent aux nationalites les plus diverses,
bien que, pour la plupart, ils eussent a Paris leur resi-
dence habituelle.
orfevrc L'un d'cux, Willeouin Bonnin, est dit orfevre de Bour-
dc Bonrgcs, ' ^
ges. C'est un artisan fort habile, a en juger d'apres les
descriptions du beau hanap d'or rehausse d'emaux dont
I'execution fut confiee a son talent. II recut pour son
travail la somme elevee de 760 francs (1).
orfcvrc.t Lcs orfcvrcs ou marchands Parisiens sont nombreux.
Parisiens. La plupart de ceux que nous avons rencontres sont deja
connus par le livre de Le Roux de Lincy et Tisserand
sur Paris et ses historiens. Enumerons rapidement Albert
du Moulin (2), Michaut de Lalier, Julien Simon, Bureau
et Symonnet de Dammartin, Jean Tarenne, Jehannin
d'Orleans, Baude de Guy, Second Falet, Sendre Bliot,
Jean Sac, Nicolas Pigasse, Jean Pannier, Jean de
Nimegue, Aubertin Boullefeves, Guillemin Sanguin,
Andre Raponde, Macaye, Jean de Calvalnay, Renne-
quin de Harlem, Jean Rataillac, Charles de Vivant,
Barthelemy de Francois, Ponon Le Large, Gauvain
Trente, Francois de Nerly, Octoblanc, Jean Boisel, Bar-
thelemy Rust, Michel de Bolduc, le grand Allebret, Per-
rin de Ladehors, Georges Principe, Jean Broquiers,
Francequin Palingre, JeanChambon, Kirigo des Vignes,
(i) Art. 785.
(2) Sur tous CCS noms voir la tabic alphabctiquc a la tin du tome II.
INTRODUCTION LXXI
Julian Symon, Guillaume Crochet, Audcbcrt Catin,
Denisot Le Brethon. Les uns sont qualifies orfevres,
les autres changeurs, d'autres prennent modestement le
titrc de marchands. Nous n'affirmerions pas que tous ces
commercants, dont plusieurs portent des noms d'aspect
exotique, fussent Parisiens. La liste qui precede com-
prend tous les individus dont la nationalite n'cst pas
formellement specifiee. Aussi, n'y avait-il pas lieu d'in-
tercalcr dans cette enumeration Jean le Franquis,
marchand de Poitiers, et Bernard Vidal, marchand de
Limoges, nommes Tun et I'autre dans I'inventaire de
1402.
Les etrangers appartiennent presque tous a I'ltalie. Marcimnds
Les uns viennent de Genes, comme Janus de Grimault,
Thomas Sophie, dit Rollant, Barthelemy Sac, Pierre
Fatinant et Cosme Picamel nomme dans I'inventaire de
1402; d'autres accusent une origine florentine; ceux-Ia
s'appellent Antoine Manchin (Mancini?), Michel de Paxi
(Pasti?), Constantinde Nicolas, Andre Succre, dit Mas-
say, Forest de Corbechy. Loys Gradenigo a le siege de
son commerce a Venise. Un certain Agapt se dit Alle-
mand. Nous sommes moins exactement renseignes sur le
lieu d'origine d'autres etrangers, tels que Nicolas Spinole
(Spinola?), Nicolas Cosmy, marchand de draps d'or et
de sole.
Signalons a part deux tailleurs de pierreries : Tun, dit crayeurs ai
le petit Hermant, deja signale par M. de Laborde (i); p"-"''^^-
I'autre appele Cerveil, dont le nom, cro3^ons-nous, parait
ici pour la premiere fois. Quant a Scapessonal, charge
par Baude de Guy de graver un saphir (2), il devra prendre
place desormais parmi les rares graveurs en pierres fines
du moyen age dont le nom est venu jusqu'a nous.
[i) Glossaire des Emaiix, p. 25o.
[2) Art. 1099.
LXXII INTRODUCTION
Lcsycintres On s'ctonncra pcut-ctrc de nc rcncontrcr, a cote dc
due dc Berry, cc luxc dc rcnscignemcnts sur les orfcvres, les lapidaires
et les marchands, que quatre ou cinq noms de peintres
ou d'autres artistes. Cette anomalie s'explique cepen-
dant. Tandis (\ue les marchands de joyaux exercent un
commerce lucratif, les enlumineurs, les imagiers sent
gens de condition plus humble et de moindre fortune;
aussi n'echappent-ils a I'oubli que lorsqu'ils s'elevent
au-dessus de la foule de leurs rivaux. Les peintres et
les sculpteurs signales dans les inventaires du due de
Berry doivent par la meme etre regardes, en toute
confiance, comme des artistes eminents. II y a done lieu
de s'arreter quelques instants a leurs oeuvres; d'autant
plus que certains de leurs travaux pour le due de Berry,
sont parvenus jusqu'a nous.
jacqucmin Jacqueiiiiu Bonuebroque OU Bonnebroche, le seul bro-
^"'brodcur!'^ '-^cur citc daus les inventaires, merite-t-il une place
parmi ces artistes marquants ? La reponsc n'est pas
douteuse. En effet, la broderieest, a cette c'poque, un art
veritable, et comme Jacquemin reste au service du Due,
au moins depuis 1402 jusqu'a la mort de son maitre,
comme il recoit dc lui des preuves non equivoques de sa
bienveillance (i), comme ses ouvrages sont prises par
les experts de la succession au prix tres eleve de 45o li-
vres pour deux tableaux de broderie, il est permis de le
considerer comme un des artistes les plus habiles de sa
specialite. Les inventaires lui attribuent la broderie de
plusieurs tetes de Veronique (2). C'est tout ce qu'on
salt de lui.
Andre Nous souimes mieux renseignes sur la vie et les ceuvres
sciiipteiir a Andre Beauneveu. rroissart porte sur lui un jugement
et pcintrc. , , . . . ^ .
des plus entliousiastes et le met tout a lait au premier
(i) Invent. B, art. 56g.
(2) Invent. A, art. 44, i65, et Invent. B, art. 208.
INTRODUCTION LXXIII
rang des imagiers dc son temps. Deja cite maintes fois,le
passage de Thistorien doit trouvcr place ici, car il constate
les rapports de notre prince avec le grand artiste.
« Encores, dit Froissart (i), se tenoit le due a Meun sur
« Yevre, et s'y tint plus de trois sepmaines, et devisoit
« au maistre dc ses ceuvres de taille et de peinture,
« maistre Andrieu Beauneveu, a faire nouvelles 3'mages
« et peintures ; car en telles choses avoit-il grandement
« sa fantasia de tousjours faire ouvrer de taille et de pein-
« ture; et il estoit bien adressie, car dessus ce maistre
« Andrieu dont je paroUe, n'avoit pour lors meiileur ne
« le pareil en nulles terres, ne dequi tant de bons ouvra-
« ges feust demeure en France ou en Haynnau, dont il
« estoit de nacion, et ou royaume d'Angleterre. »
Deux points essentials ressortent de ce textc : Andre
Beauneveu, a la fois sculpteur et peintre, etait considere
comme le premier artiste de son temps. Puis, il etait
en relations constantes avec le due de Berry qui Tavait
nomme maitre de ses o^uvres et se plaisait a s'entretenir
avec lui et a lui commander statues et tableaux. Depuis
les decouvertes d'Alexandre Pinchart (2) etde M. Leopold
Delisle (3), M. I'abbe Dehaisnes a resume, en ajoutant
a sa biographic des details nouveaux, tout ce qu'on
savait jusqu'ici de cet artiste eminent (4).
Sans entrer dans des developpements trop longs pour
trouver place ici, rappelons que Beauneveu, originaire
(i) Chruniqiies, liv. IV, ch. 14; cf. Dclislc, Cabinet des manuscrits, t. I,
p. 63.
(2) Archives des sciences, arts et lettres (tome II, p. 415) contcnant
des ducumcnts sur Ic tombeau, commande a Beauneveu par le comte de
Flandre Louis de Male, pour I'eglise de Notre-Dame de Courtrai.
(3) Sur la tombc de Charles V {Cabinet des manuscrits, tome I,
p. 62, note). Cf. Catalogue raisonne die Miisee de sculpture comparee
du Trocadero, gr. in-S", Imp. Nat. 1892, p. 37.
(4) Histoire de I'art dans la Flandre, fArtois, le Hainaut, tome I,
P- 242-257.
LXXIV INTRODUCTION
dc Valenciennes, est cite, dcs i364, parmi les sculpteurs
travaillant aux tombeaux de Saint-Denis (i). II etait
mort avant 1413, puisque Robinet d'Etampes I'appelle
(( feu maistre Andre Beaunepveu (2) ». II lui attribue
Texecution d'une serie de miniatures placees en tete
d'un des plus beaux manuscrits de Bourges. Nous
ne connaissons guere, pour notre part, de peinture pou-
vant e.tre comparee, pour I'elevation du style et la deli-
catesse du dessin, a ces figures alternees de Prophetes
et d'Apotres qui occupent les premiers feuillets de ce
Psautier (3). On possede done un temoignage authen-
tique du talent magistral de I'enlumineur. De plus, le ca-
ractere trcs particulier de cette peinture, Texecution des
tetes presque traitees en camaieu dans un ton legere-
mcnt ambre, la simplicite voulue des draperies et des
fonds, trahissent la main du sculpteur. Beauneveu a
marque ses oeuvres de I'empreinte d'un style tres per-
sonnel. Aussi MM. Delisle et Tabbe Dehaisnes ont-ils pu,
avec toute certitude, attribuer a Beauneveu les deux
grandes miniatures representant la Vierge et le due de
Berr3'intercalees dans un magnifique livre d'Heures (4),
conserve aujourd'hui a Bruxelles, apres avoir fait par-
tie de la bibliotheque des dues de Bourgogne. Bien
que Tarticle ou il est question de ce volume (5)
en attribue I'enluminure au seul Jaquemart de Odin
ou de Hesdin, on constate une telle difference entre
le caractere des autres miniatures et celui des peintures
de la Vierge et du due de Berry, on remarque en
(i) Delisle, Mandements dc Charles V ct Cabinet des nuDiiiscrits
(t. I, p. 62, note 8). Voycz aussi Revue univevsellc des Arts, article de
M. le baron de la Fons Melicoq, toine XI, p. 5o.
(2) Art. 906.
(3) N° i3ogi du foods frani;ais a la Bibliotheque Nationale.
(4) N" 1 1060 des manuscrits de Bruxelles.
(5) Inv, B, art. io5o.
INTRODUCTION LXXV
meme temps unc telle analogic de ton et de dessin entre
ces figures et les Prophetes ou Apotres du Psautier signale
plus haut, que nous n'hesitons pas a nous ranger a I'avis
de MM. Delisle et Dehaisnes et a faire honneur de ce
chef-d'ceuvre au talent de Beauneveu. C'est aussi I'opinion
d'un artiste delicat qui a pu examiner les deux manus-
crits a peu de jours d'intervalle. Ainsi, Ton possede, dans
le manuscrit de Bruxelles, une admirable representation
du zele protecteur des arts au moyen age. Cette image,
oeuvre du plus grand peintre de I'epoque, peut etre pla-
cee sur le meme rang que le fameux portrait de Charles V
du manuscrit de La Haye. Beauneveu nous semblc un
digne precurseur de Jean Fouquet; ses peintures sou-
tiendraient sans desavantage la comparaison avec celles
de I'illustre Tourangeau.
Nos inventaires signalent une autre production de
Beauneveu(i). On ignore malheureusement le sort de cc
volume. Peut-etre avait-il tente quelque amateur peu
scrupuleux; car, d'apres une note, il c'tait perdu avant
I'entree en fonctions de Robinet d'Etampes.
On vient de constater que Jaquemart de Hesdin avait, jacqucmart
dans certains cas, collabore avec Beauneveu. Cette seule '\xintrc!'
circonstance suffirait pour donner une idee fort avan-
tageuse de son talent, meme si nous n'avions pas
le manuscrit de Bruxelles pour nous edifier sur son
merite . Un autre ouvrage de Thabile enlumineur
occupe une place d'honneur parmi les plus beaux livres
a miniatures de la Bibliotheque Nationale (2). Les con-
temporains le tenaient en grande estime, car, de tous
les manuscrits de la librairie de Bourges, c'est celui que
les experts priserent au plus haut prix en lui assignant
une valeurde 4,000 livres. II est vrai que les « histoires »
(i) Inv. B, art. 944.
(2) Invent, A, art. 961 — fonds lat. no 919
LXXVI INTRODUCTION
de ce volume sont de plusieurs mains, I'lnvcntaire le dit
expressement;mais Jaquemartest seul nomme,ses auxi-
liaires sont dcdaigneusement designes par ces mots :
« et autres ouvriers de Monseigneur ». II ne serait pas
impossible, a I'aide des Hcures de Bruxelles, de deter-
miner la part personnelle de Jaquemart dans le manu-
scrit de Paris. Nous n'avons pas le loisir d'entreprendre
ici cette etude. Et cependant, de ce travail sortiraient
peut-etre plusieurs decouvertes curieuses. Quand on
aura fixe les traits distinctifs du talent de Jaquemart,
on arrivera sans doute a reconnaitre sa part dans d'au-
tres travaux executes en collaboration. II a du beau-
coup produire puisqu'il entra au service du Due des
1 384 (1). En 1400, le messager Etienne Turpin lui
apportait a Bourges une lettre de son maitre alors
residant a Paris (2). Jaquemart vivait encore en iqiS.
C'est done un contemporain d'Andre Beauneveu, seule-
ment un peu plus jeune, car il mourut quelques annees
apres lui. Peut-etre avait-il recu ses conseils et ses
lecons. Toujours est-il que Jaquemart travailla con-
stamment pour le Due de 1384 a 1413.
Jean d-oricans, Le peiutre Jehannin d'Orleans qui ornait de ses
pcintrc. ,, , .
images une pomme de muse pour 1 ollrir au due de
Berr}^ en decembre 1408 (3), est-il le meme que le Jean
Grancher ou Granchier, dit d'Orleans, dont M. Louis
Jarry a decouvert le veritable nom et esquisse la biogra-
phic (4)? C'est possible. II avait encore peint pour le
(i) Delislc, Cabinet des manuscrits, t. I, p. 62, note 3. 11 s'agit d'unc
somme dc 3o livres tournois comptcc a Jaquemart « pour soy vestir
en river, commc pour lui dctTraier d'aucuns dcspcns que lay ct sa
femmc firent en la ville de Bourges, avant qu'il preist aucuns gaiges ou
salaire de Monseigneur ».
(2) Arch. Nat., KK 253, fol. 78 v°.
(3) Invent. A, art. 328.
(4) L. Jarry, Jean Granchei- de Trainon, dit Jean d'Orliians, pcinlre
des rois dc France ct du due de Berry. Orleans, 1886, in-8, iG pagas.
INTRODUCTION
Meccnc de Bourgcs unc image en camaieu de la ^'ie^ge
tenant son enfant. Get ouvragc scrait de decembre
i4oq. Toutefois cet artiste a une inferiorite marquee sur
plusieurs de ses contemporains : aucune de ses ceuvres
ne nous est connue. M. Raynal assure qu'il survecut
a son protecteur, car il fut charge de decorer de pein-
tures et d'ecussons la chapelle funeraire du due de
Berry, d'abord a Paris, puis a Bourges (i). Un manuscrit
appartenant actuellement a M. le baron Adolphe de
Rothschild, renferme une representation, d'ailleurs assez
mesquine, de ces funerailles. Nous aurions quelque
peine a donner cette peinture a Jean d'Orleans. II nous
semble egalement bien difficile d'admettre que le Jean
d'Orleans employe aux pompes funeral res du Due soit
le meme que celui a qui fut fait, le 6 aout iSGg, un
paiement de loo francs par le due de Berr}^ « en deduc-
tion d'une somme plus forte due pour certains tableaux
a images achetes par le prince pour mettre en sa cha-
pelle (2). )) Comment le peintre de 1869 pourrait-il avoir
preside aux decorations du service de son maitre en 141 6,
quarante-sept ans plus tard ? L'ecart est vraiment bien
grand et fait concevoir des doutes serieux sur Tidentite
des noms cites a des dates si eloignees. D'ailleurs, I'his-
toire des peintres qui ont porte le nom de Jean et de
Gerard d'Orleans est loin d'etre definitivement elucidee.
Pol de Limbourg et ses freres jouissent d'une faveur PnijcUmhour
1 • V , 1 IT-. 1 /: J 1 ■ et ses freres.
particuliere a la cour de Bourges vers la nn de la vie pehures.
du prince. En est-il besoin d'autres preuves que les
nombreux presents faits par le Due a I'artiste (3), ou
meme le facetieux cadeau dont nous avons deja parle,
et que, seule, pouvait autoriscr une longue intimite?
(i) Raynal, Histoirc du Berry, tnnic II, p. 5o6,
(2) Bib. Nat. fr. 23902. Nous devons a M. A. Thomas I'indication de
ce passage, ignore jusqu'ici.
(3) Art. 349, 415, 421, 457.
LXXVIII INTRODUCTION
Un compte de 141 3 (i) mcntionne dcs gages pa3'es a
Pol de Limbourg comme valet de chambre « pour
soy vestir, ordonner et estrc plus honnestement en son
service... » Tirer de cet article la conclusion que Pol
de Limbourg etait depuis peu de temps au service du
Due serait peut-etre aller trop loin, car son nom figure
deja sur I'inventaire de 1402 (2). Par une singularite
inexplicable, Robinet d'Etampes, qui park plusieurs
fois de lui, ne signale, dans I'enumeration de la librairie,
aucune reuvre authentique de ce peintre. Mais, si les
premiers feuillets du beau manuscrit de Chantilly,
comme I'a etabli M. Delisle avec un grand luxe de preu-
ves, sont bien ceux du volume inacheve, inscrit dans le
compte des executeurs testamentaires sous le n" 1 1G4, les
auteurs de ces miniatures, c'est-a-dire Pol de Limbourg
et ses freres, meritent d'etre places tout a fait a la tete des
artistes de leur temps, a cote d'Andre Beauneveu, dont
lis se montrent les dignes continuateurs.
Dans tons les cas, Pol de Limbourg et ses freres (3)
arriverent a Bourges alors qu'Andre Beauneveu etait
sur son declin et touchait a la fin de sa carriere. lis le
remplacerent sans le faire oublicr, car les premiers
feuillets du manuscrit de Chantilly, sur lesquels on re-
connait la vue de divers chateaux royaux, doivent etre
comptes parmi les chefs-d'oeuvre de I'art de la minia-
ture parvenue a son complet epanouissemcnt.
La plupart des artistes cites dans les pages prece-
dentes etaient originaires des Flandres ou des provinces
voisines. Cette riche et laborieuse region etait alors la
grande pourvoyeuse de toutes les cours de I'Europe. Sur
ce point, les indications fournies par les inventaires du
(i) Arch. Nat., KK 25o, fol. 25 v^.
(2) Pour un don insignitiant, il cstvrai.Voy. Inv. R, art. 12:
(3) Ces freres sc nommaient Herman et Jannequin.
INTRODUCTION LXXIX
due de Berry sent d'accord avec les assertions dc
M. I'abbe Dehaisnes. D'ecole bourguignonne, il n'}' en
avait pas encore, s'il en a jamais existc line bien distincie
de Tecole flamande, ce qui n'est pas etabli. Au debut
du xv' siecle, I'art du Nord, concentre surtout dans les
Flandres, I'Artois et les provinces cnvironnantes, rayonne
sur les pays voisins. Le due de Berry a bien autour de
lui quelques peintres d'origine francaise ; mais il ne parait
pas avoir grande confiance en leur habilete, car il ne les
charge guere que de travaux peu importants, comme
ceux que Jean d'Orleans fut charge d'executer.
L'un des erudits les plus competents sur I'histoire Jean
'- *■ dc Camhray.
des artistes francais du moyen age (i) n'a releve qu'un ima^ier.
seul nom d'artiste sur les etats de la maison du due
de Berry; e'est celui de Jean de Cambray, encore un
homme du Nord, imagier du Due en 1401-1402. Les
comptes et les inventaires permettent d'augnienter sin-
gulierement, sinon de completer, cette liste.
S'il est malaise, faute de preuves authentiques, de rat-
tacher Jean Coste, le peintre attitre du roi Jean et de
Charles V (2), a la cour de Bourges, voici quelques men-
tions formelles, extraites des comptes aneiens :
/v • V r • -r^ • Etienne
En 1 369 (19 aout), parait pour la premiere tois htienne Lanneuer.
Lannelier, avee le titre de peintre du due de Berry (3); il
s'agit simplement ici d'un paiement de gages s'elevant a
12 francs. Un peu plus tard, le 19 mars 1372, le meme
artiste prend le titre de peintre et valet de chambre du
prince; cette fois I'article est plus interessant et plus
explieite. II porte mention d'un payement de 5o livres
(i) Archives historiqiies. artistiqiies et litte'raires, 1889-90, in-8", t. I,
p. 425-437.
{2) Archives de Vart francais, tome II, p. 33 1-342 et Archives histo-
riqites, etc. tome II, p. 37-40.
(3) G'est encore a M. A. Thomas que nous devons la communication
de cet article tire du mcme manuscrit que ['article concernant Jean d'Or-
leans en 1369, reproduit plus haut.
I^XXX INTRODUCTION
tournois « a cause dcs painctures ct ouvrages dc son
mestier qu'il a faiz et fera ou pais de Berry (i) ».
jccin ic Noh: Lc 8 octobre 1372, Jean le Noir, enlumineur, est
gratifie de huit aunes et demi de drap, valant lo livres
1 2 sous 0 dcniers, pour se vetir, et en outre de pannes
pour fourrer sa robe, d'une valeur de 3o sous tour-
nois (2).
Le meme artiste touche lo livres tournois, en Janvier
1375 (n. St.), comme etant encore au service du Due (3).
Richard Puis.c'cst Richart le peintre et son fils, dont les noms
lc pcintre , ,-, ^
ct son jiis. reviennent frequemment dans les comptes de i373 et
des annees suivantes. Voici quelques-uns de ces articles :
1 373 : 4 livres 5 deniers tournois pour ecussons et autres
choses pour Tobseque de Madame de Vertuz (4), — 1 385,
autre payement pour journees employees a peindre les
carreaux aux amies et devises de Monseigneur, a raison
de 5 sous 6 deniers par jour (5). Le fils n'est pa3^e que
2 sous 6 deniers.
Autres pcintrcs En 1 374, parait un autre artiste, designe simple-
''" ^"^' ment sous I'appellation vague de Pierre le peintre (6).
En octobre iSjb, un payement de 60 sous tournois
est fait a Guillemin Deschamps, peintre de Monseigneur,
« pour poindre la teste du cerf qui est emptee en la che-
minee de la chambre a parer de Monseigneur, a Mehun ».
Autre somme de 60 sous tournois a lui baillee a
Issoudun, pour ouvrages non specifies (7). "
En 1 40 1, Bose, peintre du Due, recoit 22 sous 6 deniers
des mains de Guillaume de Ruilly (8).
(i) Arch. Nat., KK 25i, fol. 77.
(2) Ibid., fol. 98 v° et 99.
(3) Arch. Nat., KK 252, fol. 82.
(4) Arch. Nat., KK 2 5i, fol. i33.
(5) Arch. Nat., KK 256-257, fol. 44 ct 4G.
(6) Arch. Nat., KK 252, fol. 20 v".
(7) Arch. Nat,, KK 252, fol. GG, v".
(8) Arch. Nat., KK 25^, fol. i38, v".
INTRODUCTION
En 1413-14, pa\'ement de i3 livres 10 sous a Jean de
Hanons, peintre, « pour une livre de fin azur que mon-
dii seigneur a fait prendre pour luy (i) «.
Jehan .Nare, peintre, demeurant a Paris « pour avoir
point aux amies de mondit seigneur et d'autres sei-
gneurs de son hostel, liuict cierges de cire vierge blan-
che pour le jourde la feste de la Chandeleur 141 3 (1414
n. St.) )),obtient 9 livres tournois (2).
Enfin, le peintre de Bourges Mile Le Cavelier figure
dans le preambule de I'execution testamentaire (3). II
etait vraisemblablement un des habitues de la maison
ducale.
Mais I'artiste dont lenomrevient constammentdurant hUchcict sau-
, J . , ' 1 1 • man, peintre.
les dernieres annees de la vie du due de Berry est ce
Michelet Saumon, dont M. Raynal avait deja signale
I'existence. On le voit obtenir, dans le cours de quelques
mois,en 1414, des dons importants s'elevant a 460 livres,
a 220 livres, a 337 livres 10 sous (4).
Notons en passant que I'ecrivain Jean Flamel n'est Jean Fiamei.
pas moins bien traite; de grosses gratifications lui sont
allouees.
Pour terminer, mentionnons un article plus precis
concernant Michelet Saumon : « A Thierry Theroude,
orbateur, pour quatre papiers de fin or battus, delivres
a Michelet Saumon, peintre de mond. Seigneur, le
14 fevrier 141 5 (5): i3 livres. » M. Ra3'nal cite plu-
sieurs autres ouvrages du meme peintre, dont il a
sans doute recueilli I'indication dans les Archives de
Bourges.
Bien que cette digression sur les artistes de lacour
ccrivain.
(i) Arch. Nat., KK 25o, fol. 76 v°.
(2) Ibid., fol. 78 v°.
(3) Voy. tome II, p. 293.
(4) Arch. Nat., KK 25o, fol. 99 v", loi v", 109 v'
(3) Ibid., fol. 73 V".
INTRODUCTION
ducale soit longue deja, on nous permettra de la com-
pleter en enumerant brievement les maitrcs de I'ceuvre,
on dirait architectes aujourd'hui, et les iniagiers ou
sculpteurs qui prirent une part active aux grands tra-
vaux executes sur les ordres du due de Beny.
Chateaux du Avaut de di'esser cette liste, il nous parait indispcn-
duc de Beny. ,
sable de presenter un etat sommaire des nombreux cha-
teaux ou logis que le Due possedait, soit a Paris et aux
environs, soit dans le Berry et dans d'autres provinces,
chateaux que ses macons et imagiers avaient la charge
d'entretenir ou de decorer.
Les chateaux de Bourges et de Mehun sur Yevre (i)
sont trop connus pour qu'il soit besoin de nous y arreter.
Quand il sejournait a Paris, le prince habitait ordi-
nairement I'hotel de Nesle, dont Charles VI lui avait
confere la pleine propriete, le 25 octobre i38o (2), et
dont il avait, en i386, augmente les dependances par
I'acquisition de tuileries situees le long de la Seine,
pres le Pre aux Clercs (3).
Par le meme acte, le Roi octroyait a son oncle, sa
vie durant, la jouissance de la maison royale du Val la
Royne, ou Vaux la Reine, situee sur la commune de
Combs la Ville (4), et dont I'existence remontait au
moins a 1260. Comme on ne trouve pas trace, par la
suite, de ce domaine dans les comptes du Due, il serait
possible qu'il Teut vendu ou echange contre le chateau
de Vincestre, ancien nom de Bicetre.C'est a Bicetre que
notre prince avait reuni les precieuses collections qui
furcnt entierement aneanties en 141 1, dans I'incendie
(i) Le due de Berry avait donne, en 1414, son chateau de Mehun sur
Yevre au due de Guyenne, ills de Charles VI ; mais ce prince inourut
I'annee suivante (Raynal, tome II, p. 496).
(2) Arch. Nat., J i85, n° 5o.
(3) Arch. Nat., J 186, n" 57, i3 Janvier i385 (anc. st.)
(4) Entre Lieusaint et Melun, dcpartement de Scine-et-Marne.
INTRODUCTION LXXXIII
allumc par les Parisiens au debut de la luttc entre Ics
Armagnacs et les Bourguignons (i).
Un acte du mois de juillet i386 relate la vente d'un
hotel a Saint-Marcel-lez-Paris, consentie au due de Beny
par Miles de Dormans, eveque de Paris. Ainsi s'aug-
mentait chaque jour, par dons et achats, cette immense
fortune territoriale (2).
Dans les environs de lacapitale, le Due possedait les
chateaux de Dourdan et d'Etampes. Ces demeures sei-
gneuriales, se trouvant sur le chemin du Berry, servaient
sans doute d'etapes lors des frequents voyages entre
Bourges et Paris. Elles avaient appartenu au comte
d'Etampes, acquis par le Due, lors de la mort de Louis
d'Anjou, en echange de la principaute de Tarente.
En Auvergne, le prince residait frequemment au cha-
teau de Nonette, qui passait pour un des plus forts de
la province ; cette demeure feodale fut demolie sous
Louis XIIL Certains indices donneraient a supposer que
le chateau de Lusignan en Poitou, plusieurs fois pris
et reprisdans les luttes contre les Anglais, faisait ega-
lement partie du domaine du due Jean.
Les comptes des batiments, dont nous ne nous posse-
dons qu'un fragment pour la periode comprise entre
1 382 et 1 387, mentionnent des travaux executes au cha-
teau de Poitiers. Le Due en avait done garde la pro-
(i) Un registre de cens dus au chapitre de Paris a cause du chateau de
Bicetre renferme a la premiere page une curieuse vue a vol d'oiseau
des tours de ce chateau. Mais ce dessin, datant de 1474, ne donnerait
par consequent I'etat du chateau qu'apres I'incendie et la restauration
(Arch. Nat., S 543).
(2) Arch. Nat., J 187, n" 14. — Cf. J i85, no 41 et J 186, n" 70, 71, 72
constatant d'autres acquisitions de biens au meme endroit, en 1387 et
i388. Le 16 mai 1402, Pierre d'Orgemont, eveque de Paris, vendait au
Due I'hotel des Tournelles, sis a Paris pres le chateau et la bastide
Saint-Antoine (Delisle, Les Collections de Bastard d'Estang. i885
in-8).
LXXXIV INTRODUCTION
prictc quand il cchangca Ic comte dc Poitou contre Ic
duche de Berty.
Un article de ces comptes nous apprend encore que
Jean possedait une demeure dans la ville dc Rouen;
mais nous avons vainement cherche quelque indication
precise sur cette residence.
Enfin, dansun des registres dont on vient de parlcr,
so trouve I'article suivant : « A Monseigneur, le 17
« novembre 1897, 4'-^'^^ ^^^ faire, en son hostel a la
« Grange, I'obseque de feu Monseigneur de Montpen-
« sier, pour offrir, xx sous tournois » (i).
De ce passage, il semble resulter que le due de Berry
possedait une demeure en un lieu dit La Grange; mais
ce nom etant fort commun, il est difficile, en I'absence
de document explicite, de determiner I'emplacement de
ce chateau (2).
Voici environ une douzaine de residences differentes,
tant a la ville qu'a la campagne. II est probable qu'avec
ses gouts changeants, le due de Berry n'habita que fort
peu certaines de ces demeures. II se plaisait surtout
a Mehun-sur-Yevre, a Bourges, a Nonette, a Bicetre,
a Dourdan, en son hotel de Nesle. II n'etait pas inutile
de signaler ces multiples habitations, dont nous n'avons
pas le loisir d'etudier a fond I'histoire, car certaines
d'entre elles sont probablement representees sur les
premieres pages du manuscrit de Chantilly. Ces mer-
veilleuses miniatures figurent, on le salt, douze chateaux
importants. Tous n'appartenaient pas au due de Berry,
puisque sur deux d'entre elles on reconnait le Louvre et
le chateau de Vincennes. II ne reste pas moins fort pro-
(i) Arch. Nat., KK 253, fol. ii ct i8.
(2) Pcut-iitrc La Grange Bleiieau dans la Brie, pres Courpalais. II y
avail aussi un cliatcau dc La Grange aux environs dc Dourdan ct un
autre pres dc Ncautle. <m mourut, coninic on Ta vu, la grand'inure de
notrc prince.
INTRODUCTION
bable que le prince prit plaisir a voir peindre dans ce
volume plusieurs de ses habitations preferees ; peut-etre
arrivera-t-on, au prix de patientes recherches, a identifier
les chateaux dessines sur les premiers feuillets du livre
d'Heures de Chantiliy(i).
Le premier architecte emplo3^e par le due de Berry,
dont on rencontre le nom dans les documents, serait, Archuectes
d'apresM. G. Ledos, Gui de Dammartm, nomme general voeuvre.
maitre des ceuvres du Due vers iSGy. II aurait eu pour
successeur Jean de Terna}'. Quant a determiner la part
de chacun d'eux dans les grands travaux de Poitiers ou
de Bourges, c'est une tache a peu pres impossible a
mener a bien.
Jean Guerart, maitre des oeuvres de maconnerie, fut
a la fois un architecte distingue et un serviteur de con-
fiance ayant I'oreille de son maitre. Sans cesse occupe
par le prince de 1384 a 1414, non seulement il donne les
plans des constructions projetees, mais il prend part a
des negociations delicates. En 141 4, il part pour I'An-
gleterre avec Tarcheveque de Bourges, chancelier de
Berry (2). Comme on le trouve employe a Bourges pen-
dant une trentaine d'annees, M. Raynal (3) lui attribue
les plans de la Sainte-Chapelle qu'il aurait edifiee avec
le concours de Guillaume deMarcill}^, maitre des osuvres
de charpenterie.
C'est a peu pres le seul artiste berrichon, avec le pein-
tre Michelet Saumon, dont le baron de Girardot ait
(i) Dans cctte occurrence, le due de Berry se trouve en quclque sortc
le precurseur de Louis XIV qui fit peindre, comme on sait, douzc resi-
dences royales pour servir de modeles aux tapissiers des Gobelins, et sc
plut il envoyer cette suite famcuse en Europe ct dans les regions loin-
taines afin de repandre partout I'idce de sa puissance et de sa gran-
deur.
(2) Arch. Nat., KK 25o, fol. 27.
(3) Tome II, p. 442.
LXXXVI INTRODUCTION
relcve le nom, pour le commencement du xiv' siecle,
dans sa monographic des artistes de Bourges.
Les comptes citent deux maitres des oeuvres de
charpenterie anterieurs a Guillaume de Marcilly : Colin
de Villars qui travaillait en 1870 aux reparations de
rhotel habite par I'archeveque de Bourges (i), et Jean
Mace, occupe, en iSyS, avec une equipe de charpentiers,
a la bastide de Lusignan (2).
Un verrier, mentionne dans les textes sous le nom de
Pierre le Verrier, est employe en 1870 « a appareiller les
verrieres de I'hotel dudit archevesque « (3).
imagicrs. Les documcnts nous ont revele un certain nombre
d'imagiers inconnus jusqu'ici. Le i5 octobre 1370, le due
de Berry va voir « certains ymagesd'alabastre » executees
par Jacques le Macon ; il fait payer, a cette occasion, une
gratification de 40 sous pour le vin des valets (4).
La meme annee, Jean Bertaut, macon, recoit 20 li-
vres pour le prix de « quatre grans pierres de Chailli
« que mondit Seigneur a fait achater de luy pour fere
« ymages pour la chapclle que mondit Seigneur afondee
« en la grant eglise de Bourges ». Puis, c'est une somme
de 20 sous, remise au meme « pour la facon d'un chaffaut
« qu'il a fait pour asseoir une ymage de Nostre Dame
« en la meme chapellc (5) ».
En 1 37 1, Jacques Collet, « ymager de Monseigneur »,
touche 20 livres tournois a valoir sur ses gages (6).
Un compte de i383 contient ce curieux article : « A
« Regnaudin de Bossut, ouvrer de ymaginerie, sur son
« marche de tailler en boys une dozenne de testes de
(i) Arch. Nat., KK 25 1, fol. 3 5.
(2) Ibid.^ fo'l. 102 v°.
(3) Ibid., fol. 35.
(4)7^/^., fol. 28 v.
(5) Ibid.., fol. 34 v".
(6) Ibid., fol. 22 vo.
INTRODUCTION
(( cerfs a tout Ic coul et pestrine hors du mur oil elles
« seront, assavoir chascune teste pour le prix de 6 li-
ce vres (i). )) Une note ajoutee en marge constate que
Regnaudin n'a3'ant termine que trois tetes, n'eut que
iX livres, suivant les conventions du marclie. Gette de-
coration se retrouve dc tout temps dans les chateaux
^itues a proximite de chasses giboyeuses, comme Fon-
taineblcau et Versailles. N'est-elle pas encore en honneur
aujourd'hui chez les riches proprietaires passionnes
pour les exploits cynegetiques ?
En fevrier 1 386, 2 1 livres sont allouees a « Arnol Athe-
non, ymager », pour avoir decorc « de testes d'anges le
(( grand batel que Monseigneur avoit ordonne estre fait
(c pour son esbat aupres de son chastel de Poictiers »
et avoir modele « une grant teste de cerf pour la lence
« dud. bastel (2) ».
Enfin, au mois d'aout 1400, Timagier Dammartin,
rccoit du due de Berry un message, apporte de Paris a
Aubigny par le chevaucheur Petit Barre (3). Nous igno-
ron naturellement I'objet de cette lettre. Peut-etre cet
imager est-il le meme individu que Dreux de Dammartin,
nomme dans un autre article du meme compte, a cote
du peintre Jaquemart de Hodin (4).
Le tombeau du due de Berry et de Jeanne de Bou-
logne, sa seconde femme, erige par les soins du roi Char-
les VII et aujourd'hui conserve dans la chapelle souter-
raine de la cathedrale de Bourges, etait I'ceuvre d'un
fort habile imagier; mais cette tombe ne fut mise en
place dans la Sainte-Chapelle que longtemps apres la
mort du prince. Le musee de Bourges a garde huit des
(i) Arch. Nat., KK 256-257, fol. Sy v". Cf. I'article de Guillaume Des-
champs charge de peindre une tete de cerf en iSjg (p. lxxx ci-dessus),
(2) Ibid., fol. 38 yo.
(3) Arch. Nat., KK 2 53, fol. 80 V.
(4) Ibid., fol. 78 vo.
Joy
LXXXVIII INTRODUCTION
quarante statues de pleurcurs qui entouraicnt Ic monu-
ment a Torigine ct qui rappellent les iigures des torn-
beaux de Dijon.
En poursuivant nos recherches nous aurions sans
doute plus d'un nom nouveau a joindre a ceux qui vien-
nent d'etre cites ; mais ce serait donner trop de develop-
pement a une digression queique peu etrangere aux
inventaires, objet essentiel de notre travail.
Dans une recente etude sur les rapports du due de
Berry avec I'ltalie et Tart italien (i), relations dont nos
propres investigations ont fourni plus d'un temoignage
curieux, I'auteur, s'appuyant sur une lettre de Pierre le
Fruitier, dit Salmon, sorte de factotum du due de Berry,
plusieursfois nomme dans nos inventaires, arrive a cette
conclusion que le prince avait fait venir de la peninsule,
sur les conseils de son correspondant, un « intarsiatore «
fameuxde Sienne, nomme Domenico di Niccolo. La let-
tre de Pierre le Fruitier est datee de Janvier 1408; or,
precisement a cette epoque, on perd la trace de Dome-
nico en Italie. Le grand polyptique du Louvre, decore
de bas-reliefs en os et venant de I'abbaye de Poissy, ne
pourrait-il pas lui etre attribue? Les preuves manquent;
mais, dans tous les cas, le gout prononce du grand
amateur pour les productions de I'art transalpin rend
rh3^pothese de M. de Champeaux assez plausible.
■at,x du due Apres avoir nasse en revue les nombreuses personna-
dc Berry. ^ ^
'1) A. de Champeaux, Les relations du due de Berry avec I'art ita-
lien, dans la Gazette des Beaux-Arts, annee 1888, tome XXXVllI,
p. 409-415. Dans Ic mcime article, i'auteur cite un portrait du due de
Berry en miniature , inserc dans le livre ou Salmon raconte son
voyage en Italie, manuscrit conserve a la Bibliotheque Nationalc. Sur
cette miniature le Due, debout, a cote de Charles VI, dans une salle
de I'hotel de Saint-Pol, refoit la relation du voyage de Salmon. —
Voyez aussi, sur le livre de la Cite de Dieu, reclame apres la mort du
Due par Pierre le F'ruicticr et a lui rcstitue, notre tome II, page 3o2.
INTRODUCTION
litcs citces a des titrcs divers dans Ic registre de Robinet
d'Etampes, donateurs, donataires, orfevres, marchands,
peintres, nous allons nous occuper maintenant des
joyaux et autres objets enumeres dans notre texte. II est
indispensable, pour plus de clarte, de diviser ces articles,
suivant leur nature, en un certain nombrede categories.
Nous examinerons done successivement les pierres pre-
cieuses, les joyaux de chapelle, les joyaux de corps, les
curiosites diverses, les tapisseries et broderies, le linge et
les vetements ; on terminera par les manuscrits.
Le marquis de Laborde qui a tire un si grand parti
de I'inventaire du due de Berry pour son Glossairc
des Emaiix, a fait deux remarques essentielles : au
moyen age, la pierre la plus estimee est le rubis; il est
prise bien au-dessus du diamant. En second lieu, le due
de Berry a possede la plus riche collection de rubis qui
existat de son temps, la plus belle peut-etre qui ait jamais
ete reunie.
Autrefois comme aujourd'hui, les pierres exception-
nelles recevaient une denomination earacteristique, tirce
de leur forme, de leur origine, de leur possesseur, ou
de quelque particularite notable. L'inventaire de 141 3
offre de nombreux exemples de cette coutume.
Le due de Berry n'a pas moins de quatorze rubis et Rubis a bauns.
six balais juges dignes par leur grosseur, leur eclat,
leurs qualites exceptionnelles , de reeevoir un nom.
Sous le terme de rubis balai etaient comprises, comme
on salt, les pierres d'un rouge un peu moins vif que
les rubis proprement dits ou rubis d'Alexandrie. C'est
done une vingtaine de rubis baptises d'un titre, tandis
que la collection ducale ne renferme que cinq autres pier-
res, soit deux diamants, deux saphirs et une emeraude,
et en outre deux perles, designees par un sobriquet spe-
cial. Ces pierreries, d"une importance et d'une valeur
singulieres, ont souvent change de proprietaire depuis
INTRODUCTION
le due dc BeriT ; mais serait-il trop temcraire de suppo-
serque leurmerheparticulier a preserve certaines d'entre
elles de la destruction ? Une pierre d'un prix aussi eleve
n'est jamais detruite que par accident; elle se perd rare-
ment. On garde avec un soin jaloux un bijou qui vaut
une fortune. Sans doute, les descriptions de I'inventaire
sont en general trop succinctes pour permettre d'iden-
tifier avec entiere certitude ces gemmes mervei Ileu-
ses. Toutefois, ne serait-il pas possible a un lapidaire
exerce, connaissant bien les pierres renommees existant
dans les grandes collections de TEurope, d'y retrouver
et de reconnaitre quelques-uns des plus beaux jo3^aux du
tresor de Bourges ?
La plupart de ces pierres magnifiques provenaient
d'achats. Fort au courant des gouts du prince francais,
les marchands s'empressaient de lui presenter ce qu'ils
pouvaient decouvrir de plus rare . Presque tons les
rubis venaient d'Orient, d'ou le nom de rubis d'Alexan-
drie qu'on leur voit souvent attribue. Ce commerce etait
surtout entre les mains des Italiens ou des Juifs. C'est
un Venitien, Louis Gradenigo, qui vend a notre prince
le rubis de lafossette et le rubis dit le grain d'orge (i),
moyennant le prix de 3,ooo ecus d'or chacun. Du meme
marchand le due de Bourgogne Jean Sans Peur tenait
la magnitique pierre qu'il donnait a son oncle au mois
de juillet 141 3 (2) et que le due de Berr}' avait baptisee
du nom significatif de roi des rubis, avant de le rendre,
en 14 1 6, au marchand venitien, probablement pour
eteindre quelque dette criarde. L'examen attentif des
comptes des dues de Bourgogne fera peut-etre con-
naitre un jour la valeur de ce rubis exeeptionncl.
Un autre marchand italien, le Florentin Andre
(i) Invent. A, art. 348 et 849.
(2) Art. 1 148.
INTRODUCTION XCI
Sucre, dit Massa}-, vend, en juin 1409, pour la somme
enorme de 7,3oo ecus d'or, le r^iibis dc la nite (i). II
est vrai que deux autres pierres etaient comprises dans
le marche;mais elles comptaient pour bien peu.
Le riibis de la montagne est paye 5, 000 ecus d'or a
Jean Sac, en 1406 (2) ; le rubis de Berrj, vendu par Baude
de Guy (3) en 1408, coute 1,200 ecus.
En comparantces chiffres eleves aux prix d'estimation
fixes par les executeurs testamentaires, on constate une
depreciation considerable en fort peu de temps. Ainsi, le
rubis de la montagne, paye 5, 000 ecus en 1406, n'est plus
cote, onze ans plus tard, que i,5oo livres, soit environ
le dixieme de son prix d'achat. Le rubis de la fossette
tombe de 3, 000 ecus a 400 livres; le rubis de la nue de
7,3oo ecus a 1,1 25 livres. Parfois, cependant, revalua-
tion se rapproche davantage du chiffre d'acquisition.
Le rubis de Berry , acquis pour 1,200 ecus en 1408 (4),
est encore estime 1,687 livres 10 sous en 141 6 ; c'est
la une exception due sans doute a des circonstances
particulieres. La regie generale est une diminution
enorme, depassant parfois les neufdixiemes. Comment,
en presence de pareilles variations, poser des regies
meme approximatives pour ramener les anciens prix au
pouvoir actuel de I'argent?
La passion de notre prince etant universellement con-
nue, chacun s'empressait a I'envi de la satisfaire. Le due
d'Orleans offre a son oncle le rubis de la poule (5), qui
devient bientot I'objet d'un singulier trafic. Donnee,
sans doute en payement, a Guillaume de Lodde, cette
pierre fut rachetee de ses heritiers par le due de
(i) Invent. A, art. 347.
(2) Art. 343.
(3) Art. 345.
(4) Art. 345.
(5) Art. 352.
XCII INTRODUCTION
Berry (i) qui nc s'en etait probablement defait qu'a son
corps defendant. II la paya cette fois 700 francs. Or, elle
figure dans son inventaire apres deces pour la somme
de 1,125 livres tournois. Le due de Berry n'a certes
jamais realise une autre operation aussi brillante.
Philippe le Hardi en mourant avait legue a son frere
un rubis dit le canir de France, estime 800 livres en
1416 (2).
Le due de Guienne, fils de Charles VI, se montre
aussi fort empresse a se mettre dans les bonnes graces
de son grand-oncle. II lui fait don, en 141 4, du riibis de
Guienne (3), prise 2,260 livres par les executeurs testa-
mentaires . C'est encore de son neveu que le due de
Berry recoit, le i"" Janvier 141 5, le balai de la chdtai-
i^'ue (4) qu'il fait entrer dans la decoration de la fameuse
croix destinee au Roi de France, a laquelle il eonsacrait
ses plus beaux joyaux, et dont la monture n'etait pas
achevee au moment de sa mort.
Le rubis teigneux el le rubis de roirille (5) avixiem servi
I'un et I'autre a enrichir un reliquaire abandonne a Guil-
laume de Lodde pour eteindre une dette.
Deux autres pierres, le rubis de la caille (6) et le rubis
de Glocester (7) n'appartenaient deja plus au tresor de
Bourges quand Robinet d'Etampes en devint le gardien.
Avant 1413, le premier avait ete offert au roi de France
et le second avait passe entre les mains de Guillaume
de Lodde.
Bien que d'une couleur moins vive que le rubis pro-
(i) Invent. A, art. 1 147.
(2) Art. 35o.
(3) Art. 1 1 52.
(4) Art. 1 1 63.
(5) Art. 187.
(6) Invent. B, art. 126.
(7) Ibid., Art. i3o.
INTRODUCTION XCIII
prement dit, et par consequent moins estime par les con-
naisseurs, le rubis balai atteignait cependant parfois une
valeur enorme. En faut-il d'autre preuve que le prix
du fiTos balay de V2nise, paye 18,000 francs, en Jan-
vier 1408, a la duchesse d'Orleans (i). Le due de Berry
le consacra, comnie le balai de la chdtaigne, a I'or-
nement de sa belle croix donnee au roi de France. II
fit le meme usage du balai d' Orange (2), achete, en
1408, 2,000 ecus d'or, de deux anciens serviteurs
du Roi.
Rarement, I'lnventaire donne le poids de ces pierres
exceptionnelles; c'est fort regrettable a coup siir, car ce
serait un des signes distinctifs les plus propres a les
faire reconnaitre. Notons avec soin I'exception faite pour
le balai du pape et le balai de la crete de coq (3). Le pre-
mier, rond, perce et « glaceux » par endroits, pesait 240
carats; le second, long et perce dans le sens de la lon-
gueur, etait du poids de 170 carats.
Quand nous aurons rappele le J'libis de Boiirgogne,
legue au roi de France et incidemment cite dans une
note de Robinet d'Etampes (4), et le balai de David, mis
en gage, apres 141 3, pour une somme de pres de
8,000 livres, et prise par les executeurs testamentaires
5,5oo livres (5), nous aurons passe en revue tons les
rubis remarquables de la collection.
Peu de chose a dire des autres pierres. Des deux sa- Sapiurs.
phirs juges dignes de recevoir un nom distinctif, le pre-
(i) Invent. A, art. 363.
(2) Art. 364.
(3) Art. 359.
(4) Art. 429.
(5) Nous possedons un autre tcmoignage de la haute valeur du
balai de David. Un acte de procedure, redige en 141 3 pour obtenir que
la garde de ce joyau fiit contiee a Bureau de Dammartin, tresorier de
France, constate que le Parlement portait a 7,000 ecus d'or d'cstimation
du balai de David (Arch. Nat., KK 25o, fol. 77 v").
XCIV INTRODUCTION
mier, le saphir de Melun (i), est employe a la decoration
de la belle croix executee pour le Roi ; I'autre, baptise le
grant saphir de Bourgogne (2), en raison de sa prove-
nance sans doute, presente cette particularite remarqua-
blc qu'il portait une tete d'homme gravee en creux. Etait-
ce une intaille antique? Les experts charges de revalua-
tion des biens I'estimerent i,5oo francs.
Emeraudcs. Le duc de Berry semble avoir fait peu de cas des
emeraudes. La bonne emeraude, la seule qui porte un
nom determine, est prisee, en 1416, i5 livres (3). Les
autres pierres de meme nature n'ont guere plus de prix.
Diamants. Le diamant dit diamant de saint Louis devait offrir a
un prince de la maison de France une valeur inappre-
ciable, s'il avait reellement appartenu au fils de Blan-
che de Castille (4). En 1408, le duc de Berry le paya
3oo ecus d'or aux individus qui lui vendirent le balai
d'Orange. Huit ans plus tard, lors de la mort de son
possesseur, le diamant de saint Louis est encore prise
337 livres 10 sous.
Le diamant de Chartres (5), offert par le chapitre de
cette eglise auduc de Berry, passa peu apres en la pos-
session du duc de Guienne, auquel il fallait bien olfrir
quelque joyau en retour des nombreux presents que
notre prince ne cessait de recevoir de lui. C'est encore
le duc de Guienne qui leguait par son testament a son
pcries. grand-oncle deux des plus belles perles du tresor de
Bourges : la grosse perk de Berry, evaluee, en 141 6,
4,000 livres tournois (6), et la grosse perle de Na-
varre (7), cotee 2,000 livres a la meme date.
(i) Invent. A, art. Syi.
(2) Art. 377.
(3) Art. 41 1.
(4) Art. 427.
(5) Art. 441.
(6) Art. 1200.
(7) Art. 1 201.
INTRODUCTION XCV
On pourrait relcver ca et la bien d'autres particula-
rites curieuses et signaler nombre de pierres d'une grande
valeur, telles que Ic diamant de 5,ooo ecus et les trois
perles de 2,000 ecus (i), qui furent affectees a la rancon
du comte d'Eu ; mais les details qui precedent suffisent
pour donner un apercu de la composition de cette col-
lection unique.
Arrivons maintenant aux joyaux proprement dits.
Avant 1404, c'est-a-dire avant la donation de ses plus ^/^j]'^:!'^^^^
precieux tresors a la Sainte-Chapelle de Bourges, le Due
possedait un ensemble d'images, de croix, de calices, de
tableaux d'autel, de reliquaires, de portepaix et d'autres
ornements religieux, la pluparten or, d'une magnificence
inouTe. A quelques-unes de ces pieces d'orfevrerie reli-
gieuses avait ete attribuee une designation significative,
comme celles de croix aux emeraiides, petite croix aux
emeraudes, croix des emaux de petite, ct^oix de Blois (2),
ces dernieres donnees a la Sainte-Chapelle. Une croix
appelee la croix de Bourgogne (3) n'existait deja plus
en I4i3; ses debris figurent en divers chapitres du
compte de Robinet d'Etampes. Une autre croix, dite le
V02U de Lucques[X), passa de bonne heure entre les mains
de Guillaume de Lodde.
Toute cette riche orfevrerie d'eglise, inscrite sur les
premieres pages de I'inventaire de 1404, ne tarda pas a
etre remplacee par d'autres pieces presque aussi remar-
quables. Si les croix et les figures d'or paraissent moins
nombreuses dans le compte dc Robinet d'Etampes que
dans le precedent inventaire, on y trouve par centre des
morceaux d'un interet capital. Tel est ce grand joyau
(i) Invent. S G, art. 773 ct i335.
(2) Invent. B, art. 8, 23, 27, 49.
(3) Invent. B, art. 25 et Invent. A, art. 35g.
(4) Invent. B, art. 28.
XCVI INTRODUCTION
d'or(i), de troispieds et demi de haut, decore des figures
de la Trinitc, de TAnnonciation, de saint Georges et de
saint Michel, de deux anges et aussi des images du due et
de la duchesse de Berry; le tout garni de soixante-quatre
balais, quarante-sept saphirs, deux rubis, deux diamants
et deux cent vingt-six perles. L'or de ce joyau magnifi-
que pese 129 marcs 7 onces. Sa valeur meme devait cau-
ser sa perte. D'abord mis en gage chez Bureau de Dam-
martin, marchand parisien, comme garantie d'un pret de
18,023 livres, iq sous, 9 deniers, le grand joyau d'or sor-
tait du tresor, vers la fin de I'annee 141 5, probablement
pour aller a la fonte. C'etait, d'ailleurs, le sort reserve
a toute cette splendide orfevrerie d'eglise ; elle cons-
tituait reellement une sorte d'epargne ou de reserve
pour les cas de supreme nc'cessite, et les princes du
sang, aussi bien que les rois de France, ne se firent pas
faute d'y puiser quand le besoin les y contraignit, Les
notes de nos inventaires, et aussi le compte de Char-
les VI deja cite, etablissent que, moins d'un an apres
lamortdu due de Berry, bien peu de chose subsistait
des immenses tresors amasses par notre prince, si on
en excepte les ornements donnes a la Sainte-Chapelle de
Bourges ou a diverses eglises.
Sur les dons faits a la Sainte-Chapelle nous n'avons
pas a insister, le texte des inventaires cotes ici A et D
contenant a ce sujet les details les plus complets; mais
nous dirons quelques mots des joyaux qui entrerent
dans les tresors des chapitres de Paris et de Chartres.
Dons offerts a II est assez singulicr que, parmi les obiets offerts a
Vcglisede Paris. ^ ^ . . ,
I'eglise de Paris, d'apres nos documents (2), ne figure
nulle part cette precieuse relique du chef de saint Phi-
lippe que le due de Berr}^ avait enfermee dans un rcli-
(i) Invent. A, art. 14.
(2) Art. 20, 36o.
INTRODUCTION XCVII
quaire d'or enrichi dcpierres prccicuses, pour le donncr
a I'eglise de Notre-Dame en 1400. Charles IX fit fondre
ce Joyau pendant les guerres de religion, et, quelques
annees plus tard, en i58o, le chapitre remplacait parun
nouveau chef en or le magnifique reliquaire venant du
due de Berry (i).
La meme eglise a conserve Jusqu'a la fin du xvnf siecle
un grand reliquaire d'or, appele le tableau de saint Sebas-
tien, donne par notre prince en 141 3 (2). Ce tableau ren-
fermait les ossements d'un grand nombre de saints
enumeres par les historiens du tresor. C'est, selon toute
probabilite, le reliquaire auquel il est fait allusion dans
une note (3) et que le due Jean reprit a la Sainte-Chapelle
de Bourges pour I'offrir a I'eglise de Paris.
Le reliquaire d'oravec une dent de lait de laVierge(4),
que Robinet d'Etampes declare avoir ete concede a la
meme eglise, n'est pas mentionne sur les inventaires du
tresor de Notre-Dame de Paris; mais le livre de Gueffier
signale une medaille de saint Michel, d'or emaille, pro-
venant d'un don de 1406.
Le magnifique reliquaire d'or du chef de saint Phi-
lippe nous fournit encore la preuve formelle que les
divers inventaires sont loin de comprendre tous les
joyaux ayant appartenu au Due ou executes sur ses or-
dres. Cette nomenclature demeurera toujours forcement
incomplete. En ce qui concerne du moins le superbe
chef de saint Philippe, les textes et les descriptions
abondent. M. Francois Delaborde (5) a raconte recem-
(i) C. p. Gueffier, Description des ciiriosites de I'eglise de Paris, 1763,
in-S", p. 267.
(2) Ibid.,' p. 292.
(3) Invent. A, art, 36 1.
(4) Ibid., art. 20.
(5) Le procds du chefde saint Denis, daw?, les Me'moires de la Socie'te
de I'histoire de Paris et de Vile de France, tome XI, 1884, p. 297-409.
II a ete fait un tirage a part de ce Memoire.
g
XCVIII INTRODUCTION
ment, avec un grand luxe de details piquants, I'liistoire
de ce joyau rare, offert au chapitre de Notre-Dame, au
debut de I'annee 1406, en echange d'une parcelle du
crane de saint Denis, relique dont les Religieux de Saint-
Denis niaient energiquenient I'authenticite. Cette contes-
tation aboutit meme a un proces dont les ctranges peri-
peties ont ete resumees par I'auteur du memoire cite
plus haut. Nous n'en parlons ici qu'en raison du role
joue dans cette affaire par le due de Berr}^ Aussi bien,
fut-il contraint de se rendre ii I'evidence des preuves pro-
duites par les Religieux, et de renoncer a la satisfaction
de posseder un fragment des restes de I'apotre venere
des Gaules. La negligence avec laquelle une si fameuse
relique est abandonnee dans une saliere de cristal (i)
laisse assez entendre que le due de Berry avait perdu
toute confiance en son authenticite.
L'eglise de Chartres, moins scrupuleuse que les Reli-
gieux de Saint-Denis qui, eux, n'avaient consenti, sous
aucune condition, a se dessaisir de la moindre parcelle
des ossements de leur glorieux patron, fit abandon d'un
tableau d'or (2) contenant un morceau de la vraie croix,
conserve depuis un temps immemorial dans son tre-
sor. Sans doute, les chanoines ne s'etaient rendus
qu'a la derniere extremite; car, peu de temps avant sa
mort, le Due, pris sans doute de remords, ordonna de
restituer I'insigne relique a l'eglise de Chartres, ce qui
ne souffrit aucune difficulte.
C'est un scrupule de meme nature qui fit rentrer I'ab-
baye de Saint-Denis en possession du manuscrit des
Chroniques de France (3), prete au due de Berry pour en
prendre copie et reste dans sa librairie jusqu'au jourde
(i) Invent. A, art. i32.
(2) Art. 69.
(3) Art. 1249.
INTRODUCTION
sa mort. II semblerait meme, d'apres la note qui relate
cette particularite, que le confesseur du prince dut inter-
venirpour obtenir cette restitution.
Dans I'inventaire du tresor de Chartres, M. de Mely Dons oferts
signale (i), comme provenant des liberalites du due ' c/iartres.
Jean, une Vierge d'ambre gris. Peut-etre ce don serait-
il d'une date anterieure a 1401, car cette figure ne
parait sur aucun inventaire. Le tableau d'or pose sur
huit ours, detail qui vaut bien un certificat d'origine
authentique, et contenant du bois de la vraie croix avec
d'autres reliques, donne a I'eglise de Chartres en 1406 (2),
n'est pas mentionne non plus sur le premier de nos
inventaires. Au surplus, les nombreuses liberalites (3)
du frere de Charles V au sanctuaire venere de Chartres
sont officiellement constatees dans la lettre de remerci-
ment ecrite par le Chapitre, le 8 aout 1406, probablement
a la suite de la reception du reliquaire porte sur des ours.
L'inventaire du tresor de Chartres nous fait ainsi con-
naitre de precieux Jox^aux qui n'ont jamais figure sur
la liste des tresors du prince.
Jusqu'au dernier moment de sa vie, notre fervent col-
lectionneur ne cessa d'augmenter le nombre des joyaux
amasses dans le tresor de Bourges (4). A vrai dire.
(i) Page 12.
(2) Page 53 de l'inventaire publie par M. de Mely. Les reliques jointes
au morceau de la croix consistaient en parcelles de la sainte couronne,
de la sainte pierre, des raclures du saint clou, des morceaux du saint
linceul, de la robe de pourpre, de la serviette dont Notre-Seigneur se
ceignit pour iaver les pieds des Apotres, de la ceinture de la Vierge, des
langes sacrees. Une longue inscription, citee par I'auteur du Tresor de
Chartres, rappelait tons ces details.
(3) D'apres M. de Mely (p. i5), le Due aurait offert a cette eglise le reli-
quaire contenant des cheveux de la Vierge, a lui donne par le pape
Clement VII, lors de son voyage a Avignon. La statue d'or avec un
manteau bleu, qui portait le nom de Vierge bleue, viendrait aussi de
notre prince.
f4) Voy. Invent. A, p. 288, art. 1 100 et suivants.
C INTRODUCTION
beaucoup d'objets acquis en 1413 et les annecs suivan-
tes proviennent de dons ou de legs. D'autres sent retires
des mains des marchands auxquels ils avaient ete confies
en garantie de sommes pretees.
A cette categorie appartient la croix aiix cristaux,
estimee 8,000 fr. et vendue 10,000 fr. en 1416(1). Quant
au joy an dii niont de Calvaire {2), mis en gage chez Guil-
laume de Lodde, a la croix au rubis [?>), deposee chez
Jean Tarenne, a la croix au camahieu (4), confiee a
Bureau de Dammartin, il ne semble pas que le due de
Berry ait trouve le moyen de les retirer des mains des
preteurs avant sa mort.
Signalons encore deux articles consacres a des oeuvres
d'art exceptionnelles : la cro/x au serpent (5) et la croix
de Balthasar (6). Encore cette derniere n'existe-t-elle plus
lors de I'entree en charge de Robinet d'Etampes ; les
joyaux en avaient ete retires, et c'est par la mention de
sa destruction que son souvenir et son nom ont ete con-
serves.
On ne saurait trop insister sur ce point qu'il est a peu
pres impossible de suivre dans leurs incessantes meta-
morphoses les pieces capitales de la collection de Bour-
ges. Le caprice du Due se plaisait a des remaniments
perpetuels, et, sous ce rapport, les articles (7) contenant
I'enumeration des pierres provenant de joyaux detruits
ne sont pas les moins curieux ni les moins instructifs.
Parmi les objets a la transformaiion desquels nos textes
nous font pour ainsi dire assister, figurent des sta-
(i) Inv. A, art. 1070, io85 et iioo.
(2) Art. 1074.
(3) Art. 1084.
(4) Art. 359 et 1086.
(5) Art. 7.
(6) Art. 66.
(7) Voy. surtout les articles 36 1, 367, 419 et 462 de I'lnventaire A.
INTRODUCTION CI
tuettes en or de Dieu le perc, de Notre-Dame, de saint
Jean-Baptiste, de saint Paul, de saint Pierre, de saint
Denis, de saint Thomas, de saint Charlemagne, de saint
Louis, un bapteme du Christ, et quantite d'autres pieces
de grand prix, dont plusieurs sont des cadeaux offerts au
due de Berry par son frere de Bourgogne ou par son
neveu d'Orleans.
Au nombre des raretes qui excitaient au plus haut saintcs reUques
point les convoitises de notre prince, il faut mettre en
premiere ligne les reliques des martjTs et des saints. Rien
ne lui coutait, comme on vient de le montrer par I'his-
toire de I'os du crane de saint Denis, pour se procurer
quelque parcelle d'une relique insigne.
Les chevaliers qui avaient accompagne Boucicaut dans
I'expedition de Constantinople, en particulier le sire de
Chateaumorant, s'etaient empresses de satisfaire a ce
caprice de collectionneur en rapportant de leur voyage
quantite de pieux souvenirs a I'intention du prince dont
la faveur etait fort recherchee. Les inventaires ne men-
tionnent pas moins d'une quinzaine de croix, reli-
quairesou autres joyaux (i)contenant des parcelles de la
vraie croix. L'un de ces fragments, le plus considerable
sans doute, venait de I'Empereur de Constantinople, avec
qui notre prince etait en relations assidues. Un autre
avait ete apporte en France par le sire de Chateaumo-
rant.
La liste des autres reliques presente de bien singulieres
particularites.
Ainsi, dans la a^oix des emaux de pelite (2), a cote
d'une parcelle de la vraie croix, sont enfermes divers
fragments de la robe de Jesus-Christ, des courroies qui
servirent a I'attacher, de I'eponge, et un des clous de
(i) Invent. B, art. 5, 8, 12, 25, 49, 182, 214, 2i5, Sgy, 1081 ct Invent.
A, art. 8, 9, 10, iioo, iioi, iiii.
(2) Invent. A, art. 49
INTRODUCTION
la Passion. Ailleurs, c'est une des pierrcs que Ic Christ
cliangea en pain dans le desert (i); une piece du man-
teau d'Elie (2); le chef d'une des onze milleVierges (3);
les jambes d'un des Innocents mis a mort par Herode (4).
D'autres articles citent certaines reliques de moindre
valeur, mais aussi etranges (5). Quelques-uns de ces
objets ne laissent pas que de poser des problemes diffi-
ciles a resoudre. Ainsi avons-nous vainement cherche
a nous renseigner sur la legende a laquelle fait allusion
cette relique « du fust de la porte de Teglise que saint
Pierre fist bastir a Rome par I'Ennemi (6) ».
Le due de Berr}^ n'etait pas plus credule que ses con-
temporains;mais il partageait le gout de son temps pour
le surnaturel et le merveilleux.Peut-etre, et certains indi-
ces sembleraient Tindiquer, n'etait-il qu'a moitie dupe de
toutes ces designations pretentieuses. II dissimulaitpour-
tant ses sentiments intimes et paraissait admettre sans
difliculte I'authenticite de ces tresors suspects, recom-
mandes surtout par leur origine exotique.
Qu'est-il advenu de toute cette orfevrerie d'eglise, de
ces innombrables reliques? Beaucoup ont disparu, soit
pendant la guerre contre les Anglais, soit au milieu des
convulsions qui bouleverserent la France dans la seconde
moitie du seizieme siecle. Le due de Berry lui-meme ne
se fit pas scrupule, dans les cas de pressante necessite, de
porter la main sur les objets voues aux usages sacres ;
C'est ainsi que, lors du siege de Bourges, les vases pre-
cieux et autres ornements de la Sainte-Chapelle furent
engages ou fondus. On a vu ce qu'il etait advenu au
(i) Invent. A, art. 54.
(2) Art. 274.
(3) Art. .11 6, 317, 438.
(4) Art. 3ig, 32o.
(5) Voy. Invent. A, art. 643, 910, 911, 912, 913 et Invent. B, n° 60.
(6) Invent. A, art. 910.
INTRODUCTION CIII
xvi^ siecle du chef d'or de saint Philippe appartenant a
Notre-Dame de Paris. Nul doute que le sort de ce precieux
joyau n'ait ete partage a la meme epoque par les tresors
de beaucoup d'autres eglises. II existe encore un nombre
suffisant de proces-verbaux de destructions operees soit
par les Huguenots, soit par les catholiques, pour en con-
clure que bien peu de sanctuaires, parmi les plus veneres,
furent alors epargnes.
Le musee de Bourges possede une coupe de marbre
jaune, veine de rouge, en forme de coquille a douze cotes,
qu'une vieille tradition pretend avoir figure, avec le Sacro
Catino, aux noces de Cana (i). Meme si on n'ajoute
qu'une mediocre confiance a cette legende, le vase en
question offrirait encore un interet exceptionnel, comme
etant une des dernieres epaves du riche tresor de la
Sainte-Chapelle. II aurait ete oifert par le Due avec une
epine de la Sainte Couronne, actuellement conservee
chez les dames de Saint-Laurent, a Bourges.
De tous les ornements d'eglise provenant de notre
prince et encore existants, I'un des plus importants
est, sans contredit, le grand retable d'autel decore de
vingt-quatre scenes de la vie du Christ, dix-huit sujets
de la legende de saint Jean-Baptiste et autant de tableaux
tires de celle de saint Jean I'Evangeliste. Ce retable en
OS sculpte, expose dans les galeries du Louvre, fut offert
a I'abbaye de Poissy par le due de Berry, dont la figure
agenouillee, accompagnee de celle de sa femme, appa-
rait dans un coin du tableau avec I'ecu de France
engrele de gueules. Comment se fait-il que ce monument
precieux de I'art du xiv' siecle ne soit mentionne dans
aucun de nos Inventaires? II appartiendrait done a
cette serie d'objets commandes pour les abbayes ou les
eglises et qui valurent au prince une reputation de pieuse
(i) Interme'diaire du 25 septembrc 1888, p. SyS.
CIV INTRODUCTION
liberalite, celebree dans les Chroniques contcmporai-
nes (i); mais, il faut bien le reconnaitre,les joyaux du
due de Berry qui ont echappe a la destruction sontd'une
extreme rarete. Leur valeur intrinseque causa leur perte.
Seuls, les manuscrits histories, ont survecu pour por-
ter temoignage des gouts raffines de leur ancien posses-
seur.
Joyaux de corps. La liste des jo3^aux d*un usage profane, dits joyaux pour
le corps de Monseigneur le Due (2), abonde en details
curieux sur le costume du temps . Chapeaux ornes
de pedes ou de pierres precieuses, ceintures garnies
d'or, couronnes et colliers d'or, toutes ces parures don-
nent une idee saisissante du luxe inoui de la cour de
France peu d'annees avant le desastre d'Azincourt. Les-
fermails ou fermaillets d'or, rehausses de pierres pre-
cieuses, sont de la plus grande richesse. L'art de Torfe-
vre se donne libre carriere sur cette piece capitale de la
parure, Le due de Berry possedait un fermaillet deeore
des plus beaux joyaux de sa collection (3), notamment
de ce balai paye 16,000 ecus a Janus de Grimault,
de deux diamants achetes 6,000 ecus, de deux autres
diamants valant 2,800 livres, enfin d'un cinquieme dia-
mant du prix de 7,800 ecus; soit plus de 3o,ooo ecus
employes a la decoration d'un seul bijou (4) ! II nous
semble bien que certains artistes, charges de peindre le
portrait du Due, ont voulu le representer avee ee fermail.
Inutile d'insister sur les anneaux d'or enrichis de
rubis, de saphirs, de diamants, d'emeraudes et de perles.
(i) Bellaguet, Clironique du Religieux dc Saint-Denis, iomc VI, p. 29.
— Voy. aussi La Thaumassicre, Histoirc du Berry.
(2) Invent. A, art. 140 et suivants.
(3) Ibid., art. 162.
(4) Ce fermaillet est mentionnc a la fin de I'lnventaire S G,sous le
n° 1 335. II ctait alors engage chez le changeur parisien Renaud Pis-
d'Oue.
INTRODUCTION CV
lis sontnombreux dans les inventaires, et cela se concoit
aisement. Ces anneaux sont comme la monnaie courante
des cadeaux entre grands seigneurs. Ici, la valeur de la
pierre constitue a peu pres tout le prix du bijou, et,
grace aux estimations du dernier inventaire, on a des
renseignements precis sur chacun de ces objets.
Certains details meriteraient une attention particu-
liere. Tel est ce camahieu en un annel d'or « fait a la
semblance du visage de Monseigneur (i). » C'est evi-
demment un portrait du Due grave sur pierre; mais ce
camahieu doit-il etre pris pour un camee au sens mo-
derne du mot, comme Ta suppose M. de Laborde, ou ce
terme ne designe-t-il pas plutot une intaille ? La meme
incertitude se produit au sujet d'un article analogue,
mentionnant « un annel d'or ouqucl est le visage de
Monseigneur le Due contrefait d'une pierre de cama-
hieu (2) )). Notre prince aimait a voir sa figure, si peu
plaisante qu'elle fut, reproduite sous tons les aspects,
dans toutes les matieres. C'est une faiblesse qu'on
retrouve chez beaucoup d'amateurs eminents. La table
qui termine cette publication contient la liste de ces por-
traits soit en peinture, soit en gravure, representant le
Due seul ou accompagne de sa femme.
Les inventaires ne contiennent sur les vetements per- vetemcnts et
sonnels et le linge de maison que des indications sommai- '"^'^'
res. Seul, le compte de Texecution testamentaire consa-
cre un chapitre special a cette nature d'objets(3). Encore
ne parle-t-il que des robes et houppelandes doublees de
fourrure et ofFrant une certaine valeur. Robinet d'Etam-
pes, garde des joyaux, n'avait pas a s'en occuper ; aussi
n'est-il jamais question dans son registre ni de vete-
(i) Invent. A, art. 606.
(2) Art. 611.
(3) Tome II, Invent. SG., art, 666 et suivants.
CVI INTRODUCTION
ments, ni de linge, non plus que de tapisseries ou de
broderies.
Dans I'invcntaire de 1402, on trouve quantite de
details precis sur des draps d'or et de soie (i) et sur d'au-
tres ornements de chapelle richement decores, tels
que chapes, tuniques, dalmatiques, frontiers, dossiers,
tables d'autel, etc., etc. La description de ces articles,
donnes presque tous au tresor de la Sainte-Chapelle,
abonde en termes techniques dont le sens precis nous
echappe souvent. Quelle difference y a-t-il entre le drap
d'or soudanis, le drap de Damas, le drap d'or de Luc-
ques? Qu'est-ce qu'une broderie d'ouvrage de Florence?
Broderies. Comment distinguer celle-ci de la broderie de la facon
d'Angleterre ? Tout a la fin de I'inventaire de 1402 se lit
une enumeration de broderies des plus remarquables.
Beaucoup de ces ouvrages representent des saints et des
saintes, veritables peintures a I'aiguille, dont le chef-
d'oeuvre etait incontestablement cette table d'autel d'ou-
vrage de Florence, en plusieurs pieces, decrite sous le
n° i3i7 et dernier du registre. On a vu que ce parement
d'autel, d'un si merveilleux travail, resta jusqu'a la Revo-
lution dans le tresor de Chartres. A la fin du xvui*^ siecle,
il tombait en lambeaux. II n'en subsisteplus rien aujour-
d'hui; seuls, les dessins imparfaits de Montfaucon peu-
vent donner une vague idee de son ornementation (2).
Tapis et tapis- Quaut aux tapis ou tapisseries proprement dites, on
doit en chercher la liste dans Tinventaire de 141 6 (3). Les
tentures etant confiees aux soins d'un gardien special,
il n'en est jamais question dans le registre de Robinet
d'Etampes. A considerer I'ensemble des tapisseries a
personnages du due de Berry, on serait presque surpris
(i) Invent. B, art, 1188.
(2) Voyez I'article dc M. dc Mcly cite dans la note de la page 1G6 du
tome II.
(3) Invent. SG, art. 1-142 et 53i-556.
series.
INTRODUCTION CVII
qu'un prince aussi magnifique ne possedat pas de series
plus importantes et plus riches.
Nous ne nous arreterons pas aux chambres de sole
et de drap d'or, bien qu'elles soient nombreuses et que
certaines meritent attention, comme cette chambre aux
cygnes (i) et cette chambre aux enfants (2) decrites avec
force details, et attributes, lors du partage de la succes-
sion, aux deux fiUes du Due.
D'autres pieces presentent diverses particularites
dignes de remarque, citons la chambre aux palii (3),
portant une inscription allemande, et encore le dossiel de
drap de laine, orne de betes, oiseaux et fleurettes, d'ou-
vrage de Grece, envoye a notre prince par I'Empereur
de Constantinople (4).
Les tapis velus abondent; leur ornementation ordi-
naire consiste en armoiries, quelquefois sommairement
decrites. Les tentures de cuir constituent egalement un
mode de decoration fort usite (5). Le Due en possede un
beau choix ; plusieurs d'entre elles sont armoriees des
ecussons de Castille et d'Aragon. II s'agit done de cuirs
provenant d'Espagne, connus de longue date sous le
nom de cuirs de Cordoue.
Si Ton rapproche la liste des tapisseries a personnages
du due de Berry de I'enumeration des tentures apparte-
nant a ses freres, on retrouve ici les memes sujets que
dans les inventaires de Charles V, de Philippe le Hardi
et de Louis d'Anjou.
Voici d'abord la serie des scenes tirees de Thistoire reli-
gieuse : le Trepassement de Notre Dame (6), le Cou-
(i) Invent. SG, art. 27-43.
(2) Art. 44-58.
(3) Art. 781.
(4) Art. 791.
(5) Art. 125-142.
(6) Art. I.
CVIII INTRODUCTION
ronnement de Notre Dame (i), V Apocalypse {2) dont le
sujet rappelle la magnifique tenture d'Angers, comman-
dee par le due Louis d'Anjou au tapissierparisien Nico-
las Bataille; puis deux pieces sur la Trinite{3), un tapis
de la Madeleine (4), une Vie de saint Andre [5], une
Histoire de saint Jean (6), deux tapis du Credo (7).
Une autre categorie renferme les allegories ou mora-
lites. A cette classe appartiennent les trois tapis de
Fama (8)ou de Bonne Renommee, concus sans doute dans
I'esprit des tapisseries de Nancy, un tapis des Sept j'ices{q),
c'est-a-dire des sept peches capitaux, une histoire d'Es-
perance et de Confusion {10), allegorie obscure dans le
gout de Tepoque, enfin certains tapis du Pelerinage [i i ),
dont le titre n'indique qu'insuffisamment le sujet et dont
leducde Berry possedaitau moins deux exemplaires(i2).
Les scenes tirees des legendes de Charlemagne et de
Girart de Vienne (i3) de Begue de Belin (14), le frere de
Garin le Lorrain, font partie de la meme serie que les
sujets legendaires des Neuf Preux ( 1 5). Le tapis de Gode-
froy de Bouillon (i(5) sert de transition entre la fiction et
les scenes historiques. Avec les trois tentures du roi Ri-
chart (17), — il s'agit sans doute de Richard Coeur de
Lion, — nous voici dans le domaine de I'histoire.
II ne semble pas, d'apres les inventaires, que notre
prince, bien que grand admirateur de Bertrand Du
Guesclin, ait possede, comme Charles VI, un tapis cele-
brant le heros de la lutte contre les Anglais.
(i) Invent. SG, art. i8. .(lo) Art. 548.
(2) Art. 6. (11) Art. i5, 774.
(3) Art. 19. (12) Voy. notre tome II, p. 208,
(4) Art. 23. note 2.
(5) Art. 553. (i3) Art. 24.
(6) Art. 55o. (14) Art. 23.
(7) Art. i3, 14. (i5)Art. 17.
(8) Art. 2, 3, 4. (16) Art. 22.
(9) Art. 5. (17) Art. 20, 21.
INTRODUCTION
Si nous ignorons a quelle aventure, a quelle legende
fait allusion le tapis dit de Robert le Fuzelier (i); les
sujets du tapis de Vechiqiiier (2) et du tapis de la chasse
a ['usage de Rome{3) s'expliquent assez clairement par le
titre. Quant au tapis du Roman de la Rose {4), il n'apprcnd
rien de nouveau surla vogue immense du poeme. Certes,
une des tentures qui nous interesseraient le plus aujour-
d'hui serait une de ces six pieces de VHistoire du grand
Khan (5), inspirees evidemment par les recits merveil-
leux de Marco Polo. Le due de Berry, qui avait recueilli
plusieurs exemplaires manuscrits des recits du voya-
geur, prenait plaisir a en faire reproduire les scenes sur
les tentures de ses chateaux. Est-il besoin d'ajouter qu'il
ne reste plus rien de ces ceuvres curieuses ? II y a plus :
jamais, au cours de nos recherches sur la tapisserie, nous
n'avons rencontre de piece avec I'ecu de France engrele de
gueules, ni avec la devise le temps piendra, devise et armoi-
ries si souvent reproduites par la navette ou le pinceau
sur les tentures et les manuscrits du due de Berry.
Presque toutes les tapisseries enumerees dans I'inven-
taire sont dites de I'ouvrage d'Arras ; faut-il prendre ce
terme a la lettre et admettre que tous les articles por-
tant cette mention provenaient des ateliers de I'Artois?
Ce serait peut-etre preter a cette denomination un sens
bien etroit. Nous savons pertinemment que le due de
Berry fit travailler le fameux ouvrier parisien Nicolas
Bataille(6).Il fut done en relations avec d'autres tapissiers
(i) Invent. SG, art. 549.
(2) Art. 16.
(3) Art. 55 1.
(4) Art. 26.
(5) Art. 7-12.
(6) La mention de Nicolas Bataille se trouve dans le regislre de Barthe-
lemi de Noces (1374-1377), recemment publie par M. E. Teilhard de
Chardin dans la BibliotMque de I'Ecole des Chartes (1891, p. 5 18).
ex INTRODUCTION
que ceux d'Arras. II scmblerait que le termc « ouvrages
d'Arras » applique le plus souvent a des pieces rehaus-
sees d'or, d'argent et de sole, etait employe particulie-
rement pour les tapisseries de haute lisse. L'expression
meme de haute lisse n'apparait que par exception et
dans de tres rares articles, dans la description de la
chambre mix enfants, par exemple. Quand il s'agit de ces
questions techniques, on fait bien de proceder avec la
plus extreme circonspection et de n'attacher qu'une
importance secondaire aux locutions adoptees par des
scribes qui ignoraient parfois la valeur des mots dont
ils se servaient.
Les dimensions de chaque piece sont le plus sou-
vent rapportees avec precision. Or, I'etendue de beau-
coup de ces tapisseries depasse sensiblement les mesures
usitees dans les siecles suivants. Les panneaux de
II aunes de longueur sur 4 aunes 1/4 sont communs;
cela fait environ 1 3 metres de cours sur 5 metres de hau-
teur ou 65 metres carres. Les plus grandes tapisseries
de Bruxelles ou des Gobelins n'atteignent jamais de
pareilles proportions. Elles rendaient les tentures du
moyen age extremement lourdes et peu maniables.
Aussi a-t-on releve ce detail typique que le due de
Bourgogne avaitdu faire couperen trois pieces un grand
sujet representant la bataille de Roosebeke, en raison
des inconvenients de sa taille demesuree.
Chez le due de Berry on rencontre des tapis de 17, 18,
19, et meme 21 et 3o aunes de longueur, sur 5 aunes de
hauteur et davantage ; soit plus de 100 ou i3o metres
superficiels (i). On dut renoncer de bonne heure a de
pareilles exagerations qui expliquent, dans une certaine
mesure, la rapidite avec laquelle ces vieilles tapisseries
se deterioraient.
(i) Ct". les tapis des Sept vices et de V Apocalypse, de Bcgiie de Belin
et de Ciiarlemagne.
INTRODUCTION CXI
L'inventaire fournit encore un appoint d'une reelle
valeur pour I'histoire de la tapisserie en donnant sou-
vent I'estimation des tentures. Cette evaluation varie de
lo a 20 livres I'aune carree pour les pieces les plus
riches et les plus soignees; elle n'est plus que de 4 a 5 li-
vres pour les tissus plus communs, comportant toutefois
un peu d'or; puis, elle tombe a 2 livres pour les tapis de
laine pure. Ces chiffres sont conformes a ceuxqui ont ete
releves ailleurs, notamment aux prix payes pour I'Apoca-
lypse du due d'Aniou et divers autres travaux de Nicolas
Bataille. Au surplus, toutes les tapisseries du due de
Berry echurent a ses fiUes ; elles firent partie du lot qui
leur fut attribue. Ce serait done dans les vieux manoirs
du Bourbonnais ou du Midi qu'il y aurait encore chance
de decouvrir un fragment des tentures du due de Berry,
s'il en existe encore par miracle.
La piece cotee le plus haut, soit 20 livres tournois
I'aune, et en tout 1,710 livres tournois, est le tapis des
Sept vices « fait a grans ymages batus a or ». Ne serait-ce
pas la tapisserie portee sous le n*" 8679 dans l'inventaire
de Charles V avec la designation de « Tappr^ des sept
pechei mortels » ? En rapprochant les documents de la
tin du xiv'^ siecle et du commencement du xv% on arrive-
rait peut-etre a suivre chez leurs differents proprietaires
les tentures les plus fameuses.
II ne faut pas negliger certaines mentions fort importan-
tes au point de vue de I'histoire des industries parisien-
nes. Si la plupart des suites de grand prix sont dites
« de I'ouvrage d'Arras », quelques-unes cependant par
exception sont formellement accompagnees de la mention
« de I'ouvrage de Paris ». II est vrai que les sept ou huit
articles dont nous voulons parler sont traites avec une
dedaigneuse indifference. Tous, vieux et uses, dechires
et rompus, sont declares sans valeur. Cependant, quatre
de ces tapisseries representaient des batailles; les autres
CXII INTRODUCTION
avaient pour ornement un semis de fleurs. Dans tous les
cas, on trouvera dans nos documents plusieurs mentions
a joindre aux specimens deja signales de I'art textile dans
le cours du xiv' siecle.
11 est temps de passer a un autre chapitre de I'inven-
taire, et d'accorder I'attention qu'elles meritcnt aux
curiosites de toute espece que le due de Berry rechercha
passionnement jusqu'a son dernier jour. II s'agit des
menus objets d'usage quotidien, des pieces de coUection-
neur ou des singularites naturelles qui se rencontrent
dans de nombreux articles de nos registres.
MedaiUes. Nous avous eu I'occasion de montrer, a propos des
medailles d'Auguste,de Tibere, de Constantin et d'Hera-
clius(i), tout le'parti qu'ily aurait atirer, pour la solution
de certains problemes archeologiques longtemps contro-
versesjdes indications ponctuelles de Robinetd'Etampes
et de ses coUegues. Leurs inventaires prouvent que la
date de ces medailles, a propos de laquelle se sont exer-
cees la verve et I'erudition de nombreux savants et de
Du Cange en particulier, doit etre fixee desormais aux
environs de I'an 1400. Tout n'est pas dit d'ailleurs sur la
question, et il reste a determiner le pays d'origine de
ces petits monuments; car aucune preuve serieuse,
definitive, n'a ete fournie par les erudits qui se sont
meles recemment a ce debat.
Les medailles de Constantin et d'Heraclius, si minu-
tieusement decrites ici, furent connues de tous les anti-
quaires du xvi'' siecle. Aucun d'eux ne parle des medall-
ions d'Octave et de Tibere. II y a done lieu de craindre
qu'aucun exemplaire de ces deux dernieres pieces
n'existe plus depuis longtemps, puisque personne n'en
a signale un seul depuis la mort du due de Berry.
Moins facile a identifier serait ce denier d'or « ouquel
(i) Invent. xV, art. 197-202.
INTRODUCTION
est contrefait au vif Ic visaige de Julius Cesar, pcndu a
une chaine. » II s'agit bien probablement d'une contre-
facon de piece antique, executeeau moyen age. Gette fois,
la description est trop vague pour qu'il soit aise de
reconnaitre le bijou ayantfait partie dutresorde Bourges.
Nous rappellerons en passant, et sans insister, les
conclusions que nous a fournies Tarticle, de prime abord
sans interet, relatif a I'empreinte en plomb d'une me-
daille de Carrare (i). Get exemple demontre comment les
indications, en apparence les plus vagues et les plus insi-
gnifiantes, viennent parfois donner une confirmation
imprevue a des theories ingenieuses, mais depourvues
d'arguments peremptoires, c'est-a-dire de preuves au-
thentiques. II y a done un interet capital a publier sans
aucun retranchement et a etudier dans leurs moindres
details des inventaires aussi soigneusement rediges et
aussi scrupuleusement annotes que les notres. Bien peu
de textes, en effet, nous sont parvenus avec un pareil luxe
de descriptions et de commentaires.
Gombien de problemes obscurs y sont poses, dont on Vases byx
ne trouvera pas de longtemps I'explication ! Ainsi, ces
deux hanaps d'or, dits d'ancienne facon (2), histories de
figures accompagnees de mysterieuses legendes latines
d'une forme si barbare, nous ont longtemps intrigue.
En vain avons-nous cherche avec perseverance, avons-
nous demande partout le mot de I'enigme. Nousn'atten-
dons plus maintenant que du hasard la reponse au point
d'interrogation pose par ces inscriptions etranges.
Les relations assidues des princes francais avec les
derniers empereurs de Byzance avaient fait affluer en
Occident quantite d'objets de fabrication orientale. G'est
an-
tin's.
(i) Voy. Revue de numismatique de 1891 : les Medailles des Can-are,
seigneurs de Padoue, execiitees vers i3go, lo pages in-S" et une planche.
(2) Invent. A, art. 776, 777.
CXIV INTRODUCTION
ce qui explique la presence dans rorfevrerie ducale de ces
nombreux vases d'argent a inscriptions grecques. Plus
de trente articles prouvent par leurs legendes grecques
leur origine exotique ; parmi eux se rencontrent les objets
les plus varies, notamment des tableaux d'or avec une
image de Notre-Dame (i) ou de saint Jean-Baptiste rap-
pelant les types consacres des Vierges byzantines et des
saints veneres en Orient. Le vieux tableau d'or du chapi-
tre de Chartres (2),renfermant du bois de la vraie croix,
n'etait probablement pas autre chose qu'une de ces ima-
ges si communes dans le Levant. Parfois, le due de Berry
a fait ajouter ses amies sur ces ouvrages etrangers (3).
A cote des images religieuses paraissent des joyaux en
matiere precieuse, a usage profane, tels qu'un hanap de
jaspe, garni d'or et de pierres (4), un camahieu blanc en-
chasse en argent (5) et autres objets de moindre valeur(6).
Enfin, beaucoup de ces importations consistent en bas-
sinsou en vases d'argent, parfois histories de figures enig-
matiques, comme celles d' « un homme nu sur un
cheval volant, et un lion soubz ledit cheval (7). » Quel-
quefois le metal a ete rehausse d'emaux ; c'est le cas
de ce drageoir d'argent dore, « ache de lettres grecques,
et ou milieu esmaille d'un homme d'armes et d'un
homme sauvaige (8) ».
Ces citations suflQsent pour demontrer que les rap-
ports de I'Orient avec I'Occident avaient introduit en
France quantite d'objets de style byzantin. D'ailleurs
(i) Invent. A, art. 54, 55, 58. — Inv. S. G, art. 1061.
(2) Invent.'A, art. 69.
(3) Invent. B, art. 683.
(4) Ibid., art. 936
(5) Invent. A, art. 167.
(6) Voir la table au mot : Inscriptions en lettres grecques.
(7) Invent. B, art. 857.
(8) Ibid., n<'862.
INTRODUCTION CXV
les comptes prouvent que le due dc Berry se montra
toujours fort secourable aux voyageurs arrivant de
ces regions lointaines (i). II se procurait ainsi des rela-
tions veridiques sur ces pays mysterieux et des interpre-
tes capables d'expliquer les textes graves sur les mc-
dailles et Torfevrerie orientales de ses collections. Nous
avons constate naguere que la legende grecque inscrite
sur la medaille d'Heraclius avait ete assez iidelement
traduite en francais sur I'inventaire de 1402 ou Robinet
d'Etampes n'avait eu qu'a en copier la description.
D'ailleurs, le due de Berry se plut toute sa vie en la
societe des lettres et des savants; il aimait a s'entourer
d'hommes doctes et de poetes. Lui-meme, les historiens
contemporains le constatent, avait des droits serieux
a la reputation d'orateur habile et de versificateur, sinon
de poete.
Parmi les autres objets singuliers de I'inventaire, les Portraits du
portraits ou le Due est represente, tantot scul, tantot
accompagne de Jeanne de Boulogne, sa femme, meritent
une attention partieuliere. Qu'il se fit illusion sur ses
avantages physiques, c'est une hypothese difficile a con-
cevoir, bien que pareil travers se comprenne chez un
prince puissant, entoure de flatteurs. Mais on admettra
plutot qu'il etait possede d'une manie frequente chez les
(i) Une grosse partie de la depense du due de Berry est consacree a
des aumones. Voici quelques articles relatifs aux secours donnes a des
Grecs et a d'autres voyageurs venus de pays lointains : Le lo juillet iSgg,
je due de Berry fait remettre 67 sous 6 deniers tournois, « a ung povre
evesque de Gresse » (Arch. Nat. KK 264, fol. 19). — Le 23 mars 1401,
un Grec refoit 4 livres tournois « pour Dieu et en aumosne » {Ibid.
fol. 108 yo). — En I Syr, don de 20 sous tournois « a ung pouvre homme
et une pouvre feme, lesquelz venoient de pelerinage du Saint-Sepulcre,
si comme ilz disoient » (KK25i, fol. 70). —Puis c'est un don de 40 sous
a deux pauvres gentilshommes arrivant de Hongrie (26 juillet iSgg:
KK 254, fol. 19); de 60 sous a deux pauvres voyageurs et une femme
nouvellement baptises, venant d'AUemagne (16 octobre 1870 : KK 25 1,
fol. 28).
CXVI INTRODUCTION
plus illustres amateurs; quoi qu'il en soit, le due Jean
prenait plaisir a voir ses traits reproduits de toute facon,
sous toutes les formes. Aussi,ses portraits sont-ils nom-
breux, et il en subsiste plusieurs d'un interet capital. Je
ne parle pas de ces effigies sigillaires ou I'artiste dispose
de ressources insuffisantes pour donner la ressemblance
a la tete du personnage. Tout au plus, ces representa-
tions permettent-elles de conjecturer que le Due modifia
souvent sa coiffure, tantot laissant croitre cheveux
et barbe, tantot se montrant completement tondu et
glabre. Signalons sans nous y arreter les figures age-
nouillees des vitraux de Bourges et du grand tableau
d'ivoire du Louvre. II serait malaise de degager de ces
representations quelque peu conventionnelles le tj-pe du
personnage. Le portrait le plus vivant, et sans doute le
plus exact qui nous soit parvenu, est, sans contredit, la
belle miniature du manuscrit de Bruxelles, oeuvre d'un
grand artiste, qui ne serait autre, au dire de tous les con-
naisseurs, que le peintre sculpteur Andre Beauneveu.
Cette peinture rend avec une puissance etonnante cette
tete ronde de paysan madre, au nez camard, aux pom-
mettes saillantes et aux petits yeux petillants de malice et
de finesse. C'est bien I'homme que nous voyons reparaitre
avec une intensite de vie extraordinaire dans le magistral
dessin du musee de Bale, dans lequel Hans Holbein a
reproduit la figure agenouillee, placee a Bourges sur le
tombeau du Due. Jeanne de Boulogne, dont les traits
ont ete egalement conserves par le crayon du grand por-
traitiste, ne semble guere plus seduisante que son mari.
Les inventaires mentionnent un certain nombre d'au-
tres figurations du Due et de sa femme. Tantot, nos
deux personnages apparaissent au bas d'un joyau sous
forme de donateurs agenouillc's (i); c'etait la certaine-
(i) Invent. A, art. 14. — Invent. B, 38o, iiSg.
INTRODUCTION CXVII
ment dcs portraits approximatifs commc ressemblance,
reconnaissables seulement aux insignes et aux armoiries.
Tantot, le prince parait seul, a mi corps, comme dans le
joyau d'or achete du peintre Michelet Saumon(i). Une
autre fois, un caprice bizarre lui fait mettre son image
sur unc patene, a genoux devant Dieu le pere (2). Mais
ces effigies ne devaient rappeler que tres vaguement
les traits du due de Berry, aussi bien que les represen-
tations en broderie mentionnees dans divers articles (3).
La matiere et aussi les dimensions se pretaient peu a
une exactitude scrupuleuse.
Le graveur charge de « contrefaire au vif le visage de
Monseigneur sur un signet d'or (4) », dut apporter plus
de scrupule a se rapprocher de la nature. Deux autres figu-
res « a la semblance du visaige de Monseigneur » avaient
ete taillees sur « une pierre de cama3'-eu « ; c'etait un
cadeau de deux de ses parents (5). Sans nul doute le gra-
veur sur pierres s'etait inquiete de la ressemblance. Mais
nous savons de reste par les sceaux a quel point ces por-
traits donnent une idee insuffisante de I'original. C'est
done a la peinture, a la peinture seule, qu'il faut se
reporter pour avoir I'image fidele du due de Berry et
aussi celle de Jeanne de Boulogne.
Le prince se fit peindrc parfois sur des tableaux d'au-
tel en compagnie de son pere (6) ou de sa femme (7), et
il dut exiger alors une exactitude scrupuleuse; mais
ces effigies ont le plus grave des defauts, comme toutes
les images eonfiees au metal ou a la pierre : elles ont dis-
(i) Invent. SG, art. 234.
(2) Invent. B, art. 42.
(3) Ibid., art. i3oi, I'ioS, etc.
(4) Invent. A, art. 472.
(5) Art. 606, 611.
(6) Art. 35.
(7) Invent. B, art. 934.
CXVIII INTRODUCTION
paru depuis longtemps, tandis que le manuscrit de
Bruxelles, avec Ic chef-d'oeuvre de Holbein, nous ont
conserve un type inoubliable, auquel on peut comparer
les nombreux portraits du prince epars dans les orne-
ments des livres de priere executes par ses ordres (i).
Curieux, le due de Berry I'etait au plus haut degre, et
dans I'acception la plus large. Aussi, la variete des ob-
jets de toute nature amasses dans le cours de sa longue
carriere semble-t-elle defier toute classification. Les gar-
diens de ses tresors ont renonce a mettre un ordre me-
thodique dans I'enumeration de ces mille articles varies
qui prouvent les gouts les plus eclectiques. Nous allons
tenter cependant de grouper, d'apres leur matiere ou
suivant leur destination, certains objets heteroclites epars
dans les inventaires.
Reiiqucs de Vo'ic'i d'abord les reliques de famille : un anneau d'or
fajtiille. , , .
contenant « une teste d araent en la semblance du roi
Jean (2) ». Nous avons cite tout a I'heure un tableau d'autel
ou le roi Jean etait represente en compagnie de son fils.
Nous le retrouvons sur une autre peinture, avec le roi
Charles V, Edouard d'Angleterre et I'Empereur (3). Un
grand hanap d'or emaille aux armes de France, provenant
du roi Jean, avait aussi ete recueilli par son fils (4) qui ne
parait pas d'ailleurs I'avoir plus respecte que nombre
d'autres souvenirs de famille. Signalons encore le pre-
cieux livre d'Heures sur lequel, d'apres I'inventaire, le roi
Jean aurait appris a lire; c'etait un don du roi de Sicile
a son oncle (5). La noble figure de saint Louis ne cessa
(i) Voyez notamment le Psautier portant le n° 919 du fonds latin, les
Heures inscrites sous le no 18014 du fonds fran?ais, et le n° 23279 '^^
meme fonds, contenant les portraits du Due et de Charles VI (fol. 53).
(2) Invent. A, art. 485.
(3) Invent. SG, art. 1077.
(4) Invent. B, art. 114.
(5) Invent. A, art. 968.
INTRODUCTION CXIX
d'etre en veneration singuliere durant tout le moyen
age aupres des princes de la maison de France. Notre
fervent collectionneur ne manqua pas de rechercher avec
passion tout ce qui se rapportait a cet illustre aieul.
Voici une image du saint roi en emaux de pelite sur un
tableau d'or (i); une autre image « qui a le visage d'un
balai (2) » ; enfin, une image d'or (3), ou le pieux monar-
que apparait, comme dans la precedente effigie, tenant
en I'une de ses mains un cedre, attribut avec lequel il
etait souvent represente.
Le due de Berry possedait deux souvenirs de son
ancetre plus precieux encore : le diamant de saint
Louis (4), ainsi appele sans doute en raison de sa pro-
venance, et une aiguiere d'or, toute unie, sur le pied de
laquelle une inscription gravee rappelait qu'elle avait
appartenu au fils de Blanche de Castille (5). Ce vase
etait un present de I'eveque de Chartres.
De ces reliques de famille il faut rapprocher la nef
d'or portant les figures des douze pairs de France avec
une image de saint Louis, dont la vie etait retracee en
haute taille sur les bordages du vaisseau (6). Rien ne
saurait donner une meilleure idee du culte du due
de Berry pour son aieul que ce riche jo3^au dont, par
malheur, la provenance n'est pas relatee. Pour quelles
raisons fut-il condamne a la destruction ? On I'ignore ;
mais, avant 141 3, les pierres en avaient ete arrachees,
le metal etait fondu, et la belle nef d'or de saint Louis
avait cesse d'exister.
Plusieurs pieces de I'orfevrerie de Bourges se recom-
(i) Invent. A, art. 71.
(2) Invent. B, art. Syy.
(3) Ibid., art. i i6o.
(4) Invent. A, art. 427.
(5) Ibid., art. 832.
(6) Invent. B, art. 784.
INTRODUCTION
Bcrtrand dii mandaicnt par les souvenirs historiqucs qu'elles rappe-
Giiescltn, '■ ± i ± i
'" ^Prcifses ''^^ laient. Sur Tun des bassins dores ct godronnes de sa vais-
selle, le Due avait fait rcpresenter Bertrand du Guesclin
comme pendant a Hector le Troj^en (i), temoignage tou-
chant de la popularite du heros de la guerre contre les
Anglais. Sur d'autres vases, nous voyons les neuf Preu-
ses (2), ces heroines fabuleuses qu'un esprit ingenieux de
la fin du xiv^ siecle, peut-etre le due de Berry lui-meme,
avait assignees comme compagnes naturelles aux Preux
legendaires. Nous trouvons cette double suite de heros
et de heroines reunie sur des emaux d'or (3) emailles de
rouge clair, estimes 1800 livres. Un detail a noter : cette
fois encore les Preuses ont pour pendant dix Preux,
c'est-a-dire les neuf personnages aticiens avec un guer-
rier plus moderne qui ne saurait etre que Bertrand
du Guesclin. On a vu plus haut que la serie des Preux
decorait une des tentures du due de Berry, et on
pourrait a juste titre s'etonner de ne pas rencontrer sur
les inventaires le corollaire oblige des Preux, e'est-a-dire
les Preuses, car une tenture en trois pieces de ces he-
roines, mentionnee sur un inventaire de Charles VI,
est accompagnee d'une mention constatant que ces pan-
neaux portaient les armes du due de Berry.
On a deja parle des deux etranges hanaps d'or, dits
d'aneienne facon, rehausses de si singulieres figures de
personnages romains, avec legendes plus extraordinaires
encore (4). Ne scmble-t-il pas que ces noms, ces orne-
ments, ces mots obseurs se referent a quelque oeuvre
mysterieuse, a quelque invocation magique?Que signifie
aussi cette figure de Constantin, assise sur un eheval
volant aupres d'un lion endormi, avec inscription en ca-
(i) Invent. A, art. 702.
(2) Ibid., art. 540.
(3) Invent. SG, art. ii83.
(4) Invent. A, art. 776, 777.
INTRODUCTION
ractcres grecs (i)? Faut-il chercher I'explication de cette
scene bizarre dans quelque vieille legende byzantine?
Ainsi,nos inventaires posent a chaque ligne des points
d'interrogation, aiixquels il est bien souvent difficile de
repondre d'une maniere satisfaisante. Combien de fois
a-t-on essaye deja de determiner la nature de ces emaux ^"'f/?'^/^
de pelite dont la mention revient si frequemment ? Un
seul article en cite trois cent cinquante-deux deposes
dans une boite (2). lis se demontaient done facilement
ou se fabriquaient d'avance avant d'etre employes. Un
autre passage parle d'emaux de pelite a jour (3), indi-
cation bonne a retenir.
L'explication des mots niellure, marqueture, pcinture
d'ancienne facon, ne presente pas de difficulte serieuse.
II en est autrement des termes camahieu et porcelaine.
Si Ton etudie attentivement en Ics rapprochant les nom- camahieu.
breux passages ou il est question d'images de camahieu,
on acquiert la conviction que ce mot designe, ainsi que
I'a demontre Leon de Laborde, des pierres gravees, in-
tallies ou camees.
Quant au mot porcelaine, signifie-t-il exclusivement porceiame.
au moyen age la nacre de perle, comme le veut I'auteur
du Glossaire des Emaux, et ne s'appliquerait-il pas
parfois a des pieces de ceramique orientale ? Si des
images religieuses ou des tableaux de porcelaine (4)
peuvent fort bien n'etre que de la nacre sculptee ou
gravee, il parait plus difficile d'accepter I'opinion du
savant auteur du Glossaire dans les cas ou il est ques-
tion des pots en pourcelaine, avec anse d'argent (5),
fi) Invent. D, art. 23o.
(2) Invent. B, art. 622. — Voy. aussi Invent. A, art. 263 et 5oi .
(3) Ibid., art. gSS.
(4) Invent. A, art. 33, 46.
(5) Ibid., art. 730, 73 1.
CXXII INTRODrCTION
ou bien dc plats et d'ecuelles de pourcelaine (i). Sans
doute,M. de Laborde a repondu par avance a notre objec-
tion; mais son raisonnement n'est pas, semble-t-il, abso-
lument convaincant.
curiosites SuF la signification du mot madre ou sur celui de corne
diverses. . • ^ -k-, ■ \- >
d'unicorne, point d incertitude. Nous avons indique en
note les opinions generalement admises aujourd'hui sur
la nature de ces substances.
Les matieres les plus diverses furent mises en ceuvre
par les artisans de I'epoque qui nous occupe. L'ambre,
I'ivoire, le jais reparaissent frequemment, ce qui n'a rien
de surprenant. Mais voici des objets plus singuliers : c'est
un grand tableau religieux en pierre de touche (2), une
tete taillee dans une pierre appelee ycle (3), mot dont le
sens reste a determiner; enfin cent raretes differentes qui
montrent la curiosite du due de Berr^^s'etendant atoutes
les branches des connaissances de son temps. Son cabinet
d'histoire naturelle, si on pent employer ici une pareille
expression, reunit des noixd'Inde servant de burettes (4),
des patenotres en coquilles de mer (5), des pieces nom-
mees paviot, de couleur verte et devenant vermeil quand
on les regarde en transparence (6), des pierres de cristal et
de jaspe (7), des ceils de chat (8), des pierres d'aimant (9),
enfin une pierre qui a la vertu de preserver de la soif(io),
et nombre d'autres curiosites de meme ordre (11).
1 ) Invent. A., art. 217, 249.
2) Art. 74.
3) Art. 576.
4) Art. 1 01.
5) Art. 182.
6) Art. 184 et Invent. B, art. 21 5.
7) Art. 288,
8) Art. 491, 5o4, 6o5.
9) Art. 499.
10) Art. 497.
11) Art. 546, 547, 548, 553, 554, 56i. — invent. SG, art. 763.
INTRODUCTION
Le regne animal a ete mis, lui aussi, a contribution; Aninmux sin-
il a fourni les objets les plus varies. On rencontre pele-
mele des oeufs d'autruche (i), une machoire de ser-
pent (2), des defenses de sanglier (3), un herisson de
mer (4), un aiguillon de pore-epic (5), un os d'oiseau
conserve a cause de sa legerete (6), une coquille de lima-
con, un poisson appele gornaut (7), une macheliere de
geant (8), c'est-a-dire probablement une molaire d'ele-
phant, enfin une dent de baleine (9), une peau d'ours
blanc (10). Pour completer ce petit musee de toutes les
productions naturelles, voici des echantillons de mineral
d'or et d'argent et des grains d'or (i i).
A la fin du xiv^ siecle, le gout de la numismatiquc Mcdaiiics
commencait a se repandre. (Jn peut citer des collections
de monnaies antiques formees par des personnages
illustres; parmi les adeptes de la science nouvelle, le
nom de Petrarquc brille au premier rang. Le due
de Berry ne pouvait manquer, avec son esprit toujours
en eveil, de porter un vif interet a ces revelations sur
I'antiquite. Aussi, a cote des medailles d'Auguste, de
Tibere, de Constantin et d'Heraclius, dont nous avons
longuement parle plus haut, a cote de la medaille
de Padoue deja signalee, voyons-nous paraitre certaines
monnaies que leur description trop succincte ne permet
pas de reconnaitre. A cette categorie appartiennent « le
(i) Invent. A, art. 227.
(2) Art. 266, 562.
(3) Art. 558, SSg.
(4) Art. 617.
(5) Art. 55g.
(6) Art. 570.
(7) Art. i2o5.
(8) Art. 571.
(9) Invent. SG, art. i265.
(10) Ibid., art. 1 199.
(11) Invent. A, art. 549-552, et Invent. B, art. 295.
CXXIV INTRODUCTION
grant denier d'or, bien pesant, de Julius Cesar (i) » et
aussi les nombreuses monnaies d'or et d'argent enume-
rees sommairement en divers articles (2), sans que le
garde des jo3^aux prenne la peine de specifier s'il s'agit de
pieces antiques ou modernes. Le seul point qui resulte
formellement des articles de I'inventaire, c'est que les
pieces reunies par le due de Berry etaient bien des mon-
naies et constituent ainsi une des premieres collec-
tions de numismatique qui aient ete formees par un
amateur.
II est impossible, on le concoit, de passer en revue
toutes les curiosites de cet incomparable musee. Ce-
pendant, nous ne pouvons resister au desir de signaler
encore quelques articles d'une singularite exception-
nelle. Si la chemise de Notre-Dame de Chartres (3)
rappelle une insigne relique dont il est souvent question
dans les ecrivains hagiographiques, si « le calice ou Nos-
tre Seigneur beut a la Gene (4) », estime 24 livres seu-
lement a la mort de son possesseur, avait ete mentionne
dejapar divers auteurs, I'anneau « dont Joseph espousa
Nostre-Dame (5) » parait une relique plus originale et
moins connue. Le due de Berry, sans discuter la tra-
dition ou les legendes, semble n'avoir en ces reliques
extraordinaires qu'une confiance limitee. Apres la men-
tion de I'alliance de la Vierge, Robinet d'Etampes
s'empresse d'ajouter cette phrase pleine de sous-en-
tendus « si comme disoit la dame de Saint-Just qui
donna ledit annel a mondit Seigneur aux etrennes (de
(i) Invent. A, art. igS.
(2) Art. 2o3, 204, et Invent. B, art. 122, 218, 1107-1110. La prove-
nance d'une seule de ces pieces est indiquee; c'est une monnaie de
Castille.
(3) Invent. A, art. 226.
(4) Art. i3o.
(5) Art. 600,
INTRODUCTION CXXV
1406) )). La galanterie interdisait peut-etre au due de
Berry d'elever un doutc sur les affirmations de la gra-
cieusc donatrice?
Parmi les singularites de cette collection heteroclite,
on voit figurer plusieurs de ces chefs-d'ceuvre de tra-
vail microscopique pour lesquels les amateurs de toutes
les epoques ont montre une passion qui ne fait pas
toujours I'eloge de leur gout. A ce genre de curiosites
appartiennent « I'Evangile de saint Jehan, ecrit de menue
lettre en parchemin, de la grandeur d'un blanc » (i), et
aussi les « deux pommes de voire, en Tune desquelles a
au dedens un crucifix, et en I'autre un homme et une
femme jouans aux eschecs (2). »
N'oublions pas les horloges ou cadrans horaires (3),
la Vierge noire en jais, tenant un enfant Jesus d'ivoire
blanc (4), singulier caprice d'artiste cherchant les
oppositions brutales, a moins que ce contraste de
couleurs ne se rattache a quelque legende oubliee;
puis ce sont des diamants tallies en forme de E et
de V (5), ces deux initiales mysterieuses, multipliees
a I'infini dans les decorations des manuscrits de notre
prince et dont une explication plausible reste encore a
fournir.
Le collier de levrier (6) portant la devise yl J7ia pie, rap- Les ^j^"'jj^'^,
pelle la passion bien connue du Due pour les chiens de
toute espece et de toute taille. Les chiens courants du
Berry etaient celebres ; il y a longtemps que M. Raynal
a constate leur vieille reputation (7). On les voit souvent
(i) Invent. A, art. 208.
(2) Art. 564.
(3) Art. 3o3 et Invent. SG, art. 45o.
(4) Invent. B, art. 364
(5) Invent. A, art. 442, 458.
(6) Invent. B, art. 283.
(7) Histoire du Berry, t. II, p. 427.
CXXVI INTRODUCTION
apparaitre dans les comptes (i) a cote de levriers (2),
d'epagneuls(3), de matins (4) et d'animaux de petite race,
comme celui qui est cite dans I'article suivant : « A
Fauconnier,page de Monsg"" de Revel, lequel avoittrouve
un des petits chiens de Monseigneur, appele Lion,
45 sous tournois (5) ». Dans la menagerie intime du
due de Berry, et on sait si elle etait nombreuse, la race
canine occupe une place d'honneur. Aussi, ses represen-
tants sont-ils baptises de noms qui denotent des person-
nages jouissant d'une grande consideration. On vient de
faire connaissance avec Lion; un de ses compagnons
s'appelle Ghapelain ((3). A une epoque anterieure,un chien
envoye par I'Empereur repondait au nom de Prince (7).
On n'a garde d'epargner les soins a ces favoris; ils
coutent cher en achats d'onguents et d'emplatres, quand
ils tombent malades ou deviennent rogneux (8). Sont-ils
mordus par un autre chien soupconne d'etre enrage, on
ne rccule pas devant la depense d'un voyage a la mer (9),
a laquelle on attribuc une vertu souveraine pour la
(i) « II fevrier iSyS : a Perrin Charruel, vallet des chiens de Monsei-
gneur pour mener de Paris a Bourges deux allans (chiens courants) de
Monseigneur, 40 sous t. » (Arch. nat. KK 25 1, fol. 100) — Puis ce sont
des gratifications a divers valets qui amenent des chiens courants de la
part du sire de Parthenay, du comte d'Armagnac, du due de Bour-
gogne, en i3yb et les annees suivantes (Arch. nat. KK 232, fol. 63 v°,
84 v° et 1 34 v°).
(2) « A Cot, valet de Cornuaille, qui a presente a Monseigneur des
levriers, ars et fleches » (Arch. nat. KK 253, fol. 16, annee iSgy) — Voy.
aussi KK 252, fol. 28 et 67 v", et KK 254, fol. 28.
(3) « A la femme Jehan Paris, d'Etampes, pour avoir apporte les espai-
gneux du comte d'Estampes, qu'elle gardoit, 4 livres 10 s. » — 29 mai
1400 (Arch. nat. KK 254, fol. gb v).
(4) Arch. nat. KK. 252, fol. 106 v° (1376) et i35 v".
(5) ig novembre 1398 — Arch. nat. KK 254, fol. 57 v".
(6) Arch. nat. KK, 253, fol. 49.
(7) Arch. nat. KK 252, fol. 167.
(8) Arch. nat. KK254, fol. 5i et i36v°.
(9) Ibid., fol. 3i.
INTRODUCTION CXXVII
guerison dc la rage. S'ils sont perdus ou voles, celui qui
les retrouve et les ramene a leur maitre est assure
d'une bonne recompense (i).
Les inventaires ne mentionnent qu'un tres petit nom- ^rmes.
bre d'armes, ce qui ne laisse pas que de surprendre un
peu. Qu'est-ce que I'epee appelee epee de saint Geor-
ges (2)? Par quelle particularite notable avait-elle meri-
tee son entree dans le tresor de Bourges ainsi que son
nom? Voici encore une vieille epee a fourreau d'argent
emaille de personnages et de betes (3). Du moins sommes-
nous mieux edifies sur les vertus de ce couteau, appele
le coutel Donogo qui possedait, si on en croit notre
texte, la propriete de trancher le fer (4).
Les deux sacs de cuir contenant de I'azur (5) rap- ^i""''-
pellent que la couleur bleue, nommee outremer et tiree
du lapis-lazuli reduit en poudre, etait, jusqu'a une date
recente, une matiere des plus rares et des plus coia-
teuses. Le Due en avait fait provision pour les besoins
des peintres attaches a sa personne ; il la distribuait avec
parcimonie a ses miniaturistes et enlumineurs. Get arti-
cle est d'autant plus digne de remarque qu'il n'est ques-
tion nulle part de feuilles d'or battu. G'est que I'azur
importe d'Orient etant fort rare; on ne s'en procurait
pas a volonte, meme en le payant cher, tandis que
Tor en feuilles, s'il etait d'un prix eleve, se trouvait du
moins chez tous les batteurs d'or.
II resterait encore bien des objets curieux a signaler,
comme cette « poire d'or » pour donner a boire aux
malades (6); le diamant provenant de Bonne de Luxem-
(i) Arch. nat. KK 252, tbl. 167.
(2) Invent. B, art. 1089.
(3) Invent. SG, art. 1040.
(4) Invent. A, art. 206.
(5) Invent. B, art. 210.
(6) Ibid., art. 1 156.
CXXVIII INTRODUCTION
bourg, la mere du due de Berry (i); les plats decores de
peinture (2) et les vingt-deux tasses emaillees au fond
chacune d'une lettre de I'alphabet (3) ; mais on n'en
finirait pas si on devait relever toutes les singularites
qui sollicitent I'attention.
Toutefois, nous ne saurions passer sous silence cer-
taines categories d'objets qui font penetrer dans la vie
intime du temps ou qui servaient a Tusage particulier
du prince. II s'agit de ses sceaux et signets, des jeux de
differentes sortes, des ustensiles de table ou des acces-
soires de toilette, des parfums, des antidotes employes
pour prevenir ou pour combattre I'effet du poison, enfin
de ces legendes et de ces animaux symboliques qui sont
comme une marque de propriete apposee sur le mobi-
lier usuel et les manuscrits du due de Berr3^
Signets Les signets ou cachets sont groupes dans un meme
et cachets. / ,
chapitre par Robinet d Etampes (4). 1 ous sont en or et
en pierres precieuses. Nous ne parlous point des sceaux
pfficiels; ceux-ci sont bien connus, et notre texte n'en
dit mot. II ne fait mention que des signets secrets, gar-
des dans le tresor particulier, tandis que le grand sceau
etait entre les mains du chancelier. Encore est-il dou-
teux que les cachets decrits ici, meme celui sur lequel
on voit le portrait du due de Berry, aient jamais ete
employes a sceller des actes prives ou des lettres missi-
ves. Ces signets ont toute I'apparence d'une collection
d'objets rares, plutot que d'une serie d'instruments
usuels. Plusieurs des pierres, montees en anneaux, sont
gravees d'un ours
L'ours II y aurait une curieuse etude a faire sur le symbole
et le cygne. , ,, , t-. i i
de 1 ours et du cygne. Partout on les retrouve : sur les
(1) Invent. A, art. 436.
(2) Art. 1020.
(3) Invent. B, art. 112.
(4) Invent. A, art. 471 k 479.
INTRODUCTION CXXIX
huit Oil dix sceaux ou contre-sceaux de la collection dcs
Archives nationales, sur quantite de joyaux, de pieces
d'orfevrerie et de pierres gravees, sur les marges des
manuscrits de Bourges. Tantot, ils servent de supports a
Tecu de France engrele de gueules; tantot, il se dressent
casques d'un heaume, tenant un etendart, un collier au
cou ; tantot, ils se jouent dans les attitudes les plus natu-
relles et les plus comiques autour de I'ecu de leur maitre.
Quelquefois T'ours est blanc; mais, le plus ordinaire-
ment, quand il decore des jo3^aux, il est emaille de noir;
parfois, il porte un rubis sur I'epaule ( i ). Des 1 879, il pa-
rait sur les sceaux de Berry, quoique sa presence ne soit
signalee dans les comptes que beaucoup plus tard. Le
plus sou vent, I'ours est seul ; quand le cygne se montre,
il est presque toujours escorte de son compere a quatre
pattes. Cependant le cygne figure quelquefois seul sur les
sceaux ou sur les pieces d'orfevrerie. Ne serait-ce pas
dans ce cas Tembleme de laduchesse? Sur une nef riche-
ment decoree est represente un cygne portant au col un
ecu en lozange(2); c'etait, on le sait, la forme heraldique
de I'ecusson feminin. Ailleurs, le cygne tient une ban-
derole historiee a la legende ducale : le terns veiira.
Certains esprits ingenieux, trop ingenieux peut-etre,
ont propose une explication un peu compliquee : ours et
cygne formeraient ensemble un rebus dissimulant, en le
laissant deviner, le nom d'une femme aimee, nommee
Oursine. Cette conjecture ne repose sur aucune base se-
rieuse. Autant chercher une allusion au fief de Lour-
cine dont le nom s'est perpetue jusqu'a nous dans la
banlieue de Paris. Au surplus, sans preter au due Jean
des scrupules de conscience excessifs, il semble avoir
mene une vie plus reguliere que beaucoup de ses con-
(i) Invent. B, art. 124, 180.
(2) Ibid., art. 56.
CXXX INTRODICTION
temporains. L'union regna de tout temps dans son me-
nage. S'il aimait a s'entourcr de joueurs de farces et de
gobelets, on nc saurait en inferer que son gout pour le
plaisir ait jamais depasse les limites permises.
D'autre part, il ne faut pas oublier que saint Ursin
est le patron du Berry. Peut-on rappeler enfin que le mot
Bchr signifie ours dans plusieurs langues? Ainsi, pour de
multiples motifs, et peut-etre tout simplement par suite
d'une predilection. innee, le souvenir et I'image de Tours
s'imposaient au due de Berr}^ Quelle que fut la raison
de ses preferences, graveurs et peintres ont su tirer, dans
mainte circonstance, un parti charmant de I'animal de
son choix.
Cette passion se trouve confirmee par de nom-
breux articles des comptes. Le due entretenait dans ses
chateaux toute une collection d'animaux rares a cote des
chiens de chasse ou autres dont nous avons parle plus
haut. G'etait encore un gout qu'il partageait avec son
frere, le roi Charles V. Celui-ci n'avait-il pas heberge dans
le voisinage de I'hotel Saint-Paul quantite de betes rares,
venues de pays lointains, et jusqu'a des lions. Nous
ignorons si le due de Berry a jamais possede des echan-
tillons de cette race; mais toutes les especes d'oiseaux
figurent dans sa menagerie domestique. A cote des cygnes
occupant naturellement une place d'honneur, il nourrit
des faucons, des etourneaux, un chardonneret, des cail-
les de mer, des paons, des tourterelles, des rossignols,
des perdreaux, independamment de I'autruche et du
dromadaire ( i ) qui exigent les soins d'un gardien special.
Au milieu de ces botes exotiques. Tours reste leprefere.
Non content d'en nourrir plusieurs aupres de lui, j'allais
dire a sa cour, le due de Berry se fait accompagner par
ses ftivoris dans ses frequents deplacements. Leur com-
(ly Arch. Nat., KK 254, ful. ii5 v", I'iS v°, 139. etc., etc.
INTRODUCTION CXXXI
pagnie lui devient un besoin ; leurs ebats sont sa meil-
leure recreation. Au surplus, ne soyons pas trop surpris
de ce caprice; quiconque a pu assister auxgracieux ebats
des jeunes oursins de Berne comprendra le gout singu-
lier d'un prince jovial, ami du rire et de la gaiete. Le Due
change-t-il de residence, vient-il a quitter le chateau de
Mehun pour le palais de Bourges, ses compagnons de
predilection le suivent enfermes dans une charrette,
sous la conduite de leur gardien, Colin de Bleron,
ou de quelque autre serviteur de confiance (i). Si
bien eleve que soit ce personnage admis dans la
familiarite d'un prince, son naturel reparait par instants,
et les voisins se ressentent quelquefois de ses instincts
brutaux. Ainsi Lorin I'archer recoit 45 sous tournois en
1898, pour se faire guerir de la blessure qu'il a recue
de I'ours de Monseigneur (2).
Nous n'insisterons pas davantage sur la place consi-
derable que I'ours occupe a la cour de Bourges. Notre
table donne la liste complete des joyaux agrementes
de I'animal symbolique. Malheureusement, toutes ces
fantaisies charmantes, dont la description ne saurait
donner qu'une idee bien vague, n'existent plus; seuls
aujourd'hui, quelques sceaux, certaines pages des manu-
scrits que nous possedons et les vitraux de Bourges
montrent les ressources infinies que les dessinateurs et
les orfevres comme les verriers avaient su tirer des
graces massives du favori.
L'examen des comptes fournit sur le caractere intime jeux.
du due dc Berry des indications caracteristiques. Beau-
coup d'articles nous le montrent constamment en fete et
en rejouissances, fort adonne au jeu et aux distractions de
(i) Arch. Nat., KK 253, fol. 53 v", 76, 84, et 254; fol. ii5 v", i38 v".
(2) Ibid., fol. 53 vo.
CXXXII INTRODUCTION
toute nature. Ses livres dc depenscs portent de frequen-
tes mentions dc sommes avancees par les serviteurs
pour le reglement des dettes de jeu, depenses qui d'ail-
leurs, empressons-nous de le dire, ne font aucun tort aux
aumones, toujours nombreuses et fort larges. Les inven-
taires gardent, eux aussi, le souvenir d'un gout tres vif
pour tous les divertissements alors en faveur. Les meu-
bles destines aux plaisirs du prince sont, comme il
convient, d'une extreme recherche. Les echecs, les jeux
de dames et de trictrac semblent avoir ete fort repandus
a la fin du xiv' siecle. Le tablier ne va guere sans Techi-
quier, avec pieces assorties. II y en a d'argent dore et
de cristal (i), de bois de cipres orne marqueterie ou
d'ivoire, avec echecs en ivoire et en bois noir (2); d'au-
tres sont en jaspe et en cristal (3), d'autres encore en
noix muguetes (4). Au jeu de tables ou tablier est sou-
vent joint un marelier, probablement une sorte de tric-
trac (5). Les inventaires mentionnent un anneau d'or
orne d'un camayeu ou etaient representees deux femmes
jouant aux tables (6). Les tables repondent done bien,
comme on le voit, a ce que nous appelons aujourd'hui
le jeu de dames.
Les secretaires veulent-ils faire leur cour en oftVant
au i''' Janvier un objet agreable a leur maitre? C'est a
un tablier d'argent dore, garni de pieces de nacre, qu'ils
songent tout d'abord (7).
Usteiisiies Les ustensiles employes aux repas donneraient lieu a
cVc- table. , , , .
plus d une remarque piquane. Si Ton s'en rapporte aux
(i) Invent. A, art. 296.
{2) Ibid., an. 3oi, 326 1018.
(3) Ibid., art. 336.
(4) Invent. B, art. 63o, 63 1.
(5) Ibid., art. 63 1 et Invent. C, art. 1298.
(6) Ibid., art. 555.
(7) Invent. A, art. 33 1.
INTRODUCTION CXXXIII
temoignages contemporains, aux manuscrits notamment,
le luxe dans les festins etait pousse a un tres haut degre
sous le regne de Charles VI. Les chercheurs qui ont
feuillete les comptes anciens le savent de reste. Nos
inventaires parlent de vases a faire rafraichir le vin (i),
d'entonnoir d'or (2), de broches de cristal montees en or
ou en argent pour manger les fraises (3). Les person-
nages qui avaient porte la recherche du luxe a un tel
point n'ignoraient certes pas I'usage de la fourchette.
Et, de fait, si les fourchettes se montrent plus rarement
que les cuillers, elles tigurent en suffisante quantite
pour prouver que leur emploi etait alors d'un usage
fort repandu, au moins dans la maison des princes et
des grands seigneurs. Parfois, c'est un convert en or,
reunissant fourchette, cuiller et cure-dent (4). D'autres
necessaires de table sont plus complets encore, car ils
comprennent en outre un couteau et un poincon avec
un cure-oreille (5). Passe encore pour le cure-dent;
mais la presence de I'autre ustensile dans un necessaire
de table ne laisse pas que de sembler etrange. Ces instru-
ments servant a manger sont fabriques avec les matieres
les plus diverses : il y a des fourchettes d'or, d'autres
en argent a manche de cristal (6), d'autres en picrre ser-
pentine garnie d'or (7), d'autres enfin en or et en cris-
tal (8). Bien plus nombreuses d'ailleurs sont les cuillers
enumerees ici, qu'elles soient d'or, de cristal, de pierre
(i) « Un reffroidouer a vin, de cuivre a oeuvre de Damas. » Invent. A,
art. 225.
(2) Invent. A, art. 240.
(3) Ibid., art. 627, 628, et 629.
(4) Art. 646.
(5) Art. 656.
(6) Art. 657.
(7) Art. 65o-
(8) Art. 69U.
INTRODUCTION
serpentine ou de cornaline (i). Est-il besoin d'ajouter
que, seuls, les objets dc table en matieres precieuses
sent confies au garde du tresor? Les cuillers comme les
foLirchettes en metal commun n'ont aucune raison de
tigurer ici. Notons cependant la mention d'une cuiller
de corne; encore Tetui est-il garni d'argent (2).
Les couteaux offrent de grandes varietes. On vient
d'en citer plusieurs renfermes dans un necessaire avec
le couvert. Parfois, une gaine ne contient qu'un jeu
de couteaux de differentes grandeurs (3). Que veut
dire le terme de couteau tournant a vis (4) ? A-t-on
voulu parler d'une lame se repliant dans le manche
de mahiere a se mettre dans la poche ? Le coutel dit
« de Castille (5) » fait souvenir de la vieille reputation
des epees espagnoles et des lames de Tolede. Cette gibe-
ciere avec ceinturede cuirblanc, a laquelle pendent « trois
couteaux a manches d'os appele rouart, qui tost la
soif(6))), a tout I'air d'un attirail de chasseur; le manche
qui a la vertu d'apaiser lasoif est bien de nature a nous
confirmer dans cette conjecture,
Saiicrcs. Nous uc uous arrcterons pas aux salieres si nombreu-
ses et si elegamment ornees dont la description remplit
des pages entieres. La saliere, on I'a deja fait remarquer,
n'est pas seulement un recipient pour le sel et le poivre;
elle renferme encore les epices de toute sorte dont on
faisait alors grand usage; aussi atteint-elle des propor-
tions exceptionnelles, comme lanef, ce qui lui permet de
recevoir une decoration aussi riche que compliquee.
La saliere du pavilion (7) pent etre citee comme un
(i) Invent. A, art. 621, 645, 660, 661, 691, 1209.
(2) Ibid., art. 488.
(3) Art. 211, 212.
(4) Art. 222.
(5) Art. 1054.
(6) Invent. B, art. 3i5.
(7) Invent. A, art. 649.
INTRODUCTION CXXXV
des specimens les plus caracteristiques de ces ceuvres
d'art oLi le talent de I'orfevre se donnait libre carriere.
Quand la saliere atteint un pareil developpement, elle
constitue seule un veritable surtout de table.
Deux articles etranges meritent d'etre signales parmi
les objets de table : d'abord ces cornes de cerf-volant,
garnies d'argent dore (i), dent I'usage ne s'expliquerait •
guere si elles n'etaient destinees a servir de cure-dent.
C'est encore un indice du gout prononce du Due pour
toutes les curiosites naturelles. Enfin, la poire d'or pour
donner a boire aux malades (2) prouve que I'imagination
des orfevres s'etendait aux moindres details de la vie
intime.
II serait sans interet de passer en revue la serie des Piats, bassins^
'- hanaps, etc.
plats, des bassins, des vases, des tasses, des flacons, des
barillets, des hanaps, des aiguieres d'argent ou de cristal,
et des tranchouers ou plateaux servant a decouper les
viandes. L'orfevrerie de table du due de Berry est en rap-
port avec toutes les autres somptuosites de la maison. II
ya la des pieces du plus haut interet et d'une valeur
immense.
Dans les inventaires figurent differents objets de bu- ^i^l^^i^^^^
reau destines sans doute a I'usage particulier du prince.
Ces articles suggerent quelques observations. A plu-
sieurs reprises (3), il est question d'une petite boite d'ar-
gent dore pour mettre vernis. On salt par un de ces arti-
cles que cette boite dependait d'un comptoir ou d'un
bureau; mais ce detail ne nous fixe guere sur I'emploi du
vernis. Un autre passage (4) se montre plus explicite :
il nous apprend qu'on passait ce vernis sur I'ecriture soit
pour la fixer, soit pour la rendre brillante. Les ecri-
(i) Invent. A, art Dog.
(2) Invent. B, art. 1 1 56.
(3) Invent. A, art. 209, 286.
(4) Ibid., art. 274.
de bureau.
CXXXVI INTRODUCTION
toires avec garniture complete de plumes, dc ganivets,
de ciseaux, reparaissent maintes fois (i). Ces ecritoires,
richement decorees et ornees souvent de pierres fines et
d'emaux, disent assez le luxe introduit dans les moin-
dres details du mobilier personnel. Parfois des balances,
des poids, et meme le fusil pour faire jaillir I'etincelle qui
allume le feu, font partie de la garniture de bureau (2).
Ailleurs, il n'est question que d'un simple encrier en
argent, sans plume, sans ganivet ; tels sont les grands
encriers ronds pour comptoir dont les secretaires de
Monseigneur lui font present aux etrennes de 1407 et de
141 5 (3). L'un des plus riches parmi ces petits meubles,
est, sans contredit, I'ecritoire agrementee d'ours et de
cygnes, des armes du Due en email, et aussi des myste-
rieuses initiales E V (4),
N'oublions pas les quatre compas d'argent blanc et
d'argent vere renfermes dans un etui de cuir noir (5).
Tous ces menus objets d'un usage courant passent
constamment de main en main. Le due de Berry en
avait recu plusieurs de ses secretaires; il en distribuait
a toute occasion dans son entourage.
Objets Si nous arrivons maintenant aux articles de toilette,
'3 toilette, . . ^ J 'i' T
miroirs. les observations piquantes ne teront pas deiaut. l^es
miroirs sont nombreux : miroirs de toute nature et de
toute dimension, miroirs d'acier (6), miroirs d'argent
dore (7), miroirs a une ou a deux lunettes (8),c'est-a-dire
probablement formes de deux disques se repliant l'un
(i) Invent. A, art. 275, 282, 286, 298, 1140.
(2) Art. 285.
(3) Art. 323, 1 140.
(4) Invent. B, art. 1077.
(5) Invent. A, art. 248.
(6) Art. 2 10-
(7) Art. 221, 3 1 3.
(8) Art. 244, 245, 283, 3i3.
INTRODUCTION CXXXVII
sur raiitrc; petits miroirs de poche ct grands miroirs a
pied, decores de figures emaiUees de personnages reli-
gieux (i) ou de heros mythologiques tels que Pj^rame et
Thisbe (2). Le texte ne dit pas si le corps meme du
miroir est forme d'une plaque de metal ; mais cela ne
semble pas faire de doute, Quand il est question de
miroirs d'argent ou d'or, on veut parler evidemment de
la monture ; seule, elle donne du prix a I'objet. Le miroir
d'acier dans une bourse de sole, estime 40 sous tournois,
est, selon toute vraisemblance, compose d'une simple
plaque d'acier poli servant de miroir de poche.
Dans leur mobilier personnel, nos ancetres possedaient chaujfaxttcs.
de petites chaufferettes a mains, affectant la forme de
pommes ou de rouleaux (3), qu'on remplissait d'eau
chaude ou de charbons ardents. Notre inventaire en
signale plusieurs. Le musee de Cluny possede encore
deux chauffe-mains presentant I'aspect de boules percees
de trous, datant du xiv-' ou du xv-' siecle. Mais, de tous
les meubles d'usage intime, le plus singulier, sans con-
tredit est le « petit orinal de voirre garni et pendant a
no chaiennes d'or (4) )>. Quel etrange bijou !
Parmi les accessoires de toilette peuvent prendre place par/ums.
les nombreux parfums cites dans les textes. Ce gout
des odeurs venait a coup sur de I'Orient ou il s'est con-
serve. Le plus repandu de ces parfums recevait souvent
i'aspect d'un oiseau, d'oii le nom d' « oisellez de Gh3'pre ».
Les recipients destines a contenir ces substances a fumi-
gations affectaient les formes les plus diverses. Les oise-
lets de Chypre etaient enfermes dans des cages (5), places
(i) Invent. A, art. 283.
(2) Invent. B, art. bi-j et 5i8. — Voir aussi Invent. SG, art. 7G8.
(3) Invent. A, art. 207, 25o.
(4) Art. 265.
(5) Art. 289,304. — Invent. B, art. 52, 290, 3o5, 1148, 11 57.
CXXXVIII INTRODUCTION
dans des chandeliers ou des encensoirs (i), loges dans
des ours, des moutons, des fleurs de lis (2). Si le parfum
designe sous le nom d'oiselet de Ch3^pre etait plus usite
que tout autre a la cour de Bourges, on ne negligeait
aucun des produits naturels propres a embaumer I'air
des appartements. Plus une odeur est forte, penetrante,
plus elle a de vogue. Ainsi, le muse partage la faveur des
oiselets de Chj'pre ; on le met dans des pommes d'or
enrichies de pierres precieuses (3). L'ambre (4) est aussi
d\in usage assez frequent dans les fumigations; on le
melange souvent avec le muse.
Parmi les parfums en honneur chez le due de Berr}',
citons encore la lavande (5), le baume (6), la civette (7).
II est aussi question de pierres pour faire fumigations (8),
dont la nature n'est pas specifiee. Bien, entendu, toutes
ces substances ne sont qu'incidemment mentionnees
dans les inventaires, et seulement a cause des boites et
des recipients precieux ou on les faisait bruler. « Les poi-
lettes )) ou palettes d'argent blanc a mettre feu pour faire
fumigations renseignent encore sur un des precedes en
usage pour parfumer les appartements (9).
coiurc-foisons. Nous u'avons encore dit que peu de mots d'une na-
ture d'objets tenant une place considerable dans les
preoccupations des grands seigneurs du moyen age. On
recherchait alors avec empressement toutes les matieres
animales ou minerales auxquelles etait attribuee la vertu
(i) Invent. A, art. 104, 114, iicS.
(2) Art. 3 16, 33o, et Invent. B, art. 523.
(3) Invent. A, art. 21 3, 255-262, 307, 3 18, etc., etc.
(4) Art. 254, 334.
(5) Art. 214.
(6) Art. 23o, 232.
(7) Art. 299, et Invent. B, art. 173.
(8) Invent. A, art. 273.
(9) Art. 3o2, et Invent. SG, art. 586.
INTRODUCTION CXXXIX
soit de reveler la presence du poison soit de conjurer ses
etfeta.
Sans doute, les tentatives criniinelles etaient bien fre-
quentes alors puisqu'on prenait un tel souci de se procurer
des antidotes energiques. C'est la un trait de moeurs des
plus caracteristiques. Nombre de ces pierres contre venin,
de ces langues de serpent, de ces crapaudines, sont join-
tes aux salieres, ce qui semblerait indiquer que le poison
etait introduit le plus souvent dans les epices ou dans
le sel. Si Ton admet cette hypothese, elle conduit a
supposer que Tarsenic etait alors un des poisons les plus
rcpandus. II se melange plus facilenient qu'aucun autre
avec le sel marin. Aussi trouve-t-on peu de salieres sans
leur garniture de langues de serpent.
Le due de Berr}^ apres avoir ete en butte, comme
son frere Charles, a plusieurs tentatives d'empoison-
nement, ne crut jamais prendre assez de precautions
contre ce peril. II recherche de tons cotes les pier-
res contre venin (i), les pierres de chapon (2), la pierre
.nommee bezoard (3). Toutefois, c'est la matiere dite
langue de serpent (4) et la corne d'unicorne ou de
licorne(6), formee de la defense du narval, qui servent
le plus souvent aux epreuves. Le due Jean ne possedait
pas moins de quatre defenses de narval, dont I'une lui
avait ete envoyee par le pape Jean XXII, ce qui don-
nerait a entendre que I'Eglise partageait sur ce point les
prejuges de la foule. Au moment de sa mort, notre
prince a grand soin de repartir entre ses filles ces precieux
antidotes et de laisser a chacune d'elles une corne d'uni-
corne.
(i) Invent. A, art. 279,496, 5ii, 619.— Invent. B, art. 169.
(2) Invent. A ,art. 582.
(3) Art. 594. — Invent. B, art. i65, 181^ 1097.
(4; Invent. A, art. 614, 533, 534,535, 625, 641, 643, 644, 655, etc.
(5) Art. 309, 63o, 11 38, 11 39.
CXL INTRODUCTION
Lcs inanuscrits. Arretons-noLis pour terminer a la scrie la plus merveil-
leuse des collections de Bourges ; il s'agit, bien entendu,
des manuscrits. Si la plupart des joyaux de grand prix,
dont on lit ici les fastueuses descriptions, furent condam-
nes par leur nature meme et par leur valeur intrinseque a
une prompte destruction, si nous ne possedons pour
ainsi dire aucune des merveilles d'orfevrerie qui faisaient
la gloire des tresors du due de Berr}^, par contre, les
principaux manuscrits a peintures ont ete sauves en
raison de leurexceptionnelle beaute, en sorte qu'on pent
les suivre dans les differentes mains auxquelles ils
ont appartenu a travers les siecles. D'ailleurs, le Due a
marque d'une empreinte personnelle et ineffacable les
ouvrages qui ont passe par ses mains, de sorte qu'il est
difficile de ne pas les reconnaitre.
Ces incomparables manuscrits ont sollicite Tattention
de quantite d'erudits et des bibliophiles les plus emi-
nents. De nombreux travaux ont ete consacres a leur
description depuis LeLaboureur (i) et Barrois(2) jusqu'a
MM. Paulin Paris (3), de Bastard (4), Leon Lacabane (5),
Douet d'Arcq (6) et Hiver de Beauvoir (7). Inutile de
revenir sur ces recherches deja anciennes depuis que la
magistrale etude d'ensemble, publiee par M. Leopold
Delisle, les a toutes resumees et completees. Pourquoi
recommencer ce qui a ete fait d'une facon definitive?
Le nombre des livres du due de Berry monterait,
d'apres les recherches de M. Delisle, a trois cents volumes
(i) Histoire de Charles VI, Introduction, p. yb.
(2) Bibliotheque protypographiqiie, p. 89 a 100; n"" 5o5 a 604.
{3) Bulletin du Bibliopliile, 2° serie, p. 601-614. — Les manuscrits
francais.
(4) Bulletin du Comite, annee 1857, t. IV, p. 42c).
(5) Bibliotlieque de I'Ecole des Cliartes, i^c scric, t. II. p, 71.
(6) Revue arche'ologique, t. VII, p. 145-168 ct 224-233.
(7) La librairie de Jean due de Berry au chateau de Mehun-sur-Ycvre
(1416). Paris, Aubry, i860, pet. in-8°.
INTRODUCTION CXLI
environ. C'est la somme totale des articles fournis par
quatre inventaires de dates ditYerentes, dont chacun nien-
tionne des ouvrages non cites dans les autres. Comme
les joyaux, les manuscrits etaient un objet continuel d'e-
changes et de presents entre princes et grands seigneurs,
Le due de Berry en a recu et donne jusqu'a son dernier
jour. II est done a peu pres impossible de fixer d'une
maniere definitive le chitfre deses manuscrits. M. Delisle
en a bien decouvert qui, tout en portant la signature et
les emblemes de notre prince, ne figurent sur aucun
de ses inventaires.
La librairie de Bourges etait certainementmoins riche,
au moins sous le rapport du nombre, que celle du Lou-
vre (i). Mais, si on tient compte surtout de la qualite des
manuscrits, de la beaute des miniatures, de larichesse
des reliures, dont malheureusement il ne reste rien au-
jourd'hui, la collection du due de Berry I'emporte a coup
sur sur toutes ses rivales. Cette superiorite n'a jamais
ete contestee par personne, et ce fut de tout temps un
titre d'honneur pour un livre d'avoir appartenu a celui
qu'on pourrait nommer le prince des bibliophiles
francais.
Comme il est naturel, la serie la plus nombreuse est Nature
des manuscril
celle des livres religieux. EUe se compose de quatorze
Bibles, seize Psautiers, dix-huit Breviaires, quinze livres
d'Heures, six Missels, trois Oraisons, trois livres des
Epitres ou des Evangiles, huit Vies de saints ou de salu-
tes, quatre Homelies et Dialogues de saint Gregoire,
enfin trente autres traites et ouvrages de piete.
La philosophic et la politique sont representees par
quinze ouvrages ; le droit par trois. Les compilations
historiques semblent avoir ete une des lectures favorites
(i) Les douze cents volumes enumeres par M. Delisle comprennent
d'ailleurs les collections de Charles VI et de Charles VII.
CXLII INTRODUCTION
du prince ; il ne possedc pas moins de quarante-un
volumes de chroniques, dont il faut rapprocher trentc-
huit remans de chevalerie. L'histoire, au moyen age,
a bien souvent, on le salt, les allures du roman. On
compte vingt-quatre manuscrits de sciences et arts, en y
comprenant les mappemondes et un traite des sept pla-
netes, ou livre de magie; enfin, un ouvrage sur les jeux.
La litterature, elle aussi, est largement representee
dans cettebibliotheque encyclopedique qui offre comme
un abrege de toutes les connaissances humaines. On
vient de constater que la librairie de Bourges ne contenait
pas moins de trente-huit romans de chevalerie. Nous y
trouvons en outre six ouvrages de Christine de Pisan,
sept exemplaires de la Cite de Dieu, quatre de Boece, un
Bestiaire, deux volumes de Boccace, et, parmi les auteurs
anciens, cinq volumes d'Ovide, un de Virgile, deux de
Terence, quatre de Tite-Live, trois de Valere-Maxime,
deux de Lucain, les livres de Pline, de Seneque, de
Suetone,de Vegece, de Frontin, de Machaut, sans comp-
ter cinq ou six autres ecrivains plus obscurs et diverscs
compilations reunissant les matieres les plus diverses.
Le due de Berry s'attachait, on le voit, a posseder
des ouvrages tres varies, a se procurer tous les auteurs
en reputation. Avions-nous tort de dire que sa librairie
presentait comme une encyclopedie resumee des con-
naissances de son temps.
Au surplus, la classification qui precede serait sujette
a examen eta revision; nous ne I'avons etablie que pour
donner une idee de I'extreme diversite des matieres
qu'embrassait la librairie du prince.
Prorcancc Si I'on veut connaitre les origines de cette belle
bibliotheque, les difterents inventaires tourniront sui
quantite d'articles de precieuses indications. Soi-
xante -dix-huit ouvrages proviennent de dons ou
d'echanges, trcnte-deux d'achats; trois furent executes
INTRODUCTION CXLIII
sur les ordres du prince (i). A cette derniere classe
appartiennent les plus beaux livresd'Heures decrits dans
nos textcs, en particulier les grandes Heures de Berry
qu'onpeut encore admirer au Cabinet des manuscrits (2)
et qui ne furent pas prisees moins de 4,000 livres par
les executeurs testamentaires ; ce fut le chiffre le plus
eleve de Texpertise des manuscrits.
Nous venons de parler d'echanges; cette categorie se
reduitaux Heures que le due de Berry recut de Robinet
d'Etampes centre un autre livre identique (3). Mais on
salt par plus d'un exemple que, des que le Due rencontrait
I'occasion de rentrer en possession d'un ouvrage donne
par lui, il ne la laissait guere echapper. C'est ainsi qu'il
s'empresse de reprendre, apres I'assassinat du due d'Or-
leans, un livre des Sept Arts,une Bible et un Breviaire (4)
dont il avait fait present a son neveu peu d'annees aupa-
ravant.
On a vu que le due Jean avait trouve le moyen
de s'approprier une partie des biens de Jean de Mon-
taigu, apres le supplice de ce personnage. Dans cet heri-
tage confisque il y avait un Miroir historial (5) de Vin-
cent de Beauvais, en trois volumes, que le due Jean avait
offert lui-meme a I'infortune grand-maitre de I'hotel quel-
ques annees auparavant. II s'en empara sans scrupule.
Peu de temps apres, le Due faisait don du meme exem-
plaire a son neveu le due de Bourgogne. On voit avec
quelle rapidite les livres, comme les joyaux les plus
precieux, passaient de main en main. Cependant le due
de Berry ne parait s'etre jamais defait des livres
d'Heures executes sur ses ordres.
(i) Invent. A, art. gSS, 960, 961.
(2) Fonds lat., 919.
(3) Invent. A, art. 997.
(4) Art. 957, 958,971.
(5) Art. 972.
INTRODUCTION
Dans les listcs de la librairie de Bourges figurent plu-
sieurs manuscrits presentes par les auteurs. Chris-
tine de Pisan rechercha les bonnes graces de notre
prince en lui faisant hommage, de 1408 a 141 4, de
la plupart de ses oeuvres (i), auxquelles elle joignit un
livre de Psaumes, traduitet comniente par elle (2). Pour
reconnaitre ce beau cadeau, le due de Berry achetait
a la femme poete son livre de ballades, lais et virelais,
connu sous le titre de Dictiez, et le lui payait 200 ecus.
II est a presumer que sa generosite ne s'en tint pas la
et que Christine de Pisan recut d'autres effets de la libe-
ralite de son Mecene.
On connaissait partout la passion du Due pour les
volumes richement histories. Et non seulement le Roi,
le due de Bourgogne, les grands personnages ; mais
encore les officiers de la cour de Bourges, et jusqu'aux
secretaires du Due saisissent toutes les occasions d'en-
riehir sa librairie. Quelquefois meme, comme on I'a vu,
ils se permettent d'innocentes plaisanteries (3) autori-
sees par la bonhomie du prince, la simplicite de ses
manieres, et montrant bien sur quel pied d'intimite il
permettait a ses familiers de vivre avee lui.
Prix Les achats du due de Berry aux personnes de son
des manuscrits. _ _ .
entourage ou aux libraires contiennent de precieux ren-
seignements sur le prix des manuscrits au debut du xv'=
siecle. Si le Due, entraine parses gouts, se laissait aller
a payer ses acquisitions fort cher, nous avons, pour
fairc contre-poids a cette exageration et retablir une
moyenne, Testimation des executeurs testamentaires.
Entre les deux chiifres se trouve la valeur a peu pres
exacte des manuscrits.
(i) Invent. A, art. 9^2, 943, 949, 932, 1239.
(2) Art. 977.
(3) Art, 994 : « Un livre contrefait d'unc piece de bois peinte en sem-
blance d'un livre... ».
INTRODUCTION CXLV
Ainsi, la Chroniqiie de Burgues, vendue au Due en
1402 (i) par Hennequin de V^irela}', demeurant rue Neu-
ve-Nostre-Dame, au prix de 200 ecus d"or, est esti-
mee, en 1416, 100 livres tournois ; en prenant la moitie
de I'ecart, on arrive a i5o ou 160 livres. Quelquefois, les
livres sont cedes au prince par celui meme qui les a
transcrits.C'est ainsi qu'il achete de Jean le Moustardier,
ecrivain de forme, en fevrier 1404, le livre appele Cy
nous dit.
Parmi les fournisseurs du prince, il en est un dont Marchands
1 . J. , IT- -1 libraircs.
le nom revient irequemment dans les inventaires, c est
le libraire parisien Regnauld du Montet. En 1404, ce
marchand vend un gros rccueil de divers traites anciens et
modernes, entre lesquels figure leF/a/zcif/erdeTaillevent,
pour la somme de 200 ecus d'or (2) ; I'annee suivante,
c'est un Lancelot du Lac, du prixde 3oo ecus (3); en 141 o,
il cede un livre de VInformation dcs rois et des prin-
ces (4), prise (5 livres 5 sous seulement six ans plus tard.
Dans le cours des annees suivantes, Regnauld du Mon-
tet fait de nombreuses affaires avec son riche client. C'est
une Vie des Peres (5), evaluee 12 ecus; un livre des
Merveilles du Monde, 100 ecus ; un Missel, 100 ecus ; un
livre d'Heures, 3o ecus (G;. Durant les dernieres annees
de la vie du prince, son libraire ordinaire fait encore en-
trer dans sa collection six ou sept manuscrits a des prix
minimcs (7).
Les autres libraires en relations avec le due de
Berry se nomment Colin Beaucousin (8), Baude de
(i) Invent. A, art. yiS.
(2) Art. 919; estime yS livres tournois en 141G.
(3) Art. 920; prise i25 livres tournois en 141G.
(4) Art. 989.
(5) Art. 990.
(6) Art. 1000, Tooi, 1002.
(7) Art. 1228, 1229, 1234, 1235, 1236, 1237.
(8) Art. 921.
CXLVI INTRODUCTION
Guy (i), Bureau de Dammartin (2), Jean Colin (3).
Quelques-uns de ceux-ci faisaient en meme temps le
commerce des joyaux et des livres. Jean Flamel, I'ecri-
vain qui a laisse de si belles inscriptions sur les manuscrits
de son maitre, lui cede pour 3o francs le roman des Qiiatre
fils Aymon (4). Jean de la Cloche, tresorier de France,,
consent a se dessaisir des Decades de Tite-Live (5), sur
la sollicitation de I'insatiable bibliophile. Le prix de
vente n'est pas porte a I'inventaire. II devait atteindre
un chiffre assez haut, a en juger par I'estimation des exe-
cuteurs testamentaires, qui s'eleve a SyS livres tournois.
Dispersion H cu fut de la Hbraide de Jean comme de son tresor.
de la librairie tt i
du Due. Une bonne partie des livres se trouva dispersee, du
vivant meme de leur possesseur, par suite de diverses
liberalites. Le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges
obtint la plus grosse part de la collection. Sur quatre-
vingt-dix-sept manuscrits alienes avant la mort du prince,
la Sainte-Chapelle n'en avait pas recu moins de cin-
quante, dont un certain nombre n'est connu que par
I'etat des dons ofFerts au chapitre de Bourges.
Un volume porte sur le premier inventaire avait ete
perdu avant 141 3 (6), d'apres une note du garde des
joyaux. On a signale ci-dessus plusieurs ouvrages qui ne
sortirent de la librairie de Bourges que pour y rentrer
quelque temps apres, par suite de la mort du due d'Or-
leans (7).
Parmi les personnages qui se partagerent les epaves
de la bibliotheque ducale figurent des gens de tout rang
(i) Invent. A, art. 922 et suivants.
(2) Art. 929.
(3) Art. 962.
(4) Art. 954.
(5) Art. i23o.
(6) Invent. B, art. 944.
(7) Ibid., art. 957, 958, 972.
INTRODUCTION CXLVII
et de toute condition. La femme et le fils de Robinet
d'Etampes(i), Guillaume Lurin (2), Pierre des Essarts,
prevot de Paris (3), Jean de la Barre (4), paraissent sur
cette li"§te h cote de Marie de France, religieuse a Poissy
et niece du Due, a qui echut le fameux Breviaire de Belle-
ville (5),du due de Bourgogne Jean sans Peur (6), de I'ar-
cheveque de Bourges (7), des eveques de Clermont (8) et
deChartres (9), du roi deCastille (10). On a ditplus haut
comment le manuscrit des Chroniques de France (11),
avait ete rendu aux Religieux de Saint-Denis apres la
mort du detenteur.
Les filles du due de Berry avaient recu de son vi-
vant quelques livres de sa riche librairie (12); elles
se partagerent, apres sa mort, les plus beaux volumes
de la succession. Ces manuscrits furent compris dans
le lot attribue a chacune d'elles en payement de leur
dot. La duchesse de Bourbonnais obtint pour sa part
quarante-un manuscrits; la comtesse d'Armagnac en
garda cinq (i3). Certains parents du prince se firent
une part dans ses riches depouilles : le due de Tou-
raine fit demander un Breviaire dont on negligea de lui
(i) Invent. A, art. 85 1, 1240.
(2) Art. g36.
(3) Art. 1000.
(4) Art. 1004.
(5) Art. 963.
(6) Art. 972.
(7) Art. 992, 1246.
(8) Art. 997.
(9) Art. ioo2»
(10) Art. 1006.
(i i) Art. 1249.
(12) Au due ou a la duchesse de Bourbon Particle 963 de I'inventaire B ;
a la duchesse d'Armagnac le n" 975 du mSme inventaire.
(i3) Les numeros de ces articles sont enumeres a la page2 94 de
notre tome II.
CXLVIII INTRODUCTION
reclamer le piix (i); la reine de Sicilc pa}^^ 3oo livres
tournois un livre d'Heures estime 700 livres (2). Le garde
de la librairic du Roi revendiqua une Bible francaise,
indument gardee par le due de Berry (3). Les commis-
saires charges de regler la succession du due de Guienne
qui parait avoir laisse des aifaires aussi embarrassees
que son grand-oncle, se firent restituer un Terence et un
Breviaire que le due de Berry s'etait appropries dans
les dernieres annees de sa vie (4). C'est encore a titre de
restitution que le secretaire du Roi, Pierre le Fruictier,
dit Salmon, reclame et obtient un volume de la Cite de
Dieii, qu'il declare avoir simplement prete au defunt qui
I'avait garde. Enfin, un livre d'Heures fut abandonne a
Jean Gaucher, ancien clerc des joyaux, en recompense
de ses services. C'est tout pres de cent cinquante articles
dont nous suivons les destinees apres la mort de leur
proprietaire. Le surplus, c'est-a-dire la moitie a peine de
lincomparablc collection, fut vendu pour pa3Tr les
dettes (5).
Langue Si uous examinous a un point de vue different la col-
des mamiscrits- ... , , i - i
lection qui nous occupe, nous releverons la presence de
cent trente-trois manuscrits francais et soixante-dix-sept
ouvrages en latin. Trois seulement sont rediges en une
langue etrangere : ce sont les deux livres de Magique (6)
« escrips en espagnol », et le livre ancien « escript en
grec «, dont le titre n'est pas indique, parce que pro-
bablement le scribe n'entendait pas le grec (7). Pour
(i) Tome II, p. 298.
(2) Ibid., p. 299.
(3) Ibid., p. 3oo.
(4) Tome III, p. 3oi.
(5) M. Delisle a constate qu'unc Bible avait etc acqiiisc par Galcas
Pinel, un Breviaire par I'evi^que de Paris, ct le Priscicn par Jean Coin-
gnet. [Cab. des man., t. I, p. 63.)
(6) Invent. A, art. 909.
(7) Invent. SG, art. 324.
INTRODUCTION CXLIX
bon nombre de manuscrits, la description ne specific
pas la langue dans laquelle ils sent ecrits. Parfois, il est
facile de suppleer a ce silence. Commc de juste, la plu-
part des livres d'eglise sent en latin, tandis que beaucoup
d'auteurs anciens ne sent representes chez le due de
Berry que par des traductions francaises.
Cent vingt-un des ouvrages mentionnes aux inventaires
etaient enrichis de miniatures ; il y en avait peut-etre un
plus grand nombre ; mais les descriptions trop sommaires
nous laissent parfois dans le doute. Quelques-uns de ces
volumes histories sont ornes de peintures dites d'ouvrage
romain ou d'ouvrage lombard (i). Ces deux termes sont-
ils synonymesPNous le pensons. On designait probable-
ment ainsi des miniatures dans le gout italien ; ces en-
luminures se distinguent aisement par leur style des
peintures francaises ou flamandes.
La minutieuse description des manuscrits fournit Ecriun-c
^ . , des manuscrits.
encore bien d'autres details curieux. Si on considere
la forme des caracteres, les manuscrits peuvent se clas-
ser en deux grandes categories bien distinctes : livres
ecrits de lettre de court ou de lettre courante ; livres
en lettre de forme. Pour les premiers, au nombre de
cinquante-cinq, I'ecrivain s'est servi de I'ecriture cou-
rante ou cursive, usitee pour les chartes ou les regis-
tres de comptes ; tandis que la lettre de forme, on
dirait aujourd'hui la lettre moulee,est reservee aux livres
soigneusement calligraphies. Soixante-dix manuscrits
sont dits en lettre de forme; ce sont pour la plupart des
volumes enrichis d'histoires ou de miniatures. Dans cete
categorie rentrent sept articles ecrits, suivant I'lnven-
taire, de grosse ou de trcs grosse lettre de forme (2). Ce
(i) Invent. A, an. 958,963; Invent. B, art. qS?, 1002, iu53; Invent. D,
art. 175^ 176.
(2) Invent. A, art. 874,892, 931, 974, i238, 1245, 1249.
CL INTRODUCTION
ne sont pas tous, commeon le supposerait, des Psautiers
ou des livres d'eglise. A cette classe appartiennent notam-
ment les Chroniques de France de I'abbaye de Saint-
Denis.
D'autres manuscrits sontdits de lettre boulonnaise ou
de Bologne, de lettre ronde, de lettre gasconne, de lettre
francaise et de lettre lombarde.
Pour Tecriture boulonnaise ou de Bologne, pas de
difficulte. II s'agit tres probablement de ce qu'on appelle
encore I'ecriture italique. Le terme de lettre lombarde (i)
avait sans doute une signification analogue. L'expression
lettre ronde (2) s'explique assez d'elle-meme. Quant a la
lettre francaise (3) et a la lettre gasconne (4), nous serions
plus embarrasse depreciser le sens de ces termes; mais,
comme on possede encore la Bible en lettre francaise, on
pent aisement la comparer aux autres volumes en lettre
de forme et determiner les differences essentielles qui
les distinguent.
Notons encore que le texte prend soin d'indiquer
parfois si le manuscrit est ecrit sur papier ou sur par-
chemin.
Reiiurcs. Eufiu, la rcliurc de ces volumes a ete I'objet d'un soin
luxueux dont on ne pent se faire une idee que par la
lecture attentive des inventaires, car aucun des livres
du due de Berry actuellement connus n'a garde son an-
cienne parure de sole, avec ses fermoirs d'or ou d'argent
dore, rehausses d'emaux, de pierres fines et de pedes.
On ne compte pas moins de vingt-quatre ou vingt-cinq
livres ^d'Heures, ou autres ouvrages enrichis de fer-
moirs d'or,^rehausses de figures en relief, de scenes reli-
gieuses, ou encore de petits ours et de cignes servant de
(i) Invent. D, art. 172.
(2) Invent. A, art. 926, 927, 991.
[3yibid., art. 854: Ms fr. ibg.
(4) Ibid., art. 902.
INTRODUCTION CLI
supports aux armes du prince (i). Certains d'entre eux
sont munis de pipes servant a porter les signets; ces
pipes sont presque toujours de metal precieux, non moins
soigneusement ouvragees que les fermoirs (2),et garnies
de pedes, de balais ou de diverses pierres. Independam-
ment des armoiries du due de Berry qui reparaissent
souvent, d'autres armes entrent dans la decoration exte-
rieure de ces fermoirs; parfois, ces ecussons exactement
decrits, ou divers ornements, tels que les fleurs de bour-
rache qu'on retrouve si souvent mentionnees dans les
inventaires du temps, aideront a mettre sur la trace du
proprietaire primitif.
Sur trois cents manuscrits environ composant jadis
la librairie de Bourges, M. Delisle, apres de longues
investigations, en a retrouve soixante-dix-neuf. Nous Manuscrits
possedons ainsi au moins le quart de la bibliotheque, ^"^'""'^ ^^'^'^"^^
tandis qu'on a recueilli a peine la vingtieme partic des
livres composant, sous Charles V et sous Charles VI, la
collection du Louvre. II est vrai que les manuscrits du
due de Berry justifient amplement la solliciiude avec
laquelle ils n'ont cesse d'etre traites. C'est ce que nous
essayerons de demontrer par un examen rapide et me-
thodique des livres conserves soit a la Bibliotheque
Nationale de Paris, soit dans diverses collections parti-
culieres qui nous ont ete gracieusement ouvertes.
La Bibliotheque Nationale possede cinquante-quatre
volumes et deux debris de manuscrits portes sur nos
inventaires ; tous sont conformes aux descriptions, ou
gardent encore la signature du Due. Sur ce nombre,
dix-sept appartiennent au fonds latin; le reste, sauf un,
est conserve dans le fonds francais. Six volumes (formant
cinq ouvrages) de la librairie de Bourges se trouvent
(i) Invent. A, art. 85 1, gSo.
(2) Art. 851,916,931,941,966,969,997,999, 1246.
CLII INTRODUCTION
aujourd'hui au British Museum ; deux, chez lord Ash-
burham; un, chez sir Thomas Phihps; trois, a Chantilly ;
quatre, a la Bibliotheque ro3^ale de Bruxelles; trois (en
six volumes), a Bourges; un a la bibliotheque de Berlin;
un, a la bibliotheque de La Haye; deux, a I'Universite
deTurin; un, a la bibliotheque de la memeville; un,ause-
minaire de Soissons; un, chez M. Adolphe de Rothschild
et un, chez M. Edmond de Rothschild. La plupart por-
tent sur la derniere page la marque du proprietaire,
consistant en une inscription ainsi rcdigee : « ce lipre est
ail due de Berry Jehan ». II y a tout lieu de supposer que
cette ecriture a ete tracee de la main meme du Due*
M. Delisle en a donne lefac-simile dans I'album joint au
Cabinet des manuscrits. II a egalement fait reproduire une
de ces superbes inscriptions calligraphiees par Jean Fla-
mel, dont certaines occupent une page enti^re. Ainsi,
on lit sur le premier feuillet du manuscrit de Marco
Polo (i) ce long commentaire, doublement curieux : « Ce
« livre est des merveilles du monde, c'est assavoir de la
« Terre-Sainte, etc., lequel livre Jehan due de Bourgon-
« gne donna a son oncle Jehan, filzde Roy de France, etc.;
« et contient ledit livre six livres, c'est assavoir : Marc
« Pol ; frereOdric, de I'ordre des freres Meneurs ; le livre
« fait a la requeste du cardinal Taleran de Pierreport, I'es-
« tat du grand Kaan ; le livre de messire Guillaume Man-
« deville; le livre de frere Jehan Hayton, de I'ordre des
« Premonstres; le livre de frere Bieul,de I'ordre des Fre-
« res Prcscheurs; et sont en cedit livre deux cent soi-
« xante-six histoires. — Flamel. » A la fin du volume se
trouvait jadis la note autographe du due de Berry sous
sa forme ordinaire ; elle a etc grattee, particularite que
nous avons rencontree plusieurs fois.
Si ces precicux specimens de Tart francais n'avaient
(i) Fonds fr. 2810.
INTRODUCTION
subi que cet outrage, nous devrions encore nous estimer
trop hcureux. Mais il }' a lieu de deplorer la mutilation Mutnat
.. ' , . . dcs Jitanui
barbare de certains livres a miniatures comptant parmi
les plus magnifiques. II y a longtemps deja (i) que
M. Delisle signalait I'enlevement des grandes miniatures
des riches Heiires (2) du due de Berry, executees, d'apres
rinventaire de 141 3, par le peintre attitre du prince,
Jaquemart de Hesdin. Cette perte nous prive d'un des
chefs-d'oeuvre de I'art au debut du xv° siecle et nous en-
leve en meme temps un element precieux de comparaison
aveclespeinturesauthentiques d'Andre Beauneveu et de
Pol de Limbourg. L'examen minutieux des autres vo-
lumes de la Bibliotheque Nationale nous a permis de
constater bien d'autres actes de vandalisme. Encore s'il
ne s'agissait que de livres ordinaires, comme le gros Pon-
tifical in-folio (3), dont cependant toutes les grandes mi-
niatures manquent (4), ou des trois enormes in-folios
sans miniatures contenant le Repertoire moral de Pierre
le Bercheur (5), il n'y aurait que demi mal ; mais quand
des mains sacrileges se sont attaquees a des oeuvres
exquises comme les ravissants petits sujets du Breviaire
de Belleville (6), nous ne saurions trop condamner de pa-
reils mefaits. Comme on I'a dit plus haut, il ne reste rien
a I'heure actuelle des somptueuses parures que le Due
avait fait donner a ses livres de predilection. Sauf le
Breviaire de Belleville, habille de velours, la plupart des
anciens manuscrits de la librairie de Bourges portent
(i) En i86<S. Voy. Cabinet des manuscrits, t. I, p. 63.
(2) N" 919 du fonds latin.
(3) Fonds lat. 8886.
(4) Les feuillets 3, 9, 41, 56, 60, 61 ct 62 ont disparu; il ne rcsle que
le talon du parchemin. Les feuillets 232, 241, 437 ont ete decoupes et
enleves en partie (note de 1884 jointe au volume).
(5) Ms. lat., 8861-8863.
f6)Ms. lat., 10483 et 10484. Le volume contcnait quarantc-scpt minia-
tures; il n'en reste que trente-huit.
ton
user its.
CLIV INTRODUCTION
maintenant la reliure iiniforme de maroquin aux amies
et aux chiffres du Roi, imposee a tous les livres de la
Bibliotheque royale, sous Louis XIV ou sous Louis XV.
Quelques-uns ont recu une couverture plus recente,
mais non plus elegante. Peu importe d'ailleurs, puisque
nous ne posssedons plus rien aujourd'hui des magni-
ficences du xiv'^ et du xv^ siecles.
Une etude attentive des volumes du seul due de
Berry donnerait I'idee la plus favorable du developpe-
ment de I'art francais vers le milieu du xiv^ siecle. C'etait
evidemment dans le but de mettre en evidence cette verite
que le comte Auguste de Bastard avait commence, en
1834, la publication des premieres livraisons du grand
ouvrage, si tot interrompu, sur la Ubrairie de Jean
Lcs miniatures, de Fvaiice, diic de Berrj'. Si les moycns de reproduction
avaient ete plus parfaits, les planches qui devaient
accompagner cet ouvrage eussent montre a quel degre
de finesse et d'expression atteignaient, des cette epo-
que, la plume ou le pinceau de nos dessinateurs et de
nos miniaturistes. Je doute qu'on ait jamais pousse plus
loin I'imitation de la nature que I'a fait I'auteur des
oiseaux ou des papillons jetes a profusion sur les marges
des grandes Heures? La meme habilete de main se re-
trouve dans des ornements identiques ajoutes sans doute
apres coup en marge de divers autres volumes. A coup
sur, parmi les peintres attitres de la cour de Bourges, cha-
cun avait sa specialite. Tandis que les figures et les
grandes scenes etaient reservees au plus habile maitre, au
premier peintre du Due, si Ton pent se servir de cette
expression toute moderne, des specialistes encadraient
les pages de guirlandes de fieurs; d'autres seconsacraient
exclusivement aux oiseaux, aux insectes et aux papillons ;
d'autres enfin etaient charges de tracer et d'enluminer
les scenes minuscules jugees peu dignes du pinceau des
Beauneveu et des Jaquemart de Hesdin. Quant au des-
INTRODUCTION CLV
sin des ornements decoupes rappelant la feuille de chi-
coree, quant a Tenluminure des lettrines dorees ou
rehaussees de couleurs vives, tout cela etait une besogne
inferieure, abandonnee aux apprentis ou a de veritables
manoeuvres.
N'y avait-il pas parmi les peintres attaches a la per-
sonne du Due, un artiste specialement charge du soin
de representerdans les attitudes les plus varices les deux
favoris du prince, I'ours et le cygne symboliques? On
serait tente de I'admettre a voir la quantitc de ces ani-
maux introduits dans la composition des miniatures.
Sous ce rapport, les grandes Heures nous oftrent encore
d'incomparables fantaisies. Vo3^ez notamment I'enfant nu
monte sur un ours musele brandissant une lance (i) et
vingt autres caprices ou I'imagination la plus fantaisiste
se donne libre carriere. Ordinairement, Tours se detache
sur un fond d'or damasse, tandis que le cygne vogue sur
un lac d'argent, avec ciel d'azur. Gomme le graveur
des sceaux, le peintre des manuscrits a mieux saisi I'atti-
tude et le geste de maitre Martin que la souplesse ondu-
leuse du cygne. Ce dernier, il faut I'avouer, ressemble
trop souvent a un autre volatile moins noble.
Nous n'en finirions pas si nous voulions enumerer
tous les elements grotesques qui entrent dans la decora-
tion des grandes Heures de Berry. On rencontre lade
bien etranges sujets pour un ouvrage de piete. Encore
passe pour le singe montrant a lire a son nourrisson ;
rien a dire non plus des fous, des joueurs d'instruments
ou de gobelets qui se prelassent a cote d'un tableau mon-
trant le Due recu par saint Pierre a la porte du Paradis.
Mais le caprice satirique ne depasse-t-il pas quelque
peu les bornes quand I'artiste coiffe du chapeau rouge
des cardinaux tantot un chien, tantot un pore, quand il
(i)Fol. 75.
CLVI INTRODUCTION
nous montre un raoine tournant le dos ct relevant sa
robe plus haut que la ceinture. Ces inventions gauloiscs
charmaient nos ancetres, et le bon Due etait bien de
son temps sous ce rapport. II aimait a rire et se plaisait
a s'entourer, ses comptes en font foi, de baladins, de
joueurs d'instruments de toutes sortes, d'escamoteurs et
d'equilibristes ; ses peintres n'avaient pas besoin d'aller
chercher au loin leurs modeles ; ils les avaient sous les
yeux.
Portraits Nous avous coustate que le due de Berry prenait plai-
du Due djus Ics . . . T r o
manuscrits. sir a voir ses traits reproduits sous toutes les lormes. Ses
manuscrits sont remplis de petites scenes ou nous le
voyons, suivant les cas, soit en priere, soit frappant a
laportedu Paradis (i), soit agenouille devant la Vierge(2);
tantot revetu de Tarmure de guerre, tantot unissant sa
main a celle de sa compagne, comme il apparait en tete
de son acte de mariage avec Jeanne de Boulogne; ou
enfin recevant une deputation de Religieux, ainsi qu'on
le voit au debut de son acte d'association aux prieres de
saint Barthelemy de Bruges (3). Tout etait pretexte a mi-
niatures pour ce delicat amateur. Jamais on n'a orne les
chartes d'aussi fines peintures qu'il I'a fait dans les cir-
constances les moins solennelles, nous laissant ainsi
d'inestimables documents figures sur le costume et sur
Tarchitecture de son temps. N'eut-il pasun jour I'etrange
fantaisie de vouloir qu'on representat sur un livre de
prieres la ceremonie de ses funerailles? Dans le volume
appartenant aujourd'hui au baron Adolphe de Roth-
schild, une miniature nous montre un catafalque mor-
tuaire, d'ailleurs fort simple, portant I'ecu de France
engrele de gueules.
(i) Grandes Heures, fol. 96.
(2) Manuscrit de Bruxelles.
(3) Ces deux dernieres pieces sunt cxposccs dans les \ iiriiics dii Miisiie
des Archives Nationales.
INTRODUCTION CLVII
Quant au merveilleux manuscrit de Chantilly, a ce
chef-d'ceuvre de I'art qui peut soutcnir la comparaison
avec les productions des maitres les plus vantes, on salt
que les douzegrandes miniatures accompagnant lesdouzc
mois du calendrier representent chacune un chateau diffe-
rent, parmi lesquels on a reconnu le Louvre et Vincennes
et aussi, croyons-nous, le chateau de Mehun-sur-Yevre.
M. Delisle a decrit en detail ce bel ouvrage ; il ne reste
done rien a en dire. II a de plus fait reproduire trois des
admirables peintures qui le decorent ; mais les autres
sujets ne meritent pas moins que les vues du Louvre ou
de Vincennes les honneurs de I'heliogravure. Sans doute,
le manuscrit est communique avec la plus gracieuse libe-
ralite a tout travailleur qui temoigne le desir de le voir,
nous le Savons par experience ; toutefois un examen
auquel la discretion impose certaines limites ne saurait
permettre d'etudier a fond la representation de ces an-
ciennes demeures feodales. Certainement, le due de Berry
s'est plu a reunir sur ces pages quelques-unes de ses
nombreuses habitations (i) ; comme la plupart n'existent
plus depuis longtemps, il n'y aurait moyen de les iden-
tifier, en les rapprochant d'autres documents figures,
que si on pouvait examiner a loisir des reproductions
exactes, comme la photographic seuleest en mesure d'en
fournir.
Si les livres executes sur Tordre et sous les yeux du
due de Berry comptent parmi les manuscrits les plus
riches de nos collections publiques, certains ouvrages,
d'une date plus ancienne, soigneusement recueillis dans
la librairie de Bourges, prouvent que, des le milieu du
xiv^ siecle, Tart du calligraphe, aussi bien que celui du
(i) Nous avons compte plus haut une douzaiae de chateaux habites
par le due de Berry et lui ayant appartenu. Nul doute, comme on I'a ob-
serve, que bon nombre de ces edifices soient representes sur le volume qui
est un des plus rares juyaux de la bibliotheque de Chantilly.
CLVIII INTRODUCTION
miniaturiste, avaient atteint leur perfection. Le Breviaire
de Charles V ( i), avec des sujets presque microscopiques
d'une extreme finesse, suffirait a demontrer la verite de
ce qui vient d'etre dit. Ne serait-ce pas la fantaisie du
due de Berry qui aurait fait ajouter les grotesques, les
papillons, les oiseaux garnissant les marges de certains
feuillets et n'ayant aucun rapport avec le fond de I'illus-
tration? Non moins remarquables sont les peintures du
Breviaire de Belleville (2). Ici, tout se reunit pour nous
oftrir le modele accompli du manuscrit sans defaut : le
parchemin d'une finesse extreme, I'ecriture d'une mer-
veilleuse regularite, enfin les petits sujets d'une expres-
sion exquise. L'histoire de ce precieux volume, racontee
sur les feuilles de garde, prouve de quelle estime il etait
entoure sous les rois Charles V et Charles VI. Apres
avoir appartenu a Olivier de Clisson, seigneur de Belle-
ville, circonstance a laquelle il dut son nom, il passa
successivement dans la librairie de Charles VI, du roi
Richard II d'Angleterre, puis fut offert par le successeur
de ce prince au due de Berry, entre les annees 1402
et 141 3, puisqu'il ne figure pas dans I'inventaire ante-
rieur a Robinet d'Etampes. Ces details ont ete consignes
sur une page du premier volume par la magistrale
ecriture de Jean Flamel dans les termes suivants : « Cest
« breviaire est a I'usaige des Jacobins, et est en deux
« volumes, et est nomme le breviaire de Belleville, et le
« donna le roy Charles VI au roy Richart d'Angleterre,
« et quant il fut mort, le roy Henry, son successeur, le
« renvoya a son oncle le due de Berry, auquel est a pre-
« sent. — Flamel. » En mourant, le due Jean leguait les
deux volumes a sa petite-niece Marie de France, reli-
gieuse au couvent de Poissy. Une note inscrite sur la
(i) Fonds lat., io52.
(2) Ibid., 10483 et 4.
INTRODUCTION
premiere page prouve que les bonnes dames de Poissy
n'eurent pas un grand respect pour la relique que leur
avait laissee Marie de France; voici cette inscription :
« Ges belles legendes apartiennent a seur Marie Juvenel
« des Ursins, religieuse en I'eglise de Mons"- Saint Loys
« de Poissy, et les acheta du couvent I'an mil CCCC
c( cinquante quatre la somme de six vingtz escuz d'or. »
Non moins curieuses sont les inscriptions de la Bible
de Charles V (i). Ce livre a figure quelque temps dans
le Musee des souverains au Louvre ; il possedait au sur-
plus tous les droits a cette distinction. Au premier feuil-
let une legende en caracteres microscopiques, tracee sur
un velin de la plus grande finesse, est ainsi concue : « Le
« second volume de la Bible du Roy Charles le Quint de
« son nom et a present a Monseigneur le due de Berry
« son frere. — J. Flamel. » Et tout a la fin du volume,
sur le feuillet 869 et dernier, sont superposees ces notes
autographes dont il est superflu de faire ressortir I'in-
teret : « Ceste Bible est a Mons' Charles, le V de notre
« non, roy de France, et en II volume, et la fimes faire et
« parfaire. — Charles (2). » Et au dessous : « Ceste Bible
« est au due de Berry et fust au roy Charles, son frere.
(( — Jehan. )) Encore plus bas : « Ceste Bible est a nous
« Henry, IIP de ce nom, roy de France et de Pologne —
«• Henry.)) — « Ceste Bible est a nous — Louis XIII. —
« Ceste Bible est a nous — Louis XIIII. wCertes, il existe
peu de manuscrits faisant partie de I'ancienne collection
royale pouvant produire de pareils titres de noblesse.
Que de remarques curieuses il y aurait a tirer pour
I'histoire des moeurs, du costume, du mobilier et des le-
gendes anciennes, de I'etude attentive des illustrations et
(i) Bibl. nat., fr. Syoy, tome II.
(2) M. Delisle a fait reproduire en fac simile cette note de I'ecriture
de Charles V dans I'album paleographique joint au Cabinet des ma-
nuscrits, pi. XLV.
INTRODUCTION
du tcxtc de cctte serie de nianuscrits! line pareillc etude
nous entrainerait trop loin, et nous ne pouvons songer
a I'entreprendre ici. II faut nous restreindre. Pour
en finir avec la librairie du due Jean, nous nous con-
tenterons de donner la liste des epaves sauvees de
cette merveilleuse collection, en y joignant quelques
notes sommaires sur les volumes que nous avons eu le
loisir d'examiner (i). Apres les livres sacres et les ecri-
vains religieux, viendront les ouvrages relatifs a I'histoire
ancienne ou moderne, puis les traites scientifiques, les
litterateurs anciens, les romans et les poetes modernes.
Liste des manuscrits encore existants, ayant fait partie
de la librairie du due de Berry.
1. Bible ayant appartenu a saint Louis (Inv. A, 1242. — ms. lat.
10426). L'origine de ce volume est certifiee dans une note de Fla-
mel; il fut offert au Due par le premier president du Parlement
en 1414, et vendu par les executeurs testamentaires. — Petit in- 12
a deux colonnes, parchemin tres mince; ecriture d'une regularite
et d'une finesse extremes. Lettrines ornees de personnages minus-
cules, dessines a la plume. Reliure de velours cramoisi tres use.
Au debut, la mention : « Cette Bible est a Monseigneur le due de
« Berry. — Flame I. »
2. Deuxieme volume de la Bible du roi Philippe le Bel, d'apres
la note de Flamel, datee de 1403 (2) (Bibl. Nat., ms. lat. 248. — Ce
manuscrit ne figure pas sur les inventaires). — Pet. in-80, couvert
de velours cramoisi; on voit la trace des fermoirs disparus. Ce
volume de 5 29 feuillets, d'un parchemin tres mince, contient une
(i) Nous avions songe d'abord a etablirune distinction entrc les ma-
nuscrits histories et les volumes sans miniatures; mais presque tons les
manuscrits qui nous restent du due de Berry ctaient cnlumines a
l'origine et n'ont perdu leurs ornements que par suite de mutilations-
Des lors, la distinction n'avait plus de raison.
(2) « C'est le second volume de la Bible qui fu au roy Phelippc le Bel
eta present est au due de Berry et d'Auvergne, etc., Tan mil quatrc
cens et trois. — Flamel. »
INTRODUCTION CLXI
cinquantainc de sujcts religieux ornant les Icttrcs initiales (lapi-
dation de saint Etienne, Daniel, Osee, Jonas), sujets executes avec
une delicatesse exquise, peintures du plus grand merite. Ecusson
du Due se detachant sur la tranche doree, et repete au deuxieme
feuillet, avec deux ours pour supports. Signature du due de Berry
au dernier feuillet.
3. Deuxieme volume de la Bible de Charles V (Inv. A, 96G —
Bibl. Nat. ms. fr. 5707). — Cette Bible, offerte par Jean de Montaigu,
fut donnee par le Due, peu de jours avant sa mort, le !"■ juin 1416,
a sa tille la duchesse de Bourbon. On a reproduit ci-dessus
(p. cLix) les precieuses inscriptions de ce manuscrit in-80 decore
d'une vingtaine de miniatures d'une finesse extreme. La premiere
page compte quatre scenes se detachant sur un fond damasse rouge
et bleu (i).
4. Tome premier de la Bible francaise en deux volumes, donnee
par le roi de France le 25 avril 1403 (Inv. A, 934 — British Mu-
seum, fonds Lansdowne, no 1 175. — Cf. Delisle no 12).
5. Bible ystoriauxde Guyart Desmoulins (2), contenant 544feuil-
lets et 80 miniatures (Inv. A, 853 — Bibl. Nat. ms. fr. 20090). —
Les peintures, bien inferieures a celles des volumes precedents,
ou on voit des apotres ecrivant sur un pupitre, des guerriers en
costume du xiye sieclc, sont toutes entourees d'un encadrement
tricolore, bleu, blanc, rouge. A la derniere page la signature :
Guyon de Sardiere.
6. Bible historiaux de Guyart Desmoulins, donnee au due de
Berry par Raoulet d'Auquetonville (Inv. A, 854 — Bibl. Nat.
ms. fr. 159). — Suivant une inscription placee a la fin du volume,
cette Bible fut executee de 1291 a 1294; son auteur fut nomme
doyen de Saint-Pierre-d'Aire en 1297. Elle compte 546 feuillets
d'une ecriture assez grosse et peu reguliere (3), avec une centaine
de miniatures paraissant de mains differentes. On y lit la men-
tion : « Ce livre est au due de Berry. — Jehan. »
(i) Voyez la description detaillee de ce volume dans le Cabinet des
manuscrits, t. Ill, p. ."07, ct le fac-siinilc dans Talbum joint a cette pu-
blication, pi. XLV, no 6 et n" 7.
(2) Sur Guyart Desmoulins voyez Histoire litte'rairc, tome XVF, p. 3o,
70, 144.
(3) L'inventairc dit cc volume ccrit de lettre francjaisc; termc qui scm-
blerait correspond re a lettre courante. — Voy. P. Paris, Les manuscrits
francais de la bibliothcque du Roi, Paris, Techencr, i836 et annccs sui-
vantes, in-8% tome II. p. 10.
CLXII INTRODUCTION
7. Bible historiaux en deux volumes, non portee aux inventaires
(British Museum, fonds Harleicn, no^ 4381 et 4382. — Cf. Delisle,
n° 1 2 bis) .
8. Bible historiale, donnee en juin 1410, d'apres une note de
Flamel inscrite sur une des pages de ce volume, a Jean Harpe-
denne, seigneur de Belleville et de Montagu, chambellan du Roi
et du Due (Ne figure pas sur les inventaires. Appartient aujourd'hui
a lord Ashburnham. — Cf. Delisle, no 10).
9. Texte et exposition des premiers livres de la Bible ou livre
d'Orose (Volume non porte aux inventaires — Bibl. Nat., ms. fr.
15455). — In-fol. a deux colonnes de 3p3 feuillets, avec un certain
nombre de miniatures assez curieuses (fol. y3 v° : Danseuse et
menestrels). Signature du due de Berry a moitie effacee vers la
fin. Une note manuserite plaeee au debut dit que ce volume a fait
partie de la bibliotheque du due de Coislin.
10. Les Ci nous dit ou Composition de la Sainte Escripture (i)
(Invent. A, 918 — Bibl, Nat., ms.fr. 425). — Manuscrit de 173 feuil-
lets a deux colonnes avec la mention : Ce livre est au due de
Berry. — Jehan. A la derniere colonne une autre inscription tres
eff"aeee prouve que ce volume a passe ensuite dans la librairie de
Jacques d'Armagnac, due de Nemours. Une seule miniature assez
mediocre au premier feuillet; lettrines en or et couleur; ecusson
sur la tranche.
1 1. Psautier du due de Berry (Inv. A, 906 — Bibl. Nat., ms. fr.
13091). Ce volume est precieux surtout en raison de la note de
rinventaire disant : « ou il y avoit pluseurs histoires au commen-
« cement de la main de feu maistre Andre Beauneveu. » Cette
note qui vaut une signature donne I'authenticite a une oeuvre de
Beauneveu. Le style des draperies, la maniere d'indiquer la barbe
et les cheveux par gra-ndes masses annoncent le sculpteur. Ces
miniatures sont peintes en grisaille d'un ton legerement ivoirin
(i) Cabinet des maniiscrits, t. Ill, p. 171, n"' 40 et 41. M, Delisle a drs-
tinguc (n°= 40 et 41 de son catalogue la Composition de la Sainte Ecriture
et le livre appele Cy nous dit. Ces deux articles ne doiventen faire qu'un
seul, comnie le prouve la description du n° 918 de I'inventaire A. En
efFet, le deuxieme feuillet du manuscrit fr. 425 commence hien par les
mots de la Trinite, et le livre qui a refu son nom du debut de chaque
paragraphe est reellemcnt une compilation de recits tires de TEcriture. —
Cf. P. Paris, t. IV, p. 77-90. M. Paris le premier a signale la note du due
de Berry; mais il ne paric pas dc ccilc de Jacques d'Armagnac d'aiilcurs
presque illisibic.
INTRODUCTION CLXIII
avec quclques rehauts de rose dans les tetes. Les deux miniatures
des Heures de Bruxelles offrent bien les memes caracteres. Cer-
tains types rappellent les personnages du puits de Mo'ise a Dijon.
Seuls, les douze (et non vingt-quatre comme on Va dit par erreur
p. 235, note 4, tome I) prophetes ou apotres sont de Beauneveu. Les
autres ornements trahissent une main moins habile ; il est meme
douteux que les fonds et accessoires, sieges, architectures, etc., des
douze miniatures initiales soient du meme auteur que les figures.
12. Psautier glose (Inv. B, 1026 — Bibl. Nat., ms. lat. 8874). —
Petit in-fol. a deux colonnes, de 248 feuillets, ecrit en lettres de
forme. Lettres ornees de figures assez communes; pas de minia.
tures. Une partie des marges contenant les gloses est brUlee. Une
liste de cardinaux, archeveques et eveques italiens et francais
termine le volume (feuillet 248 vo).
i3. Psautier anglo-saxon (Inv. B, 1027 — Bibl. Nat., ms. lat.
8824). — In-folio haut et tres etroit, de 186 feuillets, a deux co-
lonnes; lettres ornees; vignettes a la plume avec figures sepa-
rant les Psaumes aux six premiers feuillets. Sur les feuillets
suivants la place des vignette est laissee en blanc. Au dernier
feuillet inscription de la main du Due, en sa forme ordinaire.
14. Evangelarium (Bibl. de Bourges. Cat. H. Omont, no 48.
— Peut-etre le livre des Evangiles glose de I'inventaire A, no 1244).
In-fol., miniature representant les quatre Evangelistes sur la pre-
miere page; armes du due de Berry dans la lettre initiale.
1 5. Missel (Inv.D, 177 — Bibl. Nat.,ms. lat. 8887). In-folio a deux
colonnes, de 225 feuillets; gros caracteres cursifs, parchemin epais;
lettres en or et en couleurs. Ce volume qui a souffert de I'humi-
dite renfermait autrefois de petites miniatures; elles ont disparu.
A la fin se voit I'ecusson du due de Berry.
16. Pontifical pour sacrer rois, empereurs, archeveques et eve-
ques (Inv. A, 874 — Bibl. Nat., ms. lat. 8886). — Gros in-folio
de 493 feuillets, a deux colonnes. Les feuillets 3, g, 41, 56, 60,
61 et 62 etaient sans doute ornes de grandes miniatures. lis ont
ete coupes. II ne reste que les talons. D'autres sont mutiles
comme on Fa dit ci-dessus. Les quarante miniatures encore
existantes sont d'une grande finesse d'execution, surtout dans
les tetes. Images de sainte Radegonde et de saint Louis (fol. 442).
17. Lectionarium ad usum sancta^ capellae Bituricensis (non
porte sur les Inventaires. — Bibl. de Bourges. Cat. H. Omont,
nos 33-36). — 4 vol. in-folio en parchemin; les trois premiers ont
des encadrements enlumines aux armes du due de Berry.
CLXIV INTRODTTCTION
i8. Rationnal (Inv. A, 858 — Bihl. Nat., ms. fr. 176) (i).— Grand
jn-folio a deux colonnes, en belle gothique reguliere, avec Tin-
scription ordinaire du possesseur et cette note qui termine la
table : « Cy fenist le racionel du divin office. »
19. Breviaire de Charles V (Inv. A, 971 — Bibl. Nat., f. lat.
io52). — Donne au due d'Orleans, puis rendu par Valentine de
Milan au due de Berry, et demande apres la mort de ce prince par
le Dauphin, depuis Charles VII, qui le garda sans rien payer. Petit
in-40 de Gig feuillets de parchemin tres mince; ecriture allongee,
tres reguliere, a deux colonnes; petites miniatures d'une grande
finesse; grotesques, papillons et oiseaux paraissant ajoutes sur
les marges par les artistes du due de Berry (2).
20. Breviaire de Belleville (3); on a indiquc plus haut I'origine
de ce nom (Inv. A, 968 — Bibl. Nat., ms. lat. 10483-84). — Chaque
volume contient de soixante a soixante-dix miniatures tres fines,
parfois avec sujets grotesques. Au bas des pages, sujets juxtaposes
de I'Ancien et du Nouveau Testament. Pages blanches reservees
pour de grands tableaux non executes. Certaines scenes se trouvent
repetees dans les deux volumes (4). On a signale ci-dessus les actes
de vandalisme qui ont mutile plusieurs pages de ce precieux manu-
scrit (5). Inscriptions de Flannel sur les deux volumes (6).
21. Les tres grandes, belles et riches Heures du due de Berry,
grand vol. in-folio, un des plus precieux de la collection de
Bourges (Inv. A, 961 — Bibl. Nat., ms. lat. 919). — Elles furent
executees sur I'ordre du Due par Jaquemart de Hesdin et plu-
(1) Voy. dans P. Paris, Manuscvits francais, tome II, p. 59-74, une
longue etude sur cet ouvrage de Guillaume Durand, eveque de Mendc,
traduit par JehanGolein,ainsi queic dit unc note placec u lafin de la table.
(2) Cf. Ga:^ctte des Beaux-Arts, 1884, p. 285.
(3) Ce volume avait fait partic de la librairic dc Charles V (Delisle,
Cabinet des manuscvits, tome III, p. i23). Beaucoup d'autres livres du
due de Berry viennent de ses parents; mais la recherche de leurs ori-
gines nous cntraincrait trop loin.
(4) Notamment la mort dc Judas, Adam ct Eve, Cain et Abel, Absa-
lon, etc.
(5) Voy. ci-dcssus p. clui.
(6) Cf. Noiivelles archives de I'art francais, 1874-75, p. 144-155, article
de M. Marcel de Frcvillc. M. Dclislc a rclevc au bas des pages les noms
de Mahiet, J. Pucellc, Ancclet et J. Chcvrier qui seraient, d'apres lui,
les auteurs des miniatures. Voy. aussi Cab. des )«<3H. additions, tome 111,
p. 338.
INTRODUCTION CLXV
sieurs autres peintres. En 1416, les executeurs testamentaires
estimerent ce volume 4,000 livres, valeur qu'ils n'attribuent a
aucun autre inanuscrit. M. Delisle a fait observer que des pages
manquaient. C'etait sans doute celles sur lesquelles se trouvaient
les peintures de maitre Jaquemart. Une description detaillee des
ornements de ce volume, avec les ours et les cygnes, les papillons
ct les oiseaux, les fleurs et les rinceaux, les initiales EV, les per-
sonnages grotesques et parfois obscenes, enfin avec I'enumeration
des petits sujets ou le Due est maintes fois represente, exigerait
des pages entieres. Encore ne donnerait-on qu'une idee vague
de la richesse de sa decoration et ne saurait-on pas rendre la
finesse de I'execution. Une note de J. Flamel, reproduite par
M. Delisle, est inscrite en tete du volume. On a dit plus haul que
les peintures de ce manuscrit etaient de plusieurs artistes : Tun
pour les sujets, un autre pour les papillons et oiseaux, un troi-
sieme pour la decoration courante.
22. Les tres riches Heures du due de Berry, inachevees a la mort
du prince, aujourd'hui au chateau de Chantilly (Inv. SG, 1164, ou
ce volume est ainsi decrit : « Une layette de « plusieurs cayers
« d'unes tres riches Heures, que faisoient Pol et ses freres, tres
(( richement historiez et enluminez))). — D'apres cette mention, les
peintures, commencees tout a fait dans les dernieres anne'es de la
vie du Due, et inachevees au moment de sa mort, seraient I'oeuvre
de Pol de Limbourg et de ses freres. Elles donnent Tidee la plus
avantageuse du talent de ces artistes. Nous parlons des douze
grandes miniatures accompagnant leCalendrier et representant les
travaux des champs avec la vue d'un chateau dans le fond, dont
M. Delisle a publie naguere plusieurs fac-similes (i) ; car il est
certain que divers peintres d'un talent inegal ont concouru a
Tornement de ce beau livre acquis en Italie, il y a quelques
annees, par le proprietairc de Chantilly. Nous avons pu I'admirer,
mais non I'etudier a loisir comme il le faudrait pour determiner
plus exactement les auteurs et les dates des miniatures.
23. Les petites Heures du due de Berry (Inv. A, 85i — Bibl.
Nat., ms. fr. 18014). — Ornees de nombreuses miniatures d'une
grande finesse se rapprochant du style de Beauneveu, mais toute-
fois inferieures. Les oiseaux jetes sur les marges autour des enca-
drements a la plume rehausses d'or, rappellent ceux du ms. 919
(voy. ci-dessus, no 21); mais ceux-ci nous paraissent plus lourds.
(2) Ga:;ette des Beaux-Arts, 1884, p. 401-405.
CLXVI INTRODUCTION
Dans huit ou dix petits sujets I'artiste semble avoir voulu retracer
les traits du prince; toutefois, ses insignes (ours, cignes, ini-
tiales EV) ne se voient nulle part.
24. Les tres belles Heures, donnees au due de Bourgogne avant
141 3 (Inv. B, io5o— Bibl. de Bruxelles.ms. fr. ii6o)(i).— C'est dans
ce superbe volume que se trouve le plus beau portrait du due de
Berry, non loin d'une Vierge tenant son enfant ; ces deux pein-
tures sont attribuees avec toute vraisemblance par M. Delisle at
par I'abbe Dehaisnes (2) au talent d'Andre Beauneveu. On a constate
une analogie complete entre le style de ces peintures et celui des
prophetes du Psautier cote fr. iSogi. Les autres miniatures sont
inferieures a celles que nous venons de signaler.
25. Belles Heures du due de Berry (ne figurent pas dans les
anciens inventaires; actuellement dans la collection du baron
Adolphe de Rothschild qui a acquis ce volume en Italic). — Parmi
les miniatures fort soignees de ce volume on remarque une cere-
monie funebre ou le drap place sur le catafalque porte Tecusson
du Due. Le calendrier contient des notes necrologiques sur les
personnes de sa famille. Reliure en maroquin rouge aux armes de
Du Plessis Chatillon (3).
26. Belles Heures du due de Berry, tres richement historiees
(Inv. A, 960 — Dans la collection du baron Edmond de Rothschild
qui les a acquises du baron d'Ailly) (4). — Ce manuscrit renferme
172 miniatures; il a ete execute pour le due de Berry. Nous ne
Favons pas vu (5). C'est le volume que la reine de Sicile fit
demander aux executeurs testamentaires qui I'estimaient 700 livres.
Elle le garda et paya seulement 3oo livres.
27. Heures de Savoie (ne figurent pas sur les Inventaires. —
Bibliotheque de I'Universite de Turin sous la cote E V, 49) (G).
— Ces Heures avaient appartenu a Charles V. Son fils les donna
au due de Berry.
(i) Voy. Gazette des Beaux-Arts, 18S4, p. 400, et Delisle, Melanges de
pale'ographie.
(2) Histoive de I'art en Flandre. Dans cet ouvrage, M. I'abbe Dehais-
nes a donne des reproductions des deux miniatures; ces photogravures
ne rendent qu'imparfaitement les originaux.
(3) Voy. Ga:{ette des Beaux-Arts, 1884, p. 291-292.
(4) Cabinet des manuscrits, tome III, p. 38g.
(5) Voy. Delisle, Melanges de pale'ographie, p. 283 ; et Gazette des
Beaux- Arts, 1884, p. 399-400.
(6) Gazette des Beaux-Arts, 1884, p. 287-290.
INTRODUCTION CLXVII
28. Heures de Turin (non portees aux Inventaires. — A I'Univer-
site de Turin, K IV, 29). EUes venaient de Charles V et contien-
nent un portrait du due de Berry (i).
29. Heures (non portees aux Inventaires. — Bibl. de Berlin,
cf. Delisle, I). Ce volume qui vient de la bibliotheque de M. de
Saint-Mauris, a ete signale par M. de Laborde dans ses Dues de
Boiirgogne (tome I, p. cxxi). M. de Bastard en a public un fac-
simile.
30. Le premier livre de Aurelie Augustin, de la Cite de Dieu
(Inv. B, 1060 — Bibl. Nat., ms. fr. 6271).— Ce manuscrit, portant
au dernier feuillet la phrase consacree : « Ce livre est an due de
Berry — Jehan », est en parchemin epais, avec six ou sept minia-
tures seulement, fort mal dessinees, ce qui ne s'accorde guere
avec la phrase de I'lnventaire : « historic au commencement tres
richement. » Ou bien il y a eu mutilation, ou bien le no 6271 du
fonds francais ne repond pas a la description de I'inventaire B.
Les miniatures sont enfermees dans des encadrements tricolores a
quatre lobes. Ce manuscrit parait un des plus mediocres du due
de Berry.
3 1. Dialogues de saint Gregoire (Inv. A, 886 — Bibl. de Bruxel-
les, n° 9553). — Volume en parchemin, de io3 feuillets, sans
miniatures, avec la note habituelle du due de Berry, suivie de cette
mention : « ledit Monseigneur de Berry I'a donne a Monseigneur
de Bourgogne (2). »
32. Le livre de la Consolation de Boece (Inv. D, 174 — Bibl.
Nat., ms.lat. 9321).— In-folio de 25o feuillets, a deux colonnes, en
gros earacteres reguliers; lettres en couleur; pas de miniature. Le
commencement manque. Apres Vexplicit (fo 2 5o) : « Ce livre est
au due de Berry. — Jehan. »
33. Le livre des Quatre Vertus par Seneque, traduit par Jehan
Courtecuisse (Bibl. Nat., ms. fr. 190 — Voy. P. Paris, t. II, p. i23).
Cet ouvrage fut dedie par I'auteur au due de Berry, et M. Delisle.
surpris de ne pas le rencontrer sur les inventaires (t. Ill, p. 184,
note 2), I'a inscrit n^anmoins sur le catalogue de ses livres. M. P.
Paris a eru retrouver dans le ms. 190 un livre de la bibliotheque
du due de Berry. Cette hypothese nous parait contestable, le
(i) Ga:{ette des Beaux- Arts, 1884, p. 290-291.
(2) Voy. Delisle, Melanges de paleographie, etc., p. 23o, et Barrois,
p. 229. II n'est pas bien certain que ce manuscrit corresponde au n° 886
de I'inventaire A,
CLXVIII INTRODUCTION
ms. 190 contenant trois traites differents, et celui de Scncque ne
venant qu'en dernier lieu. La miniature initiale ofTre hien les
armes de F>ance, accostees de deux canons, armes repett-es au
feuillet i83, auquel commence le livre de Seneque ; mais rien ne
rappelle le due de Berry.
34. Le livre des bonnes moeurs (Inv. A, 991 — Bibl. Nat.,
ms. fr. I023). — Petit in-40 de Sg feuillets, avec 18 miniatures a
mi-page. La premiere represente I'auteur en robe noire, offrant
son livre au due de Berry qui est assis sur un siege surmonte
d'un dais ; le prince porte une barbe courte. Sur la premiere page
on lit la legende : « Ce livre fist frere Jacques le Grant, de I'ordre
« des Hermites Saint Augustin, et le donna a Jehan, filz de Roy de
« France, due de Berry et d'Auvergne, etc. — Flamel (i). »
35. Le livre de I'lnformation des rois et des princes (2) (Inv. A,
989 — Bibl. Nat., ms. fr. 1210). — Ce manuscrit, achete au libraire
parisien Regnault du Montet, en fevrier 141 o (n. St.), ne renferme
qu'une miniature representant Tauteur, reliSieux de I'ordre de
Saint-Dominique d'apres I'inventaire, offrant son livre a un prince
assis sous un dais. La mention : « Ce livre est an due de Berry —
Jehan », se trouve repc-tee deux fois.
36. Guerre de Troie, ou « que les Gregoys devinrent et ou ils
(I allerent apres la destruction de Troyes » (Inv. A, 925 — Bibl.
Nat., ms. fr. 256). Petit in-fol. de 199 feuillets a longues lignes, en
parchemin epais; pas de miniatures; lettres en couleur. Inscrip-
tion ordinaire du due de Berry a la derniere page |3).
37. Histoire des Juifs de Josephe (Bibl. Nat., ms. fr. 247 — Cf.
Inv. B, 1028 et 1029 ; ces numeros ne correspondent a aucun des
manuscrits de Josephe existant). — La derniere page porte une
double inscription. Voici la premiere : « En ce livre a douze
« ystoires, les trois premieres de I'enlumineur du due Jehan de
« Berry et les neuf de la main du bon paintre et enlumineur du
« roy Loys XF, Jehan Foucquet, natif de Tours. » La deuxieme
note indique que ce volume appartenait a Pierre, due de Bour-
bon, He du nom. Ce livre n'etant pas termine, ne fut pas inscrit,
pour cette raison, sur les Inventaires. La mention de Pierre de
Bourbon en qualite de proprietaire corrobore Tindication de
(i) Cettc inscription a etc donncic en fac-simile dans Talbum joint au
Cabinet des manuscyits, pi. XL\'1I, n" i (cf. tome 111^ p. 3i 1}.
(2) Cf. P. F^aris, tome V, p. 87-90.
(3) Cf. P. Paris, tome II, p. 279.
INTRODUCTION CLXIX
provenance de la premiere legende. Miniatures des plus remar-
quables.
38. Josephe (non mentionne sur les Inventaires. — Bibl. Nat.,
ms fr. G446). — In-fol. de 414 feuillets, a deux colonnes, avec une
trentaine de miniatures assez mediocres ; les figures sont lourdes,
mais les couleurs vives et bien conservees (i). Double inscription
donnant le nom du possesseur. Voici la premiere, tracee par Jean
Flamel en tete du volume : « Ce livrc de Josephus qui parle de
« I'anciennete des Juifs est a Jehan, filz de roy de France, etc. (2). »
39. Valere Maxime (Inv. A, 911 — Bibl. Nat., ms. fr. 282). —
Volume de 411 feuillets, a deux colonnes, avec neuf miniatures en
tete des neufs chapitres et lettres ornees (3). A la derniere
page, une inscription en lettres d'or donne le nom des auteurs de
I'ouvrage. C'est « Symon de Haydin, maitre en theologie, religieux
« des Hospitallers de Saint-Jean de Jerusalem » pour les sept pre-
miers chapitres. Les deux derniers sont de Nicolas de Gonesse,
maitre des arts et en theologie; le tout « du commandement et
« ordonnance de tres excellent et puissant prince Monseigneur le
« due de Berri et d'Auvergne, etc. — et fut finie Fan de grace mil
(I CCCC et I, la veille de saint Michel I'Archange. »
40. Tite-Live (Inv. B, 856 — Bibl. Nat., ms. fr. 2fi3).— In-fol. de
480 feuillets, 29 miniatures (4). Celles qui sont placees au debut
de chaque Decade comportent quatre scenes ; le tout sur fond qua-
drille ou losange. Des oiseaux et papillons ont ete ajoutes sur les
premieres marges de chaque Decade. Deux inscriptions, I'une, au
debut, de Flamel, rautre,a la fin, de la main du Due, indiquent le
proprietaire. Longue dedicace de Pierre Bersuire, prieurde Saint-
Eloy de Paris (5), au r<ji Jean qui I'avait charge do traduire les
Decades de Tite-Live.
(i) Cf. P. Paris, Les maniiscrits francais, tome II, p. 260-269.
(2) M. Dclislc, apres avoir mentionne, d'apres Van Pract, un manuscrit
de Josephe comme existant a la bibliotheque de Bruxellcs (tome III,
p. 188), constate {Ibid., p. 340) que cette bibliotheque ne possede ni
Josephe ni Sidrac (Cf. tome I, p. 67).
(3) Cf. P. Paris, tome II, p. 3oo. M. Paris signale (tome II, p. 3o6,
n° 69 1 G) un autre manuscrit de Valere Maxime provcnant de la bibUo-
theque de Gaston, due d'Orlcans, comme pouvant correspondre au n" 91 5
de notre Inventaire A.
(4) Cf. P. Paris, tome II, p. 287, n" 6701.
(5) Voy. la Notice biographique sur le bcnedictin Pierre Bersuire, pre-
mier traducteur frani;ais de Tite-Live, par Leopold Pannier [Biblio-
theque de l'Ecole\des Cliartes, 1872, tome XXXIII, p. 325-364).
CLXX INTRODUCTION
41. Tite-Live (Inv. A, 916 (?) — Bibliotheque de Chantilly) (i).
— Nous n'avons pas vu ce manuscrit ; nous ignorons s'il contient
des miniatures.
42. Livre de Suetone, autrement nomme Lucain (Inv. A, 861 —
Bibl. Nat., ms. fr. 246).— Au dos on lit ce titre plus explicite d'une
ecriture assez moderne : « Genese et les faits des Hebreux et
d'autres, Lucain, Suetone, Saluste. » — In-fol. de 3o6 feuillets,
avec soixante ou soixante-dix miniatures assez mediocres, dont
quelques-unes sont divisees en quatre tableaux; papillons et
oiseaux ajoutes en marge de certains feuillets, comme sur d'autres
volumes signales plus haut. La derniere page porte Tinscription
suivante : « Hie liber fuit scriptus per Mathiam Rivalli, clericum
(( Pictaviensis diocesis a festo sancti Remigii quod fuit anno Do-
« mini Mo CCC" LXIIIo usque ad Pascham inde sequens et infra,
« in civitate et vico novo Beate Marie Parisiensis. — Ce livre est
a ail due de Berry. — Jehan. » D'autres notes disent qu'il passa
ensuite par les mains de Jacques, due de Nemours, et de Pierre II,
due de Bourbon (2).
43. Deuxieme partie d'une compilation historique, de la meme
nature que la precedente (non mentionnee aux Inventaires —
Bibl. Nat., ms. fr. 3oi). — In-fol. de 294 feuillets, ecrit sur deux
colonnes en beaux caracteres reguliers. Plusieurs centaines d^
miniatures curieases (melees meurtrieres, vaisseaux , monstres,
histoire de Troie, etc.). Les peintures du debut sont superieures
a celles de la fin ; des monstres grotesques ajoutes a certaines pages
rappellent una decoration speciale aux manuscrits de Bourges.
44. Miroir historial (Chez lord Ashburnham, appendice no 146).
Le due de Berry a possede quatre exemplaires au moins du Miroir
historial de Vincent de Beauvais. Aucun ne repondau volume qui
se trouve en Angleterre et qui est le tome deuxieme de I'ouvrage (3).
45. L'image du monde par maitre Gossuin (Inv. A, 908 — Bibl.
Nat.,ms. fr. 574). — Volume de 142 feuillets. Le preambule annonce
que le livre renferme vingt-huit figures explicatives ou minia-
tures (4). On en compte en tout trente-six, representant des moines
(i) Ce rapprochement est du a M. Delislc [Cabinet des manuscrits.
tome I, p. 67 et tome III, p. 189).
(2) Cf. Paul Meyer, Les premieres compilations francaises d'histoire
ancienne, dans la Romania, i885, p. 1-82.
(3) Voy. Delisle, tome 111, p. 187, note 2.
(4) Cf. P. Paris, tome V, p. 3i.
INTRODUCTION CLXXI
enseignant et expliquant les mysteres du monde, soit sur des
spheres, soit sur des tableaux charges de lettres; elles sont
finement dessinees a la plume et rehaussees de couleur. Deux
inscriptions de la main du due de Berry en la forme ordinaire.
Au revers de la premiere page cette note : « Ce livre fu a Messire
Guillaume Flote, seigneur de Revel et chancellier de France » (i).
Au dernier feuillet, au has d'un Crucifiement, se voient un eveque
et un novice agenouilles et la representation de tous les instru-
ments de la Passion.
46.Chroniques de France(Bibl. Nat., ms.fr. 28x3 — signaled'abord
par Leon Lacabane) (2). — Petit in-folio de 492 feuillets, a deux
colonnes; caracteres reguliers. La Chronique se termine avec le
regne de Charles V. Belles et fines miniatures; les deux premieres
pages en contiennent six. Six egalement sur le premier feuillet du
regne de saint Louis (fol. 265). Plusieurs peintures ont un enca-
drement tricolore. Parmi les plus curieuses on signalera celles qui
se rapportent aux regnes des rois Jean et Charles V, et notam-
ment la visite de TEmpereur au roi de France, le festin avec
scene guerriere representant I'attaque d'un chateau (fol. 478 vo).
Tranche doree, ornee de fleurs de lis.
47. Chroniques de France (Inv. A, 968— Bibl. Nat., ms. fr. 2608).
— Petit in-folio de 548 feuillets, a deux colonnes, avec 75 miniatures
assez lourdes, bien inferieures a celles du numero precedent; les
tetes sont de vraies caricatures. Se termine au regne de Charles VI
par le chapitre : « Comment les Juifs furent pillez aParis. » Sur le
feuillet 543 I'inscription habituelle du due de Berry et au-des-
sous : « et de present est a Jehan Dumas seigneur de I'Isle ». Deux
pages plus loin : « Ce livre est a tres Iiaulte et tres noble princesse,
Madame Anne de France, duchesse de Bourbonnois et d'Au-
vergne. »
48. Chroniques de France de Froissart (Inv. A, 967— Bibl. Nat.,
ms. fr. 2641). — In-folio de 353 feuillets, a deux colonnes, en carac-
teres cursifs; pas de miniatures. Outre I'inscription ordinaire du
due de Berry, ce livre porte plusieurs autres mentions curieuses
que nous allons reproduire. En face du premier feuillet du texte :
« Cy est une partie des Croniques de France faictes par maistre
« Jehan Froissart, Haynuyer, depuis le temps du roy Charles le
« quart, des guerres qui furent entre France et Angleterre, les-
(i) L'inventaire du due de Berry constate que le manuscrit avail con-
serve des fermoirs aux amies de Revel.
(2) Bibliotheque de I'Ecole des Chartes, 1"° serie, tome II, p. 71.
CLXXII INTRODUCTION
« queles Croniques maistre Guillaume Boisratier, maistre des
« requestes de I'ostel du Roy, son conseillier, et conseillier de
« Monseigneur le due de Berry, son seigneur, donna a Monsei-
« gneur le Due, en son hostel de Neelle, le vnie jour de novem-
« bre mil CCCC et VII. Flamel. » A la derniere page, on lit :
« Les Croniques de Froissart, des livres G. Boisratier de Bour-
« ges. — Boisratier » (en grosse gothique tres reguliere). Sur
le dernier feuillet : « Ge livre est a Madame Anne de France,
« duchesse de Bourbonnois et d'Auvergne, » et en regard : « Ce
« livre est au due de Bourbonnoys et d'Auvergne. w Le der-
nier chapitre est ainsi intitule : « Comment ceulx de Sainte-
« Siviere se rendirent a messire Bcrtran comme connestable du
« roy de France et au due de Berry. » A la derniere page on lit ce
distique :
Omnia sunt hominum tenui pendencia filo,
Et subito casu que valuere fluunt.
49. Le livre de Marco Polo (Inv. A, ioo5 — Bibl. Nat., ms. fr.
2810). — Grand in-folio de 299 feuillets, a longues lignes, avec
263 miniatures des plus curieuses; elles sont assez fines, bien
que d'une execution un peu lourde (elephants, licornes, animaux
singuliers, hommes sans tete, hommes a une seule jambe, hommes
a tetes de loup, a tetes de chien, centaurcs, litieres a elephants, a
deux chevaux, hermaphrodites, etc., etc.). En tete, la note de la
main de J. Flamel que nous avons transcrite ci-dessus (p. clii).
L'autographe du due de Berry qui se trouvait a la fin a ete
gratte. En tete de chaque livre dill'erent, une grande minia-
ture represente I'auteur olfVant son ceuvre a un prince, a un
]-»ape, etc. Divers ecussons, dont quclques-uns ecartelt's de France,
sont dissemines dans le volume. Les miniatures de tout le
volume paraissent du meme artiste ; les dernieres trahissent une
certaine fatigue.
50. Le devisement du monde de Marco Polo (Inv. A, 982 —
Bibl. Nat., ms. fr. 5631). — In-40 de 87 feuillets, a deux colonnes,
sans miniatures; lettres en couleur. Le volume parait incomplet.
L'inscription habituelle du due de Berry a ete grattee, mais se
distingue encore.
5i. Livre du Tresor de Brunetto Latini (Inv. A, 870 — Bibl.
Nat., ms. fr. 568).— In-40 de 170 feuillets, sur deux colonnes,
■^ ncaracteres cursifs; avec miniatures en camaieu gris, a peine
teintees, en tete des chapitrcs ; ces images sont fort mediocres.
INTRODUCTION CLXXIII
Inscription hahituelle dii due de Berry avant la table (i). Ce vo-
lume contient quatre ouvrages : 1° de la Naissance de toutes
choses par Brunet Latin; 2° Des vices et des vertus (Ethiques),
par Aristote; 3^- Des mocurs, par Aristotc ; 4" De la rhetoriquc. —
La creation du monde annoncee dans Tlnventaire figure en tete du
manuscrit.
52. Livre de la Sphere par Nicolas Oresme et le livre du ciel et
du monde d'Aristote, traduit par le meme (Inv. A, 877 — Bibl.
Nat.,ms.fr. 5G5).— In-fol. de 172 feuillets, en ecriture cursive,avec
quelques miniatures (auteur offrant son livre a un prince) et figures
astronomiques. Au dernier feuillet, inscription du due de Berry
dans sa forme hahituelle (2).
53. Le livre du ciel et du monde d'Aristote (Inv. A. 877 — Bibl.
Nat., ms. fr. 10S2). — In-4c de 210 feuillets, a deux colonnes, d'une
ecriture tres reguliere. A la fin, au verso du feuillet 209, se lit
I'inscription hahituelle : « Ce livre est au due de Berry — Jehan. »
La seule miniature de ce livre, placee a la premiere page, represente
la creation du monde ; figures geometriques et astronomiques
dans le cours du texte. Au has de la premiere page, les armes du
Due ont ete ajoutees a I'eneadrement, et sur la marge exterieure,
un eigne d'argent (devenu noir) porte une banderole a la legende
le terns venra. II resulte de la place oeeupee par ces deux emhle-
mes que le due de Berry a achete le volume termine et I'a marque
apres coup a ses armes et a sa devise.
54. Ethiques et Politiques d'Aristote en deux volumes (Inv. A,
g^7 — Bibl. Nat., ms. fr. 9106, le deuxiemc volume seulement). —
Pet. in-folioepais,de 38o feuillets, avee miniatures au trait rehaus-
sees de noir (philosophes, festins, travaux des champs, professions
et metiers, musique, etc.). Inscription ordinaire du due de Berry.
Au dernier feuillet, cette note: « Le present livre appartient a Louis
Pieart, demeurant a Monthuro. (?) » Copie, en 1397, pour Louis,
due d'Orleans, qui le donna au due de Berry, ce volume passa a la
duchesse de Bourbonnais et appartint ensuite a Saint-Medard de
Soissons (3).
55. Terence (Invent. A, 969 — Bibl. Nat.,ms. fr. 7907 A). — In-40
(i) Cf. P. Paris, tome IV, p. 399-400.
(2) Cf. P. Paris, tome IV, p. 348-352.
(3) Delisle, Cabinet des maniiscrits, t. Ill, p. i83, n° i5i ct p. 3 11.
Voyez le fac-simile de quelques lignes de cc manuscrit dans I'Album,
pi. XLVI, n- 3 ct 4.
CLXXIV INTRODUCTION
de iGo feuillets, a longues lignes, avec iSq miniatures represen-
tant des scenes de comedie, fort curieuses pour les details du cos-
tume et du mobilier, avec une preoccupation marquee de donner
toujours memes traits au meme personnage. En tete, Terence
offrant son livre a deux personnages (les Scipions). Donne au due
de Berrv par Martin Gouge.
56. Metamorphoses d'Ovide (Inv. A, 959— Bibl. Nat., ms. fr. 3y3).
— In-fol. de 375 feuillets, a deux colonnes, caracteres cursifs; vers
de huit pieds avec gloses francaises et latines en marge et au bas
des pages (i|. Quinze miniatures au trait, une en tete de chaque
livre, avec rehauts de noir, assez mediocres en somme. La feuille
de garde porte le titre : « La metamorphose d'Ovide en vers fran-
cois moralisee qui fut au due de Berri. » A la fin, inscription de la
main du prince en sa forme habituelle.
57. Le livre des Sept Arts, de Priscien (Inv. A, 957 — Brit.
Mus., fonds Burney, no 2j5]. — Ce volume, que nous n'avons
pas vu, contient des miniatures. II avait appartenu au pape Gre-
goire XI (1370-1378). D'apres une note manuscrite, le pape Cle-
ment le donna, en 1397, au due de Berry qui I'offrit au due d'Or-
leans et le reclama apres la mort de ce prince.
58. Miracles de Notre-Dame, poeme de Gautier de Coincy
(Invent. A, 94G — Appartient au seminaire de Soissons) (2). Ce
manuscrit, sans miniature, fut donne au due de Berry par le roi
Charles VI. M. Delisle a etabli qu'il avait ete execute dans la pre-
miere moitie du xiv^ siecle, peut-etre pour le roi Jean qui le perdit
avec ses bagages a Poitiers. Rachete des Anglais par Charles V,
il entra dans la librairie du Louvre et fut donne au due de Berry
apres 1402, puisqu'il ne figure pas sur Finventaire portant cette
date.
59. Le Roman du Brut d'Angleterre, par M. Wistace (Inv. A,
1 23 1— Bibl. Nat., ms. fr. 1454).— In-40 de io5 feuillets, en ecriture
cursive, sur deux colonnes (35 lignes a la page). Trois miniatures
assez mediocres representant des bateaux, des combats, etc. A la
fin, I'inscription suivante a subi un grattage : « M. de Berry —
Anesse. » Ce volume fit partie du lot de la duchesse de Bourbon-
nais.
60. Le Roman de Lancelot du Lac (Inv. A, 920 — Bibl. Nat.,
(i) Cf. P. Paris, tome III, p. 177-186.
(2) Voy. la notice tres complete de M. Delisle sur ce volume dans le
Cabinet des manuscrits, t. Ill, p. 324-327.
INTRODUCTION CLXXV
ms. fr. 1 17-120). — Quatre volumes grand in-folio, a deux co-
lonnes, comprenant 602 feuillets en tout; grande miniature a qua-
tre sujets sur le premier feuillet. Encadrements de pages a rin-
ceaux, papillons et oiseaux. Les sujets representent des tournois,
combats singuliers, scenes amoureuses, blesses soignes par des
dames, etc. Le due de Berry aurait achete ce roman au libraire
Regnauld du Montet, en 1404, au prix de 3oo ecus d'or, et il n'au-
rait ete estime a sa mort que i25 livres tournois. Or, il est a remar-
quer que la description de I'inventaire ne parle que d\m volume
et non de quatre. Les manuscrits du fonds francais pourraient
done fort bien ne pas etre le n" 920 de I'inventaire A (i).
61. Le Roman de la Rose et le Testament de Jean de Meung
(Inv. A, 956 — Bibl. Nat., ms. fr. 38o). — Petit in-folio de 160 feuillets
a deux colonnes, en ecriture cursive, avec de nombreuses minia-
tures, vives de ton, bien conservees ; la meme page en contient
souvent plusieurs (2). Celles de la fin sont mediocres. Le caractere
des tetes est tres particulier; traits fins, chair pen coloree, cheveux
presque toujours roux. Le texte finit par une piece sur les morts
commen9ant : « Dieux ait I'ame des trespassez ». Deux inscrip-
tions, au debut et a la fin, constatant que le livre appartient au due
de Berry. Oftert au Due par Martin Gouge et donne par le prince,
le 3 mars 1414, a Guillaume Lurin.
62. Debat sur le Roman de la Rose. (Ce manuscrit a ete vu dans
la collection de sir Thomas Philips par le baron Kervyn de
Lettenhove) (3).
63. La Cite des Dames par Christine de Pisan (non porte aux
Inventaires — Bibl. Nat., ms.fr. 607).— Petit in-folio de t] feuillets,
a deux colonnes, en cursive, avec trois miniatures, une en tete de
chaque partie, off'rant de curieux details sur le costume feminin;
figures assez fines, bien qu'un peu lourdes (4). Ala derniere page :
« Ce livre est an due de Berry — Jehan. »
64. Le Miroir des Dames (Inv. A, art. 983 — Brit. Mus., fonds
additionnel no 299S6) (5). — Ce volume fut remis a la duchesse de
Bourbonnais.
(i) Consulter P. Paris, tome I, p. 154 sur la division de ce manuscrit
en trois parties comprenant le Saint Graal et Merlin (i" volume). Le
roman de Lancelot occuperait les trois autres tomes.
(2) Cf. P. Paris, tome III, p. 174-176.
(3) Cite dans le Cabinet des Manuscrits, tome III, p. 340.
(4) Cf. P. Paris, tome V, p. i83.
(5) Cabinet des manuscrits. t. Ill, p. 340.
CLXXVI INTRODUCTION
65. f.e Miroir des Dames (non portc aux Inventaires — Biblio-
theque de Bruxelles, no g555). — Cc volume et Ic precedent sont
copies Tun sur I'autre, page par page.
66. Le Pelerinage du corps et de I'ame, appele le Pelerin (Inv.
A, 928 — Bibl. Nat., ms. fr. 829). — In-4" de 120 feuillets (i), a deux
colonnes, en vers octosyllabiques; en tout 2o5 petits sujets au
trait, en camaieu blanc et noir sur fond damasse, representant des
scenes de I'enfer avec figures parfois grotesques. Dialogue entre
le Pelerin, I'Ange, Satan, Astrologie, Fortune, Raison, Jeunesse,
le Corps, I'Esprit. Inscription du due de Berry en la forme ordi-
naire.
67. Poesies de Guillaume Machaut (Bibl. Nat., f. fr. 9221 —
figure seulement sur une liste des manuscrits promis a la Sainte
Chapelle de Bourges). — In-folio de 288 feuillets, a trois colonnes,
contenant ballades, complaintes, motets mis en chant, rondeaux,
etc., avec musique intercalec dans le texte. Miniatures un peu
lourdes a sujets galants. Deux inscriptions certifiant I'origine du
volume, Tune en tete de J. Flamel, I'autre du due de Berry avec
sa signature.
68. L'arbre des Batailles par Honore Bonet (Inv. A, qSS —
Brit. Mus., fonds du Roi, 20 C VIII). — Manuscrit a miniatures,
d'apres I'inventaire ; il fut remis a la duchesse de Bourbonnais.
69. Deduits de la chasse (Inv. A, 1016 — sans doute le volume
compose par Gace de la Buigne et faisant partie de la collection
de Chantilly). Le due de Berry avait donne ce volume qui porte
sa signature a Jean d'Ortegue, son valet de chambre, avant Tan-
nee 1413.
70. La Mutacion de fortune par Christine de Pisan (Inv. A, 952
— Biblioth. royale de la Haye,no 701) — 170 feuillets; c'est Texem-
plaire offert au Due par I'auteur, en mars 1404. II fut estimc- dix
livres en 1416 (2).
71. Le roy Modus et la reine Ratio (non porte aux Inventaires.
— Archives de I'Etat a Turin). — La signature du due de Berry se
lit a la fin de ce volume (3) qui compte 3o2 feuillets avec minia-
tures.
72. Le livre des femmes nobles et renommees par Boccace (Inv.
(i) M. Paris dit par erreur 220 feuillets, tome VI, p. 3y3.
(2) Voy. DcUslc, Melanges de pale'ograpliie, p. 23 1.
(3) Cab. des man., t. Ill, 340, 389. Ce volume a figure a I'cxposition des
Beaux-Arts a Turin, en 1880 (Voy. le livret, p. 77, n° 8).
INTRODUCTION CLXXVII
A. 993 — Bibl. Nat., ms. fr. 5981. — In-fol. de 162 fcuillets, a deux
colonnes, avec 106 miniatures finement peintae et admirablement
conservees. Inscriptions de J. Flamel en tete et du due de Berry
a la fin. Encadrements de pages composes de fleurettes et rin-
ceaux. Les sujets sont des plus curieux par les details qu'ils ren-
ferment sur le costume et le mohilier du temps (metiers a tapis-
rie, palettes de peintres, bancs^, lits, pupitres, chariots, instruments
de musique, litieres, souliers a poulaine — Qi-ithie, Antiope, reines
des Amazones, la sibylle Eriphile, etc., etc., la papesse Jeanne en
costume pontifical). Le due de Berry possedait deux exemplaires
de cet ouvrage; I'un, offert par Jean de la Barre en 1404 (Inv. A,
940), ne renfermait pas de miniatures, tandis que le livre donne
par I'eveque de Chartres, le ler Janvier 1411, (Inv. A, 993), etait « bien
enlumine et historic ». C'est done plutot ce dernier qui figure
dans le fonds francais sous le no 598 (i).
yj. Catholicon de Jean Balbi de Genes (Inv. B, io3o — Bibl. de
Bourges, Cat. H. Omont, no 33 5). — Manuscrit de 538 feuillets, a
deux colonnes, avec une longue inscription indiquant sa prove-
nance, de la main de Jean Flamel (et non Nicolas Flamel comme
le dit le catalogue des manuscrits de Bourges):
74. Dietionnaire ou repertoire moral de Pierre Bersuire en
trois volumes (Inv. B, 1062 — Bibl. Nat., ms. lat. 886i-8863).
— In-folio a deux colonnes, 335, 38 1 et 392 feuillets; un certain
nombre de pages mutilees et coupees a moitie. On y voit encore
Tecusson de I'eveque de Poitiers, Itier de Martreuil, qui donna cet
ouvrage au due de Berry.
75. Livre du cultivement de la terre, de Pierre de Crescens
(Inv. A, 962— Bibl. Nat., ms. lat. 9328). — In-fol. de 162 feuillets,
a deux colonnes, sans miniatures, ni lettres ornees; les initiales
peintes seulement en bleu et rouge. La miniature « d'un homme
touchant ses bceufs en rairee)),mentionnee sur I'inventaire de 1402,
a disparu (2). Signature du due de Berry au premier feuillet, et
inscription de sa main en la forme habituelle au dernier. Quelques-
uns des premiers feuillets sont fort endommages etpresque cntic-
(i) Cf. Paulin Paris, t. I, p. 24G; t. II, p. 23i et t. V, p. 120.
(2) Gette particularite, qui sc reproduit pour plusieurs des manuscrits
que nous avons du classer dans la categoric des volumes sans miniatures,
nous donne a supposer que beaucoup des livres de la librairic de Bourges
nous sont parvenus plus ou moins mutiles apres avoir perdu leurs minia-
tures.
CLXXVIII INTRODUCTION
rement pourris. On a inscrit, au xvi^ siecle, sur le feuillet de garde
diverses recettes pharmaceutiques.
jh. Le livre que le chevalier a fait pour Tenseignement de ses
tilles |ne figure pas sur les inventaires — Bibl. de Bruxelles,
ms. 9542) (i).
yj. Dernier feuillet du tome I de la Bible en deux volumes
donnee par le Due a Robinet d'Etampes (Inv. B, art. qG5-(jf)G —
Bibl. Nat., ms. fr. nouvelles acquisitions, 843 1). — Ce feuillet qui
porte une inscription explicite de Jean Flamel, attestant son ori-
gine, a ete acquis a la vente des autographes de Benjamin Fillon
(no 674 du Catalogue). On y lit aussi la formule habituclle : « Ceste
Bible est an due de Berry. — .Iehax. »
78. Cinq miniatures appartenant a un livre d'Heures decoupe
et mis en morceaux, reproduites dans les Evangiles de Curmer.
II n'est pas possible de tirer de ces fragments Tindication du
volume auquel ils appartenaient (2).
La liste que nous venons de donner contient seulement les ma-
nuscrits dont la presence dans la librairie du due de Berry ressort
de preuves formelles. Certains erudits competents ont voulu rat-
tacher a cette collection divers autres ouvrages sur des indices
plus ou moins certains. Nous ne saurions nous dispenser de faire
connaitre les livres juges dignes d'un pareil honneur :
10 Un beau Psautier en trois langues, d'ecriture anglaise du
xiiie siecle, enrichi de nombreuses miniatures de style italien,
portant le no 884G du fonds latin, a la Bibliotheque nationale. Ce
volume avait ete signale par M. Delisle, dans son premier volume
du Cabinet des luannscrits, comme ayant fait partie de la librairie
du due de Berry, sur une indication de M. de Bastard. M. Delisle
semble avoir change d'avis sur Toriginc de ce manuscrit, car il
ne fait pas figurer ce livre au catalogue de la librairie de Bourges
dans son tome troisieme. II a eu de bonnes raisons sans doute
pour le retrancher de la liste; car le psautier anglais 884b ne
porte aucune des marques ou inscriptions, aucun des caracteres
auxquels se reconnaissent d'ordinaire les livres du Due. En outre,
il ne repond a la description d'aucun des Psauticrs portes sur les
inventaires.
2" Le Missel note portant le no 176 sur I'inventaire D est-il le
manuscrit latin 8885, comme le suppose M. Delisle (t. Ill, p. ijG,
(i; Voy. Cab. des man., tome III, p. 38g.
(2) Delisle dans ia Gazette des Dcaux-Arts, 1884, p. 'i()\-3g2.
INTRODUCTION CLXXIX
n'5 64)? Cela parait douteux. I.e Missel de Tlnvcntaire est dit his-
toric de I'ouvrage de Lombardie. Or, le manuscrit 8885 ne rcn-
ferme pas de miniatures, mais seulement de petitcs vignettes insi-
gnifiantes, intercalees dans le calendrier du debut et qui ont ete
enlevces pour la plupart. Peut-etre le feuillet i du Missel qui devait
se terminer, d'apres I'lnventaire, par etcrna indefici (i), portait-il
au debut une grande miniature. Cela reste douteux; le feuillet i
de ce volume ayant disparu, on ne pent done verifier s'il se ter-
mine par les mots latins indiques dans I'inventaire D. D'ailleurs,
ce volume ne porte ni la signature du Due ni aucune des autres
particularites auxquelles se reconnaissent ordinairement ses
livres.
S^Le livre des nobles hommes et dames, de Boccace (Inv. A, 993(.'')
— Bibl. Nat., ms. fr. 226). — In-folio de 270 feuillets, avecnombreu-
ses miniatures (i 5o a 200) tres fines, d'un ton vif et bien conserve.
Au debut, une grande page entiere occupee par les episodes de
rhistoire d'Adam et d'Eve. Le premier feuillet debute par une
dedicace de I'auteur, Laurent de Premierfaict, au due de Berry;
le livre se termine par une note qui fixe la date de son acheve-
ment au i5 avril 1407 apres Paques. La miniature placee en tete
de la dedicace montre I'auteur ofTrant son livre au Due, bien
reconnaissable aux traits de son visage et a la tenture fleurde-
lisee, engrelee de gueules, qui recouvre son siege et son dais. Mais
le second feuillet commence par n'a en soi aucune felicite et non
par // ont plaisir, comme le voudrait la description de Tinven-
taire A. D'ailleurs, ni la devise, ni les armes, ni la signature du
Due ne se voient sur ce volume que M. Delisle n'a pas porte sur
son catalogue. Laurent de Premierfaict avait fait executer plu-
sieurs copies de sa traduction. Nous signalerons notamment le
ms.fr. i3i ; il debute aussi par la dedicace au Due, mais il est ecrit
de lettre courante. On y voit aussi, a la premiere page, I'auteur
offrant son livre a un prince qui ne saurait etre prispour le ducde
Berry, malgre I'affirmation contraire de P. Paris (tome I, p. 246).
Le ms. fr. 229 renferme encore une autre copie de la traduction
de Premierfaict, sans dedicace cette fois ; mais son absence est
expliquee par la note finale ou I'auteur s'excuse d'avoir fait copier
hativement le volume pour le Roi de France. La date de I'ache-
vement de la traduction est la meme sur les trois manuscrits.
Le ms. 22G I'emporte de beaucoup, par la regularite du carac-
(i) Le deuxiemc feuillet debute par eus.
CLXXX INTRODUCTION
tere, le nombre et la beaute des miniatures, sur les mss. i3i et 229.
40 Le Decameron de Boccace (Bibl. Nat., ms. fr. 129) traduit par
Laurent de Premierfaict et sur les explications d'Antoine d'Areche
(ou d'Arezzo), debute par une dedicace au due de Berry reproduite
par Paulin Paris (tome I, p. 238). De cette dedicace M. Paris con-
clut que le volume, illustre d'assez jolies miniatures, a fait partie
de la librairie du due de Berry. Toutefois, le manuscrit ne porte
ni les emblemes, ni la devise, ni les armes, ni enfin les accessoires
ordinaires des manuscrits de Berry. Aucun inventaire ne men-
tionne une traduction du Decameron, nouvel argument centre
opinion de M. Paulin Paris.
5° Valere Maxime (Bibl. Nat., ms. fr. 290). — In-foliode 417 feuil-
lets, a deux colonnes. En decrivant ce manuscrit, Paulin Paris
suppose (t. II, p. 307) que c'etait un des volumes de la librairie
de Bourges. M. Delisle (t. Ill, p. 187, note 4) n'a pas admis cette
conjecture qui ne s'appuie sur aucune preuve serieuse (i);
Go Divine Comedie (Bibl. Nat., ms. italien 72). — In-4°, de 90 feuil-
lets, a deux colonnes, avec trois miniatures. La premiere initiale
portant un ecu d'azur aux trois fleurs de lis d'or avec hordure
engrelee de gueules, M.P. Paris en conclut (2) que cet exemplaire
vient de la librairie du due de Berry. Mais aucun manuscrit du
poeme n'est signale dans les inventaires.
Du catalogue qui precede il resulte clairement que la
bibliotheque du Due etait formee d'elements tres dispa-
rates. Si ses livres d'Heures soutiennent dignement la
haute reputation de gout de leur proprietaire, bien d'au-
tres manuscrits sont d'une qualite assez mediocre. Cela
ne doit pas etonner. En elfet, si le prince a fait executer
sous ses yeux, avec une sollicitude d'amateur delicat et
passionne, les ouvrages les plus soignes et les minia-
tures les plus fines, combien d'autres sont venus entre
ses mains par don ou par achat ; et de ceu.\-la il n'a pas
(i) En tiite, miniature rcprcsentant Tautcur offrant son manuscrit ii
un prince, peut-etre Ic roi Charles V. Amies ajoutccs : d'azur ;i six
besans d'argcnt, au chef d'or.
(2) Tome VIl, p. 147.
INTROi)rCTION CLXXXI
ii rcpondre. Quand il kii arrivait dc decouvrir un ouvrage
peu repandu manquant a ses collections, il fallait bien
prendre I'exemplaire tel qu'il se trouvait. Encore moins
pouvait-il refuser I'offrande modeste de quelque servi-
teur desireux de flatter avcc ses faibles ressources les
gouts de son puissant protecteur. Au reste, qu'ils fus-
sent richement histories de belles peintures, ou qu'ils se
presentassent sous I'aspect plus severe de simples manu-
scrits ecrits de lettre courante, les livres du due de Berry
etaient a peu pres traites de la meme facon. Aux uns
comme aux autres, leur maitre ajoutait I'inscription
laconique « Ce livre est au due de Berry — Jehan » qui
equivaut a une prise de possession, a un veritable ex-
libris. Tantot, aussi,il faisait peindre en quelque coin un
ecusson a ses armes ; tantot il agrementait I'ornement
deja fort riche de certains encadrements, en y introdui-
sant soit I'ours ou le cygne symboliques, soit quelqu'un
de ces papillons ou de ces oiseaux dont on a signale
les caracteres bien particuliers. C'est que le due de
Berry n'etait pas un bibliophile vulgaire ou indiffe-
rent. Ses livres, il les aimait d'une tendresse passion-
nee ; mais, en meme temps, il les connaissait, se plaisait
a lesregarder, les lisait et les relisait. C'est ainsi qu'on
trouve chez lui, M. Delisle en a fait la remarque, plu-
sieurs traductions d'auteurs anciens dont on a constate
I'absence dans la librairie du Louvre.
Au reste, les ouvrages a miniatures se presentent en
nombre a peu pres egal aux manuscrits non histories.
Dans rinventaire de 141 3, on compte cent vingt-sept
ouvrases histories contre cent trente-huit volumes sans
miniatures, et cela en se rapportant strictement au texte
de rinventaire. Or, il parait a peu pres certain que le
redacteur a parfois omis d'indiquer les illustrations.
Dans d'autres circonstances, le volume n'est pas ter-
mine ; le texte attend encore les miniatures complemen-
INTRODLCTION
d miniatures.
taires (i). On pent done fixer k la moitic dc rcnscmble
la proportion des ouvrages a miniatures de la collection
du due de Berry. Pour les soixante-dix-huit manuscrits
existant encore, cette proportion est bien plus elevee, et
cela s'explique aisement, car les plus beaux livres ont cte
traites paries generations successives qui les ont posse-
des avec un respect merite.
chartcs Aux manuscHts histories se peuvent joindre les
chartes decorees de fines peintures, ou notre prince
aimait a voir representer au naturel la scene meme qui
fait I'objet de I'acte. C'est encore un gout qu'il parta-
geait avec son frere Charles V, dont plusieurs chartes sont
enrichies de dessins tres finement traces, contenant
meme des portraits. Les Archives nationales possedent
plusieurs de ces petites merveilles ou la figure du due
de Berry est bien reeonnaissable.Nous avons dejaeite le
eontra't de mariage avec Jeanne de Boulogne et Tassocia-
tion du prince aux prieres de I'abbaye de Saint-Barthe-
lemy de Bruges. (2) Nous n'insisterons pas. Aussi bien,
ces documents originaux ne sauraient a aucun titre etre
assimiles a des manuscrits, quelque elegante que soit
leur decoration. II etait bon de faire observer que nul
prince n'a pousse aussi loin que le notre et que le roi
Charles V le souci d'imprimer un caraetere partieulier
de recherche et de somptuosite aux moindres details de
sa vie privee ou publique.
C'etait vraiment une epoque favorable aux arts et aux
lettres que celle ou des princes comme les fils du roi
1. Voy notamment la Cite de Dien (A 865), a laqucllc « faillcnt les
« histoires et grans lettres ».
2. Ces deux pieces sont exposdes dans Ic musec des Archives natio-
nales (vitrine 35, n" 41 1 et 422 ; voy. p. 36 du Catalogue sommaire du
musee). La charte dc privilege accordec en fevrier 1414 au clcrgc de la
Saintc-Chapelle dc Bourges, piece conscrvce dans la cullectmn dc Bas-
tard d'Estang, est rcmarquablc par Tclcgancc de son ecriture ; mais elle
n'est pas dccorcc dc peinturc (Bib. Nat. ms. fr. Nouv. acq. n" 3642).
INTRODUCTION CLXXXIII
Jean cncourageaicntpar d'inccssantes libcralites et aussi
par line favcur marquee tous les homines de talent.
S'il n'eut dependu que d'eux, la France eut marchc a
la tete de toutes les nations voisines, prenant les devants
sur ritalie elle-meme. A I'appui de cette opinion les
preuves abondent. Si nous n'avions hate de terminer
cette trop longue introduction, si nous pouvions entrer
dans les developpements que comporterait un depouil-
lement systematique des comptes du due de Berry, nous
etablirions sans peine que le gout de toutes les delica-
tessesetde tous les raffinements avait atteint un degre
inoui pendant la premiere moitie du regne de Char-
les VI. Le due de Berry eut certainement une part pre-
ponderante dans ce mouvement de renaissance artis-
tique et litteraire.
On connait maintenant par le detail la composition
incessamment modifieedes collections de Bourges. Moins
riches peut-elre que le trcsor du roi Charles V, infe-
rieures a celles que plusieurs generations de dues tout
puissants amasserent a Dijon, elles trahissent par cer-
tains cotes une originaiite particuliere, une curiosite
toujours inassouvie. Sans doute, le due de Berry a
possede la plus belle reunion de pierres precieuses, de
rubis surtout, qui existat de son temps, sans doute il a
reuni des emaux incomparables, destravauxd'orfevrerie
du travail le plus acheve ; mais ce qu'on trouve chez lui
et qu'on chercherait vainement ailleurs, ce sent ces
menus objets d'une valeur insignifiante ou nulle, prou-
vant la curiosite de son esprit et la vaste etendue de son
intelligence. Aucun des phenomenes de la nature ne lui
est indifferent; ses investigations se portent sur les singu-
larites les moins susceptibles en apparence d'occuperun
prince fastueux et puissant. C'est ainsi que le petit musee
forme a Bourges reunit comme un abrege de toutes les
connaissances et de tous les arts de I'epoque. Seules,
CLXXXIV INTRODfCTION
Ics armes n'}- figurcnt qu'en petit nombre. Peut-etrc for-
maient-ellcs une collection ciistincte.
Aussi, la presence de ce prince eclaire a-t-elle donne a
la ville de Bourges et a toute la province du Berry un
eclat et une importance politique qu'elles n'avaient jamais
atteinte auparavant. En y etablissant sa residence ordi-
naire, en y fixant le siege de sa cour et de son gouver-
nement, le frere de Charles V a prepare en quelque
sorte cette region centrale a jouer le role important qui
lui etait reserve pendant la periode la plus sombre de
la guerre contre I'etranger. Le roi Charles A'll, depos-
sede de sa capitale par les Anglais, repousse vers le centre
de la France, eut-il jamais songe a etablir a Bourges le
dernier asile de sa royaute precaire, si le due de Berr}^
ne lui eut en quelque sorte menage ce supreme refuge,
s'il n'eut fait de la place qui avait oppose aux troupes
royales en 1412 une heroique resistance comme le der-
nier rempart de la patrie francaise?
Les defenses accumulees au chateau de Bourges etdans
les places environnantes furent un moment le supreme
espoir de la monarchie. Ainsi, notre prince se survecut
en quelque sorte pour assurer le salut du pays qu'il avait
bravement defendu dans sa jeunesse avec les vaillants
capitainesde son frere. Qu'il nous suffise d'avoir indique
ce lien qui rattache le souvenir du due de Berry a la
periode la plus critique de la guerre de Cent Ans.
II convient d'indiquer rapidement, pour finir, les des-
tinees des merveilleuses collections dont nous avons
etudie precedemment la formation, la nature et la com-
position.
Le due de Berry expira Ic lundi i5 juin 141*^ vers le
soir, dans son hotel de Nesle, a Paris. La maladie, sans
diminuer en rien la lucidite de son esprit, I'avait averti
INTRonrCTION
dc sa fin prochaine ct lui donnait ainsi le loisir de pren-
dre ses derniercs dispositions. Apres avoir dicte son tes-
tament le 2 5 mai, le prince accumulait les precautions J^f^^f^J/,.^[
les plus capables a ses yeux d'assurer la stricte execution
de sesdernieres volontes. Le 7 juin, apres la celebration
de la mcsse, en presence de grands personnages appeles
a son chevet, il confirmait, dans une forme solennelle, les
volontes exprimees dans son testament auquel il ajou-
tait quelques dispositions. Le lendemain, 8 juin, tou-
jours obsede de fidee de sa fin prochaine, il dicte un
codicillc contenant de nouvelles liberalites. Charles VI
survient sur ces entrefaites pour apporter a son oncle ses
consolations. Avec lui se presente le roi de Jerusalem et
de Sicile. Le mourant profile de I'occasion et demande
a ce dernier de vouloir bien faire partie des executeurs
testamentaires. En meme temps, il supplie son neveu de
confirmer ses dernieres volontes et de tenir la main a
leur execution. Pour se rendre favorables ces puissants
visiteurs, il leur offre de riches presents; a chacun une
coupe d'or, sans prejudice de la belle croix enrichie des
pierres les plus precieuses qu'il supplie le roi de France
de garder a jamais en souvenir de lui. On verra que ce
voeu ne devait guere etre respecte.
Le testament, publie jadis par M. Ra3'nal (i), a ete
transcriten tete du manuscritde Sainte-Genevieve, nous
ne pouvions guere nous dispenser d'cn reproduire ici
le texte avec la relation des diverses solennites et confir-
mations qui ont suivi (2). A part les dispositions gene-
rales et les formules habituelles de piete, il contenait
peu de clauses relatives aux tresors qui nous occupent.
Apres avoir designe la Sainte-Chapelle de Bourges pour
lieu de sa sepulture, le Due recommandait au roi de
(1) Histoiie du Berry, tome II, p. 498-5o3.
(2) Voy. notre tome II, p. 187-196.
CLXXXVI INTRODUCTION
France les officiers de sa maison, ses servitcurs, sa
famille, ses sujets ; il engageait aupaiementde ses dettes,
tous ses biens meubles, c'est-a-dire tons ses tresors,
joyaux et manuscrits. Le seul legs specific d'une facon
particuliere etait celui d'une somme de 12,000 livres
a distribuer a ses serviteurs et aux pauvres ; la reparti-
tion de cette somme etait laissee a la discretion des exe-
cuteurs testamentaires designes dans le dernier article
du testament. C'est en leur nom qu'il sera procede aux
operations dont le resultat, consigne dans le manuscrit
de Sainte-Genevieve, nous donne de si precieux details
sur la liquidation de cette opulente succession.
Les legs particuliers n'apparaissent que dans les codi-
cilles d'une date posterieure : a la duchesse de Berry et
a chacune des filles du Due sont attribuees une croix
et une chambre de tapisserie; dix mille francs a Robi-
net d'Etampes, en recompense de ses services ; vingt
mille francs au comte d'Eu, petit-fils du testateur, pour
payer sa rancon aux Anglais. Ges donations sont con-
senties dans la journee du 7 juin. Le lendemain, le
malade revient encore sur I'objet de ses constantes
preoccupations. Gertaines precautions prises par lui
devront assurer le paiement des 20,000 francs du comte
d'Eu. Puis, ce sont de nouvelles liberalites : 1,000 francs
a I'Hotel-Dieu de Paris; 6,000 francs a Etienne de
Montigny, chambellan du Due, en reconnaissance de ses
services; a Jean Dupre le jeune epicier et valet de cham-
bre, Soo ecus; a Andre de Bonnas, echanson, 1,000 fr. ;
a Ymbert de Groslee, chambellan, meme somme de
1,000 francs. En dernier lieu, le remords suggere au
mourant I'idee d'une restitution tardive. II ordonne de
rendre aux lilies ou autres heritiers de Jean de Mon-
taigu, grand maitre d'hotel du Roi, les joyaux prove-
nant de la confiscation de ses biens et confies a la garde
de Robinet d'Etampes. En somme, on le voit, le Due
INTRODICTION CLXXXVII
ne disposait en nature que d\ine partie a peu pres
insignifiante de ses immenses tresors : la belle croix
destinee de longue date sans doute au roi de France,
deux coupes d'or, trois autres croix et trois chambres de
tapisserie, enfin les joyaux ou manuscrits provenant de
la confiscation de Jean de Montaigu, tels etaient les seuls
articles recevant une affectation determinee en vertu des
dernieres volontes du mourant.
Des sommes employees a des usages pieux, destinecs
a la rancon du comte d'Eu ou Ic'guees a des serviteurs de
confiance, nous n'avons pas a nous occuper ici, EUes
devaient etre prelevees sur I'actif de la succession. II
parait douteux que la vente des meubles ait suffi a leur
paiement.
Immediatement apres lamort du prince, ondut pour- liquidation
^ '■ ^ dcla succcssic
voir a certaines depenses urgentes, aux frais des fune-
railles, au paiement des gages des officiers. A cet effet,
on preleva sur la masse des biens certains objets dont la
vente immediate ne devait pas entrainer une trop sen-
sible depreciation. On avait choisi surtout des pieces
d'orfevrerie,car la matiere constituait presquc toute leur
valeur. Ges articles sont accompagnes dans le compte
de Robinet de la mention: « neant, pour ce que le com-
mis en a fait recepte ou compte desfunerailles. » On se
procura ainsi pour les besoins pressants une somme de
6,933 livres 7 sous 6 deniers, inscrite sous la rubrique:
compte des funeral lies. Jean Lebourne en eut la disposi-
tion. A cet usage fut employee principalement la vais-
selle de table, hanaps, bassins, tasses, le tout d'argent
blanc. Cette orfevrerie courante n'etait-elle pas alors
consideree comme une sorte de reserve metallique
destinee a pourvoir aux cas d'imperieuse necessite ?
La duchesse de Bourbonnais avait a reclamer une
somme de 70,000 livres, restant due sur sa dot, Une
transaction avec les executeurs testamentaires lui
CLXXXVIII INTRODUCTION
accorda Ic droit de prelever en nature sur les joyaux
et autres bicns meubles ce qui restait exigible jusqu'a
concurrence de 40,000 livres, tandis que sa soeur, la
comtesse d'Armagnac, se contentait d'une valeur en
nature de 8,000 livres. On a soigneusement note, dans
Tinventaire de Sainte-Genevieve, tons les objets attri-
bues, en vertu de cette convention, a I'une ou a I'autre
des filles du Due. Nous avons donne la recapitulation
de ces articles dans I'analyse du compte de la succes-
sion (i!. Ce releve etablit que la duchesse de Bour-
bonnais recut pour sa part cinquante-huit tapis ou
chambres de tapisserie, cent trente-un )0}'aux de toute
sorte et quarante-un manuscrits. Trente tapisseries,
dix-neuf joyaux, cinq manuscrits et trente-huit articles
de linge formerent le lot de la comtesse d'Armagnac.
Ainsi, trois cent vingt-deux articles du dernier inven-
taire furent preleves par les heritieres directes du defunt.
Trois tapisseries avec divers jo3'aux, vetements et
livres devinrent la propriete de la Sainte-Chapelle de
Bourges. Si on y joint les kgs delivres a la veuve et aux
filles en vertu des dernieres dispositions du defunt (2), on
depasse le chiffre de trois cent cinquante articles par-
takes en nature.
D'apres revaluation des cxecuteurs testamentaires, la
fortune mobiliere du Due, au jour de son deces, repre-
sentait environ une somme de 1 58, 000 livres, dont
28,000 pour les tapis et tapisseries, le surplus pour les
joyaux, manuscrits et objets divers. Ces estimations,
nous I'avons fait observer, restent bien au-dessous des
prix d'achat et de la valeur venale des objets. C'est
peut-etre pour ce motif que la duchesse de Bourbon-
nais, ayant droit a un preciput de 70,000 livres, se con-
[i) Tome II, p. 294-295.
(2) Tonic II, p. 296.
INTROnrCTION CLXXXIX
tcnta dc 40,000 livres; cllc trouvait encore un serieux
avantage a cette transaction.
Si on deduit de la masse des biens les reprises en
nature des deux princesses, les pieces d'orfevrerie ven-
dues pour les frais funeraires, les legs particuliers et les
restitutions faites a diverses personnes, notamment aux
heritiers de Jean de Montaigu, il restait environ une
centaine de mille livres a distribuer aux creanciers.
On va voir comment une partie de cette somme leur
echappa.
La belle croix, dont le due de Berr}^ avait surveillc ^^^ ^fJll^i^'^'
avec tant de sollicitude la confection et la decoration, ^ i<--' ^^onnaie.
etait attribuee, on I'a vu, par la volonte supreme du
defunt, au roi Charles VI. Ce joyau precieux ne se trouve
nulle part decrit dans les Inventaires, bien qu'il y soit
fait de frequentes allusions. Or, cette description detail-
lee, nous I'avons decouverte dans un compte royal qui
constate en meme temps la destruction du celebre joyau.
Ce document (i) nous revele en meme temps des details
bien curieux sur les expedients auxquels les besoins de
la guerre et la necessite de solder comptant les troupes
ro3^ales avaient reduit les tresoriers de Charles VI.
Le due de Berry etait mort le i(3 juin; des le 3o juil-
let (2) la croix, depouillee de ses magnitiques pier-
reries, etait envoyee a la Monnaie pour etre fondue.
L'operation produisit un poids de 49 marcs d'or et de
124 marcs d'argent, representant une valeurde 3,441 livres
pour I'or, et de y3o livres pour I'argent. Ainsi, ce pre-
cieux joyau, objetde tant de soins et de depenses, n'avait
pas survecu deux mois au prince qui I'avait fait exe-
cuter.
Les conseillers du Roi avaient certes le droit absolu
(i) Bibl. Nat., f. tV. (1747.
(2) Voy. notre tome II, p. '.^^o.
CXC INTRODUCTION
dc disposer ainsi de ce bijoux. Mais ils allcrent plus
loin. Sans tcnir compte des derniercs rccommandations
ct des scrupulcs tardifs du due de Berry, ils firent main
basse sur les jo3-aux et manuscrits provenant de la suc-
cession de Jean de Montaigu pour les vendre et pour
employer les deniers en provenant aux necessites de la
guerre. Lc tout, evalue 4,012 livres 10 sous, produisit
3,375 livres qui furent versees au tresor royal (i).
preielTs'siu-ies Nous u'avous pas a uous occupcr ici de certains pro-
biens du Due , , , , i < i az •
pour les besoins ccdts civanges, employes paries othciers royaux pour
du royaumc. . . . , . ,
se procurer les sommes destmees au paiement des trou-
pes, procedes reveles par le compte qui nous a fourni
les details precedents. Mais un dernier chapitre de ce
texte se rapporte encore a la succession du due de
Berry et ne saurait etrc passe sous silence. On verra
par Tanalyse de ce chapitre (2) que treize versements
furent faits au tresor royal, entre le 18 octobre 141 7
et le 25 avril 1418, s'elevant ensemble a la somme dc
10,143 livres i3 sous tournois, et provenant « de la ven-
« dicion et delivrance de certains biens de I'execucion de
a feu Monseigneurle due de Berry, ordonnez park Roy
« estre pris et venduz pour le fait de sa guerre ». Quelle
etait la nature de ces' biens? Le compte ne donnc sur ce
point aucun renseignement. Mais il nous semble hors de
doute qu'il s'agit d'une partie des joyaux et autres biens
meubles de la succession.
Toutefois, ces dix millc livres prelevees par le tresor
royal sont loin de representer la totalite des biens alfec-
tcs au paiement des dettes. Qu'advint-il du surplus?
Aucun document contemporain ne nous I'apprend.
Probablement ces tresors furent peu a peu vendus et
disperses, des que les evenements politiques le per-
(i) Tome II, p. 34.1-34.^.
(2) Tome II, p. ^44.
INTROnrCTION CXCI
mi rent. Quoi qu'il en soit, il est impossible de suivrc
leur trace. II reste settlement acquis que bon nombre
des objets precieux amasses par Tillustre coUectionneur
furent aneantis et convertis en especes aussitot apres
son deccs. Seuls, les joyaux, les manuscrits et les tapis,
attribues aux maisons de Bourbon et d'Armagnac, furent
sauves de la ruine, et peut-etre arriverait-on a retrouver
la trace de quelques-uns de ces objets precieux dans les
inventaires ou les comptes des deux princesses lilies du
due de Berry.
Nousavonssuivi, autant qu'il aete possible, les joyaux,
les manuscrits et autres tresors entasses a Bourges,
depuis leur acquisition jusqu'au moment de leur disper-
sion. Les anciens inventaires fournissent rarement des
details aussi complets sur Thistoire des objets precieux
dont ils contiennent I'enumeration. C'est pourquoi nous
avons pense que I'etude de cette collection celebre entre
toutcs mcn'itait des developpements exceptionnels. Nous
avons laisse dans I'ombre la personalite et le role poli-
tique du due de Berry. Une pareille etude excedait le
cadre de notre travail. L'abondance meme des docu-
ments recueillis dans les comptes du due de Berry nous
interdisait deja les details sur la composition de sa mai-
son, ses habitudes de vie, ses occupations quotidiennes
et ses plaisirs ; a bien plus forte raison, ne pouvions-
nous aborder la part considerable qu'il a prise aux
grands evenements de son temps pendant les regnes de
son frere et de son neveu.
Toujours est-il certain que I'histoire presente peu
d'exemples de vicissitudes eomparables a cclles que nous
ofFre la vie du due Jean de Berry. Au surplus, le caractere
dupersonnage abonde aussi en contrastes frappants. Les
qualites les plus rares se reneontrent a cote des defauts
les plus choquants. Rapace et prodigue. comme ses
freres, le due de Berry emporta dans la tombe les male-
CXCII INTRODUCTION
dictions dc ses sujcts et la gratitude dcs cgliscs ou des
abba3'es cnrichies dc ses largesses, Crcdule, etcependant
a3'ant Line grande ouvcrture d'esprit, notre prince aima
la societe des moincs et des savants, des bouffons et des
poetes; il rechercha les reliques les plus extraordinaircs
en meme temps que les productions naturelles les plus
etranges. II avait, d'apres les contemporains, une intelli-
gence tres eveillee et semblait plus apte aux deliberations
pacifiques, aux negociations diplomatiques qu'aux ope-
rations militaires et aux fatigues de la guerre. L'auteur
anonyme de la Chronique du regne de Charles VI vante
avec complaisance sa magnificence envers les eglises et
les couvents. Cette bienveillance s'explique d'elle-meme.
Mais il ajoute certaines particularites relatives aux manie-
res et au caractere du due de Berr}^ qui donnent a son
appreciation une haute valeur. Ce passage merite d'etre
pris en consideration par quiconque voudra porter un
jugement impartial sur cette nature si complexe.
« Je croirais manquer aux egards dus a la memoire de
« cet illustre prince (i), dit le chroniqueur, si je ne lui
« accordais pas un juste tribut d'eloges, surtout pour le
« courage qu'il deploya dans la conquete de laGuyenne,
« du vivant de son frere Charles. II se montra, pendant
« toute sa vie, scrupuleux observateur des regies du
K savoir-vivre et de la courtoisie, et se concilia, par ses
« largesses et son alfabilite, la sympathie de tous les
" etrangers de distinction qui venaient a la cour. Ce
M prince superieur, entre autres qualites dont I'avait
<( douc la nature, avait recu en partage une grande viva-
ce cite d'esprit. Toutes les fois que les aft'aires de I'Etat
« etaient en deliberation, il exposait, discutait et deve-
« loppait les questions avec une rare facilite, et, au dire
(i)Nous reproduisons presquc sans modification la traduction de
M. L. Bcllaguct parue dans la collection des Documents inedits sur
riiistoirc dc France, tome VI, p. [-'2.
INTRODUCTION
« des assistants, surpassait en eloquence les plus fameux
« orateurs.
« II Temportait sur tous les princes du sang par sa
« munificence, et il dota plusieurs eglises du royaume de
« reliques et de joyaux enrichis de pierreries. C'est une
« justice que doivent lui rendre en particulier, pour ne
« pas encourir le reproche d'ingratitude,rabbaye royale
« de Saint-Denis et le chapitre de Notre-Dame-de-Paris.
« II se plaisait surtout a faire venir sans cesse d'Orient des
« rubis, des saphirs et des emeraudes. II aimait aussi les
« sertisseurs de perles et de pierresprecieuses, et il leur
« commandait souvent des chasubles, des chapes et d'au-
« tres ornements ecclesiastiques enrichis de franges d'or
« d'une valeur presque inestimable. II en fit faire une
« telle quantite qu'il aurait pu certai^nement habiller les
« chanoines de trois cathedrales pour une seule etmeme
« solennite. Toujours anime d'une devotion ardente
« pour le service de Dieu, il entretenait dans sa demeure
« un grand nombrede chapelains qui chantaient a haute
« voix, jour et nuit, les louanges du Seigneur et cele-
« braient la messe, et il avait soin de les complimenter
« toutes les fois que I'office avait dure plus longtemps
« et avait eu lieu avec plus de pompe que de coutume.
« Sa douceur et sa bonte envers ceux qui lui etaient
« devoues se dementaient rarement; et pourtant, il ne
« pardonnait pas le mal qu'on disait de lui, et il se ven-
« geait par ses gens surtout de ceux qui Taccusaient hau-
te tement d'etre I'inventeur des charges accablantes impo-
« sees au peuple et qui le taxaient d'une insatiable cupi-
« dite. Lorsque ses familiers intimes lui reprochaient de
« se montrer trop genereux a I'egard de certaines gens de
c( basse extraction, qui ne se recommandaient ni par
« I'elegance de leurs manieres, ni par leur merite person-
« nel et qu'il elevait au faite de la fortune, il leur repon-
« dait sans hesiter : « On n'a jamais vu qu'un prince, fils.
CXCIV INTRODUCTION
« frereet oncle des rois de France, titres dont je puis a
« bon droit me glorifier, ne put enrichir un ou plusieurs
« pauvres. » Noble et louable parole assurcment, si cette
« liberalite n'eut tourne au detriment des fournisseurs
« ordinaires de sa maison. Car, suivant le temoignage
« meme de ses executeurs testamentaires,qui firent apres
« sa mort la balance exacte deses dettes et de son avoir,
« que Ton supposait immense, il se trouva obere de
« 200,000 ecus d'or vis-a-vis desdits fournisseurs. »
A ce temoignage d'un contemporain nous n'avons
rien a ajouter. L'histoire a porte un jugement severe
sur les actes publics du due de Berry; peut-etre un
examen plus attentif des faits lavera-t-il sa memoire
de certaines accusations formulees un peu a la legere. On
devra reconnaitre au moins qu'apres avoir de son mieux
seconde les efforts des vaillants capitaines de Tarmee
nationale contre Tenvahisseur, le due de Berr}- fut I'ame,
sous le regne de son neveu, du parti vraiment francais,
de celui qui voulait a tout prix affranchir le pays de la
domination etrangere, et qu'il lutta energiquement jus-
qu'a son dernier jour contre I'extension menacante du
parti bourguignon. E^n tout cas, personne ne saurait lui
refuser I'honneur d'avoir contribue plus que personne,
avec son frere, le grand roi Charles V, a I'epanouissement
littdraire et artistique de la France. C'est le titre de gloire
qu'il parait avoir ambitionne avant tout autre ; et ce titre
de protecteur des arts et des lettres doit faire pardonncr
bien des erreurs, bien des fautes.
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JEAN DUG DE BERRY
Dessm de Holbein au musee de Bale
d'api'es lafiSure aSenoiiillee du tombeau de Bo"ar6es
INVENTAIRE
DES
JOYAUX, LIVRES, etc. DE JEAN DUG DE BERRY
1 4 1 3- 1 4 1 6.
LETTRES DE CHARLES VI ADJOIGNANT ETIENNE DE BRAY ET NICOLAS
DES PREZ AUX EXECUTEL'RS TESTAMENTAIRES DU DUG DE BERRY, ET
COMMETTANT JEAN LEBOERNE A l'aDMINISTRATION DE SES BIENS (l).
[S AOUT 14 1 6).
Charles, par la grace de Dieu roy de France, a tons ceulx qui
ces presentes lettres verront, salut. Comme nagaires feu nostre
tres chier et tres ame oncle le due de Berry et d'Auvergne, conte
de Poictou, d'Estampes, de Bouloigne et dAuvergne, nostre
lieutenant esdiz pais et en noz pais du Languedoc et duchic de
(i) Les notes en latin imprimees en petit texte a la suite des articles
de rinventaire, indiquant la destination donnee a certains objets, sont
empruntees au nianuscrit des Archives Nationales (cote KK 2 58). EUes sont
inscrites sur le manuscrit en marge des articles auxquels elles se rapportent.
A la suite de ces notes, les mentions B et S G, suivies d'un numero, ren-
voient aux articles correspondants de Tinventaire de la Bibliotheque Natio-
nale (fonds fran^ais, 1 1496) et de celui de la bibliotheque Sainte-Genevieve
(cote Lf, 54). Ce dernier manuscrit donne souvent une estimation repro-
duite ici. Quand, par exception, les manuscrits presentent des differences
sensibles, soit dans la description d'un objet, soit dans I'orthographe d'un
mot technique, les variantes fournies par les manuscrits B et S Gsont consi-
gnees dans une note. On a transcrit de meme certaines annotations du
manuscrit de Sainte Genevieve toujours redigees en frampais.
2 LETTRES DE CHARLES VI
Guienne, soit ale de vie a trespassement, [et ait] delaissiez plu-
sieurs joyaulx, vaisselle d'or et d'argent, pierrerie, livres, tapisse-
rie, debtes et autres biens; et en son vivant ait fait son testament,
ordonnance de derreniere voulente, lequel testament il fist lire
el publier pardevant nous, le vni^ jour du mois de juing derre-
nierement passe% et par icellui et autrement par manieres de co-
dicilles ait ordonne ses debtes, tors faiz, se aucuns en avoit, ses
laiz et funerailles estre paiez, satisfaiz et contentez, ait aussi fait
et institue executeurs de sondit testament et derreniere voulente,
c'est assavoir : noz trcs chiers et tres amez cousins et cousine
le roy de Secille, la duchesse de Bourbonnois, le conte d'Armi-
gnac, et noz amez et feaulx conseillers, I'arcevesque de Bourges,
les evesques de Paris et de Clermont, maistre Arnoul Belin,
tresorier de la chapelle du palais de Bourges, Robinet d'Estam-
pes, seigneur de Salebris, et frere Jehan Raffenel, son confesseur,
ausquelx, aus quatre et aus trois d'eulx, ait donne toute puis-
sance de faire acomplir sondit testament par lequel icellui nostre
oncle se desmist du tout de sesdiz biens, et les bailla et delivra.
et voult et ordonna estre mis, bailliez et delivrez es mains desdiz
executeurs, ainsi que ces choses et autres pevent apparoir par la
teneur dudit testament ou codicilles; nous qui sommes princi-
pal heritier de nostredit oncle, voulans sondit testament, codi-
cilles et derreniere voulente estre acomplis; savoir faisons que,
nous confians a plain des tres grans loyautez et preudommies
desdiz executeurs, de nostre certaine science et par I'advis et
deliberacion de nostre Grant Conseil, avons ordonne et ordon-
nons par ces presentes que tous et quelzconques joiaux d'or,
d'argent, de pierrerie, tapisserie, livres, debtes et toutes restes
escheues tant en nosdiz pais de Languedoc et duchid de
Guienne, comme es terres, pais et seignories de nostredit oncle,
a lui appartenans tant en demaine comme en aides, et tant pour
son droit comme par le don par nous a lui fait de ce que
nous appartenoit esdiz pais et duchie, de tout le temps passe
qu'il a estc nostre lieutenant jusques au quinziesme jour du
mois de juing derrenierement passe qu'il ala de vie a trespasse-
LETTRES DE CHARLES VI 3
ment, ettous les autres biens quelxconques, de quelque valeur et
estimacion et en quelxconques lieux qu'ilz soient ou puissent
estre, soient mis, baillez et delivrez ausdiz executeurs, aus
quatre et aus trois d'iceulx, ou a celui ou ceulx qui de par nous
et de par eulx y est, sont ou seront commis, pour yceulx biens
tourner et convertir au bien et enterinement de ladicte execu-
tion; ausquelz nous les baillons et delivrons par ces presentes,
par lesquelles nous mandons et commettons ausdiz executeurs,
aus quatre ou trois d'iceulx et a leurs commis et depputez, que,
presens et assistens avecques eulx noz amez et feaulx conseillers
et correcteurs en la Chambre de noz comptes a Paris, maistres
Estienne de Bray et Nicholas des Prez, a ce commis par noz au-
tres lettres, lesdiz maistres Estienne et Nicholas, ou I'un d'eulx,
voient, visitent et examinent tous les estaz et comptes de tons et
quelzconques tresoriers, receveurs, grenetiers, gardes de joyaux
et biens de nostredit oncle, maistres de sa Chambre aux deniers,
paieurs de ses euvres et bastimens, et autres qui pour nous ou
pour lui ont fait aucun fait de recepte es pais et duchie dessus-
diz, dont les emolumens lui appartenoient par don de nous a lui
fait ou par son droit, et facent venir ens, cueillir et recevoir par
la main de nostre bien ame maistre Jehan Lebourne, jadis secre-
taire et contrerolleur de la despence de I'ostel de nostredit on-
cle, commis a faire la recepte et despence des biens de ladicte
execution, et qu'ilz contraignent ou facent contraindre, ainsi qu'il
est accoustume de faire pour noz propres debtes, tous ceulx qui
estoient tenus a nostredit oncle de tout le temps passe Jusques
audit jour de son trespassement, pour quelconque cause ou oc-
casion que ce soit, a mettre es mains dudit maistre Jehan Le-
bourne tout ce qui, par I'estat et fin desdiz comptes ou autre-
ment, deuement leur aperra estre deu a ladicte execution. Et
qu'ilz vendent et adenerent, ou facent vendre et adenerer et deli-
vrer au plus offrant tous lesdiz joyaux et biens meubles demo-
rez du deces de nostredit oncle. Et d'iceulx biens ou des deniers
qui en ystront paient ou facent paier et contenter par ledit
maistre Jehan Lebourne les funerailles, debtes, tors faiz, se au-
4 LETTRES DE CHARLES VI
cuns en y a, et lais de nostredit oncle, et aussi tous les fraiz, mis-
sions et despens, chevauchees, messageries et autres choses rai-
sonnables qui ont este fais depuis le jour de son trespas et
seront faictes doresenavant deuement pour ladicte execution. Et
avecques ce, leur avons donne et donnons plain pouvoir et man-
dement especial de tauxer et ordonner telz gaiges que bon leur
semblera a maistre Jehan Mathion, commis de par eulx a faire
toutes manieres de memoires, descharges, cedules et autres let-
tres touchans le fait de ladicte execution, et aux autres qui a pri-
ser les biens ont vacque et vaqueront pour le fait de ladicte
execution en quelque maniere que ce soit, et generalment de
faire et accomplir le testament, ordonnance ou derreniere vou-
lent^ de nostredit oncle et des codicilles par lui faiz, duquel
et desquelz leur est apparu ou apperra selon leur fourme et
teneur. Mandons en oultre, par ces mesmes lettres, audit mais-
tre Jehan Lebourne que, des biens, deniers et autres choses de
ladicte recepte, paie, face et accomplisse ce que par lesdiz execu-
teurs, les quatre ou les trois d'iceulx, ou leurs commis, lui sera
ordonne et mande par leurs lettres touchans le fait de ladicte
execution, ■ses appartenances et appendances, et tout ce que par
Tordonnance d'iceulx ycellui receveur aura paie, dispense et ad-
ministre, en rapportant vidimus de ces presentes fait soubz seel
royal pour une foiz seulement, et lettres desdiz executeurs ou de
leurs commis, avecques quittances sur ce souffisans, sera alloue
es comptes et rabatu de la recepte dudit receveur, sans aucun
contredit ou difficulte, partout ou il appartendra; car ainsi le
voulons et nous plaist estre fait en faveur de ladicte execution,
nonobstans arrestz, mains mises de par nous esdiz biens, les-
quelz arrestz et mains mises nous ostons et levons par ces mes-
mes presentes et ordonnances, mandemens ou deffenses faictes
ou a faire a ce cont;aires. Mandons et commandons a tous noz
justiciers et officiers et a leurs lieuxtenans que ausdiz execu-
teurs, aus quatre et trois d'iceulx, et a leurs commis et depputez,
en faisant les choses dessusdictes, leurs circonstances et deppen-
dances, obeissent et entendent diligemment. En tesmoing de ce
LETTRES DE CHARLES VI
nous avons fait mettre nostre seel a ces presentes. Donne a Pa-
ris, le vine jour d'aousi, I'an de grace mil quatre et cens et seze,
et le xxxvi'= de nostre regne.
Par le Roy, a la relacion de son Grant Conseil : Gontier.
LETTRES DE CHARLES VI ORDONNANT A ARNOUL BELIN ET A MACE
SARREBOURSE DE DELIVRER AUX EXECUTEURS TESTAMENTAIRES l'iN-
VENTAIRE DES JOYAUX, LIVRES, ETC., RESTE EN LA GARDE DE
ROBINET d'eTAMPES.
Charles, par la grace de Dieu roy de France, a nostre ame et
feal conseillier, maistre Arnoul Belin, nagaires maistre de la
Chambre des comptes a Bourges pour feu nostre tres chier et
tres ame oncle le due de Berry et d'Auvergne, que Dieu pardoint,
et maistre Mace Sarrebourse. clerc de ladicte Chambre, salut.
Les executeurs du testament et Robinet d'Estampes, garde des
joyaulx de nostredit oncle, nous ont humblement expose que
comme ycelui Robinet eust et encores ait pardevers soy plu-
seurs joyaux, livres, biens et autres choses appartenans a ladicte
execution, baillez par inventoire audit Robinet, contenu en un
livre estant en ladicte Chambre des comptes, lequel livre vous a
nagaires este bailie en garde, despost, et commande de par nous
par noz amez et feaulx conseilliers, maistres Guillaume Toreau,
maistre des requestes de nostre hostel, Nycolas des Prez, cor-
recteur en nostre Chambre des comptes a Paris, et Guillaume
Luce, nostre secretaire, ou par Tun d'eulx, commis par nous a
estre presens a faire I'inventoire des biens demourez du deces de
nostredit oncle, desquelz biens ledit Robinet rendroit voulen-
tiers compte et reliquat ausdiz executeurs ou a autres a qui il
appartendroit, pour estre deschargie de ce qu'il baillera et mons-
trera avoir bailie, comme raison est; et comme ledit compte ne
se puisse bonement rendre sans ledit livre, lequel vous n'oseriez
bailler, obstant I'innibition qui par nosdiz commissaires vous a
6 LETTRES DE CHARLES VI
e&te faicte de ne le bailler aucunement sans avoir sur ce des-
charge, mandement et congid de nous, requierent lesdiz execu-
teurs et Robinet sur ce nostre provision ; pour quoy nous, qui ne
voulons ladicte execution aucunement estre retardee, mais ycelle
avancier le plus que faire se peut bonnement, voulons et vous
mandons et expressement enjoignons, et achascun de vous, que,
incontinant ces lettres veues, et nonobstant ladicte innibition,
vous ou Tun de vous aportez ou envoiez ledit livre, feablement
clos et seelle soubz Tun de voz seaulx ou signez, en ceste nostre
ville de Paris, et cellui livre baillez et delivrez realment et de fait
a nos amez et feaulx conseilliers, maistres Estienne de Bray et
audit Nycolas des Prez, correcteurs en nostredicte Chambre des
Comptes, et aux executeurs dudit testament, ou troisd'iceulx, ou
leurs commis et deputez, avec les dessusdiz maistres Estienne
et Nicolas, a o'ir, clorre et affiner les comptes dudit Robinet d'Es-
tampes, qui pour et ou nom de nostredit oncle s'est entremis et
mesle desdiz jovaulx et autres biens de nostredit oncle, pour yceulx
biens et jovaulx tourner. emploier et convertir ou fait de ladicte
execution; et par rapportant ces presentes, ou vidimus d'icelles,
et certiffication desdiz maistres Estienne de Bray et Nicolas tant
seulement d'avoir bailie ledit livre a eulx, nous voulons que
d'icelui vous demorez quicte et descharge envers nous et tous
autres, et vous en quictons et deschargons par ces presentes,
par lesquelles nous mandons a nosdiz conseilliers que, oy et
affine ledit compte dudit Robinet. icellui livre avec Tarrest
dudit compte renvoyent feablement cloz et seelle soubz leurs
signez en ladicte Chambre des comptes a Bourges, et pour cause.
Donne a Paris, le vni<= jour d'aoust. Tan de grace mil quatre cens
et seze et de nostre regne le xxxvi^.
Parle Roy, a la relation de son Grant Conseil, le Roy de Secile
et pluseurs autres presens : Gontier.
INVENTAIRE DES JOYAUX [fol. I.]
INVENTAIRE DES JOYAUX REMIS A LA GARDE
DE ROBINET D'ETAMPES.
QUARTUS COMPOTUS ROBINETI DE STAMPIS, CLSTODIS JOCALIUM DOMINI
DUCIS BITURICENSIS, FINITUS AD ULTIMAM JANUARII, ANNO M^ CCCC"
DUODECIMO, PER MODUM INVENTARII, TRADITUS CURIE PER DICTUM
ROBINETUM DE STAMPIS XXVIII DIE JULLII, ANNO M CCCCO Xllllto.
Le quatriesme compte de Robinet d'Estampes, escuier,
conseiller et garde des joyaulx de tres hault et puissant
prince monseigneur le due de Berry et d'Auvergne, conte
de Poictou, d'Estampes, de Boulogne et d'Auvergne; ou-
quel compte sont reprins en recepte tous les joyaulx et
vaisselle d'or et d'argent, pierrerie, livres et autres choses
quelxconques dont ledit escuier est demoure charge par
ses comptes precedens, et desqueilx il requiert estre acquit-
tie sur iceulx comptes passez et ailleurs ou il appartiendra,
en les rendant en cestui present compte, ouquel sont aussi
contenuz tous les autres joyaulx, vaisselle, pierrerie, livres
et autres choses qui sont avenues a mondit Seigneur de-
puis le derrenier jour de Janvier, I'an mil quatre cens et
unze exclus, que le precedent compte fenist, jusques au
derrenier jour de Janvier ensuivant, I'an mil quatre cens et
douze inclus, dont ledit Robinet d'Estampes a eu congnois-
sance.
8 DECHARGE A ROBINET D ETAMPES
Decharge gcne'rale donnee a Robinet d'Etampes.
Dominus noster Rex per suas patentes litteras, datas vma au-
gusti M cccc xvito, dedit in mandatis magistro Arnulpho Belin,
nuper magistro Camere compotorum Bitturicencis defuncti do-
mini ducis Bitturicensis, et magistro Matheo Sarrebourse, dicte
Camere compotorum clerico, quibus post decessum ipsius pre-
sens liber seu compotus in custodia ct deposito fuerat ex parte
domini nostri Regis traditus, quatinus eumdemafferrent Parisius,
aut apportari facerent sub sigillis suis clausum, et ipsum trade-
rent magistris Nicolao de Pratis et Stephano de Bravo, consilia-
riis suis in sua compotorum Camera, et executoribus testamenti
dicti defuncti domini Ducis, aut tribus ipsorum, seu ab ipsis
commissis una cum dictis magistris Nicolao et Stephano, pro
audiendo claudendoque et affinando compotos Robineti de
Stampis, custodis jocalium ipsius defuncti domini Ducis, depu-
tatis, non obstante inhibitione predictis magistris Arnulpho et
Matheo de non tradendo hunc librum seu compotum absque
ipsius domini nostri Regis mandato et licencia; quern quidem li-
brum seu compotum. auditis compotis dicti Robineti, ordinavit
per predictos suos consilliarios ad dictam Cameram compoto-
rum Bitturicensem sub sigillis suis clausum remitti. Quarum lit-
terarum virtute et aliarum litterarum dicti domini nostri Regis de
mandato datarum anno et die predictis, idem Robinetus, tam de
jocalibus et aliis bonis, de quibus in hujusmodi compoto seu libro
oneratur, que idem defunctus dominus Dux. dum viveret, per suas
patentes litteras confessus fuit recepisse aut tradi fecisse, quam
de aliis bonis et jocalibus, per eumdem Robinetum dictis exe-
cutoribus post decessum dicti defuncti domini Ducis redditis, et
per inventarium de mandato domini nostri Regis factum, tradi-
tis, de quorum traditione per dictum inventarium constitit et
constat, exoneratur et acquittatur prefatus Robinetus. prout in-
ferius super partes dictorum jocalium et bonorum acquittatur
latius. arrestatur dc manu alterius dictorum consilliariorum,
DECHARGE A ROBINET D ETAMPES
quarum vero litterarum regiarum tenores in primo caterno hujus
compoti seu libri sunt inserti, et etiam copia predicti inveu-
tarii sequitur in line hujus libri seu inventarii (i).
(i) Le nom de Robinet d'Etampes paraissant a toutes les pages de I'in-
ventaire, il a paru necessaire de donner ici des details biographiques sur
un personnage qui a joue un role considerable aupres du due de Berry.
comme garde et depositaire de ses precieuses collections.
Le Pere Anselme (VII, 541) a consacre a Robinet d'Etampes quelques
lignes qu'il convient de rappeler : « Robert d'Etampes, seigneur dc
« Sallebris, de Chaumasson et des Roches, conseiller de Jean de France,
rt due de Berry, fut cleve dans la maison et aupres de ce prince qui I'honora
n d'une affection toute particuliere, lui confia ses picrreries et ses tresors, le
(I fit capitaine de sa grosse tour de Bourges et le nomma un des executeurs
f( du testament qu'il tit a I'hostel de Neesle a Paris, en 1416. II etait mort
n en 1442... On trouve Robinet d'Etampes conseiller du Roy, auquel ce
« prince fit donner, le 18 juin 1428, par Guillaume Charrier, receveur
« general de ses finances, 1000 livres monnoie courante pour le recom-
« penser d'une riche chambre de haute lice de la valeur de 600 ecus, qu'il
« luy bailla et delivra liberalement a sa premiere venue en la ville de
« Bourges. » — Charles VII lui fait encore remettre, en 1432, six vingt ecus
d'or pour lui aider a acheter un bon cheval.
Les comptes originaux du due de Berry encore existants nous apprennent
qu'une pension annuelle de 3oo livres etait attachee au titre de garde des
joyaux du due. (Arch, nat., KK 25o, fol. 14, compte de 1413-14). Le 6 de-
cembre 141 3, Robinet d'Etampes revolt 2000 ecus d'or, somme enorme pour
I'epoque, « en recompensation des grosses pertes et dommaiges qu'il a
« faictes durant les divisions et guerres qui nagaire ont este en ce royaume
« et pour lui aider a ediffier au pays de Berry. » (Ibid. fol. 29). Dans le cou-
rant de la meme annee, d'autres dons importants prouvent la faveur dont
il jouit a la cour de Bourges. C'est une houppelande de drap violet cramoisi
de Lucques, valant 12 ecus I'aunc donnee a la Noel (fol. 47); quatre cents
martres de Prusse pour fourrer une autre houppelande de drap de damas
violet, estimees 225 francs (fol. 56 V); un cheval de poil noir valant
1 35 livres (fol 58 v°); enfin 5o ecus pour remboursement des frais de
transport, de Bourges a Besan(;:on, de joyaux offerts au due de Clarence
(fol. 63).
On rencontre en outre dans la maison du due de Berry un Louis
d'Etampes, clerc des joyaux et valet de chambre du prince, et un Jehan
d'Etampes qui prend le titre de secretaire du due (Arch, nat., KK 25o,
fol. 46). Nous ignorons si ces derniers etaient parents de Robinet d'Etam-
pes. Mais il ne faut pas oublier a cette occasion que le due de Berry avait
acquis, des i386 ou 1387, le comtc d'Etampes.
•10 CROIX DES INVENTAIPES Tol. I VO
JOYAULX POUR CHAPELLE
CROIX, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT,
DES INVENTOIRES
1. Et premierement, une petite croix d'argent ou il a un dou-
blet (i) au milieu ei menue pierrerie de voire; contenue en la
iiii* partie du iiii''^ i« fueillet du livre des comptes precedens.
De ista parte dictus Robinetus acquictatur, quia reddita fuit Bitturicis exe-
cutoribus testamenti (2) domini Ducis, j pro convertendo in facto dicte
executionis.
[B, n" ySo. — S G, n" 1200; non prisee].
2. Item, une autre bien petite croix d'argent dore ou il a un
crucefix, Nostre Dame et saint Jehan aux deux costez, et aux trois
bouz de la croix, en chascun, une perle pesant in onces x ester-
lins (3); contenue ou iiii^^ 11^ fueillet dudit livre en la iiii^ partie.
(i) D"apres iS'icot, un doublet serait une pierre fausse, soit en cristal colore,
soit formee d'un paillon ou d'une couche de peinture entre deux verres.
Cette definition conviendrait bien au present article.
(2) Le testament du due de Berry dont le texte est transcrit dans le manus-
crit de Sainte Genevieve donne les noms des executeurs testamentaires. Ce
sont le due de Bourbonnais, le comte d'Eu, le comte d'Armagnac, conne-
table de France, Tarchevcque de Bourges, chancelier du due, et ses con-
seillers I'eveque de Clermont, Teveque de Paris, M' Arnoul Belin, tresorier
de la Sainte Chapelle de Bourges, Robinet d'Etampes, Seigneur de Salbris,
et le confesseur du due au jour de son deces. Le roi de Sicile leur fut pos-
terieurement adjoint. On a vu par les lettres de Charles VII en date du
8 aout 1416, reproduites ci-dessus, que le roi avait designe deux conseillers
de la Chambre des comptes, Etienne de Bray et Nicolas des Prez pour pren-
dre part aux operations des executeurs testamentaires.
(3) La livre, ancienne unite de poids qui correspond a 5oo ou plus exac-
tement 552 grammes, se divisait en 16 onces (a Paris) ou en 12 onccs
(a Lyon et dans le midi de la France). Le marc, mesure specialement reservee
aux matieres d'or et d'argent equivalait a huit onces ou a une demi livre.
A la fin du regne de Charles VII, le marc d'or valait cent livres, et le marc
d'argent huit livres quinze sols (Littre). L'once etait divisee par les orfevres
CROIX nES INVENTAFRES fol. 2 II
K. — Dicta crux data fuit per Dominum Matheo Sarrebourse (i), ejus cle-
rico, [ut] constat per mandatum suum super secunda parte xliiii*' folii hujus
compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eadem.
[B, n" 739].
3. Item, une belle croix d'ivoire, oii il a un crucetix, Nostra
Dame et saint Jehan aux deux costez, et deux angels dessus, te-
nant le soleil et la lune ; et dessus la teste du crucefix un angel
tenant un roolet, et aux iiii bouz de ladicte croix les iiii euvan-
gelistes; laquelle siet sur un pie d'ivoire fait de ma^onnerie gar-
nie de pluseurs ymaiges, non poisee; contenue en la viii= partie
dudit iiii^x 11= fueillet.
Ista crux, de ordinacione dominorum executorum et comissi ex parte do-
mini Regis apud Bitturicas, remansit ibidem in capelia domini-Ducis. Et idee
acquittatur hiq. dictus Robinetus.
[B, n° 753. — S G, n° 1201 ; non prise].
4. Item, une petite croix d'argent dore ou il a un crucefix, et est
garnie de faulse pierrerie ; contenue en la n= partie du xlvii^ fueil-
let dudit livre.
Ista crux reddita fuit Parisius per dictum Robinetum d'Estampes executo-
ribus testamenti defFuncti domini Ducis, virtute litterarum domini Regis su-
perius transcriptarum cum omnibus aliis partibus in presenti inventario con-
tentis, exceptis illis de quibus alias iste Robinetus in Camera compotorum
dicti domini Ducis in Bitturicis fuit exoneratus; pro ipsis convertendis in
facto dicte execucionis. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie.
[B, n" 387. — S G, n» 828; prise x sous t.]
5. Item, une autre petite croix d'argent dore oil il a un crucefix
en vingt esterlins, chaque esterlin en deux mailles, chaque maille en deux
felins et chaque felin en sept grains et un cinquieme.
D'apres ces evaluations, la livre valant 552 grammes, I'once, seizieme
partie de la livre equivaudrait a 34 gr. 8 dec, et I'esterlin a i gr. 7 dec, et
ainsi de suite. Mais ces rapports entre les anciennes mesures et les nou-
velles sont sujets a contestation, en raison de la variete extreme des mesures
suivant les temps et les lieux.
(i) Mathieu Sarrebourse, secretaire et Fun des clercs des comptes du due
de Berry, aux gages de 20 sous tournois par jour (Arch, nat., KK 20, fol 25o),
etait de la part de son maitre I'objet de frequentes liberalites. Tantot, c'est
une robe a I'occasion de la Toussaint (fol. 21); tantot le don de 32 liv.
1 5 sols pour acheter un cheval (fol. 3i); tantot une gratification de
100 livres (fol. 32); tantot des fouriures pour garnir la robe de sa
femme.
12 CROIT DES INVENTAIRES ffol. 2)
d'argent. garnie de chaitive pierrerie, non pesee ; ainsi declaree en
la ix= partie du Lxviiie fueillet dudit livre.
Acquittatur hie iste Robinetus de ista cruce causa in margine supra.
[B, n" 638. — S G, n° 202 ; non prisee].
CROIX TANT d'oR ET d'aRGENT, COMME AUTI^EMENT,
ACHATEES PAR MONSEIGNEUR.
6. Item, une croix de pierre serpentine, non garnie, laquelle
Monseigneur achata ja pieca; ainsi declairee en la premiere par-
tie du 11'-^ Lv= fueillet dudit livre.
Reddita fuit executoribus Parisius, pro convertendo in facto dicte execu-
cionis, ut supra. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de eadem.
[S G, n° 829; prisee v sous t.]
7. Item, une petite croix d'or, d'ancienne facjon, nommee la
croix au serpent, ouvree a jour, en laquelle a par devant un cru-
cefix, et derriere un ymaige de Nostre Dame qui a les mains
joinctes, estant sur un croissant, tout de haute taille; et au des-
sus du crucefix, ou hault de la croix, a i saphir, iii balez et vi per-
les a jour, et en chascun bout de braz qui va au travers de la-
ditte croix a ung balay a jour et in perles, et au bout d'embas
d'icelle croix a un long clou de fer oil il a dessus une perle;
et siet ladicte croix sur un pie d'or esmaillie en maniere
d'une roche ou il a par dessus un lezart d'or de haute maille
[taille]; et a Tentour dudit pie a escript : Michi absit gloriari
nisi in cruce domini nostri Jhesu Christi; et siet sur iiii lezars
d'or; contenue en la premiere partie du vi"^ x^ fueillet du livre
desdits comptes.
Reddita fuit Parisius executoribus, prout supra. Et sic acquittatur dictus
Robinetus, ut supra.
[S G, n" 1 43 ; prisee xiir L liv. 1. 1
8. Item, une croix de jaspre garnie d'or en laquelle a, ou mi-
lieu d'un des costez, un crucefix d'or, et aux quatre bouz iiii es-
maulx d'or ou sont les iiii euvangelistes. esmaillies aux armes
CROIX ACHETEES PAR MONSElGNEUR (fol. 3| I 3
d'Estampes (i); de I'autre coste a ou milieu un autre ymaige
d'or de Nostre Dame tenant son enfant ; et aux iiii bouz iiu es-
maulx aux armes de monseigneur le Due (2);et siet ladicte
croix sur un pie de jaspre fait a pans, garni d'or, ouquel sont
entailldes les armes de mondit seigneur le Due, pardessoubz
un entablement d'argent dore fait a pilliers, entour lequel a
plusieurs esmaulx en fa(;on de lozanges ausdictes armes;
laquelle croix est plus a plain declairee en la derreniere
partie du ni'-^ xlix'^ fueillet du livre desdiz comptes precedens.
Sur le pid de laquelle croix a une croix du fust de la vraie croix
qui a esx6 prinse d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet
de Dampmartin (3), declaire en la premiere partie du xii« fueillet
(i)Les joy aux avec les armes d'Etampes sont assez communs dans I'in-
ventaire du due de Berry. L'explication de leur presence est facile k donner.
Louis d'Evreux, comte d'Etampes, tit donation entre vits, en i38i, du comte-
pairie d'Etampes a Louis I", due d'Anjou, ne se reservant que I'usufruit.
A la mort du due d'Anjou, sa femme et ses enfants transporterent leurs
droits sur Etampes a Jean, due de Berry, en echange de la principaute de
Tarente. A son tour, Jean substitua, en iSSy, ses droits a son frere le due
de Bourgogne. Aussi, apres la mort de Louis d'Evreux (1400) jusqu'au
i5 avril 141 5, le due de Berry fut-il regarde seulement comme usufruitier du
comte d'Etampes. II semblerait que le comte d'Etampes possedait une asse^
grande quantite d'objets precieux; c'est peut-etre ce qui avait decide le due
de Berry a negocier I'acquisition de ses biens.
(2) Les armes du due de Berry etaient de France a la bordure engrelee de
gueules. Voyez les sceaux des Archives Nationales (tome I de I'lnvent.,
u"' 419 a 429), et le P. Anselme, tome III, p. 208.
(3) Plusieurs personnages portant le nom de Dammartin, (c'etait peut-etre
le lieu de leur naissance), figurent dans I'lnventaire ou dans les comptes du
due de Berry. L'article 14 fournit une indication precieuse sur la situation
et la fortune de Bureau de Dammartin. Un marchand qui pretait sur gages
la somme de 18000 livres, occupait certainement une haute position dans
le commerce parisien; aussi parait-il fort probable que c'est a lui que fut
infligee une amende de 2000 francs, en 1403, pour pret usuraire (Voy. le
Journal de Nicolas de Baye tome I, yS-yS). Le meme personnage, a qui est
donnee cette fois la qualite de tresorier de France, est charge par la cour de
Parlement de prendre en depot un rubis balai, nomme le balai David, estime
7000 ecus, que le due de Berry reclamait a un certain Adam Dupuis (Voy.
Arch, nat., KK 2 5o, fol. 77 V). Simonnet de Dammartin nomme dans le
meme article que Bureau pourrait bien etre son frere et son parent. Enfin
le compte du due de Berry deja cite (KK 25o, fol. 107 et 144) nous apprend
I'existence d'un Geoffroy de Dammartin, secretaire du due qui rei;oit
de son maitre en 1414, un don de 200 livres tournois, « en recom-
pensation de ses services et des pertes qu'il avait subies par suite des
14 CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR (fol. 3)
dudit livre. Pour ce icy ladicie croix ainsi faicteet garnie comme
dit est.
Reddita fuit Parisius executoribus, pro ipsa convertenda in facto exe-
cucionis dicti domini Ducis. Et sic de eadem dictus Robinetus acquittatur.
[S G, n" 1 195; prisee ladicte croix par Albert du Molin et Julien Simon,
marchans et bourgoiz dc Paris, expers et cognoissans a ce, lesquelz ont
pese ladicte croix, et poise ix marcs et demi, et a este prisee cl liv. t.]
9. Item, une croix d'or garnie de xxv balais (i) et de xxiiii
grosses perles a jour, laquelle Monseigneur achata de Micliaut
de Lalier [i], bourgeois et changeur de Paris, le xxir jour
d'aoust, I'an mil quatre cens et quatre, pour le pris et somme
de 11™ ii'" liv. t.; dedens laquelle a une croix a double croisde
qui est du fust de la vraie croix, que messire Jehan de Chas-
teaumorant donna a Monseigneur ou mois de juing, Pan dessus-
dit mil CCCC et 1 1 II; contenue en la penultieme partie du
vi'^^ x= fueillet dudit livre.
Reddita fuit Parisius executoribus, pro ipsa convertenda in facto dicte
execucionis. Et sic acquittatur hie dictus Robinetus, prout supra.
9 bis. Item, un pid d'argent dore sur quoy siet ladicte croix;
contenu en la derreniere partie dudit vi^'^ x'^ fueillet.
Dictus pes redditus fuit Parisius, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus
Robinetus de eodem.
[S G, n" 144; prisez ensemble (la croix et le pie) ii" 11' l liv. t.]
10. Item, une petite croix d'or en laquelle a une croix du fust
dissensions intestines de la France. » Ce meme Geoffroy avait ete place
par le due de Berry aupres du roi Charles VI. Etait-ce pour le proteger ou
le surveiller? Le compte sur ne s'explique pas ce point delicat.
(i) D'apres M. de Laborde {Glossaire des Emaiix) on aurait distingue au
moyen age le rubis balais du rubis d'Alexandrie, d'apres leur nuance. Le
rubis balai serait une pierre d'une qualite inferieure. Douet d'Arcq {Comptes
de VArgeyiterie, i85i, p. 35o) dit que le rubis balai etait d'un ton vermeil
et le rubis spinelle couleur de feu. Notre inventaire offre une des plus belles
collections de rubis qui aient ete formees au moyen age.
(2) Michel de Laillier, concessionnaire avec Jean Tarenne ou Taranne,
des trente-deux loges edifices sur le pont Saint-Michel (Sauval, t. Ill, p. 271),
etait un personnage d'importancc. II figure parmi les executeurs testamen-
taires de Charles VI {Chronique du Religieux dc Saint-Denis, x.. VI, p. 497).
Un Michel dc Laillier se mit a la tcte du mouvement populaire qui favorisa
I'entree des troupes royales a Paris en 1436, et fut nomme prevot des mar-
chands, des le 14 avril de la meme annee, par le connetable de Richemont.
CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR (fol. 3 vo) I 5
de la vraie croix, couverte d'une croix de cristal, ou milieu de
laquelle a un gros balay en fai^on de targe ( i ) qui est de la pierrerie
d'un fermail d'or en fa^on de couronne a plain declaire en la
1111'= partie du iii^' ii'^ fueillet du livre des comptes precedans; et
en chascun des iiii bouz de ladicte croix a une grant esmeraude
dont les iii sont quarrees; et les achata Monseigneur de Jehan
Sac, (2) marchant, ou mois de decembre. Fan mil CCCG et V,
chascune i^" escuz; et Tautre est en facon d'une lozange, et la
donna monseigneur de Bourgoigne a Monseigneur en un fer-
mail en fa^on d'un rabot (3), le vf jour de may Tan M CCCG VI.
Et siet ladicte croix sur un pie d'argent dore; laquelle croix
et pie sont plus a plain declairez en la ni^ et derreniere partie
du u"-' Inii' fueillet du livre desdiz comptes precedens. Pour ce
icy ladicte croix ainsi faicte et garnie, comme dit est.
Dicta crux reJdita fuit Parisius, ut supra. Et ideo acquittatur hie iste Ro-
binetus.
[S G, n" 571 ; prisee par Albert du Molin et Julien Simon, et I'ont poisee,
et Tor d'icelle poise avec le cristal et pierrerie mi marcs xv esterJins, et le
pie qui est d'argent dore poise iiii marcs vn onces xv esterlins; et prise
tout ensemble xii" escuz d'or, valent xiii" liv. t.]
(1) La targe etait un bouclier carre et recourbe, comme une section de
cylindre. Voy. au n" 4o3 une emeraude sur fafon de targe.
(2) Le testament de Nicolas Pigasse public par M. Tuetey dans son Clioix
de testaments enregistre's an Parlement de Paris (page 442) nous
apprend que Jean Sac avait deux freres, Barthelemy et Jacques, comme
lui originaires de Genes et etablis a Paris. Tons trois figurent parmi. les
executeurs testamentaires de leur compatriote Pigasse. Un Jean Sac, con-
seiller de Charles VI, re^oit du roi le don d'une maison venant de P. de
I'Esclat (Cf. Longnon, Paris pendant la domination anglaise.) Mais ce
dernier est-il le meme individu que le marchand genois du due de Berry?
(3) On trouve une description de ce curieux joyau bien plus detaillee dans
les comptes des dues de Bourgogne donnes partiellement par M. Ernest Petit
a la suite de leurs itineraires. L'article de ce compte (page 585) merite d'etre
reproduit ici : « Le 1" de may le due de Bourgogne tit don au due de Berry
« d'un grand rabot au vif assis sur un grand ais, et dedans la vuidange
rt d'icelui ou est le sciseau il a de la raboture, ledit rabot garny d'^une
« grosse perle et d'une belle emeraude fa^onnee en losange, auquel rabot
« pend un gros diamant pose sur un anneau, et au coing du rabeau il y a
« un diamant fait en escusson. Le due en donna un pareil au due d'Or-
« leans le 6 de may 1406, qu'il disna avec lui. »
Le Dictionnaire arche'ologiquc de V. Gay contient plusieurs dessins de
ferrnails a couronne employes comme agrafes de chapes ou de manteaux.
1 6 CROIX UONNEES A MONSEIGNEL'R tol. 4;
II. Item, ung pie d'argent dore, sur quoy sieoit une petite
croix d'or, nommee la petite croix aux esmeraudes, declaree en
la derreniere partie du vi'^'^ xi'= fueillet des comptes precedens,
lequel pie est fait en maniere de tabernacle, ou il a un petit
ymage de Nostre Dame de taille ; et au dessoubz, par devant, a un
ymage de saint Jehan Baptiste tenant un Agnus Dei, et darrieres
saint Andrieu, et entour les armes de Monseigneur d'enle-
veure (i); lequel pie Jehan Chenu, orfevre de mondit seigneur.
a fait; et est contenu en la premiere partie du vi^^ xiF fueillet
dudit livre.
Dictus pes redditus fuit Parisius executoribus testamenti dicti domini
Ducis; convertendum in facto sui execucionis. Et sic dictus Robinetus hie
acquittatur.
[S G, n" r3oi; lequel pie Ten dit avoir este prise avec une petite croix
d'or prisee xii' escuz, dont ledit commis fait recepte ci-devant.]
CROIX, TANT D OR ET IJ ARGENT COMME AUTREMENT. DONNEES
A MONDIT SEIGNEUR.
12. Item, une petite croix d'or garnie de quatre camahieus (2)
aux 111! bouz, un camahieu ou milieu, de v saphirs et vui perles
pendant a une petite chaiennette d'or ; et darriere a un lieu pour
mettre une croix; laquelle croix ainsi garnie madame la Du-
chesse (3) donna a Monseigneur aux estraines, le premier jour
(i) Sur les metaux I'enleveure est un relief obtenu par la fonte, le repousse
ou I'estampage. Quand il s'agit d'autres matieres, ce terme signifie une
sculpture proprenient dite ou une application. Voy. ci-apres n"' 60 (Annon-
ciation d'enleveure), 66 el 626 (feuillages d'enleveure).
(2) Le mot camahieu parait indistinctement applique a cette epoque aux
camees sur pierre dure et aux intailles (Voyez les nombreux exemples cites
par L. de Laborde et V. Gay). On pent admettre que ce terme comprenait
aussi bien les pierres a plusieurs couches, onyx ou sardonyx gravees en bas-
relief (camee), qu'aux cornalines, grenats, ou autres pierres fines gravees en
creux (intailles). Voyez plus bas I'article relatif a un « annel d'or ouquel est
le visage de Monseigneur contrefait en une pierre de camahieu »(n°' 606, 61 1).
(3) Le due Jean de Berry epousa en premieres noces, le 24 juin i36o, —
il n'avait pas encore vingt ans, — Jeanne, fiUe de Jean I, comte d'Armagnac
et de Beatrix de Clermont. 11 en eut cinq enfants : Charles, Jean, Louis,
Boune (qui epousa Aime VII de Savoie), puis Bernard VII d'Armagnac
CROIX BONNEES A MONSEIGNEUR 'fol. 4 V°) 17
de Janvier Fan mil CCCC et VI 11, et est la iii^ partie du
ii'^ iiii'"' xii= fueillet dudit livre desdiz comptes.
[S G, n" 145; prise vii" liv. t.]
i3. Item. Line grant branche de corail vermeil, sur laquelle a
un crucetix d'argent dorc% N<3stre Dame et saint Jehan aux cos-
tez, et y a plusieurs angels tenant bannieres aux armes de Mon-
seigneur, seant sur un pie d'argent dore ou il a deux escu^-ons
aux armes de Roddes [i] et deux autres aux armes du grant
maistre de Roddes qui donna ceste croix, ainsi faicte et garnie
comme dit est. a Monseigneur, le xxiF jour de Janvier Tan mil
CCCC et neuf; contenue en la if partie du n'-' nii^^ xin'^ fueillet
dudit livre.
Iste due partes accolate [12, i3] reddite fuerunt Parisius execulorihus
testarnenti domini Ducis; -j- convertendum in facto sui execucionis. Et sic ac-
quittatur dictus Robinetus.
fS G, n° 85o; prise xvni liv. t.]
GRANS JOYAULX ET TABERNACLES
14. Item, un grant joyau d'or, de trois piez et demi de hault
et de pie et demi de large, ou environ, ouquel joyau a tout au-
dessus un trosne ou il a le Pere, le Filz et le Saint-Esprit tenant
une croix garnie de quatre grosses perles aux quatre bouz; et
en la poictrine dudit Pere a un fermail garni d'un ruby et de
trois perles; et autour dudit trosne a ix fermaillez, garni chas-
cun fermaillet d'un gros balay et de x grosses perles, qui font
et enfin Marie. Devenu veuf le i5 mars iSSg, le due de Berry, epousa,
par contrat du 5 juin suivant, Jeanne, fille de Jean II, comte d'Auvergne et
de Boulogne et d'Elconore de Cominges. II n'en eut pas d'enfants. Apres la
mort du due de Berry, Jeanne d'Auvergne se remaria, le ig novembre 1416,
avec Georges, seigneur de la Tremouille, et mourut sans laisser d'enfants,
en 1423 ou 1424. Le due de Berry lui avait assigne pour la depense de sa
maison, par lettres du 12 octobre 1413, la somme de gSoo francs (Arch.
Nat., KK25o, fol. 16 v°).
(i) Les armes de Rhodes etaient de gueules a la croix pattee d'argent.
l8 GRAMbS JOYAUX Et tabermacles [fol. 5]
iiii^^ X perles; et darriere ledit trosne a un grant bassin garni
de XII gros balaiz, v gros saphirs et de lxxii grosses perles, et y a
deux angels qui tiennent ledit trosne ; et au dessoubz dudit trosne
a un gran cristal roont ou il a de la robe Nostre Seigneur, garni
de II balaiz, ii saphirs etxii perles; et dedens ledit tabernacle qui
est fait de mai;onnerie, a une Annunciation; et, d'un coste, un
saint Georges ; et, de Tautre coste, un saint Michiel ; et issent deux
angels dudit tabernacle, qui tiennent chascun un escu en maniere
de targe; et au bout d'embas dudit joyau a deux ymaiges, Tun fait
pour monseigneur le Due, et Tautre pour madame la Du-
chesse, esmaillez de leurs armes (i). Et est garni ledit joyau de
i.xiiii balaiz, que grans que moiens que petis, de xlvii saphirs,
que uns que autres, de ii rubiz, ii dyamens et de ii*-^ xxvi perles,
que grosses que moiennes que petites. Et poise ledit joyau
vi^^ IX marcs vii onces d'or ou environ. Lequel joyau monsei-
gneur le Due a recouvre de Bureau de Dampmartin, bourgois
et marchant de Paris, auquel il I'avoit bailie en gaiges et seurte
de la somme de xviii'" xxiii livres xix sols ix deniers t., en quoy
il estoit tenu audit Bureau, comme il appert par la correction
faite sur la partie de ce mesmes joyau declaire ou vi^^ xrx fueillet
du livre des comptes precedens.
De isto jocale, virtute mandati domini Ducis dati xxvi« die maii
MCCCCXVI", dictus Robinetus acquittatur hie de vi'" ix marcis vi onciis
auri, quia traditi fuerunt magistro Matheo Heron (2), videlicet vi" 11 marci
iiioncie cumstellino et semi,et residuum cecidit in diminuatione; pro quibus
VI" II marcis in onciis cum dicto steliino et dimidio dictus magister Matheus
Heron tradidit litteram suam de receptione eorumdem, datam 1111° octobris
MCCCCXV.
(i) Voyez la note de I'article 8, pour les armes du due de Berry. Jeanne
d'Armagnac, sa premiere femme, cclie dont il est probablement question
ici, portait : aux i" et au 4° d'argent au lion de gueules, aux 2° et 3° de
gueules au lion leoparde d'or, pour Rodez.
(2) Mathieu ou Mace Heron etait conseiller et tresorier general du due
de Berry « commis au gouvernement de toutes finances es pays de Lan-
guedoc et duche de Guyenne » (en 141 3). 11 re<;ut directement du due beau-
coup de joyaux, et Robinet d'Etampes en fut decharge sur sa declaration,
comme on le voit ici. Heron devint, apres la mort de son maitre, tresorier
general dc France. II occupait ce poste en 1423 et mourut avant 1426 (Voy.
Longnon, Paris pendant la dominatioti anglaisc, p. 217).
TABLEAUX ET RELIQl'AIRES DES INVENTAIRES [fol. 5 V"] 1 9
Caveatur quod dictus Robinetus respondeat de gemmis pretiosis.
Dicte gemme integre redduntur executoribus per dictum Robinetum in
diversis modis et partibus, tarn in natura quam pro donis factis pluribus
personis per dictum dominum Ducem, ut plenius constat per inventarium
sequentem, ubi partes et litlere redduntur ut ibi.
TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIZ JOYAUX, TANT D OR ET D ARGENT
COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES.
i5. Item, uns tableaux de bois, ou il a Line Pitie d'une part,
et, de Tautre part, un ymaige de Nostre Dame tenant son en-
fant, et son faiz de noir et de blanc; ainsi declairez en la ii<= par-
tie du xvin"-" fueillet du livre des comptes precedens.
[B, n" 53. — S G, n" 14G ; prise l sous t.]
16. Item, un tableau de bois bien ancien, oil il a un ymaige
de Nostre Dame et entour un Dieu et plusieurs demis ymaiges
d'appostres d'argent dorez, et par darriere sont hachees (i) les
armes de Monseigneur, pesant tout avec Line courtine de bro-
deure vii marcs ii onces x esterlins ; contenu en la vii'^ partie
du xxxi^ fueillet dudit livre.
Isti tabular iredditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum;
convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis j. Et ideo acquittatur
hie.
[S G, n" 572 ; prise xlv liv. t.]
17. Item, un reliquiere d'or en fai;on d'une tour, que le Roy
des Romains (2) donna a Monseigneur, ouquel a plusieurs reli-
qLies envelopees en cendal [3) vermeil contenues dedens Lin cris-
(i) Travail consistant en traits creux, simples ou croises, execute par des
ouvriers speciaux nommes hacheurs. De la vient le terme de hachures
applique au dessin. Voyez plus loin : bassins hachies a feuillages et a ours
(n- 706); ... hachie de lettres grccques (n°' 746, 747); dragouer hachie a
paons (n" 1 124), etc.
(2) Sigismond, elu empereur en 1410, roi de Hongrie, puis roi des
Romains, fit une entree solennelle a Paris, le i" mars 1416 (Voy. Douet
d'Arcq : Choix de pieces inedites relatives au rcgne de Charles VI, t. i,
p. 382). II mourut le g decembre 1437.
(3) Le cendal etait une etoffe de sole ou de bourre de soie tres legere,
employee surtout pour les doublures. Elle servait aussi, avec le samit, a
20 Tableaux et relIquairES des in'VEn'taires [t'ol. 6]
tal; ouquel reliquiere a deux balaiz, deux saphirs et viii perles,
et dessus en maniere d'un fretelet (i) un balay et viii perles;
pesant i marc vii est. obole. Contenu en la xi'^ partie du xxxhf
fueillet du livre dessus dit.
K. — Constat per mandatum datum super ultima parte clxiiu'' t'olii hu-
jus compoti redditum, quod reliquie que erant in presenti reliquiari fue-
runt ab eodem amote et posite in alio reliquiari, sive vase cristalli, ar-
gento munito, in quo erat una pecia unius de costis sancte Katherine.
Que quidem pecia etiam fuit a dicto vase cristalli amota et postmodum in
presenti reliquiari posita et cum dicto present! reliquiari missa et data
Regine Yspanie (2), et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de dicto reliquiari
ac etiam de dictis reliquiis, eo quia de ipsis oneratur inferius super ter-
tia parte xxvi" folii presentis compoti.
[B, n» 244.]
18. Item, un autre petit reliquiere d'or en maniere d'une tour,
dedens lequel a un petit ymaige de Nostre Dame d'or, garni en
Tentour de petites perles, et y fault le fretelet; non poisie.
[B, n" 662 — S G, n° 147 ; prise xi liv. t.]
19. Item, uns petis tableaux d'argent dore a pignon, ou il a
par dedens un Crucifiement et un Sepulchre, par dehors une
Annunciacion d'esmail; non poisie.
Iste due partes accolate [18, 19], reddite fuerunt Parisiiis per dictum Ro-
binetum executoribus; convertendum ut supra. Et sic acquittatur hie.
Ilz sont contenus en la derreniere et premiere parties du Ixxii" et Ixxiii'
fueillez dudit livrc.
[B, n° 663 — S G, n° 148 ; prise xx sous t.]
20. Item, un petit reliquiere d'or, ou il a une des dens de I'en-
fance Nostre Dame, garni d'un saphir longuet percie, v grosses
perles, vi rubiz, vi dyamens poinctus et de xxiui perles moien-
nes; lequel reliquiere estoit d'un ymaige d'or de Nostre Dame
fabriquer les etendarts et les V(^tements. On la tirait d'Orient ou d'ltalie;
elle etait ordinairement teinte en rouge (Voy. F. Michel : Recherches sitr le
commerce des etoffes d'or et d'argent, tome i, p. 198-221).
(i) Le fretelet, fruitelet ou fritelet, etait un ornement en forme de bouton,
de fleuron ou de fruit surmontant le couvercle des vases, le pignon des chas-
ses ou le sommet d'un objet quelconque. (Voy. L. de Laborde et V. Gay.)
(2) Catherine, fille du due de Lancastre, et femme de Henri III, dit le
Malade, roi de Castille de i Sgo a 1406. Par sa mere Constance, elle etait
petite-fiUe de Pierre le Cruel, et fut regente, apres la mort de son mari,
jusqu'a sa mort survenuc en 1418.
TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 6 V] 2 1
qui a este despecie, dont mencion est faicte en la iii= partie du
x= fueillet du Hvre des comptes precedens.
K. — Constat per mandatum datum super primo articulo n'''' pagine
Lii''' folii hujus libri, quod dominus Dux dedit in uno magno tabulo auri
dictam dentem infancie Virginis Marie Ecclesie Parisiensi. Et ideo acquit-
tatur hie de eodem dictus Robinetus.
Et dictum reliquiare redditum fuit Parisius execuloribus, ut superius. Et
ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n° 3 donne de cet article une description plus dclailiee qu'on trouvcra
ci-apres.]
21. Item, un autre petit reliquiere de crista! garni d'or, sans
pierrerie, lequel estoit d'un ymaige d'or de Nostre Dame qui a
este despecee; dont mencion est faicte en la iiii^ partie du
xiiii^ fueillet dudit livre.
[S G, n° 149 ; prise xxiii liv. t.]
22. Item, une palme d'or seant sur un cristal en maniere de
reliquiere, sans pierrerie, lequel estoit d'un ymaige d'or de saint
Jehan Euvangeliste, dont mencion est faicte en la v^ partie du
xnn*^ feuillet dessusdit.
[S G, n° i5o.]
23. Item, un autre reliquiere de cristal garni d'or, sans pierre-
rie, qui estoit d'un ymaige d'or de saint Pierre; dont mencion
est faicte en la iii'-' partie du xv^ fueillet dudit livre.
[S G, n° i5i ; prise xxx liv. t.]
24. Item, un petit tabernacle de maconnerie d'argent dore, oil
il a une Annunciacion et pluseurs ymaiges esmaillez, seant sur
nil petitz leoneaux, pesant ii marcs n onces. Contenu en la
v« partie du lxxiii<^ fueillet dudit livre.
Iste nil" partes accolate [21 a 24] redduntur Parisius execucioni dicti
domini Ducis; convertendum in facto sui execucionis. Et sic acquictatur hie
dictus Robinetus.
[B, n° 667. — S G, n"> i52.]
25. Item, deux tableaux de bois ou est I'imaige de la Vero-
nique. Contenus en la vi<^ partie du nii^^ ye fueillet dudit livre.
[B, n" 772. — S G, n° i53 ; prise xxv sous t.]
26. Item, ungs petis tableaux d'argent dorez, garni I'un dcs cos-
tez de voirre bleu, oil il a par dessoubz le Crucifiement d'argent,
Jehan Baptiste et saint Jehan Euvangeliste, et de I'autre coste
22 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIPES [fol. 7]
de voirre vermeil ou il a d^ssoubz un ymage de Nostre Dame,
saincte Katherine et la Magdelene; pesant avec le voirre i marc
2 onces. Ainsi declarez en la vii= partie dudit iiii'^'' v« fueillet.
[B, n° 773. — S G, n" 83i ; prise vii liv. t.]
27. Item, un petit joyau d'or, ouquel a un Dieu issant du se-
pulchre, fermant a deux petitz huissellez(i),esmaillie par dehors
a deux ymaiges de saint Pierre et de saint Pol, et darriere a
une Annunciacion, et entour v grosses perles et ix petites;
pesant tout, avec le laz qui y pend, i once i5 esterlins. Ainsi
declare en la ii<= partie du xlvi= fueillet dudit livre.
[B, n" 38 1. — S G, n° i54; prise xvi liv. t.]
28. Item, deux autres tableaux garnis d'argent, en Tun des-
quielx a un Crucifiement, et en I'autre un ymaige de Nostre
Dame tenant son enfant en son giron; esquielx a pluseurs demiz
ymaiges d'appostres de pincture et de pierrerie de petite valeur ;
pesant tout ensemble ii marcs vii onces n esterlins obole.
Istc quatuor partes [2 5-28] reddite fucrunt Parisius per dictum Robine-
tum executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n° 399. — S G, n" 832 ; prise xvi liv. t.]
29. Item, un autre tableau de bois d'ancienne facon, garni les
bouz d'argent sur Fun des costez, et Tymaige qui est oudit ta-
bleau est fait de poins de marqueteure; non poisie.
[B, n° 400. — S G, I 55; prise iiii liv. t.]
30. Item, un autre tableau de bois oti il a un ymaige fait de
marqueteure (2), et entour garni d'argent a ouvraige de Damas (3);
non poisie.
(i) Diminutif de huis: petites portes.
(2) La marqueterie etait deja tres repandue en Italie et bien connue en
France a cette epoque. Voyez sur la proposition faite au due de Berry,
en 1408, par Pierre Le Fruitier, dit Salmon, de lui envoyer d'ltalie un
fameux « intarsia'tore », I'article de M. A. de Champeaux publie dans la
Gazette des Beaux-Arts (2° periode, tome xxxviii, p. 409-415) sous le titre :
Les relations du due de Berry avec I'art italien.
(3) Ce terme s'applique a des objets tres divers, tantot a des metaux,
tantot a des verreries ou a des etoffes. Mais quand il s'agit, commc ici, de
matieres d'or ou d'argent, il parait designer plus specialement un travail de
damasquinure, procede qui tire son nom du lieu suppose de son originc
(Voy. plus loin les art. 225, 269,315, 744, 102 ij.
TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 7 V^] 2 3
Iste 11" partes accolate [29, 3o] reddite fuerunt Parisius per dictum Robine-
tum executoribus; convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis. Et
ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n" 40 1 . — S G, n" 1 56 : prise Ix sous t.l
3 1. Item, uns autre tableau de bois ou il a un ymaige de
paincture d'ancienne facon, et est ledit tableau d'un des costez
couvert de fueilles d'argent dorees ouvrees; non poisie.
[B, n" 402.]
32. Item, uns petis tableaux de broderie, ou il a une Pitie de
Nostre Dame tenant son enfant ij qui s'entretiennent, a deux
petites charnieres; non poisie.
Iste partes cum iiu"'' aliis partibus immediate sequentibus [3i-36] reddite
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ul supra. Et acquitta-
tur hie dictus Robinetus.
fB, n° 403. — S G, n" i 5y ; prise lx sous t.]
33. Item, un grant tableau de bois, ou il a ou milieu un
ymaige de Nostre Dame de pourcelaine 12) et plusieurs autres
ymages de pourcellaine autour de la vie Nostre Seigneur ct
de Nostre Dame; garni d'un des costez a Tentour d'argent dore
a I'euvre de Damas; non poisie.
[B, n" 403. — S G, n" 833; prise xvi iiv. t.]
34. Item, uns tableau de bois en quatre pieces, ou il a quatre
demiz ymaiges de paincture, c'est assavoir une Pitie de Nostre
Seigneur, un ymaige de Nostre Dame et deux ymaiges de saint
Pierre et de saint Pol; non poisez.
[B, n" 406. — S G, n" i58; prise xiii Iiv. x s. t.]
35. Item, un autre tableau de bois, de paincture, oil il a un
ymaige de Nostre Dame tenant son enffant, et en Tautre main
un livre, et devant ledit ymaige, a Tun des costez, est le Roy
(i) II faut peut-etre lire ici « une Pitie et Notre Dame tenant son enfant »,
le tableau formant deux compartiments et par suite deux sujets.
(2) M. L. de Laborde dit que le mot pourcelaine designe presque toujours,
au moyen age, la nacre tiree de diverses coquilles marines. Cependant,
il semble dispose a reconnaitre que la porcelaine de Chine avait penetre
dans nos pays des le quinzieme siecle. L'explication du mot porcelaine qui
prevaut dans le Glossaire des Emaiix, se concilierait malaisement avcc
certains articles de notre inventaire, tels que plats ou ecuelles de pource-
laine (n" 731, 83o).
24 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 8]
Jehan et Monseigneur de Berry darrieres, et, de Tautre coste, un
evesque tenant sa croce et un livre devant lui; non poisie.
[B, n" 407. — S G, n" S34; prise xm liv. x s. t.]
36. Item, uns tableaux de bois a pignons, en vii pieces, faiz de
paincture, de la vie monseigneur saint Lorens; et ou tableau du
milieu a un Cruciliement, Nostre Dame et saint Jehan aux cos-
tez; non poisez.
[B, n" 408. — S G, n' S35; prise lvi liv. t.]
37. Item, deux petis tableaux d'ivoire, en deux pieces, ou il a
deux ymaiges esmaillez, Tun de saincteAnne et Tautre de saincte
Katherine, garniz d'or entour; non poisez.
[B, n° 409. — S G, n" idq; prise xxiv liv. t.]
38. Item, uns autres tableaux de bois roons, en deux pieces,
en Tune desquelles a un ymaige de Nostre Dame alettant son
enffant et deux angels aux deux costez, et en Tautre saint Jehan
euvangeliste escripvant en un roolleau : In principio etc., et un
aigle (11 devant lui qui lui tient son escriptoire: non poisez.
[B, n" 41 1. — S G, n° 836; prise xlv sous t.]
39. Item, uns autres tableaux d'ivoire roons, en deux pieces,
garniz d'argent a Tenviron ; et dedans Tun est la Pitie de Nostre
Seigneur et deux angels. Tun tenant la croix et Tautre la lance, et
en I'autre piece Nostre Dame en pleurs, et saint Jehan et sainte
Katherine aux deux costez.
Istc tres partes accolute [37 a 3f)] rcdditc t'ucrunl Parisius executorihus
per dictum Rohinetum. Et ideo acquittatur hie.
[B, n" 412. — S G, n" 837; prise viii liv. t.]
40. Item, un tableau d'argent dore, esmaillie de bleu, ou
il a pluseurs ymaiges eslevez faiz en maniere de gerarchie (2),
une Trinite ou milieu, Nostre Dame et saint Jehan aux deux
costez a genoulz, et. aux iiii coings. les nii euvangelistes, pendant
a une chaienne d'argent dore; pesant ix marcs vi esterlins.
(i) L'inventaire B, n'>4ii, porte par erreur un ange, au lieu d'un aigle.
(2) L'inventaire B, n°4i3, dit gerarchie. D'apres Du Cange, le mot gerar-
chie est Tequivalent de hierarchia, applique a la hierarchic dcs puissances
celestes : Angcs, Archanges, Troucs, Dominations, etc.
TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 9] 2 5
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus, ut
supra. Et sit quittus hie dictus Robinetus de eadem.
[B, n" 4i3. — S G, n"" 160.]
41. Item, uns autres tableaux quarrez, en Pun desquielx a un
Crucifiement; et, en Tautre, Dieu lie a un pillier; pesant i once
VII esterlins obole.
[B, n°4i5.]
42. Item, uns petis tableaux d'yvoire garniz d'argent. et dedens
a un P et une N entaillie, ou il a ymaiges.
[B, n° 416. — S G, n" 838; prise x sous t.]
43. Item, uns tableaux d'argent dore, ploians, ou il a dedens un
tabernacle de maconnerie, ouquel est un ymaige de Nostre Danie
esleve, tenant son enffant et seant en une chaiere d'yvoire, acom-
paignie de pluseurs angels, et est couronnee d'une couronne
d'argent dore, et en la poictrine une estoille; et sont lesdiz ta-
bleaux garniz d'ymaiges d'yvoire eslevez.
Istc due partes accolate [42,43] rcddite fuerunt Parisius executoribus per
dictum Robinetum, ut supra.
[B, n" 417. — S G, n" 83n; prise i.xx liv. t.]
44. Item, uns tableaux de broderie faiz a pignon, de la main
Jaquemin Bonnebroque (i); en Tun, un Dieu le Pere, lequel est
en un tableau garni d'argent et de petites menues perles, et en
I'autre, I'ymaige de Nostre Dame; sans aucune garnison.
[B, n° 418. — S G, n" 573; prise, avec une petite Veronique de brodeure
qui est dessus ledit tableau, lvi liv. v s. t.] = Gomparez S G, n° 11 78 :
« deux tableaux de broderie faiz par Jaquemien Bonnebroque; prises iiir l
liv. t. »
45. Item, trois tableaux d'yvoire. chascun en deux pieces, de la
Vie Nostre Dame et Passion Nostre Seigneur, qui furent de feu
monseigneur d'Estampes.
Ces parties acolees [28 a 45] sont contenues es xlviii,xlix et l fueillez dudit
livre des comptes precedens.
[B, n" 459. — S G, n" 840; prise xviii liv. t.]
46. Item, un estui d'argent ouquel a uns tableaux de pource-
(i) Bonnebroche dans I'inventaire B, n" 418.
26 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 9 vo]
laine, et oudit estuy esmaulx des armes de France et d'Evreux, ( i )
et nil autres petiz escucons oil il a en chascun une semblence
de tour, qui fut de feu monseigneur d'Estampes; pesant ledit
estui I marc i once. Ainsi declaire en la derreniere partie du
Lii= fueillet dudit livre.
[B, n° 443. — S G, n" 161 ; prise x liv. t.]
47. Item, uns tableaux d'yvoire en deux pieces, ou il a plusieurs
ymaiges de haute taille (2) tres delieement ouvrez de plusieurs his-
toires, garniz d'argent par les hours, et par dehors convert d'ar-
gent esmaillie aux armes de Monseigneur.
Iste quatuor partes simul accolatc [44-47] rcddile fucrunt Parisius per
dictum Robinetum; convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis.
Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n° 1066. — S G, n" 841 ; prise viii" liv. t.]
48. Item, uns autres tableaux d'yvoire plus petis, ou il a plu-
sieurs ymaiges eslevees de la Passion Nostre Seigneur; et en
plusieurs lieux sont les armes de monseigneur d'Estampes (3).
[B, n° loCiy. — S G, n" 842; prise xx liv. t.]
49. Item, uns autres tableaux quarrez, de pourtraicture, ou
Nostre Seigneur est en la croix et les deux larrons avecques lui
en I'un des costez, et en Tautre un Couronnement (4).
[B, n" io6g. — S G, n" 84?; prise xl liv. t.]
50. Item, un autre grant tableau oil est la Passion Nostre Sei-
gneur, fait depoins de marqucteure, et entour, de Tun des costez,
garni d'argent blanc.
[B, n" 1070. — S G, n" 844; prise xx liv. t.]
(i) Louis de France, comte d'Evreux, d'Etampes, de Beaumont le Roger,
de Meulan et de Giers, fils puine de Philippe III, portait un ecu semii de
fleurs de lis au baton compone d'argent et de gueules. Son petit-fils, Charles
le Mauvais, roi de Navarre avail epouse Jeanne de France, soeur du due de
Berry. II garda le comte d'Evreux jusqu'a sa mort, arrivce en i386. Le fils
de ce dernier echangea le comte d'Evreux, en 1404, avec le roi Charles VI.
(2) D'apres le Glossaire des Emaux, les anciens redacteurs auraient em-
ploye I'un pour I'autre les mots haute taille et basse taille. Cependant, dans
cet article, reproduit par M. de Laborde,repithete tres delieement oiivre scm-
ble indiquer qu'il s'agit de figures en haut relief, bien detachces de la masse.
(3) Le manuscrit S G, ajoute a la fin de cet article : t. pendans a une
chayenne d'or. »
(4) L'inventaire S G dit un Crucifiemcnt au lieu d'un Couronnement.
TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. I o] I"]
5 I . Item, trois tableaux de bois ou il a ymaiges de marqueterie
de bien ancienne fa^on.
[B, 1071. — S G, n" 845; prise x liv. t.]
52. Item, uns autres tableaux de paincture, en deux pieces, ou
il a plusieurs petis ymaiges de paincture, et en chascun plusieurs
ymaiges de poins de marqueteure, et armoie sur les bours de
plusieurs armes.
Iste quinque partes simul ligate [48-52] reddite fiicrunt ut supra. Et sit
quietus dictus Robinetus.
Ces parties acolees [47-52] sont ainsi declairees ou cxV fueillet dudit
livre.
[B, n" 1072. — S G, n" 846; prise viii liv. t.]
TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIS JOYAUX, TANT D OR ET D ARGENT
COMME AUTREMENT, ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR.
53. Un tableau d'or roont, ouquel a un camahieu ou il a
la semblance d'un homme et d'une femme, et un arbre ou milieu
et bestes dessoubz, garni entour de pierrerie, c'est assavoir de plu-
sieurs balaisseaux(i), saphirs, esmeraudes et perles, que uns que
autres, pendant a une petite chaienne d'or oil il a au bout un an-
nelet; lequel tableau IVIonseigneur achata a Paris, ou moys de
mars I'an mil CCCC VII, d'un procureur de Parlement.
[S G, n" 162; prise 11'= l liv. t.]
54. Item, un tableau d'or de haute taille, ou il a d'un des costez
saint Jehan Baptiste tenant un Agnus Dei, garni entour de
VII perles moyennes, ou il a escript : Ecce Agnus Dei, qui con-
tient la moitie du roont; et en Tautre moitie en a autent
escript en grec; et darriere la teste dudit saint Jehan a escript
Penitentiam agite, et au dessoubz dudit Agnus Dei en a autant
escript de lettres grecques; et au dessus de sa teste a une piece
de pierre ou il a escript par davant parassis^ et darriere en a
(i) Petits rubis balais. On trouve aussi balesseaux (Inventaire de
Charles V.)
28 TABLEAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGXEUR [fol. Il]
autant escript en grec; garnie entour ladicte pierre de vi petis
balaisseaux et viii perles moiennes; et ledit tableau est garni
entour de x balais, vi saphirs et xvi assez grosses perles; et de
I'autre coste dudii tableau est saincte Eugenie et son miracle,
tout de haute taille, oii il a trois noms escriptz, c'est assavoir :
sur la teste du prevost Philippus, sur la teste de saincte Eugene
Eugenna, et sur la teste de la dame sur qui descendi le feu Me-
lenciali] ; et est ouvre a I'entour de serpens volens, et pend a un
laz de sove garni de deux boutons de perles ; lequel tableau Mon-
seigneur achata en sa ville de Bourges, ou mois de novembre
mil CCCC et deux, de Antoine Manchin 121, marchant de Flo-
rence, demourant a Paris, la somme de 1 1'« francs.
Iste due partes accolate [53-54J reddite fuerunt Parisius executorihus
per dictum Robinetum, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus RobincUis.
[S G, n" iG3; prise 11" liv. t.]
55. Item, un tableau d'or oil il a d'un des costcz Tempereur
Philippe (3) en maniere de haulte taille, a genoulz, joignant les
mains et regardent vers le ciel la face de Dieu qui appert par
dessus sa teste, en laquelle a un dyademe garni de petis grenaz
et esmeraudes ; ouquel tableau a escript par devant ledit empe-
reur : Oro, nature sator, qiiaibus a emim caelos ac trenara '4 tem-
peras frenis, urbem ipsam Romanumqiie popuhim et fliictuantem
gcntem ad sahitis semitam perpete dirigas; et de celle mesmes
part, darriere ledit empereur. a escript : Dominiim ut tergo
feda abjecta caligine ciincti ad te orbe perfccto reddeant
liberi pro quaibus in tenebris jiibar advenisti celitiis Philipiis
fi) Sainte Eugenie, fillc de Philippe, gouverncur d'Aiexandrie s'etait
retiree, sous des habits d'homme, dans un couvent. Ayant ete accusee
faussement par Melancie qui s'etait prise d'amour pour elle, elle se fit
rcconnaitre de ses parents et un feu celeste devora Melancie et les faux
temoins apostes par elle.' Eugenie fut par la suite martyrisee a Rome (Voy.
Legende doree, edit. Delahays, tome I, p. 280).
(2) II s'appelait sans doutc Antonio Mancini.
(3) Le successeur de Gordien, renverse parDece, empereur dc 244 a 249,
qui passe pour avoir ete converti au christianisme par Origenc.
(4) Lisez Tenara. Ces inscriptions etaient probablement en vers; mais
I'ignorance du copiste qui ne les comprenait pas et les transcrivait mal en
rend tres difficiles la lecture et la restitution.
TABLEAUX. ETC.. ACHETKS PAR MOXSEIGNEUR [tol. II V"] 29
Cesar Augustus sisto acuto naioreisque felicibus ; et dessus la
teste dudit empereur Philippe a escript en latin anime parens;
garni entour de balaiz, saphirs, esmeraudes et perles de petite
valeur. Et de I'autre coste dudit tableau a un demy ymaige de
Nostre Dame enleve, tenant son enfant ; leurs dyademes garniz
de petis grenaz et esmeraudes de petite valeur, et audessus dudit
ymaige de Nostre Dame a une pierre sur coleur vert, en la-
quelle a un demy vmaige de Dieu le Pere enleve. Et est garni
entour ledit tableau de ceste part de ix balaiz, mi saphirs et xiii
assez grosses perles brutes; et pend ledit tableau a une ance d'or
en laquelle a un balay longuet.
Iste tabularius auri datus fuit per dominum Ducem capelle sue Bitturi-
censi ad faciendum unam porte-paix, prout constat per litteras suas datas
vii" die maii M CCCC XV, hie retentas; et serviet inferius pro aliis parti-
bus causa ibidern. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
Ces trois parties acolees [53 a 55] sont ainsi declairees es vi" xnu» et
vi„ xv° fueillets dudit livre.
56. Item, un grant tableau de boys quarre, garni de x marcs
d'or ou environ, ouquel par devant a un ymaige de Nostre
Dame, fait d'ambre et de must, qui a les mains et visaige de
rouart (i), tenant son enffant semblablement fait tout de rouart,
sur un champ de must, seme des armes et devise de Monsei-
gneur, tout d'or, et aux costez dudit ymaige a deux petiz ange-
loz d'or esmaillez de blanc, tenant devant elle un drap d'or es-
maillie aux armes de mondit seigneur; et est garni ledit ymaige
de pierrerie, c'est assavoir : sa poictrine, d'un fermaillet, d'un
balay quarre et vii grossetes perles; sa couronne et dyademe, de
VI balaiz, v saphirs, xlix perles, que de compte (2) que autres;
le dyademe de son enffant, de 11 saphirs, i balay et xii perles ;
(i) Rouart est une forme assez rare du mot rohart (Voy. Littre). II designe
I'ivoire des morses ou du narval. On rencontre aussi, au xV siecle, rochal et
rohal. La Romania a publie (tome III, p. 157) une note de M. Sophus
Bugge sur I'etymologie de ce mot qui viendrait du norois hrosshvalr, litte-
ralement cheval-baleine.
(2) Au moyen age les perles se divisaient en deux categories. On appelait
perles de compte, celles qui etaient assez grosses pour se compter une a
une, et semence de perles ou perles a I'once celles qui se vendaient au
poids, ctant trop petites pour avoir une valeur et un emploi isolement.
3o TABLEAUX. ETC.. ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 12]
et tient ledit enfant entre ses deux mains un balay longuet. Et
ledit ymaige de Nostre Dame tient en sa main un cedre garni
d'un balay longuet et de iiii perles grossetes ; et ou darrieres
dudit tableau sont les armes de Monseigneur faictes de bro-
deure, et les bours semblablement brodez a sa devise. Lequel
pend a deux chaiennes d'or ; et au bout un grant annel et un
bouton d'or garni de x perles grossetes. Et sont toutes les par-
ties a plain declairees oudit tableau en la premiere partie du
vi^^ xvii= fueillet du livre des comptes precedens. Pour ce icy
ledit tableau ainsi fait et garni comme dit est.
Iste magnus tabulus datus fuit per dominum Ducem domino duci Ac-
quittanie ultimo defuncto, [ut] constat per litteras domini Ducis datas
Vll'decembris M CCCC XIIII hie reientas. Et ideo de eodem acquittatur
hie dictus Robinetus.
57. Item, uns petis tableaux d'yvoire, fermans a couplez (i),
ou il a en I'un des costez un ymaige de Nostre Dame tenant son
enffant et les hi Roys de Couloigne, et de I'autre coste un cru-
cefix, Nostre-Daine, saint Jehan et autres ymaiges, tout de haute
taille ; lesquels Monseigneur achata et paia comptans de sa
main, ou moys de decembre Tan mil CCCC et six.
Isti parvi tabuli redditi fuerunt Parisius exeeutoribus per dietum Robine-
tum. Et ideo aequittatur hie ut supra.
[S G, n" 164; prise xl sous t.]
58. Item, un petit tableau d'or quarre, de la grandeur du fons
de la main, ou milieu duquel a une pierre estrange de coleur
tannee, en laquelle a un ymaige de Nostre Dame tenant son
enffant, une sepulture et plusieurs autres ymaiges, et escript par
darriere de lettres grecques; et ou milieu a un annelet d'or.
K. — Aurum dicti parvi tabuli auri quadrati ponderans in oncias x sterli-
nostraditum fuit, ex ordinaeione Domini, Matheo Heron, ejus thesaurario, ut
constat per suam eertiffieationem super iiu'" parte iiii" xvi' folii hujus com-
poti redditam, in qua eontinetur quod aurum quod habuit et exivit a dicto
(i) M. Gay detinit ainsi le terme couplet ou eouplierc : « charniere aceou-
plant les parties jumelles d'un objet. » Par Ic dessin qu'il donne a la
suite de cette explication, M. Gay semble indiquer que dans les objets fer-
mant a couplets, les volets reunis par une seule charniere s'ouvraient au
milieu du tableau et non sur les bords exterieurs. (Cf. art. 63 ci-apres.)
Tableaux, etc., achetes par monseigneur [fol. 12 v] 3i
tabulo et partibus aliis, vasis et jocalibus in eadem declaratis, ascendit ad
duas marchas, duas uncias et viii sterlinos auri, et argentum ad cxxiii
marcos vii oncias xii esterlinos ob.; de quibus auro et argento oneratur
ibidem dictus thesaurarius virtute dicte sue certifficationis, ad exoneracio-
nem dicti Robineti.
Dictus lapis redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetuin.
Et sic acquittatur hie prout supra.
[S G, n°847; '^ pierre estrange de couleur tannee... xx s. t.].
59. Item, un tableau de bois en maniere de tabernacle. tailHe
a ymaiges tres menuement de la Vie et Passion Nostre Seigneur,
que Monseigneur acheta ja pieca.
[S G, n" 1 203 ; non prise].
60. Item, un petit tableau quarre d'argent blanc, d'ancienne
facon, fermant a deux huissiez d'argent dorez, ou il a une
Annunciacion d'enleveure en maniere de haulte taille; dedens
lequel tableau sont les reliques qui s'ensuivent, escriptes oudit
tableau en grec, c'est assavoir : de saint Blaise, de saint Cosme
et Damien, de saint Panthaleon, de saint Jehan Bouche d'or et
saint Barthelemi appostre, et saint Christofle et saint Boniface,
saint Aquantin et de saint Cire, de saint Cirie (i), saincte Jurite,
saincte Salome, de saint Hermite Cypriain, de saint Crisso,
saint Chodre, et saint Alixandre, du lait de la vierge Marie, et
da boisson ou Moise vit le feu, et de la pierre du sepulcre Nos-
tre Seigneur; et pend ledit tableau a une petite chaienne d'ar-
gent blanc.
Iste due partes accolate [n" Sg et 60] cum alia parte sequenti reddite
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus ; convertendum ut
supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[S G, n" i65; prise x liv. t.]
61. Item, un petit tableau de bois, bien ancien, garni par de-
vant d'argent dore a ouvraige de Venise (2), ouquel a un ymaige
(0 II faut sans doute lire saint Cyr et sainte Cyrille. Quant a saint Cho-
dre, on a peut-etre voulu designer saint Theodore souvent nomme
Thodre au xiii' siecle, en particulier dans Villehardouin. Saint Crisso se-
rait saint Crescius, martyrise avec ses compagnons sous I'empereur Deciu s
dans un endroit dit Valliscavas ou fut erigee une eglise au titre de saint
Crescius. La fete de ce saint tombait le 24 octobre.
(2) Que designait-on par ce terme? Suivant M. de Laborde, ce travail
aurait presentc un melange de reminiscences antiques importees de By-
32 TABLEAUX, ETC., ACHETES PAR MOXSEIGNEUR [fol. I 31
de Nostre Dame tenant son enffant et un ymaige d'une femme a
genoulz, tout fait de paincture ancienne; et a ledit ymaige de
Nostre Dame en sa poictrine un petit fermaillet d'or en fa9on
d'une estoille, garni d\in petit ruby ou milieu et de xii petites
perles entour.
Ces parties acolees [Sy a 61] sont ainsi declarees es ii'lV, ii"^lvi' et
ii'LVii' fueillez dudit livre.
[S G, n" 848; prise xxvii liv. t.]
62. Item, ung cristal creux, longuet et roont, garni d'or, ou-
quel a une des espines de la saincie corone Nostre Seigneur, les-
quelx cristal et espine sont d'un grant joyau d'or fait de macon-
nerie en maniere d'ung tabernacle; declard es n^ lvii'^, ii^ Lvin<=
et II'-' Lix<^ fueillez du livre des comptes precedens; pour ce icy
lezdit cristal et espine.
K. — Dicta spina data fuit duci d'Yorc (i) per mandatum datum super
ultima parte lxxv'' folii hujus compoti redditum. Et ideo acquictatur hie de
eadem dictus Robinetus et respondeat de dicto cristallo. — Postmodum
vero procurator dicti Robineti tradidit ethic reddidit aliud mandatum a do-
mino datum xix* die novembris anno M° CCCC" XIIII'°, per quod dictus do
minus Dux certifficat se dedisse domino duci d'Yorc predictum cristallum
cum dicta spina. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de predict©
on ere.
63. Item, uns tableaux de bois en iiii pieces, attachiez a cou-
plez, ou est TAnnunciacion, la Nativite et Passion Nostre Sei-
gneur, et I'Assumpcion Nostre Dame, tout de paincture.
zance et de gout oriental importe par les Croisades et les relations com-
merciales avec le Levant. Cela est bien vague. Quoiqu'il en soit, cette desi-
gnation reparait souvent plus loin (Cf. n°' 3 18, 6G8, 673, 677, 11 20, 112b,
112G, 12 17). L'ouvrage de Venise d^signe probablement les filigrames
d'argent.
(i) Richard d'York, comte de Cambridge, decapite en 141 5 pour avoir
conspire contre le roi d'Angleterre Henri IV. Son fils Richard, ne en 1416,
fut regent de France, en 1435, a I'age de dix-neuf ans. Dans un compte de
la tresorerie du due de Berry de 1413-14 (KK 25o, fol. 10, v°) se trouve la
mention d'un payement de i5oo ecus remis au due d'York sur la quote
part incombant au due de Berry dans une obligation de i5o,ooo ecus sous-
crite au profit des capitaines anglais pour payer leur concours en aout,
septembre et novembre 141 2, par les dues de Berry, d'Orleans, de Bour-
bon et d'Alen(;on. Ainsi les deux partis tour a tour faisaient alliance avec
I'Anglais et achetaient son alliance. Les Armagnacs sur ce point n'avaient
done rien a reprocher aux Bourguignons.
TABLEAUX. ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I 3 V°] 33
Isti tabularii redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum,
Et ideo acquictatur hie ut supra.
[S G, n° 849; prise xxxvi liv.]
64. Item, un grant tableau de bois ou il a un ymaige de Nos-
tre Dame tenant son enffant dormant entre ses braz, fait de
paincture; et dessus ledit ymaige a un tabernacle dore enlevd; et
par devant a une courtine (i) vermeille.
Istemagnus tabulus perditus fuit apud Magdunum super Evram quando do-
minus dux Guienne (2) fuit ibi, videlicet in mense novembris MCCCCXIIII,
prout certificatum est per Johannem Bizet, sommelarium dicti domini Du-
cis, [et] per litteras sub signis manualibus duorum notariorum Casteileti
Parisiensis confectas constat. Et sic de eodem acquictatur hie idem Robi-
netus; et ponitur dicta certificatio cum litteris hujus inventarii.
65. Item, un tableau de bois quarrd ou il a ou milieu un
ymaige de Nostre Dame tenant son enffant que deux angels cou-
ronnent, et a Tun coste a un ymaige de saint Jehan Baptiste, et
a I'autre un ymaige de saint Jehan Euvangeliste; et tout au des-
sus un ymaige de Dieu le Pere environne de plusieurs petis an-
gelos, tout fait de paincture d'or sur un champ de rouge cler; et
sont lesdiz ymaiges tous couvers d'un grant piece de voirre
plate, et les hours dudit tableau sont pains d'or bruni; lequel
ainsi fait et garni, comme dit est, Monseigneur achata de Jeha-
nin de Marromme, son clerc de chapelle, ou mois de decembre
M CCCC et IX, pour le pris et somme de xx escuz d'or comp-
tans.
Iste tabulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus,
ut supra. Et sit quittus hie.
Ces trois parties acolces [63 a 65] sont ainsi declairees ou 11= lvii fueillet
dudit livre.
[S G, n° 85o; prise x sous].
(i) Les courtines ou rideaux devant les autels reviennent souvent dans
les textes anciens; mais on en trouve beaucoup plus rarement servant k
proteger les peintures comme ici et a Farticle 77.
(2) Apres la mort de son second fils, Charles, qui avait re^u le titre de due
de Guienne, Charles VI, par lettres du 14 Janvier 1400, donna le duehe de
Guienne en apanage a Louis, son troisieme fils, ne le 22 Janvier i3g6, ma-
rie k Marguerite de Bourgogne, et qui mourut sans laisser d'enfants le
18 decembre 1415. Le duehe fut alors reuni a la eouronne jusqu'au regne
de Louis XL Le nom du due de Guienne reparait souvent dans notre inven-
taire (Voy. n"" 452, 453, 11 52, ii53), et meme apres sa mort (voy. n"' iio5
et 1 106).
34 TABLEAUX, ETC., ACHETES l>AR MOMSEIGNEUR [fol. I 3 V°]
66. Item, ung joyau d'or ou milieu duquel a une grant pierre
de camahieu ouvree et entaillee de Tun des coustez de iiii ymai-
ges eslevez, c'est assavoir : Tun de Nostre Seigneur, I'autre de
saint Jehan Baptiste, I'autre de saint Pierre, et I'autre saint An-
dre, avec un Agnus Dei et ung arbre auquel se apuie ledit
ymage de saint Jehan; et de I'autre couste est ledit camahieu tout
plain et poly, reluisant en maniere d'un mirouer; et entour a
nil balaiz cabouchons, x grosses perles et une grant esmeraude
quarree. Lequel joyau Jehan Chenu,orfevre de mondit Seigneur,
a fait, par son commandement, de Tor et pierrerie d'un reliquiere
que tenoit en une de ses mains un ymaige d'or de Dieu le Pere,
declare en la premiere partie du premier compte. Mondit sei-
gneur a fait prandre ladicte esmeraude d'une sienne croix apel-
lee la croix de Balthasar, declaree en la n'= partie du cxxxf fueil-
let du livre des comptes precedens. Deux desdictes dix perles
ont este recovrees de Jehan Tarenne (ij et sont du nombre de
XXX grosses perles, pesans ensemble ii onces i esterlin, de la pier-
rerie du grant joyau d'or de mai^onnerie en maniere de taber-
nacle declaree en une des corrections faictes sur ledit tabernacle
ou ii*^ Lvn^ fueillet desdiz comptes precedens. Et ledit camahieu
fu pieca donne par le Roy a Monseigneur qui I'a fait tailler en
la maniere dessusdicte par ung nomme Michiel de Hast, du
pais de Brabant, lequel en a eu pour sa poine et par marche fait
II'-' iiu^^ 1 fr. V sous t. Pour cc ycy ledit joyau, ainsi fait et garni
comme dit est, lequel poise ii marcs in onces v esterlins.
lllud jdcale rcddituiu fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus;
convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis. Et sic acquittatur
dictus Robinetus de eodem.
[S G, n" i332 : Item un pie d'argent dore' servant audit joyau, et souloit
sen/ir a la petite croix aux esmeraudes (2); prise 11" fr.]
(i) Jehan Tarenne, changeur, occupait une place considerable dans le
commerce parisien. II etait concessionnaire, avec Michel de Laillier, ainsi
que I'a etabli M. Tuetey {Journal d'un bourgeois de Paris, p. 109), des
trente-deux loges construites sur le pont Saint-Michel. II fut decapite au
Chatelet, avec un de ses fils, par 'Capeluche, le 21 aout 1418. II avait at-
teint alors un age assez avance.
(2) Voy. ci-dessus n° 11.
TABLEAUX. ETC.. DONNES A MONSEIGXEUR [fol. 1 4]
TABLEAUX. RELIQUIERES ET PETIS JOYAULX, TANT D OR ET D ARGENT
COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
67. Item, un reliquiere d'or ouquel a un crucefix sur un cassi-
doinneiii, fermans a deux petis guichez garnis de petis rubiz
d'Alixandre (2), d'esmeraudes et de petites perles, lequel mon-
seigneur I'arcevesque d'Aux i3i donna a Monseigneur aux es-
trainnes Tan mil CCCC et I. Ainsi declaire en la iiii« partie
du ix^^ viii'^ fueillet dudit llvre.
[S G, n° 166; prise lx liv. t.].
68. Item, un petit reliquiere d'or roont, garni et semd de petites
estoilles d'or, et ou milieu a une Pitie de Nostre Seigneur et un
angel qui la soustient, esmaillie de blanc; et entour ledit reli-
quiere a XVI perles et iiii angels esmaillez de blanc; et darriere a
une Veronique de paincture, et dessus un bouton d'or et un petit
laz de soie pour le pendre; lequel reliquiere fu donne a Mon-
seigneur par monseigneur le due de Bourbonnois (41, conte de
(1) Un auteur ancien decrit ainsi la pierre nommee cassidonnie, cassi-
doine ou calcedoine : « Calcidoine est une pierre palie et de coleur obscure,
qui est ainsi comme moyenne entre la coleur du beril et de jacinte. »
(B. de Glainville : Le proprietaire des choses, XVI, 27). M. Gay, qui re-
produit cette definition quelque peu vague, pense que le nom de cal-
cedoine etait donne aux varietes blanches, laiteuses ou bleuatres de
I'agathe.
(2) Ce terme revient souvent dans les inventaires du xiv et du xv sie-
cle, parce que la ville d'Alexandrie etait consideree comme un des princi-
paux marches du commerce des pierres precieuses (Voy. Glossaire des
emaux). Mais on ignore si les rubis dits d'Alixandre ou dWlexandrie se
distinguaient par quelque caractere particulier.
(3) En 1402 I'archeveque d'Auch etait Jean IV, cardinal d'Armagnac, qui
occupa ce siege de i3gi a 1408.
(4) Jean I", fils aine de Louis II, due de Bourbon, et d'Anne d'Auvergne,
comtesse de Clermont, epousa, le 24 juin 1400, la fille du due de Berry,
deja veuve en premier lieu de Louis de Chatillon, comte de Dunois, mort
en 1 39 1, et, en secondes noces,du connetable Philippe d'Artois, comte d'Eu,
mort en 1397. Le due de Berry donna un grand lestin dans son hotel de
Nesle a I'occasion du mariage de sa fille avec le due de Bourbonnais (Voy.
Chronique du Religieiix de Saint-Denis, II, 759). Jean I", jusqu'a la mort
36 TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I4 \°]
Clermont a estrainnes le premier jour de Janvier Tan mil CCCC
et deux. Ainsi declaire en la ii« partie du ix^^ ix« fueillet dudit
livre.
Iste due partes acolate [67, G8j tradite fuerunt Parisius executoribus pre-
dictis; convertendum in facto dicte execucionis ut supra. Ideo acquittalur
hie dictus Robinetus.
[S G, n° ilSy; prise xxuii liv. t.]
69. Item, un petit tableau d'or, que le chapitre de I'Eglise de
Chartres a donnti a Monseigneur, garni d'un croison (i) de la
saincte vraye croix, lie de til d'or par les croisons, enchasse en
ouvraige ancien esmaillie et dore, escript de lettres grecques.
Lequel tableau avoit este de si ancien temps en ladicte eglise qu'il
n'en estoit memoire a homme vivant, comme il appert par les
lettres patentes dudit chapitre donnees le ni'= Jour de decembre
mil CCCC et VI, rendues en la Chambre des comptes de mon-
dit Seigneur a Bourges.
Iste tabulus, de voluntate et ordinacione domini Ducis in fine ultimorum
dierum suorum, prout constat per certiticationem fratris Johannis Raphe-
nel, confessoris sui, datam xxi die junii MCCCCXVI, redditus fuit et resti-
tutus dicte Carnotensi Ecclesie, ac etiam de voluntate et consensu regis Si-
cilie ( 2 ) et domine ducisse Borbonnie (3), executorum tcstamenti seu
ultime voluntatis dicti domini Ducis, prout constat per suas litteras hie
redditas; eciam constat de quittacionce capituli dicte ecclesie de receptione
dicti tabuli. Et ideo dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
70. Item, un petit tableau d'or quarre, en deux pieces, ou il a,
par dedens, deux ymaiges faiz de camahieu, et, par dehors, d'un
de son pere (1410), porta le titre de comte de Clermont. II etait ne en 082.
Fait prisonnier a la bataille d'Azincourt, il mourut en Angleterre en 1433,
un an avant sa femme. Ce fut lui qui defendit, en 14 12, la ville de Bourges
assiegee par le roi de France et le due de Bourgogne.
(i) On remarquera que le mot croison est pris, au cours du meme article,
dans deux sens diiferents. II signifie d'abord une croix, puis reutrecroise-
ment des deux morceaux de la croix.
(2) Louis II, fils du due d'Anjou, Louis I""', petit-fils du roi Jean et neveu
du due de Berry, avait succede a son pere en i385. II avait garde le titre
de roi de Naples et de Sicile, bien que son competiteur, Ladislas de Duras,
I'eut contraint a quitter I'ltalie. Ne le 7 octobre 1377, Louis II mourut a
Angers le 29 avril 141 7.
(3) Voyez la note du n° 68 sur le due de Bourbonnais. Marie avait ap-
porte en dot a Jean I", comte de Clermont, le duche d'Auvergne et le comte
de Montpensier.
TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I4 V°] 3"
des costez a un crucifix, et de Fautre Nostre Dame tenant son
enffant, garni de menue pierrerie de petite valeur, lequel Janus
de Grimault, marchand de Jannes (i), donna estrainnes a Mon-
seigneur le premier Jour de Janvier I'an mil CCCC et VII.
fS G, n" 168; prise iiii'"' liv. t.]
71. Item, ung petit tableau d'or oil il a ung ymage de saint
Loys, roy de France, fait d'esmaulx de pellite (2), garny de pier-
rerie, c'est assavoir : de xi balaiz, in saphirs et xxn perles, et
dessoubz une teste faicte de camahieu; lequel tableau ainsi fait
et garny I'admiral de France (3) donna a Monseigneur ou mois
d'avril mil quatre cens et huit apres Pasques.
[S G, ir i333].
72. Item, un petit tableau d'or longuct, sur facon de fons de
cuve (4), de la grandeur du fons de la main ou environ, ouquel
a un petit ymaige de Nostre Dame qui a le visaige et mains de
camahieu, le corps jusques a la ceinture d'un saphir, tenant son
entfant nu fait de camahieu; et est ledit tableau garni de 111 ba-
lais, ni saphirs et vi perles, et pend a un crochet; lequel ainsi fait
(i) Ce marchand genois faisatt des affaires considerables avec le due de
Berry. II re?oit en un seul payement, le i5 aout 1409, la somme enorme de
9,000 livres tournois (Arch, nat., KK 200, fol. 128 v°). Voyez sur le debat
d'un Colart Grimault, probablement parent de ce Janus, avec Michel de
Laillier, au sujet des boutiques du pont Saint-Michel, le journal de Nicolas
de Baye (tome I, p. 255).
(2) M. de Laborde s'etend longuement, dans son Glossaire, sur I'email de
plique, de plite ou d'oplite, c'est-a-dire d'applique, citant de nombreux
textes a I'appui de son commentaire. Suivant lui, les emaux de polite etaient
de petite dimension et aptes ainsi a etre monies dans des pieces d'orfevre-
rie ou cousus sur etoffe. Avec Labarte, M. V. Gay est d'avis que ce terme
designe des emaux cloisonnes; cette explication, d'apres eux, permet seule
de donner un sens aux emaux dc pelite a jour.
f3) Jacques de Chatillon, sire de Dampierre, fils de Hugues de Chatillon
et d'Agnes de Sechelles, porta le titre d'amiral de France de 1408 a 141 7.
II avait peut-etre offert ce tableau d'or au due de Berry lors de sa nomi-
nation.
(4) Ce terme s'applique dans la langue des joailliers, d'apres les citations
recueillies par -Gay, a une pierre dent le dessous est plat et le contour
ovale, comme celui des cuves a baigner.
38 TABLEAUX, ETC., BONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 5]
et garni, comme dit est, monseigneur le conte d'Armeignac (i)
donna a Monseigneur aux estrainnes Tan mil CCCC et IX.
[S G, 11° i6f); prise lxx liv. t.].
73. Item, un tableau d'or quarre en fagon d'un quarreau ou il
a un ymaige de Nostre Dame tenant son enffant, et un demy
ymaige, faict pour Monseigneur, tout d'esmail, garni de ini ba-
laiz et nil perles, a vi boutons en maniere de floces de sole; le-
quel tableau monseigneur d'Alem^on (2) donna a mondit Sei-
gneur ausdictes estrainnes Tan mil CCCC et IX.
Iste u° partes acolate cum 11"'"" aliis partibus indc sequentibus [70 a jS]
tradite t'uerunt Parisius executoribus dicti Domini; convertendum in facto
execucionis ipsius Domini. Et idco acquittatur hie dictus Robinetus de
cisdem.
[S G, n" I 7(1; prise iiii" x liv. t.]
74. Item, un autre grant tableau d'une pierre a toucher or (3),
fait d'un coste et d'autre d'ymaiges d'or de pluseurs touches, et
garni par les hours de bois; lequel tableau monseigneur de saint
Pol (4) donna a mondit Seigneur auxdictes estrainnes mil CCCC
et IX.
[S G, n° 83 1 ; prise xxxii liv. t.]
(i) Bernard VII, devenu comte d'Armagnac par la mort de son frere
J^n III (1391), etait a la fois le neveu et le gendre du due de Berri. II etait
en eftet petit-tils de Jean I"'' d'Armagnac, dont la fille avait cpouse le due
Jean. Chef du parli hostile aux Bourguignons apres la mort de due d'Or-
leans (1407), il succeda au sire d'Albret, en I4i5, dans la dignitii de conne-
table et perit dans le massacre qui suivit I'entree des Bourguignons a Pa-
ris, en 1418.
(2) Jean I", comte d'Alencjon, qui succeda a son pere Pierre II, en 1404. Le
eomte d'Alen^on fut erige en duehe en sa faveur par lettres patentes don-
nees a Paris le i" Janvier 141 5 (Arch, nat., JJ. 168, fol. 210 v°, et Journal
d'un Bourgeois de Paris, publie par A. Tuetey, p. 58).
(3) M. de Laborde fait au sujet de cet article la remarque suivante : « II
semblerait qu'au moyen age on ait compose un tableau de la pierre (de
touche) elle-meme et des ors, a differents titres, qu'on vient ordinairement
soumettre a son epreuve... La euriosite et I'ambition de s'instruire ont ete
les motifs du due de Berry pour aequerir ce tableau. »
(4) Waleran de Luxembourg, comte de Ligny et de saint Pol, ne en 1371,
fils de Mahaut et de Gui II de Luxembourg, fut suceessivement nomme
grand maitre des eaux et forets (1402), grand bouteiller de France (1410)
et connetable (141 1) en remplaeement de Charles d'Albret, deehu comme
rebelle. Le sire d'Albret fut retabli dans la charge de connetable apres la
mort du comte de Saint-Pol survenue le i3 juillet 141 3.
TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 5 V°] 3g
75. Item, uns grans tableaux de bois tous neufs, de la lon-
gueur d'un autier ou environ, bien ouvrez de menuz ymaiges de
paincture, de la Vie et Passion Nostre Seigneur et de plusieurs
sains et sainctes; et sont en vi pieces fermans a couplez d'ar-
gent dore ; lesquelx furent detfeu messire Jehan de Montagu,
et les donna sa femme a Monseigneur auxdictes estrainnes
M CCCC etIX.
[S G, n" 171; prise viii" viii liv. xv sous t.].
76. Item, uns autres anciens tableaux de bois a pignon, faiz
de paincture, de la Passion Nostre Seigneur, en nii pieces fer-
mans a couplez; et y a pluseurs fillolles (i) de cuivre dore; les-
quielx tableaux la Royne de Chippre (2) donna a mondit Sei-
gneur ausdictes estrainnes milCCCC et IX.
Tradite fuerunt iste tres partes acolate [74 a 76], cum particula sequent!
in altero folio [77], per dictum Robinetum Parisius executoribus dicti domini
Ducis ; convertendum in facto execucionis ipsius, ut supra. Et sic acquic-
tatur hie dictus Robinetus de eisdem.
[S G, n" 852; prise xl liv. t.]
'J'] . Item, un tableau de bois quarre ou il a une Pitie de Nos-
tre Dame tenant une couronne d'espines tachee de sane, tout de
paincture ; et devant ledit ymaige a une courtine vert.
De isto tabulo acquittatur hie dictus Robinetus causa qua supra.
Ces parties acolees [69 a 77] sont ainsi declairees es 11= iiiT' xv, 11' iin""^
XVI et II'' nil" XVII fueillez dudit livre des comptes precedcns.
[S G, n" 1204; non priscl.
78. Item, un petit reliquiere d'or sur le roont, en fa^on de
fons de cuve en deux pieces, esmaille par dedens de deux ymai-
ges de Nostre Dame et de saint Jehan Baptiste, garni de cclle
(1) Lc mot fillole ou hole designait une tourclle, un contrcfort ou clo-
cheton employe a la decoration d'un edifice ou d'un joyau. Voyez les
exemples reunis par V. Gay.
(2) Jean II, roi de Chypre, de Jerusalem et d'Armenie, surnomme Janus,
avait epouse a Melun, le 2 aout 1409, Charlotte de Bourbon, troisieme
fille de Jean de Bourbon, comte de la Marche, et de Catherine de Ven-
dome. Le grand maitre de Chypre avait ete charge d'epouser la princesse
par procuration (Voy. Chronique du Religieitx de Saint-Denis, III, 399 et
401). Jean II alia au-devant de sa femme jusqu'a Venise. Charlotte de
Bourbon mourut en 1434.
40 TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 6]
part tout entour d'un filet de perles, et par dehors a pluseurs
autres petites perles, et pend a un laz de sole ; lequel reliquiere
madame la contesse de la Marche (i) donna a Monseigneur aux
estrainnes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et X.
Ainsi declare en la premiere partie du ni'^ lvi^ fueillet dudit
Hvre.
79. Item, un joyau d'argent dore en maniere d'une table, oil
est Dieu et les xii appostres; et sur ladicte table a, escript de-
vant chascun appostre son nom ; et tiennent en leurs mains
chascun un petit reliquiere ; lequel joyau fu donne a estrainnes
a mondit Seigneur, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et
nil, par maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Erart Mo-
riset et Jehan de Cande, ses secretaires (2). Ainsi declare en la
v« partie du cc^ fueillet dudit livre.
Traditum fuit istud jocale per dictum Robinetum Parisius executoribus
dicti domini Ducis; convertenduni ut supra. Et idco acquittatur hie idem
Robinetus de eodcm.
[S G, 11° 172; neaut cy, car il n'est point prise pour ce qu'il fut vendu a
Bourges, et en a ledit commis fait recepte ou compte des funerailles].
80. Item, un petit reliquiere d'or ou il a une Pitie de Nostre
Seigneur, garny entour de deux balaiz et trois grosses perles;
et dessus a un angel tenant une maniere de couronne d'espines;
et dedans ledit reliquiere a pluseurs reliques ; et par derriere a
(i) Jacques de Bourbon, deuxieme du nom, comte de la Marche et de Cas-
tres, grand chambellan de France (iSgy), epousa a Pampelune, le 14 scp-
tembi-e 1406, Beatrix de Navarre, fiUe de Charles III, roi de Navarre et
d'Eleonor deCastille; Beatrix mourut avant 1415. Devenu veuf, le comte de
la Marche epousa en secondes noces Jeanne II,reine de Naples et de Sicile.
Mais, en 1410, la comtesse de la Marche est encore Beatrix de Navarre.
Le scribe avait d'abord ecrit duchessc ; le mot a etc bitTe et remplacc par
contesse.
(2) Pierre de Gynes et Jean dc Cande recevaient, en 1400, du due de
Berry une pension annuelle de 60 livres (Arch, nat., KK 264, fol. iov°). Le
premier etait en meme temps notaire du Roi et demeurait en face de
rhotel d'Harcourt, ainsi qu'il resulte d'une note du Journal de Nicolas de
Baye (1, 121). En 141 3, Oudart de la Barre a remplace Jean de Cande en
qualite de secretaire du due (Arch, nat., KK 25o, fol. 18). En 1414^ '^ due
Jean donne a Guillaume de Champeaux, Pierre de Gynes et Jean Vignaut,
ses conseillers et secretaires, la somme de 600 ecus d'or, soit 200 ecus a
chacun (Arch, nat., KK 2 5o, fol. 38 v).
TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 6 V°] 4 1
un ymage de Nostre Dame tenant son enffant, faicte d'esmal; le-
quel reliquiere ainsi garny, comme dit est, madame de Mor-
taing (i) a donne a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour
de Janvier Tan mil IIII^ et XII, et n'est poinct rendu es comptes
precedans.
K. — Datum fuit dictum reliquiare domine Marie de Francia, religiose de
Poissiaco (2), per mandatum super vi'" parte lxx™' folii hujus compoti
traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem reli-
quiare.
YMAIGES TANT d'oR ET d'aRGENT, COMME AUTREMENT,
DES INVENTAIRES.
8 1 . Item, un tres petit ymaige d'or de Nostre Dame, non poisie.
[B, n° 65o. — S G, n" i-j'i; prise xlv sous].
82. Item, un autre plus petit en un tabernacle d'or, non poisie.
Ces deux parties acolees [81, 82], sont ainsi declarees au commancement
du Lxxi" fueillet dudit livre.
[B, 65 1. — S G, n° 174; prise xxxv s. t.]
83. Item, mi petis ymaiges d'ambre : ni de vermeil et Tautre
de blanc ; ainsi declarez en la nii'^ partie du c<^ fueillet dudit livre.
[B, n° q3o. — S G, n° 120; non prise.]
84. Item, un ymaige de bois de Nostre Dame, couronnee
d'une couronne oil il a deux balaisseaux, ii saphirs et nn perles;
et tient son filz entre ses braz, seant sur un entablement d'ar-
(1) L'inventaire designe prohablement sous ce nom Catherine d'Alenijon
qui, devenue veuve, en juin 141 2, de son premier mari, Pierre de Navarre,
mort au cours de I'expedition dirigee contre la ville de Bourges, se remaria
avec le due Louis de Baviere a qui elle apporta le comte de Mortain.
(2) Dixieme enfant de Charles VI, Marie de France, nee le 24 aout iSgS,
entra au monastere de Poissy des iSgy. Elle fit profession le 10 juin 1408
et mourut de la peste, a Paris, le ig aoiit 1438; on enterra son corps dans
I'eglise de Poissy. Elle re?ut en don de son oncle le due de Berry, le 7 oc-
tobre 141 3, le fameux breviaire dit de Belleville, un des plus beaux manus-
crits du temps, conserve aujourd'hui a la Bibliotheque nationale sous les
n"' 10483 et 10484 du fonds latin ("Voy. L. Delisle : Cabinet des maniiscrits,
t. Ill, p. 175) et dont on trouvera la description plus loin dans l'inventaire.
42 IMAGES DES INVENTAIRES [fol. I 7]
gent dore, esmaillie entour de pluseurs ymaiges et de deux cs-
cu^ons des armes du feu sire de la Riviere (i).
[B, n° 366. — S G, n" 175; prise xxx 1. t.].
85. Item, un ymaige d'ambre de Nostre Dame tenant son
enffant par la main; laquelle a sur la teste une couronne d'ar-
gentdoree; et siet en une chapelle qui porte sur iiii pilliers;
pesant tout ensemble i marc vn onces v esterlins.
Tradite fuerunt iste quatuor partes acolate cum prima particula folii se-
quentis [81 a 85], Parisius executoribus dicti defuncti domini Ducis; con-
vertendum in facto execucionis ipsius, ut supra. Et ideo acquittatur hie
dictus Robinetus de eisdem.
[B, n° 368. — S G, n" 853; prise c sous parisis].
86. Item, un autre petit demi ymaige de Nostre Dame dedens
un tabernacle a pignon fermant a deux petis huisselez, esmaillie
par dedens de saincte Katherine et de la Magdelene, et par dehors
de saint Jehan Baptiste et saint .Tchan Euvangeliste ; et y a
X perles, pesant i once xvn esterlins obole.
[B, ir 370].
87. Item, un petit vmaige d'ambre de Nostre Dame qui tient
son enffant.
[B, n" 371. — S G, n" 1206; nnn prise.]
88. Item, un ymaige de bois de Nostre Dame tenant son enf-
fant, assis et [lise:{ en] une chaiere de mac^onnerie, estant en un
grant tabernacle tres notablement ouvre, scant sur un pie de ma-
gonnerie tout de bois.
Tradite fucrunl iste due partes acolate [87, 88] Parisius per dictum Ro-
binetum executoribus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo ut
supra. Quare acquictatur Iiic idem Robinetus de eisdcni.
[B, n" 372. — S G, n° 1207; non prise.]
89. Item, un autre ymaige de bois de Nostre Dame dedens
un tabernacle de ma^onnerie ouvre tres menuement, tenant en
Tune de ses mains son enffant, et un livre en Tautre.
(i) Jacques de la Riviere, fils du chambellan de Charles V, Bureau de la
Riviere. Le sceau de ce dernier, conserve dans la collection des Archives
nationales porte un ecu a la bande, penche, timbre d'un heaume cime
d'oreilles d'ane avec deux aigles pour supports.
IMAGES DES INVENTAIRES [fol. IJ V°] 48
De ista ymagine acquictatur hie dictus Robinetus quare de ordinacione
executorum testamenti dicti domini Ducis remansit apud Magdunum eo
quod propter flebilitatem ejusdem non potuit defterry Parisius.
Ces parties acolees [84 a 89] sent ainsi declarees au xliiii° fueillet dudit
livre.
[B, n" 373. — S G, n" 1208; non prise].
go. Item, un ymaige d'or de saint Michel qui tient un serpent
soubz lui, seant sur un petit entablement et une terrace d'or
esmaillie de vert ; et en sa targe a un grant saphir, ini balaisseaux
et vni perles ; et en la croix qui tient en sa main a un dyamant
poinctu, quatre perles de compte et nii autres bien petites ; et en
son chapel, un ruby; et, au bout de Tespee, une perle ; et entour
I'entablement a x balaisseaux, x saphirs et Lxxvni perles de
compte; et par dessus ladicte terrace a petis abresseaux sans
pierrerie ; pesant tout ensemble v marcs v onces v esterlins. Ainsi
declare en la derreniere partie du xlv<= fueillet dudit livre.
[B, n" 379. — S G, n" 1196; prise vii'' liv. t.]
91. Item, un Dieu d'ambre que deux coquins juifs batent a
Festaiche. Ainsi declare en la nii'= partie du xLvr fueillet dudit
livre.
[B, n" 383. — S G, n" 1209; non prise].
92. Item, un ymaige d'ambre de Nostre Dame, le visaige et la
main d'ambre blanc, une petite couronne d'or sur sa teste, te-
nant son entfant d'ambre blanc. Ainsi declaire en la viu^ partie
du Lxvni= fueillet dudit livre.
Tradite sunt iste in partes acolate [90 a 92] Parisius per dictum Robine-
tum executoribus dicti defuncti domini Ducis; convertendum in facto execu-
cionis ipsius. Quare acquittatur hie dictus Robinetus de eisdem.
[B, n" 637. — S G, n" 834; prise lx sous t.]
YMAIGES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT,
ACHAPTEZ PAR MONSEIGNEUR.
93. Item, un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, esmail-.
lie de bleu, garni de pierrerie, lequel Monseigneur achata de
Bureau de Dampmartin, bourgeois et changeur de Paris, avec
44 IMAGES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 8]
les parties que ledit Bureau delivra pour les estrainnes du pre-
mier jour de Janvier mil CCCC et III I, le pris et somme de
iiiic XXXVII fr. X s. t.
Presens pars fuit radiata co quia tradita fuit Matheo Heron, ut in com-
potis precedentibus dicti Robineti attestatur (i).
YMAIGES, TANT D OR KT D ARGENT COMME AUTREMENT, DONNEZ
A MONDIT SEIGNEUR.
94. Item, un petit ymaige d'or de Nostre Dame, esmaillid de
blanc, tenant son enffant a demi nu, et en sa main un balay lon-
guet, couronne d'une couronne garnie de in halaisseaux et me-
nues perles; et siet sur un pie d'argent dore poin^onne, ouquel
a par devant un lieu pour mettre reliques, et deux angels aux
costez, esmaillez de bleu ; lequel ymaige Tevesque de Limoi-
ges (2) donna a estrainnes a Monseigneur, le premier jour de
Janvier Tan mil CCCC ct V. Ainsi declare en la derreniere par-
tie du ciiii^^ xv« fueillet dudit livre.
[S G, n- 176; prise vi" liv. t.].
95. Item, un petit chief d'un evesque dont la teste est d'un
camahieu, et la mictre et sa poictrine sont d'argent dore, garnie
ladicte mictre de menue pierrerie et esmaux de petite valeur; et
en la poictrine a un lieu pour mectre reliques ; et a I'entour du col
a escript : Gloriosus Deus in Sanctis suis; lequel chief Tabbe
de Saint-Guillaume (3) donna a estrainnes a Monseigneur le
(i) En effet, I'article est barre.
(2) L'eveque de Limoges, en 1406, est Hugues I" de Magnac, qui avait
succede,en 1404, a Bernard II de Bonneval. II mourut en i4i2.Son succes-
seur fut Renaud de Perusse des Cars a qui Nicolas Viaud, le conseiiler du
due de Berry, disputa le siege de Limoges. Nicolas Viaud est cite plusieurs
fois dans le present inventaire avec la qualite d'eveque de Limoges.
(3) Est-ce le superieur de la maison des religieux Guillemites, connus
sous le nom de Blancs-Mateaux, ou bien I'abbe de Saint-Guillaume
des Deserts qui avait re<;u, en i3()8, un balai en un anneau carre du
due de Bourgogne (Voy. E. Petit, Itineraires des dues dc Bourgogne,
p. 56o) ?
IMAGES DONNEES A MOMSEIGNEUR [fol. 1 8 V^] 43
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et III. Ainsi declare en la
iiii« partie du cc^ fueillet dudit livre.
Iste due partes acolate [94, gS] tradite fuerunt Parisius executoribus dicti
defuncti domini ducis; convertendum in facto execucionis ut supra; quare
exoneratur hie dictus Robinetus de eisdem.
[S G, n" 855; prise viii liv. t.].
CALICES, PORTEPAIX, CORPORALLIERS, BOISTES, BURETES,
TANT d'or et d'argent COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES.
96. Item, un portepaix d'or ou il a un cristal roont, ou milieu
et dessoubz une Trinite; et entour sont les iiii euvangelistes
esmaillez, garniz de pierrerie, c'est assavoir: de iiii balaiz,viii sa-
phirs, XII troches de perles (i), en chascun trochet in perles, qui
font XXXVI perles, pesantimarcv oncesxvii esterlins obole. Ainsi
declare en la iiii<= partie du lxxii« fueillet dudit livre.
Tradita fuit dicta pax Parisius executoribus dicti defuncti domini Ducis;
convertendum in execucione ipsius, ut supra. Quare idem Robinetus ac-
quittatur hie de eadem.
[B, n" 659. — S G, n" 177; prise 11' xxv liv. t.].
97. Item, un autre petit portepaix d'or ou il a une croix ou
milieu, ouquel a un Agnus Dei; et entour sont les iiii euvange-
listes d'esmail, garniz de deux balaiz, ii saphirs et xii perles, pe-
sant V onces xiiii esterlins obole.
Presens articulus similiter radiatur in simili compote dicti Robineti, eo
quia traditus fuit Matheo Heron, thesaurario Domini, ut in compotis prece-
dentibus ipsius Robineti attestatur (2).
[B, n" 660].
98. Item, un corporaller (3) d'yvoire, le couvercle de la Pas-
sion a ymaiges de taille; et est ledit corporaller fait alentour
(i) Troche ou trochet, signitie une reunion, un trousseau de pierres pre-
cieuses ou de perles formant boutons, fleurs, etc. (Voy. Glossaire des
emaux).
(2) Get article est barre.
(3) Le corporaller ou corporaller etait une boite, souvent en matiere pre-
cieuse,ou Ton renfermait dans les sacristies le corporal, linge sur lequel
le pretre pose le calice et I'hostie qu'il consacre.
46 CALICES. PORTEPAIX. ETC.. DES INVENTAIRES [fol. 1 9 Vo]
de plusieurs ymaiges de ladicte Passion. Ainsi declare en la
ix« partie du iiii'^'' ii« fueillet dudit livre.
Dictum corporale traditum fuit per dictum Robinetum Parisius executo-
ribus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo in facto exccucionis
ipsius. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eodem.
[B, n" 744. — S G, n" 856; prise viii liv. t.].
99. Item, une boiste d'argent dore a mettre pain a chanter (i),
seant sur un pie, esmaille par dedens, ouvre de fenestraiges en
maniere de hosteaux; et entour le pie a in petis serpans volans;
pesant n marcs i once v esterlins. Ainsi declaire en la vni<= partie
du ini"'' Hii"^ fueillet dudit livre.
Tradita fuit ista busta Parisius per dictum Robinetum executoribus dicti
defuncti domini Ducis, pro convertendo in facto execucionis ipsius, ut
supra; et ideo idem Robinetus exoneratur hie de eadem.
[B, n" 764. — S G, n" 178; neant pour ce que ledit commis en a fait re-
cepte ou compte des funerailles].
CALICES, PORTEPAIX ET BURETES, TANT D OR ET D ARGENT
COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
100. Item, un petit portepaix d'or, ouquel a un ymaige de
saint Antoine en maniere de haulte taille, et en sa poictrine a
une fleur de lis de balay; lequel portepaix le Roy de Navarre (2)
donna a Monseigneur ou moys de decembre Tan mil CCCC et V.
Ainsi declare en la derreniere partie du ciiii^^ xvii«^ fueillet du-
dit livre.
[S G. n° 179; prise lxx liv. t.].
1 01. Item, deux buretes de noix d'Inde '3) garnies d'argent
(i) Pain azyme ou sans levain dont sont faites les hosties.
(2) Charles III, dit le Noble, ne a Mantes en i36i, succeda a son pere
Charles le Mauvais, conime roi de Navarre, en 1387, et regna jusqu'en
1425. II avait epouse Eleonor de Castille. II reparait plusieurs fois par la
suite (Voy. n"' 469, 470, 598, 5gcj).
(3) L. de Laborde et Douet d'Arcq {Inventaire des joyaux de la cuuronne
en 1418, n° 23) estiment que la noix d'Inde n"est autre chose que la noix
de coco, importee des Indes Orientales.
CALICES, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2o] 47
dor^, a un long col, sans ances, lesquelles messire Jehan de
Chasteaumorant (i) apporta de Constantinople et donna a mon-
dit Seigneur ou moys de septembre mil CCCC et deux. Ainsi
declare en la derreniere partie du ii^ i= fueillet dudit livre.
[S G, n" 857; prise viii liv. t.].
102. Item, un portepaix d'or ou il a un angel tenant un cru-
cefix, convert par dessus d'un cristal, et garni entour de vii ba-
laisseaux et xvi perles, lequel monseigneur le conte d'Alenijon
donna a estrainnes a Monseigneur le premier de Janvier mil CCCC
et VII. Ainsi declare en la premiere partie du ii^' uii^^ xix« fueil-
let dudit livre.
Iste tres partes acolate [100 a 102] tradite et rcddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus, pro convertendo in facto execucionis
ipsius. Et ideo idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[S G, n" 180; prise iiii" liv. t.].
io3. Item, un petjt portepaix d'or ouquel a une Veronique
d'esmail et par dessus une croix garnie de trois balaiz, un saphir
et une perle, et par dessoubz un lieu pour mectre reliques ; lequel
pourtepaix madame de Bourbon donna a Monseigneur aux es-
trainnes le premier jour de Janvier mil CCCC et douze. Et
n'est point rendu cs comptes precedans.
Dicta parva pax data fuit per dictum defunctum dominum Duceni, dum
viveret, capelle sue Bicturicenci, prout constat per litteras ipsius doniini
Ducis datas xvi' die januarii M CCCC XIIII'°, que servient int'erius pro plu-
ribus aliis partibus. Quare dictus Robinetus exoneratur hie de eadeni.
(i) La Chroniqiie du Religieux de Saint-Denis (II, 693) nous apprend
que Boucicaut, envoye a Constantinople pour defendre la ville contre les
Tures, y laissa, en iSgg, lors de son retour en France, inessire de Chasteau-
morant a la tete de cent hommes d'armes. Ceiui-ei etait encore a Constan-
tinople en 1402 et fut fait prisonnier par les Venitiens a son retour {Ibid.,
Ill, 5 1, 83). En aout 1404, le roi de France confirmait une convention pas-
see par ce seigneur comma lieutenant de Boucicaut avee Gabriel Marie de
Visconti qui se reeonnaissait vassal du roi de France et s'engageait a lui
remettre Livourne (Arch, nat., JJ i58, fol. 267 v°). Ce sejour en Orient ex-
plique la possession des objets singuliers que le due de Berry re^ut du sieur
de Chateaumorant.
48 CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 20 V^]
CHANDELLIERS, BENOISTIERS ET ENCENSIERS, TANT D OR ET D ARGENT
COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES
104. Item, un petit chandellier d'argent vere (i) pour mectre
oisellez de Chippre (2) oil il a escript dessus : Pour vous servir (3) ;
declare en la v^ partie du xxxi^ fueillet dudit livre.
[B, n° 211. — S G, n° i8i; neant cy pourceque ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles].
io5. Item, un benoistier d'or avec Tesguipillon (4) ou asper-
persouer tenant a une chaienne d'or, lequel benoistier est de
fa^on ancienne, fait a ymaige par dehors, oil il est escript lettrcs
grecques, esmaille de pluseurs fueilles eslevees, pesant tout en-
semble VI marcs 11 onces xv s. Ainsi declaire en la vi^ partie diL
xxxi"^ fueillet dudit livre.
Iste II' partes acolate [104, io5] tradite fuerunt Parisius per predictum
Robinetum executorihus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo in
facto ipsius, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[B, n" 212. — S G, n° SyS; pesant v mars v onces v esterlins; prise
111'= LXXIl liv. t.]
106. Item, un chandellier d'argent dore, qui fu de feu mon-
(i) Douet d'Arcq {Comptes de I'Argenterie, iS5i, p. 347) assimile I'argent
vere a I'argent emaille. Mais on voit parfois figurer ces deux termes dans le
meme article (Voy. ci-dessous art. 121); il y a done une difference entre
les deux genres de decoration. Peut-etre, dans I'argent vere, I'email formait-
il certains dessins reguliers imitant le vair heraldique.
(2) II s'agit de parfums venus d'Orient qu'on brulait pour embaumer les
appartements, comme les parfums qu'on appelle aujourd'hui pastilles du
serail. Ce terme revient frequemment dans les inventaires. On faisait bruler
ces parfums qui semblent avoir re^u le plus souvent la forme d'oiseaux, de
la leur nom, soit sur des chandeliers comme ici et dans plusieurs articles
ci-dessous (271, 272, 273, 324, etc.), soit dans des cages (art. 289), soit dans
des fleurs de lis (art. 3 16) soit meme, cela ne pouvait manquer dans I'inven-
taire du due de Berry, dans des ours (art. 33o).
(3) Cette devise n'est pas citee dans le Dictionnaire des devises de
MM. Chassant et Tausin. Elle se trouve seulement sur des chandeliers
d'argent (voy. ci-dessous n°' 118, 119); aussi est-ce peut-etre tout simpie-
ment une invitation gracieuse destinee a etre placee sur tons les objets de
pareille nature quel qu'en fiit le proprietaire.
(4) On a ici les deux termes synonimes : goupillon ou csquipillon et as-
pergeoir ou aspersouer.
CHANDELIERS, ETC., DES INVKNTAIRES [fol. 2l] 49
seigneur d'Estampes, sur le pie duquel a in escuijons de ses
armes, ct dessus in moiches a mettre chandellcs ; pesant vii on-
ces XVII esterlins obole. Ainsi declare eii la v-' partie du
xxxiiii'^ tueillet dudit livre.
K. — Dictum candelabrum traditum fuit cum aliis pluribus jocalibus
auri et argenti Matheo Heron, thesaurerio suo general!, [ut] constat per suam
certifficacionem redditam cum mandato cjusdem Domini super iiii'" parte
nonag"" vi" folii hujus compnti; virtute quorum dictus Robinetus acquitta-
tur hie de eodem ad onus dicti thesaurarii.
[B, n° 2 3 1.]
107. Item, un petit encensier d'argcnt dore, ou il a in escu-
90ns (i) aux armes de feu monseigneur d'Estampes et lettres
grecques, pendant a iiii petites chaiennes d'argent blanc; pesant
I marc X esterlins. Ainsi declaire en la vni'' partie dn ini^"^ iii<= tueil-
let dudit livre.
[B, n° 754. — S G, n° 182; neant pour la cause dessusdicte.]
108. Item, un autre encensier tout roont, d'argent blanc, fait
a fleurs de lis, pendant a iiii chaiennes d'argent blanc; pesant
II marcs iiii onces. Ainsi declaire en laix*^ partie du iiii^^iiFfueil-
let dudit livre.
[B, n" 753. — S G, n° i83; neant comme dessus.]
109. Item, un benoistier de cristal a deux ances, non garni.
Ainsi declaire au commancement du premier article du c^ fueil-
let dudit livre, et le residu dudit article est rendu cy apres en la
premiere partie de la secunde page du xxxix<^ fueillet de ce pre-
sent compte. Pour ce, icy seulement ledit benoistier.
Tradite fuerunt iste ni partes acolate [107-109] Parisius executoribus
dicti defuncti domini Ducis; convertendum in execucione ipsius, ut supra.
Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[B, n° Q2J. — S G, n" S38; prise vi liv. t.]
1 10. Item, deus petis ymaiges en maniere d'enffans de cueur,
d'argent blanc, qui furent de feu monseigneur d'Estampes, te-
nant chascun un chandellicr, assis surun pie d'argent dore ou il
[i) S G : (( quatre escui;ons ».
5o CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 2 1 V°]
a pluseurs escu(;ons de feuc madame d'Orleans (i) ct de mon-
seigneur d'Estampes; pesant vi marcs 4 onces. Ainsi declaire en
la iii^ partie du xlvi^ fueillet dudit livre.
K. — Dicte ymagines cum aliis jocalihus tradite f'uerunt Matheo Heron,
thesaurario Domini, ut constat per certifficacionem suam redditam cum
mandate dicti Domini super iiii» parte nonag"" vi'' folii hujus compoti;
virtute quorum dictus Robinctus acquittatur hie de ipsis ad onus dicti
thesaurarii.
[B, n" 382.]
111. Item, uii henoistier de cristal, garni d'argent dore, a une
ance d'argent doree, pendant a une chaienne d'argent blanc, ou
il a au bout un annel d'argent dore; pesant n marcs v onces
X esterlins.
[B, n° 422. — S G, n° 85y; prise viii liv. t.]
112. Item, un henoistier de cassidonnie (2) a deux ances de
mesmes, et dessus a une ance d'argent dor^ de deux serpens,
entortillees I'une en I'autrc; pesant vi marcs vi onces.
[B, n" 423. — S G, n° 184; prise xvi liv. t.J
1 1 3. Item, un autre henoistier de cristal, ou il a deux serpens
volans qui font I'ance, d'argent dore; non pese.
[B, n° 424. — S G, n° 860; prise xii liv. t.]
1 14. Item, un petit encensier d'argent dore pour mectre oi-
sellez de Chippre, ouquel a v petites tournelles par dessus,
pendant a v petites chaiennes d'argent dore; pesant v onces
XVII esterlins ohole.
Iste 1111°"' partes acolate [111-114] tradite et reddite fuerunt dictis exe-
cutorihus, ut supra. Quare dictus Robinctus exoneratur hie de eisdem.
Ges iiii parties acoiees sont ainsi declairees au li" fueillet dudit livre.
[B, n° 427. — S G, n° i85; neant cy, pour cc que Icdit commis en a fait
receptc ou comptc des funcraillcs.]
1 i5. Item, un chandellier d'or en maniere d'un Jcunc enlfant
a un genoil, et tient ledit enffant en sa main une rose, en la-
(i) Les amies de Valentine de Milan, devenuc duchesse d'Orleans le 17 aout
i38g et morte le 4 decembre 140CS, ctaient : au i" et au 4° de France au
lambel d'argent de trois pieces; au 2° et au 3" de Milan, qui est d'argent a
une guivre d'azur couronnee d'or, a I'issant de gueules.
(2) Ici, comme dans d'autres articles qu'on trouvera plus loin, le scribe,
par ignorance sans doute, a ecrit cassidonie pour cassidoine.
CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 22] 5 I
quelle a une poiiicte pour tenir un cierge, et devant et darriere
les amies de la Royne Blanche (i) ; pesant i marc iiii onces x es-
terlins (2).
Raie cc chandellier pour ce qu'il a este bailie a Mace Heron, tresorier
general de mondit Seigneur. Et en est acquitte ledit Rohinet sur le coinptc
dudit inventaire.
[B, n- 52 3.]
116. Item, un petit chandellier d'argent vere qui fu deffeu
monseigneur d'Estampes, pour servir a la caige d'un papc-
gal (3), OLi il a escu^on taillie aux armes de mondit seigneur
d'Estampes; pesant iii onces xv esterlins. Ainsi declare en la
penultieme partie du lx--' fueillet dudit livre.
iB, n" 524. — S G, n" \HG; neant pour la cause dessusdicte.]
117. Item, un petit serpent volant d'or, qui sert pour tenir
une chandelle, assiz sur un petit entablement, armoie aux armes
de France; pesant v onces. Ainsi declaire en la premiere par-
tie du Lxi^ fueillet dudit livre.
[B, n° 526. — S G, n° 187; neant comme dessus.]
118. Item, un chandellier d'argent vere pour mettre oisellez
de Chippre, oti il a escript par dessus le pie alentour d'icellui :
Pour vans servir. Ainsi declaire en la ini'^ partie du cxv^' fueillet
dudit livre.
[B, n" loyy. — S G, n" 188; neant comme dessus.]
119. Item, deux autres petis chandelliers d'argent dorez, qui
servent a mectre oisellez de Chippre, ou est escript sur les piez :
Pour vous servir; pesant n marcs 11 onces x esterlins. Ainsi de-
clairez en la penultieme partie du nii^^ xnii'^ fueillet dudit livre.
Tradite et redditc fuerunt iste iiii" partes acolate [i 16-1 19] Parisius
per dictum Rohinetum dictis executoribus, ut supra. Quare idem Robi-
netus exoneratur hie de eisdem.
[B, n° 867. — S G, n° 189 ; neant comme dessus.]
(i) II est difficile de determiner quelle princesse I'inventaire designe ici.
S"agit-il de Blanche de Castille ou d'une autre reine portant le nom de
Blanche .' Ou bieii Tobjet venait-il de la veuve d'un roi de France?
(2) Get article est biffe sur le manuscrit.
(3) Forme curieuse de papegai. Le Dictionnaire de Trdvoux donne encore
ce mot, mais en le disant tombe en desuetude et ne s'appliquant plus guere
qu'aux oiseaux servant de but aux archers.
52 CHANDELIERS, ETC., DONNES A MONSEIGNEER [fol. 22 V]
CHANDELLIERS ET BENOISTIERS, TANT D OR ET D ARGENT COMME
AUTREMENT, UONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
120. Item, deux petis chandellicrs d'or, goderonnez, tailicz
au long aux armes de Monseigneur, et les pommeaux esmaillcz
desdittes armes, et sont les piez desdiz chandellicrs poin^'onncz
a roses, scans chascun sur in pctiz oisellez; lesquelx monsei-
gneur de Vendosme (i) donna a Monseigneur a estrainnes, le
premier jour de Janvier mil CGCG et deux.
Raie ces deux chandellicrs pour ce qu'ils out cstc baillez ii Mace Henm,
tresorier general de Monseigneur. Et est acquittc ledit Robinet d'Estampes
sur les comptcs precedens (2).
AULTIERS PORTATIS DES INVENTOIRES.
121. Item, un aultier portatif (3j de jaspre, garni d'argcnt, cs-
maillic alentour de la vie de Nostre Seigneur ct dcNostrc Dame,
et siet sur nii pctis leoneaux ; pesant avec ledit jaspre xviii marcs.
[B, n° 77G. — S G, n" i<)o; prise i.xx liv. t.]
122. Item, un aultier portatif de picrrc de marhre, garni dcs-
soubz de cuivre dorc, et sont les hours d'argcnt verc ct d'es-
maulx; pesant avec ladictc picrrc vni marcs n onccs xv esterlins.
[B, n" 777. — S G, n- 8G1 ; prise lx sous t.J
123. Item, un aultre petit aultier portatif de pierre de marhre,
assis sur un hois, entour garni d'argcnt dorc, ou il a nii pieces
(i) Louis de Bourbon, comte de Vendomc, tils dc Catherine, soeur de
Bouchard VII, comte de Vendome, et de Jean de Bourbon, comte de la
Marche. Ne vers 1376, il lit hommage du comte de Vendome au due d'An-
jou en 1402, fut fait prisonnier a Azincourt et mourut le 21 decembre 1446.
II avait ete nomme grand chambellan de France en 1408, et grand maitre
de I'hotel du Roi en 141 3.
(2) Get article est en effet bitfe sur le manuscrit.
(3) Voyez les articles consacres aux autels portatifs dans le Glossaire des
e'maiix et le Dictionnaive avcheologiquc.
AUTELS PORTATIFS DES INVENTAIRES [fol. 2 3] 53
de neelleure; pesant avec le bois et pierre viii marcs i once
XV esterlins.
[B, n" 778. — S G, n" 191 ; prise vi liv. t.]
124. Item, une pierre de marbre pour faire un aultier portatif,
non garnie.
Ces nil parties acolees [121-124] sont ainsi declairecs en la fin du iiii"
v fueillet dudit livre et au commancement du iiii" vr fueillet ensuivant.
[B, n" 779. — S G, n" 192 ; prise xl sous t.]
125. Item, un escrin de bois, garni d'argent, couvert d'une
pierre de marbre garnie dessus d'ouvraige de Damas, et alentour
d'ymaiges enlevez. Ainsi declare en la in^partie du ini'^^xix^ fueil-
let dudit livre.
Rcddite et tradite fuerunt Parisius iste quinque partes acolate [i2i-i25]
per dictum Robinetum dictis executoribus pro convertendo in dicta exe-
cucione, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[S G, n° 862; prise x liv. t.]
AULTIERS PORTATIS QUE MONDIT SEIGNEUR A EUZ DEPUIS LESDIZ
INVENTOIRES.
126. Item, une pierre de jaspre vermeil pour un aultier por-
tatif, non garnie; laquelle n'est pas rendue es comptesprecedens.
Tradita et reddita [fuit] ista pecia Parisius per predictum Robinetum
executoribus dicti defv.ucti domini Ducis; convertendum in facto execucionis
ipsius, ut supra. Quare exoneratur hie idem Robinetus de eadem.
[S G, n" 193 ; prise vi 1. t.]
AUTRES JOYAULX DE DIVERSES MANIERES, POUR CHAPELLE, DES
INVENTOIRES.
127. Item, un aigle d'argent dore 1 1 1, couronne, qui sert pour
(i) Ccs lutrins en metal precieux, sans doute de petites dimensions,
etaient reserves a I'usage particulier des princes et des grands seigneurs,
comme I'indiquent de reste I'ccritoire, le cadran et la glace qui accompa-
gnent ce!ui-ci. Ces lutrins servaient a poser les manuscrits dans les cham-
bres, comme on le voit par les miniatures et les tapisseries du quinzieme
siecle.
54 AUTRES JOYALX, ETC.. BES INVENTAIRES [fol. 24]
un lectrin, seant sur une roiche oti il a pluseurs petis ymaiges,
escureux et deux arbresseaux; el par dessus a une escriptoire en
laquellc a un cadran, et oudit cadran un escu^on aux amies feu
monseigneur d'Estampes; tout ensemble pesant vii marcs i once
5 esterlins. Ainsi declairee en la derreniere partie du ini^^ n<^ fueil-
let dudit livre.
Reddita ct tradita t'uit Parisius per dictum Rohinetum cum duabus aliis
partibus in sequenli pagina [127-129] executoribus dicti defuncti domini
Ducis, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[B, n° 746. — S G, n" 194; ntiant cy pour ce que Icdit commis en a fait
rcceptc ou comptc des funcraillcs.]
128. Item, un cresmier d'argent dore (i) a iii estuiz, pour mec-
tre le saint cresme, non poisie. Ainsi declaire en la vni<= partie
du \\\[^^ \^ tueillet dudit livre.
[B, n" 774. — S G, n" igb; niiant cy pour la cause dessusdicte.]
129. Item, un autre aigle d'argent dore, fait en guise d'un lec-
trin, tenant en son bee un mirouer, assiz sur une rose esmaillee
de bleu et de rouge, L]ui fu de feu monseigneur d'Estampes, et
par darriercs un escuc;on de ses armes; et siet sur un pie fait en
guise de terrace; pesant vni marcs in onces v esterlins. Ainsi de-
claire en la v^ partie du li"^ fueillet dudit livre.
Tradite et reddite fuerunt [127-129] Parisius per dictum Robinetum exe-
cutoribus, ut supra. Quare exoneratur hie idem Robinetus de eisdem.
[B, n" 423. — S G, n" 196; neant comme dessus.]
RELIQUES SAINCTES DES INVENTOIRES.
i3o. Item, le calice oili Nostre Seigneur bcut a la Cene (21, garni
d'or, escript a Tentour de Icttres noircs; pesant i marc xnn es-
terlins. Ainsi declaire en la n<^ partie du lxxh"^ fueillet dudit livre.
[B, n" (364. — S G, n" 197; prise xxxnn iiv. t.]
(i) « Vere » dans I'lnventaire B, n" 774.
(2) Le Dictionnaire de Trevoux dit : « Bude assure que le calice dont N.-S.
se servit a la Cene avait deux anses; qu'il etait d'argent et de la capacite
d'une chopine. «
RELIQI'ES DES INVENTAIRES [fol. 2 5] 55
i3i. Item, une escuelle d'argent doree, oil il a pluseurs cris-
taulx garniz de reliques, et v angels embotees ou milieu, es-
maillee de Nostre Seigneur et ses Appostres faisans la Gene ; pe-
sant nil marcs u onces xn esterlins et obole. Ainsi declairee en
la m^ partie du nn"'' xnn« fueillet dudit livre.
Reddite et tradite fUerunt iste ii" partes acolate [i3o-i3i], Parisius per
dictum Robinetum predictis executorihus, ut supra. Quare idem Robinetus
exoneratur hie de eisdem.
[S G, n° 863 ; prise xxx liv. t.]
1 32. Item, une piece du chief saint Denis, qui souloit estre en
une saliere de cristal garnie d'argent, declairee en la xi<= partie
du xxvu'^ fueillet du livre des comptes precedens, et laquelle est
cy apres rendue sanz reliques en la n^ partie de la seconde page
du nn^"^ vn^ fueillet de ce present compte. Pour cc icy seulement
ladicte piece du chief saint Denis.
Ista pecia capitis tradita fuit sacre capelle Bicturicensi, reponenda cum
aliis reliquiis ibi. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[SG, n"32i.]
RELIQUES SAINCTES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR.
1 33. Item, une croix de fer couverte de viez argent blanc, ou
il a pluseurs ymaiges dont les noms sont escrips en grec, qui
fu prinse de dessus le tombcl de saincte Elene ; laquelle croix
messire Jehan de Chasteaumorant apporta de Constantinople et
donna a Monseigneur ou mois de septembre Tan mil CCCC et
deux.
[S G, n" i2io; iidn prisee.]
134. Item, une des costes de saint Zacharie et une des costes
de saincte Barbe en une boite d'argent ouvree alentour d'un
ymaige de Notre Dame tenant son enffant, deux empereurs et
une emperrerix de la i'aqon de Grece, que ledit de Ghasteaumo-
rant apporta et donna a mondit Seigneur comme dessus.
[S G, n" 121 1 ; non prisee.]
1 35. Item, la moitie d'un des piez de saint Gyprian, de I'es-
56 RELIQUES DONNKES A MONSEIGNEUR [fol. 2 5 V^]
ponge du tableau ou Notre Dame plora, de saint Estienne, du
greil saint Laurens et de la coste saint Anthoine, en un escrinet
d'argent neelle, que ledit de Chasteaumorant apporta et donna
comme dessus.
Ces III parties acdlccs [i33-i35] sont ainsi dcclairiies ou ii" in" fueillct
dudit livrc.
[S G, n° 1212; non prise.]
i36. Item, un chief d'une des xi mille vierges, que une dame
d'Alemaigne a envoie en don a Monseigneur.
[S G, n° i2i3; non prise.]
137. Item, une petite croix de hois en maniere d'un sautouer,
laquelle est de la croix ou saint Andre fu crucitie.
[S G, n" 1214; non prise.]
1 38. Item, un corps d'un Innocent en un petit cotfret, que le
due de Venise (i) a envoie en don a Monseigneur par Constantin
de Nicolas, marchant.
[S G, n° I2i5; non prise.]
Reddite et tradite [fuerunt] iste quatuor partes acolate cum duahus aliis
in sequenti folio [i33-i38] per dictum Robinetum executoribus dicti de-
functi domini Ducis; convertendum in facto dicte execucionis, ut supra.
Quare exoneratur hie idem Robinetus de eisdein.
139. Item, une piece d'une des costes de saincte Katherine
dedens un petit vaissel de cristal ^2) garni d'argent dorc\
Ces HI! parties acolees [i36-i3<|] sont ainsi dcciairees ou ccC fueillct
dudit livre.
K. — Constat per mandatum Domini super ultima parte clxiiii'' folii hujus
compoti rcdditum, quod dicta pecia unius ex costis sancte Katherine a
dicto vase cristalli fuit amota et posita in quodam reliquiari dato repine
Yspanie, de quo clarior mencio superius habetur in arresto scripto super
ultima parte quinti folii dicti presenlis compoti. Et loco ejusdem pccie ex
dictis costis fuerunt in dicto present! vase posite reliquie de quibus in pre-
dicto arresto fit mencio. Et ideo dictus Robinetus acquictatur hie de dicta
pecia ex dictis costis ad onus dictarum reliquiarum.
Dictum reliquiarc traditum fuit Parisius per dictum Robiiiciiim prcdictis
executoribus, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eodeni.
[S G, n" ig8 ; prise w liv. i.]
(i) II s'agit ici du doge de Venise, transforme en due de \'enise.
(2) Voy. ci-dessus n° i8. *
JOYAUX POUR LE CORPS DE MONSEIGNEUR [fol. 26 V°] 5/
JOYAULX POUR LE CORPS DE
MONSEIGNEUR LE DUG.
COLLIERS, CHAPEAULX, ESCHARPES ET CEINCTURES DES INVENTOIRES.
140. Item, un petit chapel d'or a xv rozes, ouquel a iiii esme-
raudes et vii perles, et y fault iiii esmeraudes; pesant v onces
VII esterliiis. Aiiisi declaire en la v^ partie du iiii^''xv<= fueillet du-
dit livre.
[B, n" 873. — S G, n° 199; prise lvi liv. v sous t.]
141. Item, un petit chappellet (i) ou il a xix roondeaux de
perles, et en chascun roondeau viii perles. Ainsi declaire en la
ni« partie du iiii^^ xvi^ fueillet dudit livre.
[B, n° 886. — S G, n° 864 ; prise xiiii liv. t.]
142. Item, un demi ceint (21 sur un tixu de soie hleue, cloue dVjr
a M et fleurs de lis pendans a une petite chaienne; pesant tout
II onces. Ainsi declaire en la xvi<^ partie du iiii^'' xvi^^ fueillet
dudit livre.
[B, n" 899. — S G, n" 200 ; prise xiii liv. t.]
143. Item, une escharpe de cuir noir, garnie d'or a Tenviron,
pendant a un tixu de soie noire garnie d'or en maniere d'une
chaienne; pesant tout ensemble, I'or, cuir et tixu, i marc i once.
Ainsi declairee en la ii<= partie du lxiiif fueillet dudit livre.
(i) Le mot chapclet n'a jamais eu ii cet lipoque d'autre sens que celui de
chapel ou chapeau (Voy. sur ce terme le long article du Glossaire des
Emaiix). Ce que nous appelons aujourd'hui un chapelet est toujours desi-
gne au moyen age par le mot patenotres.
(2) Le demi-ceint etait une ceinture etroite, reservec surtout ii I'usage des
femmes. La difference de la ceinture et du demi-ceint consiste surtout dans
la largeur. Le chapitre de I'lnventaire des joyaux de la couronne de 1418,
intitule ceintures d'or, debute ainsi : a un demi-ceint de menues perles. »
Les dessins donncs dans Ic Glossaire de V. Gay font bien apprecier la dif-
ference de la ceinture et du demi-ceint.
58 COLLIERS, CHAPEAUX. ETC., DES INVENTAIRES [fol. 2"]
Reddite ct tradite fuerunt istc iin°' partes acolate, cum quinque aliis par-
tibus inde sequentibus [140-148] in alia pagina sequenti, Parisius, per dic-
tum Robinetum executoribus dicti defuncti domini Ducis; convertendum
in facto execucionis ipsius. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
[B, 566. — S G, n° 201 ; prise xl liv. t.]
144. Item, une ccinciure d'un tixu de soie blanche, dont la
boucle et le mordant sont d'or. clouee tout au long de clos d'or;
pesant vii onces.
[B, n" 367. — S G, n° 202 ; prise xl liv. t.]
145. Item, une bizete de soie bleue (i), escripte dessus, oil il a
V boutons de perles.
Ces II parties [144-14?] sont ainsi declairees es lu" et iiii" parties du
Ixini" fueillet dudit livre.
[B, n" 568. — S G, n" 2o3 ; prise v sous t.]
146. Item, deux tres petites couronnes d'or garnies de petis
saphirs, esmeraudes et menues perles, et avec autres menues
perles saillies de la garnison desdictes couronnes. Ainsi declai-
rees es !ni<= et v^ parties du xxxin^ fueillet dudit livre.
[B, n" 237 et 238. — S G, n" 204; prise iiii liv. t.]
147. Item, deux bourses oil il a boutons de menues perles, et
en chascune a deux lozanges des armes de France et de Bourbon.
Ainsi declairees en la ix^ partie du iiii^-^ xvi<= fueillet dudit livre.
[B, n° 892. — S G, n° 2o5 ; prise xl sous t.]
148. Item, une tres vieille aumosniere, a grans viez piez de
soye, en laquelle a une ceincture en deux pieces, de tixu vert, con-
tenant XXI clos, avec la boucle et le mordant d'argent dore. Ainsi
declairee en la viii^ partie du iiii^^ xix^ fueillet dudit livre.
Tradite fuerunt iste quinque partes acolate [144-148] Parisius predictis
executoribus, ut supra.
[B, n" 923. — S G, n" 865; prise lx sous t.]
(i) La bisette etait, d'apres L. de Laborde, un galon brode ou, d'apres
Gay, une passementerie d'or et d'argent. Ce ruban etait parfois accompagne
d'inscriptions tissees avec I'etoffc ou rapportecs apres coup, comme la
locution escripte dessus semble I'indiquer.
COLLIERS, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. IJ V°] Sq
COLLIERS ET CEINCTURES BONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
149. Item, un collier de til d'or trait plat (i), garni par les
hours de boutons d'or roons, et seme de petis ours eSmaillez de
blanc, de petites rosetes, et en chascune rosete a un petit dya-
ment plat, et de pluseurs petis clos en fa^on de lozanges; lequel
collier ainsi fait et garni, comme dit est, fu donne a Monseigneur
auxestrainnes,le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et X, par
sire Mace Heron, son tresorier general. Ainsi declaire en la pre-
miere partie du iii^' lvii^ fueillet dudit livre.
K. — Datum fuit duci Clarencie per mandatum super prima parte lxix' folii
hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de
eadem.
i5o. Item, une vieille ceincture de cuir estroicte, garnie d'ar-
gent, clouee au long de pluseurs camahieux et autres pierres de
petite valeur, laquelle n'est point rendue es comptes precedens.
Ista zona tradita et reddita fuit Parisius executoribus per dictum Robi-
netum. Et ideo acquittatur hie de eadem.
[S G, n* 866; prise vui liv. t.]
fermaillez des inventaires
i5i. Item, un fermail d'or ouqucl a une estoille de saphir,
VII rubiz tels quels, vi dyamens poinctus et xxx perles ; lequel
fermail est d'un ymaige d'or de Nostre Dame, dont mencion est
faicte en la iii^ partie du x= fueillet du livre des comptes pre-
cedens.
[S G, n° 579; pesant iii onces xv esterlins, prise vii" liv. t.]
(i) Voyez dans VInventaire de Charles V (p. 33, note 2) les details donnes
par M. Labarte sur la fabrication du fil d'or trait, qui correspond a ce qu'on
appelle aujourd'hui file d'or ou orfile. Le terme fil d'or trait plat s'explique
encore assez bien. II s'agirait d'un fil d'or ecrase ou aplati. II est plus ma-
laise d'expliquer le terme fil d'or trait a I'oeuvre de Damas du n" 3o5,
6o FERMAILLETS DES INVENTAIRES [fol. 28]
I 52. Item, un petit fermaillet d'argent dore, auquel pend une
chaiennete, et au bout d'icelle un escu^on ou il n'a riens dedens.
Ainsi declaire en la nn<^ partie du xxxvi« fueillet dudit livre.
[B, n° 286. — S G, n° 206 ; prise v sous t.]
1 5 3. Item, un fermaillet d'or, garni d'un halay, ni petis saphirs
et VI perles, et y faillent iii perles; non poisie.
[B, n" S74. — S G, n° 867 ; prise xx liv. t.]
154. Item, XII fermaillez d'or, en chascun une couronne, pour
servir a Testaiche d\in mantel ; garniz de pierrerie, c'est assavoir :
les VI, chascun d'un balay et vi troches de perles, chascun trochet
ayant in perles, et les autres vi, chascun d'un saphir et de perles
comme les precedens;et fault, en iiii desdiz fermaillez, iiii trochez
desdictes perles.
Iste mi" partes acolate [i5i-i54] traditc et reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus predictis; convcrtendum ut supra. Et sic
acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n" 873. — S G, n" 207 ; prise cl liv. t.]
1 55. Item, un fermaillet d'or ouqucl a deux balaisseaux,
I saphir et une perle ou milieu; et y fault i saphir.
[B, n" 876. — S G, n" 208; prise xii liv. t.]
I 56. Item, un autre fermaillet d'or, garni de pierrerie de petite
valeur.
Ces 111! parties acolees [i53-i56] sont ainsi declairces ou iiii"xv tueillet
dudit livre.
[B, n° 877. — S G, n" 209; prise xl sous t.]
157. Item, VI grans boutons faiz en fai;on de roses, garniz
de perles grosses et menues, ou il a ou milieu de chascun desdiz
boutons un eigne fait de menues perles.
[B, n" 884. — S G, n" 2in; prise xxxvi liv. t.]
I 58. Item, deux filez de perles oi:i il a en Tun deux saphirs et
I balav, et en Tautre deux balaiz et i saphir.
Iste quatuor partes accolate cum tribus partibus in pagina scquenti con-
tentis [i55-i6i] tradite et reddite fuerunt executoribus Parisius per dictum
Robinetum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra.
[B, u" 885. — S G, n" 21 1 ; prise lui" liv. t.]
i5o. Item, un chaston oil il a un petit balay quarre et deux
perles.
[B, n" 887. — S G, n" 212 ; prise vni liv. t.]
FERMAILLETS DES INVENTAIRES [fol. 29] . 61
160. Item, en un tillet de sole vert iiii petiz balaiz et i saphir.
[B, n" 888. — S G, n° 808; prise xl liv. t.]
161 . Item, un petit saphir et vii grosses perles.
Ces V parties acolees [iSy-iGi] sont ainsi declairees ou mi" xvi" fueillet
dudit livrc.
[B, ir 88g. — S G, n" 2i3; prise xvui liv. t.]
FERMAILLEZ ACHATEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
162. Item, un fermaillet d'or, ouquel est assis un gros halay,
pesant n'^xn caraz de Janncs, ou environ, lequel halay Monsei-
gneur achata de Janus de Grimauit, marchant Jannevoys, le
xix<= jour de may Tan mil CCCC et VIII, pour le priset sommede
XVI™ escuz d'or; et Tor et fai^on dudit t'ermail cousta de Hermant
Rince xxxiiii livres x sous tournois. Lequel fermail est ainsi de-
claire en la iiii'^ partie du ii'^ liiii*^ fueillet du livre desdiz comptes
precedens; et depuisy a fait mondit Seigneur mectre la pierrerie
qui s'ensuit, c'est assavoir : un dyament poinctu, pesant xx caraz
ou environ, qu'il achata en une rose d'or avec un autre dyament
en fa^on de mirouer qu'il fist mectre en un ours, tout declaire en
la 1111= partie du clxx'^ fueillet, de Nicolas Picace et Jacques
Sac, les deux ensemble, la somme de vi'" escus d'or; deux autres
gros dyamens plaz, I'un a viii quarrez, declaire en la 1111*= partie
du cLxxii-^ fueillet dudit livre, que mondit Seigneur achata de
Anthoine Manchin la somme de 11'" viii<^ xii livres x sous t. ; el
I'autre est d'un grant dyament quarre, declaire en la vi'^ partie du
CLxix-^ fueillet dudit livre, qui fu achate de Fran^:ois de Passan
pour le pris de vii'"c escus d'or, lequel fu rompu en deux pieces;
et une tres grosse perle tine declairee en la derreniere partie du
ii'-'xxiii'^ fueillet dudit livre, laquelle le roy de Navarre donna a
Monseigncur, le xx<^ jour de decembre I'an mil CCCC et V. Pour
ce icy ledit fermail garni desdiz balay, trois dyamens et perle.
Iste balay redditus et traditus fuit per executores testamenti dicti doniini
Ducis et per dictum Robinetum domino Regi cum cruce pulcherrima sibi
62 FERMAILLETS ACHETKS PAR MONSEIGNEUR [fol. 3o]
data per dictum dominum Ducem, prout constat per litteras dicti domini
Regis, datas xix' die junii M" CCCCXVP, hie redditas et retentas, que ser-
vient inferius pro pluribus aliis partibus ibidem declaratis ad exoneracio-
nem predictorum executorum et Robineti. Et ideo acquictatur hie de eodem.
Et similiter tres dyamentes, de quibus hie fit mencio, redditi t'uerunt
Parisius executoribus per dictum Robinetum, prout constat per inventarium
Parisius factum tarn penes Johannem Tarenne quam Burellum de Dampno-
martino. Et sic idem Robinetus acquictatur de eisdem.
K. — Dicta grossa perla data fuit domino duci Acquitanie per mandatum
super primo articulo secunde pagine lii' folii hujus compoti redditum. Et
ideo ipsa acquittatur hie dictus Robinetus.
[S G, n° 1 335 ; prise ledit balay in"' ni' lxxv liv.]
1 63. Item, un ours d'csmail ou voirre, taint de couleur d'esme-
raude, enchastone en or en maniere d'un fermaillet; lequel Mon-
seigneur a fait faire, et n'est point rendu es comptes precedens.
Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie.
[S G, n" 214; prise xxx liv. t.]
FERMAILLEZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
164. Item, un pavilion d'un saphir en une fleur d'or esmaillee
de blanc en maniere de ferniaillet, que le Roy de Sicile donna a
estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an mil
CCCC et V. Ainsi declaire en la penultieme partie du iFviie fueil-
let dudit livre.
K. — Datus fuit Baldo de Guidone per mandatum Domini super vi» parte
Lxx"" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquitta-
tur hie de eodem.
BllLLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES DES INVENTAIRES
i65. Item, une petite Veroniquc de brodeure (i), enchassde
en un roont d'argcnt. Ainsi declaire en la ii<^ partie du xxxr fueil-
let dudit livre.
[B, n" 208.]
(i) (( Faite par Jacquemin Bonnebroche » B, n" 208. — Cf. ci-dessusn" 44.
fiULLETES, ETC. DES INVENTAIRES [fol. 3o vo] 63
1 66. Item, une paternostres ou il a vi seignaulx d'or (i),
VIII autres moindres, et le demourant de gest et de corail. Ainsi
declaire en la ix<^ partie du iiii^^ xv^ fueillet dudit livre.
[B, a" 878. — S G, 11° 2 1 5 ; prise lx sous t.]
167. Item, un camahieu blanc, enchassille en argent dore, es-
cript de lettres grecques au dos. Ainsi declaire en la penultieme
partie du iiii^^ xvi« fueillet dudit livre.
[B, n° 900. — S G, n° 869 ; prise xl sous t.]
168. Item, xiiii coquilles de noix (2), garnics dedens de plu-
seurs ymaiges d'yvoire entailez et eslevez. Ainsi declaire en la
derreniere partie dudit iiii^'' xvi'= fueillet dudit livre.
[B, n° 901. — S G, n" 216 ; prise l sous t.]
169. Item, un Agnus Dei d'argent dore, escript alentour,
pendant a un laz de soye. Ainsi declaire en la viii^ partie du
iiii^'' xvii^ fueillet dudit livre.
Iste quinque partes acolate [165-169] tradite et reddite fuerunt Parisius
per dictum Robinetum executoribus; convertendum in facto execucionis
dicti domini Ducis.Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra.
[B, n" 909. — S G, n° 870; prise xx sous t.]
170. Item, un petit reliquiere, ou il a en Tun des costez une
teste de camahieu (3), et en Tautre une teste de saint An-
toine, et entour pluseurs menues perles; pesant tout, avec le
(i) Les signaux etaient des medaillcs ou des joyaux de formes diverses
que Ton accrochait aux patenotres. Le magnitique chapelet du xvi" s. con-
serve dans I'cglise Saint-Benoit sur Loire, qu'on a pu voir en 1889 a
I'exposition du Trocadero, porte quatre signaux d'or emaille qui peuvent
donner idee de ce que devaient etre ceux du due de Berry (voir le Catalo-
gue de r Exposition retrospective de Fart francais au Trocadero, i88g,
p. 144, n° 921.)
(2) Evidemment un de ces ouvrages de patience recherches des curieux
de toutes les epoques, comme en en trouve dans la collection Sauvageot.
(3) Sous ces numeros sent inventoriees plusieurs tetes de camahieu
dont la description pent tres bien se rapporter a des sujets tallies en relief
sur pierre dure a plusieurs couches. II est a noter que certains de ces ca-
mees ne sauraient etre consideres, vu leur sujet, comme antiques. Ainsi
la tete de Sarrasin liee d'une touaille (c'est-a-dire une tete de negre,
entouree d'un turban) du n° 176 a certainement ete gravee au moyen age.
Les deux chevaux atteles a un chariot du n° 175, paraissent egalement
modernes.
64 BULLETES, ETC. DES INVENTAIRES [fol. 3l]
laz a quoy il pend, 1 once i5 estcrlins. Ainsi declairti en la pre-
miere partie du lii^ fueillet dudit livre.
[B, n° 432. — S G, n" 2 17 ; prise xv liv. t.]
171. Item, une pierre roonde, garnie d'argent entour, en ma-
niere d'une roe de saincte Katherine, et au dessus a une petite
teste de camahieu, et pierrcrie alentour de petite valeur; pesant
tout ensemble, avecques le laz a quoy il pend, iii onces xvii es-
terlins et obole. Ainsi declaire en la derreniere partie du li"^ fueil-
let dudit livre.
[B, n° 43i. — S G, 11° 218 ; prise lx sous t.]
172. Item, un autre petit camahieu, ou il a une Annunciacion,
et y a alentour un til d'or, et au dessus un balaisseau et deux
petites perles; pesant tout i once 2 esterlins obole. Ainsi de-
claire en la u^ partie du lii'-' fueillet dudit livre.
[B, 11° 433. — S G, n° 219; prise xvi liv. t.]
173. Item, une teste de camahieu, lequel a la bouche plate,
enchasse en argent dore entour; non poisie. Ainsi declaire en
la viii'^ partie du lxi"^ fueillet dudit livre.
[B, n° 533. — S G, n" 871 ; prise iiii liv. t.]
174. Item, une autre teste de camahieu, garnie d'or entour et
d'un tilet de perles ; pesant, avec le laz a quoi il pend, i once vi es-
terlins. Ainsi declaire en la ix" partie dudit lxi*^ fueillet.
Iste quinque partes accolate [170-174] traditc et rcddite fuerunt Parisius
per dictum Robiuetum, ut supra. Et ideo acquittatur hie.
[B, n" 534. — S G, n" 220; prise xv liv. t.]
175. Item, un autre camahieu, ou il a deux chevaux hatellez
menans un chariot, garni d'or alentour, et darriere un esmail de
pelitc; pesant, avec le laz ou il pend, i once x esterlins obole.
[B, n" 535. — S G, n" 872 ; prise x liv. t.]
176. Item, un autre camahieu a une teste de Sarrasin liee
d'une touaille, garni entour d'or et de pierrerie de petite valeur.
ct darriere a un petit estui a mettre reliqucs; pesant, avec le laz a
quoy il pend, i once x esterlins.
I B, n" 33ri. — S G, n° 873; prise vi liv. t.]
177. Item, un autre camahieu a une teste d'enffant, garni d'or
BULLETTES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 3 I V^] 65
et de perles, el darriere une broche pour le pendre en guise d'uii
fermaillet; pesant xvi esterlins.
[B, 537. — S G, n" 22 I ; prise viii liv. t.]
178. Item, un petit camahieu garni d'or, ou il a deux testes,
et alentour tres petites esmeraudes de peu de valeur; non
poisid.
Ces nil parties acolees [175-178] sont declairees ou lxii° fueillet dudit Hvre.
Iste quatuor partes acolate cum aliis quinque partibus sequentibus (175-
i83) tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori-
bus, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[B, n° 538. — S G, n" 22 1 ; prise c sous t.]
179. Item, un cassidoine (i) oil il a un homme tailli^ dedens,
et au-dessus (2) a un petit eigne esmaillie de blanc qui a un petit
ruby en la poictrine; et entour est garni d'or, et pend a une
chaienne d'or; pesant v onces iiii esterlins et obole. Ainsi de-
claire en la viii^ partie du lxif fueillet dudit livre.
[B, n° 543. — S G, n" 223; prise xxx liv. t.]
180. Item, une poire en quatre quartiers pour mectre reliques,
et ou milieu a une chapelle a mi pilliers, Nostre Dame dedens,
et esmaillde dehors de quatre ymaiges et arbresseaux, et aussi
y pendent petites perles ; pesant i once xvii esterlins obole.
Ainsi declaire en la derreniere partie dudit lxii^ fueillet dudit
livre.
[B, 549. — S G, n° 224; prise xx liv. t.]
181. Item, unes grosses paternostres (3) d'ambre vermeil pen-
dant a un laz de soye. Ainsi declaire en la 1111= partie du
Lxvi« fueillet dudit livre.
[B, n° 598. — S G, n" 22 5; prise ex sous t.]
182. Item, unes paternostres de petites coquilles de mer. Ainsi
declaird en la vi*^ partie dudit lxvi* fueillet.
(i) Le texte porte cassidonie. Voir la note de I'article 112.
(2) <( Au dessoubz »; Inventaire B, n° 543.
(3) Le commerce des patenostres ou chapelets etait tres florissant, car on
avait du diviser les fabricants ou marchands de cet article en trois cate-
gories : patenotriers d'os et de corne, de corail et de nacre, d'ambre et
de gest (jais). Voy. Laborde, Glossaire des e'maux.
5
66 BULLETTES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 32]
[B, n° Goo. — S G, n" 226; prise xv deniers t.]
i83. Item, une coquille de perle garnie d'or, ou il a iii ba-
laisseaux, i saphir et in esmeraudes. Ainsi declaire en la xii*^ par-
tie dudit Lxvi"^ fueillet dudit livre.
[B, 11° G06. — S G, n° 874; prise x liv. t.]
BULLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES ACHATEES
PAR MONSEIGNEUR LE DUG.
184. Item, un petit reliquiere d'or ou il a une pierre appellee
paviot (i), verde, et centre le jour vcrmeille, en laquelle a par
devant un ymaige de femme et darriere une croix en tiers. Ainsi
declaire en la ini'^ partie du cLni<= fueillet dudit livre.
[S G, n° 58o ; pesant once et demie, prise lvi liv. t.]
1 85. Item, un petit reliquiere d'or pour porter au col, ouquel
a d'un des costes une croix que Monseigneur a faicte faire et
tailler d'un balay qui poisoit environ xxxviii caraz et demi, qu'il
achata de Baude de Guy, le xini'= jour de may mil CCCC et VI,
pour le pris et somme de v escuz le carat, vault n'-xi escus xni sous
VI deniers parisis; et ladicte croix a couste a tailler et pollir
XXVI escus. Et de I'autre coste dudit reliquiere a une croix de
dyament que Monseigneur achata de Michel de Paxi, marchant
demourant a Paris, le xv<= jour de novembre mil CCCC et II 1 1,
pour le pris et somme de vi*-^ lxxv frans ; dedenz lequel reliquiere
a plusieurs reliques. Ainsi declaire en la ii*^ partie du ii lxv^ fueil-
let dudit livre.
Ista duo reliquiaria tradita et reddita t'uerunt Parisius executoribus per
dictum Robinetum; convertendum in facto execucionis dicti df)mini Ducis.
Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus.
[S G, n° 1 197; prise iiii liv. t.]
186. Item, un autre petit reliquiere d'or pour porter au col,
garni d'un saphir taillie d'un demi ymaige de Dieu, a plain de-
claire en la premiere partie du ii'^ lxvf fueillet dudit livre; et
(i) Pierre de la coulcur du pavot, ou vermeille, quand on la regardait
en transparence.
BULLETTES, ETC., ACHETKFt.i. PAR MONSEIGNEUR [fol. 33] 6?
entour a vi rubiz, qui sont d'une ceincture dont mencion est
faicte en la iii^ partie du iii^ i^ fueillet dudit livre, et vi grosses
pedes, qui sont d'un fermail en fayon de couronne declaire en
la iin<= partie du ni^ ii^ fueillet d'icelui livre. Pour ce icy ledit
reliquiere ainsi fait et garni comme dit est.
De isto reliquiari acquictatur Robinetus d'Estampes quod reddidit et tra-
didit Parisius exccutoribus, ut supra.
[S G, n" iKjS; prise vii inr" vii liv. x sous t.]
187. Item, un petit reliquiere d'or oil il a un petit ymaige de
Nostre Dame tenant son enffant, faicte de camahieu, lequel
ymaige Monseigneur achata de Jehannin d'Orleans, ou mois de
decembre I'an mil CCCC et IX, vi^^ escus d'or comptans; et en-
tour a deux grains de rubiz qui sont cabochons, et furent achatez
ensemble de Second Falet, avec un saphir citrin, v^^ escus, et
desquielx est faicte mencion en la vii= partie du ii^lxxs fueillet du
livre des comptes precedens; un autre ruby longuet qui est le
plus grant de in qui furent faiz et taillez d'un ruby appele le
Ruby taigneux, lequel est a plain declaire en la nii'= partie dudit
nc Lxx<= [fueillet] ; un autre ruby appelle le Ruby de ioreille, que
madame la Duchesse donna aux estrainnes MCCCC et IX, con-
tenu en la x^ partie du ccc vni« fueillet dudit livre; et quatre dya-
mens, dont les deux sont faiz a pluseurs demies lozanges, et sont
les plus petis de v dyamens d'un fermail en fa^on de couronne a
plain declaire en la nn'= partie du ui^ii^ fueillet dudit livre; et les
aultres deux sont plaz, qui furent achatez de Baude de Guy
ini^^ frans, et sont escripz en ce mesmes reliquiere contenu en la
vnie partie du ii'^lxvi^ fueillet d'icellui livre. Pour ce icy ledit re-
liquiere, ainsi fait et garni comme dit est.
K. — Datum fuit dictum reliquiare domino Guillelmo de Lode per manda-
tum super prima parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum;
vlrtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
188. Item, unes paternostres de cassidoine, enfilee en un laz
de soye rouge; et ne sont point rendues en recepte es comptes
precedens.
B. — Istc paternostres tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robi-
netum exccutoribus. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
68 BULLETTES, ETC., ACHETKES PAR MONSEIGNEl'R [fol. 33 V"]
[S G, n° 227; prise iiii liv. x sous t.]
189. Item, deux paires de paternostres menues, de corail ver-
meil, enfilees en deux laz de soye; et ne sont point rendues en
recepte es comptes precedens.
Iste due paternostres date fuerunt per dictum dominum DucemvidelicetThe-
venino de Montigny et G. Lorin, prout constat per litteras dicti Domini datas
X* septembris MCCCCXV, hie redditas. Et ideo acquittatur dictus Robinetus.
I go. Item, une petite croix d'or garnie de in dyamens en
maniere de flour, assis aux trois bouz, d'une esmeraude lon-
guete en maniere de lozange, assise au bout de dessus, et d'un
camahieu, taille en fa^on d'une teste d'omme assise ou milieu;
laquelle croix Monseigneur achata aux estrainnes, le premier
jour de Janvier Tan mil IIII'-' et douze, pour le pris et somme de
CL frans; et n'est point rendue es comptes precedens.
K. — Data fuit uxori dicti Robineti per maaidatum Domini, datum tercia die
marcii anno M° CCCC° XIII% hie redditum; virtute cujus idem Robinetus
acquittatur hie de eadem.
1 91. Item, une petite croix d'or pour porter au col, en laquelle
a de la croix de Roddes, garnie de xvin petis diamens plaz et
roons en maniere de mirouers, dont les xvii furent achatez de
Baude de Guy, de v rubiz, dont les nii sont du nombre de
IX rubiz qui furent achatez ensamble de Sendre Bliot aux estrain-
nes mil IIII^ et VIII, declarez en la ii<= partie du ii^ lxx« fueillet
du livre des comptes precedens, et le V^ ruby fu donne a Monsei-
gneur par le seigneur de Dampierre (i) en may mil CCCC et IX;
et est declard en la ix^ partie du in"-" vine fueillet ensuivant.
Pour ce icy ladicte croix ainsi garnie comme dit est.
Ista parva crux reddita fuit per dictum Robinetum domino duci Bitturi-
censi, ut constat per mandatum dicti Domini, datum xxiiii die aprilis
M. CCCCXII'', superius redditum. Et sic idem Robinetus de eadem acquit-
tatur.
[B, n°iG4.]
(1) Jacques de Chatilion, sire de Dampierre, vassal du due de Bourgogne,
remplafa, le 27 avril 1408, comme amiral de France, Pierre de Breban, dit
Clignct, seigneur de Landreville, qui soutint, devant le Parlement de Paris,
un long proces contre son successeur, a I'occasion de cette charge d'amiral.
Le sire de Dampierre, destitue a son tour en 1413, dut ceder la place a Cli-
gnet (Voy. Clirnuiqiie du Rcligieiix de St-Denis, t. V, p. 221).
BULLETTES, ETC., DONNEES A MONSEIGNEER [fol. 34] 69
BULLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES DONNEES
A MONDIT SEIGNEUR
192. Item, un petit reliquiere d'or, ouquel a un petit ymaige
de Nostre Dame de cassidoine tenant son enffant, et en sa main
un bien petit ruby, et pend iedit reliquiere a une petite chaienne ;
lequel Jeliannin Hcnon donna a mondit Seigneur le xviii^ jour
de fevricr I'an mil CCCC et deux. Ainsi declaire en la premiere
partie du ii= ix'= fueillet dudit livre.
[S G, n" 58 1 ; prise x liv. t.]
193. Item, une petite buUete d'or roonde, en laquelle a par
devant un demi ymaige fait pour Monseigneur, tenant en sa
main une maniere d'annel; lequel ymaige a le colet de son ves-
tement fait d'esmeraude, etla teste dudit ymaige estde cassidoine
blanc, et ou darriere de ladicte buUete a un lieu pour mettre
reliques, pendant a un petit laz de soye; laquelle bullete monsei-
gneur I'evesque de Chartres donna a Monseigneur le derrenier
jour de novembre mil CCCC et IX, feste de S. Andre appostre.
Ainsi declaire en la vii^ partie du ni^ ni^ fueillet dudit livre.
Iste due partes [192, up] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executorihus. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de
eisdem.
[S G, n" 228; prise xii liv. t.]
194. Item, une petite pierre serpentine quarree, garnie d'or,
en laquelle a d'un coste un petit ymaige de Nostre Dame tenant
son enffant, faict de paincture; laquelle pierre ainsi faicte et
garnie fu donnee a Monseigneur aux estrainnes le premier Jour
de Janvier Tan mil CCCC et IX (i). Ainsi declaire en la vn= par-
tie du Hic vn'^ fueillet dudit livre.
Traditum fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 875; prise iiii liv. t.]
(i) II ne s'agit pas d'une de ces pierres qui, comme les langues de serpent,
etaient employees aux epreuves. La pierre serpentine presentait sans doute
des dessins qui lui ont valu son nom.
PETITS JOYAUX d'oR DES INVENTAIRES [fol. 35]
PETIZ JOYAULX D OR DES INVENTOIRES
195. Item, Lin grant denier d'or bien pesant, ouquel est contre-
fait au vif le visaige de Julius Cesar (i), garni entour de ini sa-
phirs et vni perles, pendant a une chaienne ployant, ou il a deux
perles, et au dessus un fermail ou il a un gros saphir et quatre
perles, vi petis saphirs et perles de petite valeur. Ainsi declairc
en la ii*^ partie du xxix^ fueillet dudit livre.
[B, n" 178. — S G, n" 229; prise cxii liv. x s. t.]
196. item, un joyau d'un grant camahieu, ouquel sont deux
beaux visaiges taillez et enlevez, garni d'or entour, et en la poic-
trine dudit camahieu a un ruby et deux dyamens poinctus;
lequcl joyau est d'une grant croix d'or, appellee la Croix an
camahieu (2), declairee en la fin du cxxxii'" fueillet du livre
desdiz comptes precedens et au commancement du fueillet
ensuivant.
Iste due partes tradite et rcddite fueruiit Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo acquittatur hie, ut supra.
[B, u" 1081. — S G, n" 876; prise n'" liv. t.]
PETIS JOYAULX d'oR ACHATEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
197. Item, un petit joyau d'or roont, ou est d'un coste le
visaige de Thibere de haulte taille, et y a escript : Thiberius
Cesar Augustus imperii nostri anno XVI°, garni entour de
III balaiz, iii saphirs a jour et de vi perles, et de I'autre cost^
dudit joyau a un ymaigc de femme de haulte taille, assise, ou il a
(i) S'agit-il ici d'une monnaie ? II parait plus vraisemblable que cct
article designe une imitation de medaille romaine executee au moyen age
comme celles qui sont decrites plus bas sous les n" 197 a 200.
(2) Voyez la description plus complete de cctte croix dans Finventaire B,
n° 1 08 1.
PETITS JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 35 V"] 7 I
escript : Phaustina anno ab Urbe condita DCCLXXXII; garni
entoLir de grenaz ct d'esmeraudes, et pend a couplez; et un fer-
maillet au bout garni d'un balay, i saphir, vi esmeraudes et
VII perles; lequel joyauMonseigneur achata a Paris, ou moys de
mars Tan mil CCCG et I de Michiel de Paxi, marchant demou-
rant a Paris (i.)
Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus. Et sic acquittatur hie, ut supra.
[S G, n° 1 190; prise 11° liv. t.]
198. Item, un autre joyau d'or roont, oil est d'un costd le
visaige d'Octovian, de haulte taille, et a escript a Tenviron :
Octoviamis Cesar Augustus imperii nostri anno xl ; garni entour
de nil balaiz, iiii esmeraudes et xvi perles; et au dessus a un
(i) Ces medailles d'Auguste, de Tib^re, de Constantin et d'Heraclius ne
sauraient dtre des monnaies antiques. Aucun type connu ne repond a la
description de I'inventaire ; mais on connait deux medaillons, attribues a un
graveur italien du milieu du xv» siecle. (Voy. Armand, Medailleurs italiens,
Tome II, p. 8), dont la description et les legendes se rapportent exactement
a celles-ci. Le Cabinet des medailles de Paris possede un exemplaire en
argent du Constantin et nous avons pu constater que toutes ses parties sont
conformes a la presente description. Le medaillon d'Heraclius a ete grave
dans J. D. Koehler, Historischen Miin^ Belustigtmg {Nuremberg, 1744, Tome
XVI, p. 33.) Nous en avons vu un exemplaire en metal dans une collection
particuliere. Ceux d'Auguste et de Tibere sont a rctrouver. Comme le prou-
vent les termes des articles 197 et 199, I'execution de ces medaillons date de
la premiere annee du xv siecle ou meme des dernieres annees du xiv°, et
non de 1450, comme on I'avait suppose jusqu'ici pour le medaillon represen-
tant Constantin. lis montrent que le gout de I'antiquiteetaitdejafort repandu
au xiV siecle. En outre, ce Michel de Paxi a un nom qui ressemble singu-
lierement a celui de Pasti, un des grands medailleurs du xv° siecle. Ce
n'est pas son pere, mais il pourrait dtre son aieul ou son oncle. Nous avons
ici une de ces reminiscences de I'antiquite, une de ces suites qui plaisaicnt
tant a nos peres : deux Empereurs paiens pris parmi les plus illustres,
et deux Chretiens. Ce rapprochement fait songer a la legende des neuf
Preux. Dans un article sur les plus anciennes medailles italiennes du
moyen age, intitule : Qiiali sono le prime medaglie del medio cevo,er. public
dans le Periodica di niimismatica e sphragistica per la storia d'ltalia (Flo-
rence, 1868), M. Julius Friedlaender cite des medailles de la fin du xiv° sie-
cle, representant Marco Sesto et Francois Novello de Carrare, portant la
date de iSgo et 1393. Mais I'auteur ne parle d'aucun des quatre medaillons
decrits ici. Nous devons la plupart des renseignements qui precedent a
I'obligeance de MM. Lavoix, Babelon et Prou, du cabinet des medailles de
Paris.
-2 PETITS JOYAUX ACHETlis PAR MONSEIGNEL'R [fol. 36]
tableau ouquel a escript : Maniis [\) ab integro seciilorum nas-
citur ordo; garni d'un balay ct une perle ; et par dessus ledit
tableau a un fermaillet ouquel a xiii perles, vi esmerandes et v
grcnaz; el de Tautre coste dudit joyau a une femme de haulte
taille, tenant en une de ses mains une estoille, et en I'autre un
fouet, et a escript a Tenviron d'icelle part : Lilia [sic] anno ab
iirbe condita DCCL; garni entour de grenaz et d'esmeraudes;
lequel joyau mondit Seigneur achata dudit Michiel de Paxi avec
I'autre joyau dessusdit.
[S G, n° 23o; prise ii' liv. t.]
199. Item, un autre joyau d'or roont, de haulte taille, ouquel
est contrefait d\in des costez Constantin a cheval et a escript a
Tenviron : Constantiniis in Christo deofidelis imperator et mode-
rator Romanoriim et semper Augustus, et de I'autre costd a deux
femmes, et ou milieu d'icelles une fontainne ou il a un arbre, et
dedens ledit arbre une croix, et a escript a I'environ : Michi
absit gloriari nisi in cruce domini nostri Jhesu Christi; et est
ledit joyau garni entour de deux balaiz, deux saphirs et de vint
grosses perles tout a jour; et pend a une chaiennete d'or faicte
de boutons d'or roons en maniere de paternostres; lequel joyau
Monseigneur achata en sa ville de Bourges de Antoine Manchin,
marchant de Florence demourant a Paris, le ii^ jour de novembre
I'an mil CCCC et deux, la somme de xi^ frans.
Istc due partes tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo exoneratur hie dictus Robinetus, ut supra.
[S G, n° 23 1 ; prise 1111° fr., valent iiii'^ liv. t.]
200. Item, un autre joyau d'or roont, de haulte taille, ou il a
d'un des costez la figure d'un empereur appelle Eracle en un
croissant, et son tiltre escript en grec, expose en fran9ois en
ceste maniere : Eracle en Jhesu Crist Dieu, fcal empereur et mo-
derateur des Romains, victeur et triumphateur tousjours Au-
giiste; et de ce mesmes coste a escript en latin : Illumina vultum
tiium Deus ; super tenebras nostras militabor in gentibus; et de
(i) II faut evidemment lire : Magnus.
PETITS JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [tol. 36 V"] ^3
Tautre est la figure dudit empereur tenant une croix, assis en un
char a trois chevaux, et dessus sa teste a pluseurs lanipes, et ou
milieu du cercle ou sont lesdictes lampes a escript en grec exposd
en francois ce qui s'ensuit : Gloire soit es cieulx d Jhesu Crist
Dieu qui a rompu les partes d'enfer et rachatee la croix
saincte, imperant Eracle. Et est ledit joyau garni entour de
quatre saphirs etquatre grosses perles, et pend a une chaiennete
d'or engoulee (i) de deux testes de serpent.
Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per di(;tum Rohinetum executori-
bus. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eadem.
Ces mi parties acolees [197-200] sont aiiisi declairees ou cli' et cm'
fueillez dudit livre.
[S G, n" 1 191 ; prise v" liv. t.]
2or. Item^un joyau d'or roont, contrefait d'un coste et d'autre
a la semblance d'un autre Joyau d'or cy devant rendu en la
seconde partie du fueillet precedant, ouquel est Constantin
empereur; lequel joyau mondit Seigneur a fait t'aire et n'y a
point de pierrerie.
[S G, n" 2 32; prise lx liv. t.]
202. Item, un autre joyau d'or roont, contrefait de toutes pars,
a la semblance d'un autre joyau d'or ci devant rendu en la derrc-
niere partie dudit fueillet, ouquel est la figure de Eracle empereur ;
lequel mondit Seigneur a fait faire, et n'y a point de pierrerie.
Ista duo jocalia non inveniri possunt in compotis precedentibus. Tamen
si inveniantur, acquictetur ibidem dictus Robinetus.
Postmodum reperta fuerunt Bitturicis et per dictum Robinetum tradita et
reddita Parisius executoribus, convertenda in facto execucionis dicti domini
Ducis. Quare exoneratur dictus Robinetus, ut supra.
[S G, n° 233; prise nii" liv. t.]
JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES DES
INVENTOIRES, DONT IL EN Y A PLUSIEURS DE PETITE VALEUR.
2o3. Item, xxin pieces de monnoye d'or de diverses ma-
(i) En langue heraldique, engoule se dit des pieces d'armoiries dont les
extremites entrent dans des gueules d'animaux. II s'agit done probablement
ici d'une chaine sortant dc deux gueules de serpent.
74 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. '}<'] V°]
iiieres. Ainsi declairez en la ii^ partie du xxv^ fueillet dudit
livre.
[S G, n° 582; de xxxv pieces de monnoie d'or de diverses famous, dont en
I'inventoire de Robinet n'avoit que xxiii, et il en rend plus xii; pesant
nil onces XVII esterlins obole; prise xliiii liv. t.]
204. Item, xxxv deniers d'argent de diverses monnoies. Ainsi
declairez en la iii^ partie du xxv^ fueillet dudit livre.
[B, n" 12 3. — S G, n° 583 ; de cxiii deniers d'argent de diverses monnoies et
manieres, pesant i marc iiii onces; prise ix liv. t.]
205. Item, un petit coffret a mectre les anneaulx de Monsei-
gneur; lequel est declaird en la premiere partie de la seconde
page du xxv^ fueillet dudit livre.
[S G, n" 584 ; garni d'argent, de serreure et deux fermoars ; prise vi liv. t.]
206. Item, un coutel en une vielle gayne, appelle le Coutel
donogo qui tranche fer (i). Ainsi declaird en la if partie du
xxviii* fueillet dudit livre.
[B, n- 168. — SG, n" 12 16; non prise pour ce qu'ilne vault riens, et donne,
si comme on dit, a Hermant Rainsc.]
207. Item, un roolleau d'argent dore pour eschauffer mains (2),
et aux deux bouz hachie aux amies de feu monseigneur d'Es-
tampes. Ainsi declaire en la in« partie du xxxii= fueillet dudit
livre.
[B, n" 220. — S G, n° 235 ; neant pour ce que ledit commis en a fait recepte
ou compte des funerailles.]
208. Item, Teuvangile saint Jehan, escripte de menuc lettre, en
(1) Ce couteau qui tranchait le fer portait peut-dtre sur sa lame le nom
d'un fabricant appele Donogo. Une vieille legende, dont I'origine a echappc a
nos recherches, mais dont le souvenir s'est perpctue chez un romancier
populaire contcmporain, nous represente le roi Richard Coeur de Lion et
le sultan Saladii*. faisant assaut d'adresse et de force. Le monarque anglais
tranche d'un coup de son epee le manche en fer d'une masse d'armes, tandis
que le sultan jette en I'air un coussin de soie, et pendant sa chute, separe en
deux retort'e molle et sans consistance avec son cimeterre.
(2) Les chauffe-mains affectaient soit la forme d'un rouleau, comme dans
le present article, soit plus souvent celle d'une pomme. (Voy. ci-apres n° 2 5o).
L'inventaire des joyaux de la Couronne redige en 1418 mentionne plu-
sieurs pommes d'argent a chauffer les mains (n"' 222 et 227). Le musee de
Cluny possede deux chauffe-mains en forme de boules percees de trous, du
xiV ou du xv" siecle,
JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38] J 5
parchemin, de la grandeur d'un blanc (i). Ainsi declaire en la
vii« partie dudit xxxii« fueillet dudit livre.
[B, n°224. — S G, n° 1217 ; non prisee et donnee, si comme on dit, a Jehan
Du Pre.]
209. Item, une boistelete d'argent dore, en fagon de poire,
pour mectre verniz, qui sert pour un comptouer; pesant v on-
ces V esterlins. Ainsi declairee en la vn= partie du xxxmi^ fueil-
let dudit livre.
[S G, 11° 2 36; neant pour ce que ledit commis en a fait recepte ou compte
des funerailles.]
2 10. Item, un petit croissant d'or qui servoit a un joyau que
souloittenir le grant Dieu d'or pour porter Corpus Domini; pe-
sant 3 esterlins. Ainsi declaire en la vni« partie du xxxv<= fueillet
dudit livre.
[B, n° 273. — S G, n" 877; prise xxv sous t.]
211. Item, deux grans couteaulx et un petit en une gayne de
cuir fauve, a ni manches de jaspre.
[B, n" 279. — S G, n" 878 ; prise iiii liv. t.]
2 12. Item, une pairc de petis couteaulx.
Ces deux parties acolees sont ainsi contenues en la xinr et xv" parties du
xxxv° fueillet dudit livre.
[B, n" 280.]
2 1 3. Item, une pomme de must a quatre crestes d'or, que
Christoflede La Mer donna a Monseigneur; garnie de nii balais-
seaux, six saphirs et dix-sept perles. Ainsi declairee en la iii^ par-
tie du xxxvii^ fueillet dudit livre.
[B, n" 3oi. — S G, n" 237; prise xxv liv. t.]
214. Item, un petit coissinet de lavandre de satin blanc, brode
a un ours. Ainsi declaire en la x= partie du xxxvn^ fueillet dudit
livre.
(i) Encore une de ces curiosites hizarres dont les amateurs se sont montres
de tout temps tres friands. (Voy. ci-dessus n" 168.) Le blanc sous Charle.'-. VI,
etait une monnaie valant dix ii douze deniers. (Voy. Diet, de Trevoux).
Nous ne pensons pas qu'il soit ici question d'un manuscrit comme le croit
M. Leopold Delisle {Cabinet des manuscrits, III, 174, \V 35). L'inventaire
veut sans doute parler de I'evangile qui se dit a la fin de la messe : « In
principio erat Verhum, etc. w.
76 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38]
[B, n" 3o8. — S G, n° 12 18; donne, si comme on dit, a Bourges pour ce
qu"il ne valoit riens.]
2 1 5. Item, une espee dont le pommel, la croix et le forrel sont
garniz d'argent; et oudit pommel a un escu^on aux armes de
Monseigneur. Ainsi declairee en la x<= partie du xxxviiie fueillet
dudit livre.
[B, n» 32 1. —5 0,11° 238; xii liv. t.]
216. Item, une autre espee non garnie. Ainsi declairee en la
xi« partie dudit xxxviii'^ fueillet
[B, 11° 322. — S G, n° 879; prise v sous t.]
Omnes iste partes in presenti pagina declarate cum omnibus aliis partibus
in sequenti pagina contentis [2o3-2i6] tradite et reddite fuerunt Parisius
executoribus; convertendum in facto dicte execucionis. El ideo acquittatur
dictus Robinetus, ut supra.
217. Item, un plat fait de pourcellainne, sanz aucune garnison,
estant dedans un estui de cuir. Ainsi declaird en la premiere par-
tie du iin*'' xnii« fueillet dudit livre.
[B, n° 858. — S G, n° 1219 ; non prise pour ce qu'il a este rompu en ame-
nant de Bourges a Paris.]
218. Item, un long cristal roont, estant en un estui de fer
blanc. Ainsi declaire en la premiere partie du ini^^ xv^ fueillet
dudit livre.
[B, n" 870. — S G, 11° 880; prise xv liv. t.]
2ig. Item, un rairouer d'acier estant en une bourse de soye.
Ainsi declaire en la ii« partie du nii^'' xv^ fueillet dudit livre.
[B, n° 871. — S G, n" 881 ; prise xl sous t.]
220. Item, VI branches de corail (i) vermeil, que grans que
petites, dont la plus grant est, au bout, garnie d'argent. Ainsi
declairees en la ni= partie du ini^^ xv^ fueillet dudit livre.
[B, n° 872. — S G, n° 239; prise l liv. t.]
22 1. Item, un mirouer (2) d'argent dore, esmaillie par dehors
(i) II y en avait sept; I'une d'elles avait servi a fairc une patenotre. \^oy.
I'inventaire B, n" 872.
(2) Le miroir de metal remonte a I'antiquite qui ne parait pas en avoir
connu d'autre. L'application d'une feuille de metal derriere un verre pour
refleter une image serait une invention du moyen age. D'ailleurs, le miroir
en metal poli est encore tres usite au xv" siecle (Cf. n" io32, et Invent, de
Charles V).
JOYAI'X, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38 vo] 77
a deux pavilions, escript a Tentour : Ave Maria. Ainsi declaire
en la premiere partie du iiii'^^ xvii^ fueillet dudit livre.
[B, n° 902. — S G, n° 240; prise l sous t.]
222. Item, un petit coutel tournant a viz (i).
[B, 904. — S G, n" 882 ; prise x sous t.]
223. Item, pluseurs pieces d'argent en ymaiges, croces (2), et
autreschoses qui servoienta plusieursjoyaulx qui souloientestre
en la grosse tour de Bourges; pesant ensemble iiii marcs xvii es-
terlins obole.
[B, n» 905. — S G, n" 241 ; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles.]
224. Item, un cuivreau fait en forme d'omme nu, de tres
bonne fa^on.
[B, n° go6. — S G, n° 883 ; prise xx sous t.]
22 5. Item, un reftVoidouer a vin, de cuivre ouvre a oeuvre de
Damas.
[B, n" 907. — S G, n° 884; prise x liv. t.]
226. Item, une chemise de N. D. de Chartres (3).
Ces V parties acolees [222-226] sont ainsi declairees ou ini'" xvir fueillet
dudit livre.
[B, n" 908].
227. Item, une casse de bois ou il a un oef d'austruce (4).
Ainsi declaird en la ii^ partie du nii^'^ xix^ fueillet dudit livre.
(i) L'estimation de ce couteau prouve qu'il s'agit d'un instrument assez
vulgaire. N'a-t-on pas voulu designer par I'expresion tournant a vi^ un cou-
teau se refermant de faf on a pouvoir elre mis dans la poche.
(2) Faut-il lire crosses ou crochets? L'article ne fournit pas d'indication
suffisante pour I'interpretation de ce mot qui se rencontre rarement sous
cette forme.
(3) On vendait aux pelerins qui venaient venerer la chemise de la Vierge h
Chartres des representations de cette insigne relique sur laquelle on pourra
consulter : F. de Mely, Le tre'sor de Chartres (Paris, A. Picard, 1886, in-i8
p. 49); du meme, Chemises de la Vierge (Chartres, Garnier, i885, in-4°);
et aussi L. Merlet, Catalogue des reliques et joyaux de N. D. de Chartres
(Chartres, imp. Garnier i885, pet. in-S"). M. Merlet donne, dans ce dernier
ouvrage, (p. 94) le dessin du reliquaire, en forme de chemise de Chartres,
envoye par le chapitre aux Hurons; ce reliquaire serait encore conserve a
la cathedrale de Quebec
(4) L'oeuf d'autruche rentre dans les curiosites naturelles fort recherchees
de nos ancetres qui convertissaient cet oeuf en coupes, en salieres, ou meme
78 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. Bc)]
[B, 11° 918. — S G, n° 1220; laissee, si commc on dit, a ladicte chapelle du
palaiz de Bourges.]
228. Item, un pignouer (i) garni d'un pigne, d'un mirouer et
d'une greve d'yvoire en un estui, ou il a deux escucons aux ar-
mes de feue madame la Duchesse. Ainsi declaire en la inie par-
tie dudit iiii^^ xix<= fueillet.
[B, n" 920. — S G, n" 1221 ; dunne a Bourges, si comme on dit.]
229. Item, deux estuiz de cuir, garniz de sarrures et charnieres
d'argent dore, Tun pour une couronnc et I'autre pour un cha-
pel, armoiez par dessus aux armes de Monseigneur. Ainsi dcclai-
rez en la v^ partie du nii^'^ xix" fueillet dudit livre.
[B, n''92i. — S G, n" 242; prise iiii liv. x sous t. ; pour ce pour un desdiz
estuis XLv sous t. Ibid., n° 885; I'autre estui xlv sous t.].
230. Item, quatre petites fioles de voirre, en chascune desquel-
les a un tres petit de baulme. Ainsi declairez en la ix« partie du-
dit ini'^'' xix« fueillet.
[B, n" 924. — S G, n° 1222; trois des quatre petites fioles donnees, si
comme on dit, a messeigneurs I'arcevcsque de Bourges et I'evesque de Paris.]
23 1. Item, un hochet (2) pour esbatre petis enffans, de bro-
deure, seme de menues perles, ou sont iiii escucons aux armes
de France, de la royne de Bourbon, du dauphin et de monsei-
gneur d'Estampes; et est la tenue d'argent esmailliee aux armes
de France. Ainsi declaire en la derreniere partie du iiii'^'^ xix'^ fueil-
let dudit livre.
[B, n- 926. — S G, n° i223; donne a Bourges, si comme on dit, a un petit
enfant, et estoit tres viel et rompu.]
232. Item, une grant bouteille de voirre ou il a du bausme
en reliquaires, (Voy. le reliquaire de Quediinbourg reproduit par V. Gay et
ci-dessous les n°» 689 et 757.) On possede encore, notamment a Dresde dans
la Griingewoelbe, des oeufs d'autruche habilement decorcs par d'anciens
orfevres. II ne faut pas oublier non plus que le due de Berry possedait une
autruche vivante.
(i) Le pignouer ou pigniere etait le necessaire ou on serrait les peignes,
rasoirs, gravoirs, ciseaux, miroirs et autres objets de toilette. (Voy. Glossaire
des emaux au mot gravouire.)
(2) M. de Laborde cite des cxemples de hochet en metal identiqucs a ceux
qu'on met encore entre les mains des enfants. Mais un hochet de broderie
est un objet rare dont on s'expliquc difficilement I'usage; car on nc pou-
vait le laisser mettre dans la bouche.
JOYAUX, F.TC, DES INVKNTAIRES [fol. Bq] 79
cuit, trouve en Tostcl Pierre de la garderobe, sdelle des sdeaulx
du seneschal de Berry et de I'abbe de saint Ambrois, et d'un au-
tre seel dont la carate (i) ne puet estre cogneue. Ainsi declare
en la vii<= partie du iiii^'^ xix*^ fueillet dudit livre.
Omnes iste partes presentis pagine etalie in pagina sequenti [217-232] red-
dite et tradite fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum; conver-
tendum ut supra. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
[B, n°922. — S G, n° 1224; non prisee et donnee, si comme on dit, a mes-
seigneurs I'arcevesque de Bourges et I'evesque de Paris.]
233. Item, une piece de crista! plat, contenant un espan de
long et III doiz de large, et un fouet (2) dudit cristal, garni
d'argent dore et de plusieurs filez de soye et boutons de perles.
Ainsi declairez en la premiere partie du C^ fueillet du livre des
comptes precedens, faisant mencion d'un benoistier de cristal,
lequel est cy dessus rendu en la iin'^ panic du xxi'= fueillet de ce
present compte.
[S G, n" 886 ; prise xx iiv. t.]
234. Item, un coffret d'un pie en quarreure, de cipres mar-
quete, garni de cuivre dore, et dedens de veluiau vermeil, qui fu
deffeu monseigneur d'Estampes. Ainsi declaire en la 11^ partie
du c= fueillet dudit livre.
[B, n° 928. — S G, n" 887 ; prise lx sous t.]
235. Item, un coftVet de cipres marquete, de deux piez de
long et d'un pie de large, et y a ymaiges eslevez alentour. Ainsi
declaire en la vi*^ partie dudit c^ fueillet.
[B, n° g32. — S G, 11° 888; prise lx sous t.]
236. Item, une pille de tres petiz goubellez d'argent, et y a
(i) Sur le mot carate, voyez Du Cange a cavactev. L'exemple qu'il donne.
« Et a en la caraterc dudit seel ung ymaige de royne coronnce » ne laisse pas
d'incertitude sur la signification de ce mot. Carate et caratere sont evidem-
ment pris dans la meme acception.
(2) On rencontre assez frequemment dans les inventaires de cette epoque
(Voy. Invent, de CharlesV, art. 2814), des fouets faits d'une matiere qui parait
peu propre a un pareil usage. M. de Laborde fait remarquer que la presence
des chiens et autres animaux dans les appartements intimes explique I'usage
de ces fouets de luxe. (Voy. le mot fouet dans le Glossaire des Emaiix et dans
V. Gay).
8o JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 3g V°]
dessus un petit saphir; non poisez. Ainsi declairez en la vi^ par-
tie du Lve fueillet dudit livre.
[B, 11° 467. — S G, 11° 889 ; prise xii sous vi deniers t.]
237. Item, un voirre fait en guise de burette garnie d'or, pen-
dant a ni petites chaiennes d'or.
Iste quinque partes accolate [233-237] tradite et reddite fuerunt Parisius
per dictum Robinetum executoribus ; convertendum ut supra. Et ideo acquit-
tatur hie dictus Robinetus.
[B, n° 5oo. — S G, n° 890; prise vi Hv. t.]
238. Item, une autre burete de voirre, garnie et pendant a
V chaiennes d'or.
[B, n° 5oi. — S G, n° 891 ; prise vm liv. t.]
239. Item, une burete de voirre, garnie et pendant am chaien-
nes d'or.
Tradite et reddite fuerunt iste 11° partes accolate per dictum Robinetum Pa-
risius dictis executoribus, ut supra. Et sic acquittatur idem Robinetus hie.
[B, n" 5o2. — S G, n° 892 ; prise vi liv. t.]
240. Item, un petit antonnouer d'or; non poisie.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo ac-
quittatur hie.
[B, no 5o3. — S G, no 243 ; garny de menues perles , prise iiii liv. t.]
241. Item, un tonnelet d'argent vere, pendant a deux an-
neaulx et une boucle; non pesd.
[B, n° 504. — S G, n° 893; prise vii sous vi deniers t.]
242. Item, quatre petiz barrillez d'argent dorez, a mectre eau
roze; pesans 11 marcs i once v esterlins.
Ces parties acolees [237-242] sont ainsi declairees ou lviu" et lix" fueillets
dudit livre.
[B, n° 5o5. — S G, n°244; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles.]
243. Item, in petis flascons d'argent dord, ou en chascun a
un doublet;non pesez. Ainsideclairez en laiiii^partie du lix« fueil-
let dudit livre.
[B, n" 5o8. — S G, n° 894 ; prise xxx sous l.]
244. Item, un petit mirouer a deux lunetes, scant sur un p\6
d'argent dore; a I'environ dudit mirouer menue pierrerie de
JOYAUX, ETC., DKS INVENTAIRES [fol. 40 V°] 8 I
petite valeur, el par dessus une femme assise sur le doz d'un
homnie (i); pesant i marc vi onces v esterlins. Ainsi declaire
en la iiii^ partie du lx^ fueillet dudit livre.
Reddite et tradite fuerunt iste quatuor partes accolate [241-244] per dictum
Robinetum Farisius dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur idem
Robinetus hie.
[B, n° 5ig. — S G, n° 246 ; neant cy pour la cause dessusdicte.]
245. Item, un mirouer a deux lunetes (2), d'argent dore, ouvrd
de I'ouvraige de Damas. Ainsi declaire en la v<= partie du
Lxe fueillet dudit livre.
[B, n" 520. — S G, n° SgS ; prise lx sous t.]
246. Item, un petit mirouer a deux lunetes, d'argent dore, fait
en maniere d'une pirouecte (3). Ainsi declaire en la vi^ partie du
Lx^ fueillet.
[B, n° 52 I . — S G, n° 896 ; prise xx sous t.]
247. Item, un escrin de jaspre, que la femme Pierre Le Biernois
donna a Monseigneur. Ainsi declaire en la nii^ partie du
Lxi« fueillet dudit livre.
[B, n° 529. — S G, n° 8()5 ; prise vi iiv. t.]
248. Item, un estui de cuir noir, ou il a ini compas d'ar-
gent (4), les deux grans d'argent vere et les deux petis d'argent
blanc. Ainsi declaire en la vi'= partie dudit lxi^ fueillet.
[B, n" 53i. — S G, n° 898; prise viii Iiv. t.]
249. Item, deux petites escuelles de pourcellaine. Ainsi declai-
rez en la vi« partie du Lxn*^ fueillet dudit livre.
(i) V. Gay donne le dessin d'un vase appele aquamanile (Voy. ce mot) ou
cette legende satirique, bien connue sous le nom de lai d'Aristote, est repre-
sentee. N'est-il pas piquant de voir un sujet qui consacre le triomphe de la
beaute sur la philosophic applique a la decoration d'un miroir?La repre-
sentation de cette scene a eu un grand succes au moyen age.
(2) Un miroir a deux lunettes est forme de deux disques dont Tun sert a
recouvrir et a proteger la glace; ii est monte sur charniere ou pivot; c'est
cequeveut dire \e mot pirouecte de I'article suivant. Le miroir a une lunette
(voir n° 283) n'a pas de plaque pour recouvrir la glace.
(3) L'inventaire B, n° 52 1, dit « pizoete ».
(4) Le mot compas designe souvent les cercles et autres figures geometri-
ques entrant dans la decoration des etoffes ou des meubles. C'est I'efFet pris
pour la cause. Mais, ici, il s'agit de I'instrunient lui-meme.
82 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [t'ol. 40 V^]
[B, 11" 541. • — S G, 11° 8gg ; prise i sol 111 dcniers t.]
250. Item, unc pomme d'argent dore pour eschauffer mains,
taillde a plusieurs rosetes, et y a pluseurs pertuis parmi ; pesant
mi onces ii esterlins obolc. Ainsi declairee en la x« partie dudit
Lxii^ fueillet.
[B, n° 545. — S G, n° 246 ; neant commc dessus.]
25 1. Item, une pomme d'argent vere en quatre quartiers,
faicte en fa9on d'un pot; pesant iv onces x esterlins. Ainsi de-
clairee en la xi« partie dudit lxh'^ fueillet.
[B, n» 546. — S G, n" 247; neant pour cc qu'elle fut donnee a maistre
Nicolas des Pres, a Bourges.]
252. Item, une pomme de voirre bleu, faicte a costes, garnie
d'argent, non pesee. Ainsi declairee en la xii*-' partie dudit
Lxn<^ fueillet.
Reddite et tradite fuerunt iste viii partes acolate [245-252] Parisius per
dictum Robinetum dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur idem
Robinetus hie.
[B, n° 547. — S G, n° 248; prise x sous t.]
253. Item, un cadran d'argent vere, ou il a sur Tun des hours
un chastel, et devant une Annunciacion; pesant nii onces xn es-
terlins obole. Ainsi declaire en la premiere partie du lxhii^
fueillet dudit livre.
[B, n° 565. — S G, n° 249; neant pour ce que ledit conimis en a fait
recepte ou compte des funerailles.]
254. Item, une tres grosse pomme de tin ambre et de must,
garnie d'or a I'ouvraige de Damas, et dessoubz une grosse perle,
et pend a une bourse. Ainsi declairees en la iiii<= partie du
Lxv* fueillet dudit livre.
[B, n° 584. — S G, n" 2 5o ; prise ci. liv. t.]
255. Item, une autre pomme de must, garnie d'or; a Tun des
boux a un saphir et vin perles, et a Tautre vii perles. Ainsi
declairee en la vi--^ partie dudit lxv^ fueillet.
[B, 11° 58(3. — S G, n- 25 i ; prise xx liv. t.]
256. Item, une autre pomme de must, garnie d'or a iv bandes,
et dessoubz a un petit grain d'esmeraude.
[B, n» 589. — S G, n° 252 ; prise viii liv. t.]
JOYAUX, ETC., DKS INVENTAIRES [fol. 41] 83
257. Item, une autre pomme de must, semblable et de sem-
blable fa^on.
[B, n» 5go. — S G, no 253 ; prise viii liv. t.]
258. Item, une autre pomme de must, garnie d'argent a
nil bandes, en laquelle a une perle au bout, et au bout du laz
menues perles.
Ces III parties acoiecs [256-258] sont ainsi declairees au lxv° fueillet
dudit livre.
[B, n" 591. — S G, no 585; prise mi liv. t.]
2591 Item, une autre pomme de must, garnie d'argent a Tou-
vraige de Damas et de menues perles, ou il fault une perle au
bout. Ainsi declairee en la penultieme partie dudit lxv^ fueillet.
Tradite fucrunt iste vii partes acolate [253-259] P'^'' dictum Rohinetum,
ut supra. Et idco acquittatur idem Robinetus hie.
[B, n° 593. — S G, n" 1225 ; laquelle maistre Martin Derian a, si comme
on dit.]
260. Item, trois pommes de must, garnies d'argent a I'euvrc
de Damas, chacune une perle au bout; et y a dessus pluseurs
menues perles. Ainsi declairees en la derrcniere partie dudit
Lxv^ fueillet.
[B, n° 594. — S G, n° 254; prise ix liv. t.]
261. Item, une pomme de must, garnie d'argent a I'ouvraige
de Damas, en laquelle a plusieurs menues perles. Ainsi declairee
en la premiere partie du lxvi^ fueillet dudit livre.
[B, n" 595. — S G, no 900; prise xlv sous t.]
262. Item, une pomme d'argent toute vuide, ordonnde pour y
mettre must. Ainsi declairee en la ii*-- partie du lxvi*^ fueillet
dudit livre.
[B, n° 596. — S G, n" 255; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles.]
263. Item, dix esmaulx de pelite, enchassez en argent. Ainsi
declairez en la vii'-' partie dudit lxvi*^ fueillet.
[B, n" 601. — S G, no 901 ; prise vii liv. t.]
264. Item, un Roy d'ambre sur un entablement de gest noir.
Ainsi declaire en la viii^ partie dudit lxvi--- fueillet.
[B, n" 602. — S G, IV 1226; non prise.]
84 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 4I V°]
265. Item, un petit orinal de voirre. garni et pendant a
iiii chaiennes d'or (i).
[B, n° 604. — S G, no 256; prise lx sous t.]
266. Item, une maschouere de serpent (2), garnie d'argent aux
deux bouz, et pend a deux chaiennes et un fermaillet.
Ces II parties acelees [265-26G] sont ainsi declarees es x" et xi" parties dudit
Lxvi" fueillet.
[B, n°6o5. — S G, n» 257 ; prise vi liv. t.]
267. Item, sept sonnetcs a I'ouvraige de Milan (3). Ainsi
declairees en la penultieme partie dudit lxvi<= fueillet.
[B, n" 61 1. — S G, n° 902 ; prise six de sept sonnettes viii sous vi deniers t.]
268. Item, un coutel et un poin^on d'estrange fa^on, en une
gayne pendant a un laz de soye, ouquel a un fermaillet d'or
escript a I'environ. Ainsi declairez en la derreniere partie du
Lxvi« fueillet dudit livre.
Reddite et tradite fuerunt iste ix" partes acolate [260-268] per dictum
Robinetum dictis executoribus, ut supra. Etideo acquittatur idem Robinetus
hie de eisdem.
[B, n° 612. — S G, n° 903 ; prise c sous t.]
269. Item, une leecte de bois (4), paincte aux escu^ons des amies
de Monseigneur, dedens laquelle a plusieurs burectes de voirre
de I'euvre de Damas, oil il a dedens pouldres de violetes .
[B, n° 620. — S G, 11° 1227; non prisee.]
270. Item, une autre leecte de bois, paincte et escripte a lettres
(i) Rapprochez de cet article la description suivante d'une des tapisseries
de Charles VI (u" 233 de I'lnventaire) : « Un tappiz vermeil, de gros tile, a
deux personnages, dont I'un pisse en une orine ». Mais on ne s'explique
guere la destination d'un petit orinal de verre suspendu a quatre chai-
nes d'or.
(2) C'est tout simplement une curiositc naturelle relevce d'une monture
en metal precieux. La mode des cabinets d'histoire naturelle et des coquilles
n'a pas cesse de faire fureur jusqu'a la fin du xviii* siecle.
(3) Peut-etre faut-il voir dans le travail appele ouvrage de Milan une sorte
de filigranc.
(4) Une leecte ou layette etait un coffre leger, de petites dimensions, qui
servait a divers usages. Ce terme n'a etc conserve, on le salt, que pour desi-
gner les pieces originales du Tresor des Chartes, par opposition aux registres,
bien que les boites ou ces pieces detachees etaicnt jadis renfermees, aient
disparu depuis longtemps.
JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 42] 85
grecques, ou il a v burectes de voirre, esquelles a du baulsme
cuit et cru (i).
Ces deux parties [269-270] sont ainsi declairees es via' et ix° parties du
Lxvii' fueillet dudit livre.
[B, n" 62 1 . — S G, n» 1 228 ; non prisee.]
271. Item, quatre leectes de hois, ou il a certainne quantite
d'oisellez de Chippre.
[B, n» 623. — S G, n" 1229; non prisees.]
272. Item, deux autres leectes de hois, plainnes d'oisellez de
Chippre.
Ces deux parties acolees [271-272] sont ainsi declairees es xi° et xii' parties
dudit Lxvii" fueillet.
[B, n° 624. — S G, n° i23o; non prisees.]
27?). Item, un petit sac de toille, ou il a pluseurs pierres pour
faire fumigacions (2). Ainsi declaire en la xiiii^ partie dudit
Lxvii<^ fueillet.
[B, n» 626. — S G, n° 904; prise xx sous t.]
274. Item, une boite d'argent dore pour mectre vernix a gecter
sur escripture (3); non pesee. Ainsi declaree en la penultieme
partie dudit lxvii= fueillet.
[B, no 628. — S G, n" 2 58; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles.]
275. Item, une escriptoire en laquelle avoit un gannivet et
une plume esmaillez aux armes de Monseigneur, et au bout de
la plume ung petit saphir. Declare en la xv^ partie du lxvii^ fueil-
let du livre des comptes precedens. Est deschargie ledit Robinet
desdiz gannivet et plume pour les'causes contenues en la correc-
tion faicte sur ladicte partie. Pour ce, icy seulement ladicte
escriptoire.
(i) Le baume est une plante medicinale originaire d'Arabie. (Voy. le Dic-
tionnaire de Tvevoitx.)
(2) 11 s'agit de substances minerales qu'on faisait bruler sur des pelles ou
palettes pour parfumer les appartements. (Voy. le Glossaire des Emaux au
mot palette.)
(3) Est-ce une poudre ou un veritable vernis destine a rendre I'encre inef-
fafable? Le seul exemple de ce terme cite dans le Glossaire des Emaux est
precisement le present article.
86 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 42 V°]
Rcddite lucrum istc vn partes acnlalc [269-273] per dictum Robiuetum,
pruut supra.
[S G, n° i23i ; ladicte escriptoirc donnee, si ccunmc on dit, a inaistrc Mace
Sarrebourse, a Bourgcs.]
276. Item, VI fouez de cristal, garniz d'argent dore, esmaillez
de diverses guises, ouvrez a chasteaulx et autres choses. Ainsi
declairez en la derreniere partie dudit lxvii-^ fueillet dudit livre.
[B, n" 629. — S G, n° 259 ; prise lx liv. t.]
277. Item, une lanterne d'argent vere, a iii esmaulx aux armes
de feu monseigneur d'Estampes; pesant avec le cor vi marcs.
Ainsi declairee en la v^ partie du lxviii<^ fueillet dudit livre.
[B,ni> 634. — S G, 11° 260; neant pour ce que ledit commis en a fait rccepte
nu compte des funerailles.]
278. Item, une autre lanterne d'argent vere, plus grant c]ue la
precedent, a in esmaulx ausdictes armes; pesant avec le cor
VIII marcs mi onces. Ainsi declairee en la vi^ partie du lxvii^' fueil-
let dudit livre.
[B, n° 635. — S G, n" 261; neant pour la cause dessusdictc.]
279. Item, une petite hoiste d'yvoire, ou il a une petite pierre
quarree contre venin (il, sur couleur de voirre, avec une petite
pierre perccfe a la semblance d'une feve. Ainsi declairee en la
derreniere partie dudit lxviii*^ fueillet dudit livre.
Iste quatuor partes acolate [276-279] reddite fuerunt per dictum Robi-
netum dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus
de eisdem.
[B, n" 641. — SG, n"9o5; prise vii sous vi deniers t.]
280. Item, deux petiz tuyaux d'argent longuez. Ainsi declai-
rez en la premiere partie du lxix= fueillet dudit livre.
Isti parvi duo tuelli traditi et redditi fuerunt per dictum Robinetum Pa-
risius executoribus, et postmodo vendili pro facto et necessitate execucionis,
et precium eorumdem receptum per Johanncm Lebourne, commissum ad
receptam bonorum execucionis predicte, in summa vi'" ix'' xxxiii lib. vii s.
(1) Victime de plusieurs tentatives d'empoisonnement, le due de Berry
recherchait tons les preservatifs connus et tous les antidotes contre le poi-
son. Aussi, ses familiers s'emprcssaient-ils de flatter cette manie et de lui
offrir a I'envi cornes de licorne, langues de serpent et autres pierres contre le
venin ou le poison. II faut rapprochcr du present article les n"' 496, 5i i, 594
et surtout 619.
JOYAT'X, ETC., DES INVENTAIRES- [fol. 42 V^] 87
VI den. t., prout plcnius inferius folio iiii" vii" mencio habctur. Et ideo exo-
neratur hie idem Rohinetus de eisdem ad onus dicti Johannis Lebourne, ad
computandum.
281. Item, une escuelle de jaspre, hourdee alentour d'argent
dore, pesant ii marcs vii onces xv esterlins. Ainsi declairee en
la iiii^ partie du ci<= fueillet dudit livre.
[B, n° 642. — S G, n° 906; prise x liv. t.]
282. Item, une escriptoire de bois marquetee, ou il a dedens
uns grans cyzeaulx de fer dorez et un gannivet fi) qui a le man-
che d'argent esmaillie (2). Ainsi declaire en la vi« partie dudit
ci'= fueillet.
Reddite fuerunt iste n" partes acolate [281-282] per dictum Robinetum
dictis executoribus, ut supra. Et sic exoneratur hie idem Robinetus.
[B, n" 942. — S G, n" 262 ; prise v sous t.]
283. Item, un mirouer a une lunete, esmaillie par darrieres de
Nostre Dame, un serpent a vu testes, un angel et saint Jehan
euvangeliste; garni entour de fueillaiges et d'oiseaulx; pesant
II marcs 11 onces vii esterlins obole.
[B, n" 1073. — S G, n" 263 ; prise viii" liv. t.]
284. Item, un estui de cuir a mectre un livre, pendant a un
tixu de soye noire, garni d'argent dore.
[B, n° 1074, — S G, n" 907; prise x sous t.]
285. Item, une escriptoire 13) plate d'argent dore par dehors,
poin^onnee, et dedens a un gannivet dont le manche est d'ar-
gent esmaille, unes petites moetes (4) d'argent, uns cizeaulx d'ar-
gent, unes petites balances d'argent, une plume et un petit pois,
avecques une boiste ou sont les pois a poiser, et un feuzil garni
d'argent; pesant tout ensemble nii marcs vii onces v esterlins.
(i) « Un guenivet ». Inventaire B, n° 942.
(2) Le due de Berry etait un eurieux et un lettre. Aussi n'est-il pas eton-
nant de trouver dans ses collections des ustensiles pour ecrire, dont la
decoration soignee indique assez la destination.
(3) L'ecritoire differe de I'encrier (voy. ci-dessous n" 298, 32 3) en ce
qu'elle comporte, comme on le voit par cet article, toute une serie d'instru-
ments constituant I'attirail de I'ecrivain. Ce necessaire renferme non seule-
ment ce qui est indispensable pour ecrire, mais aussi un briquet (feuzil),
des ciseaux, et meme des poids et une balance. Les secretaires du Roi et de
tous les hauts personnages etaient munis d'ecritoires ainsi outillees.
(4) Ce mot nc se trouvc pas sous cettc forme dans les lexiques.
88 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 43]
[B, n° 1075. — S G, n» 264; neant pour cc que Icdit commis eu a fait re-
cepte ou compte des funerailles.]
286. Item, une autre escriptoire d'argcnt vere, ou il y a un
gannivet et un poin^on, pendent a un laz de soye vert; pesant
avec ledit laz i marc ii onces x esterlins obole.
Ces quatres parties [283-286] sont ainsi declairees au cxv fucillct dudit
livre.
[B, no 1076. — S G, n» 265; neant pour ce que ledit commis en a fait re-
cepte comme dessus.]
287. Item, une petite boiste d'argent dore pour mectre vernix.
Ainsi declaire en la ii'^ partie du cxvf tueillct dudit livre.
[B, n° 1078. — S G, n» 266; neant pour la cause dessusdicte.]
288. Item, un cotfre de hois de sapin, dedens lequel a plu-
seurs pierrcs de cristal et de jaspre, les unes garnies d'argent et
les autres non, faictes les aucunes en fa9on de vaisseaulx jus-
ques au nombre de xxi, et en y a pluseurs en estuiz de cuir.
Declaire en la v^ partie du lxi'^ fueillet dudit livre (i).
Tradite et reddite fuerunt per dictum Robinetum iste vi partes acolate
[283-288] dictis executoribus, ut supra.
[B, n" 53o. — S G, u" 908; prise cun" liv. t.]
289. Item, une caige d'argent dore, ou il a deux petites per-
chetes par dedens et deux oisellez dessus, pour tenir oisellez de
Chippre; pesant vi marcs vii onces. Ainsi declairee en la nii^ par-
tie dudit cxvi^ fueillet.
[B, n° 1080. — S G, n° 267; neant comme dessus.]
JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES
ACHATES PAR MONSEIGNEUR
290. Item, un coffret de cypres marquete, garni d'argent, qui
fu de feu monseigncur d'Estampes; et I'a bailie Christofle de la
Mer. Ainsi declaire en la nii'^ partie du clv^ fueillet dudit livre.
[S G, u" 268; prise l sous t.]
(i) Inventaire B, n° 53o : « Lapides plate cristalli fuerunt posite pro coho-
periendo unam crucem, auro et lapidibus munitam, de ligno sancte crucis
apportato per dnminum dc Chasteaumoranl, datam domino duci Burgondie,
Ut constat per compotum dicti Robincti. )>
JOYAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEL'R [fol. 4? V"] 89
291. Item, de deus bericles (i) garnies d'or entour, dont les
manches estoient d'or, declairees en la vi^ partie dudit clv^ fueil-
let, est acquitie ledit Robinet d'Estampes tout entierement d'une
desdictes et de Tor dont I'autre estoit garnie, comme il appert
par les corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy seule-
ment ladicte bericle non garnie, qui est plate sur le roont.
292. Item, de deux bericles (2), Tune demie ronde garnie d'ar-
gent, et I'autre toute roonde, declairdes en la iii« partie du clv*
fueillet dudit livre desdiz comptes precedens, est acquictie le-
dit Robinet d'Estampes de ladicte bericle demie ronde seule-
ment, comme il appert par la correction faicte sur ladicte partie.
Pour ce, icy I'autre bericle toute roonde non garnie.
[S G, n» 910; les deux bericles xx sous t.]
293. Item, une petite fiole d'agathe garnie de trois fillez d'ar-
gent dorez, laquelle Monseigneur achata de Michiel de Paxi, mar-
chant demourant a Paris, aux estrainnes qui furent le premier
jour de Janvier I'an mil CCCG et trois, et cousta xxii frans
X sous t.
Iste quatuor partes acolate cum prima parte sequentis folii [289-293] red-
dite fuerunt per dictum Robinetum dictis executoribus, ut supra. Quare
idem Robinetus cxoneratur hie de eisdem.
[S G, n° 91 1 ; prise xxx sous t.]
294. Item, un gros bouton de must, garni d'or et de perles,
que Monseigneur achata de feu Nicolas Picace.
K. — Datus fuit domino Johanni de Nielles, cancellario domini ducis Ac-
quitanie, [ut] constat per mandatum suum datum xx» die julii anno mil"
CCCC" XII°, hie traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur de
eodem.
295. Item, une grosse pierre roonde de cassidoine, garnie d'or
et de pierrerie, c'est assavoir : de vi perles, vi balaisseaux et i ca-
(i) « Item, uns bericles non garniz, toute ronde, prisce lx sous t. ». Invent.
S G, n» 909.
(2) Le mot bericle sert a designer le cristal. Des pommes de bericle, une
pinte de bericle (n" 524, 775) sont des pommes, une pinte de cristal. On I'a
applique par extension aux instruments d'optique faits de cristal vers la
fin du xivsiecle, et on a donne aux lunettes le nom de bericles corrompu,
plus tard en besides.
90 JOYArX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 44]
mahieu; laquelle mondit Seigneur achata de Pannier, marchant
de pierrerie demourant a Paris.
Ces trois parties acolecs [293-293] sont ainsi declairecs ou clV fueillct
dudit livre.
[S G, no 269; prise xxv liv. t.]
296. Item, un tablier (i) et eschaquier d'argent dore et de cris-
taulx, garni d'eschaz d'argent dore et blanc, lequel Monseigneur
achata de Jehan de Nimegue, orfevre, pour le pris et somme de
iii^ frans. Ainsi declaire en la ui^ partie du n^ lxvii« fueillet dudit
livre.
Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste u° partes acolate [295-2q6]
dictis executoribiis, prout supra.
[S G, n" 270 ; prise 11" xv liv. t.]
297. Item, un roondeau plat d'ambre et de must (2), fait en
maniere d'une bullete, ouvrd a lettres grecques, pendant a un laz
de soye vert. Ainsi declaire en la v« partie du n*-' Lxvn'= fueillet.
[S G, n" 912 ; prise xx sous t.]
298. Item, une petite boiste faicte a Paris d'une pierre bleue en
maniered'uncornet amectreancre(3),garnied'or, seant surquatre
piez, ou il a en chascun une pierre estrange, pendant aun laz de
soye, que Monseigneur achata du frere Constantin de Nicolas,
ou mois de fevrier mil CCCC et VIII ; et I'a faicte mondit Sei-
gneur emplir de cyvete.
[S G, 11" 271 ; prise xxx liv. t.]
299. Item, une autre petite boiste de cassidoine, roonde comme
une pomme, plainne de cyvete, garnie d'or, de vi petis ba-
laisseaux, vi perles et i saphir.
[S G, n° 272 ; prise xv liv. t.]
(i) Le tablier, sert au jeu des tables, comme I'echiquier au jeu des cchecs.
Par les exemples que Ton voit ici (n"' 326, 327, 33i, 336, 564, 1018) comme
par ceux qui sont cites par L. de L'aborde et V. Gay, ces jeux etaient I'objet
d'une veritable passion au moyen age. Le jeu des tables ctait une sorte de
tric-trac.
(2) Probablemenl une petite bouteille ronde et plate pour porter sur soi,
avec de I'ambre et du muse.
(3) Le cornet a mettre encre se portait ordinairement a la ccinture. II se ter-
minait en pointe comme une corne; aussi fallait-il un support a la pierre de
jiotre article taillee en maniere de cornet a mettre encre.
JOYAUX, ETC., ACHETTCS PAR MONSEIGNEUR [fol. 45] qi
3oo. Item, une pomme d'argent vere pour mectre oisellez de
Chippre ou autres fumigacions, ouvree de pluseurs manieres.
Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste quatuor partes acolate [297-
3oo] cum quatuor aliis partibus inde sequentibus in sequenti folio [3o 1-304]
dictis executoribus, ut supra. Et ideo de cisdem [acquittatur] idem Robinetus.
Ces III parties acolces [298-300] sont ainsi declairees ou 11= lxvh" fueillet
dudit livre.
[S G, no 273 ; prise x iiv. t.]
3oi. Item, un grant tabler et eschaquier quarre, de cipres,
tres bien ouvre de marqueteure, garni de grosses tables et es-
chaz d'yvoire et de bois noir, et est dedens un estuy de bois
paint par dessus a un escu^on des armes de Monseigneur.
Ainsi declaird en la nii<= partie du n'-^ lxvii^ fueillet dudit livre.
[S G, n" 9 1 3 ; prise xiu Iiv. x sous t.]
302. Item, une poislecte d'argent blanc, a mectre feu pour faire
fumigacions ( I ), pesant imarc ini oncesin esterlins, laquelle Mon-
seigneur achata de Jehan Tarenne, bourgeois et marchant de
Paris, le v^ jour d'avril mil CCCC et VIII avant Pasques, au
pris de vn francs v sous t.le marc, valent xi Iiv. t. Ainsi declaire
en la vi^ partie du ii'-^ Lxvni<^ fueillet dudit livre.
303. Item, un grant cadran plat, d'argent blant, a congnoistre
les heures, lequel Monseigneur a fait faire; ainsi declaire en la
viie partie dudit ii^ Lxvin^ fueillet.
[S G, n" 587; pesant i marc vn onces et demie; prise xiii Iiv. t.]
304. Item, iiii petites cagectes d'argent dore, ouvrees a jour,
de la devise de Monseigneur, pour mectre oisellez de Chipre,
que Monseigneur a cues de Jehan Tarenne.
Corrigendum in compotis precedentibus. Reddite fuerunt iste quatuor
partes acolate [3oi-3o4], ut supra.
[S G, n" 274; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte (de
deux) ou compte des funerailles. Ibid., n" 588; les deux autres pesant i marc
11 onces XI esterlins; prise x Iiv. x sous t.]
305. Item, unes paternostres d or, contenant xxviii boutons,
dont les xiiii sont ouvrees de til d or trait a I'euvre de Damas (2),
(i) Cf. Inventaire n" B, 157 : « une poelete d'argent a fumer. »
(2) Voyez ci-dessus la note de I'article 149.
02 JOYAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 45]
et les autres xiiii esmaillees d'esmaulx de pelite; pcsant ii marcs
n onces,ou environ; lesquelles Monseigneur achata de Aubertin
BouIIefeves (i), orfevre demourant a Paris, le xix* jour de
decembre, Tan mil quatre cens et douze, pour le pris et somme
de iic L escuz; et n'est point rendu es comptes precedens.
K. — Dicte patenostres date fuerunt per dominum Ducem duci d'Yorc, [ut]
constat per mandatum suum super primo articulo secunde pagine lii> folii
hujus compoti. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de eisdem.
JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES
DONNES A MONSEIGNEUR
306. Item, deux bien petis flascons de cristal, garniz d'or, et
aux deux bouz de chascun une fleur esmaillee de bleu, lesquielx
Monseigneur de Thouars (2) donna a Monseigneur a estrainnes,
le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et I.
Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum dictis executoribus., ut
supra.
[S G, n" 914; prise xx liv. t.]
307. Item, une pomme de must, garnie de ni fillez d'or et
d'une perle, dedens une bourse de satin noir, ou il a in boutons
de menues perles; laquelle maistre Arnoul Belin donna a mondit
Seigneur auxdictes estrainnes mil CCCC et I.
K. — Datum fuit domino comiti de Mortaing per mandatum super in* parte
Lxx"' folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem.
(i) Albcrtin de Boillefeves, nomme ici BouIIefeves, orfevre et valet de
chambre de Charles, due d'Orleans, fut charge en 141 7, avee Jehan Le Mer-
cier, de remettre a Jacques Raponde, certaine quantite de joyaux pour la
rancjon du comte d'Angouleme, frere du due d'Orleans, prisonnicr en Angle-
terre a la suite de la bataille d'Azincourt (Arch. Nat., K64, n° 37). Le meme
carton K 64 renferme une curieuse enumeration de bijoux appartenant au
due d'Orleans remis a Jacques Raponde, marchand de Paris, en 1424, pour
negoeier avee les marchands anglais la rani;on du due (K 64, n" 37, pieces
10, 1 1, 12).
(2) La famille des vicomtes de Thouars s'etait etemte en 1 370, dans la per-
sonne de Louis, vicomte de Thouars, mort sans descendants. S'agirait-il ici^
de Jean Marcheou, chatclain de Thouars, cite dans le Journal de Nicolas
de Baye (I, i3o)?
JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 45 V°] g3
308. Item, un petit vaissel d'amatiste, en maniere d'un hannap,
scant sur un pie d'argent dore, sanz couvercle, que le roy de
Navarre donna a mondit Seigneur a Paris, le xxnii« jour de Jan-
vier, Pan mil CCCC et III.
Traditum [tuit] dictum parvum vas per dictum Rohinetum dictis executo-
ribus, ut supra.
[S G, n" gi5; prise xii liv. t.]
309. Item, une corne d'une unicorne (i), que ledit Roy de
Navarre donna a mondit Seigneur, ledit xxiiii^ jour de Janvier
I'anmil CCCC et III.
Redditum fuit per predictum Robinetum dictis executoribus, prout supra.
[S G, n° 275; prise l liv. t.]
3 10. Item, un bien petit vaisselet de cristal en maniere d'une
seille (2) garnie d'or, pendant a une petite ance d'or, lequel fu
donne a mondit Seigneur par le sieur d'Alegre (3), son conseiller,
a Paris, le xxx^ Jour de juing mil CCCC et IIII, ouquel jour
mondit Seigneur fu saignie.
3i I. Item, un autre bien petit vaisselet de cristal en fa?on d'un
baril, garni d'or, pendant a une petite chaiennete d'or, qui tu
donnee a mondit Seigneur, le dessusdit xxx^ jour de juing mil
CCCC et IIII, par monseigncur I'evesque de Chartres, lors son
tresorier general.
3 1 2 . Item, une pomme de must, garnie d'or, que ledit Robinet
(i) Les cornes de i'unicorne ou de la licorne sont frequemment mention-
nees dans les inventaires du moyen age. Le due de Berry en possedait plu-
sieurs (voy. ci-dessous n"" 63o, 63i, ii38, iiSg); elles etaient employees
dans les epreuves; on leur attribuait en efFet la propriete de reveler la pre-
sence du poison ou d'en neutraliser les effets. Elles etaient t'aites de la
defense du narval, encore peu connu des navigateurs. (Voy. L. de Laborde,
Glossaire, au mot licorne).
(2) Le mot seille, qui sert a designer un seau de forme ordinaire, est
encore employe dans le centre de la France.
(3) Morinot de Tourzel, sire d'AUegre, etait chambellan du Roy et du due
de Berry. Dans le compte de I'hotel du Due pour I'annee 1400, il refoit
4 livres 10 sols tournois par jour, pour ses frais, gages et depensen qualite
de chambellan et conseiller du prince (Arch. Nat. KK, 254, fol. 66). En 141 3,
il recoit une pension de 1,000 ecus d'or {Compte de la Tre'sorerie du due de
Berry, KK 25o, ful. i3. — Voy. aussi le Pere Anselme, tome VII, 707).
94 JOYAUX, ETC., BONNES A MONSEIGNEUR [fol. 46 V]
d'Estampes donna a estrainnes a mondit Seigneur, le premier
jour de Janvier Fan dessusdit mil CCCC et III I.
Traditum fuit per dictum Robinetum dictis executorihus, ut supra.
Ces VII parties acolees [3oG-3i2] sont ainsi escriptes et declarees ou 11 xi'
fueillet dudit livre des comptes precedens.
[S G, n° 276; prise xxx liv. t.]
3 1 3. Item, un grant mirouer d'argent dore, a une grant lunete,
lequel siet sur un piu d'argent dore en maniere d'un chastel, a
une terrace esmaillee de vert, oil il a pluseurs enffans jouans;
lequel mirouer Guillaume de Lode donna a estrainnes a mondit
Seigneur, le dessusdit premier jour de Janvier mil CCCC et 1 1 II.
[S G, n° 277; pcsant xxvn marcs, prise iii'" xv liv. t.]
314. Item, une grant escuelle d'amatiste roonde et deux autres
petites en fagon de cuvetes; lesquelles monseigneur d'Orleans
a donnees a mondit Seigneur.
[S G, n° 916; prise xx iiv. t.]
3 1 5. Item, vi platellez de bois. Tun dedens I'autre, pains a
ouvraige de Damas, lesquielx Christofle de la Mer donna a
estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier Fan
mil CCCC et nil.
Redditefuerunt per dictum Robinetum iste in partes acolate [3i3-3i5] dictis
executoribus. Et ideo acquittatur idem Robinetus de cisdem, ut supra.
[S G, n° 917; prise x liv. t.]
3 16. Item, une fleur de lis d'or pour mectre oisellez de Chipre
a parfumer, pendant a une petite chaiennete d'or, et au bout un
crochet; laquelle feue madamoiselle de Montpensier, duchesse
de Baviere (i), donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le pre-
mier jour de Janvier Fan mil CCCC et V.
Raiee, car ledit Robinet en est acquitle au compte precedent.
[Get article est en effct bifFe au registre.]
3 1 7. Item, un petit coffret de must, garni d'or et de xxvii perles
(1) Anne de Bourbon, soeur du comte de la Marche, epousa, avant 1401,
Jean de Berry, comte de Montpensier, deuxieme fiis du due de Berry; puis,
apres la mort de son mari, elle se remaria avec Louis III de Baviere, dit le
Barbu. Elle mourut en couches a Paris en 1405 ou 1406, et fut enterree dans
I'eglise des Jacobins (Pere Anselme, I, 319). Apres sa mort, Louis III epousa
Catherine d'Alen^on, veuve elle-meme de Pierre de Navarre.
JOYAT'X, ETC., BONNES A MONSEIGNErR [fol. 47] ()5
moiennes, lequel monseigneur de la Croisete donna a mondit
Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCG et V.
[S G, n" 278; prise l liv. t.]
3 1 8. Item, une tres grosse pommc de must, faite a triangles
en manicrc de demies lozanges, garnie d'or a ouvraige de
Venise et de pluseurs petis esmaulx de pelite roons; laquelle
pomme les secretaires de Monseigneur, c'est assavoir : maistres
Pierre de Gynes, Jehan de Cande, Erart Moriset, Michiel Le
Beuf et Regnier de Boulegny, donnerent a mondit Seigneur
ausdictes estrainiics.
[S G, n° 279; prisee ini" x liv. t., vendue uu" xii liv. t.]
319. Item, un petit coffret de cristal garni d'or et de pluseurs
perles, a petis boutons roons, esmaillez de vert et de rouge cler
grenetcz; lequel la femme Jehan de la Barre, receveur general de
toutes finances ou pais de Languedoc et duchie de Guienne,
donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et V.
Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum istc in partes ac(jlate
[3i7-3ig] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem
Robinetus de eisdem.
Ces VI parties acolees [3i3-3i5, 317-319] sont ainsi escriptes et declarees
ou 11° XII* fueillet dudit livre.
[S G, n° 280; prise cxii liv. x s. t.]
320. Item, une escuelle de jaspre garnie d'argent, que Raymon
Christofle donna a Monseigneur ou mois de juing I'an mil
CCCG et VI.
[S G, n° 918; prise vi liv. t.]
32 1. Item, une escuelle d'alebastre, garnie par le bourt d'argent
dore, laquelle madame d'Armeignac (i) donna a mondit Sei-
gneur au.x: estrainnes du premier Jour de Janvier I'an mil CCCG
et VI.
[S G, n° 919; prisd l sous t.]
(i) Bonne de Berry, fiUe du due Jean et de Jeanne d'Armagnac, epousa
en premieres noces, en decembre 1376, Ame VII, comte de Savoie, qui
mourut en 1391. EUe tut remariee (decembre i393) a Bernard VII, comte
dWrmagnac, son cousin, connetable de France, chef du parti des Arma-
gnacs. Elle mourut le 3o decembre 1435 au chateau de Carlat et fut
enterree aux Cordeliers de Rodez. De son premier mariage naquit Ame VIII,
premier due de Savoie; du second, sont sortis les comtes d'Armagnac, dues
de Nemours. (Voy. ci-dessous n°= 417, 664, 671.)
96 JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 47 V°]
3-22. Item, une grant tleur dc lis d'argent dore, qui se ferme a
charnieres, en laquelle a par dedens la Vie et Passion Nostre
Seigneur et pluseurs sains, tout fait d'ymaiges d'yvoire; laquelle
monseigneur le conte de Vendosme donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes du premier jour de Janvier Fan mil CCCG
etVI.
Reddite fuerunt per dictum Rohinetum iste in partes acolate [320-322]
dictis executoribus, ut supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de
eisdem.
[S G, n° 281 ; prise xlv liv. t.]
323. Item, un grant ancrier roont d'argent blanc, pour un
comptouer (i), que les secretaires de Monseigneur lui donnerent
ausdictes estrainnes mil CCCG et VI.
K. — Per mandatum Domini, datum tercia die marcii anno M" CCCC" XIII°,
hie traditum, constat quod dictum ancrier captum et furatum fuit in com-
putatorio Domini hospicii sui de Nigella; per quod mandatum idem Do-
minus voluit et mandavit dictum Robinetum de eodem acquictari. Et ideo
exoneratur hie de ipso.
324. Item, un chandellier d'argent dore, fait en maniere d'une
terrace esmailliee de vert, pour mectre oisellez de Chippre, ouquel
a par dessus un arbre esmaillie de vert et un chiennet d'argent
blanc, lequel feu monseigneur de Bourbon donna a estrainnes a
Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an mil CCCG et VII.
Ces V parties acolees [320-324] sont ainsi declarees ou 111° vi" fueillet
dudit livre.
[S G, n° 282 ; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte ou
compte des funerailles.]
325. Item, un petit vaissel d'amatiste en fagon de cuvete, non
garni, qui a este envois a Monseigneur en don.
[S G, n° 920; prise iiii liv. t.]
326. Item, un jeu de gros cschaz et tables d'yvoire, bien
anciens, que messire Gauchier de Passac donna a Monseigneur.
[S G, n° 921 ; prise xx liv. t.]
327. Item, un autre jeu d'eschaz cliquetans, que Gonstantin de
Nicolas donna a Monseigneur.
[S G, n° 922; prise iv liv. t.]
(i) Cf. la note de I'art. 298.
JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 48] 97
328. Item, une belle pomme de must qui se ouvre par le
milieu en deux pieces, fermant a charnieres d'or, et pendant a
une petite chaienne de mesmes, paincte par dedens a yniaiges de
la main Jehannin d'Orleans (i), qui ladicte pomme ainsi taicte
et garnie, comme dit est, donna a Monseigneur ou mois de
decembre Tan mil CCCC et VIII.
Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum iste quinque partes
acolate [324-328] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie
idem Rnbinetus de eisdem.
[S G, n° 283; prise x iiv. v sous t.]
329. Item,' un ymaige d'argent dore d'un homme qui souloit
tenir en ses mains un mirouer, que les secretaires de Monsei-
gneur lui donnerent aux estrainnes, le premier jour de Janvier
I'anmil CCCC et VIII.
K. — Dicta ymago in pondere 11 marc, v one. argenti, cum pluribus aliis
partibus auri et argenti, tradite fuerunt Matheo Heron, thesaurario Domini,
[ut] constat per suam certifficacionem super iiu' parte nonag"" sexti folii
hujus compoti cum mandate dicti Domini redditam; virtute quorum dictus
Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesaurarii.
330. Item, un petit ours d'or, esmaillie de noir, qui porta une
bote garnie d'un balay, deux petis saphirs et vi perles, et est ledit
ours tout creux pour mectre dedens oisellez de Chipre ardans
pour parfumer ; lequcl ainsi fait et garni, comme dit est, madamc
de Bourbon, contesse de Clermont, donna a Monseigneur aux
estraines, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et IX.
K. — Aurum dicti ursi ponderans in one. 11 esterl. traditum fuit ex ordina-
cione Domini Matheo Heron, thesaurario suo generali, cum pluribus aliis
partibus, ut constat per suam certifficacionem redditam cum mandato
Domini super iiii" parte iiii" xvi'' folii hujus compoti; virtute quorum
dictus Robinetus acquictatur hie de auro dicti ursi ad onus dicti thesau-
rarii, ut super dicta iiii'* parte iiii'" xvi'' folii arrestatur. — Jamme infra-
(i) Ce peintre s'appelait reellement Jean Grancher ou Granchier, comme
I'a etabli M. Louis Jarry dans une notice intitulee : Jean Grancher de Tai-
nou, dit Jean d'Orleans, peintre des rois Charles VI et Charles VII et de
Jean due de Berry. (Orleans, Herluison, 1886, in-8% 16 pages.) Ce travail
public dans le Bulletin i3o de la Societe historiqiie et archeologiqite de
I'Orle'anais, renferme les premiers renseignements authentiques qu'on pos-
sede sur cet artiste qui a probablement laisse un his portant le meme nom
que son pere et vivant encore a Bourges en 1460.
g8 JOYAl'X, ETC., DONNKS A MONSriGNKUR [fol. 4C)]
declarate reddite fuerunt per dictum Robinetum predictis excculoribus,
prout supra. Et sic acquittatur hie idem Robinetus de eisdem.
[S G, n" 923; prise vi liv. t.]
33 I. Item, un tablier d'argent dore, ployant par moictie, fait
par dedens de pieces de nacle et garni de tables; lequel ainsi fait
et garni, comme dit est, les ini secretaires de Monseigneur, c'est
assavoir maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Erart
Moriset et Odart de la Barre, lui donnerent auxdictcs cstraines,
le premier jour de Janvier mil CCCC et IX.
Ces VII parties acolees [325-33i] sont ainsi declarecs ou in" vii' fueillet
dudit livre.
[S G, n° 284; prise 11' liv. t.]
332. Item, une cagete quarree d'argent dore a mectre oisellez
de Chipre, laquelle fu donnee a mondit Seigneur, aux cstraines
mil CCCC et dix, par la femme Robinet d'Estampes.
[S G, 11° 285; neant cy, pour ce que Icdit commis en a fait rcceptc ou
compte des funerailles.]
333. Item, un petit coffret de cippres marquete, ferre d'ar-
gent, aux armes de monseigneur le Due, qui fu donne a mon-
dit Seigneur par maistre Arnoul Belin ausdictes cstraines
mil CCCC et X.
[S G, n° 286; prise lx sous t.]
334. Item, une pomme d'ambre et de must, garnie d'or et de
perles ; laquelle le grant maistre de Roddes (i) donna a Mon-
seigneur en son chastel de Poictiers, ou mois d'aoust I'an
mil CCCC et X.
Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste quatuor [partes] acolate
[331-334] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoncratur hie idem
Robinetus de eisdem.
[S G, n° 287; prise x liv. t.]
335. Item, une belle pomme d'ambre et de must qui se oeuvrc
par la moictie en deux pieces fermant a charnieres, et pendant a
une petite chaienne; en laquelle a par dedens un ymaige de
(i) Sur le grand prieur de Rhodes, on peut consulter la Chronique dii
Religieux de Saint-Denis (IV, 343, 687). Le due de Bourgogne re(;oit
plusieurs fois a sa table, en 141 o et en 1413, ce personnage employe pour
menager la paix entrc le due de Berry et son neveu. (Voy. E. Petit, Itine-
raire dcs dues dc Bourgogne, p. 374, 41)8.)
JOYAUX, ETC. DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 49 vo] gq
Nostre Seigneur ct un de Nostre Dame, de paincture; laquelle
pommc Robinet d'Estampes donna a Monseigneur aux estrai-
nes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et XI.
Ces iiii parties acolees [332-335] sont aiiisi declairees ou in lviii" fiieillet
dudit livre.
[S G, n" 589; prise xlv s. t.]
336. Item, un eschaquier de Jaspre et de cristal, fait aux armes
de feu pape Gregoire (i), et par dehors est dc cippres, et y a un
marrellier de marqueteure, et est garni d'eschaz de mesmes;
tout en un estui.
Reddite fuerunt per dictum Rohinetum iste due partes acolate [335-336]
dictis executorihus, prout supra. — Corrigendum in compotis precedentibus.
[S G, n" 924; prise xxii liv. x s. t.]
PIERRERIE, TANT DES JOYAUX ET VAISSELLE DESPECEZ, CONTENUZ
ES COMPTES PRECEDENS ET EN CESTUI PRESENT, COMME AUTRE-
MENT.
RUBIZ
337. Item, deux petis rubiz. Tun dcsquielx est d'un portepaix
d'or, qui fu de feu Symonnet de Dampmartin, declaire en la
premiere partie du xii^ fueillet du livre desdiz comptes prece-
dens, et I'autre est d'un autre portepaix d'or declaire en la
seconde partie du xvi'^ fueillet ensuivant. Pour ce icy deux rubiz.
[S G, n°= 925, 92G, 927 [n°» 337, 338, 341 de notre inventaire; le 927
s'applique a notre 341]; prises ensemble xxii liv. x sous t.]
338. Item, un gros ruby de mauvaise coleur, qui est d'un
(i) Le feu pape Gregoire peut aussi bien designer Gregoire XI (Pierre
Roger, ne au chateau de Maumont en Limousin, ou a Beaufort, en Anjou,
selon d'autres auteurs), elu le 3o decembre 1370 et mort en 1404, que Gre-
goire XII, elu le 3o novembre 1406, et depose au concile de Pise, le
5 juin 1409. On pourrait plutot supposer qu'il s'agit du dernier, si Gre-
goire XI n'avait pas une origine frampaise, ce qui expliquerait ses relations
avec le due de Berry. (Voir leurs armoiries dans les Vies des Papes de
Ciaconius, t. II, pp. 574 et 75o.)
loo RTBIS DRPECES [fol. 5oj
hannap de jaspre, declaire en la derreniere partie du centesme
fueillet ensuivant ; pour ce icv i ruby.
Tradite fuerunt per dictum Robinetum iste ii" panes acolate dictis
executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem.
339. Item, un ruby en un artnel appellt* le Charbun de Bour-
goigne. Ainsi declaire en la v-" partie du xxv^ fueillet dudit livre.
Dictus rubinus redditus fuit et traditus per executores et dictum Robi-
netum domino Regi cum pulcherrima cruce sibi data per dictum dominum
Ducem, dum viveret, prout constat per iitteras dicti domini Regis datas
xix'junii mil" CCCC» XVI°, hie redditas, que servient inferius pro pluribus
aliis partibus in eisdem contentis ad exoneracionem dictorum executorum
et dicti Robineti. Et ideo acquittatur hie de eodem.
[B, n° 125.]
340. Item, un autre ruby cabochon en un annel d'or que pie^a
donna feu monseigncur de Bourgoigne a Monseigneur; lequel
ruby mondit Seigneur appelle a present le Bonhomme. Ainsi de-
claire en la vn*^ partie dudit xxv^ fueillet.
K. — Datus fuit per Dominum nepoti suo domino duci Burgondie moderno,
per mandatum suum datum iiii'" die maii anno M" CCCC" XII», hie tra-
ditum; virtute cujus acquittatur hie de eodem dictus Robinetus.
341 . Item, un ruby hors oeuvrc, de foible coleur. Ainsi declaire
en la penultieme partie du xxx^' fueillet dudit livre.
Redditus fuit per dictum Robinetum dictis executoribus, prout supra. Et
ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem.
[S G, n° 927.]
RUBIZ ACHATEZ.
342. Item, un ruby a creste, assis en un annel d'or, qui est le
mcilleur et du nombre dc trois rubiz assiz en hi anneaulx, les-
quielx Monseigneur achata a Paris, le xii« jour d'avril Fan mil
CCCC et deux, avant Pasques, de Thomas Sophie, autrement
dit Rollant, tous trois ensemble pour le pris et somme de ini'"
escuz d'or, et desquielx rubiz est faicte mencion en la derreniere
partie du clviii'^ fueillet dudit livre. Pour ce icy ledit ruby.
K. — Dictus rubinus datus fuit domino duci Acquitanie per mandatum
super tercia parte lxx*"' folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eodem.
RUBIS ACHETKS [fol. 5o V°] lOI
343. Item, un ruby nonime Ic Ruby de la montaigne, assis en
uii annel d'or, lequel Monseigneur achata, le xxiiii« jour d'octo-
brc Tan mil CCCC et V, de Jehan Sac, marchant demourant a
Paris, pour le pris et somme de v™ escus d'or. Ainsi declaire
en la v= partie du clx*^ fueillet dudit livre.
Dictus ruby traditus et redditus fuit per dictum Rohihetum dictis execu-
toribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem.
fS G, n" 1 1 68; prise xv^ liv. t.]
344. Item, un grant ruby plat en guise d'un cuer, assis en un
annel d'or, que Monseigneur achata de Nicolas Picace, Guille-
min Sanguin (i), Michaut dc Lalier et Jehan Sac, marchans et
bourgois de Paris, le ini<= jour de septembre Tan mil CCCC et
VI, pourle pris et somme de in"" escus d'or.
Datus summo pontifici in uno annullo per mandatum super v" parte
LXi folii hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur
hie dc eodem.
[B, n» 1 1 12.]
345. Item, un tres bon ruby plat sur le longuet, appelle le
Ruby de Berry, assis en un annel d'or, que Monseigneur achata
de madame d'Orleans (2), ou mois d'avril Tan mil CCCC et
VI 11 apres Pasques, la somme de xn'= escus d'or; et alentour
dudit annel a xix dyamens plaz et roons, que mondit Seigneur
achata de Baude de Guy, le ix^ jour dejuillet ensuivant, chascun
du pris de v escus; valent iiii^'^ xv escus.
Redditus fuit iste ruby et traditus predictis executoribus per dictum Ro-
binelum, ut supra. Ideo exoneratur hie de eodem.
[S G, n" 590; prise xvr- iiii'"' vii liv. x sous t.]
346. Item, un petit ruby en un annel d'or, que mondit Sei-
gneur achata de madictc dame d'Orleans ou mois de decembre
(i) Sur I'hotel, la fortune et la famille de Guillemin Sanguin, consultez
Paris et ses hisloviens aiix xiv" et xv" sidcles par Le Roux de Lincy et Tisse-
rand (Paris, Imp. imp., 1867, in-4°). Sanguin avait ete anobli en 1400; les
auteurs cites plus haut ont donne le dessin de ses armoiries (p. 040) et de
longs details sur son role politique, sur les services qu'il rendit a Jean sans
Peur et a son successeur.
(2) Valentine d'Orleans, duchesse d'Orleans, mourut le 4 decembre 1408.
Les joyaux achetes par le due de Berry en avril et decembre (n° 346) 1408,
furent done vendus par elle dans les derniers jours de sa vie.
102 ri:bis achetes [fol. 5 I vo]
Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de ii'-^ escus d'or,
paiez comptans par la main de Baude de Guy.
K. — Datus fuit Johanni de Rinmo per mandatum super ultima parte
cLiiii'' folii presentis compoti redditum, virtute cujus dictus Robinetus ac-
quittatur hie de eodem.
Ces III parties acolccs [344-346] sont ainsi dcclairees ou 11' lxix" fucillct
dudit livrc.
347. Item, un ruby appelle le Riibj' de la niic, pesant v caraz
ou environ, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur achata
de Andre Sucre, dit Massay, marchant de Florence demourant a
Paris, le xxvi^ jour de juing mil CCCC et IX, avec un balay et
un dyament quarrez, cy apres escrips chascun en son ordre,
tous ensemble pour le pris et somme de vn'" ni'^ escus d'or.
Ainsi declaire en la ni'^ partie du n'-" lxx= fueillet dudit livre.
[B, 11° 1 1 1 1 . — S G, 11° 1 1 69 ; prise xi-^ xxv liv. t.]
348. Item, un petit ruby d'Orient qui a une fossete, assis en
un annel d'or, lequel Monseigneur achata de Loys Gradenigo (i)
marchant de Venise demourant a Paris, en septembre mil
CCCC et XII, pour le pris et somme de in'" escuz d'or. Et
est appele le Rubjy de la fossete; et n'est point rendu en recepte
ou compte precedent.
Tradite fuerunt iste W partes acolate [347-348] et reddite dictis cxecuto-
ribus per dictum Robinetum, prout supra. Ideo exoncratur hie de cisdem.
[S G, 11° 591 ; prise un" liv. t.J
349. Item, un petit ruby tin, fait en facon d'un grain d'orge,
assis en un annel d'or, que mondit Seigneur achata dudit
Loys Gradenigo, le xvui^ jour de novembre, I'an que dcssus,
pour le pris et somme de ni™ escuz d'or, et est apelle le Gi'ain
d'orge. Et n'est point rendu en recepte ou compte precedent.
Dictus dominus Dux, per suas patentes litteras datas xxn"** augusti
M CCCC XV, hie redditas, fatetur habuisse et recepisse a dicto Robincto
(i) Louis Gradenigo demeurait a Paris rue Neuve Saint-Merry. Ce detail
est fourni par une sentence du prevot de Paris, datee de 1414, rendue sur
un ditferend survenu entre ledit Gradenigo et un inarchand de Lucques
nomme Pierre de Range. Dans cat acte, il est question d'une decharge de
2,137 liv. 10 sols t. donnee par Mace Heron, tresorier du due de Berry, au
profit de Louis Gradenigo (Arch. Nat. Y 5228, fol. 2i);prcuve nouvelle des
relations constantcs du due de Berry avec tous Ics marchands italicns tixes
a Paris.
Rl'BIS ACHETES [fol. 5 I V°] I o3
istum parvum ruby et cundeni tradidissc Paulo de Limbourc ct Hermando
et Jehanncquino, ipsius fratribus et varlctis camere dicti domini Ducis, per
modum pignoris et securitatis somme M scutorum auri, de quo quidem
ruby idem dominus Dux voluit et mandavit per easdem litteras ipsuin Ro-
binetum, reapportando predictas litteras una cum recognicione ipsorum
camere varletorum, exonerari; a quo Paulo dumtaxat attulit litteras reco-
gnicionis, que videanlur si sufficiant.
RUBIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
35o. Item, un ruby appelle le Ciier de France, assis en un an-
nel d'or que feu monseigneur de Bourgoigne, que Dieux absoille,
a laissie en son testament a Monseigneur, avec un dyament non
fait, cy apres rendu ou chapitre des dyamens. Pour ce icy seule-
ment ledit ruby. Ainsi declaire en la n= partie du n*^ xnii° fueillet
dudit livre.
Traditus fuit et redditus dictus ruby predictis executoribus, prout supra,
per dictum Robinetum. Ideo exoneratur hie de eodem.
[S G, n" 592; prise viir- liv. t.]
35 I. Item, un petit ruby cabochon, assis en un annel, que
monseigneur le conte d'Eu (i) donna a mondit Seigneur aux es-
trainnes, Tan mil CCCC et IX.
K. — Datus fuit Johanni Lebourne, contrarotulatori expensarum Domini,
per mandatum super prima parte lxix folii hujus compoti traditum ; virtute
cujus acquictatur hie dictus Robinetus de eodem.
352. Item, un grant ruby plat, appelle le Ruby de la poulle,
assis en un annel d'or, que feu Monseigneur le due d'Orleans
donna a mondit Seigneur.
K. — Datus fuit Guillelmo, domino de Lode, per mandatum super prima
parte lxix folii hujus compoti traditum; virtute cujus acquittatur hie dictus
Robinetus de eodem.
Ces II parties acolees [35i-352] sont ainsi declairees es penultieme et
derreniere partie du iii" viii° fueillet dudit livre.
(i) Philippe d'Artois, comte d'Eu, connetable de P'rance, epousa, vers 1 392,
Marie, fille du due de Berry, veuve de Louis de Chatillon, comte de Dunois,
mort en 1391. Fait prisonnier a la bataille de Nicopolis, il mourut chez les
Turcs en i 397. Son fils Charles d'Artois, comte d'Eu, qui passa vingt-trois
ans en captivite apres Azincourt et mourut en 1472, etait done petit-tils du
due de Berry. C'est de Itii qu'il s'agit dans le present article.
104 RUBIS BONNES A MONSEIGNEL'R [fol. 52]
353. Item, un annel d'or oti il a un ruhy taillie d'une teste cou-
ronnee a la semblance d'un Roy, que feumessire Jehan de Mon-
tagu (i), en son vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a
mondit Seigneur.
Raie, car il est escript apres ou chapitre dcs scaulx ct signez.
354. Item, un ruhy taillie en facon dc rose, assis en un annel
d'or, que madame la Duchcsse donna a mondit Seigneur, le
xviie jour de may Tan mil CCCC et XI.
Dictus dominus Dux, per suas patentes Htteras, datas 11''" die aprilis
MGCCCXV ante Pascham, fatetur cepisseet reccpisse a dicto Robineto istum
ruby et eundem dedisse regi Romanorum, cognato suo; que littere fuerunt
hie retente et servient inferius pro pluribus partibus. Et ideo exoncratur
hie de eodem.
355. Item, un petit ruby en un annel d'or, que Andre Ra-
ponde donna a Monseigneur de par la ville d'Avignon (3^, ou
mois de juing Tan mil CCCC et XI.
Et [per] alias Htteras patentes ipsius domini Ducis, datas vii"" julii
MGCCCXV, hie redditas, idem dominus Dux fatetur cepisse et recepisse a
dicto Robineto dictum parvum ruby et ipsum dedisse Tcvenino de Monti-
gny, suo varleto camere. Et ideo acquittatur hie dictus Rohinetus de eodem.
Ces II parties acolees [354-355] sent ainsi declairees es inr et vi» parties
du HI" Lix» fueillet dudit livre.
356. Item, ung gros ruby en un annel d'or, que monseigneur
de Charroloys (3) donna a monseigneur le Due aux estrainnes, le
(i) Jehan de Montaigu, seigneur de Marcoussis, vidame de Laonnois,
grand maitre d'hotel et secretaire du Roi, est bien connu par sa fin tragi-
que sur laquelle on trouve de curieux details dans le Journal d'lin bourgeois^
de Paris, publie par M. Tuetey. Le due de Berry avait vainement intercede
en sa faveur {Chronique du Religieiix de Saint-Denis, IV, 275). Jean de
Montaigu eut la tete tranchee le 17 octobre 1409, et son corps ne fut enleve
du gibet, pour etre inhume aux Celestins de Marcoussis, que le 27 septcm-
bre 1412.
(2) Excommunie par le pape Urbain en 1409, sur les instances du due
de Bourgogne, en compagnie des dues de Bourbon, d'Orleans et du comtc
d'Armagnac, le due de Berry s'ctait peut-etre rendu aupres du pape pour
faire lever la sentence d'excommunication, ce qui expliquerait ses relations
avec la ville d'Avignon (Douet d'Arcq, Choix de pieces inedites, I, 401).
(3) Philippe de Bourgogne, comte de Charolais, ne a Dijon le 3o juillet
1396, tils aine de Jean sans Pcur, devint due de Bourgogne a la mort de
son pere, en 1419. II epousa en premieres noces une tille de Charles VI,
Michelle, qui mourut en 1422, sans enfants ; en deuxiemes noces (1424)
Bonne d'Artois, veuve du comtc de Nevcrs, puis, apres la mort de celle-ci,
Isabelle de Portugal (1449)-
RUBIS DONNES A MONSEIGNELR [fol. 52 V^] I o5
premier jour de Janvier Tan mil CCCG et XII, et n'est point
rendu en recepte ou compte precedent.
K. — Datus fuit uxori Mathei Heron, thcsaurarii Domini, per mandatum
super vi'* parte lxx"' folii hujus compoti redditum ; virtutc cujus dictus
Robinetus acquictatur hie de codem.
357. Item, ung petit rubi cabouchon, assis en un annel d'or,
que Loys Gradenigo donna a Monscigneur aux estrainnes mil
CCCG et XII, et n'est point rendu en recepte ou compte pre-
cedent.
K. — Datus fuit per dominum Ducem domine ducisse Borbonii, [ut] cons-
tat per mandatum suum, hie redditum, datum xi* die novembris anno
M" CCCC" tercio decimo. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
358. Item, un ruby taillie en fa^on d'une croix, assis en un
annel d'or, lequel madame la duchesse donna a Monseigneur
aux estrainnes, le premier jour de Janvier Fan mil GCGG et XI.
Ainsi declaire en la penultieme partie du ii<^ lix^ fueillet dudit
livre.
Datus fuit Matheo Heron, thesaurario dicti Domini per mandatum
super prima parte lxix folii hujus compoti traditum; virtutc cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eodem.
BALAIZ DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE-
359. Item, de xxxv balais (i) qui estoient en une grant croix
d'or appellee la Croix an camahieu, declairee en la derreniere
partie du cxxxii^ fueillet du livre des comptes precedens, est
acquictie ledit Robinet d'Estampes de quatre desdiz balaiz pour
les causes contenues es corrections faictes sur ladicte partie; et
les autres xxxi sont cy renduz et declairez en la maniere qui
s'ensuit :
(i) D'apres le Glossaire des Emaiix, la dit!erence du rubis proprement dit
et du rubis balai consisterait dans la nuance. Tandis que le premier etait
rouge vifde cochenille, le balai serait d'un rouge cedant au rose [sic). Comme
aucune preuve n'est invoquee a I'appui de ces distinctions, il y aurait lieu
de se demander si le moyen age observait bien exactement ces ditferences
d'une appreciation assez delicate.
106 BALAIS DEPECES [fol. 52 V"]
a. Et premiercmcnt, en y a dix plusgros que les autres, de plu-
sieurs famous et sortes, c'est assavoir :
Le balay appelle le Balaj' dii pape, qui est sur le roont, per-
tuisd, et est glaceux en pluseurs lieux ; pesant xii'"' caraz de Paris
ou environ.
Un autre balay, pesant cxlvh caraz de Paris ou environ,
lequel est percie, et cabochon d'un coste et sur le plat de
I'autre.
Un autre balay, pesant cxxxn caraz ou environ, lequel n'est
point percie, et est sur le longuet cabochon d'un coste et plat de
Tautrc sur le quarre.
Un autre balay pesant cxli caraz de Paris ou environ, lequel
est cabochon et sur le plat de deux costez, et percie au long.
Isti quatuor balaiz acolati, cum vi aliis inde sequentihus in prima pagina
folii sequcntis, traditi fuerunt per executores ipsius defuncti domini Ducis
et dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulchcrrima cruce sibi per
dictum dominum Ducern, dum viveret, data, prout constat per litteras
patentes suas xix» junii mil CCCC XVI«, hie redditas, que servient inferius
pro pluribus aliis partibus ibidem dcclaratis ad exoneracionem dictorum
executorum et ipsius Robineti. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de
eisdem.
Un autre balay, appelle le Balay de la creste du coq, lequel
est cabochon sur le longuet et percie au long; pesant vin^'^x caraz
de Paris ou environ.
[B, 121].
Un autre gros balay qui souloit estre ou milieu d'une croix,
appellee la Croix dc Bourgoigne, qui fu despecee, lequel balay
est cabochon, et a une glace sur Tun des costez, et percie au
long ; pesant ii'^ xxvni caraz de Paris ou environ.
Un autre balay que donna feu monseigneur de Bourgoigne,
qui est longuet sur le cabochon d'une part, a une breche sur le
coste, et de Tautrc part est sur le plat et percie au long; pesant
vni^'' X caraz de Paris ou environ.
Un autre balay cabochon et longuet, sur la fa(;on d'un
quartier de poire, et percie au long; pesant vni^^ xu caraz ou
environ; lequel feu mondit seigneur de Bourgoigne donna
semblahlemeni.
BALAIS DEPECKS [fol. 53] \OJ
Un autre balay, recouvrc de Anthoine Manchin et Macaye
qui Tavoient en gaige du temps de feu Jehan d'Estampes.
Et un autre balay que donna feu nionseigneur d'Orleans,
lequel est cabochon et longuel, percie au long, ouquel a une
fossete en maniere d'un cueur; pesant iiii^^ xix caraz de Paris
ou environ; pour ce icy dix desdiz balaiz.
b. Item, V autres desdiz balaiz, de pluseurs sortes, lesquielx
sont en fat^on dc cuvetes, dont il en y a deux perciez ; pour ce icy
lesdiz V balais.
De istis v balais, dominus Dux dedit unuin regi Romanorum, prout
constat per litteras suas patentcs, ii*"^ aprilis M CCCC XV ante Pascham
datas, superius redditas. Et alii quatuor balaiz traditi fuerunt executoribus
dicti domini Ducis per dictum Robinetum, prout supra. Et ideo acquittatur
hie dictus Robinetus de dictis quinque balaiz.
c. Item, VII autres desdiz balaiz, aussi de pluseurs sortes,
lesquielx sont quarrez, dont il en y a deux perciez, desquielx
deux Tun est glaceux; pour ce icy lesdiz vii balaiz.
De istis vii balais datus fuit unus per dictum duminum Duccm revercndo
in Christo patri domino archiepiscopo Bitturicensi, prout constat per litteras
dicti domini Ducis, datas viii'' die jannuarii mil CCCC XV, hie redditas, que
servient inferius pro aliis partibus ibidem declaratis.
Et alii VI balaiz redditi fuerunt executoribus ipsius domini Ducis per
dictum Robinetum, prout supra. Ideo cxoneratur hie idem Robinetus de
dictis VII balaiz.
d. Item, VII autres desdiz balais, lesquielx sont cabochons,
de pluseurs famous et sortes ; pour ce icy lesdiz vii balaiz.
Tres de istis vii balaiz Iradili fuerunt per executores dicti domini
defuncti Ducis et dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulcherrima
cruee, causa ut supra. Et quatuor alii balaiz redditi fuerunt dictis execu-
toribus per dictum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie idem
Robinetus de dictis vii balaiz.
e. Item, un autre desdiz balaiz, lequel est d'un coste plat sur
le quarre et de I'autre coste est cabochon, et pertuisie a deux
bouz; pour ce icy ledit balay.
Iste balay traditus fuit per dictos executores et Robinetum domino nostro
Regi cum pulcherrima cruee sibi [data] per dictum dominum Ducem, prout
supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem.
/. Item, un autre desdiz balaiz, lequel est plat d'un coste sur
la fa^on d'un cueur, et de I'autre part est cabochon, et pertuisie
a un bout ; pour ce icy ledit balay.
108 BALAIS DEPECES [fol. 53 V"]
Toutes lesquellcs parties montent a ladicte sommc de xxxi
halaiz.
Dictus dominus Dux, per suas litteras da'tas x» mcnsis scptembris
mil CCCC XV, superius redditas, fatetur dictum balay a dicto Robineto
reccpisse, et eundem dedisse domino comiti Augi. Ideo exoncratur hie idem
Robinetus dc eodcm.
[S G, n" I i8o : quatre balais cabochons yssus dc la Croix an camahieu:
IX' XX liv. t. — n" 1181 : quatre aulres balais yssus de ladicte croix :xviii'=iin"
]iv. t. — n" 1 182 : six autres balais quarres yssus de la dicte croix : m"
liv. t.]
360. Item, dc trois gros balaiz qui sont d'un grant joyau d'or
fait de maconnerie en maniere de tabernacle, declaire es ii^ lvh^
et n'^ Lvni<= fueillez dudit livre, dont ledit Robinet est chargie sur
la partie dudit joyau. Tun prins d\ine grant saliere d'agatlic,
Tautrc long prins d'un reliquiere, ou il a unc dcs dens de Tenf-
fance Nostre Dame, et I'autrc cabochon achate de Jehan de Cal-
valnay ni"" francs, i cellui Robinet rent le premier en ladicte saliere
cy apres ou chapitre de la vaisselle pour panneterie. Pour ce, icy
seulement les autres deux balaiz dessusdiz.
Duo de istis in balaiz traditi fuerunt per cxecutores ipsius defuncti
domini Ducis et per dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulcher-
rima cruce sibi data, prout supra arrestatur. Ideo cxoneratur hie idem
Robinetus de eisdem.
36 1. Item ii^ xviii balaiz, que ungs que autres, de pluseurs
sortes, dont il en y a vn^^ xnii tant moiens comme petis, et les
autres lxihi sont petis balaisseaux; laquelle pierrerie est issue des
joyaulxet vaisselle qui s'ensuivent(i), c'est assavoir : d'un ymaige
d'or de Dieu le Pere, declaire en la premiere partie du x^fueillet
du livre des comptes precedens : xv balaiz.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, de;:lairc en la
iH'^ partie dudit fueillet : xxix tant balaiz comme balaisseaux.
Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp-
martin, declaire en la premiere partie du xii^^ fueillet ensuivant :
XI tant balaiz come balaisseaux.
Item, d'un joyau d'or du baptisement Nostre Seigneur, declaire
en la ni'^ partie du xnu"^ fueillet ensuivant : ix balaiz.
1) Comparer rdnumeration de I'artjcle 36i avec celles des n" SGy et 462.
DALAIS DKPF.CES [fol. 34] lOQ
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la
iiii« partie dudit xiiii'^ fueillet : xii tant balaiz comme balaisseaux.
Item, d'un ymaige d'or de saint Jehan euvangeliste, declaire
en la v^ partie dudit fueillet : vi balaisseaux.
Item, des ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint
Pierre, declairezes premiere, ii'-'et iii*^ parties du xv'^ fueillet ensui-
vant : xni balais.
Item, d'un yniaige d'or de saint Denis, declaire en la vi'^ partie
dudit xv« fueillet : iiii balais.
Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la
premiere partie du xvi^ fueillet ensuivant : i balay.
Item, d'un portepaix d'or, declaire en la if partie dudit fueillet :
VI balaiz.
Item, d'un ymaige d'or de saint Loys (i), declaire en la pre-
miere partie du xvii^ fueillet ensuivant : vii balais.
Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la if partie du
Lxx= fueillet ensuivant : ii balaiz.
Item, d'un petit portepaix d'or oil il a une croix ou milieu,
declaire en la v^ partie du lxxif fueillet ensuivant : ii balaiz.
Item, d'uns grans tableaux d'or bien pesant, csmaillez par de-
dens tres richement, declairez en la iiF partie du cxxxiiiF fueil-
let ensuivant : i balay.
Item, d'un ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire en la
IF partie du cxliF fueillet ensuivant : vi balaisseaux.
Item, d'un grant goubelez d'agathe, a deux ances de mesmes,
declaire en la derreniere partie du ciiii^^ iiF fueillet ensuivant :
xxiiii petis balais.
Item, d'un tableau d'or bien pesant, que donna le [sic] Royne,
declaire en la iF partie du ciiii^'^ x= fueillet : i balay.
Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en
la premiere partie du ciiii^^ xiiiF fueillet ensuivant : in balais.
(i) M. E. Petit, Itine'raires des dues de Bourgogne (p. 544), nous apprend
que Philippe le Hardi avait offert a son frere Jean une image de saint
Louis garnie de pierres precieuses, du prix de 3o2 francs d'or, aux etren-
nes de iSgS. Cette image ne figure plus a notre inventaire, que dans la
presente enumeration de joyaux detruits.
I 10 BALAIS DEPECES [fol. 5^ V°]
Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, deciaire en la ir par-
tie du ciiii^'^ xv^ fueillet ensuivant : v balais.
Item, d'une saliere d'agathe garnie d'or, declairee en la ni<= par-
tie du ccxxvH'^ fueillet : i halay.
Item, d'un grant pot de cristal, deciaire en la n*^ partie du
ii<^ nii^^ Mil'-' fueillet ensuivant : xv tant halaiz comme balais-
seaux.
Item, d'un grant goubelet de cristal, deciaire en la v^ partie
dudit fueillet : xini tant balaiz comme balaisseaux.
Item, d'uns tableaux d'or en facon d'unes Heures, declairees
en la nn'^ partie du ii*-" nn^^ xvi<= fueillet ensuivant : ii balais-
seaux.
Item, d'un ymaige d'or de saint Andre appostre, deciaire en la
premiere partie du ii^' iiii^^ xvin*^ fueillet ensuivant : v balaiz.
Item, de deux petis chandelliers d'or, declairez en la derreniere
partie du ii'^ iiii^^ xix<= fueillet ensuivant : vi balaisseaux.
Item, de xn chastons ou culez d'or, declairez en la iii*^ partie
du ni^' H"^ fueillet ensuivant : n balaiz.
Item, d'une nef d'or (i) assise sur nii tigres, declairee en la
derreniere partie du in'-' Lnii« fueillet ensuivant : xvi balaiz.
Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere somme
de n^ xvHi balaiz, que uns que autres, de pluseurs sortcs, pour
cc icy vn'''' xnii balaiz, tant moiens comme petis, et lxhu petis
balaisseaulx.
K. — De numcro dictorum vii" xiiii balaiz dominus Dux recepit et habuit a
dicto Robineto mi" xii qui positi fuerunt insuo magno tabulo reliquiis mu-
nito, per eum in sua capella Bitturis capto et dato ecclesie Parisiensi, [ut]
constat per mandatum suum datum iiii'^ die maii M" CCCC°XIII°, hie red-
(i) La nef etait une sorte de necessaire en metal precieux, contenant les
epices pour I'usage du souverain ou des princes. EUe resta en usage jus-
qu'a la fin de I'ancienne monarchie. Les niemoires du xvii" siecle nous font
connaitre dans ses details la nef d'or de Louis XIV. L'inventaire du roi
Charles V offre I'enumeration d'une vingtaine de nefs, la plupart en argent.
Beaucoup de ces recipients qui prirent par la suite le nom de cadenas,
etaient supportcs par des animaux formant les pieds. M. de Laborde cite
une nef d'or donnee par le due de Berry a Charles VI pour les etrennes
de 1404, reposant, comme celle qui est decrite ici, sur quatrc ligres. II parait
difficile d'admettre que ce soit la meme.
BALAIS DEPKCKS [fol. 55] III
turn, serviens alibi pro iiii"^" xii saphiris et cl perlis similiter positis in dicto
tabulo. Virtule cujus inandati dictus Robinetus acquittatur hie de predictis
iiii" XII balaiz.
Et vi"" VI balaiz, pro residue dictorum ii"^ xvui balaiz, traditi fuerunt per
dictum Robinetum dictis executoribus; convertendum in facto dicte execu-
cionis, prout supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem.
[S G, n° 288; prise iii'^ ini"" xiii liv. t.]
362. Item, de trois pctis balaiz qui sont de la pierrerie que Re-
nequin de Harlen a rendue, declairez en la penultieme partie du
iic Lxxie fueillet dudit livre, ledit Robinet est acquictie sur ladicte
partie de Tun desdiz balaiz. Pour ce, icy ii petis balaiz.
Dicti II parvi balaiz traditi fuerunt et redditi dictis executoribus per dic-
tum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie de eisdem.
[S G, n° 289; prise viii Hv. t.]
BALAIZ ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR LE DUG.
363. Item, un gros balay, appelle le Gros balay de VeniseM-
quel Monseigncur achata de feu madame la duchesse d'Orleans,
le xiii« jour de Janvier Tan mil CCCC et VII, pour Ic pris et
somme de xviii'" frans.
Dictus balay per dictos executores et Robinetum traditus fuit domino
nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Dueem, dum
viveret, data, prout supra arrestatur. Ideo exoneratur hie idem Robinetus
de eodem.
364. Item, un gros balay cabochon a une tranche, appelle le
Balay d'Orenge, lequel Monseigneur achata de messire Jaques
de la Riviere (i) etdu sire de Viezpont(2),le derrenier jourd'octo-
(i) Jacques de la Riviere, seigneur d'Auneau, fils de Bureau de la Riviere
et de Marguerite, dame d'Auneau et de Rochefort, dame d'honneur d'lsa-
beau de Baviere. Sur sa tin tragique on peut consulter : Tuetey, Journal
d'lin bourgeois de Paris (p. 3 1 , 44). Apres son execution, le corps du sup-
plieic fut pendu aux Halles le 10 juin 141? et enterre seulement le 23 aout
suivant. (Voy. aussi Chronique du Religieux de Saint-Denis, tome V, p. 21,
55, 147.)
(2) Ives, seigneur de Vieuxpont, etait attache au service du roi de France.
Envoye en ambassade avecl'eveque de Chalon et Simon de Nanterre aupres
du due de Bourgogne, il se trouvait a Dijon en mai et juin 1415 (Voy. E.
Petit, Itiueraire clcs dues de Bourgogne, p. 411^-419 et ci-dessous n" 427.)
112 BALAIS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 55 V"]
bre Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et sonime de ii""
escus d'or.
Iste grossus balaiz traditus fuit per dictos executores et Robinetum do-
mino nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Ducem
data, prout superius arrestatur. Ideo cxoneratur hie idem Robinetus de
eodem.
365. Item, un gros balay quarre, pesant xliii caraz de Jannes
ou environ, assis en un annci d'or, lequel Monseigneur achata
de Andre Sucre, dit Massay, le xxvi^ jour de juing mil CCCC
et IX, avcc le Ruby dc la niie, cy-devant rendu ou chapitre des
rubiz, ct avcc un dyament quarre qui depuis a este baillie audit
marchant, tout ensemble pour le pris ct somme de vii""
in<^ escus d'or.
Traditus fuit et rcdditus iste grossus balay dictis executoribus per dic-
tum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie de eodem.
Ces HI parties acolees [363-365] sont ainsi declairees ou ii' lxxii" fueillet
dudit livre.
[S G, n° 593; prise xvr iiv. t.]
BALAIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
366. Item, un bel et gros balay longuet qui fu achate de Char-
les de Vivant pour le pris et somme de xvni'" escus d'or,
dont le Roy en paia, pour les estraines de mondit Seigneur de
HI annees, c'est assavoir mil CCCC et un, mil CCCC et deux,
mil CCCC ct trois, xini"^ escus, et mondit Seigneur paia le
surplus qui est ini"^ escus; pour cc, icy ledit balay. Ainsi declairti
en la ni'^ partie du n^ xvi'= fueillet dudit livre.
Traditus fuit dictus balay per dictos executores et Robinetum domino
nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Ducem, dum
viveret, data, prout supra plenius arrestatur. Ideo exoneratur hie idem Ro-
binetus de eodem.
SAPHIRS DESDIZ JOVAfLX ET VAISSELLE.
367. Item, \\^^ XI saphirs, que uns que autres, de pluseurs
sortes, dont il en y a v grossez, iiii^^ xiii lant moiens comma
SAPHIRS DES JOYAUX [fol. 56 V] Il3
pctis, et XXXIII autres plus pctis ; laquclle pierrerie est yssue des
joyaulx et vaisselle qui s'ensuivent, c'est assavoir :
D'un ymaige d'or de Dieu le pere, declaire en la premiere par-
tie du x'^ fueillet du livre desdiz comptes precedens : xvi saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iiF par-
tie dudit fueillet : xii saphirs.
Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp-
martin, declaire en la premiere partie du xii^ fueillet ensuivant :
n saphirs.
Item, d'un Joyau d'or du Baptisement Nostre Seigneur, de-
claire en la iii^ partie du xiiiie fueillet ensuivant : vii saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iiii^ par-
tie dudit xiiii<^ fueillet : iiii saphirs.
Item, des ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint
Pierre, declairez es premiere, ii^ et iiic parties du xv= fueillet en-
suivant : XVI saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi^ partie
dudit xv*: fueillet : ii saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la
premiere partie du xvi<; fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un portepaix d'or, declaire en la ii-^ partie dudit fueil-
let : II saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de saint Loys, declaire en la premiere
partie du xvii<= fueillet ensuivant : in saphirs.
Item, d'un hannap d'or qui fu du roy Jehan, declaire en la
lie partie du xxiiii^ fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un pie et couvercle d'or pour un voirre, declairez en
la premiere partie du xli-^ fueillet : i saphir.
Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la ii^ partie du
Lixi^ fueillet ensuivant : ii saphirs.
Item, d'un petit portepaix d'or ou il a une croix ou milieu,
declaire en la v^ partie du lxxii<= fueillet ensuivant : ii saphirs.
Item, d'une petite saliere d'or, declairee en la ii= partie du
iiiixx viie fueillet ensuivant : i saphir.
Iteni, d'uns grans tableaux d'or bien pesant, esmaillez par
114 SAPHIRS DRS JOYaUX [fol. S-j]
dedens tres richement, declairez en la iii*^partie du cxxxiiii^ fueillet
ensuivant : i saphir.
Item, d'un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaird
en la ii^ partie du cxlii« fueillet ensuivant : in saphirs.
Item, d'un grant goubelet d'agathe a deux ances de mesmes,
declairie en la derreniere partie du cini^^ in« fueillet ensuivant :
I saphir.
Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en
la premiere partie du cnii^'' xiiii^ fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, declaire en la
11^ partie du ciiii^-'' xv« fueillet ensuivant : vii saphirs.
Item, d'une saliere d'or, declairee en la v^ partie du ii'^ xxvii^
fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un hannap de jaspre garni d'or, declaire en la
iiii^ partie du ii'^ xxxi*^ fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un goubelet de cristal, declaire en la premiere partie
du 11'-^ xxxii<^ fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un grant pot de cristal, declaire en la w partie du
w^ iiii^^ 1111= fueillet ensuivant : vin saphirs.
Item, d'un grant goubelet de cristal, declaire en la v^ partie
dudit fueillet : ix saphirs.
Item, d'un ymaige d'or de saint Andrei appostre, declairt5 en la
premiere partie du i^" iiii^^ xviii'^ fueillet ensuivant : vii saphirs.
Item, de xii chastons ou culez d'or, declairez en la iii*^ partie
du H^' 11^ fueillet ensuivant : iiii saphirs.
Item, d'une saliere d'une coquille de perles, declairee en la
premiere partie du iii<-' xxiii"^ fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'un long goubelet de cristal a pluseurs quarrez, declaire
en la 1111= partie du iii^ xxvin<= fueillet ensuivant : i saphir.
Item, d'une nef d'or assise sur iiii tigres, declairde en la der-
reniere partie du ni'^ Lini<= fueillet ensuivant : xii saphirs.
Item, d'un hannap d'or couvert, declaire en la iii'^ partie du
HI'-' Lv<= fueillet ensuivant : i saphir.
Lesquelles parties moment ensemble a ladicte premiere somme
de \i^^ XI saphirs, que uns que autres, de pluseurs sortes; pour
SAPHIRS DES JOYAUX [fol. Sy V°] Il5
ce icy v grossez saphirs, iiii^'^ xiii autres saphirs, tant moiens
comme petis, xxxiii autres plus petis saphirs.
K. — De dicto numero iiii" xiii saphirorum Dominus habuit a dicto Robi-
binetu nii" xii, quos poni fecit in quodani magno tabulo, de quo in arresto
scripto super ultima parte liii'"' folii hujus compoti fit mencio; de quibus
IIII"" XII saphiris dictus Robinetus acquittatur hie per mandatum redditum
super dicta ultima parte liii folii dicti presentis compoti.
Et residuum dictorum vi" xi saphirorum, quod est xxxviii, Iraditum et
redditum fuit predictis executoribus per dictum Robinetum; convertendum
in facto dicte execucionis, prout supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus
dft eisdem.
[S G, n" 290; de cinq gros saphirs, un autre saphir et xxxiii autres
saphirs restans de vi" xi saphirs... prises inr" liv. t., vendus iiu"x liv. t.]
368. Item, uii petit annel d'or, ou il a un tres petit saphir et
deux bien petis dyamens poinctus, lequel annel est d'un ymaige
d'or de Nostre Dame declaire en la in^ partie du x'= fueillet du
livre desdiz comptes precedens. Pour ce icy ledit annel garni
comme dit est.
[S G, n° 928; prise un liv. t.]
369. Item, un saphir a vni costes, assis en un annel d'or a
jour, qui fu de feu monseigneur de Bourgoigne.
[B, n° 1 36. — S G, n° 594; prise xl liv. t.]
370. Item, un saphir hautelet en un annel d'or.
Iste III partes acolate [SGS-jyo] traditc fuerunt et reddite dictis executo-
ribus per dictum Robinetum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eisdem.
Ces II parties acolees [369-370], sont ainsi declairees es 1111° et xii° par-
ties du xxv° fueillet dudit livre.
[S G, n" 595 ; prise vi liv. xv sous t.]
371. Item, un grant saphir de taille, lequel a une fosse
sur I'un des costez, appelle le Saphir de Meleiin (i), lequel est a
present en un annel. Ainsi declaire en la ix^ partie du xxvni^
fueillet dudit livre.
Dictus magnus saphir per dictos executores et Robinetum traditus fuit
domino Regi cum pulcherrima cruce sibi per dictum defunctum dominum
Dueem, dum vivebat, data, prout superius arrestaiur. Ideo exoneratur hie
Robinetus de eodem.
[B, n" 174.]
(i) n Garni d'un fillet d'or » : Invent. B, n° 174.
Il6 SAPHIRS DES JOYAUX [fol. 58]
372. Item, Line grosse loupe (i) de saphir, gtirnie d'un tilet
d'or alentour, pendant a une chaienne d'or, qui fu de feu mon-
selgneur d'Estampes. Alnsl declaire en la derreniere partie du
Lxini'^ fueillet dudit livre.
Traditum fuit et redditum predictis executoribus, prout supra, per dictum
Robinetum. Ideo exoneratur hie.
[B, n" 58o. — S G, n° 596; prise xxii iiv. x s. t.]
373. Item, un saphir sur le roont d'un coste et plat de Tautre,
qui tient de la loupe, garni d'or, qui fu dudit feu monseigneur
d'Estampes.
[B, 11° 58 1. — S G, 11° 5g7; prise xxv Iiv. t.]
374. Item, une loupe de saphir longuet, garni d'un filet d'or,
pendant a deux petites chaiennetes d'or.
Ces II parties acolees [373-374] sont declairees es i" et 11° parties du
LxV fueillet dudit livre.
[B, n' 582. — S G, n° 929; prise xxx sous t.]
375. Item, VI tabletes de saphirs d'ancienne fa^on, de petite
valeur, assises en verges d'or d'ancienne fac^on, escriptes avec un
mauvaiz dyament, en la xin<= partie du iiii'^^ xv« fueillet. Pour ce
icy lesdiz vi saphirs.
[B, n" 881. — S G, n" 93o; prise vi Iiv. t.]
376. Item, un annel (2) d'ancienne fac;on, ou il a un gros
saphir de petite valeur. Ainsi declaire en la derreniere partie du
iHi^^ xv" fueillet dudit livre.
[B, n" 883. — S G, n° 931 ; prise iiii Iiv. t.]
377. Item, un gros saphir quarre en sa face, ouquel souloit
avoir une teste d'omme entaillee, qui fu de feu monseigneur de
Bourgoigne, et souloit estre en un collier d'or, declaire en la
ini<= partie du xxv^ fueillet dudit livre; lequel est appele le Grant
saphir de Bourgoigne.
Tradite fuerunt istc quinque partes acolatc [373-377] et reddite predictis
(i) Suivant le Dictionnaire dc Tvevoux, dont Littrc a reproduit la deti-
nition, ce tcrme se dit des pierres precieuses que la nature n'a pas achcvees
et qui sont demeurees imparfaites. Et le glossaire donne comme exemples :
loupes de saphirs, loupes de rubis et loupes d'emeraudes.
(2) (( D'or M Inv. B, n° 883.
SAPHIRS DES JOYAUX [fol. Sq] II-;
executoribus per dictum Robinetum, ut supra. Idco exoneratur hie dc
eisdem.
[S G, n» 1327; prise xV francs.]
SAPHIRS ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR.
378. Item, un annel d'or tout plain, ouquel a une loupe de
saphir roonde, de petite valeur, lequel Monseigneur achata a
Paris, ou mois d'avril Tan mil CCCC et II, de Jehan Rataillac,
marchant demouraiit en ladicte ville de Paris, la somme de
XV escus d'or.
Traditus fuit et redditus dictis executoribus per dictum Robinetum, prout
supra. Idee exoneratur hie de eodem.
[S G, n" 598; prise iiu liv. t.]
379. Item, un annel d'or ou il a une lozange de saphir et un
ours d'or dessus ledit saphir, avec deux esmeraudes aux deux
costez, lequel mondit Seigneur retint pour lui des parties que
Baude de Gui lui delivra pour les estraines du premier jour
de Janvier I'an mil CCCC et V, et cousta lxv fr.
K. — Datus fuit Gervasio Merlini per mandatum Domini super penultima
parte lxviii folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus
acquittatur hie de eodem annullo.
Ces deux parties acolees [378-379] sont ainsi declairces ou cLxiir fueillet
dudit livre.
380. Item, un saphir en triangle qui tient de la loupe, assis en
un annel d'or, lequel Monseigneur achata aux estraines, le
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII, pour le pris et
somme de xx escus d'or, et n'est point rendu en recepte es
comptes precedens.
Traditus fuit et redditus predictis executoribus per dictum Robinetum,
prout supra. Ideo acquittatur hie de eodem.
38 1. Item, un gros saphir taillie en maniere de cuvete, a plu-
seurs petites lozanges, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur
achata, le iii« jour de septembre I'an mil CCCC et VI, de Nicolas
Picace, Guillaume Sanguin, Michaut de Lalier et Jehan Sac,
marchans et bourgois de Paris, pour le pris et somme de
iiiic L escus, et estoit lors en guise d'un croissant.
Il8 SAPHIRS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 59 vo]
Dictus dominus Dux, per suas patentes littcras, datas xvir scptembris
mil CCCC XIIII, fatetur cepisse et recepisse a dicto Robineto diclum grossum
saphir et eundem tradidisse per modum pignoris et securitatis Bertholomeo
dc Francois, mercatori, pro summa iin" l scutorum auri; que quidem littere
redduntur hie una cum litteris recognicionis 'dicti Bertholomei, per quas
promittit dictum saphir, dum solutus fuerit de dictis iiii° i. scutis, reddere;
date dicte littere recognicionis xx" die dicti mcnsis scptembris. Idco acquit-
tatur hie idem Robinetus de eodem.
382. Item, un gros saphir sur couleur de voirre blanc, per-
tuise, pendant a un annelet d'or, lequel Monseigneur achata de
Pannier, marchant demourant a Paris.
Traditus fuit et redditus predictis executoribus per dictum Robinetum,ut
supra. Ideo exoneratur hie de eodem.
Ces deux parties acolees [38 1 -382] sont ainsi declarees es ir et viii° par-
ties du 11'= Lxxiii° fueillet dudit livre.
[S G, n" 599; prise iiii liv. t.]
SAPHn^.S DONNES A MONDIT SEIGNEUR.
383. Item, un gros saphir cabochon hors oeuvre que donna le
feu vidame de Laonnois (i), en son vivant grant maistre d'os-
tel du Roy; lequel a estd prins et ostd du freteletd'une grant sal-
licre d'une agathe garnie d'or, declairee en la premiere partie
du nn^^ vii'^ fueillet dudit livre, oh il avoit este mis, comme il
appert par une des corrections faicte sur ladicte partie. Pour ce
icy ledit saphir.
Redditus fuit et traditus per dictum Robinetum dictis executoribus, prout
supra.
384. Item, un saphir quarre assis en un annel d'or, que le
Roy donna a Monseigneur ou niois de Janvier Tan mil CCCC
et I.
K. — Datus fuit domino Bitluricensi archicpiscopo per mandatum super
ultima parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum, virtute cujus dictus Robi-
netus acquittutur hie dc codcni.
[B, n" .37.]
385. Item, un Y grec d'un saphir assis en un anncl d'or, qui
(i) Sur Jean de Montaigu, seigneur de Marcoussis, vidame de Laonnois,
voir la note de I'article 353.
SAPHIRS DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 6o] II9
fu donne a mondit Seigneur le xx^^ jour de mars I'an dessusdit
mil CCCC et I, par feu messire Jehan Dompme (i).
[S G, n" 600; prise vi liv. t.]
386. Item, uii saphir a lozangcs, a unc tranche dessus, assis
en un annel d'or, que messire Thibaut Portier (2) donna a es-
trainnes a Monseigneur le premier jour de Janvier Tan mil
CCCC et deux.
Ces trois parties acolecs [384-386] sont ainsi declairees es 11", in" et vi'
parties du 11° xvii' fueillct dudit livrc.
[S G, 11° 601 ; prise xxx liv. t.]
387. Item, un annel d'or, ouquel a un saphir et par dessus un
escuijon aux armes de Monseigneur, que le Roy de Sicile donna
a estrainnes a mondit Seigneur le premier Jour de Janvier Tan mil
CCCC et V. Ainsi declaire en la 11^ partie du n'-~ xvui"^ fueillet
dudit livre.
Tradite fuerunt iste iii partes acolate [385-387] ^^ reddite per dictum
Robinetum dictis executorihus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem
Robinetus de eisdem.
[S G, n° 602 ; prise xx liv. t.]
388. Item, un annel d'or oil il a un ours de saphir sur une
terrace d'esmeraude, lequel monseigneur le conte de Nevers (3)
donna a estrainnes a Monseigneur le premier jour de Janvier
ran mil CCCC et VII.
K. — Datus fuit Martino Raine per mandatum Domini super penultima
parte lxviii folii presentis compoti; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem annullo.
389. Item, un annel d'or, ouquel a un heaume et i escu de
(i) Jehan Dompme ou Dompne, chevalier, est nomme six fois dans Tin-
ventaire de 140 1, surtout comme ayant refu certains presents du Due. II est
encore charge de porter une coupe d'or au roi de Navarre.
(2) Thibaut Portier etait chambellan du due de Berry. On le voit, au
cornpte de I'hotel de 1399-1400 (Arch. Nat., KK, 264, fol. 25), charge de la
distribution des aumones du prince. Les officiers du due ne negligeaient
aucune occasion de lui faire leur cour en flattant son goiit pour les pierres
precieuses, les joyaux et les'objets singuliers ou rares.
(3) Le titre de comte de Nevers avait ete porte par Jean sans Peur jus-
qu'a la mort de son pere (1404). Devenu due de Bourgogne, il ceda son an-
cien titre a son frere cadet, Philippe, qui herita du comte de Nevers lors de
la mort de sa mere, Marguerite de Flandre. Philippe, comte de Nevers, pe-
ril a la bataille d'Azincourt.
1 2() SAPHIRS DONNICS A MONSF.IGNKHR [tol. 6o V°]
mesmcs, fait d'un saphir, aux amies de Monscigneur, un ours
d'esmeraude et un eigne de cassidoine blanc soustenant ledit
heaume; lequel t"u donne a Monseigneur, auxdictes estrainncs
mil CCCC et VII, par monscigneur de Bourbon, lors conte de
Clermont.
Tradiuis fuit dictis executoribus per dictum Robincluin, lit supra. Idco
acquittatur hie de eodem.
[S G, n" 6o3; prise xv liv. t.]
390. Item, un bien petit saphir fait a petites lozanges, assis en
un annel d'or point^onne, lequel messire Pierre de Navarre (1)
donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII.
K. — Dictus saphirus datus fuit Gervasio Merlini per mandatum super
penultima parte lxviii folii hujus compoti. Et ideo acquittatur hie dictus
Robinetus de eodem.
Ces III parties acolees [SSS-Bgo] sont ainsi declairees es vi", vir et derre-
niere partie du iii" xi" fueillet dudit livre.
391. Item, un gros saphir quarre, assis en un annel d'or a
jour, que monseigneur de Bourgoigne donna a mondit Seigneur
ou mois de may I'an mil CCCC et IX.
Dictus dominus Dux per suas pateutes litteras datas xix' maii MCCCCXVI,
hie redditas, fatetur recepisse a dicto Robineto dictum grossum saphir et
cumdem sua manu dedisse et tradidisse reverendo in Christo patri archie-
piseopo Bitturicensi, cancellario suo. Ideo exoneratur hie idem Robinetus
de eodem.
392. Item, deux gros saphirs cabochons que le Roy donna a
Monseigneur le xx« jour de juillet I'an mil CCCC et IX.
Isti duo grossi saphirs per predictos executores et Robinetum traditi fue-
runt domino nostro Regi, una cum pulcherrima cruce per eundem dominum
Ducem, dum vivebat, data, prout superius arrestatur. Et ideo idem Robine-
tus exoneratur hie de eisdcm.
3q3. Item, un annel d'or ou il a un saphir cabochon et un
petit ours blanc de camahieu, que monseigneur de Nevers donna
(i) Pierre de Navarre, comte de Mortain, ne a Evreux en i366, etait his
de Charles le Mauvais et de Jeanne de France. II avait epouse, en aoiit 141 1,
Catherine, hlle de Pierre II, comte d'Alencpon. Pierre de Navarre etant mort
au cours de Fexpedition dirigee centre la ville de Bourges, tut inhume aux
Chartreux. M. Tuetey, dans son Rccueil de Testaments envegistves au Par-
Icment de Paris, a public le testament de Pierre de Navarre (p. 543-547).
Voyez aussi les details donnes sur ses obseques dans le Clioix de pieces
inedites etc., recueilli par Douet d'Arcq (I, 353).
SAPHIRS DONNES A MONSEIGNEL'R [fol. 6 1 ] 121
a Monseigneur aux estrainncs, Ic premier jour de Janvier niil
CCCC et IX.
Dictus dominus Dux per suas patcntes litteras datas xvi> januarii
MCCCCXIIII, superius redditas, fatetur cepisse et a dicto Robineto habuisse
anullum infra declaratum, et ipsum dedisse Johanni de Rion, varleto ca-
mere suo. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem.
394. Item, un annel d'or ou il a un cscu d'un saphir a in fleurs
de lis d'or, endente de menuz balaisseaulx aux armes de Mon-
seigneur, que monseigneur de Jaligny (i), grant maistre d'ostel
du Roy, donna auxdictes estrainnes mil CCCC et IX.
• Ces nil parties acolees [391-394] sont ainsi declarecs on m'= xii' fucillet
dudit livrc.
[S G, 11° 604; prise x !iv. t.]
395. Item, un saphir longuet, cahochon d'un coste, assis en
une brochete d'or, lequel monseigneur le due de Bourbonnois
donna a Monseigneur aux estrainnes le premier jour de Janvier
I'an mil CCCC et XI. Ainsi declaire en la premiere partie du
III'-' Lx^ fueillet dudit livre.
Tradite fuerunt et reddite iste 11° partes acolate [394-395] dictis executo-
ribus per dictum Robinetum, prout supra; convertendum in dicta execu-
cione. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem.
[S G, n° 6o5; prise xx liv. t.]
396. Item, un gros saphir longuet, fait et taillie a pluseurs
lozanges, assis en un annel d'or, lequel saphir Monseigneur a
prins de la belle couronne de madame la Duchesse, et n'est point
es comptes precedens.
K. — Datus fuit summo pontifici per mandatum datum xv'" januarii anno
M° CCCC" XII°, hie traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie
de eodem.
ESMERAUDES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE.
397. Item, xLvii esmeraudes, que unes que autres, de pluseurs
sortes et diverses fa9ons, dont il en y a une grande sur le quarre,
(i) Guichard Dauphin II, seigneur de Jaligny, nommc grand-maitre de
I'hotel du Roi le 3i oetobre 1409, apres le supplice de Jean de Montaigu,
perit a la bataille d'Azincourt.
122 EMERAUDES HES JOYAUX [fol. 6 I V°]
XV autres, tant moiennes commc petiies, de pluseurs fa^ons, et
XXXI autres tres petites, de petite valeur; laquelle pierrerie est
issue des joyaulx qui s'ensuivent (i), c'est assavoir :
D'un ymaige d'or de Dieu le pere, declaire en la premiere par-
tie du x^ fueillet du livre dcsdiz comptes : xviii csmeraudes.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaird en la iii« par-
tie dudit fueillet : une esmeraude.
Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi= par-
tie du xve fueillet ensuivant : une esmeraude.
Item, d'une ceincture d'or, declairee en la ni« partie du in'-' et
i^ fueillet ensuivant : xxiiii petites esmeraudes plates bien tenues,
de petite valeur, dont il en y a pluseurs rompues.
Item, d'un fermail d'or en fa^on de couronne, declare en la
lui'^ partie du iii'-^ ii<^ fueillet ; ensemble trois esmeraudes.
Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere somme
de xLvii esmeraudes, que unes que autres, de pluseurs sortes.
Pour ce icy une grant esmeraude sur le quarre, xv autres, tant
moiennes comme petites, de pluseurs facons, et xxxi autres tres
petites, de petite valeur.
Rcddite fuerunt executoribus Parisius per dictum Robinetum. Et ideo ac-
quittatur hie de eisdem.
[S G, 11° 291 ; prise xxxii liv. t.]
398. Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame declaird en la
1111= partie du xiiii^ fueillet dudit livre une petite esmeraude en
fagon d'un livre ouvert, qui est a present assise en un annel d'or.
Pour ce, icy ladicte esmeraude.
K. — Data fuit domino Bitturicensi archiepiscopo per mandatum super
ultima parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Ro-
binetus acquittatur hie de eadcm.
399. Item, une grant esmeraude bien tenure, hors ceuvre, gla-
cee. Ainsi declaree en la vn^ partie du xxxni"^ fueillet dudit livre.
Reddita fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus. Et ideo acquit-
tatur hie dietus Robinetus de cadem.
[S G, n" 982; prise xii liv. t.]
(i) Voy- ci-dessus n" 367.
EMERAUDES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 62] 123
ESMERAUDES ACHATEES PAR MONSEIGNEUR.
400. Item, une esmeraude a lozanges, a une tranche dessus, en
un annel d'or, laquelle Monseigneur achata a Paris en son hos-
tel de Ncelle, le in'= jour d'avril Tan mil CCCC et deux, de feu
Nicolas Picace, avec autres parties declairces en la ii<= partie du
CLxv^ fueillet dudit livre, tout pour le pris et somme de v*^ escus
d'or.
Redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo ac-
quittatur hie ut supra.
[S G, n" 606; prise xv liv. t.]
401. Item, un annel d'or ou il a une mouche faicte d'esme-
raude (i), lequel Monseigneur achata en son chastel de Mehun
sur Yevre, le xin<^ jour de septemhre I'an mil CCCC et III, de
Jehan de Nymegue, orfevre, la somme de xx escus d'or. Ainsi
declaire en la iin= partie du clxv<; fueillet dudit livre.
K. — Datus fuit regi Anglic per mandatum super prima parte lxix folii
hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de
eodem.
402. Item, une esmeraude a une tranche dessus, assise en un
annel d'or, laquelle Monseigneur achata de Ponon le Large,
marchant demourant a Paris, pour le pris et somme de xx escus.
[S G, n" 607; prise vi liv. xv sous t.]
403. Item, une esmeraude plate sur facon de targe, assise en
un annel d'or, laquelle mondit Seigneur a achatee de Pannier,
marchant de pierrerie demourant a Paris.
Iste due partes [402-403] reddite fuerunt Parisius executoribus per dictum
Robinetum. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
[S G, n" 608; prise xx liv. t.]
404. Item, une petite esmeraude 'quarree, assise en un annel
d'or, laquelle Monseigneur achata de Baude de Guy, le premier
jour de may I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de
XX francs.
(i) Cf. I'inventaire B, n° 195.
124 EMERAUDES ACHETEES PAR MONSF.IGNEl"K [fol. 63]
Data fuit per dominum Duccm domino Guillclmo Lurin, militi, prout
constat per mandatum dicti Domini, datum vii» marcii anno M° CCCCXV».
Et ideo acquittatur hie dictus Robinelus. Et servict dictum mandatum infc-
rius de aliis partibus ibidem declaratis.
405. Item, une esmeraudecabochonne, assise en un annel d'or,
laquclle Monseigneur achata de Constantin de Nicolas, orfevre
demourant a Paris, ou mois d'aoust I'an mil CCCC et VI.
Reddita fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie idem Robinctus.
Ces nil parties aeolees [402-405] sont ainsi deelairees ou n'= lxxiih' fueil-
let dudit livre.
[S G, n° 1 304; non prise.]
406. Item, une esmeraude quarree, assise en un annel d'or,
laquelle mondit Seigneur achata, oudit mois d'aoust, de Gauvain
Trente, pour le pris et somme de nii^^ escus.
Datum fuit per dictum dominum Ducem uxori Burelli de Dompnomartino,
prout constat per litteras dicti Domini datas vii" die maii M'CCCCXV", supe-
rius redditas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
407. Item, une esnieraude quarree, assise en un annel d'or,
laquelle Monseigneur achata, aux estrainnes du premier jour de
Janvier I'an mil CCCC et six, de Jehan Sac, Guillemin Sanguin,
Nicolas Picace et Michaut de Lalier, pour le pris et somme de
c escus.
Reddita fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie idem Robinctus de eadem.
[S G, n° 609; prise xxx liv. t.]
408. Item, VI petites esmeraudes, restans du nombre de vn pe-
titesesmeraudesdepluseursfa»;ons, assises en anneaulx, lesquel-
les Monseigneur achata ensemble.
De istis vi parvis emeraudisredditum fuerat Parisius cxecutoribus per dic-
tum Robinetum V. Et sic acquittatur hie de dietis v emeraudis; debet unam.
[S G, n" 610; de cinq de six petites cmcraudes, prise xv liv. t.]
409. Item, une esmeraude quarree, assise en un annel d'or,
qui fu achatee de Sendre Billot.
Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus. Et ideo acquit-
tatur hie ut supra.
[S G, n° (3i I ; prise xv liv. t.]
410. Item, une croix d'esmeraude, assise en un annel d'or, que
Monseigneur achata de Hermant Rince xxx escus d'or.
EMERAUDES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [tol. 63 V°] 125
K. — Data fuit domino episcopo Carnotensi per mandatum super ultima
parte clxiui" folii presentis compoti redditum; virtute cujus dictus Robi-
netus acquittatur hie de eadem.
411. Item, une petite esmeraude quarree, assise en un annel
d'or tout plain a quatre crampons, appellee la Bonne esmeraude.
Ces VI parties acolees [406-411] sont ainsi declairees ou 11" lxxv" fueillet
dudit livre.
[S G, n° 612; prise xv liv. t.]
412. Item, une petite esmeraude quarrde, assise en un annel
d'or, que Monseigneur achata ja piei^a de Renequin de Harlen
X escus. Ainsi declairee en la derreniere partie du ii'^ lxxvi'= fueil-
let dudit livre.
Iste due partes [411-412] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus. Et idee ibidem acquittatur hie.
ESMERAUDES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR.
413. Item, une esmeraude en maniere de lozange, a une tran-
che dessus, assise en un annel d'or, que le Roy de Navarre
donna a Monseigneur a Paris, ou mois de may Tan mil CCCC
et nil. Ainsi declairee en la nv^ partie du ii'^ xix« fueillet dudit
livre.
Datum fuit per dominum Ducem domino Karolo de Lebret, constabulario
Francie, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas vii» die maii
MCCCCXV", superius redditas. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de
eadem.
414. Item, une esmeraude cabochonne, assise en un annel d'or,
que Raymon Christofle donna a Monseigneur ou moys de juing
mil CCCC et VI. Ainsi declairee en la premiere partie du iii'-'
xni'= fueillet dudit livre.
K. — Dicta smaragdis data fuit Johanni Pigrez per mandatum super ultima
parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus
acquittatur hie de eadem.
415. Item, un annel d'or, ou il a un ours d'esmeraude sur une
terrace de mesmes; ladicte esmeraude que Baude de Guy donna
a mondit Seigneur aux estrainnes mil CCCC et VII. Ainsi de-
clairee en la nii'^ partie dudit m^ xiii« fueillet.
126 EMERAUDES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 64]
K. — Datus fuit Paulo de Limbourc per mandatum super ultima parte
CLXiiii" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem.
416. Item, une petite esmeraude sur le quarr^, assise en un
annel d'or poin^onnd, qui fu donnee a mondit seigneur aus-
dictes estrainnes mil CCCC et VII. Ainsi declaird en la v« par-
tie dudit iii'^ xiii^ fueillet dudit livre.
Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquit-
tatur hie.
[S G, n" 1 170; prise xx sous t.]
417. Item, une esmeraude quarree, assise en maniere de lo-
zange en verge d'or plate, laquelle Madame la contesse d'Ar-
meignac donna a Monseigneur aux estrainnes le premier jour
de Janvier Tan mil CCCC et X.
K. — Data domino Bitturicensi archiepiscopo per mandatum super ultima
parte CLxnu" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus
acquittatur hie de eadem.
418. Item, une petite esmeraude, assise en un annel d'or, la-
quelle maistre Symon Allegret donna a Monseigneur aux es-
trainnes le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XI.
Redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo
acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra.
Ces H parties acolees [417-418] sont ainsi deelarees es penulti^me et
derrenier fueillet dudit livre.
[S G, n* 614; prise x liv. t.]
DYAMENS DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE.
419. Item, XXX dyaniens, que uns que autres, de pluseurs sor-
tes et diverses fa(;ons, dont il en y a dix poinctus de pluseurs
sortes, les uns faiz et les autres non faiz, et tons les autres,
qui sont en nombre xx, sont plus petis ; dont il en i a dix et vni
poinctus et deux plaz en fa^on de demies lozanges; laquelle
pierrerie est yssue des parties qui s'ensuivent (i), c'est assavoir :
D'un ymaige d'or de Dieu le perc, declaire en la premiere par-
(i) Voy. ci-dcssus les n"' 36-j et 397.
DIAMANTS DES JOYAUX [fol. 65] I 27
tie du x= fueillet du livre desdiz comptes : iiii petis dyamens
poinctus.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iii^ par-
tie dudit fueillet : viii dyamens.
Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp-
martin, declaird en la premiere partie du xn<= fueillet ensuivani :
nil dyamens non faiz.
Item, d'un autre portepaix d'or ou il a un crucefix, declaire en
la 11= partie du xvi« fueillet ensuivant : ni petis dyamens.
Item, d'unbarillet de cristal, declaire en la n'^ partie duLix^fueil-
let ensuivant : i dyament.
Item, d'une grant croix d'or et de pierrerie, declairde en la pre-
miere partie du cxxxi= fueillet ensuivant : iii dyamens.
Item, deux dyamens, dont ledit Robinet est chargie sur la par-
tie d'une croix d'or appellee la Croix an camahieii, declaires en
la derreniere partie du cxxxii^ fueillet ensuivant.
Item,trois petis dyamens hors oeuvre,qui sontde la muselliere
d'un ours, renduz en la iiii^ partie du in'-' lih'^ fueillet ensuivant.
Item, d'une ceincture d'or sur un tixude no\x[sic) (i), declairee
en la penultieme partie du ni^ et i« fueillet : deux petis dyamens
plaz.
Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere
somme de xxvii dyamens, que uns que autres, de pluseurs sortes
et diverses famous, pour ce icy : dix dyamens poinctus de plu-
seurs sortes, les uns faiz et les autres non faiz, xvni petis dya-
mens poinctus et deux autres petis dyamens en fa(;on de demies
lozanges.
De istis xxx dyamantis redduntur Parisius executorihus per dictum Robi-
netum xxviii. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem. Debet 11.
Isti duo dyamanti dati fuerunt per dominum Ducem Stephano de Monti-
gny, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas xxiiii die maii
MCCCC XV apud Dordanum, que littere posite sunt cum litteris hujus in-
ventarii. Et sit quittus hie idem Robinetus de eisdem.
[S G, n° 292; de vint huit dyamans restans de xxx dyamans..., prise
nil" X liv. t.]
(0 " Noir », dans I'lnventaire S G.
128 DIAMANTS DES JOYAUX [fol. 65 vo]
420. Item, un mauvaiz dyament, assis en unc verge d'or d'an-
cienne fa^on, qui est escript avec vi talletes de saphirs en la
xiii« partie du iiii^^ xv^ fueillet. Pour ce icy ledit dyament.
Ista pars reddita fiiit Parisius per dictum Robinctum executoribus. Et sic
acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
[S G, n° 293; prise xl sous t.]
DYAMENS ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR LE DUG
421. Item, un dyament a pluseurs poinctez, assis en un annel
d'or plat, lequel Monseigneur achata a Paris, ou mois de fevrier
I'an mil CCCC et un, de Hermant Rince, orfevre demourant a
Paris, pour le pris et somme de xxx escus d'or. Ainsi declare en
la YW^ partie du CLXvn« fueillet dudit livre.
K. — Datus fuit per dominum Paulo de Limbourc per mandatum suum
super n''^ parte c"" primi folii hujus compoti tradituin; virtute cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eodem.
422. Item, un dyament poinctu, non fait, lequel Monseigneur
achata, ou mois de juillet mil CCCC et III, d'un marchant ale-
ment appelle Agapt, la somme de vi^'' et v escus d'or. Ainsi de-
clare en la iii'-' partie du clxxi^ fueillet dudit livre.
Iste dyamant redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus,
et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
[S G, n° 6t5; prise xx liv. t.]
423. Item, un gros dyament poinctu, non fait, lequel Monsei-
gneur achata et paia comptans a Paris, le xxviii'= jour de juing
I'an mil CCCC et III I, de Fran^oys de Nerly, marchant demou-
rant a Paris, la somme de n^ escus d'or. Ainsi declare en la
x" partie du CLXxn'= fueillet dudit livre.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie idem Robinetus de eodem.
424. Item, un gros dyament poinctu, non fait, lequel Monsei-
gneur achata dudit Fran9ois de Nerly, le vni'= jour de novembre
I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de xh'^l escus. Ainsi
declare en la v^ partie du ii'^ Lxxvuf: fueillet dudit livre.
K. — Datus fuit per dominum Duccm duci d'Yorc per mandatum suum
DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 66 \°] I 2g
super primo articulo ii'^' pagine lii''' folii hujus compoti. Et ideo acquittatur
hie dictus Robinetus de eodem.
425. Item, un petit dyament poinctu, non fait, assis en un an-
nel d'or, que mondit Seigneur achata de Janus de Grimault, ou
mois d'avril Tan mil CCCC ct VIII apres Pasques.
K. — Datus fuit Johanni de Ryomo per mandatum super penultima parte
Lxviii folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem.
426. Item, un dyament poinctu, assis en un annel d'or, qui est
le plus petit de deux dyamens qui furent achatez ensemble du
frere Constantin de Nicolas, orfevre demourant a Paris, ou mois
de juing Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de n'^ frans
comptans.
Datus fuit Thevenino de Montigny, prout constat per litteras domini Du-
cis datas xix^ die februarii M CCCC XI 111°, hie redditas; et servient inferius
pro aliis partibus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
427. Item, un autre dyament poinctu, appelle le Dyament de
saint Loys, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur achata
de messire Jaques de la Riviere et du sire de Viezpont, le derrier
jour d'octobre Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de
111'= escus d'or.
Redditus et traditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et
sit quittus hie de eodem.
[B, n° 1 122. — SO, n° 616; prise iii'' xxxvii liv. x sous t.]
428. Item, une petite poincte de dyament en une petite verge
d'or, laquelle Monseigneur achata de Baude de Guy aux estrai-
nes. Fan mil CCCC et VIII, x escuz d'or.
Datus fuit per dominum Ducemmagistro Jaeobo Carite, per litteras domini
Ducis datas vu' die deeembris M CCCC XIIII", superius redditas. Et ideo
acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
Ces iiii parties acolees [425-428] sont ainsi declairees ou 11" lxxviii" fueillet
dudit livre.
429. Item, un gros dyament poinctu, lequel Monseigneur
achata de Julien Symon, marchant demourant a Paris, le xxni^
jour d'aoust, I'an mil CCCC et IX, pour le pris et somme de
vi'^ escus d'or.
Datus fuit domino Regi cum Riibeyo de Bourgoigne, prout constat per lit-
teras Regis datas xix' die junii M CCCC X\'I, supertus redditas. Et ideo dic-
tus Robinetus acquittatur hie de eodem.
l30 DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 6j]
43o. Item, uii dyament poinctu, non fait, assis en un annel
d'or, lequel Monseigneur achata de Thomas Sophie, dit RoUant,
marchant Jannevois, le xxvii^ jour d'aoust Tan mil CCCC et IX,
vi^x escus d'or.
Traditus ct redditus fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et
sic acquittatur hie, ut supra.
[S G, n" G17; prise xvi liv. t.]
43 I . Item, un grant dyament roont et plat, fait en fagon de mi-
rouer, pesant environ xxnii caraz, lequel Monseigneur achata, en
un fermail d'or, de Constantin de Nicolas, marchant de Florence
demourant a Paris, le xxix<= jour d'aoust Fan mil CCCC et IX,
pour le pris et somme de vi"" escus d'or.
K. — Datus fuit domino duci Acquitanie per mandatum super tercia parte
Lxx""' folii hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur
hie de eodem.
Ces parties acoliies [429-431] sent ainsi declairees ou ii'^ lxxix' fueillet du-
dit livre.
432. Item, un petit dyament en fa^on de mirouer, lequel Mon-
seigneur achata hors oeuvre de Baude de Guy, le xxiiii'^ jour de
juillet mil CCCC et IX, pour le pris et somme de xx frans.
Videatur. — Raye, car il est en un ours rendu en la seconde page du ni"^ lt
fueillet des comptes precedens (i).
433. Item, une teste d'ours faicte d'un gros dyament, laquelle
mondit Seigneur a eue de Baude de Guy. Ainsi declare en la
premiere partie du n'^ iiii^'^ fueillet dudit livre.
Istud capud ursi redditum fuit, de ordinacione et precepto dicti domini Du-
cis, Bertholomeo Sac, mercatori Jannensi, qui dictum capud ursi vendidit
dicto domino Duci, co quod de eodem nichil receperat a dicto domino
Duce, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas iin' aprilis
M CCCC XV ante Paschas, hie retentas, a tergo quarum certificatum est
per dictum Bertholomeum dictum capud recepisse a dicto Robineto de
Stampis. Et sic idem Robinetus acquittatur de eodem hie.
434. Item, un grant dyament plat en lozange, assis en un annel
d'or, que Monseigneur achata d'Octoblanc aux estraines, le
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et X, pour le pris et
somme de mil frans. Ainsi declaire en la vi« partie du hi*-' lii«
fueillet dudit livre.
(i) Get article est en effet bitTe sur le registre.
DIAMANTS DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 68] l3l
K. — Datus domino nostro papc per mandatum super v'* parte lxi folii
hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de
eodcm.
DYAMENS DONNES A MONDIT SEIGNEUR.
435. Item, un dyament poinctu, non fait, assis en un annel
d'or, lequel feu monseigneur de Bourgoigne laissa en son tes-
tament a Monseigneur avec le Ruby du cuer de France, cy des-
sus rendu ou chapitre des ruhiz ; pour ce icy seulement ledit
dyament. Ainsi declaire en la ii*^ partie du ii'^ xiiii^ fueillet dudit
livre.
[S G, n° 618; prise c liv. t.]
436. Item, un dyament poinctu non fait, assis en un annel
d'or esmaillie de noir, qui fu de la mere de monseigneur le Due,
et lui fu donne le xviii<= jour de decembre Tan mil CCCC et un
par feu messire Loys de Sancerre (i), en son vivant connestahle
de France. Ainsi declaire en la premiere partie du n'^ xx'= fueillet
dudit livre.
Iste due partes accolate [435-436] tradite et reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus. Et idee acquittatur hie idem Robinetus
de eisdem.
[S G, n° 6ig; prise xni liv. x sous t.]
437. Item,une petite poincte de dyament, non faicte, assise en
un annel d'or, que Baude de Guy donna a mondit Seigneur, a
Paris, le xxi^ jour de juing I'an mil CCCC et deux.
Ista parva puncta dyamantis data fuit per dominum Ducem Jacobo Ca-
rite per litteras domini Ducis datas vii'die decembris anno M° CCCC XIIII",
superius redditas. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie.
(i) Louis de Sancerre, chevalier, seigneur de. Charenton, de Beaumez,
de Conde et de Luzy, fils de Louis II, comte de Sancerre et de Beatrix de
Roucy (P. Anselme, VI, 2o5), fut un des plus vaillants compagnons d'armes
de Duguesclin. Marechal de France en i36g, il fut pourvu de la charge de
connetable le 26 juillet 1397, apres la mort du comte d'Eu. II mourut en
1403, et non en 1402 comme le disent la plupart des historiens. En effet,
son testament, signale par M. Tuetey et conserve aux Archives Nationales,
porte la date du 4 fevrier 1403 (1402 vieux style : de la, sans doute, I'er-
reur que nous relevons). Le corps de Louis de Sancerre fut enterre a
Saint-Denis.
I 32 DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fo!. 68 \"]
438. Item, un dyament non fait, a iiii poinctes, assis en un
annel d'or, que feu Nicolas Picace, marchant de Jannes, donna
a mondit Seigneur le xiii'= jour de fevrier Tan dessusdit mil
CCCC et deux.
K. — Datus fuit.per Dominum Mileto, vitrinario suo, per mandatum super
vi'" parte lxx"' folii presentis compoti redditum; virtute cujus dictus Robi-
netus acquittatur hie de eodem.
Ces n parties acolees [437-438] sont ainsi declarees es vi" et x" parties
du 11" xxi" fueillet dudit livre.
439. Item, un annel d'or, ouquel a deux dyamens poinctus, non
faiz, que le Roy donna a Monseigneur ou mois de Janvier Tan
mil CCCC et IIII. Ainsi declaire en la premiere partie du ii'^
xxiii= fueillet dudit livre.
K. — Datus fuitdomino nostro pape per mandatum super v"" parte lxi folii
hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Rohinetus acquittatur hie de
eodem.
440. Item, un gros dyament a lozanges, a une tranche dessus,
assis en un annel d'or, qui est Tun de trois gros dyamens d'un
fermail d'or en fa^on de couronne declaire en la penultieme
partie du iii'^ ii« fueillet du livre desdiz comptes precedens.
K. — Datus fuit Guillelmo Lurin, ut constat per mandatum Domini da-
tum VII' die octobris anno M° CCCC" XIII", serviens pro aliis partibus, hie
redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem dyament.
441. Item, un gros dyament poinctu, taillie a pluseurs lozan-
ges, que le chapitre de I'eglise de Chartres donna hors oeuvre a
mondit Seigneur; et est appelle le Dyament de Chartres. Ainsi
eclaire en la iii^^ partie du iii^ xiiii'= fueillet dudit livre.
Datus fuit per dictum dominum Ducem domino duci Guienne, prout
constat per mandatum dicti domini ducis Bitturicensis datum vii^ die de-
cembris M° CCCC XIIII", superius redditum. Et ideo acquittatur hie idem
Robinetus.
442. Item, un annel d'or, ouquel a deux dyamens taillez, I'un
en fa9on de E, et I'autre en fayon de V, que le Roy de Sicile
donna a Monseigneur aux estraines I'an mil CCCC et VII.
K. — Datus fuit domino duci Clarcncie per mandatum datum xxii*"* de-
cembris anno M" CCCC" XII% hie traditum; virtute cujus dictus Robinetus
acquittatur de eodem.
443. Item, un gros dyament poinctu, que la royne de Sicile
donna en un annel a Monseii^neur.
DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 69] I 33
Iste grossus dyament rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum execu-
toribus in lino monile auri,existente penes Johannem Tarenne, mercatorem
Parisiensem, prout constat per inventarium factum Parisius, extimato va-
lere vi"" fr. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
444. Item, deux petites poinctes de dyament, assises en une
verge d'or, que Guillaume Lurin donna a mondit Seigneur aux
estraines I'an mil CCCC ct VIII.
K. — Per mandatum Domini super 11''' parte ci folii hujus compoti tra-
ditum constat quod idem dominus Dux recepit a dicto Robineto dictas duas
cuspides cum virga, et de ipsis ordinavit pro libito sue voluntatis. Et ideo
acquittatur hie de eisdem idem Robinetus.
445. Item, un petit dyament en ta^on de lozange, assis en un
annel d'or, qui fu de feu messire Jehan de Montagu, et, aprcs
son trespassement, Monseigneur Teut de Tevesque de Paris,
frere dudit deffunct, par don du Roy nostre sire. Ainsi declaire
en la vn= partie du uF xvn<= fueillet dudit livre.
K. — Datus fuit per Dominum Johanni Carite, ejus capellano, per man-
datum suum super ii"*' parte xmii'' folii hujus compoti traditum ; virtute
cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
446. Item, une poincte de dyament, assise en une verge d'or
plate, non brunie, que Guillaume Lurin donna a mondit Sei-
gneur aux estraines I'an mil CCCC et IX. Ainsi declaire en
la 1111= partie du ni'^ xvni'^ fueillet dudit livre.
K. — Data fuit magistro Johanni Flamel per mandatum super prima
parte lxix folii hujus compoti traditum ; virtute cujus dictus Robinetus
acquittatur hie de eadem.
447. Item, un gros dyament en facon d'un cueur, assis en un
annel d'or, que nostre saint pere le pape Jehan XXI I L' (i) en-
voiaen don a Monseigneur, ou mois de novembre I'an mil CCCC
et X, par I'evesque d'Alby.
K. — Datus fuit per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi, [utj
constat per mandatum suum super primo articulo ii"*- pagine lh"*' folii
hujus compoti traditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
448. Item, un dyament taillie en maniere d'une croix, assis en
(i) Jean XXIII, elu pape en 1410, apres la mort d'Alexandre V, abdiqua en
141 5. (Voy. ci-apres les articles 83o et iiSg.) L'cveque d'Albi en 1410 etait
Pierre III Neveu, qui vecut jusqu'en 1434. II avait remplace, le 5 septembre
1410, Dominique de Florence qui occupa le siege d'Albi de iBgy a 1409.
I 34 DIAMANTS DONNlis A MONSEIGNEUR [fol. 69 vo]
un annel d'or, lequel monseigneur de Lebret (i j, connestable de
France, donna a mondit Seigneur aux estrainnes Tan mil CCCC
etX.
K. — Datus fuit per Dominum domino Guillclmo dc Lode per mandatum
suum super prima parte lxix folii hujus compoti traditum; virtutc cujus
dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
449. Item, un gros dyament poinctu, assis en un annel d'or,
lequel Jehan de la Barre (2), receveur general de toutes finances
en Languedoc et Guienne, donna a mondit Seigneur auxdictes
estraines mil CCCC et X.
Datus fuit domino Regi, prout constat per litteras dicti domini Regis da-
tas XIX' die junii M CCCC XVI, superius redditas. Et ideo acquittatur hie
dictus Robinetus de codem.
Ces HI parties acolees [447-449] sont ainsi declairecs ou 111= lxi' fueillet
dudit livre.
450. Item, un dyament poinctu, assis en un annel d'or, que
Baude de Guy donna a mondit Seigneur ausdictes estraines
mil CCCC et X.
K. — Datus fuit per dominum Ducem Jacobo de Liliers per mandatum
suum super penultima parte lxvui folii hujus compoti traditum. Et ideo
acquitatur hie dictus Robinetus de eodem.
451. Item, un autre dyament poinctu, assis en un annel d'or,
que Robinet d'Estampes donna a mondit Seigneur ausdictes
estraines mil CCCC et X.
Datus fuit per dominum Ducem magistro Guillelmo de Champeaux, prout
constat per litteras dicti Domini datas vn'' maii M CCCC XV, superius red-
ditas. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
Ces deux parties acolees [450-451] sont ainsi dcclairees es penulticme et
derniere parties du lu'' lxiT fueillet dudit livre.
(i) Charles, sire d'Albret, ne en 1369, etait his d'Arnaud Amadieu, comte
d'Albret, et de Marguerite de Bourbon. Nomme connetable en 1403, apres la
mort de Louis de Sancerre, il fut remplace en 141 1, comme rebelle, par le
comte de Saint-Pol, puis retabli dans sa charge apres la mort de celui-ci, le
i3 juillet 1413. II perit a la bataille d'Azincourt. En vertu de lettres du
25 aout 141 1, il recevait du due de Berry 5oo livres tournois, « par chacun
mois qu'il a vacque et vacquera en ses conseilz et qu'il a este et sera en sa
compaignic ». {Comptes de la Trcsorerie du due de Berry pour 141 3-14,
Arch. Nat., KK 25o, fol. i5.)
(•i) Sur Jean de la Barre, voycz Douiit d'Arcq, Choix dc pieces inedites
sur le regne de Charles VI, t. I, p. 340.
DIAMANTS nONNES A MONSEIGNEUR [fol. Jo] i35
452. Item, ung dyament fait en maniere d'une fleur de lis,
assis en un annel d'or, que monseigneur de Guienne donna
a Monseigneur ou mois d'aoust Tan mil CCCC et X.
K. — Datus fuit domino duci Acquitanic per mandatum datum xxvii> julii
anno M CCCC" XII", hie traditum; virtutc cujus dictus Rohinetus acquitta-
tur hie dc eodem.
453. Item, ung gros diament roont et plat, assis en un annel
d'or esmaille, que mondit seigneur de Guienne donna a Mon-
seigneur ou mois de juillet Tan mil CCCC et XII.
Datus fuit per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi, ut constat
per litteras dicti Domini datas vn° die dcccmbris M CCCC XIIII, hie rctentas.
Et sit quittus dictus Robinetus de eodem.
454. Item, un diament plat a lozanges, assis en un annel d'or,
que le Roy donna a Monseigneur aux estrainnes I'an mil CCCC
etXII.
K. — Datus fuit Ludovico de Prate, scutiffero domini nostri pape, per
mandatum super ii"*' parte ci folii hujus compoti redditum. Et ideo quittus
hie dictus Robinetus de eodem.
455. Item, ung autre diament poinctu, assis en un annel d'or,
que la Royne donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes.
K. — Datus fuit uxori magistri Petri Ferronis per mandatum datum xv'"
die januarii anno M° CCCC" XII", hie redditum; virtute cujus dictus Robi-
netus acquittatur hie de eodem.
456. Item, ung autre diament poinctu, fait a Paris, assis en
ung annel d'or, que madame de Guienne (i) donna a mondit
Seigneur ausdictes estrainnes.
Datus fuit per dictum mandatum uxori magistri Karoli Cudoe (2). Et quit-
tus hie dictus Robinetus de ipso.
457. Item, un diament fait en lozange, assis en un annel d'or,
que monseigneur de Nevers donna a Monseigneur ausdictes
estrainnes.
(i) Marguerite de Bourgogne, filie de Jean sans Peur, avait epouse Louis,
due de Guyenne. Le due de Guyenne etantmort le 18 deeembre 1415, Mar-
guerite se remaria en grande pompe,a Dijon (1422), avec Artus de Bretagne,
comte de Richemont. Eile mourut en 1442. (Voy. ci-dessous art. 1 182).
(2) Charles Culdoe fut nomme prevot des marchands, au lieu de Jean Jouve-
nel des Ursins,en 1404, et remplace par Pierre Geneien le 20 Janvier 141 1.
Voyez surce personnage et sur Jacqueline Quipie, sa femme, Tuetcy, Jo/o--
nal d'lin bourgeois dc Paris, p. 4.
I 36 DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. Jo]
K. — Datus fuit per dictum mandatum Paulo de Limbourc. Etquittus hie
dictus Robinetus de eodem.
458. Item, Lin autre diament, taille d'un E et d'un V, assis en
ung annel d'or, que Jehan de la Barre donna a Monseigneur
ausdictes estrainnes.
K. — Datus fuit filie magistri Radulphi de Presles per mandatum super
pcnultima parte hujus compoti traditum, videlicet folii lxviii. Et ideo ac-
quittatur hie de eodem dictus Robinetus.
459. Item, ung dyament fait en maniere d'une roche, assis en
un annel d'or, que monseigneur de Bavierc (i) donna a Monsei-
gneur ausdictes estrainnes.
K. — Datus fuit domino episcopo Carnotensi per mandatum super prima
parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eodem.
460. Item, ung autre diament poinctu, assis en un annel d'or
esmaillie, que ledit Robinet d'Estampes donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes.
K. — Datus fuit Gervasio Martini, barbitonsori Domini, per mandatum
super vi^' parte hujus pagine redditum; virtute cujus dictus Robinetus ac-
quittatur hie de eodem.
461 . Item, un autre dyament fait a lozanges, assis en un annel
d'or, que madame de Charroloys (2) donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes.
K. — Datus fuit uxori magistri Renerii de Bollegny per dictum mandatum
de quo in arresto predieto fit mencio; virtute cujus acquittatur, ut supra.
Partes aeolate [452-461] non inveniuntur poni in eompotis precedentibus)
et ideo de novo hie.
PERLES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
462. Item, treize cens et une perles, que unes que autres, de
(i) Louis III de Baviere, dit le Barbu, frere de la reine Isabeau, epousa
en premieres noces Anne de Bourbon, veuve de Jean de Berry, due de Mont-
pensier,morte vers 1406, puis, en seeondes noces, Catherine d'Alen^on, veuve
de Pierre de Navarre. II re^ut, a I'oceasion de ce second mariage, le eomte
de Mortain (4 mars 141 3). Yoy.Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris p. 28.
(2) Michelle, fille de Charles VI, nee le 11 Janvier i3g4, epousa, en 1409,
Philippe, comte de Charolais, fils aine de Jean-Sans-Peur, qui devint due de
Bourgogne en 1419. Elle mourut en 1422, a Gand, sans laisser d'enfants et
fut enterree au monasterc dc Saini-Bavon.
PERLES DES JOYAUX ET VAISSELLE [fol. 70 vo] I 3"
pluseurs sortes, dont il en y a iiii"-' xxvii grosses, v^ xxxvii de
compte et iii'^ xxxvii petites; lesquelles pedes sont issues des
joyaulx et vaisselle qui s'ensuivent, c'est assavoir (i) :
D'un ymaige d'or de Dieu le Pere, declaire en la premiere partie
du x= fueillet du livre des comptes precedens : vi'^^ xiii perles.
Item, d'un ymaige de Nostre Dame, declaire en la iii<= partie
dudit fueillet : lxxiii perles.
Item, d'un portepaix d'or, qui fu de feu Symonnet de Damp-
martin, declaire en la premiere partie du xiF fueillet ensuivant :
Lxnii perles.
Item, d'un joyau d'or du Baptisement Nostre Seigneur, de-
claire en la in« partie du xiiii'^ fueillet ensuivant : lxxv perles.
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iin^ par-
tie dudit xiHi^ fueillet : xli perles.
Item, d'un ymaige d'orde saint Jehan Euvangeliste, declaire en
la ve partie dudit fueillet : xii perles.
Item, des -ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint
Pierre, declairez es premiere, ii"^ et ]n<^ parties du xv^ fueillet
ensuivant : lxiii perles.
Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi^ par-
tie dudit xv: fueillet : iiii perles.
Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la
premiere partie du xvf fueillet ensuivant : in perles.
Item, d'un portepaix d'or declaire en la ii^ partie dudit fueillet :
VII perles.
Item, d'un ymaige d'or de saint Loys, declaire en la premiere
partie du xvii'^ fueillet ensuivant : xxi perles.
Item, des pie et couvercle d'or pour un voirre, declaire en la
premiere partie du xli^ fueillet ensuivant : xx perles.
Item, d'un hannap de cristal, declaire en la premiere partie du
Liiii^ fueillet ensuivant : iiii perles.
Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la ii^ partie du
Lix<= fueillet ensuivant : viii perles.
(i) Voy. ci-dessus Ics n"' 367, 397 61419.
I 38 PERLES DES JOYAL'X ET VAISSELLE [fol. 71]
Item, d'un grant saphir, declaire en la xi<= partie du lxiiii<^ fueil-
let ensuivant : if perles.
Item, d'un petit portepaix d'or, ou il a une croix ou milieu, de-
claire en la v^ partie du lxxii<= fueillet ensuivant : xii perles.
Item, d'une petite saliere d'or, declairee en la ii^ partie du iiii^'^
vii'= fueillet ensuivant : iiii perles.
Item, d'un hannap de jaspre couvert, declaire en la derreniere
partie du c<= fueillet : iiii perles.
Item, d'uns grans tableaux d'or bien pesans, esmaillez par de-
dens tres richement, declairez en la iii= partie du cxxxini= fueil-
let ensuivant : xii perles.
Item, d'un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire
en la ii<= partie du clxii"^ fueillet ensuivant : xii perles.
Item, d'un grant goubelet d'agathe, a deux ances de mesmes,
declaire en la derreniere partie du ciiiP'^ iii^ fueillet ensuivant :
iiii'*^'' perles.
Item, d'un tableau d'or que donna le Royne [sic], declaire en
la ii"-* partie du ciiii^^ x^ fueillet ensuivant : vi perles.
Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en
la premiere partie du ciiii^^ xiiii"^ fueillet ensuivant : vii perles.
Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, declaire en la ii^ par-
tie du cini'^^ xv^ fueillet ensuivant : xxxii perles.
Item, d'une saliere d'agathe, garnie d'or, declaire en la iii= par-
tie du 11'^ xxvii"^ fueillet ensuivant : ii perles.
Item, de deux grans flascons d'or, declairez en la premiere
partie du ii'^ xxxi'= fueillet ensuivant : une perle que Jehanin
Chcnu devoit.
Item, d'un hannap de jaspre, garni d'or, declaire en la iiii^ par-
tie dudit 11'= xxxi'= fueillet : in perles.
Item, d'un goubelet de cristal, declaire en la premiere partie
du 11'= XXXII* fiieillet ensuivant : vi perles.
Item, d'un voirre de cristal, garni d'or, declaire en la iii« partie
dudit fueillet : vi perles.
Item, d'un grant pot de cristal, declaire en la ii^ partie du ii'^
iin^'> iiii<^ tueillet ensuivant ; i.v perles.
PERLES DES JOYAUX ET VAISSELLE [fol. 7 I V°J I Sq
Item, d'un grant goubelet de cristal, declaire en la ve partie
dudit fueillet : lxx perles.
Item, d'uns petis tableaux d'or quarrez, declairez en la penul-
time partie du ii'^ iiii''^ xiii'= fueillet ensuivant : lxxii perles.
Item, d'uns grans tableaux d'or en facon d'unes Heures, de-
clairez en la ^1*= partie du ii'^ ini^^ xvi= fueillet ensuivant : ii^
XLini perles.
Item, d'un vmaige d'or de saint Andre appostre, declaire en la
premiere partie du ii'-^ ini'^^ xvni'= fueillet ensuivant : xx perles.
Item, d'un petis chandelliers d'or, declairez en la derreniere
partie du ii^" iiii^'' xix= fueillet ensuivant : vi perles.
Item, d'une ceincture d'or sur un tixu vert, declaire en la
iii« partie du ni<^ i<= fueillet ensuivant : nii perles.
Item, de xii chastons ou culez d'or, declairez en la ni« partie
du iii'-^ H^ fueillet ensuivant : xxv perles.
Item, d'une nef d'or assise sur ini tigres, declairee en la der-
reniere partie du iii'= Lnii<^ fueillet ensuivant : lxxv perles.
Item, d'un hannap d'or convert, declaire en la in'= partie du
iii^ LV^ fueillet ensuivant : xiii perles.
Lesquelles parties montent a ladicte premiere somme de xni^
et I perles. Pour ce icy: cccc xxvii grosses perles, v"= xxxvn perles
de compte et trois cens xxxvn petites perles.
K. — De numero dictarum iin" xxvii perlarum grossarum dominus Dux
habuit a dicto Rohineto cl, quas poni fecit in quodam magno tabulo, de
quo in arresto scripto super ultima parte liii"' folii hujus compoti habetur
menlio. Et de ipsis cl periis acquittatur hie dictus Robinetus virtute man-
dati super dicta ultima parte liii"' folii dicti presentis compoti traditi.
Residuum dictarum xiii" et i pessularum,quod est xi'=li pessularum, red-
ditur Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur hie
idem Robinetus de eisdem.
[S G, n" 294 : pour unze cens cinquante une perles... restans de xni'' i per-
les... viii" XXX liv. II sous XI den. t.]
463. Item, un gros nacle de perle, ainsi declaire en la x= partie
du xxxini« fueillet dudit livre.
Redditur Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquitta-
tur hie dictus Robinetus
[S G, n° 295; prise v sous t.]
404. Item, un tilet oil il a entilees l perles, grosses et menues.
140 PERLES DES JOYAl'X ET VAISSELLE [fol. 72 vo]
[B, n" 890. — S G, n" 296; prise vii liv. t.]
465. Item, un noet ou il a xxxix menues perles.
Ces deux parlies acolees [464-463] sont ainsi declairees ou im" xvi" fueil-
let dudit livre.
[B, n" 891. — S G, n° 297; prise xxx sous t.]
466. Item, XXI perles brutes, hors oeuvre, que Renequin de
Harlen rendi a Monseigneur de reste de la pierrerie qui lui avoit
este baillee pour mectre en un grant joyau d'or qu'il fist pour
mondit Seigneur, declaire es n<^ lvii^, ii'= Lviiie et ii^ lix<= fueillez
du livre desdiz comptes precedens. Ainsi declairees en la premiere
partie du ii'-' iiii^" i<= fueillet dudit livre.
Iste tres partes accolate [464-466] tradite et reddite fuerunt Parisius exe-
cutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur hie de eisdeni.
[S G, n" 298; prise x liv. t.]
467. Item, cent seize grosses perles qui sont d'une grant croix
d'or et de pierrerie apellee la Croix an camahieii, declaree en la
derreniere partie du vi'^'^xii^ fueillet dudit livre. Pour ce icy les-
dictes cxvi grosses perles.
De istis cxvi grossis perlis redduntur Parisius per dictum Robinetum exc-
cutoribus 11. Et residuum, quod est cxiiii, traditum fuit Regi in pulcherrima
cruce^ quam habuit de dicto domino duce Bitturicensi, ut constat per litte-
ras dicti domini Regis, datas xix^ die junii M CCCC XVI°, superius redditas.
Et ideo dictus Robinetus acquittatur de eisdem hie.
[S G, n" 742 ; de deux perles de reste des cxvi perles de ladicte Croix an
camahieii, xxvi liv. t.]
PERLES ACHATEES PAR MONSEIGNEUR
468. Item, deux grosses perles en fa^on de poires, pesant Tune
xxxvii caraz ou environ, et I'autre xxvi caraz,lesquelles Monsei-
gneur achata de Barthelemi Sac, le xix^ jour de juillet M CCCC
et IX, les deus ensemble pour le pris et somme de deux mil escus
d'or. Ainsi declairees en la iii« partie du ii'^ iiii'^'^ i= fueillet dudit
livre.
Iste w grosse pessule tradite et reddite fuerunt Parisius executoribus per
dictum Robinetum. Et ideo quittus hie de eisdem.
PERLES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. -jl vo] I4I
PERLES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR
469. Item, une grosse perle tine et roonde, que le roy de Na-
varre donna a Monseigneur le xxviii'= jour d'octohre Tan mil
CCCCetVIII.
K. — Data fuit domino duci Acquitanie per mandatum domini Ducis tra-
ditum super prime articulo ii"*' pagine lii''' folii hujus compoti. Et ideo ac-
quittatur hie dictus Robinetus de ipsa.
470. Item, une autre grosse perle tine et longuete, en facon de
poire, que ledit roy de Navarre donna a mondit Seigneur ou
mois de Janvier ensuivant oudit an mil CCCC et VIII.
Dicta pessula tradita et reddita fuit Parisius executoribus per dictum Ro-
binetum. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
Ces II parties acolees [469-470] soot ainsi declairees es iir et iiii" parties
du 111"= xx" fueillet dudit livre.
SEAULX ET SIGNEZ
471 . Item, un signet d'or ou est entaillee une teste d'entfant, et
pend ledit signet a une chaiennete d'or.
Datum fuit per dominum Ducem domine ducisse Borbonii,ut constat per
litteras dicti domini Ducis vii* die marcii M CCCC XV, superius redditas.
Et sit quittus hie dictus Robinetus de eodem.
[B, n" I 52.]
472. Item, un signet d'or ou est le visaige de Monseigneur con-
trefait au vif (i).
Dictum signetum redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
[B, n" 154. — S G, n" 620; prise xiii liv. t.]
473. Item, un annel d'or ou il a un signet d'un ruby, a un ours
grave dedens.
Iste anulus datus fuit Johanni Barre per dominum Ducem, ut constat per
(i) De ce portrait du due de Berry, grave sur metal, il faut rapprocher
les portraits en camahieu, decrits sous les n"" 606 et 611.
142 SCEAUX ET SIGNETS [fol. 74]
mandatum dicti Domini, datum vii' die marcii M GCCC XV, superius reddi-
tum. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
Ces III parties acolees [471-47?] sont ainsi declarees ou xxvii" fueillet dudit
livre.
474. Item, un seel d'or ou il a un saphir grave a iii flours de
lis et un D. V. X., et dessus un petit lyon. Ainsi declaire en la
viii^ partie du lxiii^ fueillet dudit livrc.
Dictum sigillum rcmansit penes magistrum Petrum de Gines, secretarium
dicti domini Ducis, in custodia, prout certiticatum fuit nobis commissariis
per litteras suas clausas, cum litterishujus inventarii positis. Et sic exonera-
tur de eodem idem Robinetus. Respondeat dictus de Gines de eodem.
[B, n" 557.]
475. Item, un signet d'or ouquel a un saphir taillie d'un ours,
que mondit Seigneur a fait faire; lequel saphir est du nombre de
XX saphirs declairez en la xii'= partie du xxxii= fueillet du livre
desdiz comptes, et est rendu en la derreniere partie du clxhi*
fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit signet.
Datum fuit per dominum Ducem domino Guillelmo Lurin, prout constat
per mandatum dicti Domini datum vii" die marcii M GCCC XV, superius
redditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
476. Item, un seel d'or ouquel a un saphir taillie d'un due (i),
que le Roy donna a Monseigneur ou mois de septemhre I'an mil
GCCC et IIII. Ainsi declaire en la penultieme partie du ii'^ xvii^
fueillet dudit livre.
[S G, n° G2 I ; prise lvii liv. x sous t.]
477. Item, un annel d'or ou il a une esmeraude quarree, taillde
d'une teste de Royne, que Monseigneur achata. Ainsi declaire
en I'antepenultieme partie du n^ lxxv*^ fueillet dudit livre.
[S G, n° 622; prise lvi liv. v sous t.]
478. Item, un annel d'or oij il a un ruby taillie d'une teste
couronnee a la semblance d'un roy, que feu messire Jehan de
Montagu, en son vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a
mondit Seigneur. Ainsi declaire en la premiere partie du iii'^ ix«
fueillet dudit livre.
[S G, n° 623; prise viu" viii liv. xv sous t.]
(1) Sans doute I'oiseau qui porte ce nom. Ce pourrait bien etre une sorte
de rebus inspire par le due de Berry. Cf. Ic dvx de I'article 474.
SCEAUX ET SIGNETS [fol. 74 \°] 148
479. Item, un annel d'or ou il a une grant corneline noire,
gravee d'une teste d'omme. Ainsi declaire en la ix^ partie du
iic iiiixx ue fueillet dudit livre.
[S G, n° G24; prise xx liv. t.]
ANNEAULX, PIERRES ET AUTRES CHOSES DE PLUSEURS MANIERES DES
INVENTOIRES, ET JOYAULX DESPECEZ, TANT EN (EUVRE, HORS (EUVRE,
COMME AUTREMENT.
480. Item, I cristal roont et plat, qui est d'un ymaige d'or de
Dieu le Pere, declaire en la premiere partie du x<= fueillet du livre
desdiz comptes precedens. Pour ce icy ledit cristal.
[S G, n° 933; prise xv sous t.]
481 . Item, un camahieu plat, longuet sur le roont, en fagon de
fons de cuve, ou il a un petit ymaige nu sur un pillier en maniere
d'un ydole et trois autres ymaiges; lequel camahieu est d'un por-
tepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Dampmartin, declaire en
la premiere partie du xir fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit ca-
mahieu.
[S G, n° 934; prise c sous t.]
482. Item, un cristal plat et quarre sur le longuet, qui est d'un
joyau du Baptisement Nostre Seigneur, declaire en la ni= partie
du xini^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit cristal.
Iste tres partes accolate [480-482], cum aliis tribus partibus in alia pagina
immediate sequentibus, reddite fuerunt Parisius executoribus domini Ducis
per dictum Robinetum. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
[S G, n" 934; prise v sous t.]
483. Item, un petit cristal plat et quarre, qui est du Joyau d'un
ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire en la premiere
partie du xv^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit cristal.
Nulla fit mencio de dicto cristallo in articulo dicti jocalis.Tamen magister
Michael Maillard, clericus dictorum jocalium, asseruit ipsum cristallum
fuisse et venisse de eodem jocali.
. [S G, n° 93G; prise v sous t.]
484. Item, un cristal creux qui est d'une saliere declairee en
144 ANNEAUX ET PIERRES DES INVENTAIRES [fol. jS vo]
la Vine partie du xviii*^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit
cristal.
[S G, n" gSy; prise xx sous t.]
485. Item, un annel d'or ou il a une teste d'argent en la sem-
blance du roy Jehan (1).
Redditc fucrunt ut supra [483-485.]
[B, n" 140. — S G, n° 299; prise xxx sous t.]
486. Item, un annel d'or oil il a un saphir citrin (2) a vni costes.
K. — Datus fuit cardinali Barrensi (3) per mandatum super ultima parte
CLXiin" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem.
[B, ir 141.]
487. Item, une pierre eschaquetee de pluseurs couleurs, assise
en un annel d'or a jour.
[B, n" 143. — S G, n° 626; prise xi liv. v sous t.]
488. Item, une crapaudine (4) assise en un annel d'or.
[B, n° 146, — S G, n° 626; prise uii liv. t.]
489. Item, un annel d'or ou il a une pierre noire en laquelle
a lettres entaillees.
Iste tres partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori-
bus. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
Ces V parties acolees [485-489] sont ainsi declairees ou xxvi" fueillet du-
dit livre.
[B, n° 147. — S G, n" 627; prise lx sous t.]
490. Item, un saphir citrin sur couleur de perido (5), assis en
(i) Portrait grave en creux comme celui du due de Berry du n° 472.
(2) « Strin » Invent. B, n° 141. Saphir citrin, par corruption saphistrin.
Voy. Glossaire des emaiix, p. 492, au mot Saphistrin. C'est probablement
une topaze d'espece particuliere.
(3) Louis de Bar, issu d'une famille tixee a Bourges en 1270 et qui dut en
grande partie son elevation a la protection du due Jean, etait eveque de
Verdun. II fut nomme cardinal par le pape Benoit XIII et mourut en juillet
1430 a Verdun, ou il fut enterre.
(4) Encore une pierre qui, comme les langues de serpent, revelait la pre-
sence du poison dans les mets ou les boissons. On I'appelait ainsi parce
qu'on croyait qu'elle se trouvait dans la tete des crapauds. M. de Laborde
dit que ce terme a ete quelquefois applique a des fossiles; mais ici, il est
bien pris dans le sens de pierre precieuse.
(5) Le peridot ou peridon, d'apres le Glossaire des emaiix et Littre, est une
pierre tine, d'un vert jaunatre, moins dure que le cristal, mais rayant le
verre.
ANNEAUX, PIKRRES, ETC., BES INVENTAIRES [fol. ^6] 145
uii annel d'or, et souloit estre hors oeuvre. Aiiisi declaire en la
derreniere partie dudit xxvi"^ fueillet.
K. — Datus fuit episcopo de Sarlat (i) per mandatum domini Ducis datum
xxviii' die januarii anno M" CCCC" X1II% hie reddiium ; virtutc cujus acquit-
tatur hie de eodem dictus Robinetus.
[B, n» 149.]
491. Item, deux gros yeulx de chat (2), hors oeuvre. Ainsi de-
claire en la premiere partie du xxvn^ fueillet dudit livre.
[B, n° i5o. — S G, n" 629; prise xx sous t.]
492. Item, un camahieu d'une teste d'enffant.
[B, n° 170. — S G, n° i3o5; non prise.]
493. Item, un saphir citrin cabochon en une broche d'or.
Ces II parties acolees [492-493] sont ainsi declarees es 1111° et derreniere
partie du xxviii" fueillet dudit livre.
[B, n° 175. — S G, n° 63o; prise xiii liv. x sous t.]
494. Item, une petite verge d'or qui fu de feu madame la Du-
chesse.
[S G, n° i3o6; non prisee.]
495. Item, une autre verge d'or roonde, qui est du nombre de
iiii verges d'or roondes toutes plainnes qui servoient a tenir les
anneaulx de Monseigneur.
Iste quinque partes accolate [491-495] reddite fuerunt Parisius per dictum
Robineium executoribus. Et sic de eisdem acquittatur hie.
[S G, n" 628; prise vi sous iii den. t.]
496. Item, une grosse pierre sur le vert qui est contre venin,
hors oeuvre.
Ista petra reperta fuit postmodum multum modica et de parvo valore, et
ideo non fuit prisata, et data fuit pluribus servitoribus dicti Domini. Et ideo
acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n° 201.]
497. Item, une pierre longuete roonde, que Ten dit qu'elle
garde d'avoir soif (3).
Postmodum reperta fuit et est nuliius valoris.
[B, n" 204.]
(i) En 141 3, I'eveqiie de Sarlat est Jean Arnaud (1410-6 mai 1416).
(2) L'ceil de chat est une agate orientale chatoyante, qui a deux ou trois
cercles de differentes couleurs transparentes, ordinairement rouges, jaunes
et vertes.
(3) On sait que les voyageurs mettent encore une pierre dans leur bouche,
pendant les grandes chaleurs, pour combattre la secheresse de la langue.
146 ANKEAUX, PIERRES, etc., DES INVENTAIRES [fol. j6]
498. Item, un camahieu blanc, ou il a une teste d'enffant, hors
oeuvre.
Traditus et redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo acquittatur hie.
Ces V parties acoiees [494-498] sont ainsi declarees ou xxx" fueillet dudit
livre.
[B, n° 206. — S G, n" 988; prise xxv sous t.]
499. Item, une pomme d'ayment.
[B, n° 221. — S G, n° 989; prise v sous t.]
500. Item, iiii petis camahieux enchastonnez en or.
[B, n° 225. — S G, n° 940; prise iiii liv. t.]
5oi. Item, IIII esmaulx de pelite en lozange; vi autres esmaulx
de pelite avecun cristal creux a six pans, en fa^on d'une cuvete;
lesquelles choses sont parties d'une saliere de cassidoine.
[B, n" 226. — S G, u" 941 ; prisii xxv sous t.]
502. Item, un camahieu petit, ou il a un petit lion taillie, en-
chastonne en or.
Ces nil parties acoiees [499-502] sont ainsi declairees ou xxxii" fueillet
dudit livre.
[B, n° 227. — S G, n" 942 ; prise xx sous t.]
503. Item, une pierre serpentine creuse, a viii costes, de la gran-
deur du fons de la paulme et de la hauteur d'une doye. Ainsi de-
claire en la derreniere partie du xxxiii^ fueillet dudit livre.
[B, n° 24G. — S G, n° 943; prise v sous t.]
504. Item, deux yeulx de chat enchastonnez en or. Ainsi de-
clare en la xi^ partie du xxxiiii« fueillet dudit livre.
Iste VI partes accolate [499-504] reddite fuerunt Parisius per dictum Robi-
netum executoribus, ut supra. Et sit quittus hie de eisdem.
[B, n" 257. — S G, n° 3oo; prise xl sous t.]
505. Item, iiii grans pieces de cristaulx plates.
[B, n" 263.]
506. Item, v pieces de cristaulx, longues chascune du long d'un
dour (i) et d'un petit doy de large.
Tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus,
ut supra.
[B, n" 2G4. — S G, n° 3oi ; prise xxv sous t.]
(i) Dour, dor ou doire : une mesure contcnant quatre doigts et repre-
sentee, selon Nicot, par le poing serre.
ANNEALX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. ']']\ 14-
507. Item, une piece de cristal roont, du hault de trois doves.
Ces in parties acolees [SoS-Soy] sont ainsi declairees oudit xxxiin" fueillet
dudit livre.
[B, n" 265. — S G, 11° 3o2; prise xv sous t.]
508. Item, une petite branche de corail vermeil. Ainsi declaird
en la xii= partie du xxv^ fueillet dudit livre.
[B, n" 277. — S G, n° 3o3 ; prise v sous t.]
509. Item, deux petites cornes de cerf volant ^i), garnies au
bout d'argent dore.
[B, n° 285. — S G, n° 1282 ; non prisees.]
5 10. Item, une piece de cassidoine roonde, creuse, de la hau-
teur de trois doye.
[B, n° 289. — S G, n° 804; prise xx sous t.]
5i I. Item, VI pierres contre venin, hors oeuvre.
[B, n° 293. — S G, n° 944.]
5 1 2. Item, deux petites pierres crapaudines, hors oeuvre.
Iste VI partes simul accolate [5o7-5i2] reddite fuerunt, ut supra. Et sit qui-
tus hie idem Robinetus de eisdem.
[B, n" 294. — S G, 11° 945; prise, avec le n" 544, 5 sous t.]
5 1 3. Item, deux pierres d'estrange couleur, enchassees en ar-
gent.
Ces V parties acolees [5o9-5i3] sont ainsi declairees ou xxvi" fueillet dudit
livre.
[B, n° 296.]
514. Item, v langues de serpens, enchassillees en argent dore.
Ainsi declaire en la derreniere partie du lix'^ fueillet dudit livre.
[B, n" 5 1 5. — S G, n" i233 ; non prisees.]
5 1 5. Item, un camahieu tout plat, quarre. Ainsi declaire en la
iin« partie du lxii<= fueillet dudit livre.
Iste due partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[B, n° 539. — S G, n" 946; prise xx sous t.]
5 16. Item, un annel d'or, ouquel a un camahieu a in demiz
ymaiges.
[B, n» 553. — S G, n° 3o5 ; prise iiii liv. t.]
(i) On designe encore aujourd'hui sous le nom de cerf-volant ou d'escar-
bot un gros scarabee cornu, appele lucane, dont le male est arme de deux
cornes tres fines et tres dures, qui pouvaient fort bien servir de cure-dent,
comme I'a suppose M. de Laborde.
148 ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. ']'] V°]
517. Item, un autre annel d'or, ouquel a un camahieu oii il a
deux chevaux taillez at un enifant, et darrieres un yniaige de
Nostre Dame tenant son enffant.
[B, n" 554. — S G, n° 807; prise vi liv. t.]
5 1 8. Item, un autre annel d'or, ou il a un camahieu d'une teste
d'enftant a grans cheveulx.
[B, n° 556. — S G, n° 947; prise xxx sous t.]
519. Item, une pierre estrange enchassde en or, pendant a une
chaienne d'or.
[B, n° 56o. — S G, n" 3o8; prise xxx sous t.]
520. Item, une pierre appellee peridon (i), enchassee en or.
[B, n° 56i. — S G, n" 3og; prise xxx sous t.]
521. Item, une pierre estrange en maniere d'un croissant, non
garnie.
[B, n° 562, — S G, n° 1234; non prisee et donnee, si comme on dit, a la
femrrre Thevenin de Bon Puis (2).]
522. Item, une pierre garnie d'or; au dessus a un bouton.
[B, n" 5G3. — S G, n" 3io; prisee xl sous t.]
523. Item, une pierre cornue, garnie de lilez d'argent.
Iste viii'° partes accolate [5i6-523] tradite et reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
Ces VIII parties acolees sont ainsi declairees ou lxiii' fueillet dudit livre.
[B, n° 564. — S G, n° 948; prise v sous t.]
524. Item, trois grosses pommes de bericle.
[B, n° 570. — S G, n° 3 1 1 ; prise lx sous t.]
525. Item, une autre pomme moindre de bericle.
[B, n° 571. — S G, 11° 3i2 ; prise xx sous t.]
526. Item, une autre petite pomme de bericle.
[B, n° 572. — S G, n" 3i3; prise x sous t.]
527. Item, un autre bericle fait en guise d'une tronipe.
[B, n" 573. — S G, n° 949; prise 11 sous vi den. t.]
528. Item, un saphir ou il a une teste d'omme, garni d'argent.
Ces V parties acolees sont ainsi declairees ou lxiiii" fueillet dudit livre.
[B, n" 574. — S G. n° gSo; prise xxx sous t.]
(i) Voy. ci-dcssus la note de I'art. 490.
(2) La femme de Thevenin de Bonpuits s'appelait Denisette. (\'oy. Tuetey,
Journal d'un bourgeois de Paris, p. 63.)
ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 78] I49
529. Item, une piece de cassidoine blanc ouvre a oiseaulx et
fueillages, pendant a un laz.
[B, n° 6o3. — S G, n° gSi; prise xxx sous t.]
530. Item, deux coquilles de perles.
[B, n" 607. — S G, 11° 952 ; prise xx sous t.]
53 I . Item, une autre coquille en maniere de limacon.
[B, n" 608. — S G, n° g53 ; prise x sous t.]
532. Item, une piece de coraii vermeil.
Ces III! parties acolees sont ainsi declairees ou lxvi" fueillet dudit livre.
[B, n° 610. — S G, n° 314; prise xxv sous t.]
533. Item, deux langues de serpent qui sont d'une saliere,
declairees en la iiii<= partie du nii^^ vine fueillet ensuivant.
Iste x""" partes accolate [524-533] tradite et reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus
de eisdem.
[S G, n" 954; prise v sous t.]
534. Item, une autre langue de serpent (i), qui est d'un ovier
d'argent; declaire en la vi« partie dudit iiii'^^ viii^ fueillet.
[B, n° 798. — S G, n" i235; non prisee.]
535. Item, vii anneaulx a pierres crapaudines, xvii langues de
serpens et une piece de coraii, qui sont de deux espreuves declai-
rees es vii^ et viii= parties dudit ini'''' viii^ fueillet.
[S G, n" 955; prise vi liv. t.]
536. Item,unviezanneld'or, oiiilaune teste de camahieu. Ainsi
declaire en la penultieme partie du iiii'''' xv^ fueillet dudit livre.
[B, n° 882. — S G, n° 956; prise iiii liv. t.]
537. Item, plusieurs pieces d'ambre en une cassete de hois.
Ainsi declaire en la v^ partie du c'' fueillet dudit livre.
[S G, n" 1286; non prisees.]
538. Item, deux cosses. Tune de prasmed'esmeraude (2) et I'au-
(i) On a dit que la langue de serpent est une pierre verdatre. EUe passait
pour reveler le poison dans les aliments ou les boissons. Aussi en trouve-t-
on un grand nombre dans les inventaires. II y en avait a demeure dans les
salieres; mais pourquoi en placer dans les oviers ?
(2) Le terme prasme, proesme ou prisme d'emeraude designerait, d'apres
Douet d'Arcq {Inventaire des joyaux de la Coiironne de 1418, n" 79), des
pierres dc qualite inferieure. Littrc dit que la prime d'emeraude est un
cristal de roche colore, ce qui revient au meme.
I 5o ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 78 V"]
tre de nacle de perlc, qui furent d'un collier d'or en faijon de
chaienne. Ainsi declaire en la iii^ partie du clxxvi^ fueillet dudit
livre.
[S G, n° 634 ; prise vi liv. t.]
539. Item, deux pieces d'agathe plates, longuetes sur le roont,
en fagon de fons de cuvete, I'une plus petite que I'autre, qui sont
d'une saliere declairee en la ni« partie du ii^ xxvif fueillet du livre
desdiz comptes precedens. Pour ce icy lesdictes deux pieces
d'agathe.
Tradite et redditc fuerunt per dictum Rohinetum Parisius executoribus,
ut supra [534-539.]
[S G, n° 957; prise lx sous t.]
540. Item, de deux bassins d'or esmaillez par dedens tres ri-
chement, chascun de v preuzes (i) de rouge cler, declairez en
la 11= partie du ii^ mixx ye fueillet du livre desdiz comptes pre-
cedens, est demourc chargie Icdit Robinet d'Estampes desdiz
esmaulx, comme il appert par I'arrest mis sur ladicte partie.
Pour ce icy dix pieces d'esmaulx desdictes preuzes et dix pieces
d'esmaulx desdix preux.
Licet dictus Robinetus sit oneratus super ii"*' parte 11' iiii" v" folii compo-
torum suorum precedentium de decern esmaulx, dictarum decern probarum
dumtaxat, tamen, faciendo correctionem de diciis compotis precedentibus
cumpresenti super isto articulo, magister Michael Maillardi, clericus joca-
lium dicti domini Ducis, testifficatus fuit quod in dictis pelvibus erant, ultra
dictum numerum decern probarum, alii decern esmaulx de decem probis
(i) Aux neuf preux legendaires choisis par tiers dans I'histoire sacree,
rhistoire ancienne et I'histoire moderne, le moyen age donna en pendant,
vers la fin du xiv" siecle, les preuses recrutces dans la mythologie et surtout
parmi les Amazones celebres. Les noms pas plus que le nombre de ces
heroines ne furent jamais bien arretes. Dans I'inventaire des tapisseries de
Charles VI (n- i5i, i5-2 ct i53), figurent trois tapis, aux amies du due de
Berry, sur lesquels sont representees les dix preuses, les memes probable-
ment qui etaient retracees sur les bassins d'or emaille. Ces dix preuses,
pour lesquelles le due Jean semble avoir eu un faible particulier, qu'il
avait peut-etre choisies lui-meme, se nommaient sur les tapisseries Dei-
phile, Argentine, Synoppe, Hippolyte, Thamaris, Teucra, Penthasilee, Me-
nalipe, Semiramis, Lampheto. II est d'autant plus necessairc de signaler
ici ces tapisseries des preuses aux armes de Berry qu'il n'en est pas fait
mention sur le seul des trois inventaires du prince ou sont consignees ses
tentures. Ajoutons que les preuses ne paraissent pas avoir ete I'objet d.e
recits litteraires comme les preux.
ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 79] l5l
viris. Et ideo oneratur hie idem Robinctus dc xx'' csmaulx, ct corrigitur in
dictis suis precedentibus compotis quoad dictos x esmaulx x probarum.
Dicti xx'' esmaulx redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum execu-
toribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinctus de eisdem.
[S G, n" 1 1 83; prise vii' xxxi liv. v sous t.]
541. Item, une grant coquille de perles, qui est d'une salliere,
declairee en la premiere partie du iw^ xxiiF fueillet ensuivant.
[S G, n" 958; prise xx sous t.]
542. Item, un grant doublet quarre, contrefait de couleur de
saphir, assis en un culet d'or, lequel Monseigneur a fait faire.
Queratur si inveniri possit in compotis precedentibus, quia non fuit inven-
tus faciendo correctionem de ipsis cum prescnti.
[S G, n" 633; prise xvi liv. t.J
543. Item, deux grans pieces d'esmaulx plates et quarrees, tres
richement esmaillees, qui sont d'uns grans tableaux d'or et bien
pesans en fa^on d'un livre, esmaillez par dedens tres richement.
Declarez en la iiF partie du vi^^ xnii^ fueillet dudit livre. Pour
ce icy lesdictes deux pieces d'esmaulx.
[S G, n" 1 184; prise viir liv. t.]
544. Item, un petit cristal creux, qui est du reliquiere d'un
ymaige d'or de la Magdalene declarde en la ii^ partie du cini'^x
xv^ fueillet dudit livre. Pour ce icy le cristal non garni.
[S G, n" 3i3; prise xx sous t., vendu xxii sous vi den. t.]
545. Item, un autre cristal creux, goderonne, qui est d'une sa-
liere declairee en la in' partie du in^ lxiii' fueillet ensuivant. Pour
ce icy ledit cristal.
Iste quinque partes accolate [541-543] tradite et reddite fuerunt Parisius
per dictum Robinetum executoribus, ut supra.
[S G, n° 939; prise xl sous t.]
AUTRES PARTIES DESDIZ INVENTOIRES, QUI SONT DE NULLE OU
PETITE VALEUR.
546. Item, pluseurs pierres et caillos de diverses couleurs, qui
sont de petite valeur. Ainsi declaire en la iiii' partie du xxvii'
fueillet dudit livre.
[B, n° 1 53. — S G, n" 1237; non prises.]
Omnes partes presentis capituli tradite et reddite fuerunt Parisius execu-
I 52 OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 79 vo]
tioni dicti domini Ducis per dictum Rohinetum. Et ideo idem Robinetus ac-
qiiittatur hie de eisdem.
547. Item, un caillou ou il a une croix blanche parmy.
[B, n" 202. — S G, n° i238; non prise.]
548. Item, une pierre blanche tachee de blanc.
Ces II parties acolees [547-548] sont ainsi declairees ou xxx" fueillet du-
dit livre.
[B, n" 2o3. — S G, n" 1239; non prisee.]
549. Item, deux petites pieces, du gros d'une noix, de mine ( i ) ;
et a en ycelles pluseurs voinnes de fin or.
[B, n' 248. — S G, n" 1240; non prisees.]
550. Item, une autre piece moindre, de mine d'or.
[B, n° 249. — S G, n° 1241 ; non prisee.]
55 I . Item, une autre piece de mine d'argent.
[B, no 25o. — S G, n° 1242; non prisee.]
552. Item, une piece de mine d'or.
[B, n" 258. — S G, n° 1243; non prisee.]
553. Item, un caillou en facon d'un oeuf.
[B, n° 259. — S G, n" 1244; non prise.]
554. Item, un autre caillou noir longuet.
[B, n" 260. — S G, n° 1 245 ; non prise.]
555. Item, un petit os grenete, en fa^on d'un petit collier.
[B, n° 261. — S G, no 1246; non prise.]
556. Item, une pierre sur couleur de jaspre.
Ces VIII parties acolees [549-556] sont ainsi declairees ou xxxiiii' fueillet
dudit livre.
[B, n" 262. — S G, n« 1247; non prisee.]
557. Item, une petite coquille de lymai;:on. Ainsi declaire en la
v^ partie du xxxV fueillet dudit livre.
[B, n" 271. — S G, 11° 1248; non prisee.]
558. Item, deux grans dens de sengler (2). Ainsi declaire en la
xni" partie dudit xxxV fueillet.
[B, n" 278. — S G, 11° 1240; non prisees.]
(i) Ce sont prohahlement dcs fragments de mineral d'or et d'argent con-
serves a titre de curiosite naturellc.
(2) Les defenses de sanglier n'ayant pas une origine mystcrieuse comme
les cornes d'unicorne ou les langues de serpent, aucune vertu particuliere
ne leur est attribuee. On les conserve a litre de curiosite, surtout quand elles
atteignent une dimension exceptionnelle.
OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 8o] I 53
559. Item, un aguillon d'un pore espic (i). Ainsi declaire en
la 11" partie du xxxvi^ fueillet dudit livre.
[B, no 284. — S G, no i25o; non prise.]
560. Item, unc empraincte de plont, ou est le visaige de Fran-
9oys de Carrare en un coste, et en Tautre la marque de Fade (2).
[B, no 287. — S G, n" i25i; non prisec]
56 1. Item, xxxv pierres de diverses fagons et couleurs, de pe-
tite valeur, hors «uvre.
Ces deuxparties acolees [56o-56i] sont ainsi declairecs oudit xxxvr fueillet.
[B, no 292. — S G, no I252 ; non prisecs.]
562. Item, une grant maschouere de serpent.
[B, no 309. — S G, no i253; non prisecs.]
563. Item, une pierre en facon de poire.
Ces deux parties acolees [562-563] sont ainsi declairees a la fin du xxxvii'
fueillet dudit livre.
[B, no 3io. — S G, no 1254; non prisee.]
564. Item, deux pommes de voirre, en Tunc desquelles a au-
dedens un crucelix, et en I'autre un homme et une femme jouans
aux eschaz.
(i) Encore un ohjet conserve a titrc de curiosite naturelle. On sait que le
moyen age attribuait au pore epic la faculte de lancer ses aiguillons a ceux
qui I'attaquaient, croyance qui a donne naissance a la devise de Louis XII :
Comimis et emimis. M. de Laborde dit que ce dard etait employe a fabriquer
la brochette servant dans la toilette a tracer la raie des cheveux.
(2) On a signale plus haut (p. 71) la dissertation de M. Friedlaender,
ancien directeur du cabinet des medailles de Berlin, sur les plus anciennes
nnedailles italiennes. Or le present article 56o, en apparence bien insigni-
tiant, contient la confirmation formelle des hypotheses du savant allemand.
L'empreinte en plomb decrite ici et qui figure dans le premier inventaire
du due de Berry (1401), qui par consequent reproduit une piece anterieure
au quinzieme siecle, portait, d'un cote, le portrait de F'ran(;ois de Carrare,
de I'autre, la marque de Fade ou de Padoe (inventaire B), c'est-a-dire le nom
de la ville de Padoue. La seule medaiUe des seigneurs de Carrare a
laquelle cette designation puisse s'appliquer est celle de Fran(;ois II de
Carrare dont le revers presente cette inscription en lettres gothiques :
« 1390 . DIE . 19 . JUNu . RECUPERAViT . Paduam. » Sur ks autrcs pieces
signalees par M. Friedlaender, puis par M. Armand, dans ses Medail-
lein-s italiens (tome II, page 16,17 et tome III,'p. i56), le mot de Padoue ne
parait pas. Ainsi, les conjectures de M. Friedlaender sur la date des me-
dailles des seigneurs de Carrare se trouvent pleinement confirmees par
notre inventaire.
I 54 OBJETS 1)K PETITE VALEUR [fol. 8o V°]
Radiatur, quia de ipsis acquittatur dictus Robinetus in penultima parte
Lxii folii conipotorum suorum precedeiitium, causa ibidem declarata.
En effet cet article est biffe sur le manuscrit.
[B, n" 548.]
565. Item, une flour de lis d'ambre.
[B. n" 597. — S G, n" 960; prise xx sous t.]
566. Item, deux grans boutons d'ambre estans en une leecte
avecques petites boistes d'yvoire.
[B, n" 599. — S G, n" 9G1 ; prises xxv sous t.]
567. Item, un sac de cuir ou dedens a pluseurs menues pier-
res de la riviere du Puy (i).
Ces III parties acolees [bG5-56j] sont ainsi declairees ou lxvi" fueillet du-
dit livre.
[B, n° 609. — S G, n° 3 16; prise iiii liv. t.]
568. Item, une piece d'un os noir, fait en guise d'une broche
poinctue et creuse dedens.
[B, n° 616. — S G, n" 962; prise v sous t.]
569. Item, V dens de senglier.
[B, n° 617. — S G, n" q63 ; prise vi sous lu den. t.]
570. Item, un os d'un oisel tres legier.
[B, no 618. — S G, n" 12 53; «ncant prise, lequel est en I'Dstel Thevenin de
Bon Puis. »]
571. Item, une masselliere (2) de giant (3), estant en un estui de
cuir.
[B, no 619. — S G, n" 12 56 : n neant prisee, et est en I'ostel dudit Thevenin
de Bon Puis ».]
(i) On trouve encore dans les montagnes volcaniques de I'Auvergne dcs
roches contenant des cristaux de saphirs et d'amethystes. M. Labarte {In-
vent, de Charles F^p.gS), a remarque que les habitants du Puy se livraient
a la recherche des saphirs il n'y a pas bien longtemps. Les inventaires
du moyen age font souvent mention de saphirs du Puy (Voy. Invent, des
joyanx de la couronne de 141 S, n°^ 207, 3o3, 325, 36o). M. de Laborde
pense que le saphir du Puy est la pierre qui a re?u le nom de disthene^ pierre
d'un bleu celeste, mais peu estimee,etant assez commune.
(2) a Messeliere ». — Invent. B, n" 619.
(3) Les dents machelieres sont les molaires. D'apres Littrc, le mot mais-
sellier serait encore usite en ce sens dans le Berry. II s'agit sans doutc sim-
plement d'une molaire d'elephant ou d'hippopotame, consideree, en raison
de sc§ dimensions, comme provenant de la machoire d'un geant.
OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 8l] l55
572. Item, une petite poche de toille, ou il a pluseurs pieces de
gest.
Ces V parties acolees [568-572] sont ainsi declairees ou lvh' fueillet dudit
livre.
[B, n" 625. — S G, n" 964; prise x sous t.]
573. Item, un petit sac de toille, oil il a pluseurs pierres d'am-
bre et de gest.
[B, n" 632. — S G, n^ ^65; prise x sous t.]
574. Item, XVI petites pieces d'ambre, que blanc que autres, de
diverses famous, avec un annel d'ambre blanc.
Ces deux parties acolees [573-574] sont ainsi declairees ou lxviii' fueillet
dudit livre.
[B, n° 640. — S G, n" 966; prise v sous t.]
PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS
(EUVRE, COMME AUTREMENT, ACHATEES PAR MONSEIGNEUR
575. Item, un saphir citrin quarre, hors oeuvre, que Monsei-
gneur a eu de Jehan Boistel, orfevre demourant a Paris.
[S G, n" 635; prise xx liv. t.]
Omnes partes presentis capituli tradite et reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executorihus. Et sic idem Robinetus acquittatur de eis-
dem.
576. Item, une teste taillee en une pierre appellee ycle (i), la-
quelle mondit Seigneur retint pour lui de pluseurs joyaulx et au-
tres choses que Barthelemy Rust, marchant demourant a Paris,
lui delivra et vendi, tant pour la teste et joustes faictes a Bour-
ges(2] le XXI" et xxii" jours d'avril I'an mil GCCG et V apres Pas-
ques, que autrement, et cousta xxx fr.
(i) M. de Laborde n'a rencontre le mot ycle que dans I'inventaire du due
de Berry et n'a pu trouver une explication satisfaisante de ce terme.
(2) Certains tournois ont laisse un souvenir dans les chroniques contem-
poraines, telles que les joutes de Saint-Denis qui eurent lieu en 1389, lors
de la reception du due d'Orleansdans I'ordre de la chevalerie (Voy. Clironique
du Religieux de Saint-Denis, t. i, liv. x, chap, i et 11, p. 586-599), et les
joutes de Saint-Inglevert representees sur une tenture souvent designee
dans les inventaires sous le nom de Tapis Boucicaut, du nom du heros qui
I 56 PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 8 1 Vo]
Ces deux parties acolees [SyS-SyG] sont ainsi declairees ou clxxvi" fueillet
dudit livre.
[S G, n« 1 1 7 1 ; prise x liv. t.]
577. Item, un annel d'or ou il a une teste d'ours faicte de cassi
doine blanc, et a Fun des costes a une esmeraude, et a Tautre un
cuer de dyament, lequel Monseigneur achata de Baude de Guy,
aux estraines mil CCCC et VI, pour le pris et somme de
Lx escus d'or.
[S G, n° 636; prise x liv. t.]
578. Item, un annel d'or, ouquel a un demi saint Jehan Bap-
tiste fait de cassidoine, que Monseigneur achata d'un tailleur de
pierrerie appelle Cerveil, pour le pris de xvi escus d'or comp-
tans.
K. — Datus fuit abbati de Bruges (i) per mandatum super ultima parte
Lxxv"folii hujuscompoti redditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus
de eodem.
Ces II parties acolees [577-578] sont ainsi declairees ou 11'' iiii" 1° fueillet.
579. Item, un grenat taillie en maniere d'une flour de lis, assis
en un annel d'or, que Monseigneur achata de Baude de Guy, aux
estrainnes I'an mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de
VI escus.
[S G, 11° 637; prise xl sous t.]
580. Item, un annel d'or oil il a une agathe blanche et raiee,
laquelle Monseigneur achata de Constantin de Nicolas, le xxni'
jour d'avril I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de
XV frans, a lui lors pakz comptans par Baude de Guy.
[S G, n» 638; prise iiii liv. t.]
s'illustra dans cette lutte. Les joiites de Bourges ont eu moins de retentisse-
ment. On voit par ce passage qu'elles eurent lieu les 21 et 22 avril 1405. Les
chroniques contemporaines n'en font pas mention. D'un article de compte,
publie par M. Fevret de Saint-Memin a la suite d'un rapport sur les restes
des monuments de I'ancienne Chartreuse de Dijon, [Memoires^ de la Com-
mission des Antiqidtes du departement de la Cote-dOr, annees 1842-46,
p. 66), il resulte que Jean Sans-Peur prit pour embleme le rabot a i'occa-
sion des joutes faites a Compiegne en juin 1405.
(i) Est-ce I'abbaye d'Eechout situce dans les environs de Bruges.' EUc
avaita sa tete en 1415 Lambert II Hauschilt ou Anschilt qui executa des
travaux importants.
PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 82 V^] iSj
58 1. Item, un grant grenat taillie en maniere d'une croix dou-
ble, hors oeuvre, que Monseigncur achata ja piet^a de Ponon le
Large, la somme de xxv frans.
[S G, n" 639; prise xl sous t.]
582. Item, un annel d'or oil il a une pierre de chapon (i) tachee
de blanc et de rouge.
[S. G, n° 640; prise iiii iiv. t.]
583. Item, deux beaux camahieux taillez. Tun en fa^on d'un
homme nu, de ni doiz de long, et I'autre taille en faijon d'un vi-
saige de femme, de la grandeur de plain posse (2); lesquelx Mon-
seigneur achata de Michiel de Bolduc.
[S G, a" 3 17; prise iiii" Iiv. t.]
584. Item, un grant annel d'argent dore ou 11 a un grant saphir
citrin plat a vni costes.
Iste anulus datus fuit de ordinacione dominorum exccutorum Bitturis
episcopo de Domnances (3), occasione certorum serviciorum divinorum per
eum factorum apud Bitturicas et alibi pro anima dicti domini Ducis, prout
in inventario facto Bitturis plenius habetur mencio. Et ideo dictus Robi-
netus de eodem acquittatur.
Ces VI parties acolees [579-584] sont ainsi declairees ou ir mi" 11" fueil-
let dudit livre.
[S G, n» 1257; non prise.]
585. Item, un annel d'or ou il a une teste d'un viez homme
d'une pierre jaune.
Iste alter anulus redditus fuit Parisius, cum aliis quinque partibus imme-
diate sequentibus [585-59o], per dictum Robinetum executoribus, ut supra.
[S G, n" 641; prise vi iiv. t.]
586. Item, un autre annel d'or ou il a une pierre roonde et
noire, tachee en maniere d'une estoille.
[S G, n" 642; prise vi Iiv. t.]
(i) D'apres M. de Laborde, la pierre de chapon serait une pierre extraite
du gesier d'un chapon, a laquelle etait attribuee quelque vertu magique.
Cette explication ne nous satisfait guere; mais il est difficile d'en proposer
une plus acceptable.
(2) C'est-a-dire de la grandeur d'un pouce entier.
(3) Ce passage veut-il designer Georges II, evfique de Domno en Dalmatie
(episcopus Dumnensis), de 1412 a 1419, qui, chasse par les Turcs, aurait
trouve asile aupres du due de Berry? II n'y a guere d'autre eveche auquel
cette designation puissc s'appliquer (Voy. Gams, Series episcopovum ecclesice
Catholicce, Ratisbonne 1873, in-4).
I 58 PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 83]
587. Item, uii autre annel d'or ou il a un camahieu taillie en
semblance d'une teste d'un viez homme.
Ces in parties acolees [585-587] sont ainsi declairees ou m" Liir fueillet
dudil livre.
[S G, 11° 643; prise vui liv. t.]
588. Iteni, un bien petit camahieu oil il a d'un des costez un
bien petit ymaige, et de Tautre coste deuxymaiges, garni et pen-
dant a une petite chaiennete d'or. Ainsi declaire en la iii^ par-
tie du iii'^ Liiii^ fueillet dudit livre.
[S G, nt> 644; prise vi liv. xv sous t.]
589. Item,un grant saphir citrin,du gros de plain poing,sur le
long, a pluseurs costes, pertuisie au long, pendant a un laz; le-
quel est avenu a Monseigneur depuis les comptes precedens.
[S G, no 3 18; prise xx liv. t.]
590. Item, une petite pierre vert, plate et escripte, garnie d'un
filet d'or entour; laquelle est avenue a mondit Seigneur depuis
lesdiz comptes precedens.
[S G, no 967; prise xxv sous t.]
AUTRES PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS
(EUVRE, COMME AUTREMENT, DONNEES A MONDIT SEIGNEUR.
591. Item, une fleur de lis faicte d'un grenat, assise en un annel
d'or, qui fu donne a estraines a Monseigneur le premier jour de
Janvier I'an mil CCCC et un.
Ista pars tradita et rcddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus, ut supra. Et sit quittus hie.
[S G, no 645; prise xl sous t.]
592. Item, une jacincte (i) roonde, assise en un annel d'or tout
plain, que Baude de Guy donna a mondit Seigneur le xi-^ jour de
fevrier I'an dessusdit mil CCCC et I.
(i) Le tcrme hyacinthe s'appliquerait plutot, d'apres M. de Laborde, a une
nuance qu'a une pierre speciale. On designerait ainsi soit le grenat, soit le
corindon, soit la topaze, ou d'autres pierres encore, quand elles afFectent un
ton rouge orange ou brun rougeatre, et meme, suivant Littre, une couleur
jaune de miel.
PIERRES DONNKES A MONSEIGNEUR [fol. 84] I 5q
Iste lapis datus fuit per dominum Duceni domino archiepiscopo Bitturi-
censi, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas vii" die maii
M CCCC XV°, superius redditas. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie.
Ces deux parties acolees [Sgi-Sga] sont ainsi declairees ou 11' xxiiii" fueil-
let diidit livre.
593. Item, une pierre serpentine roonde, garnie d'or, pendant
a une chaienne d'or, en laquelle est la devise de Lermite de la
Faye (i) qui la donna a mondit Seigneur ou mois de fevrier I'an
mil CCCC et III.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie idem Robinetus.
[S G, no 968; prise viii liv. t.]
594. Item, une pierre contre venin, appellee bauzar(2), garnie
d'or, pendant a trois petites chaiennes d'or, que le mareschal
Boussicaut(3) envoia en don a Monseigneur ou mois de novem-
bre I'aa mil CCCC et II II.
Iste lapis redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, et postmodum da-
tus de ordinacione executorum domino constabulario Francie domino co-
miti d'Armignac. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
[S G. n" 1 307; non prisee.]
595. Item, un camahieu assis en un annel d'or esmaillie a ours
(i) Lhermite de la Faye etait senechal de Beaucaire et chambellan du roi
de France. II fut charge a plusieurs reprises par le Roi de missions de con-
fiance {Chronique du Religieux de Saint-Denis, II, 697; III, 5i3; V, 81). Cf.
no 694 ci-dessous.
(2) Le bauzar ou bezoard est une concretion calculeuse formee dans I'es-
tomac, les intestins ou les voies urinaires des hommes et des animaux. II
passait pour un contre-poison efficace. Le bezoar etait encore employe dans
la medecine au milieu du xvii° siecle. Dans sa lettre du 10 octobre 1648,
Guy Patin confond dans la meme reprobation ce bezoar et son ennemi in-
time, Eusebe Renaudot, le Gazetier, comme il I'appelle avec mepris. « Get
homme, ajoute-t-il, n'est-il pas bien ignorant de nous dire que le Roy a gueri
apres avoir pris du bezoar... »
(3) Jean II Le Meingre, comte de Beaufort, plus connu sous le nom de
Boucicaut, devint marechal de France le 2 3 decembre 1391 et niourut en
captivite en 142 1. Son pere, qui portait aussi le nom de Boucicaut, s'etait
illustrepar le defi qu'il adressa,en 1390, a tous les chevaliers d'Angleterre et
par les luttes qu'il soutint pendant un mois, du 20 mars au 20 avril, contre
tous ceux qui se presenterent pour le combattre a Saint-Inglevert. Ce fait
d'armes eut un immense retentissement. II fut celebre dans un poeme pu-
blic par M. le baron Jerome Pichon, et represente sur une tapisserie exe-
cuteepour Charles VI avant 1396, generalement connue a cette cpoque sous
le nom de Tapis Boucicaut. Voy. ci-dessus la note de I'art. 576.
l6o PIERRES DONNEKS A MONSEIGNEl'R [fol. 84 V^]
et florettes, que maistre Gieffroy de Damart donna a Monsei-
gneur ou mois d'avril I'an mil CCCC et deux.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut
supra.
[S G, 11° 646; prise xlv sous t.]
596. Item, un annel d'or ou il a une pierre en maniere de sa-
phir, escript a I'entour de lettres grecques (i), que le seigneur de
Partenay (2) envoya en don a monseigneur le Due ou moys de
may ran mil CCCC etV.
597. Item, un autre annel d'or, ou il a entour iiii petites pier-
res, que ledit seigneur de Partenay envoia en don a mondit Sei-
gneur oudit moys de may mil CCCC et V.
Isle anuius rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut
supra.
[S G, no G47; prise xxv sous t.]
598. Item, un annel d'or, ou il a un ours de pierre serpentine,
que le roy de Navarre donna a mondit Seigneur le xvi'' jour de
decembre I'an dessusdit mil CCCC et V.
K. — Datus fuit regi Anglic (3) per mandatum Domini super sexta parte
Lxx""' folii hujus compoti redditum ; virtute cujus dictus Robinetus acquit-
tatur hie de eodem.
(i) L'inventaire contient de nombreuses mentions de joyaux portant des
inscriptions grecques, quelquefois traduites (voy. art. 200). Les comptes du
due de Berry renferment plusieurs articles trahissant la vive sollicitude du
due pour tous les Grecs qui se presentaient a sa cour. En voici quelques
exemples : «A ung povre evesque de Gresse, le 10 juillet iSgg, 67 sous 6 de-
niers tournois. » (Arch. Nat. KK 254, fol. 19). — kA ung Grec, pour don a lui
fait par mond. Seigneur pour Dieu et en aumosne, le 2 3 mars 140 1, 4 livres
tournois.)) [Ibid., fol. 108 v"). — « 1416: AJehaume la Viarde, demourant a
Paris, pour revestir Elexi Cleriot, povre home grec, 8 liv. t. ; )) (Compte des
executeurs testamentaires SG, L f 54, fol. 262). — II y a plus, le due de Berry
entretenait des relations directes avec I'empereur de Constantinople, comme
le prouve I'article suivant : « A Mondun Morel, chevaucheur de M^"', pour ses
« frais et despens en alant de Paris en Lombardie porter lettres de par
« mond. Seigneur a I'Empereur de Constantinople, 2 5 escus; 4 avril 140 1. »
(KK 254, fol. 69). Et ce n'est pas le seul fait de ce genre dont on ait la
mention.
(2) Jean I'Archeveque, seigneur de Parthenay, senechal de Poitou, joua
un certain role dans les negociatiojis engagees entre le due de Berry, le roi
de France et le due de Bourgogne en 1410 et 141 1. (Voy. Clironiqite du
Religieux de Saint-Denis, IV, 343, 357, ^^ ••)
(3) Henri V qui monta sur le trone d'Angleterre le 20 mars 141 3.
PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 84 V^] 161
599. Item, un autre annel d'or ou il a un camahieu taillie en
fa9on d'un ours, et deux petis grains d'esmeraude aux costez, que
ledit roy de Navarre donna a mondit Seigneur ledit xvi" jour de
decemhre Tan dessusdit mil CCCC et V.
Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Rohinctuni, ut supra.
[S G, no 648; prise vr liv. xv sous t.]
600. Item, un annel ou il a une pierre, dont Joseph espousa
NostreDame,si comme disoit la dame de Saint-Just (i) qui donna
ledit annel a mondit Seigneur aux estrainnes, le premier Jour de
Janvier Tan dessusdit mil CCCC et V.
Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut
supra.
Ces via parties acolees [SgS-Goo] sont ainsi declarees ou 11° xxv" fueillet
dudit livre.
[S G, n" i3o8; non prise.]
601. Item, un annel d'or ouquel a deux ours de cassidoinne,
et dessoubz une esmeraude, et dessus une flour de lis de saphir,
et ou milieu un hien petit grain de ruby, lequel annel ainsy garni
la femmc maistre Regnier de Boullegny (2) donna a Monseigneur
aux estrainnes, le premier Janvier I'an mil CCCC et VI.
[S G, n" 649; prise iin liv. x sous t.]
(i) Antoinette de Beaufort, fille de Raymond-Louis, comte de Beaufort et
d'AIais, vicomte de Turenne, et de Marie d'Auvergne, dite de Boulogne,
morte en i388, qui avait apporte en mariage la baronnie de Saint-Just, en
Champagne. Antoinette de Beaufort epousa, en iSgS, Jean le Meingre, dit
Boucicaut, 11° du nom. Sa grand-mere, Jeanne de Clermont, dame de Saint-
Just, etait la tante de Jeanne de Bourgogne que le roi Jean epousa, en 1349,
apres la mort de Bonne de Luxembourg, sa premiere femme, mere du due
de Berry.
(2) Regnier de Boullegny, clerc et secretaire du due de Berry, parait avoir
ete tres avant dans ses faveurs. Un mandement du 14 juillet 1408 lui alloue
une somme de 1,000 ecus d'or pour acheter une maison a Saint-Cloud;
mais cette somme n'etait pas encore payee en 1413. (Arch. Nat., KK 25o,
fol. 40 v".) A la Noel de 141 2, c'est un pourpoint de fin drap noir de
Lucques, coutani 6 ecus I'aune, que Regnier re(;oit du Due {Ibidem, fol. 46).
La meme annee, il est gratitie de « draps de fine escarlatte vermeilie de Bru-
xelles pour une robe et un chaperon », et encore de 3oo martres de Prusse
pour fourrer une robe {Ibidem, fol. 54 v"). Ce personnage, qui prend parfois
le titre de tresorier de France avec celui de secretaire du due de Berry, fut
accuse par I'Universite de Paris de s'etre enrichi d'une maniere malhonnete.
(Voy. Chroniqiie du Religieiix de Saint-Denis, t. IV, p. jSi.)
1 62 PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 85]
602. Item, un annel d'or ou il a deux testes d'ours, Tune d'uii
balay et I'autre de cassidoinne blanc, un cuer de saphir a I'uu
des costez, et a I'autre coste une esmeraude roonde, que mon-
seigneur le conte d'Eu donna a estrainnes a mondit Seigneur, le
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et VII.
Iste due partes [601-602] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus, ut supra. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie.
[S G, n" 764; prise vi iiv. t.]
603. Item, un autre annel d'or ou il a une teste d'ours faicte
de cassidoinne blanc, et a I'un des costez une flour de marguerite
faicte d'esmeraude, et a I'autre un V. de saphir; lequel fu donne a
mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII.
Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 65o; prise iiii Iiv. x sous t.]
604. Item, un annel d'or ou il a une teste d'un viez homme a
grans cheveux et barbe, faicte de camahieu, lequel fu donne a
mondit Seigneur auxdictes estraiiines mil CCCC et VII.
605. Item, un tres bon oeil de chat assis en un annel d'or, que
Poulain (i) donna a mondit Seigneur, ou mois de may I'an mil
CCCC et VIII.
Iste occulus datus fuit per dominum Ducem domino cardinali de
Barro, ut constat per mandatum dicti Domini datum xix' die februarii
M CCCC XIIIIo, superius redditum. Et sic idem Robinetus acquittatur de
eodem.
606. Item, un annel d'or ou il a un camahieu fait a la sem-
blance du visaige de Monseigneur, dont le col est de balay; le-
quel annel ainsi garni fu donnd a mondit Seigneur aux estrain-
nes, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et VIII, par mon-
seigneur le due de Bourbonnois, lors conte de Clermont.
Ista pars, cum aliis quatuor partibus in alia pagina sequentibus [606-610],
reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut
supra. Et sit quittus hie de eisdem.
[S G, n" 65 1 ; prise vi Iiv. t.]
607. Item, une amatiste ou il a un demi ymaige cnleve qui fu
(i) Un Jean Poulain, garde des finances du due de Touraine, est charge,
le 2 Janvier 141 1, de payer le prix de I'acquisition du comte de Longue-
ville par ledit due de Touraine. (Voy. Douet d'Arcq, Choix de pieces ine-
dites, t. I, p. 108.)
PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 86] I 63
prinse ou grant tableau d'or de haute taille que le Roy donna le
premier jour de Janvier mil CCCC et V.
[S G, n" 652; prise vi liv. t.]
608. Item, un grant prasme d'esmeraude ou il a d'un coste
une gesine de Nostre Dame, et de Tautre coste un ymaige de
Nostre Dame et deux autres ymaiges, que le Roy donna a Mon-
seigneur.
[S G, n" 653; prise xxii liv. x sous t.]
609. Item, une pierre longuete et roonde, garnie d'or, ou il a
escript : Deus homo f actus est, pendant a un laz ; laquelle feue
madame de Saint-Just dessusdicte, que Dieux absoille, donna a
mondit Seigneur.
[S G, no 3ig; prise xlv sous t.]
610. Item, une loupe de saphir toute roonde, de petite valeur,
assise en un annel, que Pannier donna a mondit Seigneur, aux
estrainnes mil CCCC et IX.
Ces X parties acolees [601-610] sont ainsi declarees ou lu" xx" et m' xxi"
fueillez dudit livre.
[S G, n° 654; prise xxx sous t.]
61 1. Item, un annel d'or ouquel est le visaige de monseigneur
le Due contrefait d'une pierre de camahieu, lequel monseigneur
le conte de Eu donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le pre-
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII ; et n'est point rendu
en recepte es comptes precedens.
Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 655; prise vi liv. t.]
612. Item, un autre annel d'or ouquel a un ours de saphir sur
une terrace d'esmeraude, lequel monseigneur de Jailligny, grant
maistre d'ostel du Roy, donna a mondit Seigneur ausdictes es-
trainnes mil CCCC et XII; et n'est point rendu en recepte es
comptes precedens.
K. — Datus fuit per Dominum consiliario suo magistro Michaeli Bovis per
mandatuni suum traditum supra ii"'" parte ci folii hujus compoti; virtute
cujus dictus Robinctus acquittatur hie dc codem.
164 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 87]
VAISSELLE ET MITRES CHOSES, TANT D OR ET 1) ARGENT
COMME AUTREMENT, POUR PANNETERIE, QUI SONT DESDIZ INVENTOIRES,
61 3. Item, une grant nef d'argent dore, qui fu de feu monsei-
gneur d'Estampes, assise sur un chastel estant sur un pie esmail-
lie de vi esmaulx aux armes de monscigneur le Due (i); et est le
corps de ladicte nef escript de lettres grecques et esmaillie de
X esmaulx ausdictes armes, et dessus les deux bouz a deux chas-
teaulx, en cliascun un lion emmantelle, esmaillie ausdictes armes;
pesant xxxvii marcs v onces x esterlins.
[B, n» 57.]
Dicta navis tradita et reddita fuit Parisius, immediate post obitum dicti
domini Ducis, per dictum Robinetum executoribus, et postmodum per ordi-
nacionem dictorum executorum inventoriata et vendita cum alia vassella alba
et deaurata in numero viii' iiii'"' xiiii marcarum v onciarum obol. ; precium
cujus traditum fuit per dictam ordinationem, in summa vi"' ix" xxxiii lib.
VII sol. VI den. t., Johanni Lebourne, commisso ad hoc ex parte dictorum
executorum, convertendum in obsequiis et funeralibus et in aliis necessi-
tatibus dicte execucionis, prout plenius constat per dictum inventarium sub
sigillo Castelleti factum, ccrtificacionem dictorum executorum dicto inven-
tario alligatam, et per litteram recognitoriam dicti Lebourne, datam xxvi
junii M CCGC XVI°, per quam confessus est recepisse dictam summam. Et
ideo de eadem navi idem Robinetus acquittatur hie super dictum Lebourne,
ad computandum de dictis vi'" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t.
614. Item, VI tranchouers quarrez, d'argent, dorez;en chascun
a un escu(;on taillie aux armes de Monseigneur; pesant vi marcs
IIII onces V esterlins.
Reddita et tradita fucrunt per dictum Robinetum executioni dicti domini
Ducis; convertendum in facto exccutionis dicti domini Ducis. Et ideo de eis-
dem idem Robinetus acquittatur hie.
Ces II parties acolees [613-G14] sont ainsi dcclairees ou xviii" fueillet du-
dit livre.
[S G, n" 320; neant cy pour ce que ledit commis en a fait rccepte ou
compte des funerailles.]
61 5. Item, une nef d'argent dore qui siet sur deux ours, et sur
(i) Get objet, dccrit ii I'inventairo B sous le n^ 57, portait alors les armes
du donatcur, le comte d'Etampes, que le due de Berry tit enlever et rem-
placer par les siennes, comme cela rcsultc d'une note marginale dudit
invenlaire i-5.
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 87 V^] I 65
chascLin bout de ladicte nef a un ymaige tenant un escu^on aux
amies de mondit Seigneur, pesant xxix marcs vii onces v ester-
lins. Ainsi declairee en la vi'= partie dudit xxni^ fueillet dudit livre.
Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus et vendita, prout
in prima parte iiujus capituii • [constat] ; precium cujus receptum fuit per
Johannem Lebourne, in summa vi" ix° xxxiii lib. vii sol. vi den. t., prout in
dicta prima parte superius;quare super dictum Lebourne ad computandum,
ut supra.
[B, no 1 1 3.]
616. Item, une saliere de cristal, garnie d'argent, en laquelle
souloit avoir des reliques ; declairee en la xi" partie du xxvii" fueil-
let du livre desdiz comptes precedens. Pour ce icy seulement la-
dicte saliere.
[B, n" 160. — S G, n" 121 ; prise lx sous t.]
617. Item, une saliere ou il a un heri^on de mer (i), et dessus
une branche de corail, garnie de langues de serpens, assise sur
un pie d'argent dore; pesant ensemble in marcs et demi.
[B, no 3 1 3. — S G, no 322 ; prisee xv liv. t., vendue xvi liv. t.]
618. Item, une salliere de lignum allocs (2), en fai^on de lozange,
garnie d'or et de petites perles, et par dessus a un arbre de co-
rail a petites branches et fueilles d'or en fa(;on de chesne, ou il a
pluseurs glans de licorne, et en la tige dudit arbre a un petit
ours d'or montant contremont I'arbre ; pesant tout ensemble
I marc vin esterlins.
Iste tres partes accolate [616-618] reddite et tradite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum executoribus. Et sic idem Robinetus acquittatur hie.
Ces II parties acolees [617-618] sont ainsi declairees ou xxxviir fueillet du-
dit livre.
[B, n" 314. — S G, no g6g ; prise lx liv. t.]
(1) L'oursin ou herisson de mer a des formes assez variables. Le plus com-
mun, dit Littre, a I'apparence d'un bouton ou d'un turban.
{2) Rapprochez de cet article celui qui se trouve dans VInventaire des
joyaiix de la Couronne de 1418 : « Un hanap de linon allouez, et sont les
bandes de la cuve dudit hanap et du couvecle esmaillees des armes.de mon-
seigneur de Berry, et est le souage dud. hanap poin^onne a orbevoyes sans
pierrerie, ct est le fretelet dud. couvecle d'un saphir et de trois perles de
compte bructes, environne de trois glans et de trois pommectes d'or. Et le
donna au Roy nostredit seigneur de Berry au voyage de Languedoc. Et poise
tout ensemble six marcs une once. » (Douet d'Arcq, Choix de pieces ine'dites,
t. II, p. 284. — Cf le no 709 du present inventaire.)
1 66 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 88]
619. Item, une espreuve d'or, ou il a pluseurs langues de ser-
pens, licorne et autres pierres centre le venin, pendans a chaien-
netes d'or; pesans ensemble i marc iii onces xv esterlins. Ainsi
declare en la premiere partie du xxxix« fueillet dudit livre.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[B, n° 323. — S G, 11° 656; pesant ensemble i marc 11 onces xviii esterlins
ct demi, prise lxxv liv. t.]
620. Item, VI tranchouers roons, d'argent, dorez, dont les v
sont du nombre de vi dont est faicte mencion en I'arrest mis sur
la 11= partie du xxxix-^ fueillet dudit livre, et I'autre est declaire en
la iii*^ partie du cnii^^ et 1*= fueillet ensuivant. Pour ce icy les-
diz VI tranchouers.
Ista VI scinsoria reddita fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus et vendita, prout in prima parte hujus capituli arrestatur; et precium
traditum Johanni Lebourne in summa vi" ix" xxxin lib. vii sol. t., ut in dicta
prima parte; et idco super dictum Lebourne.
[Cf. B, n« 324].
621. Item, une cuillez d'or a courte queue, esmaillee par la
queue auxarmes de feu monseigneur d'Estampes; pesant i once
et demie. Ainsi declairee en la iiii'^ partie dudit xxxix<^ fueillet.
Ista pars cum ix aliis partibus immediate sequentibus reddite et tradite
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo idem Robine-
tus acquittatur hie de eisdem.
[B, n" 326. — S G, n" 756; prise x liv. t.]
622. Item, une nef de cristal ouvree, garnie d'argent dore, a
deux serpens volans, les elles esmaillees, et siet sur un pie de
ma^onnerie; pesant tout vii marcs 11 onces xv esterlins.
[B, n° 509. — S G, n" 970; prise xl liv. t.]
623. Item, une salliere de cristal avec le couvercle, estant sur
un serpant volant, a une teste d'enffant, et vers la queue une teste
d'omme, et y fault une aile; scant sur un pie esmaillie de plu-
seurs ymaiges et bestes; garnie alentour avecques le couvercle
depierrerie de petite valeur; pesant iiii marcs iii onces et demie.
[B, n" 5 10. — S G, n" 971 ; prise xxxii liv. t.]
624. Item, une saliere d'une pierre serpentine garnie d'or, le
couvercle couronne, et un fretelet fait de fueilles esmaillees de
blanc et de rouge cler; pesant i marc mi onces v esterlins.
[B, n" 3u. — S G, n" 323; prise xl liv. t.]
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 88 V^] 167
625. Item, une branche de corail vermeil, scant sur un pie
d'argent dore, en laquelle a pluscurs langues de serpens; et siet
ledit pie sur quatre serpens volans; pesant tout v marcs ii onces
V esterlins.
[B, 11° 5 1 3. — S G, n° 324; prise xxx liv. t.]
626. Item, une autre branche de corail vermeil, ou il a pluseurs
langues de serpens, assis sur une roche, a un palliz treille en-
tour; par dessus un pie d'argent dore ou il a entour fueillages
d'cnleveure; pesant in marcs vn onces.
Ccs V parties acolccs [622-62ri] sont ainsi declarees ou lix" fueillet dudit
livre.
[B, n" 514. — S G, n" 325; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funerailles].
627. Item, une broche de cristal, garnie d'or, pour nienger
frezes (i), en laquelle a v perles.
[B, n" 558. — S G, n° 326 : prise x liv. t.]
628. Item, une autre broche de cristal, garnie d'argent.
Ces II parties acolees [627-628] sont ainsi declairees ou LXiir fueillet dudit
livre.
[B, n" 559. — S G, n" 072; prise xx sous t.]
629. Item, une broche d'argent dore, en laquelle a deux cornes
de serpens (2).
[B, n" 6i3. — S G, n» 973; prise xl sous t.]
630. Item, une corne entiere d'une unicorne.
[B, n" 614. — S G, no 327; prise 11" liv. t.]
(i) L'usage de cet instrument montre a quel degre s'etaient developpes le
luxe de la table et la recherche dans le service a une epoque qu'on est
• encore trop porte a considerer comme a moitie barbare. A-t-on rien imagine
de plus ingenieux et de plus raffine que ces broches de cristal pour piquer
les fraises? (Voyez, dans le Glossaire des emaiix, I'article consacre aux bro-
ches a rotir le fromage.) II nous parait bien difficile d'admettre que des
gens assez delicats pour employer des ustensiles speciaux a manger les
fraises, ne fissent pas emploi de fourchettes pour porter les viandes a leur
bouche. Qu'on rapproche du present article les n°= 646, 656, 657, 659, on
verra que la fourchette n'etait pas si rare qu'on le dit generalement a la
fin du XIV° siecle.
(2) On ne sait trop cc qu'on designait par le terme de cornes de serpent.
Est-ce un objet qui servait aux epreuves, comme les langues de serpent
ou la corne d'unicorne? S'agit-il simplement d'une curiosite naturelle du
regne animal ou mineral ? Les points de comparaison manquent pour don-
ner une explication satisfaisante.
I 68 VAISSELLE DES INVKNTAIRES [fol. 89]
63 1 . Item, une piece de corne d'une unicorne.
Dicta pecia unicornu data fuit per dominum Ducem pluribus suis servi-
toribus, ut constat per litteras dicti Domini datas vii' die maii M CCCC XV,
superius redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur de eadcm.
Ces III parties acolees [62g-63i] sont ainsi declairecs ou i.xvii' fucilict
dudit livre.
[B, n" 61 5].
632. Item, une autre grant saliere d'une agathe, garnie d'or, et
sur le pie et couvercle a esmaulx de pelite garniz de pierrerie,
c'est assavoir : de vi halais, deux gros saphirs, iiii esmeraudes,
V petis balaisseaux, v petis saphirs, xxxvi grosses perles, lxvi me-
nues perles; et sur le couvercle de ladicte saliere a un fretelet
garni d'un gros balay cabochon glaceux et de vi grosses perles,
lequel balay en avoit este oste et mis en un grant joyau, dont
mencionest faicte es ii^ lvii, ti^ lvhi et n'^ lix fueillez du livre des
comptes precedens. Pour ce icy ladicte saliere ainsi faicte et
garnie, comme dit est, pesant xvi marcs in onces; laquelle est
declairee en la premiere partie du ini'^^ vii^ fueillet dudit livre.
[B, n° 785. — S G, n» 771; prisee iiii" escus, vendue v" 111"= liv. t.]
633. Item, une nef d'argent dore, assise sur un pie de mac^on-
nerie, ou il a deux angels couronnez, faiz en guise de serenes, a
nil levriers ; et est le fons de ladicte nef de cassidoinne; et sur
les deux bouz a en chascun un chastel, sur I'un desquielx est
Sanson fortin (i); pesant tout ensemble lvii marcs iiii onces.
Ainsi declairee en la iii<= partie dudit 1111^^= vii^ fueillet dudit livre.
[B, n" 787. — S G, no 974; prise V= lxxv liv. t.]
634. Item, un galiot d'argent dore, seant sur une branche de
corail, ou il a un pie, esmaillie aux armes de Monseigneur,
seant sur iiii angels jouans de pluseurs instrumens, et est le
voile de corail, et y a pluseurs langues de serpens; pesant tout
xiiii marcs 11 onces.
Iste tres partes accolate, cum duodecim aliis partibus immediate sequen-
tibus [632-644], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo idem Robinetus acquittatur de eisdem.
[B, n° 790. — S G, n" 328; prise vi" liv. t.]
(i) Le fort Samson. Rapprochez 1 'article 182 de VInveutairc de Charles V :
« Un Sanson fortin d'or, assis sur un lyon... » et les art. 1/31 et 2692 du
mSme inventaire.
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. QO] 169
635. Item, vi tranchouers quarrez d'argent, dorcz, bourdez sur
le roont tout enlentour; pesant viii marcs vi onces x esterlins.
[B, n° 791. — S G, n" 329; neant cy pour ce que ledit commis en a fait
reccptc ou compte ties funerailles.]
636. Item, une grant salliere d'argent, doree, assise sur un pie
de ma^onnerie esmaillie a petis arbresseaulx, seant sur in lions;
et est le fons de ladicte salliere de jaspre vert; pesant tout en-
semble XII marcs v onces.
[B, n" yc)2. — S G, n° 973; prise c liv. t.]
637. Item, une autre salliere d'argent, doree, oil il a sur le pie
III bestes sauvaiges a demiz hommes jouans de instrumens; et
est ladicte salliere d'une coquille de perles, et le couvercle esmail-
lie d'ymaiges; pesant tout vi marcs in onces xvii esterlins obole.
[B, n» 793. — S G, n" 976; prise l liv. t.]
638. Item, une autre salliere d'une coquille deperle, seant sur
un pie d'argent dore ; et sur le couvercle a un bouton esmaillie
de bleu; pesant n marcs x esterlins.
[B, n" 794. — S G, n° 33o; prise xii liv. t.]
63g. Item, une salliere d'argent, doree, a trois cristaulx, et en-
tour trois couronnes, et ou milieu un petit escu^on aux armes
de nionseigneur d'Estampes, duquel elle fu ; pesant n marcs
nil onces ii esterlins obole.
[B, n" 795. — S G, no 33i ; prise xvi liv. t.]
640. Item, une autre salliere a pie, d'argent, doree, ou il a une
branche de corail dessus, et iiii petis escu(;ons aux armes de Mon-
seigneur et deux petites langues de serpens; pesant i marc
VII onces.
[B, n" 797. — S G, no 977; prise xv liv. t.]
641. Item, une espreuve d'argent, doree, d'ancienne fa^on,
en laquelle a une branche d'argent dore, ou sont pluseurs langues
de serpent, et pendent plusieurs pierres a chaiennes ; pesant
IX marcs i once.
[B, n" 801. — S G, no 332; prise lx liv. t.]
642. Item, une autre espreuve d'argent dore, assise sur un pie
cizelle a pluseurs ymaiges, et a dessus une branche garnie de
170 VAISSELLE DES INYEXTAIRES [fol. Ql]
langues de serpens et d'escucons aux armes de pape Gregoire;
pesant v marcs 11 onces xv esterlins.
[B, n» 802. — S G, n° 978; prise xl liv. t.]
643. Item, un arbre d'une espreuve d'argent dore, garni de
langues de serpens et de pluseurs pierres; et en y fault pluseurs;
et n'a point depie ledit arbre; pesant v marcs n onces et demie.
[B, n° 8o3. — S G, n° <)70; prise xxxii liv. t.]
644. Item, une grant langue de serpent, garnie d'argent et de
petite pierrerie.
Ces XI parties acolees [634-644] sont ainsi declairees es iiii" vii, iiiii" viii
et mi" IX* fueillez dudit livre.
[B, n" 804. — S G, n° gSo; prise xx sous t.]
645. Item, deux cuilliers d'or, dont Tune a la queue torse et
seignee d'un I par darriere; pesant toutes deux ensemble
II onces II esterlins et obole.
[B, n° 879. — S G, n" 333; prise xvi liv. t.]
646. Item, une petite cuiller et une forchete avec une curedent
d'or (ij; pesant ensemble xix esterlins.
Ces deux parties acolees [645-646] sont ainsi declairees ou iiii" x\" fueil-
let dudit livre.
[B, n" 880. — S G, n° 334; prise viii liv. t.]
VAISSELLE ET AUTRES CHOSES , TANT DOR ET D ARGENT COMME
AUTREMENT, POUR LADICTE PANNETTERIE, ACHATEES PAR MON-
SEIGNEUR
647. Item, une petite salliere de cassidoine, seant sur un pie
d'or en maniere d'un lis, le couvercle couronne, et sur le frete-
let a un balay et trois perles ; laquelle salliere Monseigneur list
(1) Ici, nous avons un cure-dents avec cuiller et fourchette. L'article 656
signale un cure-oreilles faisant partie d'un convert de table. On trouve dans
le Glossaire de Gay trois dessins de cure-dents et de cure-oreilles de date
assez ancienne. Les plus anciennes mentions d'objets de cette nature on^
ete relevees dans VInventaire de Charles V. Rappelons aussi les articles 409
et 410 de VInventaire des joyaux de la Couronne en 1418: « Un coustellet
d'or a furger dens. — Un coustellet d'or, en fa^on de furgettes, a furger
dens et a curer oreilles. »
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEL'R [fol. 9 1 V^] I7I
faire, par la main de Baude de Guy, ou mois de Janvier Tan
mil CCCC et un. Laquelle est ainsi declairee ou cLxxvin'fueillet
dudit livre.
[S G, 11° 335 ; prise cxii liv. x sous t.]
648. Item, une salliere d'or, dont le couvercle est de nacle de
perle, laquelle salliere fu de feu monseigneur d'Estampes, que
Christofle de La Mer bailla. Ainsi declaree en la premiere partie
du cLxxix^ fueillet dudit livre.
[S G, 11° 336; prise xvi liv. t.]
649. Item, une grant salliere, appellee la Salliere du pavilion,
dont le font est d'un cassidoine en fa(jon d'une coquille garnie
d'or en maniere d'une nef, et les hours sont garniz de v balaiz,
V saphirs et xvi perles, et aux deux bouz deux chasteaulx ou il a
en Tun un eigne navrt3, esmaillie de blanc, au col duquel pend
un escufon esmaillie aux amies de Monseigneur, garni entour
ledit chastel de deux balaiz et deux saphirs, et sur chascune
tournelle une perle; et sur Tautre chastel a un ours portant un
heaume sur sa teste, esmaillie aux armes de mondit Seigneur,
garni entour ledit chastel de deux balaiz et deux saphirs, et sur
chascune tournelle une perle; et le couvercle d'icelle est d'or,
fait en maniere d'un pavilion esmaillie de blanc, et sur le frete-
let du couvercle a une fleur de lis d'or a iiii florons, en chascun
floron un saphir, et une perle dessus; et ou milieu de ladicte
fleur de lis a i balay et une perle dessus. Et souloit seoir ladicte
salliere sur un chariot d'or a nn roes, ou il avoit ou moieu de
chascune roe une perle; lequel chariot fu baillie a Mace Heron,
tresorier de Monseigneur, sans lesdictes nn perles, comme il
appert par I'arrest mis sur ladicte salliere, qui est la n'' partie du
cLxxix" fueillet du livre des comptes precedens. Pour ce icy
ladicte saliere sanz pie, ainsi faicte et garnie, comme dit est,
avec les nii perles dudit pie.
Iste tres paries, cum quatuor aliis partibus immediate sequentibus [647-
653], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori-
bus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n" 337; prise m liv. t.]
65o. Item, une salliere d'une amatiste, garnie d'or et de me-
172 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 92 V]
nue pierrerie, c'est assavoir : dc iii balaiz, in saphirs et xvi per-
les, faicte a la devise de Monseigneur ; laquelle mondit Sei-
gneur achata en son cliastel d'Estampes, le xxV^ jour d'aoust, Pan
mil CCCC et III du petit Hermant, orfevre demourant a Pa-
ris (i), avec autres parties declairees en la penultieme partie du
CLxxix^ fueillet dessusdit, pour le pris et somme de xvi^'^ escus
d'or. Pour ce icy seulement ladicte salliere.
[S G, n" 338; prise lxx liv. t.]
65 I. Item, d'une salliere d'agathe, garnie d'or, declairee en la
derreniere partie dudit clxxix'^ fueillet, est deschargie et acquit-
tie ledit Robinet pour les causes contenues en I'arrest mis sur la-
dicte salliere, excepte de Tor et du couvercle et pierrerie d'icelle.
Pour ce icy seulement le couvercle de ladicte salliere, garni de
xxiiii perles et iiii camahieux et trois onces d'or, dont estoit gar-
nie ladicte saliere.
K. — Dicte tresuncie auri, de quibus dicta saleria erat inunita, tradite fue-
runt, cum pluribus aliis auri et argenti partibus, Matheo Heron, thesaurario
generali dicti Domini, per mandatum Domini et recognicionem dicti the-
saurarii super iiii'" parte nonag"" sexti folii hujus compoti redditum; vir-
tute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus predict! thesaurarii,
ut super dicta 1111" parte iiii" xvi" folii arrestatur.
[S G, n° 98 1 ; prise ledit couvercle xl liv. t.]
652. Item, un pannier fait de fil d'argent blanc, que Monsei-
gneur achata avec un autre pareil qu'il a depuis donne a ma-
dame la Duchesse, de Baude de Guy, a Paris, ou mois de mars
I'an mil CCCC et un. Pour ce icy seulement ledit pannier ainsi
declaire en la ii'^ partie du cnn^^^ i"^ fueillet dudit livre.
[S G, n" 339; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte ou compte
dcs funeraillcs.]
653. Item, un vaissel d'amatiste sur la facon d'une nef, garni
d'un pie et d'un couvercle d'argent dore, pesant tout environ
XXVI marcs; lequel Monseigneur achata de Baude de Guy, le
(i) Hermant jouissait d'une grandc reputation pour la taillc du dia-
mant; il est cite par M. de Laborde a I'article Diamant de son Glossaire
(p. 249). Guillebert de Metz le nomme parmi les plus celebres artisans de
Paris. (Voy. Le Roux de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens an xiV
et an xw siecles, p. 233, 482 et 483).
VAISSELLK ACHETEK PAR MONSEIGNEUR [fol. q3] lj3
viii^ jour de juillet mil CCCG et VI, pour le pris et somme de
iii'^ L escus d'or. Ainsi declaire en la premiere partie du ii'-^ iiii^''
iii^ fueillet dudit livre.
[S G, n" 340; prise ii'^ l liv. t.]
654. Item, VI tranchouers d'argent dorez, tous roons, pesant
VI marcs, que Monseigneur achata verez ja pieca de Jehan Ta-
renne, et depuis ont este dorez; declarez en la premiere partie
du ciiii'^^ 1*= fueillet dudit livre.
Ista VI scinsoria reddita fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus, et vendita, prout in prima parte folii iiii" vii superius [arrestatur].
Et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi™ ix" xxxiii lib.
VII sol. VI den. t.,ut in dicto folio. Et ideo super dictum Lebourne ad com-
putandum.
655. Item, une grant langue de serpent, garnie d'argent dore,
couronnee.
Ista pars, cum vi aliis partibus immediate scquentibus [655-66 1], reddite
fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur
hie.
[S G, n° 982; prise c sous t.]
656. Item, une cuiller, un coutel, une forchete, un poin(^on,
une cureoreille et une curedent, tout de cristal, garniz d'or, en
un estui de cuir.
[S G, n" 341 ; prise xxxii liv. t.]
657. Item, quatre forchetes d'argent a manches de cristal, de-
dens un estui de cuir.
[S G, n° 342; prise vi liv. t.]
658. Item, trois couteaulx a manches de Jaspre, dont Tun est
plus grant que les autres, tous en une gaynne.
[B, no 279J.
659. Item, deux forchetes de pierre serpentine garnie d'or,
lesquelles avec unes paternostres de cassidoinne, dont mencion
est faicte en la v^ partie du i^' lxviii^ fueillet du livre desdiz
comptes precedens, Monseigneur achata de Constantin de Ni-
colas, marchant demourant a Paris, le xxix'^ jour d'aoust Tan
mil CCCG et IX, tout ensemble pour le pris et somme de iiii^^
X frans. Pour ce icy seulement lesdictes deux forchetes.
[S G, n" 343; prise xi. liv. t.]
174 VAISSKLLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 94]
660. Item, une cuiller de pierre serpentine dont le manche est
de cristal, garnie d'or, avec une petite forchete, tout en un estui
de cuir.
[S G, n° 344; prise xl liv. t.]
661. Item, une cuiller de cristal a un manche ploiant en deux
pieces, en un estui de cuir.
Ces VII parties acolees [655-66 1] sont ainsi declairees en la derreniere
partie du 11° lxvii" fueillet et en I'autre fueillet ensuivant, qui est 11'' Lxviir
fueillet dudit livre.
[S G, n° 345; prise vi liv. t.J
VAISSELLE ET AUTRES CHOSES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AU-
TREMENT, POUR LADICTE PANNETERIE , DONNEES A MONDIT SEI-
GNEUR.
662. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, et ou frete-
Icr du couvercle a i balay et in perles, lequel balay est de la
pierrerie d'une croix d'or, appellee la Croix de Bourgoigne, que
Monseigneur list pie^a despecier. Laquelle salliere, sans lesdiz
balay et perles, messire Thibaut Portier donna a mondit Sei-
gneur le xviii^ jour de Janvier Pan mil CCCC et un.
[S G, n°657; prise xl liv. t.]
663. Item, une salliere d'une pierre d'agathe, dont le couver-
cle est d'or a flcurs de lis taillees aux armes de Monseigneur, sur
le fretelet de laquelle a un saphir et viii perles; et siet sur iiii
roes d'or en maniere d'un chariot, et au bout du moieu de chas-
cune'roe a une perle. Laquelle salliere Jehannin Chenu, orfevre
de mondit Seigneur, a faicte d'un vaissel d'une pierre d'agathe,
garni d'or, que le chapitre de I'eglise de Bourges donna a mon-
dit Seigneur le ii^ jour de septembre I'an mil CCCC et deux.
Iste due partes [662-663] tradite et reddite fuerunt Parisius per dic-
tum Robinetum cxecutoribus. Et ideo acquittatur hie idem Rohinctus de
eisdem.
[S G, n" 658; pesant 11 marcs vii onccs v csteriins; prise vi" liv. t.]
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 9 5] IjS
664. Item, une petite saliere d'agathe, ganiie d'or, et tout en-
tour a fleurs de lis taillees aux armes de Monseigneur, et sur le
fretelet du couvercle une perle; et siet ladicte salliere sur deux
petiz oursellez d'or. Laquelle salliere madame la contesse d'Ar-
meignac donna a estrainnes a Monseigneur le preniier jour de
Janvier I'an mil CCCC et deux.
[S G, n" 659; prise xl liv. t.]
665. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, en fa^on
d'une cuvete, et ou fretelet du couvercle a un saphir, et est assise
en une charrete d'or a deux roes; ou moyeu de chascune roe une
perle, et entre les lymons a un petit chevalet d'or, au col duquel
pend un petit balaisseau ; et a chascun lymon pendent deux au-
tres petis balaisseaux et in perles. Laquelle salliere ainsi garnie,
comme dit est, fu donnee a estrainnes a mondit Seigneur, le pre-
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et III, par maistre Nicolas
Viaut (i), son conseiller.
[S G, n° 346; prise viii" liv. t.]
666. Item, une autre salliere de cassidoinne, garnie d'or, a ou-
vraige de Damas, scant sur un ours d'or esmaillie de blanc qui a
en I'espaule un balay et au col une perle; et ou fretelet du cou-
vercle une petite loupe de saphir; et est ledit ours sur une ter-
race esmaillee de vert, et un homme qui le tient a une petite
chaienne. Laquelle salliere fu donnee a mondit Seigneur aux-
dictes estrainnes mil CCCC et III par monseigneur Martin
Gouge, lors son tresorier general, et a present evesque de Char-
tres (2).
(i) Nicolas Viaud, conseiller du due de Berry et I'un des gens de ses comp-
tes, recevait en cettc qualite 3o sous de gages par jour quand il residait a
Bourges, et 60 sous quand il chevauchait au dehors pour les affaires du
Due (Arch. Nat., KK 2 5o, fol. i8 v"). Apres la mort de Hugues de Magnac,
eveque de Limoges (1412), Nicolas Viaud disputa ce siege a Renaud de Pey-
russe que la Gallia Christiana considtre comme le veritable titulaire. II mou-
rut vers le mois de juillet 1419 [Joiirrial de Nicolas de Baye, t. II, p. 240),
laissant un testament date du i3 mai 1418, dont le texte a ete consei-vc
(Tuetey, Testaments enregistres au Parlement de Paris, p. 264).
(2) Martin Gouge de Charpaignes, tresorier general du due de Berry, oc-
cupa le siege episcopal de Chartres de 1406 au i3 mai 1415. (Tuetey, Jour-
nal d'lin bourgeois de Paris, p. 94, note 3.)
176 VAISSELLE nONNEE A MONSEIGNEUR [fol. qS V°]
Iste tres partes [664-666] i-eddite fuerunt Parisius, ut supra.
Ces V parties acolces [662-666] sont ainsi declairees ou ii"^ xxvii" fueillet
dudit livrc.
[S G, n" 347; prise lxx liv. t.]
667. Item, Line petite salliere d'or, dont le tons et couvercle
sont d'agathe-, qui fu donnee a mondit Seigneur, a Paris, le xxx'^
jour de juing. Tan mil CCCC et 1111, par monseigneur I'eves-
quede Paris a present, et lors evcsquc dc Poictiers(i) et chancel-
lier de mondit Seigneur.
[S G, n° 348; prise xviii liv. t.]
668. Item, unc autre petite saliere de cassidoinnc, garnie d'or
a ouvraige de Venise, de petites esmeraudes et rubiz d'Alixan-
dre; et sur le fretelet du couvercle un saphir. Laquelle sal-
liere monseigneur de Lebret, connestable de France, donna a
mondit Seigneur a estrainnes le premier jour de Janvier Tan des-
susdit mil CCCC et 1111.
Iste due partes, cum aliis ii""" partibus sequentibus [667-670], reddite fue-
runt Parisius, ut supra.
[S G, n" 349; prise xxx liv. t.]
669. Item, une autre salliere d'agathe, garnie d'or et de pierre-
rie, c'est assavoir : le couvercle de six petis balaisseaux et xii per-
les, et le fretelet d'un balay et vi perles; le pie de laquelle est fait
en maniere d'une terrace esmaillee de vert, close d'une haie en-
tour et garnie de trois petis balais et vi perles, et entour de plu-
sieurs menues perles ; et pendent a ladicte saliere trois petites
langues de serpent, in petites pierres serpentines et ni perles. La-
quelle salliere ainsy garnie, comme dit est, feu monseigneur I'ar-
cevesque d'Aux donna a estrainnes a mondit Seigneur ledit pre-
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et 1 1 11.
[S G, n" 35o; prise vii^* liv. t.]
670. Item, une salliere d'agathe, garnie d'or, couronnec, sur
(1) Gerard de iVIontaigu, eveque de Poitiers de 1406 a 1409, puis eveque
de Paris de 1409 au ib septembre 1420, etait frere du grand maitre d'hotel
du Roi, mis a mort en 141 2, ct de I'archeveque de Sens qui perit a Azin-
court. 11 fut charge de prononcer, en 1417, I'excommunication contre Jean
sans Peur.
VAISSELLK DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 96 V"] I 77
le pit3 de laquelle a iin tigres d'or et iiii mirouers de saphir, et le
fretelet du couvercle est fait en maniere d'une couronne d'em-
pereur, ouquela un balay longuet et iiii perles branlans. Laquelle
salliere la femme de monseigneur le vidame de Laonnois, en son
vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, a Mar-
coussis, le xxix= jour de mars Tan dessusdit mil CCCC et IIII.
[S G, n" 35i; prise ii'" xxv liv. t.]
67 1 . Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or et de vi per-
les, et sur le fretelet du couvercle a un camahieu. Laquelle sal-
liere madame d'Armeignac donna a mondit Seigneur a estrain-
nes le premier jour de Janvier Fan dessus dit mil CCCC et V.
[S G, 11° 660; prise xxx liv. t.]
672. Item, une petite salliere d'or et de grenat, en fagon d'une
nef, garnie aux deux bouz chascun d'un balay, et le fretelet d'une
perle, seant sur deux bestes estranges. Laquelle salliere monsei-
gneur le conte daulphin d'Auvergne (i) donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes mil CCCC et V.
K. — Per mandatum Domini, datum xx™^ die julii anno M» CCCC" XII",
hie traditum, constat quod, ex ordinacione ejusdem, aurum dicte salserie et
plurium aliorum vasorum ct jocalium ascendens et ponderans in universe
ad summam videlicet : auri n"""" unciarum viii esterl., et cxxni marcarumi
vu unciarum xii esterl. cum obolo argenti, ut apparet per recognicionem
Mathei Heron, ihesaurarii gcneralis dicti Domini, datam x* die ejusdem
mensis julii anno predicto, hie similiter traditam, deliberatum fuit dicto
thesaurario; et ideo de auro dicte salserie, ascendente ad iiii uncias xin es-
terl. auri, acquictatur hie dictus Robinetus ad onus dicti thesaurarii.
[S G, n° 352; de deux grenaz, une perle et deux balaiz yssviz de ladicte sa-
lierc, XVI liv. t.]
673. Item, une autre salliere d'or et de cassidoinne, a ouvraige
de Venise, garnie de pluseurs petis grenaz, laquelle I'evesque de
Beauvais (2) donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil
CCCCet V.
(1) Beraud III, comte de Clermont et de Sancerre, dauphin d'Auvergne,
fils de Beraud II et de Marguerite de Sancerre. II succcda a son perc en
1400 et mourut en 1426.
(2) En 1406 le siege episcopal de Beauvais est occupe par Pierre de Sa-
voisy, mort en 141 2. II avait succede a Thomas d'Estouteville en iSgS. Le
testament de Pierre de Savoisy a ete conserve dans un manuscrit de la Bi-
bliotheque Nationale. (Tuetey, Clioix de testaments, p. 2(32).
IjS VAISSELLK bONNEF, A MONSEIGNEUR [fol. 97]
Iste tres partes [Gyi-Gyi] reddite ct tradite tuerunt Parisins, ut supra.
[S G, 11° 353; prise xi. liv. t.]
674. Item, Line saliiere d'argent dore, faicte en nianiere d'un
petit galiot, ou milieu duquel a un mast d'argent dore, garni en-
tour de VI langues de serpent, et dessus un grant serpent volant
et deux petis ; et a chascun bout dudit galiot a un autre serpent
volant. Laquelle saliiere feue madamoiselle de Montpensier, du-
chesse de Baviere, donna a estrainnes a Monseigneur ledit pre-
mier jour de Janvier mil GGGC et III (i).
fS G, 11° 354; prise xxx liv. t.]
GyS. Item, une espreuve d'une grant langue de serpent, scant
sur un pie d'argent dore en fayon d'un arbre auquel pendent
deux escuyons esmaillez aux armes de Monseigneur. Laquelle
espreuve feu maistre Jehan Gouge (2), en son vivant tresorier de
Monseigneur, lui donna Ic xii'^ jour de fevrier Tan mil GGGG
et un.
[S G, n° 983; prise xx liv. t.]
6/6. Item, un galiot de cristal, garni dVjr et de pierrerie, c'est
assavoir : de x balaisseaux, ix petis saphirs et de lxxi perles; et
a Tun des bouz dudit galiot a un chastel ou il a un ymaige de
saint George tenant soubz lui un serpent, et sa targe est garnie
d'un dyament poinctu ou milieu, et a Tautre bout a une royne
tenant un heaume entre ses mains. Lequel galiot ainsi fait et
garni, comme dit est, le roy de Sicile donna a mondit Seigneur
aux estrainnes le premier jour de Janvier I'an mil GGGG et VI.
Iste tres partes [674-676] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum
Rohinetum, ut supra.
[S G, 11" 355; prise vi'= lxxv trans; vendu vii"' liv. t.]
677. Item, une petite saliiere de cristal, garnie d'or, a in ances
et couvercle d'or, a ouvraige de Venise, garnie de menuz grenaz
(i) L'inventaire S G dit 1404.
(2) Peut-etre le frere de I'eveque de Chartrcs, Martin Gouge, aussi treso-
rier du due de Berry. Jean Gouge est qualitie, dans le compte de I'hotel du
Due de 1399-1400, a la fois receveur general d'Auvergne pour le Roi, et
receveur des aides pour les dioceses de Clermont et de Saint-Flour. (Arch.
Nat., KK 254, fol. 35 ct 57.)
VAISSELLE DONNEE A MONSEtGNEUR [fol. 97 V°] I jg
et esmeraudes dc petite valeur; et sur le milieu du couvercle a
un grenat, et ou fretelet une perle, seant sur in chiennez, par
dessus un entablement d'or. Laquelle salliere ainsi faicte et gar-
nie, comme dit est, fudonnee a mondit Seigneur, ou mois de de-
cembre I'an mil CCCG et VI, par Tevesque de Chartres dessus
dit, lors tresorier general de mondit Seigneur.
K. — Aurum dicte saleric ponderans an uncias iiii esterl., cum pluribus
aliis partibus auri et argenti, traditum fuit Matheo Heron, thesaurario suo
generali, ut constat per mandatum suum et certifficacionem ejusdcm thesau-
rarii super iiii'' parte iiii" xvi'' folii hujus compoti redditum; virtutc quo-
rum dictus Robinetus acquittatur hie dc dicto auro.
[S G, n° 356; d'un grenat, perle et cristal yssus de ladicte saliere, lx
sous t.]
678. Item, une petite salliere de cassidoinne, garnie d'or, en fa-
9on de navete, de I'ouvraige de Venise, et sur le fretelet du cou-
vercle a nil perles. Laquelle salliere fu donnee a mondit Seigneur,
auxdictes estrainnes Tan mil CCCG et VI, par le patriarche
d'Alixandrie, a present cardinal de Reims (i).
Iste due partes [677-678] rcddite ct tradite fucrunt Parisius per dictum
Robinetum, ut supra.
[S G, n° 357; prise lx liv. t.]
679. Item, une salliere de cristal, garnie d'or, en fa^on d'une
navete, et entour vi petites tournelles, garnie de vi balaiz et xvii
perles grossetes, et sur le couvercle un eigne esmaillie de blanc,
navre d'un balay, tenant un roolleau ou a cscript : Le temps venra,
qui seoit sur un ours d'or. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie,
comme dit est, Guillaume de Lodde (2) donna auxdictes estrain-
nes mil GGGG et VI. Mondit Seigneur a fait bailler ledit ours
sur quoy seoit ladicte salliere a Mace Heron, son tresorier gene-
ral, pour les causes contenues en I'arrest mis sur ladicte salliere
(i) Simon dc Cramand, cveque de Poitiers de i385 a i3gi, archevcque de
Reims en 1409, nomme cardinal en 1413 par le pape Jean XXIII; il occupa
de nouveau le siege de Poitiers de 141 3 a 1424 et mourut en 1429.
(2) Guillaume de Lodde, ecuyer et chambellan du due de Berry, recevait,
en 1414, un don de 12000 livres tournois. (Arch. Nat., KK 25o, fol. 141 v".)
II commandait la meme annee, ce qui expliquerait ce don de 12000 liv.,
avec le due de Bourbon et le comte d'Eu, I'armee royale qui assiegea Ba-
paume occupee par les troupes du due de Bourgognc. {Clironique du Reli-
gieiix de Saint-Denis, t. V, p. 363.)
l8o VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 98 \°]
qui est la derriere partie du iii^' xxii'= fueillct du livre desdiz
comptes precedens. Pour ce icy ladicte salliere sans ledit
ours.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Rohinctum, ut supra.
[S G, n° 358; prisee ladicte saliere sanz ledit ours cl liv. t.]
680. Item, une salliere de jaspre, garnie d'or, scant sur deux
ours d'or et deux chiennez esmaillez de blanc; laquelle feu mes-
sire Asselin Royne (i), en son vivant tresorier de I'eglise de
Saint-Hylairede Poictiers, donna a mondit Seigneur aux estrain-
nes mil CCCCetVII.
[S G, n° 359; prise lx liv. t.]
681. Item, une bien petite salliere de cristal, garnie d'or, seant
sur un eigne esmaillie de blanc, et y pendent pluseurs menues
perles; laquelle maistre Guillaume de Ruilly (2) donna a mondit
Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII.
[S G, 11° 36o; prise xiiii liv. t.]
682. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, en maniere
d'un chastel, de vi balaisseaux, deux petis saphirs et pluseurs
menues perles, et ou fretelet du couvercle a un saphir et iin per-
les. Laquelle salliere monseigneur le conte Daulphin donna a
mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII.
[S G, n" 36 1 ; prise iiii" x liv. t.]
683. Item, une bien petite salliere de cassidoinne, garnie d'or,
ouvree entour en maniere de plumes, laquelle madame de la
Marche (3) donna a Monseigneur aux estrainnes I'an mil CCCC
et VII.
(i) Asselin Reine, tresorier de I'eglise de Poitiers, avait ete jusqu'a sa mort
(1404) confesseur du due de Berry. Son testament (Tuetey, Clioix de testa-
ments, p. 258) est date du 17 octobre 1404.
(2) Guillaume de Ruilly fut successivement, en i339, « contreroulcur de la
despense de I'ostel du Due », avec 80 livres de pension annuelle et 60 francs
de supplement, puis, en 1400, secretaire ct garde des joyaux, avec 60 livres
dc pension annuelle (Arch. Nat., KK 254, fol. ii, 34 et 69), entin, en 141 3,
« conseiller du due de Berry en sa Chambre des comptes, aux gages dc i5 sols
tournois par jour, avec pension dc 100 liv. tournois par an » (Arch. Nat., KK
25o, fol. 19.)
(3) Beatrix dc Navarre, femme dc .lacqucs II de Bourbon, comte de la
Marche (Voy. ci-dessus, p. 40, note i).
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 99] 181
Istc quatuor partes, cum aliis 11''"' partibus in pagina sequent! [68o-685],
tradite ct reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 06 1 ; prise xii liv. t.]
684. Item, Line petite salliere dc cassidoinne, gariiie d'or, sur
lepiede laquelle a iii angels qui lasoustiennent;el ou freteletdu
couvercle a vi perles roondes branlans, ettout au-dessusun petit
ruby plat de petite valeur. Laquelle salliere ainsi faicteet garnie,
comme dit est, monseigneur le conte de Vendosme (i) donna a
mondit seigneur le Due le ix<^ jour d'avril Tan mil GCCC et IX
apres Pasques.
[S G, n" 362; prise lx liv. t.]
685. Item, une salliere de pierre serpentine a couvercle de
mesmes, garnie d'or, assise sur pilliers, en maniere d'une fon-
taine; et ou couvercle a nii balaisseaux et mi perles, et le fretelet
est d'une flour de lis d'or a iiii florons, garnie de iii perles; et
siet ladicte salliere sur une pierre de cassidoine plate, taillee du
coste de dessoubz en fagon d'une coquille, garnie d'or entour,
en maniere d'une haye ; et par dessus ladicte pierre, aux costez
de ladicte salliere, a deux ours droiz, esmaillez dc blanc, qui out
■chascunune ceincture ettasse(3)en escharpe, tenant chascun une
coupe ; et ont ou front chascun un petit ruby arsis (3). Laquelle
salliere ainsi faicte et garnie, comme dit est, le roy de Navarre
donna a mondit Seigneur le xxi^ jour d'octobre I'an mil CCCG
etIX.
[S G, n" 3G3; prise iiii" liv. t.]
686. Item, une saliere d'or et de cristal, le pie et couvercle de
laquelle sont d'esmaulx de pelite, garnie de deux balaiz, deux
saphirs et viii grosses perles ; et le fretelet garni d'un saphir et
V perles branlans. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie, comme
(i) Louis de Bourbon, fils de Jean de Bourbon et de Catherine de Ven-
dome, ne vers 1376, succeda a sa mere en 141 2 en qualite de comte de Ven-
dome et mourut en 1446. II etait frere du comte de la Marche.
(2) Ici tasse est pris dans le sens du mot allemand tasche ou de I'italien
tasca (bourse).
(3) C'est-a-dire briile.
I 82 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 99 vo]
dit est, le roy de Sicile donna a Monseigneur aux estraines le
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et IX.
[S G, n° 364; prise 11= xxv liv. t.]
687. Item, une petite salliere depierre serpentine, toute roonde,
le pie et couvercle d'argent dore, et ou fretelet du couvercle a
HI pierres roondes sur couleur d'amatistes et quatre petites per-
les. Laquelle salliere monseigneur le conted'Armeignac donna a
mondit Seigneur a estrainnes le premier jour de Janvier Tan
mil CCCC et six.
Iste due partes, cum ii*"'" aliis partibus in alia pagina sequentibus [686-
689], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 365 ; prise xxii liv. x sous t.]
688. Item, une salliere de cristal, garnie d'argent dore, en ma-
niere d'une petite nef, garnie aux deux bouz de pluseurs langues
de serpens, scant sur un pie d'argent dore; laquelle rnaistre
Philippes de Corbie (i) donna a Monseigneur ou mois de juillet
I'an mil CCCC et IX.
[S G, 11° 366; prise xl liv. t.]
689. Item, une salliere d'argent, faicte en facon d'une aus-
truce ; le ventre de laquelle est d'une coquille de perlc; et siet
sur une terrace d'argent dore esmaillee de vert. Laquelle salliere
fu donnee a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Jan-
vier Tan mil CCCC et IX, par monseigneur de Clermont, a pre-
sent due de Bourbonnois.
fS G, n" 367; prise xl liv. t.]
690. Item, une petite forchete d'or et de cristal, que monsei-
gneur le conte d'Eu (2) donna a estrainnes a Monseigneur le pre-
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et I II I.
[S G, 11° 368 ; prise mi liv. t,]
(1) Philippe de Corbie, seigneur de Mareuil et de Jaigny, maitre des
requetesde I'hotel du Roi, etait tilsnaturel d'Arnaud de Corbie, premier pre-
sident du Parlement de Paris en 1373, devenu chancelicr de France en
i388, et qui conserva ces fonctions jusqu'en 141 3. Philippe est nomme dans
le testament de son pere public par M. Tuetey {Choix de Testaments, p.
285-295. — Cf. Blanchard, Genealogies des maistres des reqiiestes ordinaires
de I'hostel du Roy, Paris, 1670, in-fol. p. 86.)
(2) Charles d'Artois, comte d'Eu, fils de Philippe d'Artois, connetable de
France; il mourut en 1472.
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 OO V^] 1 83
691. Item, une cuiller decorneline aun manche d'argent dore,
en un estui de cuir, que monseigneur d'Armeignac donna a
Monseigneur.
[S G, n" 9S4; prise xi. sous t.]
692. Item, une petite nefde cristal, garnie d'argent dore, seant
sur un pie d'argent dore, et tout entour de la bordeure de ladicte
nef et du pie d'icelle a petites fleurs esmaillees de bleu. Laquclle
nef monseigneur ie grant maistrc de Roddes (i) donna a Monsei-
gneur ou mois de novembre Tan mil CCCC et X.
[S G, n° 369; ncant pour cc que Icdit commis en a fait rccepte ou compte
des funerailles.]
693. Item, une salliere faicte en maniere d'un serpent volant
d'argent dore, qui a en la gueule une petite langue de serpent,
seant sur un pie d'argent dore, ouvre en maniere de branches
fueillues ; et dessoubz la teste dudit serpent est le lieu a mettre
le sel qui est d'une petite pierre de jaspre vermeil. Laquelle sal-
liere monseigneur le conte d'Eu donna a mondit seigneur le
Due aux estrainnes le premier jour de Janvier I'an mil CCCC
etXI.
[S G, n° (jSS; prise xii liv. t.]
094. Item, une grant saliere d'agathe en fa^on d'un hannap,
goderonnee, garnie d'or, les pie et couvercle d'or, et le fretelet
est d'un bouton d'or esmaillie de bleu. Laquelle saliere messire
Lermite de la Faye (2) donna a Monseigneur aux estrainnes le
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII. Et n'est point
rendue en recepte es comptes precedens (3).
Iste iiii" partes, cum parte in pagina sequenti [690 a 694], tradite et red-
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 662; prise vi" liv. t.]
695. Item, une saliere d'or, ouvree aouvraige de Venise, faicte
a pans, ou fons et ou couvercle de laquelle a deux pieces plates
(i) Philibert de Naillac tut grand maitre de I'ordre dc Rhodes de 1396
a 142 1.
(2) Voy. sur Lhermite de la Faye la note de I'art. 593.
(3) Get article et les deux suivants, d'une ecriture difFerente du reste du
compte, out ete ajoutes apres coup.
184 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. lOl]
de cassidoinne; et siet sur iiii roes d'or en maniere d'un chariot,
et ou fretelet du couvercle a deux petis balaisscaux, deux petites
langues de serpens et deux perles branlans, et par dessus a i sa-
phir longuet. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie, conimc dit
est, fu donnee a mondit Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC
et XII, par sire Mace Heron, son tresorier general; et n'est
point rendue en recepte es comptes precedens.
K. — Missa fuit cl data summo pontifici, et portata cidem per magistrum
Michaelem Bovis, [ut] constat per mandatum Domini datum xi" die aprilis,
anno M° CCCCXII'", hie traditum; virtute cujus acquittatur hie dictus Robi-
netus de eadem.
696. Item, une autre saliere d'or, faicte et esmaillee en fayon
d'un petit chiennet, seant sur un entablement d'or, garni de
V balaisseaux et v perles. Laquelle saliere fu donnee a mondit
Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC et XII, par madame la
Duchesse, sa compaigne; et n'est point rendue en recepte es
comptes precedens.
K. — Data fuit domino duci Acquitanie (i) per mandatum super prima
parte secunde pagine clvii folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus
Robinctus acquittatur hie de eadem.
VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR
ESCHANCONNERIE, QUI EST DESDIZ INVENTOIRES.
697. Item, de xii hannaps d'argent, dorez, qui furent de feu
monscigneurd'Estampes,esmaillez ou fons des lettres del'ABC,
pesans ensemble xli marcs v onces x esterlins, ledit Robinet
d'Estampes est deschargie et acquittie d'un d'iceulx hannaps
pour les causes contenues en I'arrest mis sur la partie desdiz
hannaps, qui est la derriere partie du xx'^ fueillet du livre desdiz
comptes precedens. Pour ce icy seulement xi desdiz hannaps.
Isti xi"'"" ciphi redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinc-
tum et postmodum venditi, prout superius folio iiii" vii in prima parte dicti
;i) Louis, due dc Guienne, his de Charles VI, mort en 1415.
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I O I V°] I 85
folii, et precium receptum fuit per Johannem Lebourne in summa de
VI" ix° xxxin lib. VII sol. vi den. t., prout ibi; et ideo super ipsum Le-
bourne (i).
[B, n- 84.]
698. Item, six hannaps d'argent, dorez, esmaillez ou fons d'un
chapellet de flours de courte cornille (2); pesans xvi marcs.
K. — Dicti VI ciphi, cum aliis jocalihus auri et argenti, traditi fuerunt
Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem
redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii'* parte nonagesimi
vi" folii hujus compoti; virtutc quorum dictus Robinetus acquittatur hie de
ipsis ad onus dicti thcsaurarii.
[B, n" 85.]
699. Item, VI autres hannaps d'argent, dorez, esmaillez ou fons
de flours de horraiche(3); pesans xviii marcs 11 onces x esterlins.
Redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus, et venditi,
prout superius prima parte; precium quorum receptum fuit per Johannem
Lebourne in summa vi" ix'= xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut in prima parte
folii iiii" VII superius; et ideo super dictum Lebourne.
[B, n" 8G.]
700. Item, de six autres hannaps d'argent, dorez, esmaillez
ou fons d'un soleil, pesans ensemble xviii marcs iiii onces x es-
terlins, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquittie
d'un desdiz hannaps pour les causes contenues en I'arrest mis en
la partie d'iceulx six hannaps, qui est la iii« du xxi^ fueillet en-
suivant. Pour ce icy seulement v desdiz hannaps (4),
K. — Dicti quinque ciphi in pondere xv marc. 11 one. argenti, cum aliis
pluribus jocalibus auri et argenti, traditi fuerunt Matheo Heron, thesau-
(i) Une note de I'inventaire B constatait la perte d'un des hanaps. II est
done singulier qu'on en fasse figurer encore douze au present inventaire.
(2) Est-ce la corniole, dont le fruit appele chataigne d'eau se mange dans
certains pays, qu'on a voulu designer ici ? La corniole, aussi nominee tri-
bule aquatique, a une petite fleur blanche, a quatre petales.
(3) Les feuilles de mouron et de genet etaient les emblemes favoris de
Charles VI; I'epi d'or avait ete adopte par le due de Touraine. La fleur de
bourrache se rencontre aussi assez frequemment dans les inventaires de
cette epoque; on la trouve deja sur celui de Charles V; n° 278 : « un hannap
cizelle de rozes et fleurs de bourresches. » — Voy. aussi le n° 976.
(4) D'apres I'inventaire B (n" 87) un des hanaps avait cite perdu « penes
Casinum de Serenviller ». Casin de Serenviller, chambellan du due de
Berry, est souvent cite dans les notes de I'inventaire B, au sujet des pre-
sents qu'il re?oit de son maitre. II mourut avant 1416; car il n'est plus
question dc lui dans les deux derniers inventaires.
I 86 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I 02]
rario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem redditam cum mandato
dicti Domini super nii^ parte nonagcsimi vi'' folii hujus compoti; virtute
quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesaurarii.
[B, n" 87.]
701. Item, deux bassins d'argeiit, dorez, a laver, qui furent de
feu monseigneur d'Estampes, esmaillez ou fons aux amies de
la royne Jehanne d'Evreux (i), pesant xi marcs ni onces.
K. — Dicti duo pelves traditi t'uerunt, cum pluribus aliis partibus auri et
argenti, Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per certifficacionem
suam redditam cum mandato ejusdem Domini super iiu'" parte nu" xvi''
folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad
onus dicti thesaurarii.
[B, n" 90.]
702. Item, deux bassins d'argent, dorez, goderonnez, esmaillez
es fons de deux ymaiges, Tun de Hetor de Troye et Tautre de
Bertran de Claquin (2), pesans xx marcs 11 onces x esterlins.
Dicti duo pelves redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus, et venditi, prout in prima parte folii nu'^'^ vn superius, et precium re-
ceptum per Johannem Lcbourne in summa vr" ix'' xxxni lib. vn sol. vi den.
t., prout ibi. Quare super ipsum ad computandum.
[B, n" no.]
703. Item, de deux tassesd'or,pIainnes, asouaige(3), sans cou-
vercle, ou fons desquelles par dehors avoit en chascune un escu-
9on hachie aux amies de feu monseigneur d'Estampes, pesans
ensemble ni marcs v onces, ledit Robinet d'Estampes est des-
chargie et acquictie de Tune desdictes tasses (4) pour les causes
(i) Jeanne d'Evreux, troisieme femme du roi Charles IV, mariee en i325,
morte le 4 mars iSyo. On trouve beaucoup d'ohjets lui ayant appartenu
dans I'inventaire de Charles V.
(2) « Bertrand du Guesclin » sur I'inventaire B. Get article prouve la po-
pularite dont jouissait Ic heros de la guerre contre les Anglais. L'inven-
tairc dcs tapisseries de Charles VI donnc un autre tcmoignage de cctte
prompte apotheosc. Du Guesclin etait represente sur une tenture de la
collection royale. Enfin, on sait que le nombre des Prcux t'ut augmcnte en
sa faveur, et porte, pour lui faire place, de neuf a dix.
(ji) Voy. I'explication du mot plain {planus), tout plain, donnee par M. La-
barte, dans Vlnventaire de Charles V (p. 16, note 2). II designerait des
pieces d'orfevrerie, ou meme dcs etofles sans orncment, tout unies. Le terme
souaige, signifie moulurc,boudin ; il s'agit done d'un vase uni, n'ayant pour
toute decoration qu'une moulure.
(4) L'iuventaire B, porte cette note : « una fuit perdita in Nigella, ut per
conipotum... »
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I02 V"] 187
contenues en Tarrcst mis sur la partie d'icelles ii tasses qui est la
vni<^ du XL= fueillet ensuivant. Pour ce icy seulement Tune des-
dictes tasses.
Dicta tassa auri reddita ct tradita fuit Parisius per dictum Robinctum
cxccutoribus. Et ideo acquittatur de eadem dictus Robinctus.
[B, a" 341. — S G, n" 6G3; I'une des deux pcsant i marc vi onccs iiii es-
tcrliiis et demi ; prise ex liv. t.]
704. Item, de vint et deux tasses d'argent dore, oil avoit en
chascune un ours grave ou fons, pesans ensemble xlhii marcs
III onces, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquictie
de xiiii desdictes tasses pour les causes contenues es corrections
ou arrests mis sur la partie d'icelles xxii tasses, qui est la v= partie
du XLi<= fueillet ensuivant. Ainsi demeure seulement vni desdictes
tasses; et Monseigneur en a achate ini parailles qui sont declai-
rees en la in'' partie du ciiii^^ et iiir fueillet ensuivant. Pour ce
icy lesdictes deux parties, xii tasses.
K. — Una de dictis xu"-" tassis argcnti amissa fuit die festi sancti Andree
apostoli anno M" CCGC" XIII in hospicio deNigella,ut constat per certiffica-
cionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris expensarum hospicii dicti
Domini, datam vii"" die decembris sequentis eodem anno, ligatam cum man-
date Domini super n" parte cxviii folii iiii" compoti dicti Robineti reddito;
virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de dicta tassa.
De dictis xi tassis remanentibus de dictis xii tassis, una dc eisdem fuit
amissa in hospicio Nigelle viii» die junii M CCCC XVI", prout constat per
litteras dicti domini Ducis datas dicta die et per certifficacionem magistro-
rum hospicii et contrarotulatoris ejusdem, hie redditas. Et residuum, quod est
X tassarum, redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus et
venditum, prout in prima parte folii iiii" vii superius; precium quarum re-
ceptum fuit per Johannem Lebourne in summa vi™ ix"= xxxiii lib. vii sol. vi
den. t., prout ibi. Et ideo super dictum Lebourne.
[B, n» 349.]
705. Item, une cruche d'argent, mal doree, a mectre eaue, sur
laquelle sont hachees les armes de Monseigneur; pesant xii marcs
V[ onces et demie. Ainsi declairee en la derriere partie du xl""=
fueillet dudit livre.
Dicta crucha reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus, et
vendita, ut supra. Et precium receptum per dictum Lebourne in summa
superius. Quare super ipsum.
[B, n" 344.]
706. Item, de une paire de bassins d'argent dorez a laver, et
1 88 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. Io3]
ou fons esmaillez aux armes de Monseigneur, et sur les hours
hachiez a fueillages et a ours, pesans ensemble xvi marcs i once
et demie, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquictie
de Tun desdiz bassins pour les causes contenues en Tarrest mis
sur la partie d'iceulx bassins, qui est la vi= partie dudit xnMueil-
let; et monseigneur le Due a achate un autre en lieu, pesant
VIII marcs x esterlins, qui est declaire en la iiF partie du ii'-^
iiii^^ vii^ fueillet ensuivant. Pour ce icy pour lesdictes deux par-
ties, deux bassins d'argent dorez, esmaillez ou fons aux armes
de Monseigneur; pesans ensemble environ xvi marcs.
Isti duo pelves redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Rohine-
tum et venditi, ut supra; preciiim quorum receptum fuit per dictum Le-
bourne, prout in 11''"= partibus precedentibus. Et ideo super ipsum.
[B, no 35o.]
707. Item, un camahieu ou il a pluseurs ymaiges de taille en-
tour Ic pie, et le couvercle garni d'or; et y a mi saphirs,
mi petites esmeraudes et vm petites perlcs de petite valeur.
[B, n" 43o. — S G, n" oHf); prise ini" liv. t.]
708. Item, d'un hannap de cristal garni d'or et de pierrerie,
declaire en la premiere partie du liiii'= fueillet dudit livre, ledit
Robinet d'Estampes est acquictie dudit or et pierrerie pour les
causes contenues en I'arrest mis sur la partie dudit hannap.
Pour ce icy seulement ledit hannap de cristal, sanz couvercle,
non garni.
Iste 11" partes [707-708] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinclum executoribus. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
[B, u° 453. — S G, n" 370, prise xu liv. t.]
709. Item, un hannap de lignum allocs, couvert, garni d'or,
pesant vii onces.
[B, n" 455. — S G, n" 371 ; prise xxxvi liv. t.]
710. Item, un hannap de cristal, garni d'argent dore, avec le
pie; et sur le couvercle a vi esmaulx de petite valeur, et ou fons
une rose enlevee; pesant 11 marcs vii onces xv esterlins.
[B, n° 456. — S G, n" 372 ; prise xxx liv. t.]
711. Item, un hannap de cristal avecques le couvercle, garni
d'argent dore, sur un pie goderonne, seant sur iii tournelles;
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 04] I 89
sur le couvercle un freteletde fa(;on de bouton d'argent dore; pe-
sant III marcs vii onces x esterlins.
Iste tres partes accolate [709-711] tradite el reddite fuerunt Parisius per
dictum Robinetum, ut supra.
[B, n" 45-. — S G, n° 373; prise xl liv. t.]
712. Item, un goubelet de jaspre, garni d'argent dore, seant
sur un pie, ou il a de mauvaise pierrerie; et sur le fretelet a une
tour; pesant tout in marcs iii onces v esterlins.
[B, a" 460. — S G, n° 987; prise xviii liv. t.]
713. Un goubelet de cristal, a deux ances de mesmes, garni
d'argent dore, esmaillie sur le couvercle d'un Agnus Dei; pesant
VI marcs v onces v esterlins.
[B, n° 461. — S G, n° 988; prise l liv. t.]
714. Item, un goubelet de cristal, garni d'argent dore, seant
sur un pie a iiii leonceaulx; et sur le couvercle, qui semblable-
ment est de cristal, a un fretelet d'une amatiste; pesant tout
II marcs v onces vii esterlins obole.
[B, n° 465. — S G, n" 989; prise xvi liv. t.]
715. Item, un goubelet de cristal, garni d'argent dore, assis
sur un pie, hachie de branches aians en chascune iii rozes; et
sur le fretellet du couvercle un bouton roont, esmaillie de bleu,
et pardessus une roze vermeille; pesant tout ii marcs v onces.
Iste quatuor partes [712-715] reddite fuerunt ut supra.
[B, n" 466. — S G, 11° 374; prise xvi liv. t.]
716. Item, un petit goubelet d'une amatiste, sans couvercle,
garni d'argent dore ; pesant i marc ii onces.
[B, n» 469. — S G, n" 375 ; prise x liv. t.]
717. Item, une aiguiere de cristal, garnie d'or, a un biberon
d'une serpent volant ; et dessus le couvercle a un esmail, et
alentour vi perles ; pesant tout iii marcs iii onces xv esterlins.
[B, n" 474. — S G, n" 376; prise nii"'' liv. t.]
718. Item, une autre aiguiere de cristal, avecques I'ance ou-
vree de mesmes, le pie et couvercle d'or tout plain ; pesant
ensemble ii marcs vi onces x esterlins.
[B, n" 475. — S G, n° 377; prise xl liv. t.]
719. Item, une aiguiere de jaspre, a un biberon d'une teste de
igo va'SSellt: des inventaires [fol. 104 \°]
serpent, garnie d'or , et le fretclet esmaillie de vert; pesant
11 marcs vi onces v esterlins.
[B, n» 476. — S G, n" 990; prise lxx liv. t.]
720. Item, une autre grant aiguiere d'argent, doree, a un bi-
beron d'une teste de serpent, esmaillee par dehors a esmaulx de
pelite et de maconnerie de pluseurs ymaiges et bestes eslevez ;
et dessus le couvercle un chastel oil il a un homme jouant d'une
musete; pesant tout ix marcs vi onces xv esterlins.
Iste quinque partes, cum trihus aliis partibus scquentibus in alia pagina
[716 a 723], reddite et tradite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut
supra.
[B, n''477. — S 0,11° 378; neant cy pour cc que Icdit commis en a fait rc-
cepte ou compte des funerailles.]
721. Item, une aiguiere de cristal d'ancienne facon, a un bi-
beron d'une serpent tenant a un lion, et I'ance d'une serpent vo-
laige, assise sur un pie fait de fueillages; pesant vni marcs.
[B, n" 478. — S G, n- 991 ; prise xlviii liv. t.]
722. Item, une aiguiere de cristal, a un biberon d'une serpent,
garnie d'argent dore, et alentour fait de fueillages esmaillez;
pesant ini marcs.
[B, n° 479. — S G, n" 992 ; prise xviii liv. t.]
723. Item, une autre aiguiere de cristal, d'ancienne fagon, a un
biberon d'une serpent, et I'ance d'une serpent volaige, garnie
alenviron de fueillages esmaillez de bleu; pesant ni marcs vi on-
ces V esterlins.
[B, n» 480. — S G, n" 379; prise xxini liv. t.]
724. Item, une autre aiguiere semblable et de semblable facon ;
pesant in marcs nii onces v esterlins.
[B, n^ 481. — S G, n" 38o; prise xx liv. t.]
725. Item, une autre aiguiere de cristal, I'ance de mesmes
avec le couvercle, garnie d'argent dore, a un biberon; et sur le
couvercle a un fretelet de fueilles de chesne; pesant ni marcs
VI onces v esterlins.
[B, n" 482. — S G, n" 38 1 ; prise xxiiii liv. t.]
726. Item, une aiguiere de cristal avecques le couvercle, gar-
nie d'argent dore, a un biberon d'une aigle volant, et I'ance d'un
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 o5 V°] IQI
serpent volant, le pie hachie de rozes ; pesant ii marcs mi on-
ces II esterlins obole.
[B, n" 488. — S G, 11" 3S2 ; prise xii liv. t.]
727. Item, une aiguiere d'argent, doree, esmaille par dehors
de pluseurs esmaulx de hommes sauvaiges et autres devises ;
pesant in marcs v onces.
Iste im'"' partes, cum aliis iiii"'' partibus in pagina Gcquenti [724 a 73i],
tradite et reddile fuerunt Parisius, iit supra.
[B, n" 489. — S G, 11° 383; prise xxvi liv. t.]
728. Item, un pot de cristal, avec I'ance de mesmes, garni d'or ;
et sur le couvercle un fretelet oil il a un saphir et in petites per-
les ; pesant vii marcs in onces x esterlins.
[B, n" 492. — S G, n" 384; prise iiii" liv. t.]
729. Item, un autre pot de cristal, avec I'ance de mesmes,
garni d'or et de semblable maniere; et sur le fretelet a un sa-
phir et III petites perles; pesant v marcs vii onces xii esterlins.
[B, n" 493. — S G, n" 385; prise im" liv. t.]
730. Item, un pot de porcellainne, a une ance d'argent blanc,
et le demourant avec le couvercle garni d'argent dore, et dessus
le couvercle a un esmail de pelite; pesant i marc v onces
XV esterlins.
[B, 11° 494. — S G, n» 993 ; prise c sous t.]
73 I. Item, un autre pot de porcellainne, avec I'ance de mes-
mes garnie d'argent dore; et dessus le fretelet une roze d'argent
doree ; pesant i marc i once.
[B, n" 495. — S G, 11° 994; prise c sous t.]
732. Item, un long pot de jaspre, qui fu de feu monseigneur
d'Estampes, a un pie d'argent (i), esmaillie d'esmaulx de pe-
lite, et dessus le couvercle a I'endroit de I'ance a une serpent vo-
lant; pesant tout ix marcs v onces x esterlins.
[B, n" 496. — S G, n" 386; prise xxxvi liv. t.]
733. Item, un grant pot de cristal, Tance de mesmes, garni
d'argent dore; ety a sur le pie pluseurs ymaiges jouans d'instru-
L'inventairc B dit : « A un pic d'or ».
192 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 06 vc]
mens, faisans pluseurs contenances, et dessus le fretelet une
branchc de chesne; pesant ii marcs ii onces xv esterlins.
[B, n" 497; — S G, n" 3S7; prise lxx liv. t.]
734. Item, un petit pot de crista!, Tance et couvercle de mes-
mes, garni d'argent dore ; on fons un roy seant en une chaiere
esmaillee, tenant un escu aux amies de France; et dessus le
fretelet du couvercle un saphir ; pesant ensemble iii marcs i once
XII esterlins obole.
[B, n° 498. — S G, n° 388; prise xx liv. t.]
735. Item, une pincte de cristal, garnie d'argent dore, et sur
le pie esmaillie en aucuns lieux, et en autres a chaitive pierre-
rie ; et sur le fretelet un bouton esmaillie de bleu, alentour de
menues perles; pesant x marcs i once.
Iste quatuor partes, cum tribus aliis partibus immediate sequentibus [732-
738], tradite et reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[B, n° 499. — S G, n" 9o5; prise c liv. t.J
736. Item, d'un petit barrillet de cristal, garni d'or et de pier-
rerie, dcclaire en la n'^ partie du lix*^ fueillet dudit livre des comp-
tes precedens, est deschargie et acquictie ledit Robinet d'Estam-
pes de Tor et pierrerie dudit barrillet pour les causes contenues
en I'arrest mis sur ladicte partie. Pour ce icy seulement ledit
barrillet de cristal non garni.
[Dans I'inventaire B, n" 5o6, cet article est plus complet. — S G, n° 996;
ledit barillet non garni; prise xx s. t.]
737. Item, deux barrillez de cristal, garniz d'argent dore, es-
cript a Fentour de lettres grecques; en chascun trois piez et deux
ances; pesant v marcs ii onces x esterlins.
[B, no 507. — S G, n" 389; prise xxxii liv. t.]
738. Item, une serpent volaige de cristal, garnie d'argent
dore, a piez de griffon et deux ailes esmaillees; et a dessus un
homme nu d'argent blanc, a un chapel esmaillie; et sur la teste
dudit serpent a une branche de corail ; pesant v marcs i once x es-
terlins.
[B, n° 5 1 6. — S G, n° 997; prise xxx liv. t.]
739. Item, deux petis flascons de deux pierres de roche blan-
VAISSELLE DEs'lNVENTAIRRS [fol. \ OJ V»] ig3
che et vermeille, esquielx a deux cristaulx garniz d'argent
dore, et en chascun un esmail vermeil ou il a une estoille et un
soleil dedens; pesant ix marcs in onces.
[B, n» 8o5. — S G, n" 3yo; prise xxiiii liv. t.]
740. Item, une bouteille de jaspre noir, garnie d'un tixu de
soye vermeille, dont la boucle, le mordant et pluseurs clos sur
ledit tixu, faiz en guise de campanes, sont d'or, et Testoupillon ( i )
garni d'or en maniere d'une roze; pesant tout ensemble xnii
marcs.
[B, n" 807. — S G, n" 3gi ; prise lxx liv. t.]
741. Item, une grant boutaille de pourfire de Romme (2), sans
estoupillon, garnie d'un tixu de soye bleue, sur lequel a plu-
seurs clos d'argent dorez; pesant xxni marcs nii onces.
[B, n" 808. ■ — S G, n° 998; prise xii liv. t.]
742. Item, une autre grant bouteille de Jaspre vermeil, garnie
en I'un des bouz d'argent dore, ou il a un escu9on esmaille aux
armes de Monseigneur, et entour ledit escugon deux ours, et
au dessus un eigne; pesant vn marcs i once. Et est mise en un
estui de cuir feustre de veluiau, fermant a clef, ou se tient une
chaienne d'argent dore.
Reddite fuerunt ut supra [739-745].
[B, n° 809. — S G, n" 999; prise xvi liv. t.]
743. Item, un barril de pourfire de Romme, garni de cuivre,
[B, 11° 8[(i. — S G, 11° 1000; prise iiii liv. x sous t.]
744. Item, un barril de bois, tout a euvre de Damas, ouvrd
d'argent dore, dont les deux tons sont d'yvoire a ymaiges enle-
vez, scant sur quatre angels d'yvoire, chascun tenant un doublet,
et y a une ceincture azurce, clouee de clos de semblable ouvre;
pesant tout ensemble v marcs i once et demie.
[B, n" 81 1. — S G, n° 392 ; prise xxv liv. t.]
(i) Estoupillon est pris ici dans ie sens de bouchon. Ce terme designait
encore recemment I'etoupe formant la bourre dans les canons de la marine.
(2) Le porphyre vient d'Orient. M. de Laborde, dans son Glossaire, raconte
qu'il a rencontre des montagnes entieres de porphyre durant son voyage a
travers I'Arabie Petree. Le moyen age dit : porphyre de Rome, en raison sans
doute de la grande quantite de statues, de colonnes et de vases en por-
phyre amassee a Rome par les succcsseurs d'Auguste.
i3
194 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I o8]
745. Item, deux barrilz de pourtire, garniz d'argent vere et
de deux tixuz de soye, clouez de peiiz clos d'argent vere; pesant
XVI marcs v onces.
[B, n" 812. — S G, n° 3g3; prise xx liv. t.]
746. Item, un petit pot d'argent mauvaiz dore, fait en maniere
de neelleure, hachie a tabernacles, ou il a pluseurs ymaiges de
roys et d'evesques, I'ance d'un serpent, le couvercle hachie de
lettres grecques ; pesant iii marcs 11 onces v esterlins.
Redditus fuit Parisius ut supra.
[B, 11° 814. — S G, 11° 394; prise xx liv. t.]
747. Item, une aiguiere d'argent dore, hachee alentour de
lettres grecques sur autre devise, le couvercle couronne; pesant
II marcs 111 onces v esterlins.
K. — Dicta aquaria, cum pluribus aliis vasis et jocalibus auri et argenti,
tradita fuerunt Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam
certifficacionem redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii" parte
nil" xvi'' folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur
hie de ipsa ad onus dicti thesaurarii.
[B, n"8ig.]
748. Item, une aiguiere a deux biberons d'argent dore, gode-
ronnee et poin^^onnee, qui a sur le couvercle un fretelet esmail-
lie de bleu, qui t"u de feu monseigneur d'Estampes; pesant in
marcs i once.
K. — Tradita fuit ut supra, et acquittatur hie dictus Robinetus de eadem
ad onus dicti thesaurarii.
[B, n" 823.]
749. Item, un autre aiguiere d'argent dore, oil il a fueilles de
chesne tout alentour, et le biberon d'un horn me portant un pe-
tit pot a son col, qui fu de feu mondit seigneur d'Estampes; pe-
sant III marcs mi onces x esterlins.
Ista pars, cum quatuor aliis partibus sequentibus [749-753], reddite et tra-
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquit-
tatur hie.
[B, n" 824. — S G, n» 395; neant pour ce que ledit commis en a compte
ou compte des funerailles, et aussi que ladictc aiguiere fut donnee a maistre
Nicolas des Pres a Bourges...]
750. Item, une aiguiere de jasprc, garnie d'argent dore, sanz
biberon, poin^onnee ; pesant iii marcs vi onces x esterlins.
[B, n" 825. — S G, n" looi ; prise xii liv. t.]
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I O9] igS
751. Item, une aiguiere de cristal, sanz couvercle, a un bibe-
ron, gariiie d'argent dore, goderonnec, scant sur trois tours; pe-
sant n marcs vi onces x esterlins.
[B, n° 82G. — S G, n° 1002; prise xvii liv. x sous t.]
752. Item, un hannap d'argent dore, goderonne, fait a fueil-
lages, OLi il [a] sur aucuns des goderons fueillages et lis d'enle-
veure (i), et sur le couvercle un fretelet roont, esmaillie, qui fu
de feu monseigneur d'Estampes; pesant iii marcs vi onces xv es-
terlins.
[B, n° 827. — S G, n° 3g6; neant cy comme dessus.]
753 Item, un hannap de jaspre, garni d'argent dore, et un
couvercle dessus, hachie de rozes et autres flours, et le fretelet
esmaillie de bleu; pesant tout iiii mars v onces x esterlins.
[B, n" 829. — S G, n" 397; prise xxiiii liv. t.]
754. Item, un hannap de Jaspre vermeil, sans couvercle, assis
sur un pie d'argent dore, esleve et esmaillie en pluseurs lieux de
fueillages, et bourde par dessus; pesant n marcs v onces v es-
terlins.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[B, n° 83o. — S G, n° ioo3; prise xiii liv. t.]
755. Item, une coupe d'argent dore, dont le pie est rompu
aupres de la coupe, goderonnee ; pesant avec le couvercle ii marcs
I once X esterlins.
K. — Dicta cupa, cum aliis pluribus jocalibus auri et argenti, tradita fuerunt
Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem
redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii'* parte nonagesimi vi" folii
hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de eadem,
ad onus dicti thesaurarii.
[B, n»83i.]
756. Item, le couvercle d'un hannap d'argent dore, esmaillie
par dessus de femmes qui couronnent deux cerfs, et sur le fre-
telet a un bouton esmaillie de bleu, lequel couvercle sert a un
hannap de voirre, ou il a ou milieu un esmail; pesant i marc
III onces X esterlins.
[B, n" 832. — S G, n° 1004; prise x liv. t.]
757. Item, une coupe d'un oeuf d'austruce, garnie d'argent
(i) C'est-a-dire en relief
I 9^ VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I I o]
dore, esmaillee sur le couvercle a un J, une R et un E, et sur le
fretelet un aigle volant; pesant v marcs iiii onces x esterlins.
Iste due partes, cum qualuor aliis partibus sequentibus in alia pagina [ySG-
761], reddite et tradile fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus;
et ideo acquittatur hie.
[B, n° 837. — S G, n" 39S; prise xxx liv. t.]
758. Item, une noix d'Inde, garnie d'argent dore, et dessus le
fretelet du couvercle a un lion, auquel pend une langue de ser-
pent; pesant vn onces v esterlins.
[B, 11° 838. — S G, n° ioo5; prise lx sous t.]
'759. Item, un goubelet d'yvoire, fait a ymaiges eslevez, garni
par dedens d'argent dore, esmaillie ou fons, scant sur un pie
d'argent esmaillie; pesant, avec le couvercle de mesmes, 11 marcs
VI onces xv esterlins.
[B, n" 839. — S G, n" 399; prise xxii liv. t.]
760. Item, une aiguiere de mesmes, a un biberon, sur le cou-
vercle de laquelle a un bouton esmaillie de bleu ; pesant u marcs
iin onces v esterlins.
[B, n" 840. — S G, n" 400; prise xx liv. t.]
761. Item, un grant creusequin (i) de madre (2), convert, les
(i) Crosequin dans I'lnvent. B, n" 841. Le mot creusequin, d'originc ger-
manique, etait employe pour designer un gobelet ordinairement couvert :
« Un gobelet d'or en guise de creusequin d'Allemaigne. »
(2) Le mot madre, sur lequel on a longtcmps discute, designait un bois
dur et veine, servant a fabriquer des coupes a boire. M. de Laborde cite de
nombreux exemples de hanaps, coupes ou creusequins en madre; il pense
que ce terme servait a designer un bois tres dur, fort employe au moyen
age dans la confection des vases a boire, et il ajoute : « Le mot madre s'e-
tendit plus tard a tons les vases a boire, quelle que fut la matiere dout ils
etaient faits ce qui ne nous parait pas prouve. « — Douet d'Arcq, de son
cote, dit que le mot madre designc tantot des agates ou autres picrres tines
veinees, tantot du bois veine ou marbre. Certaines personnes, ajoute-t-il,
ont voulu y voir de la porcelaine. (Voy. Inventaive des joyaux de la coii-
ronne de J 41 8, n" 63, 269 et suivants.)
La correspondance de Peiresc avec les freres Dupuy, que public en ce
moment M. Tamizey de Larroque, contient (tome II, p. 336), un long passage
qu'il faudrait pouvoir citer en entier, ou Peiresc compare les tables citrines
des anciens, faites avec une certaine espece de citronnier, aux tables ma-
drees. Les tables madrees etaient done des tables de bois, ou les noeuds ou
loupes de la matiere formaient des dessins singuliers. Ce mot ne viendrait-il
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I I O vo] \qj
bours garni d'argent dore esmaillie, ou fons un escu aux armes
de Monseigneur; pesant ii marcs v onces xv esterlins.
[B, n° 841. — S G, n° 401 ; prise x liv. t.]
762. Item, un autre creusequin de madre, non garni.
[B, n" 842. — S G, n" 1006; prise xlv sous t.]
763. Item, un petit hannap de madre, couvert, dont les pie et
fretelet sont d'argent dore, et ou fons esmaillie des armes de feue
madame Katherine de France (i); pesant iii onces v esterlins.
[B, n" 844. — S G, n" 402 ; prise xlv sous t.]
764. Item, un petit hannap de jaspre vermeil, rompu, sur^un
pie d'argent dore esmaillie, et ou fons dudit pie a un escu^on
des armes de Monseigneur; pesant i marc iiii onces.
[B, n" 845. — S G, n" 1007; prise iiii liv. t.J
765. Item, un petit goubelet de cristal, avec I'aiguiere de mes-
mes, garniz d'or, a couvercle, et fault la bourdeure dudit gou-
belet; pesant tout ensemble 11 marcs i once x esterlins.
[B, n» 846. — S G, n" 403 ; prise xlv liv. t.]
766. Item, un petit hannap de madre, a couvercle, le pie et le
fretelet d'or, ouquel fretelet a i saphir et v perles.
Reddite fuerunt Parisius, ut supra.
[B, 11° 847. — S G, n° 404; prise xxiiii liv. t.]
767. Item, deux bassins d'argent a laver, dorez par dedens,
esmaillez ou fons, Tun d'un homme tenant un oiseau, et I'autrc
d'un homme scant, aiant une jambe sur autre; pesant ensemble
xiiii marcs n onces.
K. — Dicti duo pelves traditi fuerunt, cum pluribus aliis partibus auri et
argenti, Matheo Heron, thesaurario domini Ducis, [ut] constat per certitfica-
pas de Madere, d'ou Ton tirait les bois les plus precieux? Voy. Littre aux
mots madre et madre. Bois madre se dit encore d'un bois veine ou tachete.
Dans un compte du due de Berry (Arch. Nat., KK 25o, 2' partie, fol. 74)
on rencontre un achat de cinq coupes de madre pour le prix de 38 liv.
2 sous 6 deniers. Ce n'est done pas une matiere bien couteuse. Citons encore
une « coupe de madre a pare... (sic) » donnee par le due de Bourgogne a
son frere Jean, en i386 (E. Petit, Itine'raires des dues de Bourgogne p. 522).
(1) Catherine de France, fille de Charles V, avait epouse Jean de Berri,
comte de Montpensier, fils du due de Berri, mort sans posterite du vivant
de son pere. Elle-meme mourut en i388.
iq8 VAISSELLE DKS INVENTAIRES [fol. Ill]
tionem suam et mandatiim dicti Domini super iin'" parte nonagesimi vi'' fo-
lii hujus -compoti redditum; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur
hie de ipsis ad onus ejusdcm thesaurarii.
[B, n" 85o.]
768. Item, deux petites pinctes, chascune d'une noix d'Inde,
garnies d'argent vere; pesant ensemble v marcs 11 onces x ester-
lins.
[B, 11° 856. — S G, n° looSj prise xxiiii liv. t.]
769. Item, d'un hanap de jaspre, convert, garni d'or et de pier-
rerie, declaire en la derriere partie du c« fueillet dudit livre des
comptes precedens, est ledit Robinet d'Estampes deschargie et
acquittie de Tor et picrrerie d'icellui goubelet, comme il appert
par la correction on arrest mis sur ladicte partie; pour ce icy seu-
lement ledit hannap avec le couvercle tout de jaspre, non garniz.
[B, n° 936 (i). — S G, n° 1009; prise vi liv. t.]
770. Item, un goubelet de jaspre en maniere d\m creusequin,
qui fu de feu monseigneur d'Estampes, garni d'argent le pie et
le couvercle, et ou fretelet a une aigle d'esmail, et six petits es-
maulx sur le pie; pesant tout 11 marcs ini onces xu esterlins
obole.
Iste III partes, cum ii*"" aliis partibus immediate sequentibus [768-772],
reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut
supra.
[B, no 938. — S G, no loio; prise xvi liv. t.]
771. Item, un pot de cassidoine ouvre, a un couvercle de mes-
mes, garni d'or; et ou fretelet du couvercle a un saphir et trois
perles; lequel pot est ainsi declaire tant ou ni'-' article du ci= fueil-
let dudit livre, comme en la correction faicte sur ledit article.
[S G, n" 405 ; prise lxx liv. t.]
772. Item, un hannap de voirre, ou fons duquel a un P cou-
ronne (2) et un laz d'amours, estant en un estui de cuir. Ainsi
declaire en la penultime partie du ini^^ xix<= fueillet dudit livre.
[B, no 925. — S G, no 406 ; prise vin sous parisis; valent x sous t.]
(i) Voir ci-apres cet article 936 qui est plus dcvcloppe que Ic n° 769 du
present inventaire.
(2) Ce hanap venait peut-ctrc du chef de la maison de Valois, du roi Phi-
lippe VI.
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 2] I 99
VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT, COMME AUTREMENT, POUR
LADICTE ESCHANCONNERIE, ACHATEE PAR MONSEIGNEUR.
773. Item, une fiole de cristal ouvree, garnie d'or et de pier-
rerie, laquelle Monseigneur achata en son chastel d'Estampes,
le xx« jour d'aoust Tan mil CCCC et trois, de Victor Wieric (i),
orfevre et varlet de chambre de Monseigneur, la somme de ii'-' l
escus d'or.
[S G, n° 407; prise vn" liv. t.]
774. Item, un pot de bericle, non garni, lequel Monseigneur
achata a Paris, en son hostel de Neelle, lexxvni'^ jour de Janvier
Tan dessusdit mil CCCC et III, de Jehan Pannier, marchant de
pierrerie demourant a Paris, avec un annel d'or a une croix de
dyamant, dont est faicte mencion en la ni= partie du cnii^-'^ u<^ fueil-
let du livre desdiz comptes precedens, tout ensemble pour le
pris et somme de xl escus d'or; pour ce icy seulement ledit pot de
bericle.
Iste 11° partes (773-774) reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum,
ut supra.
[S G, ii" loi I ; prise ledit pot de bericle seulement vi liv. t.]
775. Item, une pincte de bericle garnie de ii marcs ii on-
ces d'or ou environ, et le fretelet garni de vi perles et i balay,
laquelle Monseigneur achata de Francoys de Nerly, marchant
demourant a Paris, avec les parties des estraines que ledit Fran-
cois delivra a mondit Seigneur pour le premier jour de Janvier
Tan mil CCCC et II II, la somme de in'^ l frans.
Ista pars reddita fuit Parisius, ut supra.
[S G, n" 408; prise ciiii'"' liv. t.]
776. Item, un hannap d'or, convert, d'ancienne fa^on, ou il a
entour le couvercle vi ymaiges faiz en maniere de haulte taille,
et entour chascun ymaige un rooleau escript ; et le fretelet du
(i) L'inventaire S G appclle cet orfevre Victor Wyont.
200 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 112 V°]
couvercle est fait en maniere d'une grosse pomme; garniz lesdiz
couvercle et fretelet de vii balais, ix saphirs, in mauvaises gros-
ses perles brutes, xii autres perles bructes plus petites ; et ou
fons dudit hannap a un balay plus grosset que les autres, seant
sur III poissons en maniere de chaboz; et est garni le pie dudit
hannap tout alentour de saphirs, balaisseaux et perles de pe-
tite valeur. Et est toute la pierrerie tant dudit hannap que du
couvercle assise a jour.
Et entour dudit couvercle a cscript ce qui s'ensuit (i) :
Pontificiim votis anmiant dii romane reipublicc archanaque in
orbis presidia, Apollinis jiissii, summa cum veneracione, ex hoc
Paladis cypho sacramenta libariint aniuiatim, quorum nutu ro-
mano imperio regna cessere.
Et ou roolleau d'un desdiz ymaiges appelle Marcus Emilius,
affuble d'un mantel et arme dcssoubz de lammes ou de plates,
a escript :
Virtutis genus primum consiliare hominum mentes privatas,
reipublice fere esteros (2) primum legibus, dehinc annis compes-
cere.
Ou roolleau du second ymaige, nomme Sempronius Gallus,
qui a pendu un astralabe a sa ceincture, a escript :
Quanto igitur rerum federe juvant elementa celum, jnembra
siiccurrunt compagini, et res ipsa publica deffensenda.
Ou roolleau du tiers ymaige, appelle Publius Claudius, a
escript :
(i) L'article 55 du present inventaire a deja offert un exemple d'inscrip-
tions latines difficiles a expliquer et ii rectifier. Celles que contient le present
article ne le cedent en rien, sous ce rapport, aux precedentes. On trouve ici
un assemblage de noms etranges et inconnus. En vain avons-nous longue-
ment etudie ce texte, en vain I'avons-nous soumis a des erudits competents,
il a ete impossible d'en tirer un sens clair. II semble probable que le hanap,
dit d'ancienne fafon, etait une oeuvre du moyen age, vieille d'un sieclc
ou deux peut-etre, destinee a des conjurations magiques. Tout ce que
nous pouvons assurer, c'est que le texte a ete lu et reproduit avec la plus
scrupuleuse fidelite. Dans les cas douteux, nous donnons en note la secondc
lecture possible.
(2) Lisez : extoos.
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 3] 20I
Non aspernandiim igitur astra obsequiis, denique siipplices
diis Jiinc [i) jiisto bellorum titulo nostre reipublice faveant.
Ou rooUeau du iiii^ yniaige, appelle Celius Servilius, qui tient
en sa main une rose, de laquelle ist une fleur de lis ou est entee
une pomme de pin, a escript :
Prophanum nichil excolunt sidera omnia bona que sagax na-
tura e tenebris celo protulit.
Ou roolleau du v^ ymaige, appelle Lucius Cantulius, qui tient
un doy en sa bouche et une main en un vaissel roont, a escript :
Ea superum dono felicibus auspiciis inchoare, si ad or bis re-
fugium inter archana queque ipsam rempublicam suspicimus.
Et ou roolleau du vi^ et derrenier ymaige, appelle Lucius
Simius (2), qui tient une verge en sa main, a escript :
Litat in/elix cineres urna et dira premunt fontes fata, dum
se celestibus feda coequant ingenia.
Datus fuit domino Regi per dictum dominum Ducem, ut constat per lit-
teras Regis datas xix* die junii M CCCC XVI% superius redditas. Et ideo
idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
jjj. Item, un autre hannap d'or, d'ancicnne facon, nomme le
hannap au serpent, dont le couvercle est d'une coquille de nacle
de perle de la fa^on d'un limagon, garni d'or; et par dessus
ladicte coquille a un serpent et un homme qui le tient par une
chaienne tout d'or, lequel serpent a en la bouche i balay; et est
garni ledit hannap de pierrerie, c'est assavoir : de xi balays et
xvHi perles, et alentour dudit hannap a escript six vers; les
deux premiers sont :
Hie ydram necat, ille Jehum, phites jacet illo ;
Te moritur, jaspus, capitis de jaspide dictus.
Les deux seconds sont :
Te Peam (3) hoc celo vocitant serpente sodalem,
Te Luculum Alchides, te natus Agenore Cadmus.
Et les tiers sont :
(i) Ou huic.
(2) Ou Sunius.
(3) Le texte donne Tepeam en un seul mot.
202 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUK [fol. Il3 V^]
Hec perit in/Iumine jaciilo Thecus, ille sagita,
Ac celojaspus qui te pomponte triumphiis.
Et entour du couvercle dudit hannap sont escripz les vers qui
s'ensuivent :
Persica, quam tcllus genuit, deditydra triumphiim;
Hac Liicio Liiculo p[r]ostrata, itt condita Roma est,
Post centum septem decies tria [i] predia lustra.
Et en la coquille qui est oudit couvercle a escript :
Hec me tutam conca humex cositum semum, quod nulle po-
tuere vires.
Datus fuit per dominum Ducem, Bitturis, regi Sicillie, prout constat per
certificacionem dicti regis, datam xxiiii die junii M CCCC XVI, hie reten-
tam et positam cum aliis litteris hujus inventarii; per quam certificacionem
dictus rex Sicilie confessus est dictum ciphum recepisse, vita dicti domini
Ducis comite; et sic idem Robinetus acquittatur hie de codem.
778. Item, un gouhelet de cristal, garni d'or, lequel Monsei-
gneur achata de Michaut de Lalier, le xxiiii^ jour de septembre
Tan mil CCCC et 1 1 1 1 , pour le pris et somme de cent escus d'or,
ouquel a un couvercle de cristal garni de x onces d'or ou envi-
ron, lequel couvercle Monseigneur achata de Baude de Guy,
le xxv<= jour de decembre ensuivant, la somme de \i^^ frans d'or.
[S G, n" 409; prise c liv. t.]
779. Item, d'un grant goubelet d'agathe, a deux ances de mes-
mcs, declaire en la derriere partie du ciin^^ ni<= fueillet du livre
desdis comptes precedens, ledit Robinet d'Estampes est acquic-
tie et deschargie de I'or et pierrerie dudit goubelet pour les
causes contenues en Tarrest ou correction faicte sur ladicte par-
tie. Pour ce icy seulement ledit goubelet d'agathe non garni.
Iste n" partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori-
bus; et ideo idem Robinetus acquittatur hie.
[B, n" 5i. — S G, n° 1012; prise l liv. t.]
780. Item, un hannap d'argcnt blanc, convert, martelle ou tons,
pesant in onces xn esterlins et obolc, a vii frans v sous t. le marc,
(i) Ou tua.
YAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. II4 V°] 2o3
valent xxii tVans vi sous t; lequel hannap fu achate par Monsei-
gneur de Jehan Tarenne, bourgeois et changeur de Paris, a Vin-
cestre lez Paris (i), le xxi^ jour de Juing Tan mil CCCG et V,
ledit pris de xxii frans vi sous t.
Redditus fuit Parisius cxecutorihus per dictum Robinetum, et venditus,
prout superius folio iiii" vii, in prima parte ibi; et precium receptum per
Johannem Lebourne in summa vi" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut in
dicta parte; quare super dictum Lebourne ad computandum.
781. Item, une coupe d'or et d'esmaulx de pelite, couverte,
garnie de petites esmeraudes, ruhiz d'Alixandre et menues per-
les ; laquelle Monseigneur achata du grant Allehret, orfevre de-
mourant a Paris, ou mois de mars Tan mil CCCG et V, pour
le pris et somme de vi^ escus d'or, et y failloit xviii esmeraudes,
XXXII perles et xii rubiz d'Alixandre, que mondit Seigneur a fait
mettre par la main de Baude de Guy le xxv= jour dudit mois de
mars, qui ont couste dudit Baude, avec I'or et fagon, iiii^^ frans .
Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus. Et ideo acquittatur hie.
[S G, n" 1 192; prise vi liv. t.]
782. Item, d'un grant pot de cristal, garni d'or et de pierrerie,
declaire en la ii'^ partie du ii'^ iiii^^ iiii^ fueillet dudit livre, est
acquictie ledit Robinet d'Estampes de Tor et pierrerie dudit pot,
comme il appert par I'arrest mis sur ladicte partie. Pour ce icy
seulement ledit pot de cristal avec un couvercle de mesmes, non
garni.
[S G, n" ioi3; prise c liv. t.]
783. Item, d'un grant goubelet de cristal, garni d'or et de pier-
rerie, declaire en la v*^ partie dudit ii'-^ iiii^^ ini'= fueillet, ledit
Robinet d'Estampes est acquictie de Tor et pierrerie dudit gou-
belet pour les causes contenues en I'arrest mis sur ladicte par-
tie. Pour ce icy seulement ledit goubelet de cristal avec un cou-
vercle de mesmes, non garniz.
Iste due partes [782-783] tradite et reddite fuerunt, ut supra.
(i) C'est le chateau de Bicetre ou residait souvent le due de Berry. Cette
magnifique demeure fut saccagee par les bouchers de Paris. (Voy. C/;ro»i^/(C
du Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 52 1.)
204 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. Il5 V°]
784. Item, un goubelet de cristal, couvert , fait a pluseurs
quarres, lequel Monseigneur a fait garnir d'or, et la bourdeure
du couvercle esmailler a ours et cignes a la devise de Monsei-
gneur; et ou fretelet dudit couvercle sont esmaillees les armes de
mondit Seigneur.
Ista pars tradita et reddita fuit Parisius, ut supra.
[S G, n" 410; prise lx liv. t.]
785. Item, un bel hannap d'or et d'csmaulx de pelite, ouvre a
jour bien delieement, avec le couvercle de mesmes, et ou fre-
telet dudit couvercle a un balay et in grosses perles que le feu
vidame de Laonnois, en son vivant grant maistre d'ostel du Roy,
donna a Monseigneur; lequel hannap, avec une aiguiere paraille
cy apres escripte, Monseigneur a fait faire parWilequin (i)et ses
deux compaignons, orfevres a Bourges; et poise ledit hannap,
sanz la pierrerie qui est ou fretelet, vni marcs vii onces v esterlins
et obole ; prisie par Jehannin Chenu, orfevre de Monseigneur,
a Lxiiii frans le marc, vault v-' lxx frans mi sous t. , sans la fa^on
qui couste, tant du hannap commc de Faiguiere, ensemble
vii'^ L frans.
Iste ciphus datus fuit per dominum Ducem, Bitturis, domino duci
Guiennej prout constat per litteras dicti domini Ducis, Bitturis datas vii' die
decembris mil CCCC XIIII", superius redditas. Et ideo idem Robinetus de
eodem acquittatur.
786. Item, une belle aiguiere d'or et d'esmaulx de pelite
pour servir audit hannap (2), ouvre paraillement dudit hannap ;
et ou fretelet du couvercle a un gros saphir longuet, percie, et iiii
grosses perles, pesant vii caraz la piece ou environ; laquelle
pierrerie Monseigneur achata de Baude de Guy, le vnF jour de
novembre Tan mil CCCC et VI 1, pour le pris et somme de
ix^^ frans; et poise ladicte aiguiere, sans ladicte pierrerie,
V marcs vi onces xini esterlins obole, qui couste, sans la fa^on
dont mencion est faicte ou hannap dessusdit, audit pris de
(1) II s'appelait Willequin Bonnin. Voy. ci-apres I'article 798.
(2) Le hanap, suivant M. de Laborde, est un vase a boirc couvert, soit
en forme de coupe, soit en forme de calice, ordinairement accompagne de
son aiguiere.
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 116] 2o5
Lxiiii frans le marc, prisie par ledit Jehannin Chenu, iii'-' lxxih
frans xvi sous t.
Ista aquaria auri data fuit, ut supra.
787. Item, d'une bien grant cruche de pourfire, a une ance dc
mesmes, a un couvercle d'or et a un pie d'argent blanc, declaire
en la premiere partie du ii'^ ini'^'' vi« fueillet du livre desdiz comp-
tes precedens, est acquictie et deschargie ledit Robinet d'Estam-
pes desdiz couvercle d'or et pie d'argent, comme il appert par la
correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ladicte cruche de
pourfire, a une ance de mesmes, non garnie.
Ista pars, cum duabus partibus immediate sequentibus [787-789], tradite
et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et idco
acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, no ioi5; prise l liv. t.]
788. Item, un goubelet de cristal a pluseurs quarres, a un
couvercle de mesmes, roont et plat, garni d'or; et ou fretelet du-
dit couvercle a un petit ours d'or, tenant un balay.
[S G, no 664; et le pie d'or, pesant ensemble 11 marcs i once xvn esterlins
et demi; prise lxv liv. t.]
789. Item, d'un pot d'agathe, garni d'or, a ours et cignes enle-
vez, declaire en la derriere partie du ii'^ ini'"' vie fueillet ensui-
vant, est acquictie et deschargie ledit Robinet d'Estampes des
pie et couvercle d'or dudit pot seulement, comme il appert par
la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ledit pot d'a-
gathe sanz couvercle, bourde d'or et seme d'ours et cignes d'or
enlevez.
[S G, no 41 1 ; prise lxvii liv. x sous t.]
790. Item, deux bassins d'argent dore, pesans ensemble xir
marcs v onces xu esterlins et obole, lesquielx Jehan Tarenne
bailla et delivra ou mois de fevrier I'an mil CCCC et V; et, au
pris de x frans le marc, valent vi'^^ vn frans vii deniers et obole t.
Isti duo pelves redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robine-
tum et postmodum venditi, prout superius folio iiii" vn in prima parte
dicti folii, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi'"
IX' xxxin lib. vn sol. vi den. t., prout ibi. Et ideo super dictum Lebourne.
791. Item, un vaissel de pierre serpentine en maniere d'un
creusequin, dont le couvercle est bourde d'argent dore, lequel
206 VAISSELLE ACHETKE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 7]
Monseigneur achata, ou mois de fevrier Tan mil CCCC ct VIII,
Lx escus d'or comptans.
[S G, n» 1016; prise vi liv. t.]
792. Item, un grant hannap dc jaspre vermeil, garni d'argent
dore, couvert, ouvre en maniere dc plumes (i); et sur le fretelet
du couvercle sont les amies de feu monseigneur d'Orleans ;
lequel hannap ainsi fait, comme dit est, Monseigneur achata de
Forest de Corbechy, marchant de Florence, levni<=jour de juing
Tan mil CCCC et IX, pour le pris et somme de vi^^ vin liv.
XVI sous III den. t.
Iste due partes [791-792] tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetuni
executoribus. Et ideo acquittatur hie.
[S G, n" 412; pesant xini marcs xii onces; prise vii'" liv. t.]
7g3. Item, xii grans poz d'argent, dorez, tous plains, armoiez
sur les couvercles aux armes de Monseigneur, pesans ensemble
vi^x marcs, lesquielx furent achatez de Jehan Tarenne, le v<= jour
d'avril I'an mil CCCC et VIII avant Pasques, au pris de x francs
le marc, valent xii^ liv. t.
De istis xii'^'" potis argenti, redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus xi, qui venditi fuerunt, prout superius prima parte folii im" vii;
precium quorum traditum fuit Johanni Lebourne in summa vi" ix'' xxxiii lib.
VII sol. VI den. t., ut ibi; quare super dictum Lebourne.
Et alia retenta fuit per Bernardum d'Armignac, dictum Cadet, prout in
inventario dicte vasselle reperitur.
794. Item, VI autres grans poz d'argent, dorez, en fa^on de
poires, tous plains, a un escu sur I'ance de chascun, hachie aux
armes de Monseigneur, pesans ensemble lxiii marcs iiii onces ;
lesquielx furent achatez dudit Jehan Tarenne, ledit v^ Jour d'avril
mil CCCC et VIII avant Pasques, audit pris dc x frans le marc ;
valent vi^ xxxv liv. t.
Dicti VI poti redditi fuerunt, ut supra, et venditi; precium quorum recep-
tum fuit per dictum Lebourne, ut supra. Et ideo super ipsum.
795. Item, une aiguiere de cristal, en fa^on d'un poisson,
garnic d'argent dore, que mondit Seigneur achata aux estrainnes
mil CCCC et VI.
(i)Il s'agit sans doute d'un dessin, representant des plumes, grave sur I'ar-
gent.
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEl'R [fol. I 1 8] IQ-J
Ista pars rcddita fuit Parisius cxccutoribus per dictum Robineium, ut
supra.
[S G, 11° 41 3; prise viii liv. t.]
796. Item, quatre aiguieres d'argent, dorees, armoiees sur les
couvercles aux amies de Monseigneur, pesans ensemble xvi marcs
nil onces ; lesquelles mondit Seigneur achata de Jehan Tarenne
devant dit, ou mois de Janvier Tan mil CCCC et IX, au pris de
X frans le marc; valent vni'^^ v frans.
Reddite fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum et vendite
prout in prima parte folii im" vii superius; precium quarum aquararium
receptum fuit per Johannem Lebourne in summa vi" ix" xxxiii lib. vii sol.
VI den. t., ut ibi. Et ideo super ipsum.
797. Item, de xxvii tasses d'argent blanc, armoies aux armes
de Monseigneur, declairees en la derriere partie du ii^ nii''^ vni^
fueillet dudit livre desdiz comptes precedens, est acquictie et
deschargie ledit Robinet d'Estampes seulement de sept desdictcs
tasses, comme il appert par les corrections faictes sur ladicte
partie. Pour ce icy le residu qui est xx tasses.
K. — Una dexx" tassis in serie declaratis amissa fuit, ut constat per certifti-
cacionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris expensarum dicti Do-
mini, datam ultima die augusti anno M° CCCC" XIII", hie traditam, cum man-
date dicti Domini simul suto, dato tercia die marcii anno M° CCCC" XIII",
per quod mandatur dictum Robinetum teneri quictum de dicta tassa.
K. — Due alie dictarum xx" tassarum acomodate fuerunt domino de Mar-
chia, tempore quo erat in turre Bicturicensi, et ibidem amisse, [ut] constat
per mandatum Domini datum xi" die aprilis anno M" CCGC° XII", hie red-
ditum, per quod dictus Dominus mandat dictum Robinetum de eisdem
acquittari. Et ideo exoneratur hie de ipsis, virtute ipsius mandati.
K. — Una de dictis tassis data fuit Perrino Lestringal (i), sommellario
esehansonnerie Domini, per mandatum suum traditum super seeunda parte
CI folii hujus compoti.
Quatuor de dictis tassis date fuerunt pridem comiti Augi per litteras dicti
domini Duels, datas xxiii^ die maii M CCCC XVI, hie retentas.
Et residuum, quod est xir tassarum, redditum fuit Parisius per dictum
Robinetum executoribus, et venditum, prout in prima parte superius folii
iin"" VII, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi" ix=, xxxni
lib. VII sol. VI den. t., ut ibi. Quare super ipsum.
798. Item, un goubelet d'or et d'esmaulx de pelite, couvert,
Guvre tres richement a jour de petites florettes de pluseurs cou-
(i) Pierre Lestringal figure dans le chapitre des sommeliers et autres gens
d'eehansonnerie, parmi les serviteurs du Due qui refurent des habits de
deuil (Invent. S G, fol. ig5 v°).
208 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. Il8 V"]
leurs; et ou fretelet du couvercle a un balay room qui est de la
pierrerie d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iii= par-
tie du X' fueillet dudit livre ; lequel goubelet Monseigneur a eu
de Willequin Bonnin et de ses deux compaignons, orfevres
ouvrans pour mondit Seigneur a Bourges. Pour ce icy ledit
goubelet, ainsi fait et garni, comme dit est, pesant
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus. Et
ideo acquittatur hie.
[S G, no 665 ; prise lxv liv. t.]
799. Item, un hannap d'or, tout plain, convert, qui a sur le
fretelet un ours d'or enleve, lequel hannap poise nii marcs
HI onces V esterlins d'or; et a este fait de Tor d'un grant collier
d'or plat, fait a la devise de mondit Seigneur; lequel fu achate
aux estrainnes I'an mil CCCC XII, pour le pris et somme de
V'-" frans ; appert par les lettres de mondit Seigneur sur ce don-
nees le xxi^ jour de mars oudit an, cy rendues. Pour ce icy ledit
hannap.
K.^ Dictus ciphus datus fuit per dominum Ducem duci d'Yorc, [ut] constat
per mandatum suum super primo articulo scripto in secunda pagina lit'' fo-
lii hujus libri. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
Habeantur dicte litere.
K. — Tradidit, et ponuntur in ligacia litterarum hujus compoti.
VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT, COMME AUTREMENT, POUR LADICTE
ESCHANCONNERIE, DONNEE A MONDIT SEIGNEUR
800. Item, d'un hannap de jaspre, garni d'or et de pierrerie,
declaire en la iiu" partie du 11"= xxxi*^ fueillet dudit livre des comp-
tes precedens, est seulement deschargie et acquictie ledit Robi-
net d'Estampes de I'or et pierrerie dudit hannap pour les causes
contenues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy
ledit hannap de jaspre, a un couvercle de mesmes, non garniz.
[S G, n" 414; prise lx sous t.]
801. Item, d'un goubelet de cristal, garni d'or, declaire en la
premiere partie du 11'^ xxxii= fueillet ensuivant, est seulement
deschargie ledit Robinet d'Estampes de I'or et pierrerie dudit
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGN'EUR [fol. I I g] 2O9
goubelet pour les causes declairdes en la correction faicte sur
ladicte partie. Pour ce icy ledit goubelet de cristal sanz couvercle,
non garni.
Iste due partes accolate [800-801] reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus. Et sic idem Robmetus acquittatur hie de eisdem.
[S G, n" 41 5; prise xl sous t.]
802. Item, d'un voirre de cristal, garni d'or, declaire en la
troisieme partie dudit u^ xxxii^ fueillet, est seulement acquictid
et deschargie ledit Robinet d'Estampes de I'or et pierrerie dudit
voirre pour les causes contenues es corrections faictes sur ladicte
partie. Pour ce icy ledit voirre sanz couvercle, non garni.
[S G, n" 416; prise vi liv. t.]
803. Item, un goubelet et un pot de voirre en maniere d'esmail
blanc, garniz d'or, que Ic conte de Saint-Pol donna a estrainnes
a Monseigneur, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et I.
[S G, n° 417; prise xxiiii liv. t.]
804. Item, deux bouteilles de Jaspre noir, garnies d'argent
dore, et en chascune un tixu de soye garnie de boucle, mordant,
et les clos d'argent dore; lesquelles messire Thibaut Portier
donna a estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an
mil CCCC etIIII.
Iste tres partes, cum aliis in'"" partibus in alia pagina sequentibus [801-
807], tradite fuerunt Parisius, ut supra.
[S G, n° 418; prise xx liv. t.]
805. Item, un hannap d'alebastre, convert, garni d'argent dore;
lequel maistre Gieffroy Robin (i) donna a estrainnes a Monsei-
gneur, le premier jour de Janvier mil CCCC et deux.
[S G, n" 419; prise xii liv. t.]
806. Item, une aiguiere de cristal, ouvree a bestes, a une ance
de mesmes, garnie d'or, a petis soulaux esmailliez de rouge ; et
ou fretelet a un saphir et ini perles; laquelle aiguiere sans garni-
son fu donnee a Monseigneur par I'evesque de Chartres, du
(i)GeofFroy Robin etait attache au service du due de Berry, comme le prou-
vent certains articles de comptes encore existants, notamment celui-ci : « A
maistre Geuffroy Robin, pour argent a luy rendu qu'il a baillie, du com-
mandement de mond. Seigneur, a un joueur de basteaulx, le iii» jour dudit
moys de mai 1400. » (Arch. Nat., KK 254, fol. 78 v".)
14
210 VAISSELLE BONNEE A MONSEIGNEUR [fol. I 20]
temps qu'il estoit son tresorier, et ladicte garnison fu faite par la
main de Jehan Tarenne, bourgeois et changeur de Paris. Pour
ce icy ladicte aiguiere, ainsi faicte et garnie, comme dit est.
[S G, n" 420; prise iiii" x liv. t.]
807. Item, une ampole ou fiole roonde de pierre, sur couleur
de pierre serpentine, garnie d'or, pendant a un tixu de soye; la-
quelle fu donnee a Monseigneur, ou mois de fevrier I'an mil
CCCC et VII, par madame de Bourbon, contesse de Clermont.
[S G, n° 421 ; prise xxx liv. t.]
808. Item, un barrillet de cristal, garni d'or et de pierrerie,
c'est assavoir : de xiiii petis balais et xvi trochez de perles, en
chascun trochet in perles, et pend a un tixu de til d'or trait;
laquelle garnison fu donnee a monseigneur le Due par monsei-
gneur de Vendosme a estrainnes, le premier jour de Janvier I'an
mil CCCC et VII ; et ledit barrillet, sanz garniz, lui avoit para-
vant este donne par I'evesque de Chartres, lors son tresorier
general. Pour ce icy ledit barrillet de cristal, ainsi fait et garni
comme dit est.
[S G, n" 422; prise 11" xxv liv. t.]
809. Item, un goubelet de cristal, a couvcrcle de mesmes, que
la Royne donna a Monseigneur, a Meleun, ou mois dc juing I'an
mil CCCC et VIII, et Ta fait mondit Seigneur garnir par la
main de Jehan Tarenne d'un marc, x esterlins d'or, ou environ,
poin9onne (i) par le pie a ours et branches d'orengier, le cou-
vercle couronne, et ou fons et couvercle a un esmail roont aux
armes de Monseigneur, et ou fretelet a i saphir et iiii perles; et
a couste I'or, pierrerie et fa^on, ini'^'^ x frans. Pour ce icy ledit
goubelet de cristal, ainsi garni comme dit est.
Iste due partes cum in''"" aliis partibus in pagina sequent! declaratis
[808-812], reddite et tradite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut
supra.
[S G, n° 423 ; prise mi" liv. t.]
810. Item, un petit pot de jaspre sur le vert, martele, que la
(1) Poin?onne veut dire, en general, decore d'orncments (fleurs de lis,
ours, etc.) a I'aide d'un poin^on en fcr qui servait a estamper sur Ic metal
un dessin quelconque.
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. I2l] 211
Royne donna a Monseigneur, a Meleun, oudit mois de juing
mil CCCC et VIII ; et Ta fait mondit Seigneur garnir de vi onces
d'or; a un couvercle pendant a une ance; et ou fretelet du cou-
vercle a v perles et i saphir; et a couste Tor, pierrerie et fa^on
ini^'' frans. Pour ce icy ledit pot de jaspre, ainsi fait et garni
comme dit est.
[S G, n° 424; prise iiii" liv. t.]
811. Item, deux pos de cristal, en chascun une ance de mes-
mes, faiz a pluseurs quarres (i), que la Royne donna a Monsei-
gneur, a Meleun, oudit mois de juing mil CCCC et VIII ;lesquels
mondit Seigneur a faiz garnir d'or; et ou fretelet du couvercle de
chascun sont ses armes faictes d'esmail; et donna ladicte garni-
son I'evesque de Lavaur (2). Pour ce icy lesdiz deux pos de
cristal, ainsi faiz et garniz comme dit est.
[S G, n° 423; prise 11" liv. t.]
812. Item, un autre pot de cristal roont, plain, a une ance de
mesmes, que la Royne donna a Monseigneur, a Meleun, oudit
mois de Juing Tan mil CCCC et VIII; lequel mondit Seigneur
a fait garnir d'or; et [ou] fretelet du couvercle sont esmaillees ses
armes; et donna ladicte garnison ledit evesque de Lavaur. Pour
ce icy ledit pot de cristal, ainsi fait et garni comme dit est.
[S G, n° 426; prise iiii" x liv. t.]
8 1 3. Item, un autre pot de cristal, a pluseurs quarres, a deux
ances de mesmes, que la Royne donna a Monseigneur, a Meleun,
oudit mois de juing mil CCCC et VIII; lequel mondit Seigneur
a fait garnir d'or; et le fretelet du couvercle est esmaillie a ses
armes; et donna ladicte garnison Jamet de Nesson (3). Pour ce
icy ledit pot de cristal, ainsi fait et garni comme dit est.
(i) Quarres ou cares signifie facettes.
(2) Pierre Neveu, qui occupa le siege de Lavaur de 1408 au 5 septem-
bre 1410. Guillaume Neveu, probablement un parent de Pierre, reijut divers
presents du due de Berry, d'apres I'inventaire de 140 1.
(3) L'un des gens des comptes du Due s'appelait Barthelemy de Nesson.
(Arch. Nat., KK 25o, fol. 134 v°.) Parmi les secretaires du Due, faisant
partie de sa maison au moment de sa mort(Inventaire L f, 54), figure Pierre
de Nesson. Nous ignorons quelle situation Jamet de Nesson occupait aupres
du due de Berry.
212 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 121 V^]
Ista pars reddita fuit, ut supra.
[S G, n° 427; prise vi" liv. t.]
814. Item, un hannap de cristal, ouvre, garni d'or, asoulaux et
estoilles esmaillez de blanc et de rouge cler, le couvercle d'or,
alentour duquel a viii pieces de bericles roondes et plates, as-
sises a jour; le fretelet du couvercle esmaillie de blanc et garni
de VI dyamens plaz, vi perles et i saphir; lequel hannap, ainsy
garni comme dit est, I'evesque de Chartres donna a Monsei-
gneur ou mois de Juillet I'an mil CCCG et VIII.
K. — Dictus ciphus cristalli, cum aquaria in articulo sequenti declarata
[814-81 5], munita ut in serie, dati fuerunt summo pontifici et missi per
magistrum Michaelem Bovis, per mandatum super secunda parte clxv'' folii
hujus compoti. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de ipsis.
81 5. Item, une aiguiere de cristal, toute plainne, garnie d'or,
de paraille devise dudit hannap; I'ance et biberon d'or; le fretelet
du couvercle esmaillie de blanc et garni de vi dyamens plaz,
VI perles et i saphir; laquelle aiguiere, ainsi garnie comme dit
est, I'evesque de Chartres donna a mondit Seigneur avec le han-
nap dessusdit, oudit mois de juillet mil CCCC et VIII.
816. Item, un goubelet de voirre en maniere d'esmail blanc,
le pie et couvercle duquel sont garniz d'un petit d'or ; lequel
goubelet ainsi garni messire Olivier de Mauny (i) donna a
Monseigneur aux estraines, le premier jour de janvicr Fan mil
CCCC et VI.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo de eadem idem Robinetus acquittatur hie.
[S G, n" 1017; prise viii liv. t.]
817. Item, d'un long goubelet de cristal, a pluseurs quarres,
declaire en la iiii^ partie du iii'^ xxviii« fueillet dudit livre des
comptes precedens, est seulement deschargie ledit Robinet d'Es-
(i) Olivier de Mauny avait ete investi, en septembre 1404, de la capitai-
nerie de Saint-Malo qu'avait occupee Renaud de Trie, amiral de France. Le
Borgne de la Heuse la lui disputa et lui intenta un proces que le Parle-
ment trancha en faveur d'Olivier en 1407. (Voy. Tuetey, Choix de Testa-
ments, p. 418, et Journal de Nicolas de Baje, t. I, p. i53.) Le 14 dccembre
141 5, Olivier de Mauny fut nomme bailli de Caen. {Journal de N. de Baye,
t. II, p. 2H0.)
VAISSELLE DONNKE A MONSEIGNEUR [fol. I 22 vo] 2l3
tampes de Tor et pierrerie dudit goubelet pour les causes conte-
nues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ledit
goubelet de cristal sanz couvercle, non garni.
[S G, n° 1018 ; prise xvi liv. t.]
818. Item, un pot de cristal, a une ance de mesnies, fait a
pluseurs quarres, garni d'or; et ou fons et ou fretelet du cou-
vercle sent les armes de Monseigneur, faictes d'esmail ; lequel
pot feu messire Jehan de Montagu, en son vivant grant maistre
d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, sans garnison, et mondit
Seigneur I'a ainsi fait garnir comme dit est.
[S G, n" 428; prise cl liv. t.]
8ig. Item, un grant bassin de pourfire, garni d'argent dore,
que le grant prieurde Thoulouse (i) donna a Monseigneur ou
mois de decembre Tan mil CCCC et VII.
Iste tres partes, cum aliis iii*"" partibus in pagina sequenti [817-822],
tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" loig; pesant I'argent trois marcs, car le bassin est rompu;
prise XXII liv. x sous t.]
820. Item, une aiguiere, sans couvercle, large par dessus, qui
est de voirre taint sur la couleur dudit bassin, que ledit prieur
donna a Monseigneur oudit mois de decembre mil CCCC et VII.
[S G, n° 429; prise x liv. t.]
821. Item, deux grans ampoles ou lioles de voirre taint sur
couleur de pierre serpentine, Tune en fafon de poire et I'autre
en fa9on de cougourde (2), garnies d'argent dord, pendans chas-
cune a un tixu de soye noire; lesquelles ledit grant prieur de
Toulouse donna a mondit Seigneur oudit mois de decembre
mil CCCC et VII.
[S G, n° 430; prise xv liv. t.]
(i) Raymond de Lescure, grand commandeur de Malte, grand prieur de
Toulouse, lieutenant du Grand Maitre et administrateur du tresor de I'Or-
dre, joua un role considerable au debut du quinzieme siecle et se fit remar-
quer egalement par ses talents militaires et ses qualites administratives. II
mourut en 141 1, dans un combat contre ies Turcs. (Voy. Du Bourg, His-
toire du grand prieiire de Toulouse. Toulouse, i883, in-8% p. 149).
(2) Cette ampoule avait sans doute la forme d'une gourde ou courge,
ofFrant deux parties spheriques separees par un renflement,
214 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 123]
822. Item, un goubelet de madre, garni d'argent dore; et sur
le fretelet du couvercle a une pierre de mine d'or; lequel gou-
belet un chevallier d'Alemaigne a donne a mondit Seigneur.
[S G, n° 1020; prise viii liv. t.]
823. Item, une aiguiere d'une pierre estrange, sur le vert, ta-
chee, garnie de faulse pierrerie, que la Royne donna a Monsei-
gneur, a Meleun, ou mois de juing Tan mil CCCC et VI 1 1 .
[S G, n° 1021 ; prise xv liv. t.]
824. Item, un grant pot de cristal, a deux ances de mesmes,
garni d'argent dore, et sur le couvercle a un hault tabernacle
d'argent dore, fait de maconnerie, bien delieement ouvre ; et siet
ledit pot sur un grant pie d'argent dore esmaillie ; et y a pluseurs
ymaigesde taille quisoustiennent ledit pot; lequelpot, ainsi garni
comme dit est, I'abbe du Bore de Deolx (i) a donne a Monsei-
gneur.
[S G, n" 43 1 ; pesant ensemble xxxviii marcs iiii onces; prise iiii" l liv. t.]
825. Item, un autre grant pot de cristal, garni d'argent dore,
a une ance et biberon de mesmes, garni d'argent dore, le cou-
vercle couronne, et le fretelet fait de branches; et siet sur un pie
d'argent dore; lequel pot, ainsi garni comme dit est, monsei-
gneur le conte daulphin d'Auvergne a donne a Monseigneur.
Iste tres partes, cum aliis 111''"° partibus in pagina sequenti contentis
[823-828], reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut
supra.
[S G, n" 1022; pesant XXV marcs et demi; prise iii" liv. t.]
826. Item, une aiguiere de cristal, ouvree a fueillages et a
oiseaulx, garnie d'argent dore, scant sur iii leonceaulx d'argent
dore ; laquelle fu donnee a Monseigneur par Christofle de la Mer,
lui estant son tresorier general (2).
[S G, n° 432 ; prise xxxvi liv. t.]
(i) Bourg Dieu ou Deols au diocese de Bourges. Un abbe de Deols,
nomme Helias, est cite dans les actes du concile de Pise en 1409. Son predc-
cesseur se nommait Hugues IV de Cros (i383).
(2) Christophe de la Mer avait d'abord ete conseiller du due de Berry vers
1400 (Voy. Arch. Nat., KK 264, fol. 62.) En 1394, Philippe le Hardi achetait
a un Christophe de la Mer, marchand genois, un certain nombre de joyaux.
(E. Petit, Itine'raires d^s dues de Boiirgogne, p. 549.) Ce meme marchand
VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 24] 21 5
827. Item, III pos de voirre, garniz d'argent dore, que feue ma-
damoiselle de Baviere (i), que Dieux absoille, donna a Mon-
seigneur.
[S. G, n° 1023 ; prise xl liv. t.]
828. Item, d'une aiguiere de voirre taint en maniere d'une
agathe, declairee en la derriere partie du iii^ lxihi^ fueillet dudit
livre des comptes precedens, est seulement deschargie ledit Ro-
binet d'Estampes de Tor dont estoit garnie ladicte aiguiere,
comma il appert par la correction faicte sur ladicte partie. Pour
ce icy ladicte aiguiere de voirre taint en maniere d'une agathe,
sanz couvercle, ance et biberon, non garnie.
[S G, n° 1024; prise i sol iii den. t.]
829. Item, un hannap d'argent blanc, convert, ouvre par dehors
a fueillages enlevez en maniere de haulte taille, et martele par
dedans, duquel la bourdeure, le fretelet du couvercle et le souaige
du pie sont d'or ; et fu donne a monseigneur le Due par Guil-
laume de Lode, son escuier et chambellan, aux estraines, la pre-
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et X.
Redditus fuit Parisius per dictum Robinetuni executoribus et postmodum
venditus, prout in prima parte folii iiii" vii superius; precium cujus recep-
tum fuit per Johannem Lebourne in summa vi"" ix" xxxni lib.vii sol. vi den.
t., ut ibi. Et ideo super ipsum.
830. Item, une aiguiere de pourcellainne ouvree, les pid, cou-
vercle et biberon de laquelle sont d'argent dore ; et I'envoia nostre
saint pare papa Jehan xxni^ en don a Monseigneur, par I'evesqua
d'Alby (2), ou mois de novembre I'an mil CCCC at X.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus de eadem.
[S G, n" 1025; prise xviii liv. t.]
83 1. Item, un goubelet d'or, convert, asmaille alentour de
vendit, pour le prix de 7400 livres, la belle croix d'or garnie de pierreries
dont le due de Bourgogne fit present au due de Berry, le 6 avril i3gg {Ibi-
dem, p. 562.) Le marchand est peut-etre le meme individu que le conseiller
devenu par la suite tresorier general du Due.
(i) C'est la bru du due de Berry, morte vers 1406, devenue duchesse de
Baviere apres la mort de son premier mari, le comte de Montpensier, fils
du due de Berry. (Voy. ci-dessus la note de I'art. 3 16.)
(2) Cf. I'article 447 du present inventaire.
2l6 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 24 V°]
I'istoire saint George, et le couvercle esmailli^ de quatre roynes,
et sur le fretelet a un empereur enleve, et le pie ouvre en maniere
d'une raiz de souleil ; lequel goubelet monseigneur de Bourgoi-
gne donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le premier jour de
Janvier Tan mil CCCG XII. Et n'est point rendu en recepte ou
compte precedant (i).
K. — Datus fuit domine ducissc Borbonensi per mandatum super ii* parte
CLXv" folii hujus compoti redditum; vitute cujus acquittatur hie dictus Ro-
binetus.
832. Item, une aiguiere d'or, toute plainne, en Tance et ou pi6
de laquelle a escript qu'elle fu de monseigneur saint Loys, roy
de France; laquelle Tevesque de Chartres (2) donna a mondit
Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCG XII. Et n'est point
rendu en recepte es comptes precedens.
K. — Dicta aquaria data fuit domino duci Acquitanie per mandatum
super vi'' parte lxx"" folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eadem.
833. Item, un hannap d'or, tout plain, convert; le fretelet
duquel est d'un gros bouton d'or roont; lequel hannap Guil-
laume de Lode donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes
mil GGGG XII. Et n'est point rendu en recepte ou compte
precedant.
K. — Dictus ciphus datus fuit domino Alvarro Quaralle per mandatum
super prima parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum; virtute
cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
834. Item, un goubelet d'argent dore, couvert, ouvre de taber-
nacles et fenestraiges d'argent blanc et d'esmail, de plusieurs
couleurs en m.aniere de voirrieres, seant sur trois ours d'argent
dorez; et sur le fretelet a un autre ours; lequel goubelet Bureau
de Dampmartin donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes.
Et n'est point rendu en recepte es comptes precedens.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n<» 433; pesant vi marcs mi onces; prise lxv liv. t.]
(i) Get article et les trois suivants ont ete ajoutes apres coup, ainsi que le
prouve la difference de I'ecriture et de I'encre.
(2) Gette aiguiere donnee par I'eveque de Chartres ne provenait-elle pas
du tresor de la cathedrale ,''
VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 12 5] 21 7
VAISSELLE D ARGENT, POUR FRUITERIE, DES INVENTOIRES
835. Item, de x petites escuelles d'argent blanc pour servir de
fruit, declairees en la vine partie du xxii= fueillet du livre desdiz
comptes precedens, a monseigneur le Due fait oster les amies de
feu monseigneur d'Estampes et y mettre les siennes, et, avec ce,
les a faictes dorer, comme il appert par la correction faicte sur
ladicte partie. Pour ce icy lesdictes x petites escuelles d'argent
dore pour servir de fruit, signees aux armes de mondit Seigneur,
pesant ensemble xii marcs vi onces x esterlins.
K. — Una de dictis x scutellis amissa fuit mense marcii anno M° CCCC XII,
ut con.stat per certifficacionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris
expense dicti Domini, datam prima die aprilis sequentis, eodem anno,
ligatam cum mandato Domini super secunda parte cxviii folii presentis
compoti tradito; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de dicta
scutella.
K. — Quinque scutelle dc numero dictarum x"" scutellarum amisse fue-
runt, videlicet : due prime in villis Meluni et Corholii, tempore quo dominus
Dux ibidem aftuit, credens ire Parisius ad Regemet fuit impeditus; alie due
Bitturis, videlicet : una in hospicio Jacopitarum, mense marcii M CCCC XI,
et alia in hospicio archiepiscopi, die Pasche sequentis; et ultima in hospicio
Nigelle, Parisius, in camera comitis Augui, mense decembris M CCCC XII,
[ut] constat per certifficacionem magistrorum hospicii Domini, datam ultima
die marcii M CCCC XII, hie traditam cum mandato Domini date xi* die
aprilis sequentis, eodem anno; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur
hie de dictis v scutellis.
Residuum dictarum scutellarum, quod est quatuor, redditum fuit Parisius
exeeutoribus per dictum Robinetum, et venditum, prout in prima parte folii
iiii" VII superius, et preeium receptum per Johannem Lebourne in summa
de VI" ix° xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius. Et ideo super dictum
Lebourne.
[B, no 104.]
836. Item, deux paires de chandelliers d'argent blanc, ou il a
en chascun deux broches, pesans ensemble xxxvii marcs i once
X esterlins.
Ista duo candelabra reddita fuerunt Parisius exeeutoribus per dictum
Robinetum, et vendita, prout in prima parte superius folii iiii" vii, et pre-
eium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi" ix° xxxiji lib,
vii sol. VI den. t., ut ibi plenius; quare super ipsum,
[B, no 357.]
2l8 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I 26]
AUTRE VAISSELLE D ARGENT, POUR FRUITERIE, ACHATEE
PAR MONSEIGNEUR LE DUG.
837. Item, VI platellez d'argent dorez, pour servir de fruit,
esmaillez ou fons aux armes de Monseigneur, pesans ensemble
XV marcs iii onces d'argent; lesquelx Monseigneur achata de
Jehan Tarenne, le v^ jour d'avril mil CCCC et VIII avant Pas-
ques, au pris de x frans le marc; valent cliii liv. xv sous t.
Isti VI platelli redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum,
et venditi, prout superius prima parte folii iiii"'' vii, et precium receptum
per Johannem Lebourne in summa vi*" ix'' xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut
plenius ibi. Et ideo super ipsum.
VAISSELLE d'argent, POUR ESPICERIE, DES INVENTOIRES.
838. Item, un dragouer d'argent dore, et ou fons d'icellui avoit
un esmail roont des armes de Monseigneur, et sur le bourt
dudit dragouer trois esmaulx desdictes armes, et estoit hachie
sur le pie et sur ledit bourt de fueillages; qui fu de feu Monsei-
gneur d'Estampes; pesant x marcs vii onces xv esterlins.
[B, no 355.]
839. Item, un autre petit dragouer d'argent dore, ou fons
duquel a un esmail roont aux armes de Monseigneur; et est fait
par les bours par maniere de pampes hachees a fueillages;
pesant xi mars ii onces.
Iste due partes accolate [SSS-SSg] reddite fuerunt Parisius executoribus
per dictum Robinetum, et vendite, prout superius prima parte folii nn^vii,
et precium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi" ix" xxxiii lib.
VII sol. VI den. t., ut plenius ibi. Ideo super dictum Lebourne.
[B, no 356.]
840. Item, un dragouer d'argent dore, esmaillie sur le pie a
ymaiges de pluseurs esmaulx, et par dedens a un esmail d'un
lion; pesant v marcs vii onces xv esterlins.
VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 127 vo] 219
Ista pars reddita et tradita fuit per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo idem Robinetus acquittatur hie de dicto dragerio.
[B, no 863. — S G, n° 434 : neant cy, pource que ledit commis en a fait
recepte ou compte des funcrailles.]
AUTRE VAISSELLE D ARGENT, POUR ESPICERIE, ACHATEE
PAR MONDIT SEIGNEUR.
841 . Item, un dragouer d'argent dore, pesant ix marcs vi onces
X esterlins; lequel mondit Seigneur achata de Jehan Tarenne,
bourgeois et changeur de Paris, le iiii« jour de mars Tan mil
CCCC et nil, pour le pris de x frans le marc, valent iiii'''^ xviii
frans ii sous vi deniers t.
Dictum dragerium redditum fuit Parisius executoribus per dictum Robi-
netum, et venditum, prout superius prima parte folii nu'" vii, et precium
receptum per Johannem Lebourne in summavi" ix° xxxni lib. vnsol. vi den.
t., ut ibi plenius. Et ideo super ipsum.
AUTRE VAISSELLE D ARGENT ET AUTREMENT, POUR ESPICERIE,
DONNEE A MONDIT SEIGNEUR.
842. Item, un dragouer de jaspre, garni d'argent dore et de
pluseurs pierres de diverses manieres et perles de petite valeur,
que le grant prieur de Thoulouse donna a mondit Seigneur a
estrainnes, le premier Jour de Janvier Tan mil CCCC et VII.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo
acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 435; prise xxiiii liv. t.]
VAISSELLE D ARGENT, POUR CUISINE, DES INVENTOIRES.
843. Item, de xii escuelles d'argent dore, toutes plainnes,
pesans ensemble xxiiii marcs iiii onces, declairees en la premiere
partie du xxiiii« fueillet du livre desdiz comptes precedens, est
220 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I 28 V]
deschargie ledit Robinet d'Estampes de xi desdictes escuelles
pour les causes contenues es corrections faictes sur ladicte partie.
Pour ce icy seulement une desdictes escuelles, pesant i marc
VII onces d'argent.
K. — Dicta scutella, cum aliis partibus auri et argenti, tradita fuit Matheo
Heron, thesaurario Domini, [ut] constat persuam certifficacionem cum man-
dato ejusdem Domini redditam super iiii'" parte iiii" xvi" folii hujus com-
poti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesau-
rarii.
AUTRE VAISSELLE d'aRGENT, POUR CUISINE, ACHATEE PAR MONSEIGNEUR.
844. Item, de douze plaz d'argent dorez, aux armes de Monsei-
gneur, pesans ensemble xlviii marcs v onces v esterlins, declairez
en la premiere partie du ciiii^'^ vi^ fueillet dudit livre, est acquit-
tie ledit Robinet d'Estampes de vii desdiz plaz pour les causes
contenues es corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy
seulement cinq desdiz plaz.
K. — Unusdictorumquinque discorum amissus fuit Bitturis, xvi'^die julii
anno M" CCCC° XII% [ut] constat per certifficacionem magistrorum hospicii
et mandatum Domini supra ii"*^ parte cxxv« folii hujus compoti traditum;
quorum virtute dictus Robinetus acquittatur hie de ipso.
K. — Unus alius, in pondere iii marcorum vi onciarum, traditus fuit Ma-
theo Heron, [ut] constat per suam certifficacionem, dp qua habetur mencio
in primo articuio scripto super articulo sequenti, et acquittatur hie de
eodem, ad onus dicti thesaurarii, ut ibidem.
De residuo dictorum discorum, quod est HI, unus redditus fuit Parisius
executoribus per dictum Robinetum, et venditus, prout superius prima
parte folii iiii'-vii, et precium traditum Johanni Lebourne in summa vi"" ix"
xxxiu lib. vu sol. VI den. t., ut plenius ibi. Quare super dictum Lebourne.
Et duo alii amissi fuerunt, unus apud Sanctum Dyonisium, prout constat
per litteras dicti domini Ducis et per certifficacionem magistrorum hospicii
dicti Domini datas, videlicet illas de dicto domino Duce x» septembris
M CCCC XV, et certificationem xxviii julii M CCCC XV, hie redditas.
Et alius in hospicio Nigelle, Parisius, ut constat per litteras dicti domini
Ducis et per certifficacionem dictorum magistrorum hospicii, similiter hie
redditas. Et idem Robinetus exoneratur hie de eisdem.
845. Item, de six grans plaz d'argent dorez, aux armes de
mondit Seigneur, pesans ensemble lx marcs ii onces xv ester-
lins, declairez en la ii« partie dudit ciiii^^ vi= fueillet, est seule-
ment acquittie ledit Robinet d'Estampes de I'un desdiz plaz
VAISSELLE ACHETEE par MONSEIGNEUR [fol. 129] 22 1
pour les causes contenues en la correction faicte sur ladicte
partie. Pour ce icy cinq desdiz plaz.
K. — Duo dictorum quinque discorum, in pondere xix marcarum vi on-
ciarum argenti, traditi fuerunt cum aliis pluribus partibus auri et argenti
Matheo Heron, thesaurario suo, [ut] constat per suam certifficacionem cum
mandato ejusdem Domini redditam super quarta parte nonagesimi sexti
folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de
ipsis ad onus dicti thesaurarii.
Residuum, quod est III, redditum fuit Parisius executoribus per dictum
Robinetum, et postmodum venditum, prout superius prima parte folii
nil" VH, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi"
ix'= xxxni lib. vn sol. vi den. t., ut plenius ibi. Et ideo super ipsum.
846. Item, de xii escuelles d'argent dore, ausdictes amies, pe-
sans ensemble xxxvi marcs 11 onces xv esterlins, declairees en la
iii« partie dudit ciiiF'*^ vi« fueillet, est acquittie ledit Robinet
d'Estampes de quatre desdictes escuelles pour les causes conte-
nues es corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy seule-
ment viii desdictes escuelles.
K. — Dicteocto scutelIe,ponderantes xxni marcas vii oncias argenti, tradite
fuerunt, cum aliis pluribus partibus auri et argenti, Matheo Heron, thesau-
rario Domini, [ut] constat per certiflBcacionem suam redditam cum mandato
ipsius Domini super quarta parte nonagesimi vi'' folii presentis compoti ;
virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de ipsis ad onus dicti the-
saurarii.
847. Item, de sept plaz d'argent blanc , pesans ensemble
xxvni marcs xii esterlins obole, declairez en Ja penultime partie
dudit ciiii'^'' vi= fueillet, est acquittie ledit Robinet d'Estampes
de six desdiz plaz pour les causes contenues es corrections faic-
tes sur ladicte partie. Pour ce icy seulement I'un desdiz plaz.
K. — Amissus fuit apud Magdunum, n''* die augusti anno M" CCCC° XH",
[ut] constat per certifficacionem et mandatum super secunda parte cxxv"
folii hujus compoti redditum; quorum virtute dictus Robinetus acquittatur
hie de eodem.
848. Item, de trois dozaines d'escuelles d'argent dorees, ar-
moiees aux armes de Monseigneur, pesans ensemble environ
Lxxn marcs, declairees es ini^ et ve parties du ii'^ lui^^ x= fueillet
dudit livre, est acquittie ledit Robinet d'Estampes de xv des-
dictes escuelles, comme il appert par les corrections faictes sur
la premiere desdictes deux parties. Pour ce icy xxi desdictes
escuelles.
222 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. l3o]
K. — Una de dictis xxi scutellis amissa fuit in hospicio domini archiepis-
copi, Bicturis, xxix* die marcii anno M" CCCC XI", [ut] constat per certiffi-
cacionem magistrorum hospicii dicti domini Ducis, datam xi" die februarii
anno M" CCCC° XII", ligatam cum mandato cjusdem Domini super 11''° parte
cxxv'' folii hujus compoti tradito; virtute quorum dictus Robinetus acquit-
tatur hie de ipsa.
Item, tres de dictis xxi scutellis amisse fuerunt in hospicio dicti domini
Ducis, prout constat per certii^icacionem magistrorum hospicii dicti Domini,
datam xxviii" die julii M CCCC XV, alligatam cum mandato ejusdem Do-
mini, dato x* die scptembris M CCCC XV, superius reddito. Et sic de eis-
dem acquittatur idem Robinetus.
Et alie xvii scutelle remanentes de dictis xxi reddite fuerunt Parisius exe-
cutoribus per dictum Robinetum, et postmodum vendite, prout superius
prima parte folii iiii" vii, et precium receptum per Johannem Lebourne
predictum in summa de vi"" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius
arrestatur. Quarc super dictuna Lebourne.
849. Item, de ix plaz d'argent blanc, armoies aux armes de
Monseigneur, pesans ensemble environ xxxvi marcs, declairez
en la derriere partie dudit 11'^ ini''^ x^ fueillet, est seulement ac-
quittie ledit Robinet d'Estampes de trois desdiz plaz pour les
causes contenues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour
ce icy vi desdiz plaz, pesans ensemble environ xxiiii marcs.
K. — Unus de dictis vi discis amissus fuit xxii"*^ die februarii anno M'CCCC"
XII", in hospicio de Nigella, ut constat per certifficacionem magistrorum
hospicii et contrarotulatoris expense dicti Domini, datam viii* die marcii
sequentis eodem anno, ligatam cum mandato dicti Domini super n'^' parte
cxviii folii hujus compoti reddito; virtute quorum acquittatur hie dictus
Robinetus de dicto disco.
K. — Unus alius perditus fuit xxviii' die novembris anno predicto in hos-
picio de Nigella, [ut] constat per certifficacionem dictorum magistrorum
hospicii et mandatum Domini super 11' parte cxxv" folii hujus compoti red-
ditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
Item de dictis vi discis fuerunt tres alii amissi in hospicio dicti domini
Ducis, [ut] apparet per certificacionem magistrorum hospicii ejusdem Domini
et per mandatum dicti Domini, datum et redditum^ prout superius parte
precedenti. Et sic idem Robinetus acquittatur de eisdem.
Et alius discus redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum,
et postmodum venditus pro facto execucionis, prout superius prima parte
folii mi" vii; precium cujus receptum fuit per dictum Johannem Lebourne
in summa vi° ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius arrestatur. Et
idco super ipsuni.
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l] 22 3
LES LIVRES DES INVENTOIRES {i\
85o. Item, unes Petites Heiires de Nostre Dame, nommees les
Heures de Pucelle (2), enluminees de blanc et de noir, a I'usaige
des Prescheurs, garnies de petis fermouers d'or ou il a une
Annunciation ; et au bout des tirans a deux petis boutons de
perles; couvertes d'un drap de soye bleue.
Iste Ore reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus
domini Ducis. Et ideo de eisdem acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n" 171. — S G, no 1078; prise xv liv. t.]
(i) L'etude consacree par M. Leopold Delisle aux livres du due de Berry
et inseree dans le Cabinet des manuscrits de la Bibliotlieqiie nationale
(t. I, p. 56-68, et t. Ill, p. 170-194, 326, 339-340 et 389) resume et com-
plete les nombreuses publications anterieures sur le meme sujet. (Le
Laboureur, Histoire de Charles VI, Introduction, p. 76 ; comte Auguste de
Bastard, Librairie de Jean de France, due de Berry, Paulin Paris, Cata-
logue des livres du due de Berry, dans le Bulletin du Bibliophile de 1837;
Douet d'Arcq, Notice sur la bibliotheque de Jean due de Berry en 14^6,
dans la Revue arche'ologique, t. VII, i85o, p. 145-168 et 224-233; Hiver
de Beauvoir, la Librairie de Jehan due de Berry au chateau de Mehun-sur-
Yevre en 1416, in-S", i860). — II suffira de renvoyer, sur chaque article de
notre inventaire, au catalogue methodique dresse par M. Delisle, t. Ill,
p. 170 et suivantes, en faisant observer une fois pour toutes : 1° que I'in-
ventaire des Archives est designe dans le Cabinet des manuscrits par la
lettre B, et que celui de 140 1 auquel nous avons assigne la lettre B porte
au contraire la lettre A chez M. Delisle; 2° que les numeros de notre inven-
taire ne correspondent pas a ceux du Cabinet des manuscrits. Voici la cause
de cette divergence. Naguere, les articles de I'lnventaire des Archives
n'etaient pas numerotes; seuls, les livres avaient refu des numeros. C'est
ainsi que le present article 85o -repond a B, n° i de M. Delisle, 85 1 a B,
n" 2, et ainsi de suite jusqu'a I'article 1006 qui correspond au n° 07. Quant
aux manuscrits numerotes chez M. Delisle i58, iSg, etc., ils se retrouvent
aux articles 1228 et suivants de la presente publication jusqu'au n° i25i, der-
nier de I'inventaire (n" 181 du Cabinet des manuscrits).
(2)Voy. Cabinet des manuscrits, t. Ill, p. 180 (n" 108). Dans un article sur
les livres d' Heures du due de Berry {Gazette des Beaux-Arts, 1884, I,
p. 282), M. Delisle, apres avoir releve le nom de J. Pucelle au bas de cer-
taines pages du Breviaire de Belleville (Voy. ci-dessous n" 963), suppose
que les Heures de Pucelle avaient peut-etre re?u leur nom du miniaturiste
charge de les decorer.
224 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l]
85 I. Item, unes tres belles //ez/re^ (i), contenantpluseurs Heu-
res et commemoracions de Dieu et de ses sains, au commance-
ment desquelles est le kalendreer tres richement historie des
epistres de saint Pol, de Tancien et nouvel- Testament et, apres
sont pluseurs enseignemens, escripz en fran^ois, de bien et hon-
nestement vivre selon Dieu; et lesquelles Heures sont tres riche-
ment historiees en pluseurs lieux, et mesmement au commance-
ment des Heures de Nostre-Dame, d'une Annunciacion et de
pluseurs appostres alentour, et en la tin a une oroison escripte
en latin, qui se commance sancta crux; et souloient estre cou-
vertes d'un satin bleu, double d'un tiercelin vermeil (2), et a pre-
sent sont couvertes de drap de damas violet, garnie de deux fer-
mouers d'or a deux ours tenant les armes de Monseigneur, assis
sur tixuz noirs, semez de treflez d'or; et est le pipe (3) desdictes
Heures d'or, esmaillee aux armes de Monseigneur, garnie de
deux perles, et ou milieu un balay longuet.
Date fuerunt per dominum Ducem Bicturicensem et per ejus litteras datas
XXVIII" die mail M CCCC XVI", uxori dicti Robineti de Stampis, hie redditas.
Et sit quietus hie idem Robinetus.
[B, 11° 172.]
852. Item, un petit livre (4) convert de cuir, ou il a pluseurs
figures de papes, avecques aucunes propheties d'eulx,
[B, 11° 3 II. — S G, n° 1079; prise xxv sous t.]
853. Item, une tres belle Bible en fran^ois (5), escripte de let-
tre de fourme (6), tres richement historiee au commancement.
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (no 102). Bibl. Nat., fonds latin n" 18014.
Sur ce manuscrit qui ne contient pas moins de cent treize miniatures d'une
remarquable execution, mais sans les attributs ordinaires du due (ours,
eigne, initiales VE), il faut consulter Particle de M. Delisle cite dans la note
precedente {Ga:^ette des Beaux-Arts, 1884, I, 397-399).
(2) C'est la couverture qu'elles ont dans I'lnventaire B, c'est-a-dire en 1402.
(3) La pipe est une tige de metal, parfois ornee de pierres precieuses, a
laquellc s'attachent les signets ou signaux.
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n» 222).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° 7). Bibl. Nat., fonds franfais, n^ 20090.
(6) Get article et les suivants renferment un certain nombre de termes
techniques servant a caracteriser les divers types d'ecriture au debut du
XV' siecle. La lettre de forme ou de fourme, (n° 853) est la gothique soignee
des manuscrits (Voy. Littre, au mot Lettre, n" 3). La lettre boulonnaise
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l vo] 225
garnie de quatre fermouers d'or, es deux desquelx a deux balais
et es deux autres deux saphirs, en chascun deu^t perles, esmaillez
des amies de France; et, au bouz des tirans, en chascun, un bouton
de perles, et sur ie tixu d'un chascun, petites flours de lis d'or
clouecs; et y a une pipe de deux testes de serpent garnie de sei-
gnaulx.
Iste due partes, cum ii"'"" aliis partihus in pagina sequent! [852-855], red-
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et sic de cisdem
idem Robinetus acquittatur hie.
[B, n° gSo. — S G, n" 455; prise in liv. t.]
854. Item, une autre Bible en frangois (i), escripte de leltre
fran9oise, tres richement historiee au commancement, laquelle
donna a Monseigneur Raolet d'Actonville (2), garnie de nii fer-
mouers d'argent dorez, en chascun un ymaige esmaillee des
iiii euvangelistes; et sont les tixuz de soye vert; et dessus Tune
des aiz a un cadran d'argent dore, et les douze signes alenviron,
et dessus I'autre aiz un astralabe avecques pluseurs escriptures.
[B, n" 952. — S G, n" 456; prise u'l liv. t.]
855. Item, un tres hel Decret (3), escriptde lettre boulonnoise,
tres richement historic au commancement d'ymaiges romains.
(n° 855), tire son nom de Bologne ; c'est Vitcilique qui a servi de modele
pour les premiers caracteres mobiles d'imprimerie. La lettre de court
(n° SSg) ou lettre courant (no 924), est la cursive employee pour les chartes
et actes de chancellerie. La lettre gascoigne (n° 902) ou gasconne, designe-
rait I'ecriture du midi de la France, peut-etre par opposition a la lettre
fran(;aise (n° 854). Enfin la lettre ronde (n" 926) rappelerait, d'apres Du
Cange, la forme de I'ancienne onciale, mais dans des proportions reduites.
Seuls, des exemples pourraient faire apprecier les nuances souvent tres
delicates qui distinguent ces difterents caracteres.
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 9). Bibl. Nat., fends frangais,
no 159.
(2) Raoulet d'Auquetonville, seigneur de Belleval, ecuyer d'ecurie du Roi
des iSgo, puis I'un des generaux conseillers sur le fait des aides en Lan-
guedoc en 140 1, (Arch. Nat., K 27, n» 33), avait joue un role capital dans
I'assassinat du due d'Orleans. Monstrelet dit a son sujet (t. I, p. i58):
« Et fut Ie principal conducteur de ce cruel homicide ung nomme Raoulet
d'Actonville, de nation Normant, auquel paravant le due d'Orleans avoit
fait oster I'otfice des generaulx, duquel Ie Roy I'avoit pourveu a la priere
du due Philippe de Bourgongne ».
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i38).
i5
226 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 3 2]
garnie de iiii fermouers d'argent aux armes de Monseigneur;
couvert d'un drap de soye bleu, double de tiercelin vermeil.
[B, n° 953. — S G, n" 457; prise cxxv liv. t.]
856. Item, un livre de Titc Live (i), tres richement historie
au commancement de la fundacion de la cite de Romme; couvert
de veluiau vermeil, fermant a iiii fermouers d'argent dore,
esmaillez d'une flour de bourrache; et les tixuz a marguerites.
Dictus Robinelus acquittatur de isto libro, ut supra.
[B, n° gSg. • — S G, n" 458; prise cxxv liv. t.]
857. Item, un livre en Francois, des vii Planetcs (2), autrement
magique, historie en pluseurs lieux, et au commancement un
Couronnement de Dieu et Nostre Dame d'enlumineure; couvert
de cuir empraint, a nii fermouers d'argent dorcz, esmailliez aux
armes de Monseigneur.
Redditus fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus ; et sic de
eodem acquittatur.
[B, n° 969. — S G, 11° ii63; prise l liv. t.]
858. Item, un autre livre en fran^ois, appelle Ranconnal (3),
historie au commancement d'un pape, de I'eglise et de la syna-
gogue; couvert de cuir rouge empraint, a deux fermouers d'ar-
gent, dorez, esmaillez d'une Annunciation.
Ista pars cum parte sequenti reddite fuerunt Parisius per dictum Robine-
tum executoribus, ut supra.
[B, n° 970. — S G, n° 459; prise l liv. t.]
859. Item, un livre appelle Ovide, Methamorphoieos '4), escript
en fran9ois,de lettre de court, et glose en pluseurs lieux; couvert
de cuir vermeil empraint, et fermant a ini fermouers de cuivre.
[B, 972. — S G, n" 460.]
860. Item, le livre de Machaut (5), garni de deux fermouers
d'argent dorez, et deux tixuz de soye vermeille; couvert de cuir
vermeil empraint.
K. — Datus fuit duci Clarencie per mandatum super prima parte lxix
(1) Cab. dcs man., t. Ill, p. 189 (n" 233). Bibl. Nat., fonds tVancais, n" 2G3.
(2) Cab. dcs man., t. Ill, p. i85 (n° 180).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 174 (11° 43). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n" 17G.
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 267). Bibl. Nat., fonds frans:ais, n° 373.
(5) Cab. dcs man., t. Ill, p. 193 (n° 282).
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 3 3] 22^
folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie
de eodem.
[B, 973.]
86 1. Item, un livre de Suetoyne (i), autrement nomme
Liican, escript en frangoys, commen^ant au livre de Genesis, et
fenyssant au livre de Lucan et a la mort de Julius Cesar; couvert
de cuir vermeil empraint, et fermant a deux fermouers d'argent,
esmaillez aux armes de Monseigneur, sur deux tixuz de soye
vert.
[B, n* 974. — S G, n° 4G1 ; prise xxx liv. t.]
862. Item, un livre des Truis Maries (2) et de leur saincte
lignee, escript en fran^oys, de lettre de court, et au commance-
ment historie d'elles et de leurs mariz; couvert de cuir vermeil
empraint, et fermant a ini fermouers de cuivre sur cuir.
Iste due partes, cum u'"" aliis partibus in alia pagina sequenti [861-864],
reddite fucrunt Parisius per dictum Robiuetum executoribus. Et ideo idem
Robinetus acquittatur hie.
[B, n° 976. — • S G, n" 1080; prise x liv. t.]
863. Item, un livre escript en fran^ois, tres notablement
historie en pluseurs lieux, des Croniques de France (3), ou pre-
mier fueillet [un escu (4)] aux armes de feu monseigneur Aymeri
de Rochechouart (5) ; couvert de cuir empraint, et fermant a ini
fermouers de cuivre; et y fault deux fermouers.
[B, n° 980. — S G, n" 462 ; prise c liv. t.]
864. Item, un livre de la Cite de Dieu (6), translate en francjoys,
fenissant au x= livre inclus, oili deffaillent les histoires et grans
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n* 232). Bibl. Nat., fonds fran?ais,n° 246.
L'inventaire B appelle I'auteur « Suytoynne. »
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n° 21 3).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n« 240). Bibl. Nat., fonds frangais, n" 2608.
(4) Invent. B, n" 980.
(5) Les armes des vicomtes de Rochechouart sont fasce onde d'argent
et de gueules de six pieces. D'apres le Pere Anselme (tome IV, p. 65 1), le
dernier des vicomtes de Rochechouart ayant re^u le nom d'Aymeri serait
Aymeri XI, mort en i3o6. Cependant il cite un de ses descendants vivant
en 1 353 et portant le nom d'xVymeri; mais celui-ci, n'ctant pas I'aine de la
famiile, avait pris les armes de Chabanais et Confoians.
(G) Cab. des man., t. Ill, p. iSi (n" 118).
228 LIVRF.S I)i:S INVENTAIRES [fol. I 33 V"]
lettres; couvert de cuir vermeil empraint, et fermant a deux fer-
mouers de cuivre; et n'y a aucuns clos.
[B, n" q8i. — S G, n° 1081 ; prise xxxi liv. v sous t.]
865. Item, un autre livre de la Cite de Dieu (i), translate en
frani^oys, commaiKjant al xr' livre, et y faillent les histoires et
grans lettres; couvert de cuir paraillement comme I'autre pre-
cedent.
[B, n° 982. — S G, n° 1082; prise xxxi liv. v sous t.]
866. Item, un livre escript en franijoys rime, de la Destruc-
tion de Troye (2), couvert de cuir hlanc, a deux fermouers de
cuivre.
[B, 11° 985. — S G, no 4(53; prise l sous t.]
867. Item, un autre livre en latin, escript de lettre boulon-
noise, appelle le Livre des proiiffii ruraulx (3j; couveri: de cuir
Jaune, a deux petis fermouers de cuivre, et sur chascune aiz a
v petis bouUons.
[B, 986.]
868. Item, un autre livre, des Di^ des philosophes (4), de la Vie
de phiseurs sains, avec le Bestiaire; couvert de cuir vermeil
empraint, a ini fermouers de cuivre et tixus de fil.
Iste quatuor partes accolate [863-868] reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus, ut supra.
[B, n° 988. — S G, n« 464; prise xii liv. x sous t.]
869. Item, un autre livre, appelle le Livre des Roys (5), selon la
Bible, commandant au pere Samuel; couvert de cuir vermeil
empraint, a deux fermouers de cuivre qui ont testes de serpent,
et les tixus de soye, dorez par dessus.
[B, n° 989. — S G, no ioS3; prise c sous t.]
870. Item, un autre livre, appelle le Livre dii Tresor (6), hys-
(i) Cab. des man., t. ill, p. 181 (n° 118).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n- 229).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° i86).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n» 169).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (no 17).
(6) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n<> 147). Bibl. Nat., fonds frauv'ais, n" 568.
LIVRES DES INVKNTAIRES [fol. I 34 vo] 229
toriti au commancement de la Creation du monde, escript de
lettre de court; convert de cuir vermeil empraint, et de deux fcr-
mouers de cuivre; et sur les aiz n'a aucuns clos.
[B, n" 990. — S G, n" 466; prise c sous t.]
871. Item, un autre livre escript et note de Lai^ anciens (i);
couvert d'un cuir vermeil tout plain, a deux fermouers de cuivre.
Iste trcs partes reddite fuerunt, ut supra.
[B, n" 991. — ■ S G, n° 1084; prise l sous t.]
873. Item, un livre de Francois Petrarque (2), des Remedes de
I'line et de V autre fortune, translate en francoys; couvert de
veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux
amies de Monseigneur et de monseigneur d'Orleans.
Iste liber traditus et rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum execu-
toribus. Et ideo de eodem idem Robinetus acquittatur.
[B, n° 994. — S G, a" 5G2 ; prise xxx liv. t.]
873. Item, un livre escript en frangois, de lettre de fourme,
d'Ovide, Metamorpho^eos (3); couvert de cuir vermeil empraint,
a deux fermouers d'argent dorez, touz plains, et les tixuz de soye
vermeille.
[B, n° 993. — S G, n" io85; prise xxx liv. t.]
874. Item, un livre nomme Pontifical (4), escript de tres grosse
lettre, pour sacrer roys, emperieres, arcevesques et evesques;
couvert d'un drap de soye azuree, double d'un tiercelin, a deux
fermouers d'argent dorez, aux amies de Monseigneur.
[B, n" 997. — S G, n° 466; prise xv liv. t.]
875. Item, un livre de Regnart (5), et pluseurs autres livres
dedens; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de
cuivre, et est la corroye desdiz fermouers de cuir vermeil tout
plain.
(i) Cab. desman., t. Ill, p. 192 (11° 274).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n" 171).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 266).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n-go). Bibl. Nat., fonds latin, n" 8886.
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 273). C'est le Roman du Renard, alors
tres populaire. On en trouve de nombreuses copies dans les bibliotheques
de Charles V et de Charles VI.
23o LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 35 V°]
Iste trcs partes accolate [873-875] rcdditc fucrunt Parisius per dictum
Robinetum exccutoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n° 998. — S G, 11" 467; prise l sous t.]
876. Item, un tres bel livre de la Legcnde dore'c (i), historic au
commancement et en pluseurs autres lieux tres richcment; con-
vert de drap de soye vermeil, double de tiercelin, a deux fer-
mouers d'argent dorez, esmaillcz de saint Jehan et saint Jaques.
[B, n" 1000. — S G, n" 468; prise i.xxv liv. t.]
877. Item, un livre en frangois, de VAristotc (2), appelle Du
del et du monde; convert d'un drap de soye ouvre, double d'un
viez cendal, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux
arnies de Monseigneur, assis sur tixuz de soye vermeille.
[B, n" ioo3. — S G, n" 469; prise xii liv. x s. t.]
878. Item, un livre du Goiivernement des Roys (3), en fran9oys,
qui se commance : regnabit rex et sapiens erit, historic au com-
mancement d'un roy estant en une chaiere et de pluseurs per-
sonnaiges estans a ses piez; convert d'un cuir vermeil empraint,
a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux amies de Mon-
seigneur, et sont faiz les tixuz a fleurs de lis d'or de Chippre.
Iste tres partes [876-878] reddite fuerunt ut supra. Et ideo acquittatur
hie idem Robinetus.
[B, n" 1004. — S G, 11" 470; prise xii liv. x sous t.]
879. Item, un livre en francoys, appelle le Livre de I'empe-
reur ce7e.y?e (4), historic au commancement deDieu,Nostre Dame
et de pluseurs sains, et d'une femme escripvant en une chaiere,
et au dessoubz les armes de monseigneur d'Orleans; couvert de
veluiau vermeil, a deux fermouers esmaillez aux armes de Mon-
seigneur et de monseigneur d'Orleans.
[B, n" ioo5. — S G, n" io8(j; prise xv liv. t.]
880. Item, un petit livre en francoys, appelle le Livre de divi-
nacion (5^, historic au commancement d'un due scant en une
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 18.S (n" 211).
(2) Cab. des man., t. HI, p. i.S3 (n" 134). Bibl. Nat., fonds t'ran,;ais, n"' 565
ou 1082.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. i<S4 (n" 166).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (11° i35).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 178).
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 36] 23 I
chaiere et d'un docteur qui lui presente un livre; convert d'un
veluiau vermeil double de cendal, fermant a deux fermouers d'or,
esmaillez aux armes de Monseigneur, et tixus de soye, et aux
bouz deux gros boutons de perles, et en la pipe a deux perles.
[B, n" 1006. — S G, n" 1087; prise xxvii liv. x sous t.]
881. Item, un livre en Francois, des Loiianges de saint Jehan
eiivangeliste (i), historie en pluseurs lieux, et au commance-
ment a un escu des armes feue madamc la Duchesse ; convert
d'un drap de soye sur bleu, garni a fermouez d'argent dorez,
esmaillez auxdictes armes, et tixuz de soye bleue.
Iste tres partes [879-881] reddite fuerunt, ut supra.
[B, n° 1009. — S G, n" 1088; prise c sous t.]
882. Item, un P.saiilticr (2), bien ancien, historie le kalendrier
et ailleurs en plusieurs lieux, qui fu de saint Thomas de Con-
turbiere, ou il a deux petis fermouers d'argent blanc; con-
vert de veluiau violet.
[B, n" 1 010. — S G, n" 471 ; prise iiii liv. t.]
883. Item, un livre du Songe dii prieitr d'Assalon (3) sur le
fait du scisme de I'Eglise (4); ou premier fueillet a un escu des
armes de Monseigneur; convert de cuir vermeil empraint, a deux
fermouers d'argent dorez, a deux tixuz de soye noire.
[B, 11° loi I. — S G, n" 1089; prise l sous t.]
884. Item, un livre appelle le Livre des escha^ (5), en franyoys,
escript de lettre de court, historie au commancement d'un roy
scant en une chaiere et d'un religieux (6) qui lui presente un
livre ; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de
cuivre.
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n° 216).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 173 (n° ig).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (11° 22 5).
(4) L'apparition de Jehan de Menu ou le Songe du Prieur de Salon, par
Honorc Bonnet, prieur de Salon, a ete publiee par M. le baron Jerome
Pichon (Paris, Silvestre, 1845, pet. in-4°, fig.). Get ouvrage se trouve aussi
mentionne dans VInventaire de la bibliotlieque de Cliarles VI fait au Lou-
vre par ordre du Regent en 1423 (Paris, Lahure, Societe des Bibliophiles,
1867, n" 211).
(5) Cab. desman., t. Ill, p. i85 (n" 172).
(6) « A genolz » dans I'lnventaire B.
232 LIVRES DES INVENTAIRKS [fol. l2>y]
Istc tres partes accolate [882-884] reddile fuerunt per dictuni Robinetum
Parisius executoribus. Et sic idem Robinetus de eisdem acquittatur hie.
[B, n° 1012. — S G, 11"= 472 ; prise lxxv sous t.]
885. Item, un livrc en frani;oys, escript dc lettre de court,
appelle le Livre des Omelies saint Gregoire f i j, historie en aucuns
lieux; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de
cuivre.
[B, n" ioi3. — S G, n° 470 ; prise c sous t.]
886. Item, un livre en fran9oys, escript de lettre de court,
nomme le Livre du dyalogiie saint Gregoire (2) ; couvert et garni
comme le precedent.
[B, n" 1014. — S G, n" 474; prise lxxv sous t.]
887. Item, un livre en latin (3), de pluseurs lettres closes en-
voiees par le Roy sur le fait du scisme de Teglise, et de la Relation
dii prieiir d'Absalon (4I ; couvert de cuir vermeil et fermant
comme les dessus nommez.
Rcdditc fuerunt ut supra [880-887].
[B, n" 10 1 5. — S G, n° 1090; prise xii sous vi deniers t.]
888. Item, un livre appelle les Croniques d'Angleterre (5\
escript en mauvais francoys, de lettre de court; couvert de cuir
fauve, a deux petiz fermouers de laton.
[B, n" 1017. — S G, n" loqi ; prise xxx sous t.]
889. Item, un autre livre en francoys, escript de lettre de
fourme, des Epistres et Eiivangiles de toute Tannee i6i, historie
en pluseurs lieux; couvert de cuir vermeil empraint, a deuxpetis
fermouers de cuivre et seignaux de pluseurs soyes.
[B, n" 1018. — ■ S G, n" 473; prise c sous t.]
890. Item, un petit livre en francoys (7), escript de lettre de
court, du Gouvernement des Roj^s et des princes, appelle le Secret
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n" i23).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n" 122).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (u" 223).
(4) Voy. ci-dessus le n" 883, note 4.
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 25 1).
(6) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 80).
(7) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n" 164).
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 37 V^] 233
des secre\, que fist Aristote ; couvert de cuir vert, a deux fer-
mouers de laton.
[B, n- I022. — S G, n" 476; prise x sous t.]
891. Item, un Hvre en frangoys, escript de lettre de court,
appele le Livre de spera (i); couvert de cuir vert comnie le pre-
cedant.
Reddite fuerunt per dictum Robinetum, ut supra [888-891].
[B, n" 1023. — S G, n" 1092; prise xxv sous t.] L'inventaire S G ajoute
a la fin de cet article : " a deux fermoers de laton. »
892. Item, un petit livre, escript de grosse lettre et note en
aucuns lieux, du Sacre du rojr de France (2) ; couvert de viez
cuir blanc, sanz fermouers.
[B, n" io3i. — S G, n° 1287; non prise, lequel est en I'ostel de Thevenin
de Bon Puis,et est ordonne estre mis en la librairie duRoy, comme Ten dit.]
893. Item, un livre en francoys, nomme le Livre du gouver-
nement des roys et des princes (3i, historic au commancement
d'un roy et d'un religieux qui lui presente un livre.
[B, n" io32. — S G, n" 1093 ; prise lxii sous vi deniers t.]
894. Item, un autre semblable livre et de semblable matiere
comme le precedant (4), qui fu de feu monseigneur d'Estam-
pes; couvert d'un cuir vermeil empraint, et sont v clos sur chas-
cune aiz.
[B, n" io33. — S G, n' 477; prise l sous t.]
895. Item, un livre de V Appocalipse (5), escript de lettre de
court, translate en francoys, et y a pluseurs exemples apres;
couvert de cuir rouge, a deux fermouers de laton.
Redditi fuerunt ut supra [892-895].
[B, n" 1034. — S G, n" 478; prise xxx sous t.]
896. Item, un livre en fran(;oys, escript de lettre de fourme,
appelle le Livre de Vegesse et de chevallerie (6), historic au com-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 174).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n" 91).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n° 161).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n° 162).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 174 (n° 38).
(6) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 189).
234 LIVRES DF-S INVENTAIRES [fol. I 38 V°]
manccment de trois hommes d'armes, Tun a chcval et deux a
pie; coLivert de cuir blanc, a deux fermouers de laton.
[R, a" io35. — S G, n" 470; prise xir sous vi deniers t.]
807. Item, un petit romans de Miserere mei Dens (i); cou-
vert comme le prccedant.
[B, n" io3G. — S G, n° 1094; prise v sous t.]
898. Item, un petit livre en fran^ois, du pseaume de Eruc-
tavit (2), non convert, lie entre deux aiz.
[B, n" 1037. — S. G, 11° 480; prise v sous t.]
899. Item, un petit livre de VOffice de la Conversion saint
Pol (3); convert de cuir rouge, a deux fermouers de laton.
[B, n° io3q. — S G, n" 1288; non prise; lequel est en I'ostel dudit The-
vcnin de Bon Puis.]
900. Item, un autre petit livre de la Vie saint Germain d'Au-
cerre et de ses miracles (4), translate en francoys; convert de
cuir fauve, sanz aiz.
Iste quinque partes accolate [896-goo] rcddite fucrunt per dictum Robi-
nctum Parisius executoribus, ut supra.
[B, n" 1040. — S G, n" 481 ; prise xv sous t.]
901. Item, un autre livre de papier, faisant mencion du Pro-
ces de la canoniiation de Charles de Blois (5); convert de par-
chemin.
[B, n° 1042. — S. G, n" 1289;' non prise.]
902. Item, un petit livre en papier (6), escript de lettre gas-
coigne.
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i3o).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i3i). Evuctavit est le premier mot du
2° verset du psaume XLIV : « Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego
opera mea regi. » Les Peres de FEglise ont vu dans cc psaume une allusion
au mystere de I'lncarnation et Tont frequemment cite.
(3) Cab. des man., l. Ill, p. 178 (n" 92).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 218).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 18S (n" 221). Second fils de Gui de Chiitillon,
I" du nom, comte de Blois, et de Marguerite de Valois, Charles de Blois,
dit le Saint, naqn'it en i3i9; il epousa, par contrat du 4 juin i 337, Jeanne de
Brctagne, niece de Jean III, due de Bretagne, qui lui laissa le duche de Bre-
tagne dent il fit hommage a Philippe de Valois. Charles de Blois perdit la
vie au combat d'Aurai, le 29 septembre 1364.
(6) Cab. des man., t. Ill, p. 194 (n° 296).
LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I Sq] 235
[B, n" 1043. — S G, n" 1290; non prise; Icsquclz sont en I'ostel dudit
Thevenin du Bon Puis.]
903. Item, plusieurs quaiers de parchemin, non reliez (i), es-
crips de lettre de court, de VIstoire de Troye.
904. Item, pluseurs quaiers de parchemin, non reliez, de la
Vic ct translacion saint Gildas (2) et du Saint calice de la Cene.
[B, n" 1044-1045. — S G, n"^ logS-iogG; prises les deux l sous t.]
905. Item, une Bible [3] abreviee en un grant roolle, riche-
ment historieeet enluminee, commandant : Hie ineipit prologus.
[B, n" 1048. — S G, n" 482; prise xii liv. x s. t.]
906. Item, un Psaultier (4) escript en latin et fran^oys, tres
richement enlumine, ou il avoit pluseurs histoires au comman-
cement de la main feu maistre Andre Beaunepveu ; convert d'un
veluiau vermeil, a deux fermouers d'or, esmaillez aux armes de
Monseigneur.
Istc VI partes [901-906J rcdditc fuerunt, ut supra.
[B, n" 1049. — S G, n" 483; prise c liv. t.]
907. Item, un Breviere en deux volumes (5i, oi^i il a pluseurs
histoires de blanc et de noir; couvert d'un drap de soye blanche,
fermans chascun a deux fermouers d'or, les uns esmaillez aux
armes d'Orleans, et les autres a ymaiges.
[B, n" io5i. — S G, n" 484; prise cl liv. t.]
908. Item, un livre en fran^ois, de VYmaige du monde (6), que
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n° 228).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 220).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 16).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 173 (n" 3o). Bibl. Nat., fonds frani;:ais, n" i3o9i.
Les 24 graudes miniatures qui ornent les premiers feuillets de ce manuscrit
sont un des chefs-d'oeuvre de Tart au xiv siecle. Andre Beauneveu, peintre
et imagier, fut employe des 1364 aux tombeaux de Saint-Denis (Delisle,
Mandements de Charles V et Cab. desman., t. I, p. 62, note 8). On voit par
notre inventaire que Beauneveu, qui vivait encore en 1401, mourut avant la
redaction de I'inventaire de 141 3. (Cf. Delisle, Melanges de paleographie ct
de bibliographie, p. 297, 298, et Gazette des Beaux- Arts, t. XXVI, 1884,
p. 392-393). Froissart (liv. IV, ch. xiv) met Beauneveu au premier rang des
artistes de son temps et fait mention des travaux donl il etait charge pour
le due de Berry.
(5) Cab. desman., t. Ill, p. ijb (n" 5i).
(6) Cab. desman,, t. Ill, p. 182 (n" 141). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n° 574.
236 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l39 V^]
fist maistre Gossevin, historic en pluscurs lieux; convert de cuir
vermeil cmpraint, a deux tixuz de soyc noire, et deux fermouers
d'argent aux amies de Revel.
[B, n" 1064. — S G, n° 485; prise xxii liv. x sous t.]
909. Deux grans livrcs de Magique (i), escrips en espaignol,
Tun convert d'une pel rouge, et Tautre d'une blanche pel, sanz
aiz.
Iste trcs partes [907-909] redditc fucrunt per dictum Robinctum , ul
supra.
[B, n" io65. — S G, n° 1291 ; Icsquclz maistre Arnoul Belin a euz comme
Ten dit.l
LeS AUTRES LIVRES QUE MONDIT SeIGNELR A EUZ DEPUIS LEDIT
INVENTOIRE, TANT PAR ACHAT (2) COMME PAR DON, ET AUTREMENT.
Et PREMIEREMENT s'eNSUIVENT LES LIVRES DECLAIREZ EN DEUX
CHAPITRES, l'uN COMMANCANT OU II'^ XXXVII^ ET l'aUTRE OU 11 =
XXXVIIie FUEILLEZ DU LIVRE DES COMPTES PRECEDENS.
910. Item, un livre des Histoires de Troye, d'Alixandre et
des Romains (3), ouquel fault le commancement, lequel fu du
Roy; et au commancement du second fueillet a escript : etfait;
et est convert de cuir vert, fermant a deux fermouers de laton.
911. Item, un grant livre de Valerius Maximus (4), historie
et escript de lettre de court; et au commancement du second
fueillet a escript : iirbis Rome; convert de veluian vermeil,
garni de nn fermouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de
Monseigneur; lequel sire Jaqnes Conran Ini envoia a estraines
le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et I.
(i) Cab. desman., I. Ill, p. i85 (n" 179).
(2) Les manuscrits compris dans ce chapitrc cntrerent dans la collection
du due de Berry posterieurcment a la redaction de Tinventairc de 1402.
Aussi aucun d'eux ne figure-t-il sur I'inventaire B.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 226).
(4) Cab, des man., t. Ill, p. 187 (n" 206). Bibl. Nat., fends fran^ais, n" 282.
LIVRES ACQUIS APRKS 1 40 I [fol. 1 40 V°] 237
Ista pars, cum duabus partibus sequentibus [911-913], reddite fuerunt per
dictum Robinetum, ul supra.
[S G, n" 1097; prise lxxv liv. t.]
912. Item, un livre de Troye la grant (i), escript en fran^ois,
de lettre de fourmc; ex. au commancement du second fueillet a
escript : les parolles; et est couvert de veluiau vermeil, fermanta
deux fermouers d'argent dorez, roons; lequel fu achate par
mondit Seigneur de Bureau de Dampmartin, bourgois et chan-
geur de Paris, ou mois d'avril I'an mil CCCC et II.
[S G, n" 1098; prise xl liv. t.]
9 1 3. Item, un grant livre, appelle les Croniqiies de Biir-
gues (2), escript en fran(;oys, de lettre de court; et au commance-
ment du second fueillet a escrit : nont mie; et est couvert de ve-
luiau vermeil, a quatre fermouers, et cinq boullons sur chas-
cune aiz de cuivre dorez ; lequel fu achate par mondit seigneur
le Due de Hanequin de Virelay, demourant en rue Neuve Nos-
tre-Dame, a Paris, ou mois de fcvrier mil CCCC et deux, la
somme de deux cens escus d'or.
[S G, n" 4S6; prise c liv. t.]
914. Item, un livre d'Ovide, Metamorpho\eos (3), escript en
frangois rime; et au commancement du second fueillet a es-
cript : de la disputoison ; et est couvert de cuir vermeil empraint,
a deux fermouers d'argent neellez, et tixuz rouges, garni de plu-
seurs seignaulx.
[S G, 11° 487; prise xxv liv. t.]
915. Item, un livre de Valerius Maximus (4), translate en
frangois, escript de lettre de court, historic au commancement
d'un roy et un frere de Tordre de Saint Jehan qui lui presente
un livre, et d'autres histoires; et au commancement du second
fueillet a escript : marie ausquielx ; et est couvert de cuir vermeil
empraint, a deux fermouers d'argent neellez, et tixuz noirs (5).
[S G, n" 1099; prise xxv liv. t.]
(i) Cab. des )nan., i. Ill, p. 189 (n° 227).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 253).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 265).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (no 207).
(5) Get article a cte intercale apres coup sur le registre.
238 LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. 141]
9 1 6. Item, un livre de Titus Livius (i), translate en frangoys,
escript de lettre de fourme; et au commancement du. second
fueillet dudit livre a escript : pa)- la maniere; et est convert de
veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez
chascun d'un personnaige, et sur chascune aiz a v gros bouUons
dorez, hachiez a flours de bourraiche, garniz d'une pipe d'argent
doree, a trois flours de bourraiche esrnaillees.
[S G, n" 1 100; prise cl liv. t.]
917. Item, un livre des Di\ moraiilx des philosophes (2), es-
cript en franv'ois, de lettre de court, historic au commancement
d'enlumineure, et ailleurs de blanc et de noir; et au commance-
ment du second fueillet a escript : nc sera mie ; convert de cuir
rouge empraint, a deux petis fermouers de cuivre hachiez, et
tixuz noirs ; lequel livre mondit Seigneur achata de maistre Re-
gnault du Montet (3), ou mois de Janvier Fan mil CCCC et trois,
avec unes Heures de Nostre Dame, qu'il donna a monseigneur
de Vendosme, et avec un livre de Mandevillc qui (4) donna a
Jehan Barre, son varlet de chambre, tout ensemble pour le pris
et somme de nii'^'^ escus d'or.
[S G, n» 488; prise lxxv sous t.]
918. Item, un livre, appelle Cy nous dit (5), escript en frangoys,
de lettre de fourme; et au commancement du second fueillet a
escript : de la Trinite; couvert de veluiau noir, a deux fermouers
d'argent dorez, esmaillez a fleurs, et sur chascune aiz v clos de
cuivre dorez; lequel livre mondit Seigneur achata a Paris, ou
mois de fevrier I'an dessusdit mil CCCC et III, de Jehan le
(i) Cab. des man.^ t. Ill, p. 189 (n» 236).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (no 168).
(3) Regnault du Montet, dont le nom revient plus loin (art. 919 ct 920),
etait un libraire demeurant dans la rue des Parcheminiers; il fut implique
dans le proces de trahison intente au chanoine Fusoris (Arch. nat.,LL 188,
fol. 8 vo) et elargi (fol. 17 v"). Le due de Berry acheta de nombrcux manus-
crits a cc libraire (Voir la table du present invcntaire ct celle du Cabinet
des maniiscrits).
(4) Lisez : « qu'il donna ».
(5) Cab. des man., t. HI, p. 174 (n" 41).
LIVRES ACQUIS APRES 1 4O I [fol. I42] 239
Moustardier, escripvain de fourmc, demourant en ladicte ville de
Paris.
Ista pars redditur, ut supra.
[S G, n" 489; prise xv liv. t.]
919. Item, un gros volume (i), escript en fran^oys, de lettre de
court, ouquel sont contenuz les livres qui s'ensuivent : le livre
des Proprietcs des chases, le livrc de VIstoire de Thebes, le livre
de VIstoire de Trqye, le livre d'Orose, le livre de Lucan, le Ro-
tnans de la Rose, le Testament maistre Jehan dc Mehun, le Tre-
sor et le Testament diidit maistre Jehan de Mehun, Boece, de
Consolation, Matheole et autrcs livres, et ou derrenier est le
Viendier Taillevent (2); et au commancement du second fueillet
dudit volume est escript : en especial; et est convert de cuir
rouge empraint, a quatre fermouers de cuivre, et v gros boul-
lons de mesmcs sur chascune aiz; lequel volume mondit Sei-
gneur achata, ou moys de may mil CCCC et IIII, de maistre
Regnault du Montet, la somme de ii*^ escus d'or.
[S G, no 1 101 ; prise lxxv liv. t.]
920. Item, un grant livre appelle le livre de Lancelot du
Lac [3], escript en fran^ois, de lettre de fournie, tres bien historic
au commancement et en pluseurs lieux; et au commancement du
second fueillet a escript : en la Jin ; et est convert de drap de
soye vert, a deux fermouers dorez, et sur chascune aiz a v boul-
lons de cuivre dorez; lequel livre mondit Seigneur achata, ou
mois de Janvier Tan que dessus mil CCCC et IIII, de maistre
Regnault du Montet, demourant a Paris, la somme de 01*^ escus
d'or.
Iste due partes [919-920] reddite fuerunt, ut supra.
[S G, n" 490; prise cxxv liv. t.]
(i). Cab. desman., t. HI, p. i83 (n" 146).
(2) Taillevent est le pseudonyme de Guillaume Tircl, qui tut sergent
d'armes de Philippe VI, queux du roi Jean, et ecuyer de cuisine sous
Charles V et Charles VI. II composa son traite de cuisine ou viandier a
I'instigation de Charles V, et fut enterre a Hennemont pres de Saint-
Germain, ou M.le baron J. Pichon a retrouve sa tombe.Le viandier de Tail-
levent fut imprime en caracteres gothiques vers 1490 (Voy. Cat. des livres
du baron Pichon, i86q, n°s 271 et 272).
(3) Cab. des ma>i., t.III,p. 192 (n°2 7o). Bibl. Nat.,fonds fran(;ais,n°' 1 17 a 120.
240 LIVRF.S ACQUIS APRKS 14OI [fol. 142 V'^]
92 1 . Item, le tiers volume du Miroiier historial de Vincent (i),
escript en fran^oys, de lettre de fourme ; et au commance-
ment du second fueillet a escript: xxiiw livre; ct est couvert de
cuirblanc; lequel mondit Seigneur achata, le xxi'^ jour dudit
mois de Janvier, de Colin Beaucousin, la somme de xl escus d'or.
[S G. n» 1 102 ; prise xxx liv. t.]
922. Item, un petit livre de VEspere du del et du monde (2),
escript en franyoys, de lettre courant; et au commancemcnt du
second fueillet a escript : de I'inequalite des jours; couvert de cuir
vermeil empraint, fermant a deux fermouers de laton; lequel
Monseigneur retint pour lui d'une grant quantite de livres qu'il
achata de Baude de Guy, le xvi'^ jour de decemhre mil CCCC
et V, et donna lors tant a sa chapelle de Bourges que a pluseurs
personnes, tout ensemble pour le pris et somme de n™ ii*^ xx
escus.
Iste due partes [1)21-922] reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus, ut supra.
[S G, no I io3; prise l sous t.]
923. Item, un livre en fran^oys de VEspere du del et du
monde [3], escript de lettre courant; et au commancemcnt du
second fueillet a escript : le monde est tout roont, historie en plu-
seurs lieux, couvert de cuir vermeil empraint, fermant a deux
fermouers d'argent dorez,tous plains, a deux tixuz de soye noire;
lequel mondit Seigneur retint pour lui de ladicte grant quantity
de livres dessusdiz.
[S G, no 491 ; prise xv liv. t.]
924. Item, le livre de Titus Livius (4), en trois volumes, escript
en fran^oys, de lettre courant; et au commancemcnt du second
(i) Cab. des man., t. HI, p. i-Sy (a" 2u3).
(2) Cab. des man., t. HI, p. i85 (n" lyS). — C'est le Traite de la Sphere de
Jean de Sacro Bosco (Voy. Inventaire de la bibliothdque de Charles VI,
no 58o). Ce livre a ete tres repandu au xiV siecle. On en rencontre au
moins quatre exemplaires dans la librairie de Charles V {Cab. des man.,
t. HI, p. 142) et plusieurs copies chez le due de Berry. Le livre de Spera
(no 891 ci-dcssus) est une version latine de cet ouvragc.
(3) Cab. desman., t. HI, p. i85 (n° 176).
(4) Cab. des man., t. HI, p. 189 (n" 234).
LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. 143] 24!
fueillet d'un desdiz volumes a escript : le consul fu occis;et au
commancement du second fueillet de I'autre volume a escripT :
de la destruction ; et au commancement du second fueillet du
tiers volume a escript : seroient; couvers de cuir vermeil em-
praint, fermant chascune volume de deux fermouers d'argent
dorcz, tons plains, a deux tixus de soye vermeille; lequel livre
mondit Seigneur a semblablement retenu.
Reddite fuerunt per dictum Robiuctum, ut supra [923-924].
[S G, 11° 492; prise lxxvi liv. t.]
925. Item, un livre en fran9oys (i) qui parle que les Gregoys
devindrent et oili il alerent apres la grant destruction de Troye,
escript de lettre courant ; et au commancement du second fueillet
a escript : /'oz/r Troye restaurer, historic au commancement;
convert de cuir vermeil empraint, fermant a deux fermouers
d'argent dorez, a deux tixuz de soye vermeille, et sur chascune
aiz a V petis clos d'argent dorez, en maniere d'estoilles; lequel
livre mondit Seigneur retint pour lui comme dessus.
[S G, n" 493; prise xv liv. t.]
926. Item, la Bible en un volume (2), escripte en fran^oys, de
lettre roonde, historiee en pluseurs lieux tres richement, et au
commancement de la Trinitie, Nostre Dame en son trosne et
pluseurs angels et patriarches; et au commancement du second
fueillet a escript : comme fait lajournee; convert de veluiau ver-
meil, fermant a quatre fermouers d'argent dorez, esmaillez ou
milieu, a chascun un tixu de soye bleue.
Iste due partes [925-926] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum,
ut supra.
[S G, n° 494; prise in" lxxv liv. t.]
927. Item, un livre de la Cite de Dieu (3), escript en frangoys,
de lettre roonde; et au commancement du second fueillet a
escript : pluseurs ont iisurpe, tres richement historic au com-
mancement et en pluseurs lieux; couveri; de veluiau vermeil et
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 23 1). Bibl. nat., fonds fran^ais n" 256.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° 11).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n" 116).
16
242 LIVRKS ACQUIS APRES I4OI [fol. 1 44]
fermant a quatre fermouers d'argent dorez, en chascun uii tixu
de soye bleue, et sur chascune aiz a v clos roons d'argent dorez.
[S G, n° 495; prise 11° liv. t.]
928. Item, un livre du pelerinaigc du corps et de Tame, appelle
le Pelerin (i), escript en fran^oys, de lettre courant, historic
au commancement et en pluseurs lieux de blanc et de noir; et au
commancement du second fueillet a escript : dedens lui et lame;
convert de cuir vermeil empraint, fermant a deux fermouers
d'argent blanc, a deux tixus de soye noire.
Reddite fuerunt, ut supra [927-928].
[S G, 11° 496; prise xl liv. t.]
929. Item, un livre appelle le Livre Goddeffroy de Boiillon (2),
qui parle du passaige d'oultremer et du conquest de la Terre
saincte, escript en fran^oys, de vieille lettre de fourme; et au
commancement du second fueillet a q?>cv\^x : penticrs et fist;
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre,
et sur chascune aiz v boullons de mesmes. Lequel livre, avec plu-
seurs autres livres declairez en la ni-^ partie du 11'-' xlii= fueillet du
livre des comptes precedens dudit Robinet d'Estampes, mondit
Seigneur achata a Paris, le xxvii= Jour d'aoust mil CCGG et V,
de Bureau de Dampmartin, tout ensemble pour le pris ci somme
de n™ XXV livres tournois.
Redditus fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus, ut supra.
[S G, 11" 497; prise xx liv. t.]
930. Item, le Romans de I'limain voyage de vie humaine (3j
qui est expose sur le Romans de la Rose, escript en fran^ois, de
lettre de fourme, tres bien historie ; et au commancement du
second fueillet a escript : de gent de toiite maniere;et est couvert
de cuir vermeil empraint, a deux fermouers d'argent blanc, oil il
a en I'un une Annunciacion, et en I'autre saint Pierre et saint Pol ;
et par dessus a unc chemise de toille blanche ; lequel livre
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (11° 280). Bihl. Nat., tbnds fran^ais, 11° 829.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n° 255).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (ii" 278).
LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. 1 45] 243
mondit Seigneur achata de Baude de Guy, marchant, demourant
a Paris.
Datus fuit per dominum Ducein Bernardo d'Armignac, filio domini comitis
Armigniaci, constabulario Francie, prout constat per litteras domini Diicis
datas xxviii" die maii M CCCC XVI", hie redditas. Et sic acquittatur hie
idem Robinctus.
93 1, hem, d'unes tres belles Heures de Nostre Dame (i),
escriptes de grosse lettre de fourme, declaireesou ii^ xliii« fueillet
du livre desdiz comptes precedeiis, est deschargie et acquictie
ledit Robinet d'Estampesdesdictes Heures, sanz la pipe d'icelles,
pour les causes contenues en la correction faicte sur la partie
desdictes Heures; pour ce icy seulement une pipe faicte d'un
fermail d'or, garnie d'un fin balay ou milieu, pesant xx caraz, et
iiiiperles fines roondes entour, pesant chascune nii caraz; lequel
fermail mondit Seigneur retint pour mectre esdictes Heures de
pluseurs joyaulx et autres choses que Barthelemy Rust, mar-
chant, demourant a Paris, lui vendi et delivra, tant pour la teste
et joustes faictes a Bourges le xxi et le xxu"^ jours d'avril I'an
mil CCCC et cinq apres Pasques, que autrement; et cousta la
somme de iii'^ xxxvii frans x sous t.
Ista pars, cum n**"' partibus sequenlibiis [931-933], reddite fuerunt per
dictum Robinetum Parisius executoribus, ut supra.
[S G, n° 1292; prise vii" liv. t.]
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT
OU 11'^ XLV<= FUEILLET DUDIT LIVRE.
932. Item, un petit livre appelle le Livre de long estudei-i), fait
et compile par une femme appellee Cristine (3), escript de lettre
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (n° io3). — Voy. aussi Gaiette des Beaux-
Arts, article cite, n" 27.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 286).
(3) Christine de Pisan, nee a Venise vers i363, conduite de bonne heure
en France par son pere Thomas de Pisan, conseiller de la republique dc
Venise, perdit a I'age de vingt-cinq ans, son pere et son mari Etienne Du
Castel, gentiihomme picard,et dut suffire par son talent a ses besoins et ii
ceux de ses enfants. Elle dedia nombre de ses ouvrages aux dues de Bour-
gogne et de Berry, surtout au dernier. Elle mourut vers 143 1.
244 LIVHES DONNES AU DUG [fol. 1 45 vo]
de court, historic de hlanc et de noir; couvert de cuir vermeil
empraint, a deux fermouers de cuivre et tixus noirs ; et au com-
mancement du second fueillet a escript : de souverain sens; lequel
livre fu donne a Monseigneur en son hostel de Neelle, a Paris,
par la dessusdicte Cristine, le xx*^ jours de mars Tan mil CCCC
et deux,
[S G, 11" 1 104; prise c sous t.]
933. Item, un petit livre appelle le Livre de lafleur des histoi-
res de la tcrre d'Orient (i), escript en frangoys, de lettrede court,
enlumine et historic en pluseurs lieux; en la fin duquel a un
autre Livre de toiites les provinces et cite^ de I'universel monde;
et au commancement du second fueillet a escript : du royaiime;
couvert de veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez,
esmaillez aux armes de feu monseigneur de Bourgoigne, et sei-
gnaulx de pluseurs couleurs, et sur chascune ais v bouUons
d'argent dorez, hachiez; lequel livre mondit seigneur de Bour-
goigne donna a Monseigneur, a Paris, le xxn^^jour dudit mois de
mars Tan dessusdit mil CCCC et deux.
[S G, 11° I io5; prise xx liv. t.]
934. Item, une belle Bible en deux volumes (2), cscripte en
fran^oys, de lettre de fourme; et au commancement du tiers
fueillet du premier volume a escript : les nouvelles fere, et au
commancement du tiers fueillet du second volume a ee.cript : ini-
qiiite; couvers tons deux de drap de soye vert, ouvre a oiseaulx,
double de tiercelin vermeil, et fermans chascun de ini fermouers
d'or ; et ou premier volume a une pipe d'or, et ou second n'en a
point; laquelle Bible le Roy donna a monseigneur le Due, a
Paris, lexxv^jour d'avrilensuivantapres Pasques I'an mil CCCC
et III.
Ista pars, cum parte sequenti [934-935], reddite fuerunt Parisius per dic-
tum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 1 1 06; prise iiii'^ liv. t.]
(i) Cab. des man., t. Ill, p. u)i (n" 256).
(2) Cab. des man.., t. Ill, p. 172 (n" 12). — Le tome I" est au British
Museum.
LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 46 V°] 245
935. Item, un petit livre d'astrologie, en latin (i), ouquel sont
les quatre elemens et les xii signes figurez et les planetes ; oti il a
escript au commancement du second fueWlet: nomi nil m itaque;
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre;
lequel livre I'abbe de Bruges donna a Monseigneur, a Paris, le
vn= jour de juing Tan dessusdit mil CCCC et III.
Ut supra.
[S G, n° 1 107; prise c sous t.]
936. Item, le Romans de la Rose et le Testament maistre
Jehan de Mehiin (2), en un volume escript de lettre de court; et au
commancement du second fueillet a escript : ens en le milieu, et
est convert de cuir rouge empraint, fermant a deux fermouers
d'argent dorez, esquels a escript : le Romans de la Rose; et sont
les tixuz de soye noire, et sur chascune aiz a v boullons d'argent
dorez; lesquelx Romans et Testamens dessusdiz furent donnez
a Monseigneur, le vii^ Jour de juillet Fan dessusdit mil CCCC
et trois, par Tevesque de Chartres, lors son tresorier general.
Dictum Romancium cum Tcstamcntomagistri Johannis de Magduno datum
fuit Guillelmo Lurin per mandatum Domini, datum tercia die marcii anno
M" CCCC" XIII", redditum super penultima parte xxxiii folii hujus compoti.
Et ideo acquittatur hie di Robinetus de eisdem.
937. Item, un livre esv pt en frangoys, de lettre de court, de
VIstoire dc Thebes et de Troye (3) ; et au commancement du
second fueillet a escript : Edipus qui estoit avec Polibon ; convert
de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de laton et v boul-
lons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre ledit evesque de
Chartres donna a mondit Seigneur, I'an et jour dessusdiz.
[S G, n" 498; prise xv liv. t.]
938. Item, un Livre de Sydrac (4), escript en fran^oys, de lettre
de fourme;et au commancement du second fueillet a escript :
cellui vint; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers
d'argent dorez, esmaillez aux armes de Monseigneur, et les tixuz
(i) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n" 177).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n» 276). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n" 38o.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 23o).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n° 149). — Sans doute le n' 1 1 1 13 de la
Bibliotheque de Bruxelles. Ge manuscrit porte la signature du due de Berry.
246 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 47]
de soye noire; et par dessus ledit livre a une chemise de drap de
soye noir, double de sendal vermeil; lequel livre fu donne a
Monseigneur a estraines, le premier jour de Janvier Tan mil
CCCC et III, par messire Guillaume Boisratier, a present arce-
vesque de Bourges.
Iste due partes [gSy-pSS] reddite fuerunt Parisius per dictum Rohinetum
executorihus, ut supra.
[S G, n" 1 108; prise xx liv. t.]
939. Item, un livre des Proprie'tes des chases (i), escript en
fran^oys, de lettre de court ; et au commancement du second
fueillet a escript : apri's parle; couvert de cuir vermeil empraint,
a deux ferniouers de cuivre dorez et cinq houUons de mesmes
sur chascune aiz ; lequel livre les ini secretcres de Monseigneur,
c'est assavoir maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Jehan
de Cande et Erart Moriset lui donnerent, ausdictes estraines
mil CCCC etIII.
[S G, n" 499; prise i. liv. t.]
940. Item, le Livre des femmes nobles et renommees, que fist
Jehan Bocace (2), escript en fran(;oys, de lettre de fourme; et au
commancement du second fueillet a escript : la riibrice Ixiij'';
couvert de veluiau ouvre de pluseurs couleurs, I'ermant a deux
fermouers d'argent dorez, esmaillez Tun d'un Roy et Tautre
d'une Royne; et sur chascune aiz a v boullons de cuivre dorez;
lequel livre Jehan de la Barre donna a Monseigneur, ou mois de
fevricr ensuivant Tan dessusdit mil CCCC et III.
Iste due partes, cum ii""" partihus in pagina sequeati [939-942], rcdduntur
Parisius per dictum Rohinetum executorihus, ut supra.
[S G, n° 5oo; prise xl liv. t.]
94! . Item, un bien petiot livret (3), ouquel a pluseurs oroisons
et commemoracions de sains et de sainctes, au commancement
duquel est escripte Toroison O intemerata; fermant a deux petis
fermouers d'or, sanz tixuz; ouquel mondit Seigneur a tait mectre
(i) Cab. des ma>i., l. Ill, p. iN3 [n- 14b).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. iNS (u" 209). Bib. nat., fonds fran?ais, n" 398.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° 1 13). — Voy. aussi Gazette des Beaux-
Arts, article cite, n" 37.
LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 48] 247
une pipe d'or, garnie d'un grain de ruby et de deux poinctes de
dyamens; lequel livre le Roy donna a mondit Seigneur, ou mois
de may ensuivant Tan mil CCCC et II 1 1.
[S G, n° 1 1 72 ; prise xii liv. t.]
942. Item, un livre de la Cite de Dieu (i), en deux volumes,
escript en fran^oys, de lettre de court, historic en pluseurs lieux;
et ou commancement du second fueillet du premier volume a
escript : sains de monseigneur saint Denis, et au commancement
du second fueillet du second volume a escript : psaiiltiers ; con-
vert chascun desdiz volumes de veluiau vermeil, a deux fer-
mouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de Monseigneur, et
une pipe de mesmes, garnie de pluseurs seignaulx; lequel livre
sire Jaques Courau donna a mondit Seigneur, le xx^ jour de juing
ensuivant Tan dessusdit mil CCCC et II 1 1.
Reddite fuenint, ut supra.
[S G, n" 5oi ; prise c liv. t.]
943. Item, un livre en fran9oys, des Fai^ et bonnes meiirs du
saige Roy Charles, V" roy d'icellui nom (2), ou il a escript au
commancement du second fueillet: ses escuiers; convert de cuir
vermeil empraint, a deux fermouers et clos de cuivre; lequel
livre damoiselle Cristine de Pisan donna a mondit Seigneur a
estrainnes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et IIII.
[S G, n° 1 109; prise lxxv sous t.]
944. Item, un livre en fran9oys appelle le Livre des pro-
blemes d'Aristote (3), translate ou expose de latin en fran^oys par
maistre Evrart de Coucy (4), jadiz phizicien du Roy Charles le
Quint, escript de lettre courant, historic au commancement et
en pluseurs lieux; et au commancement du second fueillet a
escript : francoise ; convert de cuir vermeil empraint, fcrmant a
quatrc fermouers de laton, et sur chascune aiz a v boullons de
laton; lequel livre fu donne a mondit Seigneur, ou mois de sep-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (11° 1 19).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 246).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n" i53).
(4) « Coussy » dans I'lnventaire S G.
248 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 49]
tembre I'an mil CCCC et V, par messire Guillaume Boisratier,
a present arcevesque de Bourges.
Iste due partes redditc fucrunt per dictum Rohinctum Parisius, at supra.
[S G, n" 1 1 10; prise lxxv liv. t.]
945. Item, trois volumes du Mirouer historial (i ), en francoys,
escript de lettre boulonnoise; et au commancement du second
fueillet du premier volume a escript -.paroles come de Genesy de
la Bible, historie de iii^xx histoires ; et au commancement du
second fueillet du second volume a escript : esveille-{sil oist gens, *
ouquel a V^ xni histoires; et au commancement du second
fueillet du tiers volume a escript : le commancement du regne de
France, historie de iiii^^ xii histoires; couvers de cuir vermeil
empraint, fermans chascun volume de iin fermouers de laton.
[S G, n" mi; prise iiii" lxxv liv. t.]
946. Item, un livre des Miracles Nostre Dame (21, escript en
francoys, de lettre dc fourme, et note en aucuns lieux; et au
commancement du second fueillet a escript : comment que; et est
couvert de viez veluiau violet, double de tiercelin vermeil; et fer-
mant a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de
France ; lequel mondit Seigneur a eu du Roy.
Reddite fuerunt, ut supra [943 et 946].
[S G, n° 5o2; prise xxx liv. t.]
947. Item, un livre <X Ethiques et Polithiqiies (3), en deux
volumes, escript en frangoys, de lettre de fourme; et au comman-
cement du second fueillet du premier volume, c'est assavoir
Ethiques, a escript : ces si comme ; ex au commancement du second
fueillet de I'autre volume, c'est assavoir Polithiqiies, a escript : et
ceste commiinite; et sont couvers chascun de veluiau vermeil, a
deux fermouers d'argent dorez, esmaillez, Tun aux armes de
Monseigneur, et Tautre aux armes de feu monseigneur d'Or-
leans qui donna lesdiz deux volumes a mondit Seigneur.
[S G, n° 5o3 ; prise lxxv liv. t.]
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (11° 202).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n» 214).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n" i5i). Le second volume porte le n^QioG
du fojids fran(;ais, a la Bibliothcque Nationale.
LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 49 V^] 249
948. Item, le Livre de laprinse et mort dii roy Richart d'An-
gleterre (i), escript en francoys rime, de lettre de court, et
historic en pluseurs lieux; et au commancement du second
fueillet a escript : qii'il eiist; convert de drap de soye noir, a deux
fermouers roons d'argent dorez, esmaillez aux armes de France;
que le feu vidame de Laonnois, en son vivant grant maistre
d'ostel du Roy, donna a Monseigneur.
Reddite fuerunt istc due partes [947-948], ut supra.
[S G, 11" 1 1 12 ; prise vi liv. v snus t.]
949. Item, le Livre de Vespitre que Othea la deesse envoia a
Ethor (2), compile par damoiselle Cristine de Pizan, escript en
frangois, de lettre de court, tres bien historic; et au commance-
ment du second fueillet a escript •.pour ce le dy ; convert de cuir
vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre et tixus noirs;
lequel livre ladicte Cristine a donne a mondit Seigneur.
[S G, n» iii3; prise l sous t.]
950. Item, un petit livre en latin qui s'adrece a monseigneur
le Due, compile par Aymeri, abbe de Moisac (3), des Lamen-
tations de la mort du roy Charlemaigne (4), escript de lettre de
fourme et historic en pluseurs lieux; et au commancement du
second fueillet a escript \partibus; convert de cuir vermeil hous-
sie, et par dessus une chemise de drap de damas noir, double de
tiercelin vermeil; garni de deux fermouers d'or, ou il a, en I'un,
un ours, et en I'autre, un eigne, tenant chascun un escu^on esmail-
lie aux armes de Monseigneur; lequel livre I'evcsque de Saint
Flour (5) donna a estraines a mondit Seigneur, le premier jourde
Janvier Tan mil CCCC et V.
(1) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 252).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (11° 290).
(3) Aimery de Peyrat, abbe de Moissac de iSyi a 1403, composa plusieurs
ouvrages, outre celui qui est cite dans cet article, notamment une vie du
pape Urbain V. (Voy. Gallia Christiana, t. I, col. 170).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 245).
(5) Gerard ou Geraud du Puy occupa le siege episcopal de Saint-P'Iour de
1405 a 1414. II succedait a Pierre de Manhac ou de Maignac. La Gallia
Christiana (II, 426) cite I'hommage du manuscrit sur les lamentations de'
la mort de Charlemagne, ofFert au due de Berry le i" Janvier 1405 [1406 n,
st.],comme le premier acte du nouvcl eveque apres son investiture.
25o IJVRES DONNES AU DUG [fol. I 5o V°]
Reddite fucrunt ut supra [949-950].
[S G, n" 1 1 14; prise xx liv. t.]
q5i. Item, un autre livre appelle le Tresor de Sapience (i),
escript en fran^ois, de lettre de court ; et au commancement du
second fueillet a escript: ^tozY donne';et est convert de cuir rouge
empraint, a deux fcrmouers de cuivre, et v petis boullons de
mesmes sur chascune aiz; lequel maistre Gieffroy Robin donna
a mondit Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC et V.
[S G, n° 1 1 15; prise xv liv. t.]
952. Item, un livre de la Mutacion de Fortune (2), escript en
fran^oys rime, de lettre de court, compile par une damoiselle
appellee Cristine de Pizan, historic en aucuns lieux; et au com-
mancement du second fueillet a escript : travail penible; et est
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre et
V boullons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre ladicte da-
moiselle donna a Monseigneur,ou mois de mars Tan mil CCCC
et III.
Iste due partes [951-952] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum,
ut supra.
[S G, n° 1 1 1 6 ; prise x liv. t.J
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU
in'^ XXXie FUEILLET DUDIT LIVRE DESDIZ COMPTES PRECEDENS.
953. Item, un livre d^Ethiqucs {3], escript en francoys, de lettre
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript : en
puet I'en; convert de veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent
dorez, esmaillez, I'un d'une Nostre Dame, et Tautre de la Mag-
dalene, et v boullons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre
Bureau de Dampmartin, bourgois et marchant de Paris, a fait
faire par le commandement de Monseigneur.
[S G, n° 1 1 17; prise xxx liv. t.]
(i) Cab. des man.., t. HI, p. i85 (n° 170).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. igS (n° 287). A la Bihliotheque de La Hayc.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. iS3 (n" i5o).
LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. l5l V°] 25 I
954. Item, unromans qui parle des Qiiatre fil\Haymon (i),de
Reliant et Olivier et pluseursautres, escript de lettre de court; et
au commancement du second fueillct a escript : pour aller a
Paris ; coxiYen de cuir rouge empraint, a deux fermouers de iaton
et V boullons de mesmes sur chascune aiz ; lequel Monseigneur
achata de maistre Jehan Flamel, son secretere, le pris et somme
de XXX frans.
[S G, n° 1 1 18; prise xv !iv. t.]
g55. Item, un livre appelle les Croniques deBurgues (2), escript
en fran(;oys, de lettre de court, bien historie et enlumine; et au
commancement du second fueillet apres la table et le prologue
d'icellui a escript : car elles furcnt composees; convert d'un drap
de soye ouvre a fueillages rouges et blans sur un champ bleu, et
fermant a deux fermouers de Iaton, et v boullons de mesmes sur
chascune aiz; lequel livre Monseigneur achata, le xxix'^ jour d'oc-
tobre mil CCCC et VII, la somme de vin^^ escus d'or comptans.
Iste tres partes accolate [gSS-gSS] reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus. Et ideo de eisdem acquittatur idem Robinetus.
[S G, n° 504; prise c liv. t.]
956. Item, un livre escript de lettre de fourme (3), ouquel est
le Romans de la Rose, le Livre de la Violete, le Livre de la
Penthere et le Testament maistre Jehan de Mehun, bien historie
et enlumine de blanc et de noir; et au commancement du second
fueillet a escript : qiiej'oypres (4) ; convert de drap d'or, a deux
fermouers d'argent dorez, esmaillez. Tun d'un demi ymaige de
Dieu, et Tautre d'un demi ymaige de Nostre Dame tenant son
entfant; lequel livre Monseigneur a achate la somme devi'^^escus
d'or comptans.
(i) Cab. des man.,i. Ill, p. 192 (11° 269). Sur Jean Flamel, secretaire du
Due, et les notes dont il a enrichi les manuscritsde son maitre, consultez le
memeouvrage, t. I, p. 58, 61 (note), 69, ett. Ill, p. 192, 3ii, 339. M. Delisle
a donne, dans I'album paleographique qui accompagne son livre, un spe-
cimen de I'ecriture de Flamel qui fut certaincmcnt un des plus habiles
calligraphes de son temps.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 254).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 277).
(4) Le manuscrit S G porte, apres, au lieu de pres.
252 LIVRES ACQUIS [fol. I 52 V°]
P.eddita fuit ista pars, ut supra.
[S G, n° 5o5; prise l Hv. t.].
957. Item, un grant Livre des VII Ars ii), en latin, escript de
lettre de fourme, et commance au livre de Priscian, de VArt de
gramaire, tres bien historic et enlumine; et au commancement
du second fueillet a escript ; qiiamvis contractiim ; couvert de cuir
rouge empraint, fermant a quatre fermouers d'argent dorez,
esmaillez aux armes de Monseigneur, et par dessus a une che-
mise de drap de soye bleu ouvre a oiseaulx et autres choses,
doublec de tiercelin rouge; lequel livre avoit autrefoiz este de
Monseigneur et a este recouvre apres le trespas de feu monsei-
gneur d'Orleans a qui mondit Seigneur Tavoit donne.
[S G, n" 1 1 19; prise lxxv liv. t.]
958. Item, une belle Bible en latin (2), escripte de lettre bou-
lonnoise, bien historiee et enluminee d'ouvraige romain; et au
commancement du second fueillet a escript : sponditque; et par
dessus les fueilles a escu^ons pains aux armes de feu pape Cle-
ment dc Geneve et de celles de Monseigneur; couverte de veluiau
vermeil brode, fermant a quatre fermouers d'argent dorez,
esmaillez aux armes de Monseigneur, et par dessus une chemise
de drap de damas bleu, double de tercelin vermeil; laquelle
Bible avoit autrefoiz este de Monseigneur, et semblablement a
este recouvree apres le trespas de feu mondit seigneur d'Orleans
a qui mondit Seigneur I'avoit donnee.
Iste due partes [gSy-gSSJ reddite tuerunt Parisius per dictum Rohinetum,
ut supra.
[S G, n° 1 120; prise in" lxxv liv. t.]
959. Item, un livre compile de pluseurs balades et dictiez (3),
fait et compose par damoiselle Cristine de Pizan, escript de lettre
de court, bien historic et enlumine ; et au commancement du
(i) Cab. desman., t. Ill, p. 191 (ir 257). Au British IVIuseum : fonds Bur-
iiey n" 275. Voir la note du due de Berry, reproduite par M. Delisle.
(2) Cab. dcs man., t. Ill, p. 171 (ir 3).
(3) Cab. des man., t. HI, p. 193 (n» 291). Voy. aussi Gazette des Beaux-
Arts, article deja cite, n° 24. Les premiers ouvrages de Christine de Pisan,
composes de ballades, lais, virelais et rondeaux, et diverses autres poesies,
{ivaient rc^u de I'autcur le iiom de Dictie:^.
LIVRES ACQUIS APRES 14OI [fol. I 5 3] 2 53
second fueillet, apres la table dudit livre, a escript : tons mes bons
jours; couvert de drap de soye noir ouvre, a deux fermouers de
cuivre dorez, a v boullons de mesmes sur chascune aiz ; lequel
livre Monseigneur a achate de ladicte damoiselle ii^" escus.
[S G, n» 5o6; prise l liv. t.]
960. Item, unes belles Heures[i), tres bien et richement histo-
riees; ct au commancement est le kalendrier, bien richement
escript et historic; et apres est historiee la Vie et Passion de
Saincte Katherine; et ensuivant sont escriptes les quatre Euvan-
giles et deux oroisons de Nostre Dame; et apres commancent les
Heures de Nostre Dame, et s'ensuivent pluseurs autres heures et
oroisons ; et au commancement du second fueillet desdictes
Heures de Nostre Dame, a escript : audieritis; couvertes de ve-
luiau vermeil, a deux fermouers d'or, esquielx sont les armes de
Monseigneur de haulte taille; et par dessus lesdictes Heures a
une chemise de veluiau vermeil, double de satin rouge; les-
quelles Heures Monseigneur a fait faire par ses ouvriers.
Iste due partes [959-960] reddite fuerunt, ut supra.
[S G, 11° 507 : et bnt este prisees, avccques une pippe garnie d'un fin balay
ou milieu, pesant vint caraz, et quatre perles fines rondes entour, pesans
chascune quatre caraz, viii" lxxv liv. t.]
g6i. Item, unes tres grans moult belles et riches Heures (2),
tres notablement enluminees et historiees de grans histoires de la
main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de Monseigneur,
esquelles sont les Heures de Nostre Dame, les sept Pseaulmes, les
Heures de la Croix et du Saint Esperit, de la Passion et du Saint
Esperit encores, et TOffice des mors; et au commancement du
(i) Cab. des man., t. HI, p. 179 (n« 100). — Ce manuscrit appartient aujour-
d'hui a M. Edmond dc Rothschild. Voyez I'article de M. Delisle dans la Ga-
:^ette des Beaux-Arts (1884, I, 399-400) et les Melanges de paleographie et
de bibliographic du meme auteur. (Paris, Champion, 1880, in-8°), p. 283-293.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (n° 99). Bibl. Nat., fonds latin, n°9i9. — La
note de Jean Flamel, inscrite au commencement du volume, est reproduite
par M. Delisle. De tous les manuscrits du due de Berry, celui-ci fut estmie
au plus haut prix par les executeurs testamentaires. M. Delisle {Ga:{ette des
Beaux-Arts, 1884, I, p. 393097) a fait observer que les grandes miniatures,
executees par Jacquemart de Hesdin, ont disparu. Les attributs ordinaires
du due de Berry, ours, eigne, initiales V E, sont repetes dans les encadre-
ments de la plupart des pages avec les armoiries du proprietaire.
254 LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. I 54]
second fueillet des Heures Nostre Dame a escript :/Iamme;cou-
vertes de veluiau violet, et fermans a deux grans fermouers d'or,
garniz chascun d'un balay, i saphir et vi grosses perles ; et y
a une pipe d'or, ou sont atachiez les seignaulx, garnie d'un gros
balay et iiii grosses perles; laquelle pierrerie est d'une chaienne
en facon de paternostres et de certains culez qui furent de feu
messire Jehan de Montagu, deciairez lesdiz chastons en la
111= partie du iii'-' ii'^ fueillet desdiz comptes precedens, et ladicte
chaienne en la premiere partie du in^ nii« fueillet ensuivant; et
ont lesdictes Heures une grant chemise dedrap de damas violet,
double de mesmes; lesquelles Heures mondit Seigneur a faictes
faire ainsy et par la maniere qu'elles sont dessus devisees.
Iste Horc reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus, u
supra.
[S G, no 1 1 59; prise iiH"' liv. t.]
962. Item, un petit livre appelle le Dyalogiic saint Gre-
goire [i)^ escript en fran^oys; et au commancement du second
fueillet a escript : loing nous ne veoons; historic en aucuns lieux;
convert de cuir rouge empraint, a deux fermouers de laton;
lequel Monseigneur achata de Jehan Colin, le ix^ jour de juillet
Tan mil CCCC et IX, pour le pris et somme de xv escus d'or.
Redditus fuit Parisius, ut supra.
[S G, n° 5o8; prise lxxv sous t.]
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU
IIlC XXXV" FUEILLET DU LIVRE DESDIZ COMPTES PRECEDENS
963. Item, d'un Breviere en deux volumes (2), appellez les Bre-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (11° 120).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n" 55). Bibl. Nat., fonds latin, n°' 10483 et
10484. L'un des deux volumes de ce breviaire est expose dans la galerie
Mazarine. Ce manuscrit portait le nom de Breviaire de Belleville parce
qu'il avait appartenu a Olivier do Clisson, seigneur de Belleville, avant
d'entrer dans la librairie du Louvre. Dans son article sur les livres d'Heu-
res duduc de Berry {Ga:{ette des Beaux-Arts, 1884, I, 282-285), M. Delisle
a raconte par le detail I'histoire de ce manuscrit, un des chefs-d'oeuvre de
LIVRES DONNES AU DL'C [fol. 164 vo] 255
vieres de Belleville, a Tusaigc de Jacobins, trcs bien et riche-
ment historiez, enluminez.^ declairez en la premiere partie du
iiic xxxv"^ fueillet du livre desdiz comptes precedens, est des-
chargie ledit Robinet d'Estampes du premier desdiz volumes
pour Ics causes contenues en la correction faicte sur ladicte
partie. Pour ce icy seulement le second desdiz volumes, et au
commancement du second fueillet du psaultier dudit volume a
escript -.jiisticie et sperate; convert de drap de soye vert ouvre a
bestes estranges, et par dessus unc chemise d'autre drap de soye
noir ouvre a fueillaiges de blanc et de bleu, fcrmans a deux fer-
mouers d'or esmailles aux amies de France.
K.— Dicta duo voluminabreviarii in presenti articulo declarati data fuerunt
domine Marie de Francia, religiose de Poissiaco (i), per mandatum Domini
super penultima parte lxviii folii hujus compoti redditum. Et ideo acquit-
tatur hie dictus Robinetus de presenti volumine.
964. Item, un tres bel livre de la Cite de Dieu (2), escript en
fran^oys, de lettre de court, tres bien historic et enlumine, et au
commancement du second fueillet a escript : Monseigneur Saint-
Denis; et est convert de veluiau vermeil, a ini fermouers de cui-
vre dorez; lequel livre Salemon, secretere du Roy nostre sire,
donna a mondit Seigneur.
[S G, n" 5og; prise cxxv liv. t.J.
965. Item, une belle Bible en latin (3), escripte de lettre bou-
lonnoise, qui fu du roy Robert, jadiz roy de Sicile, tres bien
historiee et enluminee d'ouvraige romain; et au commancement
du second fueillet a escript : one usque ad Egiptum; couverte de
cuir rouge empraint, a nii fermouers d'argent dorez, esmaillez
aux armes de Monseigneur, et par dessus une chemise de drap
la calligraphic au moyen age. II a en meme temps releve plusieurs noms
inscrits au has des pages qui sent peut-etre ceux des miniaturistes charges
de decorer le volume. — On peut consulter aussi I'article de M. Marcel de
Freville publie dans les Nouvelles Archives de Vart francais de 1874-75,
p. 145-155, sur la symbolique des miniatures.
(i) Sur Marie de France, religieuse a Poissy, voyez ci-dessus la note 2 de
la page 41.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (no ii5).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 171 (n° i).
2 56 . LIVRES BONNES AU DUG [fol. I 55 Vo]
de damas bleu, double detiercelin vermeil; laquelle monseigneur
d'Orleans donna a Monseigneur, le xvni'' jour d'aoust Tan mil
CCCCet VII.
Iste due partes [964-965] reddite fueruiit Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n» 1 193; prise irL liv. t.]
966. Item, une autre Bible en deux petis volumes (i), escripte
en fran^oys, de lettre de t'ourme, bien historiee et cnluminee; et
au commancement du second fueillet du premier volume a es-
cript : du saircment; et au commancement du second fueillet de
I'autre volume a escript : nais seront destriiit; convert chascun
volume de drap de soye ouvree a fueillages, fermant a ini fer-
mouers d'or, esmaillez aux amies de France, et en chascun un
ymaige, a une pipe d'or esmaillee ausdictes armes, et par dessus
une chemise de drap de damas violet, double de tiercelin noir;
laquelle Bible le feu vidame de Laonnois, en son vivant grant
maistre d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, ou mois d'aoust
Fan mil CCCC et VII, et mondit Seigneur y a depuis fait faire
lesdictes chemises.
Ista Biblia data fuit per dominum Ducem et per suas litteras datas prima
die junii M CCCC XVI", hie retentas, domine ducisse de Borhonio, ejus filie.
Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eadem.
967. Item, un livre des Croniqiies de France (2), fait par mais-
tre Jehan Froissart, depuis le temps du roy Charles le Quart,
des guerres de France, d'Angleterre et autres royaumes, escript
en fran^ois, de lettre de court; et au commancement du second
fueillet a escript : entre les autres; convert de cuir rouge housse,
et fermant a quatre fermouers de laton en fai;on de crochez;
lequel livre fu donne a Monseigneur, le vni<= jour de novembre
Tan mil CCCC et VII, par messire Guillaume Boisratier, a
present arcevesque de Bourges.
[S G, n° 5io; prise xl liv. t.]
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° i3). — Le tome II porte le n" 5707 dans
le fonds fran^ais, a la Bibl. Nat.
(2) Cab. des man., t.III,p. 190 (n° 243). Bibl. Nat., fonds frangais, n''2G4i.
LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 56] 257
968. Item, unesHeures{i) esquelles le roy Jehan, pere de Mon-
seigneur, apprist a lire, et tout au commancement est le kalen-
drier, et apres, pluseurs enseignemens en fran^oys de bien vivre
selon Dieu, les Heures de Nostre Dame, les Heures de la Tri-
nitie, I'Office des mors, et pluseurs autres Heures et Oroisons,
tant en latin que en fran<;oys; et au commancement du second
fueillet, apres la fin du kalendrier a escript -.par ceste viande;
couvertes de drap de damas noir; lesquelles le roy de Sicile
donna a Monseigneur, le xxiii^ jour d'octobre I'an mil CCCC
et VII, et depuis y a fait faire mondit Seigneur deux fermouers
d'or, esmaillez a ses armes, a une pipe de mesmes, garnie d'un
balay pesant environ x caraz et deux perles, et par dessus une
chemise de drap de damas violet, double de tiercelin noir; les-
quielx fermouers et pipe ainsi garnie, avec ladicte chemise, ont
couste de Baude de Guy iiii'"^ frans.
Iste due partes [967-968] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo acquittatur hie.
[S G, n° 1 1 2 1 ; prise cxxv liv. t.]
969. Item, un livre appelle Terence (2), escript en latin, de
lettre de fourme, tres bien historic et enlumine; et au comman-
cement du second fueillet a escript : nempe; convert d'un drap de
soye ouvre sur un champ violet, et par dessus une chemise de
drap de soye vermeil, fermant a deux fermouers d'argent dorez,
sanz tixus; lequel livre fu donne a mondit Seigneur, ou mois de
Janvier I'an mil CCCC et VII, par monseigneur Martin Gouge,
lors son tresorier general et a present evesque de Chartres.
Ista pars, cum ii''"" partibus sequentibus [969-971], reddite fuerunt Pari-
sius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 1 1 22 ; prise xxx liv. t.]
970. Item, un livre des Croniques de France (3), escript en
fran^oys, de lettre de court, tres bien historie en pluseurs lieux;
et au commancement du second fueillet de la table dudit livre a
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n" 96). — Voy. Gazette des Beaux-Arts,
article cite, n° 20.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 261). Bibl. Nat., fonds latin, n° 7907 A.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 239).
17
258 LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 67]
escript : comment Childerich ; couvert de veluiau noir, a deux
fermouers de laton, et v boullons de mesmes sur chascune aiz;
lequel livre Jehan de ia Barre, receveur general de toutes finan-
ces en Languedoc et duchid de Guienne, donna a Monseigneur,
ou mois d'avril apres Pasques Fan mil CCCC et huit.
[S G, n" 5ii ; prise c liv. t.]
971. Item, un tres bel Breviere (i), escript de bonne lettre de
fourme, a I'usaige de Paris, qui fu du Roy, bien historic et enlu-
mind, et au commancement du second fueillet, apres la fin du
kalendrier, a escript : cognovit bos; couvert d'un drap de soye
ouvre, et par dessus une chemise de drap de damas noir, double
d'un tercelin vermeil, fermant a deux fermouers d'or en fa9on
de chasteaulx, et n'y a point de pipe; lequel breviere Monsei-
gneur a eu de feue madame d'Orleans, et avoit este de feu mon-
seigneur d'Orleans, son mary, a qui mondit Seigneur I'avoit
donnd.
Ymo est una parva pipa auri cum 11'"" parvis ursis.
[S 0,11° 5i2; prise 11= liv. t.]
972. Item*, le Mirouer historial de Vincent (2), en trois volu-
mes, escripz en fran^oys, de bonne lettre de fourme paraille, tres
bien et richement historiez et enluminez; et au commancement
du second fueillet du premier volume a escript : la voye; au com-
mancement du second fueillet du second volume a escript : du
prieur; et au commancement du second fueillet du tiers volume
a escript : temps; et sont couvers de drap de soye vert use, chas-
cun a deux fermouers d'argent dorez, rompus, esmaillez aux
armes de Monseigneur; et faillent les esmaulx en aucuns desdiz
fermouers; lequel livre fu de feu messire Jehan de Montagu,
auquel Monseigneur le donna en son vivant ; et depuis, apres son
trespassement, mondit Seigneur I'a recouvre, c'est assavoir les
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 176 (11° Sg). Bibl. Nat., foods latin, n° 4052. Sur
ce manuscrit, qui provenait de la librairie du Louvre et qui fit retour a
Charles Vil, voir I'article de M. Delisle dans la Ga:{ette des Beaux-Arts
(1884, t. I, p. 285-287).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (n° 201).
I.IVRES DONNES AU DUG [fol. I Sj Y°] aSg
deux derriers volumes de monseigneur de Guienne, et le premier
volume du prevost de Paris, par don du Roy nostre sire.
K. — Dictum Speculum historiale datum fuit domino duci Burgondie per
mandatum Domini datum nona die februarii anno M° CCCC" XII°, hie red-
ditum, serviens alibi pro aliis partibus; virtute cujus acquittatur hie dictus
Robinetus de eodem.
973. Item, un Breviere (i) en deux petis volumes, escript de
menue lettre de fourme, et au commancement du second fueillet
du psaultier d'un desdiz volumes a escript : mei et exaudi; et au
commancement du second fueillet du psaultier de Tautre volume
a escript : in cubilibus; et sont couvers de drap de soye bleu, et
fermans chascun a deux fermouers d'or, esmaillez aux armes de
Monseigneur, et ont chascun une chemise de veluiau noir, dou-
ble de tercelin rouge; lequel breviere monseigneur de Guienne
donna a Monseigneur, ou mois de novembre mil CCCC et IX;
et, depuis, I'a mondit Seigneur fait relier, couvrir et garnir en la
maniere dessusdicte; et cousterent les fermouers seulement de
Jehan Tarenne, avec le tixu, xxx frans.
974. Item, un livre de bien grosse lettre de fourme (2), ouquel
sont pluseurs Oroisons en latin a Dieu et Nostre Dame, le Psaul-
tier saint Jeroysme, les vii Pseaumes compilez par Fran^oys
Petrarque, les Heures de la Croix et du Saint Esperit, et plu-
seurs autres devocions et contemplacions a Dieu ; et au comman-
cement du second fueillet a escript : ac sompnolencia ; convert de
cuir rouge empraint, a un viez fermouer d'argent blanc, et fault
I'autre fermouer; lequel livre maistre Philippe de Corbie (3),
conseiller et maistre des requestes de I'ostel du Roy et de Mon-
seigneur, donna a mondit Seigneur, le xvii« jour de novembre
I'an mil CCCC et IX.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et sic
idem Robinetus acquittatur hie.
[S G, n° 5i3 ; prise lxxv sous t.]
975. Item, un autre livre (4) ouquel est contenu tout le Psaul-
(i) Cab. des man.,t. Ill, p. lyS (n° 53). — Voy. Gat^ette des Beaux-Arts, n" 12.
(2) Cab. des wan., t. Ill, p. i8o(n° 1 12). — YoY.Ga:{ette des Beaux- Arts,n''l>6.
(3) Sur Philippe de Corbie voyez ci-dessus la note i de la page 182.
(4) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n" 3i).
26o LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 58 V^]
tier et pluseurs autres devocions parmy ledit psaultier; au com-
mancement du second fueillet ouquel a escript •.faniim ( i ) offeres ;
et est couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers d'ar-
gent, esmaillez aux armes de feu messire Jehan de Montagu ;
lequellivre fu dudit deffunct, et I'envoia querir mondit Seigneur,
apres sa mort, chez Fremin de Revelle, escripvain demourant a
Paris, le xxv^ jour d'octobre I'an mil CCCC et IX.
[S G, n° 514; prise xxv liv. t.]
976. Item, un livre en latin De Meditationibus editis ab An-
selmo Cantnariensi archiepiscopo (2), ouquel a pluseurs belles
oroisons, escript de lettre de fourme; et au commancement du
second fueillet a escript : tes dicam; couvert de cuir rouge, a deux
fermouers d'or, ou il a en chascun un escu esmaillie des armes de
Monseigneur, et au bout des tirans a un bouton de perles, et a une
chemise de drap de soye vermeil, double de cendal vert; lequel
livre I'evesque de Saint- Flour donna a Monseigneur auxestrain-
nes, le premier jour de Janvier I'an dessusdit mil CCCC et IX.
Iste due partes [975-976] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinelum,
ut supra.
fS G, n" 1 123; prise xxv liv. t.]
977. Item, un petit livre ou sont les sept Pseaumes (3), escripz
de lettre de fourme, et entre chascun ver desdiz pseaumes a un
autre ver fait sur la substance des vers d'iceulx vii Pseaulmes;
bien historic au commancement et enlumine ; et au commance-
ment du second fueillet a escript : jiiam injirmus ; couwert de cuir
rouge empraint, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez d'une
couronne d'espines, et escript dedens ladicte couronne Jliesus;ei
y a une chemise d'un drap de soye noir, seme de fueillages vers,
double de tiercelin noir; lequel livre Cristine de Pisan donna a
mondit Seigneur aux estraines, le premier jour de Janvier I'an
mil CCCC et IX.
Iste parvus liber redditus fuit Parisius, ut supra.
[S G, n° 1 124; prise c sous t.]
(i) Ou « Saniim » Ms. S G.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n» i2 5). Saint Anselme successeur de
Lanfranc sur le siege de Cantorbery en 1093, mort en i 109.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n- 129).
LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. I 60] 26 1
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU
III'^ XLIIII« FUEILLET DUDIT LIVRE
978. Item, une belle Bible (i), escripte en fran^oys, de lettre
de fourme, bien historiee; et au commancement du second fueil-
let a escript : des generacions Caym XVI ; couverte de veluiau
vermeil ouvre, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez de
Adam et Eve, et v boullons de cuivre dorez sur chascune aiz, et
une pipe d'argent doree a pluseurs seignaulx de soye.
Ista pulcra Biblia reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo-
ribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 1 125; prise 11° l liv. t.]
979. Item, un petit volume, escript en fran^oys, de lettre cou-
rant (2), ouquel a pluseurs livres, le premier du Gouvernement
des roys et des princes, le second du Tresor de Sapience, et,
apres, pluseurs autres livres; et au commancement du second
fueillet dudit volume a escript: Phelipe qui translata ce livre;
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de laton et
V petiz boullons de mesmes sur chascune aiz.
980. Item, un livre de VIstoire de Lesignen (3), en latin, de
lettre courant; et au commancement du second fueillet, apres la
premiere histoire dudit livre, a escript : Ornatus stans super
equm; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de
laton et v petis boullons de mesmes sur chascune aiz.
[S G, n" 1 126; prise x liv. t.]
98 1 . Item, un autre livre de VIstoire de Lesignen (4), escript en
latin, de lettre de fourme, bien historic ;et au commancement du
second fueillet apres la premiere histoire a escript : sola sed tan-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 8).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (no i65).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 249).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 248).
262 LIVRES ACQUIS APRES 14OI [fol. I 60 \°]
turn; couvert de drap de damas rouge, fermant a deux fermouers
de laton, at tixuz de soye.
[S G, n° 5i5 ; prise x liv. t.]
982. Item, un petit livre appelle Marc Pol, du Devisement dii
monde (i), escript en fran9ois, de lettre de fourme; et au com-
mancement du second fueillet, apres la premiere histoire, a
escript \ fist retraire; couvert de cuir vermeil empraint, a deux
fermouers de laton.
[S G, n" 5i6; prise vi liv. v sous t.]
983. Item, un livre du Mirouer des dames (2), escript en fran-
9ois, de lettre de fourme; et au commancement du second fueillet
a escript : ter et reposer; couvert de veluiau vermeil, a deux fer-
mouers de laton hachiez, et v bouUons de niesmes sur chascune
aiz, tous plains.
[S G, n" 517; prise xx liv. t.]
984. Item, un petit livre des Ymaiges du del et du monde (3),
escript en frangoys, de lettre de fourme; et au commancement du
second fueillet a escript : sont en la voye; couvert de cuir vert, et
fermant a deux petis fermouers de cuivre.
[S G, n" 5i8; prise lv sous t.]
985. Item, un livre appelle le Livre de I'arbre des batailles (4),
escript en fran^ois, de lettre de court, historic et enlumine; et au
commancement du second fueillet, apres la premiere histoire, a
escript : revient comment; couvert de cuir vermeil empraint, a
deux fermouers de cuivre et v bouUons de mesmes sur chas-
cune aiz.
Iste tres partes accolate, cum iii>>"'' aliis partibus sequentibus [980-985],
reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo de
eisdem acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 619; prise vi liv. v sous t.]
(i) Cab. desman., t. Ill, p. 186 (n° 197). Bibl.Nat., fonds fran^ais, n°563i.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 198 (n" 285). — C'est peut-etre le n» 9555 de la
Bibliotheque de Bruxelles, ou le ms. add. 29986 de Londres.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 173).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 294). — Au Musee Britannique, ms.
Reg. 20 C VI II.
LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. 161 W°] 263
986. Item, une bien grant mappamonde (i), bien historiee,
enroollee dedens un grant et long estui de bois, laquelle maistre
Gontier Col (2) donna a Monseigneur.
[S G, n° 520; prise cxxv liv. t.]
987. Item, une autre mappamonde (3) en uns tableaux de
boiz longuez, fermans en maniere d'un livre.
[S G, n° 1 127; prise c sous t.]
988. Item, une autre mappamonde (4) en un roolle de parche-
min, dedens un estui de cuir.
Iste tres partes [986-988] redditc fuerunt Parisius per dictum Robinetum,
ut supra.
[S G, n° 1 1 28 ; prise l sous t.]
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU
III*^ LXV« FUEILLET DUDIT LIVRE
989. Item, un livre de V Informacion desroys et des princes (5),
fait et compile par un maistre en theologie de I'Ordre de saint
Dominique; et au commancement du second fueillet a escript :
vivans; convert de cuir rouge empraint, a deux fermouers de cui-
vre; lequel Monseigneur achata de maistre Regnault du Montet,
libraire demourant a Paris, ou mois de fevrier I'an mil CCCC
etIX.
[S G, n° 521 ; prise vi liv. v sous t.]
990. Item, un petit livre bien ancien, de la Vie des Peres (6),
escript en Francois; et au commancement du second fueillet a es-
cript : tost a perfection ; convert de cuir blanc, et sur chascune des
aiz a V boullons de laton, fermant a deux fermouers de mesmes;
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n" 191).
(2) Gontier Col etait notaire et conseiller du Roi (Voy. Journal de Nicolas
de Baye, t. II, p. 74, et Paris et ses historiens, p. 129 et 419). On I'appelle,
dans ce dernier ouvrage, Gautier; mais c'est par erreur.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n» igS).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 194).
(5) Cab. des man., X. Ill, p. 184 (n°i67). Bibl.Nat., fonds fran^ais, n" 1210.
(6) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 212 bis).
264 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 62]
lequel Hvre mondit Seigneur achata dudit maistre Regnault du
Montet, ou mois de mars mil CCCG et IX avant Pasques, pour
le pris et somme de xii escus d'or.
Iste due partes [989-990] reddite fuerunt, ut supra.
[S G, n° 1 1 29; prise c sous t.]
AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU
111= LXVI« FUEILLET ENSUIVANT
991. Item, un petit livre en fran^oys, de lettre roonde, intitule
Des bonnes meurs (i), lequel parle du remede qui est centre les
VII pechiez mortels, et des trois estas; et au commancement du
second fueillet a escript : et tons les siens ; historic en pluseurs
lieux; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de
laton dorez, hachiez des armes de monseigneur le Due, et sur
chascune aiz v petis boullons de mesmes ; lequel livre fu donne
a mondit Seigneur, le iiii= jour de mars mil CCCG et IX avant
Pasques, par frere Jaques Legrant, Augustin (2).
Iste liber redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n" 522 ; prise vi liv. v sous t.]
992. Item, un petit Messel (3) a I'usaige de Paris, escript de
bonne lettre de fourme, et au commancement du second fueillet
apres le kalendrier, a escript : bant et que sequebantur; convert
de cuir rouge empraint, et pardessus a une chemise de drap de da-
(1) Cab. des wa«.t. III,p. 182 (n° i34). Bibl. Nat.,fonds fran^ais, n" io2 3.Ce
manuscrit porte une note de la main de Jean Flamel, secretaire du due de
Berry, que M. Delisle a reproduite a la page 3ii du meme volume et dont
il donne le fac-simile dans I'album paleographique annexe a son ouvrage
(planche XLVII, n° i). Cette note declare que le manuscrit fut ofFert au due
de Berry, comme il est dit ici, par Jacques Legrant, de I'ordre des ermites
de Saint-Augustin, qui I'avait fait executer.
(2) Jacques Legrant, religieux Augustin, etait un predicateur renomme
pour la hardiesse de ses sermons et un fougeux adversaire du parti bour-
guignon. Voyez I'anecdote rapportee dans Paris et ses liistorieiis (p. 405-406).
Ses violences allerent jusqu'a le faire excommunier avec les principaux
chefs des Armagnacs.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 77).
LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 62 V^] 265
mas rouge, doubld de tercelin vermeil, a deux fermouers d'or aux
armesde Monseigneur; lequel messel I'arcevesque de Sens donna
a mondit Seigneur, le vni= jour de novembre Pan mil CCCC et X,
sans ladicte chemise et fermouers que mondit Seigneur y a de-
puis fait faire.
K. — Datum fuit presens missale domino archiepiscopo Bitturicensi per
mandatum super ii*' parte clxv" folii hujus compoti redditum; virtute cujus
dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
993. Item, un livre de Jehan Bocace, des Cas des nobles
hommes et femmes [i], translate de latin en fran^oys par Laurens
de Premierfait, clerc, escript de lectre de fourme, bien enlumine
et historic; et au commancement du second fueillet a escript : il
ont plaisir; convert de drap de damas noir, et fermant a deux
fermouers d'argent dorez, esquelz est escript le nom dudit livre;
lequel monseigneur I'evesque de Chartres donna a Monseigneur
aux estraines, le premier jour de Janvier mil CCCC et X.
[S G, n" 523; prise c liv. t.]
994. Item, un livre contrefait d'une piece de bois(2) paincte en
semblance d'un livre, ou il n'a nuls fueillets ne riens escript;
convert de veluiau blanc, a deux fermouers d'argent dorez, es-
maillez aux armes de Monseigneur; lequel livre Pol de Lim-
bourc et ses deux freres donnerent a mondit Seigneur ausdictes
estrainnes mil CCCC etX.
[S G, n» ii3o; prise l sous t.]
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (n" 208). Les auteurs de Paris et ses histo-
riens au xiv" et au xv- slides, ont fait reproduire en couleur (p. 414) une
miniature representant Laurent de Premierfaict et Antoine d'Arezzo
occupes a traduire le Decameron de Bocace, puis offrant leur traduction au
due de Berry. On trouvera dans le meme volume (p. 412 et suiv.) des details
sur le village de Premier-Faict, au diocese de Troyes, et sur la protection
accordee a Laurent par Bureau de Dampmartin, originaire de Semoine,
localite situee dans le voisinage de Premier-Faict.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 194 (n» 297).
2 66 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 63]
AUTRES LIVRES QUI SONT AVENUZ A MONDIT SEIGNEUR LE DUG DE-
PUIS LESDIZ COMPTES PRECEDENS ET NE SONT POINT DECLAIREZ
OUDIT LIVRE.
995. Item, le tiers livre de loys, en fran^ois, qui est appellez
I'Enforciade (i), escript de lettre de fourme ; et au commance-
ment du second fueillet a escript : il a empiriee ; couvert de cuir
noir houssie, a deux fermouers de cuivre et v boullons de
mesmes sur chascune aiz; lequel livre fu donne a Monseigneur
par messire Guillaume de Tignonville (2), chevalier, ou moys de
may I'an mil CCCC et XII.
Iste tres partes [ggS-ggS] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
executoribus. Et ideo acquittatur hie.
[S G, n° ii3i; prise vii liv. x sous t.]
996. Item, un autre livre de droit, en Francois, appelle<Z)f-
geste vielle (3), escript de lettre de fourme; et au commancement
du second fueillet a escript : lerent si escristrent ; couvert de cuir
blanc, a deux fermouers de cuivre et v boullons de mesmes sur
chascune aiz; lequel livre fu semblablement donne a mondit Sei-
gneur par ledit de Tignonville, oudit mois de may mil CCCC
etXII.
Ista pars reddita fuit, ut supra.
[S G, n° 1 1 32 ; prise xii liv. x sous t.]
997. Item, unes i/ewre.y (4) esquelles sont les Heuresde Nostre
Dame, les sept Pseaumes, Vigiles de mors, et, apres pluseurs
oroisons, messes, le Psaultier saint Jeroyme et pluseurs autres
devocions ; et au commancement sont les iiii Euvangiles et le
(1) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (11° iSy).
(2) Guillaume de Tignonville, prevot de Paris, est connu surtout pour sa
rigueur envers deux ctudiants de I'Universite de Paris convaincus de plu-
sieurs mefaits et qui furcnt executes. Le s' de Tignonville fut excommunie
pour ce fait et remplace, le 5 mai 1408, par Pierre des Essarts, partisan
devoue du due de Bourgogne.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n° 136).
(4) Cab. desman., t. Ill, p. 179 (n" 106).
LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 63 V^] 267
kalendrier; et a escript au commancement du second fueillet
desdictes Heures de Nostre Dame : stirpis; couvertes de veluiau
vermeil, a deux fermouers d'or, ou sont les armes de Monsei-
gneur, faictes de neelleure, et une petite pipe d'or, esmaillee
desdictes armes, et, par dessus, une chemise de satin bleu, dou-
ble de tercelin rouge; lesquelles Heures a prinses mondit Sei-
gneur dudit Robinet d'Estampes en lieu d'unes autres Heures
qui lui a donnees, dont mencion est faicte en la premiere partie
du ii'^ XLni« fueillet du livre desdiz comptes precedens.
Iste Ore date fuerunt episcopo Claromontensi (1), ejus consiliario, per lit-
teras domini Ducis, datas viii^ januarii M CCCG XV, superius redditas. Et
ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
998. Item, un Breviere en deux volumes (2), a Tusage de Paris,
escript de lettre de fourme et historie en plusieurs lieux; convert
de veluiau rouge, fermant a deux fermouers d'argent dorez, es-
maillez aux armes de Navarre; et au commancement du second
fueilet du premier volume a escript : Syon montem; et au com-
mancement du second fueillet de I'autre volume a escript : dixit
ad me; lequel breviere la femme de feu monseigneur Pierre de
Navarre (3) donna a Monseigneur, ou mois de novembre I'an mil
quatre cens et XH (4).
Ista pars reddita fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus. Et sic
acquittatur hie.
999. Item, un petit livre apelle Colletere (5), escript de lettre
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript :
misericordia tua; convert de drap de soye, a deux fermouers
(i) Martin Gouge, de Charpaignes, conseiller et chancelier du due de
Berry, quitta, le i3 mai 141 5, le siege de Chartres (voy. ci-dessus, p. 175,
note 2) pour celui de Clermont, ou il rempla^a Henri de la Tour. II devint
chancelier de France en 1420 et mourut en 1444.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 175 (n° 56). — Voy. aussi Gazette des Beaux-
Arts, article cite, n" XV.
(3) Sur Catherine d'Alen^on, qui perdit son premier mari, Pierre de
Navarre en juin 1412, voyez ci-dessus la note i de la page 41.
(4) Cet article et les suivants jusqu'au n" 1006, occupant quatre feuillets,
ne sont pas de la meme ecriture que les precedents. On remarque aussi
certaines differences d'orthographe.
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 85).
268 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. 1 64]
d'argent dorez, esquielx a une Annunciacion; et est ledit livre
garni d'une pipe d'or, a in perles, i saphir et i balaisseau; lequel
livre fu semblablement donne a mondit Seigneur, oudit mois de
novembre, par ladicte dame.
Datus fuit per dominum Ducem thesaurario sue capelle Bitturicensis, per
litteras suas, datas viii" die januarii M CCCC XV, superius redditas. Et sic
idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1000. Item, un livre en fran^ois, apelle \e Livre des Merveilles
dii monde, de la Terre Saincte, du grant Kaam d'Ynde et de
Tartaric (i), escript de lettre de fourme, historic au commance-
ment et en pluseurs lieux; et au commancement du second fueil-
let a escript : poys de bonnes cite-{ ; couvert de cuir vermeil em-
praint, a deux fermouers de lacton et tixus de soye ; lequel livre,
avec le messel cy apres escript, Monseigneur achata de maistre
Regnault du Montet, libraire demourant a Paris, ou moys d'oc-
tobre mil CCCC et XII, tous deux enssamble pour le pris et
somme de cent escus d'or.
K. — Datus fuit deffuncto domino Petro des Essars (2), nuper' preposito
Parisius, per mandatum super vi'" parte lxx"" folii hujus compoti redditum;
virtute cujus acquittatur hie dictus Robinetus de eodem.
looi. Item, un Messel (3) a Tusaige de Paris, escript de lettre
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript : bit
eum regnum;- couvert de cuir vermeil empraint, a deux fer-
mouers d'argent dorez, esmaillez d'une Annunciacion, etpardes-
sus a une chemise de drap de soye blanche ouvre, doublee d'un
autre drap de soye bleu ; lequel messel, avec le livre devant es-
cript, mondit Seigneur achata dudit maistre Regnauh du Montet,
comme dit est, oudit mois d'octobre, tous deux enssemble pour
ledit pris de c escus d'or.
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executioni domini
Ducia. Et sic idem Robinetus acquittatur hie.
(i) Cab. des man., t. Ill, p. i86 (n" 198).
(2) Nomme prevot de Paris le 5 mai 1408, en remplaeement de Guil-
laume de Tignonville, par I'influence du due de Bourgogne, Pierre des
Essarts prit une part active au supplice de Jean de Montaigu, puis fut lui-
meme condamne a mort et execute aux Halles le i" juillet I4i3 (Felibien,
Histoire de Paris, t. II, p. 767, et Preuves t. 11, p. 554).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n- 76).
LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 64 vo] 269
1002. Item, unes petixes Heiires (i), esquelles sont les Heures
de Nostre Dame, les sept Pseaumes, I'Office des mors, les Heures
de la Passion Nostre Seigneur, la Vie saincte Marguerite, et plu-
seursautres suffraiges et devocions, tres bien escriptes et enlumi-
nees ; et au commancement du second fueillet des Heures de Nos-
tre Dame a escript : sunt omnes fines ; et sont couvertes de deux
ais d'argent dore, ou il a, d'un couste, un Crucifiement, et, de
Tautre part, un Couronnement de Nostre Dame, fermans a deux
fermouers de mesmes;lesquelles Heures mondit Seigneur achata
dudit maistre Regnault du Montet, ou moys de Janvier I'an mil
IHI^ et XII, pour le pris et somme de xxx escus d'or comptans.
K. — Date fuerunt per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi (2),
[ut] constat per mandatum datum v'* die septembris anno M° CCCC° XIIII",
hie traditum, serviens alibi pro aliis partibus; virtute cujus dictus Robi-
netus acquittatur hie de eisdem.
ioo3. Item, un Livre de medecine[2>) qui traicte de la vertu des
herbes et des bestes, escript en latin, de lettre de fourme, ouquel
sont lesdictes herbes et bestes contrefaictes de painture; et au
commancement du second feueillet, apres la table dudit livre, a
escript : quartus ex premissis ; convert de cuir rouge empraint, a
deux fermouers de cuivre et petis boullons de mesmes sur les
aiz; lequel livre maistre Simon Alligret (4) donna a mondit Sei-
gneur aux estraines, le premier jour de Janvier I'an mil CCCG
etXII.
K. — Datus fuit per Dominum cappelle sue Bicturicensi per suum manda-
(1) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n» 107). — Voy. Gazette des Beaux-Arts,
article cite, n° 3i.
(2) Martin Gouge de Charpaignes. (Voy. la note i de la p. 267).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° i85).
(4) Simon AUegret, medecin du due de Berry, chanoine de Notre-Dame
de Paris, logeait au cloitre Notre-Dame ou il recevait parfois la visite
du Due qui sejournait chez lui plusieurs jours (Felibien, Histoire de
Paris, t. II, p. 768). II avait 100 liv. de gages annuels (Arch. Nat., KK 253
n° 2, fol. 1 3). Le 1 3 novembre 141 3, le Due lui alloue mille ecus d'or « pour
ses tres grans, bons et agreables services » (KK 2 5o, fol. 28 v°). II re?oit un
mois apres, 60 ecus d'or pour acheter une mule, du velours noir pour faire
un grand chapeau et 3oo martres, du prix de 168 fr. i5 s., pour fourrer une
houppelande {Ibid., fol. 29 v% 5o v° et 56 V"). Simon AUegret mourut le
22 octobre 141 5.
270 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 65]
turn super 11** parte ci folii hujus compoti traditum; virtutc cujus dictus
Robinetus acquittatur hie de eodem.
1004. Item, ung Livi^e des fai:{ d' amies et de chevalerie (i),
compose par une damoiselle apellee Cristine de Pizan, escript
en fran^ois, de lettre de court, historic au commancement et en-
lumine; et a escript au commancement du second feueillet, apres
la table : le recite le poete ; convert de cuir rouge empraint, a
deux fermouers de cuivre et gros bouUons de mesmes sur les
aiz; lequel livre ladicte damoiselle donna a mondit Seigneur,
ausdictes estrainnes mil IIII<^ et XII.
K. — Datus fuit iste liber per Dominum Johanni de la Barre (2), per man-
datum suum datum xxi" die marcii anno M° CCCC° XII""', hie redditum;
virtute cujus dictus Robinetus acquittatur de eodem.
ioo5. Item, un livre de Marc Paule, des Merveilles d'Aise
la grant, et d'Inde la majoiir et mineur, et des diverses regions du
monde (3j, escript en fran^ois, de bonne lettre de fourme, tres
bien historic et cnlumine tout au long; et au commancement du
second feueillet a escript : Tartars en leurs tantes ; convert de
veluiau, ouvre et fermant a deux fermouers d'argent dorez,
esmaillez aux armes de monscigncur dc Bourgoigne, et sur les
aiz a gros boullons de cuivre, dorez et hachiez; lequel livrt
mondit seigneur de Bourgoigne donna a mondit Seigneur, oudit
mois de Janvier mil 1111= et XII.
Iste liber redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 558; prise cxxv liv. t.]
1006. Item, ung petit livret (4), ouquel a pluseurs Oroisons
escriptes en latin, de bonne lettre de fourme, et les rubriches es-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. igS (n» 289). Voyez, dans le volume sur Paris
et ses historiens au xiv" et au xv° siecles, la reproduction d'une miniature
representant Christine de Pisan composant ses ouvrages (p. 428), et, dans le
meme livre (p. 418), I'heliogravure d'une autre miniature montrant
Christine ofFrant a Louis, due d'Orleans, la dedicace de son epitre d'Othea
a Hector, dont il a ete question a I'article 949 ci-dessus.
(2) Jean de la Barre, receveur general des finances de Languedoc et de
Guienne, est cite ci-dessus pages i34 et 258.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 196). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n» 2810.
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° 1 1 1). — Voy. Gazette des Beaux- Arts,
art. cite, n" 35.
LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. 1 65 V°] 2/1
crlptes en Francois, tres bien ystorie et enlumine ; et au com-
mancement du second feueillet a escript : tani quia peccavi; cou-
vert de cuir rouge housse, sans fermouers; lequel monseigneur
de Guienne donna a Monseigneur, ou mois de Juillet mil quatre
cens et douze.
Datus fuit regi Hyspanie (i) per dominum Ducem, ut constat per man-
datum dicti domini Ducis datum vii" die julii anno M CCCC XV, superius
redditum. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
[S G, n° 1293 : donne, comme Ten dit, au roy de Castelle.]
DRAPS DE SOYE, LINGE,
ET AUTRES PARTIES RESTANS DE l'iNVENTOIRE FAIT DES CHOSES
ESTANS EN l'oSTEL DE LA CHANCELLERIE DE BOURGES.
1007. Item, una nappe de soye a rayes d'or et de soye ver-
meille, et aux deux bouz d'icelle est litellee (2) de pluseurs ou-
vraiges d'or et de soye ; contenant v aulnes et demie.
[B, n° 1 193. — S G, n° 710; prise chascune aulne xx sous parisis, valent
VI livres xii sous vi deniers t.]
1008. Item, une touaille (3) ordonnee pour recevoir le corps
Nostre Seigneur, armoieeaux deux bouz aux armes d'Estampes,
de Castelle et de France, et y sont les quatre euvangelistes; con-
tenant III aulnes et demie.
Tradite fuerunt et reddite iste 11° partes acolate [1007-1008] dictis execu-
toribus per dictum Robinetum, ut supra; ideo acquittatur hie de eisdem.
[B, n° 1 194. — S G, no 453 ; non prise.]
(i) Sur le roi d'Espagne ou de Castille, voyez ci-dessus la note 2 de la
page 20.
(2) Le terme liteau, qui a donne litelle, est encore en usage. II designe
les raies, ordinairement colorees, placees vers les bouts des nappes ou ser-
viettes de toile unie.
(3) Les touailles sont des serviettes. Le Dictionnaire de V Academic men-
tionne encore ce mot, un peu hors d'usage aujourd'hui, et lui donne le sens
d'essuie-mains.
272 DRAPS DE SOIE LINGE, ETC. [fol. 1 66]
1009. Item, nil couvertures pour orilliers, de cendal (i) ter-
celin vermeil.
De istis iiii" cooperturis tradite fuerunt ii* ipsarum predictis executoribus
per dictum Robinetum, prout supra. Ideo de ipsis 11''"' acquittatur hie.
Et alie 11' cooperture date fuerunt per dominum Ducem comitisse (sic)
Bitturicensi, uxori sue, prout certificatum est per Stephanum de Rodcs (2),
quondam varletum camere dicti domini Ducis, per litteras sub signo duorum
notariorum Castellati parisiensis, hie redditas. Et sic de eisdem acquittatur
idem Robinetus.
[B, n° 1201.]
I o I o. Item, une touaille de coton, fait en maniere de tripe (3),
en laquelie a liteaux de deux costez; contenant une aulne delong
ou environ.
[B, n° 1 2 14.]
loi I. Item, un couvrechief d'orties, a baptisier enffans, frange
de blanc et de vermeil.
[B, n» i2o5. — S G, n° 1267; non prise.]
I0I2. Item, trois pieces de flocars (4) a atourner dames, a la
maniere d'Alemaigne.
[B, n" 1206. — S G, n° 1268; non prisees].
ioi3. Item, une aulmuce (5) pour mectre par nuit, ordonnde
pour cardinaulx, ouvree de fueilles de vigne et de roses.
[B, n° 1207.]
(i) Sur ce mot voyez la note 3 de la p. 19.
(2) Thevenin de Rodes figure en tete des valets de chambre qui faisaient
partie de la maison du due de Berry lors de son deces et qui re?urent une
certaine somme pour leur deuil. D'apr^s I'etat dresse a I'occasion de ses
obseques et funerailles (Invent. S G, fol. 188), le due de Berry n'avait pas
moins de quinze valets de chambre.
(3) La tripe etait une etoffe veloutee, a poils longs. Une touaille faite en
maniere de tripe parait signifier un essuie-mains a longs poils, ofFrant
quelque analogic avec nos serviettes eponges.
(4) Le floquart etait le voile flottant qui enveloppait le hennin et tombait
dans le dos. Ce terme se trouve dans I'inventaire du due d'Anjou (vers
1 365); le floquart est, par consequent, bien anterieur a I'arrivee de la reine
Isabeau de Baviere.
(5) L'aumusse est une sorte de capuchon assez semblable a ces capes que
mettent les paysannes de certains pays. Jusqu'au xiv° siecle, elle fut employee
par les laiques des deux sexes aussi bien que par les clercs. Peu a peu elle
devint I'attribut distinctif des chanoines, qui, apres s'en etre servi durant
les offices pour se preserver du froid, prirent I'habitude de le porter sur le
bras comme un insigne de leur dignite. L'appjication de ce vetement a un
usage nocturne est a noter.
DRAPS DF, SOIR, LINGR, ETC. [fol. 1 66 \°] l-jl
1014. Item, VII cotiVez d'yvoire a vi pans, a ymaiges cslevez,
marquctcz, fermans chascun a une clef.
[B, n" 1208. — S G, ri" 1209; non prises.]
10 1 5. Item, de deux autres petis coffrez d'yvoire, fermans
comme les precedens, declairez en la premiere partie du cxix^ fueil-
let du livre des comptes precedens, est descliargie et acquictie
ledit Rohinet d'Estampes de I'un seulcment. Pour ce icy I'autre
coffret.
Tradite fucrunt iste vi partes acolate, cum vi aliis partibus immediate
sequentibus [1010-1021] in prima pagina folii sequentis, dictis executori-
bus'per dictum Robinctum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eisdcm.
[B, n° 12 1 1.'' — S G, n" 1270; non prises.]
1016. Item, deux autres petis coffrez d'yvoire, fermans comme
dessus.
[B, n" 12 1 2. — S G, n" 1271 ; non prises.]
1 01 7. Item, un autre coffret de boys, ouvre a Jour.
[B, n° 12 i3. — S G, n" 1272; lequel est en I'ostel Thevenin de Bon Puis.]
1 01 8. Item, deux tabliers (i) de cypres, marquetez, ploians,
dont Tun est sanz charnieres; esquielx n'a aucuns tables ne
eschaz.
[B, u" 1 2 14. — S G, n" 1273 ; lesquelz messeigneurs de Groslee et de Lo-
piat out, comme Ten dit.]
1019. Item, un vaissel de cuivre fait en maniere d'un dra-
gouer, ouquel a un couvercle, a mectre oisellez de Chippre.
[B, n° 12 1 5. — S G, n" 1274; non prise.]
1020. Item, iiii plaz de voirre, c'est assavoir : deux grans et
deux petis, ouvrez de paincture (2), a pluseurs ouvraiges.
[B, n° 121G. — S G, n° 1275; non prises.]
1021. Item, VII escuelles de bois, que grans que petites, painc-
tes a ouvraige de Damas.
[B, n° 1217. — S G, n° 1276; non prisces.]
1022. Item, deux grans draps de tres deliee et tres fine toille (3)
(i) « Tableaux » dans I'inventaire B, n» 12 14.
(2) Sans doute queique produit des fabriques de Murano qui se repandi-
rent partout a la fin du xiv° siecle. L'inventaire B dit : « de peinture d'or. »
(3) L'inventaire de Charles V constate deja la reputation des toiles fines
de Reims. Les ouvriers de Laon et de Compiegne snnt les sen's qui entrent
274 DRAPS DE SOIK, LINGE, ETC. [fol. I 67 vo]
dc Reins, pour mettrc sur liz dc parement; chascun drap de six
lez et VI aulncs dc long.
De istis duobus magnis linteaniinihus traditum fuit unum dictis executo-
ribus per dictum Robinetum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eodem.
Et aliud datum fuit per dominumDuccm domine ducisse,uxori sue, prout
certificatum est per Stephauum de Rodes, varletum camcre domiiii Ducis,
[ut] per litteras sub signis manualibus duorum notariorum Castclleti Pari-
siensis, superius redditas, constat.
[B, n" 1218.]
1023. hem, unc piece estroicte de tres fine toilie de Reins,
contenant xl aulnes a I'aune du drap.
Dicta tele pecia reddita fuit et dictis executoribus tradita per dictum Ro-
binetum, ut supra. Ideo acquittatur hie.
|B, n» 1 2 19.]
1024. Item, une autre piece de toilie fine de Reins, contenant
XLiii aulnes a I'aune du drap.
Ista pecia tele data fuit per dominum Duccm domine ducisse, uxori sue,
prout certificatum est per Stephauum de Rodes, quondam varletum camere
dicti Domini, per litteras factas sub signis manualibus duorum notariorum
Castclleti Parisicnsis, superius redditas. Et ideo acquittatur idem Robinetus.
[B, n° 1220.]
1025. Item, XH touailles de Reins, tres fines, contenant chas-
cune deux aulnes, et en Tune d'icelles a environ demic aulne de
frange de pluseurs soyes, et ou milieu d'icelle frange a un es-
cu^on de brodeure aux armes de Monseigncur.
Ista xii"'" manutergia reddita fuerunt predictis executoribus per dictum
Robinetum. Ideo exoncratur hie de eisdem.
[B, n" 1 22 1.]
1026. Item, une paire de linceulx de tres deliee toilie de Reins,
supportez, chascun de vii lez et de v aulnes et demie de long.
Data fuerunt per dominum Ducem domine ducisse, uxori sue, prout cer-
tificatum est per Stephauum de Rodes, varletum camere dicti Domini, sub
litteris confectis per duos notarios Castelleti Parisicnsis, superius redditis.
Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n"I222.]
1027. Item, un autre linceul de six aulnes dc long, de fine
toilie dc Reins, et de six lez.
en concurrence avcc les tisserands remois. II n'est pas question dans I'in-
ventaire de Charles V de ces nappes de Paris dont parlc celui du due dc
Berry; serait-ce d(ine luie intiustrie ncc entrc i3<S() et 1413.''
DRAPS DE SOIE, LINGE, ETC. [fol. 1 68] 275
Dictum linteamen amissum fuit Bitturis in adventu regis Romanorum, ut
constat per litteras patentes dicti domini Ducis, datas vii" die marcii M CCCC
XV, superius redditas. Ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
fB, n° 1223.]
1028. Item, un autre linceul de v lez et de six aulnes de long
de toille de Reins.
Redditum fuit dictis executoribus et traditum per dictum Robinetum, ut
supra. Ideo exoneralur hie de eodem.
[B, n" 1225.]
1029. Item, un autre linceul de toille de Reins, de v lez, lequel
est bien use et percie en pluseurs lieux, contenant hi aulnes et
demie de Urns,.
[B, n" 1226.]
io3o. Item, un autre linceul de fine toille de Reins, dentele,
bien use et supporte, contenant iiii lez et quatre aulnes de long,
et y a un pcrtuis.
Iste due partes [1029-1030] date fuerunt per dominum Ducem domine du-
cisse, uxori sue, prout certificatum est per Stephanum de Rndes, quondam
varletum camere domini Ducis, per litteras Castelleti Parisiensis .superius
redditas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n» 1228.]
io3i. Item, un autre linceul de toille de Reins, endentelle,
de IIII lez et iii aulnes de long.
Traditum fuit dictis executoribus et redditum per dictum Robinetum,
prout supra. Ideo exoneratur hie de eodem.
[B, n" 1229.]
io32. Item, un autre linceul de toille de Reins, de trois aulnes
de long et de trois lez.
Datum fuit per dominum Ducem domine comitisse, uxori sue, prout cer-
tificatum est per Stephanum de Rodes, ejus varletum camere, per litteras '
sub signis manualibus duorum notariorum Castelleti Parisiensis, superius
redditas. Et sic acquittatur idem Robinetus.
[B, n° i2 3o.]
io33. Item, un autre linceul de toille de Reins, de in aulnes
et un quartier de long et de v lez de large.
[B, n° 1 23 1.]
1034. Item, un autre linceul de grosse toille de chenevaz, dc
quatre lez, et de quatre aulnes de long.
[B, n" 1232.]
276 DRAPS DK SOIK, LINGE, ETC. [fol. I 68 V°]
io35. Item, un autre linceul de grosse toille bourgoise, de
nil lez et de iii aulnes et demie de long.
[B, n° 1233.]
io36. Item, un petit linceul de bersueil (i), d'orties (2), de
V quartiers de long et de iiii lez.
[B, n" 1234.]
loBj. Item, un autre petit linceul semblable au precedent, de
quatre lez et d'une aulne de long.
Reddite fuemnt iste quinque partes acolate [io33-io37] et tradite predictis
executoribus per dictum Robinetum, ut supra. Ideo acquittatur hie de
eisdem.
[B, n«i2 35.]
io38. Item, une piece de toille de Reins, bien fine, contenant
XI aulnes.
Dicta pecia tele data fuit per dominum Ducem domine comitisse, uxori
sue, prout certificatum est per Stephanum de Rodes, quondam varletum
camere dicti domini Ducis, [ut] per litteras sub signis manualibus duorum
notariorum confectas constat. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n" 1236.]
1039. Item, une piece de nappes tines, de deux aulnes de lez
et de XXXI aulnes de long.
[B, n° 1238.]
1040. Item, une autre piece de nappes de Reins, de deux
aulnes de lez et de xxv aulnes et demie de long.
Tradite fuerunt dictis executoribus et reddite iste 11" partes acolate
[1039-1040] per dictum Robinetum, ut supra. Ideo exoneratur hie de eisdem.
[B, n« 1239.]
1 041. Item, une autre piece de nappes, de I'ouvraige de Pa-
ris contenant xi aulnes de long et iii quartiers et demi de large.
[B, n" 1240.]
1042. Item, une aultre piece de nappes, de Touvraige de Paris,
(i) « Bressueil » dans I'lnventaire B.
(2) On a vu plus haut (art. loi i) « un couvrechief d'orties a baptiser en-
fants ». Le present article designe clairement une couverture de berceau fa-
briquee avec des orties. Le Dictionnaire de Trevoux dit positivement qu'on
tissait de la toile d'orties comme de la toile de chanvre ; comme le sue d'orties
passait pour avoir des vertus particulieres pour arreter le crachement de
sang, peut-etre la toile fabriquee avec I'ortie etait-elle employee specialc-
mcnt pour I'usage des petits enfants.
DRAPS DE SOIK, LINGE. ETC. [fol. I 69]
^/ /
contenant xviii auines et demic de long ct in e^uartiers et demi
de lez.
[B, n" 1241.]
1043. Item, Line autre piece de nappes, dudit ouvraige de
Paris, de xi auines et demie de long, de hi quarticrs et demi
de lez.
[B, n° 1242.]
1044. Item, une autre piece de nappes dudit ouvraige de
Paris, du long et du lez de la precedent.
K. — Dominus Dux, per suas litteras, datas xx'' die julii anno M° CCCC° XII",
hie traditas, confitetur a dicto Robineto recepisse quatuor pecias maparum
in nil" articulis acolatis designatas [1041-1044], et ipsas tradidit et delibe-
ravit in officio sue pannetarie pro cothidie cohoperiendo mensas ejusdem et
domini comitis Augui, ejus tilii. Et ideo acquittatur hie dictus Robinelus
de eisdem.
Tamen sciatur qui habet custodiam de ipsis et respondeat.
[B, n° 1243.]
1045. Item, XII servietes de Reins, tres fines, en une piece,
garnies de linteaulx, chascune d'une aulne de long.
[B, n° 1245.]
1046. Item, autres xii servietes de Reins, tres fines, garnies et
du long comme les precedens.
[B, n° 1246.]
1047. Item, VI tres fines servietes de Reins, en une piece,
garnies comme dessus, et du long des precedens.
Reddite fuerunt dictis executoribus et tradite iste tres partes acolate, cum
aliis \\""^ partibus in sequent! pagina immediate sequentibus [1045-1049], per
dictum Robinetum, ut supra. Ideo exoneratur hie de eisdem.
[B, n° 1247.]
1048. Item, deux tres grosses et rudes tayes (i) a coultes, et
III tayes de coulsins oti il a pluseurs palateaux (2).
[B, n" 1248. — S G, n" 1277; les trois tayes de coissins non prisees.]
1049. Item, deux chemises, Tune brodee, et Tautre de Nostre
Dame de Chartres.
(i) Le mot taie est restc en usage, mais s'applique exclusivement aux
oreillers. D'apres Du Cange, la coulte serait un coussiu allonge, une sorte de
matelas.
(2) Les inventaires B et S G portent « paleteaux ». Ce mot signifie des pie-
ces d'etoffe servant a recouvrir les trous.
278 DRAPS DE SOIE, LINGE, ETC. [fol. I 70]
Rcdditc fuerunt istc ir partes dictis cxccutoribus per dictum Rohinetum,
lit supra.
[B, n" 1249. — S G, n" 1278; non prisccs.]
io5o. Item, six couvrechiefs de lin, chascun d'une aulne et
un quartier dc long, qui sont en un cotfrc quarre dc cyppres
marquete, garni de cuivre dore.
Dc istis VI capitogiis unum fuitBitturis perdituni in servicio domini ducis
Acquitanie, mense novcmbris M CCCC XIIII'", prout constat per littcras
patentes dici defuncti domini Ducis, [datas] XVI* januarii M CCCC XIIII'",
supcrius redditas. Et alia quinquc reddita fuerunt dictis cxccutoribus per
dictum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie de istis vi capitogiis.
[B, n» i2 5o.]
io5i. Item, deux pieces de corail en maniere de branches.
Iste due pecie, in aducendo Bitturis Parisius, dilaccrate fuerunt et pcrdite
per partes, taliter quod de nullo valorc fuerunt.
[B, n" 1 25 1.]
io52. Item, un mirouer d'acier, contenant demi pie de roont,
qui est en un petit estuy de cuir.
[B, n- 1252. — S G, n° 1279; non prise.]
i()5 3. Item, un gros crista! roont, de demi pie de long, avec
un couvercle esbrechie.
Rcdditc fuerunt predictis cxccutoribus et tradite istc 11° partes acolate
[io52-io53] per dictum Robinetum, prout supra. Idco exoneratur hie de
eisdem.
[B, n° 1253. — S G, n" 1280; non prise.]
1054. Item, un coutel de Castelle, dont le manche est fait d'os
noir et blanc, mis en une chaitive gaynne.
Iste custellus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum cxccutoribus
sine prccio, quianullius valoris. Et sic dc codem acquittatur idem Robinctus.
[B, n° 1254.]
io55. Item, une estrille de fer blanc.
Reddita fuit dictis cxccutoribus per dictum Robinetum, prout supra. Ideo
acquittatur hie.
[B, n° 1255. — S G, n" 1281 : donnce, comme Ten dit, a monscigneur de
Lopiat.]
JOYAUX DONNKS EN GAGE [tol. 1 73] 279
DESPENCE DE JOYAULX, VAISSELLE, PIERRERIE
E7 AUTRES CHOSES BAILLEES PAR MONSEIGNELR LE DUG, OU DE SON
COMMANDEMENT, A PLUSEURS PERSONNES, TANT EN GAIGES COMME
AUTREMENT, CONTENUES ET DECLAIREES TANT ES GOMPTES PRECEDENS
COMME EN CESTUI PRESENT, LESQUIELX, PAR l'oRDONNANCE DE MES-
SIEURS DES COMPTES, LEDIT ROBINET d'eSTAMPES RENT ICY ENSEMBLE
A SA DESCHARGE PAR MANIERE DE TABLE, NONOBSTANT Qu'lL EN SOIT
ACQUICTIE SUR CHASCUNE PARTIE, AFFIN que plus GRANT MEMOIRE
SOIT DE LES RECOUVRER QUANT TEMPS ET LIEU SERA.
io56. Premierement, a Christofle de la Mer, un ymaige
d'or de saint Phelipe, declaire en la v^ partie du xv^ fueillet du
livre desdiz comptes precedens ; lequel ymaige lui a este baiilie
pour les causes contenues en la correction faicte sur ladicte
partie. Pour ce icy ledit ymaige (ij.
[B, n° 37.]
1057. Item, audit Christofle de la Mer, un ymaige d'or de
saint Charlemaigne, declaire en la premiere partie du xvi<= fueil-
let ensuivant ; lequel ymaige lui a este baiilie pour les causes,
etc. Pour ce icy ledit ymaige.
[B, n° 40.]
io58. Item, audit Christofle, un ymaige d'or de saint Jaques,
declaire en la derniere partie dudit xvi<= fueillet; lequel ymaige
lui a este baiilie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit ymaige.
[B, n» 46.]
1059. Item, a monseigneur le due de Bourbonnois, une grant
coupe d'esmaux de pelite a jour, garnie d'or, declairee en la
(i) L'inventuirc B dunne une description detaiUee de plusieurs joyaux
indiques ici sommairement. Aussi avons-nous reproduit integralcment les
articles de I'inventaire de 1402 correspondant a ceux de ce chapitre.
28o JOYAUX DONNES KN GAGE [fol. 17? V°]
penultime partie du xviic fucillet ensuivant; laquelle lui a este
baillee pour les causes, etc. Pour ce icy ladicte coupe. /
[B, n" 3o.]
1060. Item, a Barthelemy Sac, un tres bou ruby plat, assis en
un annel d'or, declaire en la viii^ partie du xxv*^ fueillet ensui-
vant ; lequel ruby lui a este baillie pour les causes etc. Pour ce
icy ledit ruby.
[B, n° 128. — S G, n° i33o; prise m frans.]
1061. Item, a Nicolas Spinole, un annel d'or ou est la plus
grant piece d'un ruby qui tu du Roy, declaire en la penultime
partie dudit xxv" fueillet; lequel ruby lui a este baillie pour les
causes, etc. Pour ce icy ledit ruby.
[B, n" i3i.]
1062. Item, a sire Mace Heron, conseiller et tresorier general
de mondit seigneur le Due, un ymaige d'or de Nostre Dame,
esmaille de bleu, declaire en la premiere partie du xliii'' fueillet
ensuivant; lequel ymaige lui a este bailie pour les causes etc.
Pour ce icy ledit ymaige de Nostre Dame.
[B, n" 36o.]
io63. Item, a Jehan Tarenne, la menue pierrerie qui estoit es
mictres de vi evesques pers de France, d'une grant nef d'or
declairec en la derriere partie du iiii^^ vi« fueillet ensuivant;
laquelle pierrerie lui a este bailliee comme il appert par les cor-
rections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy ladicte menue
pierrerie.
K. — Dicta minuta pcrreria datafuit dicto Johanni Tarenne per mandatum
Domini, datum nona die februarii anno M° CCCC° XII°, hie traditum;
virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eadem, ac eciam dictus
Johannes Tarenne.
[B, n« 784.]
1064. Item, a Nicolas Spinole, un dyament plat a six costes,
assis en un annel declaire en la penultime partie du ci*^ fueillet
ensuivant; lequel dyament lui a este baillie pour les causes, etc.
Pour ce icy ledit dyament.
[B, n" 947.]
io65. Item, ii Christotle de la Mer dessus nomme, une croix
JOYAUX DONNES EN GAGE [fol. I 74 V"] 28 I
d'or garnie de neuf balais a jour, declairee en la dcrriere partie
du vi^^ ix« fueillet ensuivant ; laquelle croix lui a estc bailliee
pour les causes, etc. Pour ce icy ladicte croix.
1066. Item, a sire Mace Heron, tresorier dessusdit, une croix
d'or garnie de ini^'^ xvni grosses perles brutes, declairee en la
IF partie du vi^^ xi" fueillet ensuivant; laquelle croix lui a este
baillee pour les causes, etc. Pour ce icy ladicte croix.
1067. Item, audit sire Mace Heron, une petite croix d'or, nom-
mee la Petite Croix aux esmeraiides^ declairee en la derriere
partie dudit vi^^ xie fueillet; laquelle croix lui a este baillee pour
les causes, etc. Pour ce icy ladicte croix.
[B, n° 2 3.]
1068. Item, a monseigneur le conte d'Alen(;on, deux gros
balais, c'est assavoir : un roont qui a une glace sur le bourt et
Tautre quarre; lesquelx deux balais sont de la pierrerie de une
grant croix d'or appellee la Croix an camahieu^ declairee en
la derriere partie du vi^^ xii<= fueillet ensuivant; lesquielx deux
balais lui ont este baillez pour les causes, etc. Pour ce icy lesdiz
deux gros balaiz.
[B, n" 1081.]
io6g. Item, a mondit seigneur le conte d'Alencon, deux
autres balais, Tun quarre et Tautre long et quarre, qui sont de la
pierrerie de ladicte croix; et lui ont este baillez pour les causes.
etc. Pour ce icy lesdiz deux balaiz.
1070. Item,aBureau de Dampmartin, une croix d'or nommee
la Croix aux cristaulx (i), declairee en la premiere partie du
vi'^^ xiii'' fueillet ensuivant; laquelle croix lui a este baillee pour
les causes, etc. Pour ce icy ladicte Croix aux cristaulx.
1 07 1. Item, a sire Mace Heron, tresorier general dessusdit,
unstres beaux tableaux d'or en facon d'un livre !'2j, declairez en la
premiere partie du v\^^ xv" fueillet ensuivant ; lesquielx tableaux
lui ont este baillez pour les causes, etc. Pour ce icy lesdiz tableaux.
(i) Voyez ci-apres rarliclc iioo.
(2) Voyez ci-apres I'article iii3.
282 JOYAUX DONNKS EN GAGE [fol. I 76]
1072. Item, a Guillaumc de Lode, escuicr ct chambcllan de
mondit seigneur le Due, un tableau d'or ployant a couplez,
declaire en la premiere partie du vi^J^ xvi'= fueillet ensuivant;
lequel tableau lui a este bailie pour les causes, etc. Pour ce icy
ledit tableau.
1073. Item, a Bureau de Dampmartin, un grant joyau d'or, de
trois piez et demi de haut ct de pie et demi de le, declaire en
la premiere partie du vi^^ xix<^ fueillet ensuivant; lequel Joyau lui
a este bailie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit joyau. (i)
K. — Super dicta prima parte cxxxix folii compotorum precedentium dicti
Robincti arrcstatur quod dominus Dux recuperavit a dicto Burclln dictum
ji>cale,etiam de ipsooneratur dictus Robinetus supcriusin preseuti compoto,
iu priuio articulo v^' Iblii. Et idco cxoncratusest dictus Robinetus de codem.
1074. Item, a Guillaumc de Lode dessus nomme, un taber-
nacle d'or appelle le Joyau du Mont dc Calvaire (21, declaire en
la derriere partie dudit vi>^>^ xix*^ fueillet; lequel joyau lui a este
bailie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit tabernacle.
1075. Item, a sire Mace Heron, tresorier general dessusdit,
un tabernacle d'or ouquel a le Jugement Nostre Seigneur, garni
de pierrerie, declaire en la derriere partie du vii^^<; fueillet; lequel
tabernacle lui a este bailie pcjur les causes, etc. Pour ce icy
ledit tabernacle.
1976. Item, a Nicolas Corny (3), un gros dyament plat et room,
en fa^on de mirouer, qui souloit estre en un fermail d'or en fa9on
de roze, declaire en la n^ partie du vn^^ ix<= fueillet ensuivant;
lequel dyament lui a este bailie pour les causes etc. Pour ce
icy ledit dyament.
1077. Item, a Constantin de Nicolas, un gros balay quarre
appelle le Balay de David (4), declaire en la derriere partie du
(i) Voyez le n" 14 du present inventaire.
(2) Voy. le n" i i 1 1 du present inventaire.
(3) Nicolas Cosmy, marchand dc draps d'or et de soie, etait mort en 141 1,
com me le prouvc un pavement fait a cette cpoque a son cxecuteur testa-
mcntaire, Cosme Cosmy, pour six aunes de velours azure livrees a la Reine
par ledit Nicolas, le 7 mars 1410, et employees a une chapelle brodee par
.lean de Clarcy (Arch, nat., KK 48, fol. 107 v°.)
(4) Voyez ci-apres Particle 11 58.
JOYAUX DONNKS EN GAGE [fol. fjj] 283
viii^^ 11= fueillet ensuivani; lequcl balay lui a eslc bailie pour Ics
causes etc. Pour ce icy ledit balay.
[B, ir 124.]
1078. Item, a Christoflc de la Mer dcssusdit, un ymaige d'or
de saint Jehan euvangeliste, declaire en la ii[= partie du
ix^^ xiiii'= fueillet ensuivant; lequel ymaige lui a este bailie pour
les causes, etc. Pour ce icy ledit ymaige.
1079. Item, audit Christofle de la Mer, un autre ymaige
d'or de saint Estiennc, declaire en la penultime partie dudit
ix^^ xiiii'^ fueillet; lequel ymaige lui a este bailie pour les causes,
etc. Pour ce icy ledit ymaige.
1080. Item, audit Christofle, un ymaige d'or de saint An-
thoine, declaire en la derriere partie du ix^-^ xnii'-^ fueillet; lequel
ymaige lui a este bailie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit
ymaige.
1081. Item, plus audit Christofle, un ymaige d'or de saint
Loys de Marseille declaire en la premiere partie du ix"^^
xv^ fueillet ensuivant; lequel ymaige lui a este bailie pou'- les
causes, etc. Pour ce icy ledit ymaige.
[B, n° 1 160.]
1082. Item, plus audit Christofle, une nef d'or scant sur une
berbiz, declairee en la premiere partie du n^ xxvi'-" fueillet ensui-
vant; laquelle nef lui a este baillee pour les causes, etc. Pour ce
icy ladicte nef.
io83. Item, a maistre Jehan Juvenel (i), un volume en latin de
lettre boulonnoise, ouquel a pluseurs livres, declaire en la
ni"^ partie du u"^ xlv^ fueillet ensuivant; lequel livre mondit Sei-
(i) Jean Juvenel des Ursins, baron de Trainel, president au Parlement,
mort a Poitiers en 143 1 dans un age avance. Le Louvre possede un precieux
tableau (n° 65 1 de I'ecole fran^aise), execute vers 144S, nu Jean Juvenel
est represente agenouillc, accompagne de Michelle de Vitri, sa temme,
et de ses onze enfants dont I'aine fat successivement evequc de Beauvais
et de Laon, puis archeveque de Reims. Cette peinture provient de ia cha-
pelle que la famille des Ursins possedait dans Teglisc de Notre-Damc de
Paris.
284 JOYAtlX DONNKS EN GAGE [tol. I 78]
gneur lui a preste, comme il appert par la correction faicte sur
ladicte partie. Pour ce icy ledit volume.
K. — Dominus Dux per mandatum suum, datum tcrcia die marcii anno
M° CGCC° XIII°, hie redditum, dedit dictum volumen predicto magistro
Johanni Juvenel, ct corrigitur super dicta tercia parte dicti ii-^ xlv'' folii com-
potorum precedentium dicti Robineti.
1084. Item, a JehanTarenne, la Croix an rubi:{, une couronne
at une pomme gariiies de pierrerie, iiii^'' xnii balais, lxiii saphirs
et iii^" iin^'' nil perles; toutes lesquelles parties sont d'un gram
joyau d'or fait de ma^onnerie en maniere d'un tabernacle, declaire
es n^' Lvii% ii'-" LVHi% 11= Lix"^ fucillez ensuivans; et lui ont este
baillces pour les causes, etc. Pour ce icy lesdictes parties.
[S G, n" i322 : la Croix aiix rubis s,&ri\ic de xluu rubis et de xxmi dia-
mans pointus, pesant i marc v onces et demie, priseexvii" frans; — n" i323 :
la petite couronne d'or garnie de cinq diamans plas et de xx perles de
compte, prisee 111'= lxvi frans; — n° 1324 : la pomme de cristal, garnie d'or,
de nil perles et d'un petit balay, prisee 11" l frans.]
1 08 5. Item, a Bureau de Dampmartin dessusdit, un pie d'ar-
gent dore fait en maniere de tabernacle, declaire en la premiere
partie du ii^' lx'= fueillet ensuivant; lequel pie lui a este baillie
avec la Croix aiix cristaulx dessusdicte, pour les causes, etc.
Pour ce icy ledit pie.
1086. Item, audit Bureau de Dampmartin, deux saphirs qui
sont du nombre de vi gros saphirs qui furent de la Croix an
camahieu, declairez en la premiere partie du n*-^ lxxui^ fueillet
ensuivant; lesquielx deux saphirs lui ont este bailiez en garde,
comme il appert par la correction faicte sur ladicte partie. Pour
ce icy lesdiz deux saphirs.
1087. Item, a Andre Succre, dit Massay, un gros dyament
quarre plat, pesant xixcaraz de Jannes ou environ, declaire en la
11*= partie du n^' lxxix" fueillet ensuivant; lequel dyament lui a
este bailie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit dyament.
1088. Item, a monseigneur le due de Bourbonnois dessus
nomme, un grant couvercle d'or ct d'esmaulx de pelite a jour,
declaire en la penultime partie du ii'-' nii^'^ vi'^ fueillet ensuivant;
lequel couvercle lui a este baillie avec la coupe d'esmaulx de
JOYAUX DONNKS EN GAGE [fol. I 79] 285
pelite dessusdicte pour les causes, etc. Pour ce icy ledit cou-
vercle.
[B, ir 56.]
1089. Item, au confesseur de Monseigncur (i), chappellains,
clers et autres gens de la chappelle de mondit Seigneur, une croix
d'or en laquelle a un crucetix esmaillie de blanc, declairee en la
penultime partie du ii'-" iiii^^ xii'^ fueillet ensuivant; laquelle croix
leur a este baillee pour les causes, etc. Pour ce icy ladicte croix.
K. — Dominus Dux recuperavit a dictis confessore, capellanis, clericis et
aliis dictis gentibus sue capelle, per manus Mathei Heron, thesaurarii sui
generalis, dictam crucem auri, quani postmodum dedit domino duci Acqui-
tanie, [ut] constat per mandatum suum superius redditum super ultimo ar-
ticulo Lxxv" folii hujus compoti. Et corrigitur super dicta penuitima parte
11'= iin"" XII folii lihri compotorum precedentium.
1090. Item, a , un petit tableau d'or ou il a un ymaige (2j
de saint Loys, roy de France, fait d'esmaulx de pelite (3), declaire
en la derriere partie du ii^ im^x xv^ fueillet ensuivant; lequel ta-
bleau a este baillie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit tableau.
1 09 1. Item, a Barthelemy Rust, un grant balay plat en un
fermail, declaire en la ii<= partie du ni'^ x^ fueillet ensuivant; lequel
balay lui a este baillie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit
balay.
[S G, n° 1329 : lequel balay Bcrthelemi Rust tient en gage pour la somme
de viii"" XL fr., si comme il dit, et a este prise par Albert du Molin, Julien
Simon et Hermant Rainse ladicte somme de viii"' xl frans.]
1092. Item, a Baude de Guy, un annel d'or ou il a un balay
tout roont, declaire en la ni<^ partie dudit in^" x*^ fueillet; lequel
balay lui a este baillie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit
balay.
1093. Item, a maistre Pierre de Veronne (qj, le premier volume
(i) La note placee en marge de I'art. i2o5 nous apprend que le confes-
seur du due de Berry en 1416 etait I'eveque de Sarlat, Jean III Arnaud.
(2) Cette image emaillee du roi saint Louis, qui passa de mains en mains,
semble plutot une oeuvre de fantaisie qu'un portrait authentique.
(3) Voy. ci-dessus le n° 71 du present inventaire.
(4) Pierre de Verone fut impliquc dans le proces du chanoine Fusoris
qui etait accuse d'intelligences avec les Anglais (Arch. Nat., LL 85, fol. 11
V"). — Les interrogatoires font savoir que Pierre de Verone, age de
trcntc-six ans en I4i5, demeurant rue Saint-Jacques, est » ne de Veronne
286 JOYAUX DONNES EN GAGE [fol. 1 8o]
d\in breviere en deux volumes appeilez les Brevirres de Belle-
villL\ declairez en la premiere partie du ni'-^ xxxv-' fueillet ensui-
vant; lequel volume lui a este bailie en garde, comme il appert
par la correction faicte sur ladicte partie (i). Pour ceicy ledit pre-
mier volume.
1094. Item, a , un petit Joyau d'or, ou milieu duquel a une
grant pierre de camahieu, declaire en la derriere partie du
in<= L'= fueillet ensuivant; lequel joyau lui a este baillie pour les
causes, etc. Pour ce icy ledit joyau.
1095. Item, audit tresorier, un pie d'argent pour servir audit
joyau, fait en maniere de tabernacle, ou il a un petit ymaige de
taille de Nostre Dame, declaire en la premiere partie du vi^^
xn'^ fueillet dudit livre ; lequel pic lui a este baillie pour les cau-
ses, etc. Pour ce icy ledit pie.
logG. Item, a Perrin de Ladehors, un ours d'or esmaille de
blanc, pesant ini onces at demie d'or ou environ, garni de picrre-
rie, declaire en la penultime partie du iii^' li'^ fueillet ensuivant;
lequel ours lui a este bailie pour les causes, etc. Pour ce icy ledit
ours.
1097. Item, a dessus dit, avec le petit joyau du camahieu
devant escript [no 1094], une petite croix d'or pour porter au col,
declairee en la derriere partie dudit in*-' li'^ fueillet; laquelle croix
lui a este baillee pour les causes, etc. Pour ce icy ladicte croix.
1098. Item, a Nicolas Corny, un fermail dor, ouquel est assis
un gros balay pesant ii'-' xii caraz de Jannes ou environ, lequel
balay fu achate de Janus de Grimault et d'autre pierrerie; lequel
fermail est declaire en la derriere partie du xxix'' fueillet de ce
en Lombardic, et sc mesle de aler a I'estude et de gouverncr la librairyc do
Mons. de Berry, et est cure de Montgiscal, au diocese de Toulouse. » L'accu-
sation intentee centre lui reposait sur un voyage qu'il avait fait en Anglc-
tcrre « fu XV ans ou environ » pour chercher a vendrc une Bible au roi
Richard; dc Londres il avait cte a Bruges, « aucuns bourgeois vduianl
I'achetcr pour la donncr au due de Bourgogne ». Par la suite, ccltc Bible fut
vendue par Pierre de Vcrone au due dc Berry.
(i) Voyez ci-dcssus Tarticlc gfo.
JOYAUX DONNF.S KN GAGE [fol. l8l] 2S7
present compte, et lui a estc baillic pour Ics causes contenues, etc.
Pour ce icy ledil fermail.
[OOQ. Item, a Baude de Guy, ung saphir plat a viii costes,
assiscn uiiannel d'or, declaireen la iiii« partie du ii^'lxxiii« fucillet
dudit livre des comptes precedens; lequel saphir lui fu baillic
pour Ic fairc graver par uii appelle Scapessonal(i), ainsi c|u'il ap-
pert par la correction, etc. Pour ce icy ledit saphir.
K. — • Constat per mandatum Domini, datum nona die februarii anno
M° CCCC° duodecimo, hie traditum, quod casu fortuito dictus saphirus in-
ter manus dicti Scapessonal, qui ipsum credebat gravare sive cavare, fuit di-
ruptus ct omnino devastatus, et, hiis considcratis, dictus Dominus quictavit
dictum Scapsonal de eodem. Et ideo, virtutc dicti mandati, acquittanlur hie
dicti Robinctus et Scapsonal de ipso.
Presens inventarium, continens ix^^ i folia (2) visum ct correc-
tum tuitper nosStephanum de Brayo ctNicolaum de Pratis, Regis
consiliarios, et per litteras dicti domini Regis ad hoc comniissos,
datas viii'i die augusti M CCCC XVI°, supcrius in principio
hujus inventarii transcriptas, et clausum xxiii^ die januarii, anno
supra, presentibus ad hoc cantore ecclesie Parisiensis (3), com-
misso pro Rege Sicilie, magistro Arnulpho Belin, thesaurario
cappelle Bitturicensis, ct dicto Robineto de Stampis, exccutori-
bus testamenti dicti domini Ducis ; in quo quidem inventario
idem Robinetus acquittatur et exoncratur, prout in arresto ibi-
dem de manu alterius nostrum continetur, testibus signetis nos-
tris manualibus hie appositis, die et anno quibus supra. — N. de
Pratis ; Bray.
(i) Contrairement a ce qu'a dit Labartc {Hist, des arts inditstr., 2" ed. t. I,
p. 197-218) i'art de la glyptiquc fut certainement pratique dans les pays
d'occidcnt pendant le moyen age. (Voir Demay, Lcs pierrcs grave'es employees
dans les sceaux du moyen age, en tete de VInventaire des sceaux de I'Avtois
et de la Picardie, tirage a part, Paris, 1877, in-8°,68 p. et 6 pi.) Mais jusqu'ici
on n'a signale aucun graveur d'intaillcs anterieur a Scapessonal. Ce dernier,
a en juger par la forme de son nom, etait sans doute d'origine italienne.
(2) Le quatrieme compte de Robinet d'Etampes finit en eftet ici, au feuil-
let 181. Le compte qui vient ensuite, commen(;ant le 3i Janvier 1413 pour
aller jusqu'au jour de la mort du due dc Berry, a un numcrotage special (i a
36), dont nous n'avons pas a tenir compte.
(3) Pctrus Liberi hominisou Pierre de Libron, apres avoir ete chanoine dc
Chartres, fut re?u chanoine de Notre-Dame de Paris le 24 fevrier 1414
(nouv. St.), puis, chanlrc de la mcme eglise, le 4 octobrc suivant.
!88 CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR ffol. I 82 |
COMPTE DE ROBINET D'ESTAMPES
ESCUIER, CONSEILLER ET GARDE DES JOYAULX DE TRES HAULT ET
PUISSANT PRINCE MONSEIGNEUR JEHAN, FILZ DE ROY DE FRANCE, DUG
DE BERRY ET d'aUVERGNE, CONTE DE POICTOU, d'eSTAMPES, DE
BOULONGNE ET d'aUVERGNE, DES JOYAULX VAISSELLE, PIERRERIE,
LIVRES ET AUTRES CHOSES QUI SONT ADVENUES A MONDIT SEIGNEUR
LE DUC, TANT PAR ACHAPT COMME PAR DON ET AUTREMENT, DEPUIS
LE DERRENIER JOUR DE JANVIER l'aN MIL QUATRE CENS ET DOUZE
EXCLUS, QUE LE PRECEDANT COMPTE OU INVENTOIRE FENIST, JUSQUES
AU QUINZIESME JOUR DU MOYS DE JUING l'aN MIL QUATRE CENS ET
SEIZE, QUE LEDIT MONSEIGNEUR LE DUC ALA DE VIE A TRESPASSE-
MENT, DONT LEDIT ROBINET A EU COGNOISSANCE, OUQUEL TEMPS
SONT COMPRIS III ANNEES IIII MOIS ET DEMI (l]
JOYAULX POUR CHAPELLE
CROIX, TANT d'oR ET d'aRGENT QUE AUTREMENT, ACHAPTEES ET
RECOUVREES PAR MONSEIGNEUR
I 100. Premierement, une grant croix d'or, nommec la Croix
mix cristaulx, garnie de sept gros balaiz cabochons, de unze gros
saphirs et de trente et six grosses perles de pluseurs sortes ; et
dedans ladicte croix a une grant croix du fust de la vraye croix,
couverte de cristaulx de toutes pars, seant sur ung pie d'argent
dore; laquelle croix ainsi garnie mondit Seigneur a recouvree de
(i) Au dessus de ce litre on lit les notes suivantes : « Per modum invenlarii
ab ultima die januarii M CCCCXII" usque ad quindeciniam diem junii
M CCCXVI". — Traditum Parisius per dictum Robinetum coram nobis Ste-
phano dc Brayo ct Nicolao de Pratis, commissariis ad hoc ex parte Regis,
xxiii" die octobris mil" CCCC XVI°. — Pro camera. »
CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 82 Vo] 289
Bureau Dampmartin, auquel mondit Seigneur I'avoit baillee en
gaige pour certaine somme d'argent.
[S G, n° 772; prisee viii"" frans, vendue x™ frans, pour ce x"" liv. t.]
I loi. Item, une petite croix d'or, ou il a du fust de la vraye
croix, couverte de cristal, garnie entour de quatre balaiz quarrez,
et aux quatre boutz quatre esmeraudes quarrees et douze grosses
perles assises a jour; laquelle croix ainsi garnie mondit Seigneur
a recouvree de sire Mace Heron, tresorier general de mondit
Seigneur, ou moys de decembre mil quatre cens et quinze ; la-
quelle croix mondit Seigneur lui avoit baillee pour engaiger; et
siet ladicte croix sur ung pie d'argent dore, ouvre par manierc
de haulte taille, que mondit Seigneur fist faire par Harmant
Rince, son orfevre.
Iste due partes accolate [iioo-iioi] reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus; convertendum in facto exccucionis dicti Domini.
Et ideo idem Robinetus acquittatur de eisdem.
[S G, n» 571 ; prisee par Albert du Molin et Julien Simon xin° l liv. t.]
1 102. Item, une autre croix d'or, garnie de neuf gros balaiz
cabochons assis a jour, et ou millieu d'icelle croix a ung gros
saphir a jour, ouquel est entaille Dieu le pere, et alentour dudit
saphir pluseurs reliques; seant sur ung pi^ d'argent dore, fait de
haulte taille en maniere de tabernacle; laquelle croix mondit
seigneur a recouvree de Christofle de la Mer, auquel il I'avoit
baillee en gaige pour certainne somme d'argent.
Dicta crux reddita fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 575; prise xiiii liv. t.]
CROIX, TANT d'or ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, DONNEES
A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIZ JOYAULX, TANT d'oR ET d'aRGENT
COMME AUTREMENT, ACHAPTEZ ET RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
iio3. Item, ung tableau d'or ployant a couples, garny de
19
290 TABLEAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I 83 V°]
pluseurs reliques, ouquel a dix pieces, et ou millieu desdictes
dix pieces a une grant piece quarrde, en laquelle a pluseurs reli-
ques, et est garnie de pierrerie, c'est assavoir : de vint et quatre
grosses perles, dont les huit pevent bien poiser par advis de huit a
neuf caraz la piece, et de cinq saphirs, que grans que petis, dont
les troys sont quarrez et les deux a huit costes, et de cinq balaiz
cabochons ; et a chascun des coings de ladicte piece a ung
euvangeliste d'or; lequel tableau ainsi garny, commc dit est,
poise XXII marcs v onces xv esterlins; et est ledit tableau en ung
estuy garny d'or fermant a clef et pandent a une chaienne d'or.
Lequel tableau avec ledit estuy a este recouvre de Guillaume de
Lodde, auquel monseigneur le Due I'avoit bailie pour certains
grans ses affaires, dont il avoit chargie ledit Guillaume de Lodde.
Iste tabulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
ideo de ipso acquittatur hie.
[B, n° 1162. — S G, n" 577; prise ii" 11'= l liv. t.]
1 1 04. Item, ung tableau de boys, ou il a par dedans ung ymaige
de Nostre Dame tenant son enffant et pluseurs anges alentour,
fait de broderie ; lequel Monseigneur achapta et paia comptant en
son hostel de Neelle d'un brodeur, pour le pris et somme de
vint escuz.
Dictus tabulus datus fuit per dictum dominum Ducem domine de Bourbo-
nio, ejus filie, prout constat per litteras patentes ipsius Domini, datas se-
cunda aprilis M CCCG XV, ante Pascas, hie redditas, que servient inferius
pro aliis partibus; et ideo dictus Robinetus acquittatur hie de eodem.
iio5. Item, ung tableau d'or treilleisse, qui fut appourte,
comme on dit, de Romme, et y a dedans ung crucifi, Nostre
Dame et saint Jehan, d'ancienne fa9on ; garny ledit tableau de
soixante et dix sept perles, trente et troys balaiz et trente et ung
saphir, pesant quatourze mars quatre onces ; lequel tableau feu
monseigneur de Guienne, que Dieu pardoint, laissa en son tes-
tament a Monseigneur.
1 106. Item, ung autre tableau d'ancienne fa^on, semblablement
venu de Romme, comme on dit, fait d'un Dieu de Pitie ou mi-
lieu; ouquel a dessoubz de la robe Nostre Seigneur soubz ung
cristal garny de vint et six saphirs, six esmeraudes, dix huit ba-
TABLEAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I 84] 29 1
laiz, quinze camahieux et de six vings une perles; pesant ledit
tableau dix huit mars six onces ; lequel tableau feu mondit sei-
gneur de Guienne laissa pareillement a mondit Seigneur en son
testament.
Dictus dominus Dux, per suas patentes litteras datas xxvi» maii M CCCG
XVI, hie redditas, confitetur recepissc a dicto Robineto istas 11" partes accola-
tas [iio5-iio6], et eas dedisse sacre capelle sui palacii Bicturicensis. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem.
1 107. Item, deux tableaux de boys, dorez de fin or, en chas-
cun desquelx sont faiz de I'ouvrage de musaique deux ymaiges
de Nostre Dame tenans leurs enffans, I'une assise sur une chaiere
d'icellui ouvrage, I'autre toute droicte, coronnee d'une coronne
d'orfaverie, garnie de faulce pierrerie; et sont les lisieres de la
draperie garnies d'orfaverie ; lesquelx tableaux Monseigneur
achapta de George Principe, avec trente huit livres et demie de
matiere dudit ouvraige, pour le prix et somme de six vins quinze
livres dix sols tournois, le second jour d'avrill'an mil quatre cens
et quinze,
Dictus dominus Dux, per suas patentes litteras datas xviii* maii M CCCC
XVI, hie redditas, fatetur reeepisse a dicto Robineto istos 11°' tabulos et eos
dedisse, videlicet unum eidem Robineto et alium domino Guillelmo Lorin,
militi. Et ideo acquittatur dictus Robinetus de eisdem.
TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIS JOYAULX, TANT d'or ET d'aRGENT
QUE AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1 108 Item, ung petit tableau d'or quarrd, ouquel a ung es-
mail de saint Jehaneuvangeliste, pendent a une chaienne d'or ; le-
quel tableau madame la duchesse de Baviere (i) donna a Monsei-
gneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an mil quatre
cens et treize.
Iste tabulus redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum et
sic de eodem acquittatur.
[S G, no 446; prise xxv liv. t.]
(i) Catherine d'Alenfon, veuve de Pierre de Navarre, remariee a Louis le
Barbu, frere de la reine Isabeau.
292 TABLEAUX DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 85]
1 109. Item, uiig petit tabernacle d'or oil il a ung ymaige (i) de
Nostre Dame grosse, dont le ventre est de nacle de perle, ceint
d'une ceincture, tenant en sa main un livreet ung autre ymage de
saincte Helizabet qui embrasse ledit ymage de Nostre Dame, gar-
niz entour de six balaiz, six perles et ung diament, fermant a
deux petis huisselez de cristal; et est fait ledit tabernacle par des-
sus de mafonnerie, garniz de deux camahieux, quatre saphirs,
quatre balaisseaux et vint troys perles, scant sur ung entable-
ment d'or, garny de cinq balaisseaux, cinq saphirs et trente quatre
petites perles ; lequel tabernacle madame la Duchesse donna a
mondit Seigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an
mil quatre cens et quatourze.
Istepars reddita fuitParisius per dictum Robinetum exccutoribus,ut supra.
[S G, n" 712 ; prise in"' xxxvii liv. x sous t.]
1 1 10. Item, ungs petis tableaux d'or, ou il a pluseurs histoires
de la Vie et Passion Nostre Seigneur et Nostre Dame, esmaillez
par dedans et dehors, ployans a troys couplez, c'est assavoir :
deux aux coustes et ung dessus; lesquelx tableaux monsei-
gneur I'evesque de Chartres donna a mondit Seigneur, ausdictes
estrainnes mil quatre cens et quatourze.
Idem dominus Dux, per suas patentes litteras datas ii'^" aprilis M CCCC XV
ante Paschas, superius redditas, confitetur cepisse et a dicto Robineto rece-
pisse istos parvos tabulos et eos dedisse domine de Bourbonio, sue filie. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem.
GRANS JOYAULX ET TABERNACLES D OR ET DE PIERRERIE ACHAPTEZ
ET RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
iiii. Item, ung tabernacle d'or appelle le Joyau dti Mont
(i) Dans les pieces jointes aux Itineraires des dues de Boiirgogne, M. E. Pe-
tit, fait mention de deux images de Notre Dame donnees au due de Berry,
en 1392 et iSgy (p. 548 et 55o), par Philippe le Hardi. L'un de ces articles
repondrait assez exactement a la description de notre inventaire. II y e:st
en effet question d'une Notre Dame enceinte faite de la coquille d'une
perle; mais notre texte dit expressement que I'article 1109 fut offert par la
duchesse, le i" Janvier 141 5. L'image donnee par le due de Bourgogne
serait done plutotcelle dont il est question dans les articles 36 1, 367 et 462.
JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 86] 298
de Calvaire, a six pilliers d'or qui soustiennent une voulte; ou-
quel tabernacle a deux ymages, I'un d'un due, Tautre d'une du-
chesse, avec une petite croix d'or qui sert audit tabernacle, en
laquelle a du fust de la vraye croix ; et est garnie la voulte dudit
tabernacle de pluseurs perles, c'est assavoir : de soixante-six per-
les de troys a quatre caraz la piece par advis, et de six grosses per-
les pesans de neuf a dix caraz la piece ou environ; et en ladicte
croix a ou millieu ung ruby grosset sur le roont, quatre diamens
dont les deux sont ung poy plus grosses que les autres, quatre
saphirs a huit coustez sur les quatre boutz de ladicte croix, et treize
grosses perles, poisans de neuf a douze caraz la piece par advis;
et ou bas de ladicte croix a ung escucon des armes de mondit
Seigneur; et pendent audit tabernacle, aux coustes desdictes croix,
deux petites fioles de cristal, en I'une desquelles a du sang de
Nostre Seigneur, et en I'autre du lait de Nostre Dame, prins en la
Saincte Chappelle du Palaiz, a Paris ( i ) ; lesquelles deux fioles sont
dedans deux autres plus grans fioles garnies de petiz balaiz et de
huit perles, et sur chascune fiole a une couronne d'or; et poise
ledit tabernacle avec ladicte croix et pierrerie tout ensemble, sans
lesdictes fioles, douze mars cinq onces et demie; lequel taber-
nacle, tout ainsi garny comme dit est, Monseigneur a recouvre de
Guillaume de Lodde, auquel il I'avoit bailie pour certains affaires
dont il avoit chargie icellui Guillaume de Lodde (2).
Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo
de eadem acquittatur hie idem Robinetus.
[B, n° ii5g. — S G, n° yiS; prise v™ vi" xxv liv. t.]
1 1 12. Item, ung tabernacle d'or, ouquel est le jugement Nos-
tre Seigneur, garny de pierrerie, c'est assavoir : balaiz, saphirs,
perles et rubiz ; pesant tout ensemble xxxi mars d'or; lequel
(i) Le due de Berry, on I'a deja dit, ne negligeait rien pour se procurer des
reliques de tous cotes. De la, ces echanges avec les eglises, qui ne laissent pas,
que de causer quelque etonnement. Les sanctuaires les plus veneres furent
mis a contribution pour former cette collection singuliere dont I'inventaire
de 1416 (ms. S G) donne la liste la plus complete. On est surpris devoir les
chanoines, gardiens naturels de ces pieux tresors, se preter avec complai-
sance a ces fantaisies princieres.
(2) Voyez a ce sujet I'article 1074 ci-dessus.
294 JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I 86 V"]
tabernacle Monseigneur achapta ja pieca de Forest Corbechi,
marchant de Florance, demorant a Paris, pour le pris et somme
de troys mille escuz, et nagueres Monseigneur a recouvre ycellui
tabernacle de sire Mace Heron, son tresorier general, auquel il
Favoit fait bailler par ledit Robinet pour engaiger pour la ran-
(;on de monseigneur de la Marche (i).
Idem dominus Dux, per suas patentes litteras datas xvi* die januarii M
CCCC XIIII, hie redditas, confitetur cepisse et a dicto Robineto habuisse is-
tud tabernaculum et ilium dedisse domino Acquittanie, que quidem littere
servient inferius pro aliis partibus. Quare idem Robinetus acquitattur hie de
eodem.
1 1 13. Item, ung tres beaulx tableaux d'or en fa9on d'un livre,
esquelx par dedans sont I'Annunciacion, le Crucifiement, I'Apa-
ricion et la Resurection de haulte taille, et entour a escrinez ou
il a pluseurs reliques que Monseigneur y a fait mectre, et sont
lesdiz tableaux garniz de xxii balaiz et iin^^ huit perles, et de
chascun couste par dehors a cinq gros boillons d'or; lesquelx ta-
bleaux Monseigneur achapta ja piega de Bureau Dampmartin,
bourgois de Paris, pour le pris et somme de six mille escuz;
lesquelx tableaux mondit Seigneur a recouvrez de sire Mace He-
ron, son tresorier general, auquel il les avoit semblablement fait
bailler pour iceulx engaiger pour la ran9on de monseigneur de
la Marche (2).
Dicti tabuli redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus.
Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
[S G, n° 770; prise iii" in"^ lxxv liv. t.J
(i) Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac et de la Marche, vicomte de
Carlat et de Murat, deuxieme fils du connetable Bernard d'Armagnac et de
Bonne de Berry, et, par consequent, petit-fils du due Jean, ce qui explique les
emprunts faits par le due de Berri pour payer sa ranfon. II epousa Eleonore
de Bourbon et mourut vers 1462. Son fils, Jacques d'Armagnac, due de Ne-
mours et comte de la Marche, fut un des bibliophiles les plus distingues de
son temps (Voy. Delisle : Cabinet des manuscrits, I, 86.) Sa fin tragique
(1477), suivie de confiscation, rendit le roi Louis XI proprietaire de ses li-
vres et de ses autres biens. (Voy. ci-dessus I'article 1 075.)
(2) Voyez ci-dessus I'article 107 1.
IMAGES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 87 V°] agS
YMAIGES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, ACHAPTEZ ET
RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1 1 14. Item, ung ymaige d'or (i) de saint Michiel qui tient ung
serpent soubz lui, seant sur ung petit entablement et une terrace
d'or, esmaillez de vert ; et en sa targe a ung grant saphir carre, ba-
laisseaux et huit perles; et en la croix qui tient en sa main a ung
diament poinctu, quatre perles de compte et quatre autres bien
petites; et en son chappel ung ruby, et au bout de son espee une
perle; et entour I'entablement a dix balaisseaux, dix saphirs et
soixante dix huit perles de compte; et par dessus ladicte terrace a
petis arbresseaulx sans perrerie ; poisant tout ensemble cinq mars
cinq onces cinq estellins. Lequel ymage, tout ainsi garny comma
dit est, Monseigneur a recouvre de sire Mace Heron, son treso-
rier, auquel il I'avoit bailie.
1 11 5. Item, ung grant ymage d'or de Nostra Seigneur, pesant
xxiiii marcs xii esterlins obole d'or, garny en la poictrine d'un
fermail d'or en fagon d'un lis, garny d'un gros saphir cabochon
que donna le feu vidame de Laonnois, in balaiz, vi grosses per-
les; et ledit ymage garny d'un diademe garny de in balaiz iiii sa-
phirs et xviii perles; et tient ledit ymage en sa main une petite
croix d'or garnie de xliiii rubiz et xxiiii diamens poinctuz; la-
quelle pierrerie, sans lesdiz gros saphir et croix aux rubiz et
diamens, est de la plus grosse pierrerie d'un grant tabernacle d'or
que Monseigneur a recouvre de Bureau Dampmartin, plus a
plain declaire en la... partie du... fueillet du compte precedent.
[S G, n° 1 325 : et est prisee toute la pierrerie dudit ymage 11"° 1111° trans. —
Item est prise I'or dudit ymage xv' iiii" x frans, et le pie d'argent oil siet ledit
ymage est prise ci frans; par ainsi monte tout ledit ymage mi" cxl frans.]
1 1 16. Item, ung autre grant ymage d'or de Nostre Dame et
son enifant, garny ledit image en la poictrine d'un gros balay;
(i) Note en marge: « Raie pour ce qu'il est escript ou compte precedant. »
Get article est en effet biffe. On le trouve plus haut sous le no 90.
296 IMAGES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 187 \°]
et tient ledit ymage un reliquiere garny de xxiiii petites perles
et V grosses perles, un gros saphir, vi rubiz, vi diamens et de
VI pieces de cristal ; ouquel reliquiere souloit avoir une des dens
de I'enffance Nostre Dame; et sur la teste dudit ymage a une
coronne d'or garnie de x balaiz, vi saphirs, xlix perles; et le dia-
deme dudit ymage garny de iii saphirs, iiii balaiz et xviii perles;
et le diademe de I'enffant garny de in balaiz et xii perles; la-
quelle pierrerie, sans lesdiz gros balay et reliquiere, est dudit
grant joyau declare en la dudit fueillet; et poise ledit ymage
ainsi garny xxiii marcs ii onces xvii esterlins.
Iste due partes [i i i5-i 1 16] reddite fuerunt Parisius executoribus per dic-
tum Robinetum. Et ideo de eisdem acquittatur.
[Cf. B, n° 3. — S G, n° i326 : ledit ymage garni comme dessus, sanz le
reliquiaire, vault et est prise, comprins le pie quiestd'argent,iiii"vii''iiiifrahs;
et ledit reliquiaire, garni comme dessus, est prise nn° l frans.]
YMAIGES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, DONNEZ
A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
CALICES, POURTEPAIX ET BURETTES, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME
AUTREMENT, ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
CALICES, POURTEPAIX ET BURETTES, TANT d'oR ET d'aRGENT QUE
AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1 1 17. Item, ung pourtepaix d'or, ouquel a ou millieu ung
saint Christofle enleve, garny entour de six balaisseaux et de
quatourze perles, scant sur troys ours d'or; lequel pourtepaix,
ainsi fait et garny comme dit est, monseigneur le conte de Ven-
dosme donna a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de
Janvier I'an mil quatre cens et treize.
Dictus dominus Dux, per suas patcntes litteras datas v die septembris
M CCCC XIIII, hie redditas, contitetur cepisse et a dicto Robineto recepissc
CALICES, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 88 V°] 297
istam pacem et earn dedisse sacre capellc palacii sui Bitturicensis. Et idco
acquittatur idem Robinetus de eadem; que quidem littcre servient inferius
pro aliis partibus.
1 1 18. Item, ung pourtepaix d'ivoyre, quarre, dedans lequel
a ung Crucifiement, Nostre Dame, saint Jehanet pluseurs autres
ymaiges entour, faiz d'or; lequel pourtepaix maistre Pierre de
Gines donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil quatre
cens et treize.
Ista pars reddita fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et
sic de eadem acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 714; prise xxx liv. t.]
iiig. Item, ung pourtepaix d'or ou il a une Pitie, et devant
ung cristal, et aux quatre boutz les quatre euvangelistes, et au-
dessus une petite croix d'or garnie ou millieu d'un camahieu et
dessus d'un saphir et huit perles aux coustez; lequel pourtepaix
monseigneur de Vendosme, grant maistre d'ostel du Roy, donna
a mondit Seigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an
mil quatre cens et quatourze.
Idem dominus Dux, per suas patentes litteras datas xvi* die januarii
M CCCC XIIII, superius redditas, fatetur cepisse et a dicto Robineto habuisse
istam partem cum 11''"" aliis partibus immediate sequentibus in altera pa-
gina [1119-1121], et eas dedisse sacre capelle sui palacii Bitturicensis. Et
ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem.
1 120. Item, ung calice d'or et d'esmaulx de pelite, lequel I'ar-
cevesque de Bourges (i) donna a mondit Seigneur ausdictes es-
trainnes mil 1111*= et XIIII.
1 121. Item, ung calice d'or, de haulte taille, lequel I'evesque
de Chartres donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil
quatre cens et quatourze.
(i) Guillaume de Boisratier, archeveque de Bourges de 1409 au 19 juil-
let 142 1 et chancelier du due de Berry, etait en grande faveur a la cour de
Bourges. II remplit plusieurs missions de confiance, tant aupres du due de
Bourgogne qu'aupres du roi de France (Voy. Chronique du Religieux de
Saint-Denis, IV, 349, SSy, 685.) II recevait du Due 8 frans de gages par jour,
outre une pension annuelle de 1000 livres (Arch. Nat., KK 25o, fol. i3)
et de frequents cadeaux : un jour, six aunes et demie de satin alexandrin
pour doubler sa chasuble (Ibid., fol. 48); un autre, du. velours noir ou du
velours a long poil pour chapeaux, ou encore du satin cramoisi pour chasu-
ble {Ibid., fol. 5o). Et tout cela dans I'espace de quelques mois.
298 CALICES, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 89]
1 122. Item, ung pourtepaix d'or, de demi pie de hault et de
plaine paulme de large, en laquelle a par dedans une Veroni-
que esmaillee de blanc, et entour pluseurs anges esmaillez de
pluseurs couleurs, garnie entour de troys balaiz, quatre saphirs
et seize perles, ouvre entour a ouvraige de Venise, ou il a de pe-
tis saphirs du Puy et grans d'esmeraude ; et au dessoubz a escript :
Pax vobis; lequel pourtepaix reverends peres en Dieu I'arce-
vesque de Bourges et I'evesque de Clarmont (i) ont donne a
Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier Tan
mil quatre cens et quinze.
Reddita tuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquit-
tatur hie.
[S G, 11° 715 : prise iii" liv. t.]
CHANDELIERS, BENOISTIERS ET AULTIERS PORTATIFS, TANT D OR ET
d'aRGENT COMME AUTREMENT, ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
CHANDELIERS BENOISTIERS ET AULTIERS PORTATIFS, TANT d'oR ET
d'aRGENT COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
RELIQUES SAINCTES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
JOYAULX POUR LE CORPS DE MONSEIGNEUR.
[Neant.]
COLLIERS, ESCHARPES ET CEINCTURES, TANT d'oR ET d'aRGENT QUE
AUTREMENT, ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1 1 23. Item, ung collier fait de lil d'or en maniere d'un tixu,
seme de petis ours esmaillez de blanc, pesant ung marc et demi
d'or ou environ, lequel or maistre Mace Heron, tresorier general
(i) Martin Gouge, de Charpaignes, dont 11 est souvent question ci-dcssus.
(Voyez les notes des articles 997 et 1002.)
COLLIERS, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I QO vo] 299
de mondit Seigneur, a bailie a Harmant Rince. orfevre de mon-
dit Seigneur, pour faire ycellui collier.
Idem dominus Dux, per suas patentes litteras datas n" aprilis M CCCC XV
ante Paschas, superius redditas, confitetur cepisse et a dicto Robineto ha-
buisse dictum collier et dedisse regi Romanorum, cognato suo. Et ideo ac-
quittatur hie idem Robinetus de eodem.
COLLIERS, ESCHARPES ET CEINCTURES, TANT D OR ET D ARGENT QUE
AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
FERMAILLEZ, TANT d'oR ET DE PIERRERIE QUE AUTREMENT, ACHAPTEZ
ET RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1 1 24. Item, ung fermaillet d'or ouquel a une estoille de saphir,
six rubiz telzquelz, six diamens poinctus et trente perles; lequel
est d'un ymage d'or de Nostre Dame que Monseigneur fist pieca
despecer, et a este recouvre de Jehan Broquiers, auquel mondit
Seigneur I'avoit bailie en gaige.
Raid pour ce qu'il est escript ou compte precedent. (Get article est en effet
biffe.)
FERMAILLEZ, TANT D OR ET DE PIERRERIE QUE AUTREMENT, DONNEZ
A MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
BULETES , PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES , TANT d'oR ET DE
PIERRERIE QUE AUTREMENT, ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
[Neant.]
BULETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES, TANT d'oR ET DE
PIERRERIE QUE AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1 125. Item, ung petit reliquiere d'or en maniere de fond de
cuve, ou millieu duquel a ung esmail de Nostre Dame tenant
son enffant, ouvre alentour de menu ouvraige de la fa^on de
300 BULLETTES, ETC., DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. I92J
Venise; lequel reliquiere Charles, filz de monseigneur de Bour-
bon (i), donna a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de
Janvier Fan mil qualre cens et treize.
1 126. Item, une petite croix d'or pour pandre a unes pater-
nostres, ou millieu de laquelle a ung camahieu taille en facon
d'un ymaige de saincte Katherine, et audessus a ung diament en
maniere d'une flour, et aux troys autres boutz troys perles; et
est ouvre par darriere a menu ouvraige de la fa^on de Venise ;
laquelle croix madame de Bourbon donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes, I'an mil quatre cens et treize.
Iste due partes [1125-1126] reddite et tradite fuerunt Parisius executori-
bus per dictum Robinetum. Quare de eisdem exoneratur idem Robinetus.
[S G, no 716; prise cxii liv. x sous t.]
1 127. Item, une autre petite croix d'or pour pendre a unes pa-
ternostres, ou millieu de laquelle a ung camahieu taille en ma-
niere d'une teste de femme, et aux quatre bouz de la croix a
quatre escu^ons de diamens ; laquelle croix le sire d'Alegre donna
a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil quatre cens et treize.
Dicta crux reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
idee acquittatur hie de eadem.
[S G, n" 717; prise mi" liv. t.]
1 1 28. Item, unes paternostres d'or, ouvrees par dedans de I'An-
nunciacion et pluseurs autres ymaiges, fermans chascune a ung
crochet d'or, enfiUees en ung laz fait de fil d'argent trait ; les-
quelles paternostres monseigneur le due d'lorc donna a mondit
Seigneur, le xnii= jour de septembre mil quatre cens et treize.
Date fuerunt per dominum Ducem et per suas litteras, datas vii" die octo-
bris M CCCC XIII, Guillelmo Lorin, ejus varleto camere; que littere red-
dite et retcnte sunt hie et posite cum litteris inventarii precedentis. Et ideo
idem Robinetus acquittatur hie.
1 1 29. Item, ung petit reliquiere d'or roont, pour pourter au
col, qui s'euvre par le millieu, garny d'un des coustes d'un saphir
en fagon d'une croix, et entour quatre rubiz et quatre diamens,
(i) Charles de Bourbon, comte de Clermont, his aine de Jean, due de
Bourbon et de Marie, fille du due dc Berry, cpousa xVgnes de Bourgognc,
fille de Jean-Sans-Peur. Fait prisonnier a la baHaille d'Azincourt, il mourut'
en captivite, le 4 deccmbre 1456.
BULLETTES, ETC., DONNKRS A MONSEIGNEUR [fol. 1 92 V°] 3o I
et de I'autre couste d'un camahieu fait en semblance d'une da-
moiselle, et entour quatre csmeraudes et iiii diamens; esmaille
par dedans, d'un couste de la Passion, et de Tautre cousie une
Croix, et a[ujdessus dudit reliquiere a une bonne perle roonde, pen-
dant a un laz de tixu d'or, que I'evesque de Lodeve (i) a donne a
Monseigneur, lexxv^jour d'octobre mil quatre cens et quatourze.
Datum fuit per dominum Ducem dicto Guillelmo Lorin, ut apparet per
litteras suas, datas vii^ die decembris M CCCC XIIII, retentas et positas ut
supra. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
I i3o. Item, unes tres belles paternostres de corail vermeil, es-
quelles a treize seignaulx d'or; lesquelles paternostres Robinet
d'Estampes a donnees a Monseigneur aux estrainnes, le premier
jour de Janvier I'an mil quatre cens et quatourze.
Date fuerunt per dominum Ducem domino comiti Augi, proitt constat per
litteras suas datas xvi* die januarii M CCCC XIIII, superius redditas. Et
ideo idem Robinetus acquittatur de eisdeni.
1 i3i. Item, une paternostres faictes de must, enfillees en ung
laz fait de filet d'or et de soye bleue, garnies de troys boutons
de perles; lesquelles la roynne de Chippre (2) a donnees a Mon-
seigneur, aux estrainnes mil quatre cens et quinze.
. Reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo ac-
quittatur hie de eisdem.
[S G, n" 718; prise xxx liv. t.]
JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES ACHAPTEES PAR
MONDIT SEIGNEUR
1 1 32. Item, ung cristal roont et creux, hors oeuvre, qui estoit
en ung grant joyau d'or declare en la premiere partie du v^ fueil-
let du compte precedant.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo ac-
quittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 719 ; prise x liv. t.]
(i) Michel Leboeuf eveque de Lodeve de 141 3 a 1480, avait ete un des
secretaires du due de Berry (Voy. ci-dessus, art. 79, 3 18, etc.).
(2) Charlotte de Bourbon, femme de Jean II, roi de Chypre, de Jerusalem
et d'Armenie (Voy. la note 2 de la page 39).
3o2 JOYAUX DONNES A MONSEIGNEUR [fol. ig3 V]
JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES DONNEES A
MONDIT SEIGNEUR
1 1 33. Item, une pomme d'or en laquelle il a du must, qui
s'euvre a quatre quartiers, et ou millieu a un ymaige de Nostra
Dame fermant a viz, que tient ung saint Michiel, et par dessus
chascun quartier a ung ymaige garny entour de perles; laquelle
pomme maistre Pierre de Lesclat ( i) a donnee a Monseigneur aux
estrainnes, le premier jour de Janvier I'an mil quatre cens et
quatourze.
Datum fuit per dominum Ducem filie domini ducis Borbonii per litteras
dicti Domini, datas ii' die aprilis M CCCG XV, redditas superius. Et ideo
idem Robinetus acquittatur hie.
1 1 34. Item, une pomme d'or qui s'euvre, garnie entour de
pierrerie de petite valeur, c'est assavoir : de quatre balaisseaux,
quatre saphirs et vint et quatre perles ; laquelle pomme madame de
Bourbon a donnee a Monseigneur ausdictes estrainnes.
Datum fuit per dictum dominum Ducem uxori dicti Robineti de Stampis,
prout constat per litteras datas xv° die maii M CCCG XVI, hie redditas. El
ideo quittus [sit] hie idem Robinetus.
1 1 35. Item, une pomme d'or faicte de haulte taille en mani^re
de morisque (2), pendant a ung petit annelet d'or, et dessoubz a-
ung escu fait aux armes de Monseigneur; laquelle madamoiselle
de Nevers (3) a donnee a mondit Seigneur, ausdictes estrainnes
quatre cens et quatourze.
(i) Pierre de I'Esclat, maitre des requetes de I'hotel depuis iSgy, un des
principaux conseillers de la reine et du due de Berry, fut emprisonne avec
I'eveque de Chartres et d'autres personnages, lors de I'arrestation de Jean de
Montaigu [Chronique du Religieiix de Saint-Denis, t. IV, p. 273). II se racheta
cette fois a prix d'argent; mais, arrete de nouveau lors de la revolution bour-
guignonne, il fut mis a mort le 12 juin 1418 (Tuetey, Journal dun bourgeois
de Paris, p. 94). Charles VI fit don a Jean Sac, son conseiller, de la maison
que feu Pierre de I'Esclat possedait rue Jean-Pain-Mollet, en paiement de
la somme lui restant due par les heritiers de celui-ci (Longnon, Paris pen-
dant la domination anglaise, p. 61).
(2) D'apres M. de Laborde, les dessins a la morisque seraient les orne-
ments nommes arabesques.
(3) Bonne d'Artois, tille de Philippe, comte d'Eu, avait epouse, le 20 juin
JOYAUX DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 1 94] 3o3
Redditum fuit Parisius per dictum Robinetum exccutoribus. Et sit quittus
hie idem Robinetus.
[S G, n° 720; prise xxxv liv. t.]
1 1 36. Item, une gibeciere faicte de til d'or, garnie entour d'un
balaisseau et six perles, et dessus le couvercle ung balaisseau
et six perles; laquelle monseigneur de Pontieu (i) a doniiee a
Monseigneur aux estraiiines, le premier jour de Janvier mil quatre
cens et quinze.
Data fuit per dictum dominum Ducem regi Ciprie, prout constat per
litteras dicti domini Ducis, datas viii' die januarii M CCCG XV, hie retentas.
Et ideo acquittatur idem Robinetus.
1 137. Item, une pomme faicte de must, garnie d'or, pendant a
ung laz, et au bout ung bouton de perles; laquelle pomme la
royne de Chippre a donnee a Monseigneur ausdictes estrainnes
quatre cens et quinze.
Redditum fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo
exoneratur hie de eodem.
[S G, n° 721 ; prise xxx liv. t.]
1 1 38. Item, une corne d'une unicorne, toute entiere, laquelle
maistre Mace Heron, tresorier de Monseigneur, lui donna aus-
dictes estrainnes quatre cens et quinze.
[S G, n" 722 ; lion prisee.]
1 1 39. Item, une corne d'une unicorne, toute entiere, dedans
ung forreau de cuir rouge, que pape Jehan (2), envoya en don a
Monseigneur en son chastel deDourdan(3), ou moys d'avril I'an
mil quatre cens et quinze.
141 3, Philippe, troisieme fils de Philippe le Hardi, ne en iSSg, a qui Jean
sans Peur avait cede le comte de Nevers quand lui-meme devint due de
Bourgogne. Bonne mourut en 1425. Apres la mort de son premier man,
tue a Azincourt, elle epousa Philippe le Bon, son neveu.
(i) Charles, comte de Ponthieu, cinquieme fils de Gharles VI, plus tard
roi sous le nom de Charles VII. II porta le titre de comte de Ponthieu jusqu'a
la mort de son frere Jean, deeede sans posterite en 1416. II devint alors
dauphin et refut le duche de Touraine apres la mort du due de Berri.
(2) L'inventaire S G dit : « Que feu pape Jean XXIII donna a Monseigneur,
et envoya en son chastel de Dourdan ou moys etc... »
(3) Sur le chateau de Dourdan, voyez la Chroniqiie a'line ancienne ville
royale, Dourdan, capitale du Hurepoix, par M. Joseph Guyot (Paris, Aubry,
1869, in-S"). Le due de Berry, devenu proprietaire de Dourdan par suite de
la cession de Louis, comte d'Etampes ct de Dourdan, s'empressa d'en trans-
3o4 JOYAUX DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 94 V]
Iste due partes accolate (ii38-ii3()) redditc fuerunl Parisius per dictum
Robinetum executoribus. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
[S G, n" 52 5; iion prisee.]
1 140. Item, ung grant ancrier d'argent blanc, ouvrt- par dessus
et alentour le pid aux armes de Monseigneur, seant sur plu-
seurs ours; lequel ancrier fut donne a mondit Seigneur par ses
secretaires, aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an mil
quatre cens et quatourze.
Redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 723; prise lxxii liv. t.]
PIERRERIE, TANT DES JOYAULX ET VAISSELLE DESPECIEZ CONTENUZ ES
COMPTES PRECEDENS ET EN CESTUI PRESENT, COMME AUTREMENT
RUBIZ
1 141. Item, trois petis rubiz qui sont d'un grant joyau d'or
declare en la premiere partie du cinquieme fueillet du compte
precedant (i).
Redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 724; prise xx liv. t.]
RUBIZ ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1 142. Item, deux petis rubiz longuez, assis en deux anneaulx
d'or, lesquielx Monseigneur achapta a Paris, en son hostel de
Neelle (2), le xvii= jour de mars I'an mil quatre cens et douze, de
ferer la nu-propriete a Philippe le Hardi, en 1887. Ce n'est qu'apres cette
vente qu'il entra en jouissance de ce domaine, lors de la mort du comte
d'Etampes qui s'eteignit de vieillesse, le6 mai 1400, a I'hotel de Nesle, chez
le due de Berri lui-meme. C'est le due Jean qui fit construire les fortifica-
tions de la ville. II entretint le chateau bati vers 1222, y ajouta un jardin ct
I'habita jusqu'a sa mort.
(i) Au 5° feuillet du compte de 1414 se trouve decrit le joyau d'or portant
ci-dessus le n° 14. Le 5° feuillet du present compte est occupe par Tarticle
II II, relatif au joyau dit du mont de Calvaire.
(2) L'hotel de Nesle etait la demeure habituelle du due de Berry quand il
residait a Paris. C'est la qu'il traitait le due de Bourgogne et les autres per-
sonnages dc la cour.
JOYAUX DONNES A MONSEIGNEUR [fol. IqS] 3o5
Loys Gradcnigo, marchant de Vcnise demorant a Paris, touz
deux ensemble pour le pris et somme de six cens trcnie huit
escuz.
Dati fuerunt per dictum dominum Ducem, videlicet unus domine ducisse
de Queries per litteras dicti domini Ducis, datas viiMie octohris M CCCC XII I,
et alter Stephano de Montigny per litteras dicti domini Ducis, datas x" die
septembris M CCCC XV, hie redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur hie.
1 143. Item, ung tres bon ruby plat sur le longuet, assis en ung
annel d'or, que Monseigneur achapta de Pietre Fatinant (i), le
quatriesme jour de juing Fan mil quatre cens et treize, pour le
pris et somme de quatre mille escuz.
Redditus fuit executoribus Parisius per dictum Robinetum. Et ideo exo-
neratur hie de eodem.
[S G, n° iiyS; prise 11'" 11'= l liv. t.]
1 144. Item, ung ruby a creste, assis en ung annel d'or, que
Monseigneur achapta, en aoust mil quatre cens et quatourze, de
Francequin Palingre, pourle pris et somme de soixante escuzd'or.
Datus fuit per dictum dominum Ducem Stephano de Montigny, prout
constat per litteras dicti domini Ducis datas vii'' die julii M CCCC XV, hie
retentas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
1 145. Item, ung ruby longuet, assis en ung annel d'or, que
Monseigneur achapta, le xxvnie Jour de juillet I'an mil IIII'^ et
XIIII,de Pierre Fatinant, pour le pris et somme [de] treize cens
cinquante livres tournois.
Datus fuit similiter per dominum Ducem domino comiti Augi per litteras
dicti Domini, datas vii'^ die julii M CCCC XV, hie retentas. Et quittatur hie
idem Robinetus de eodem.
1 146. Item, ung ruby pesant ung carat et un quart, en fa^on
d'un oeil, assis en ung annel d'or, lequel Monseigneur achapta
de Pierre Fatinant et Barthelemy Sac de Gennes, demorans a
(i) Pierre Fatinant, marchand genois installe a Paris, parait souvent
sur les comptes royaux de I'epoque. En 141 1, il donne quittance, comme
executeur testamentaire de Nicolas Picasse, avec Barthelemy Sac, de la
somme de 140 livres, payee pour des joyaux et diamants remis a la reine
Isabeau (Arch. Nat., KK 48, fol. 43 r°.). Nous le retrouvons, en 1422, a cote
de Jean et Barthelemi Sac et de Barthelemi Rast, dans I'acte de donation de
la maison de feu Pierre de I'Esclat en faveur de Jean Sac (Voy. ci-dessus la
note de I'art. 11 33). Pierre Fatinant avait un frere, nomme Gabriel, qui
fournit a la reine Isabeau, en novembre 1397, des garnitures de hanaps de
madre, avec etuis de cuir, etc. (Arch. Nat., KK 41, fol. i36 v°.)
3o6 JOYAUX DONNES A MONSEIGNEUR [fol. igS V°]
Paris, le derrenier jour d'aoust Tan mil IIII^ et XV, pour lepris
et somme de quatre cens escuz.
Datus fuit per dictum dominum Ducem Stephano de Montigny per litl-ras
dicti domini Ducis, datas viii" die januarii M CCGC XV, superius redditas.
Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
1147. Item, ung tres bon ruby, appelle le Riibjy de la poule,
que Monseigneur achaptades heritiers de feu messire Guillaume
de Lodde, pour le pris et somme de sept cens frans.
Redditus fuit cxecutoribus per dictum Robinetum Parisius. Et ideo de
eodem acquittatur hie.
[S G, n° 725; prise xi"^ xxv liv. t.]
RUBIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1 148. Item, un gros ruby, lequel Monseigneur appelle le Roy
des rubi'{^ assis en ung annel d'or, que monseigneur de Bour-
goigne donna a Monseigneur ou moys de juilletl'an mil IIII^ et
XIII ; et fut de Loys Gradenigo, marchant de Venise.
Redditus fuit dicto Ludovico, de ordinacione dicti domini Ducis, et per
ejus litteras, datas vii» die junii M CCGC XVI, unacum litteris executorum
ejusdem Domini, dicte littere alligate, et litteras recognitorias dicti Ludovici,
totum hie retentum. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
1 149. Item, ung annel d'or ou il a ung ruby de foible couleur
et une esmeraude, lequel monseigneur le conte de Vertus (i)
donnaamondit Seigneur auxestrainnes, le premier jour de Jan-
vier I'an mil IlllcetXIII.
Datus fuit magistro Jacobo Carite (2) per dictum dominum Ducem, prout
constat per litteras dicti Domini, datas xxviii^ die januarii M CCGC XIII,
hie retentas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
(i) Philippe, eomte de Vertus, troisieme fils de Louis d'Orleans, assas-
sine en 1407, et frere de Gharles, due d'Orleans, et de Jean, due d'Angou-
leme. Ne en juillet iSgG, Philippe mourut en 1420. II avait ete fiance a la
fille de Jean sans Peur; mais il ne fut pas donne suite a ce projet de
mariage. M. Tuetey a signale, dans la notice preliminaire de son Recueil
de Testaments, le compte de I'execution testamentaire du eomte de Vertus,
date de 1421 (Arch. Nat., KK 348.).
(2) Jacques Garite etait un des chapelains du Due. II figure sur les listes
de serviteurs dressees apres sa mort (Voy. Invent. S G, fol. 190). II s'appe-
lait Jean-Jacques Garite, commc le prouve la note de I'article 445 ei-dcssus.
RUBIS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 96] Boj
I i5o. Item, ung ruby en maniere d'un escui^on, assis en ung
annel d'or, que Guillaume de Lodde donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes mil quatre cens et treize.
Datus fuit domino comiti Augi per litteras dicti domini Ducis, datas vii"
die decembris M CCCC XIIII, superius redditas. Et ideo acquittatur idem
Robinetus.
ii5i. Item, ung petit ruby plat et room, assis en un annel
d'or, lequel monseigneur d'Orleans (i) a donne a Monseigneur
aux estrainnes, le premier jour de Janvier Fan mil quatre cens et
quatourze.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie de eodem idem Robinetus.
[S G, n° 726; prise xl liv. t.]
1 1 52. Item, ung tres bon ruby longuet sur le cabochon, ap-
pelle le Ruby de Giiienne ; lequel ruby mondit seigneur de
Guienne envoia en don a Monseigneur, le xviii^ jour de may,
par monseigneur de Chartres, son chancellier.
Redditus Parisius executoribus per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 1 1 74; prise 11" 11° l liv. t.]
I I 53. Item, ung ruby plat et quarre, assis en ung annel d'or,
que Jehan de la Barre donna a Monseigneur aux estrainnes, le
premier jour de Janvier Tan mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit per dictum dominum Ducem domino episcopo Claromontensi,
prout constat per litteras dicti domini Ducis, datas vii" die marcii M CCCC
XV, hie retentas et redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 154. Item, ung petit ruby assis en ung annel d'or, que The-
venin de Montigny (2) a donne a mondit Seigneur.
[S G, n° 1 175; prise cxii liv. x sous t.]
1 1 5 5 . Item, ung ruby cabochon, assis en ung annel d'or, que le
(i) Charles, fils aine de Louis d'Orleans et de Valentine de Milan, ne a
Paris, le 26 mai i3gi, mort le 4 Janvier 1465.
(2) Thevenin de Montigni, valet de chambre du Due (Voy. ci-dessus
n°355), est qualifie grand clerc et docteur dans une decision rapportee par
Nicolas de Baye (Tuetey, Journal de N. de Baye, t. I, p. 247). En 1409, son
nom est cite dans un conflit survenu entre deux archeveques de Toulouse.
II avail ete envoye en Languedoc en qualite de reformateur par le roi et le
due de Berry (Douet d'Arcq, Choix de pUces ine'dites, t. II, p. 6-7).
3o8 RUBIS DONNES A MONSEIGNEUR fol. 1 96 V]
conte de Tripoli (i) donna a Monseigneur a Paris, en son hostel
de Neelle, ou moys de juing mil quatre cens et seize.
Iste due partes [i i54-ii55] redditc fuerunt executorihus Parisius per dic-
tum Robinetum. Et ideo acquittatur hie de eisdem idem Robinetus.
[S G, n" 1 1 76 ; prise nii"= l liv. t.]
BALAIX DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
11 56. Item, troys petis balaiz, dont les deux sont d'une pe-
tite salliere d'or et de grenat en facon d'une nef, declairee en la
penultime partie du iiii^^ \\i^ fueillet du compte precedant, et
I'autre est d'un petit ours d'or esmaille de noir, declaire en la
derreniere partie du quarante huitiesme fueillet dudit compte.
Iste gemme reddite fuerunt Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum.
Et ideo de eisdem acquittatur.
1157. Item, de iiii'^^ vii balaiz, que gros que moiens que petis,
qui sont d'un grant joyau d'or declare en la premiere partie du
cinquiesme fueillet du compte precedant, ledit Robinet en rent
cy devant sur les parties de deux grans ymages d'or, I'un de
Nostre Seigneur et I'autre de Nostre Dame et son enffant, xxiii
des plus gros balaiz de pluseurs sortes et famous, et les autres
Lxiiii ledit Robinet rent yci. Pour ce,Lxiiii desdiz balaiz, que uns
que autres.
De istis lxiiii balaiz reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
cxecutoribus l. Et ideo de tanto acquittatur hie.
Respondeat dictus Robinetus de xiiii balaiz restantibus de lxiiii predictis.
De dictis xiiii balaiz, dati fuerunt per dictum dominum Ducem, videlicet
Guillelmo fratri Hennequineto I, Stephano de Montigny I, marescallo regis
Hongarie II. filio magistri Mathei Heron I, et dicto Robineto I, prout per
litteras dicti' Domini, datas vii- die junii M CCCC XV, hie retentas, constat.
Respondeat dictus Robinetus de residuo, quod est viii.
De istis vui'" balaiz, dati fuerunt per dominum Ducem, videlicet Burello
de Dompnomartino, prout constat per certificacionem dicti Burelli, datam
xx" die junii M CCCC XVI, inferius redditam, causa in eadem certificacione
declarata, 1111°''.
(i)Le comte de Tripoli nu de Trois Citez, suivant Monstrelet, etait
frere du roi de Chypre.
BALAIS DES JOYAUX [fol. 1 97] 3og
Et similiter Hermanno Rince (i), aurifabro suo, prout constat per certifica-
cionem ejusdem Hermandi, datam ultima die octobris M CCCC XVI, signo
manuali suo signatam, hie redditam iiii".
[S G, n" 740; prise 1111° lxxiii liv. t.]
BALAIZ ACHAPTEZ ET RECOUV-REZ PAR MONDIT SEIGNEUR.
1 1 58. Item, ung gros balay quarre, appelle le Balay de Da-
vid (2), lequel a este recouvre de Constantin de Nicolas (3) par
la main de Bureau Dampmartin, auquel Constantin mondit Sei-
gneur I'avoit fait bailler en gaige de la somme de viim ix^ xlii li-
vres x sous t., comme il appert par le compte precedant.
[S G, n" 1 328; prise V" V frans.]
1 1 59. Item, ung balay tout roont, hors oeuvre, que Jamet de
Nesson donna a Monseigneur en ung annel; lequel a este re-
couvre de Baude de Guy, a qui mondit Seigneur Tavoit pie^a
bailie, comme il appert par le compte precedant.
Istedue partes (i i58-i iSg) tradite fuerunt Parisius executoribus per dic-
tum Robinetum. Et ideo de eisdem acquittatur hie.
1 160. Item, ung autre balay cabouchon, a une plate face sur le
(i) Herman Rince ou Rinsscl, orfevre du due de Berry, dont on a vu
tigurer le nom sur plusieurs articles du present inventaire, etait un des
fournisseurs ordinaires de la reine Isabeau, comme le montrent divers arti-
cles des comptes royaux. Ainsi la reine lui achete, en septembre 1402,
une echarpe d'or de deux chaines assemblees, avee rubis, diamants et eme-
raudes, du prix de 366 livres parisis, pour en faire son plaisir (Arch. Nat.,
KK 43, fol. 93). Le 10 mai 1404, Herman Rinssel fournit a Isabeau un
collier d'or emaille donne a la petite Martelie, du prix de 54 liv. tournois
{Ibid., fol. 83).
(2) Sur le balai David mis en gage, voyez la note 3, p. i3, du present
inventaire.
(3) Constantin de Nicolas, non plus que beaucoup de marchands parisiens
cites dans les articles suivants, ne figure pas sur les listes des bourgeois de
Paris au debut du quinzieme siecle inserees dans I'ouvrage de MM. LeRoux
de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens aux xiV et xV siecles
(p. 353-370). Le Tresor des Chartes contient (J i52, n" 26) un accord
passe, le 18 juin 1414, par le procureur general du Parlement avec Cons-
tantin de Nicolas, orfevre et bourgeois de Paris, au sujet des poursuites
contre lui intentees pour n'avoir pas acquitte, outre I'imposition commune
de 4 deniers par livre, divers autres droits dus pour le transport des joyaux
et pierreries hors du royaume.
3lO BALAIS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 97 vo]
ront, perce tout au long, glace au travers, pesant ex caraz ou
environ; lequel balay Monseigneur achata de Jehan Chambon,
pour le pris et somme de ii"» escuz, le xiiii= jour de juillet I'an
mil quatre cens et quinze.
Traditus fuit domino Regi cum pulcherrima cruce, prout constat per lit-
teras dicti domini Regis, datas xix* die junii M CCCC XVI, redditas super
inventario precedenti. Et sic de eodcm acquittatur hie idem Robinetus.
BALAIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR.
1 161. Item, ung annel d'or oii il a ung ours fait d'un balay,
que monseigneur le conte d'Eu donna a monseigneur le Due
aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an mil quatre cens
et treize.
Datus fuit per dominum Ducem Martino Raine, varleto camere sue, prout
constat per litteras dicti domini Ducis, datas xxviii die januarii M CCCC
XIII, superius redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 162. Item, ung balay en fa^on de cuvete, assis en ung annel
d'or, que I'evesque d'Alby donna a Monseigneur aux estrainnes,
le premier jour de Janvier I'an mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit domino episcopo Carnotensi, et de presenti episcopo Claromen-
tensi, prout constat per litteras domini Ducis, datas xix' die februarii M CCCC
XIIII. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 1 63. Item, ung gros balay cabochon, appelle le Balay de la
chasteigne, assis en une branche d'orengier, que monseigneur
de Guienne donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes, le
premier jour de Janvier I'an dessusdit mil quatre cens et qua-
tourze.
Traditus et positus fuit in pulcherrima cruce domini Regis, ut constat per
litteras dicti domini Regis, datas xix' die junii M CCCC XVI, redditas super
inventario precedenti, Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
SAPHIRS DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE.
1 164. Item, deux petis saphirs hors oeuvre qui sont d'ung
SAPHIRS DES JOYAUX [fol. I98 vo] 3ll
petit ours d'or esmaille de noir, declaire en la derreniere partic
du xLviii= fueillet du compte precedant.
Reddite fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo de
eisdem acquittatur hie idem Robinetus.
SAPHIRS ACHAPTEZ ET RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1x6 5. Item, deux saphirs qui sont du nombre de six gros sa-
phirs qui furent de la Croix an camahieu, declairez en la pre-
miere partie du ii'^ lxxiii^ fueillet de I'inventaire ; lesquelx deux
saphirs Monseigneur a recouvrez de Bureau Dampmartin,auquel
mondit Seigneur les avoit baillez en garde.
De istis duobus saphirs unus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum
executoribus, et alius datus fuit domino archiepiscopo Remensi (i), prout
constat per litteras dicti domini Ducis, datas xv* die maii M CCCC XVI.
Et sic idem Robinetus acquittatur hie, et sunt littere superius reddite.
[Voyez dans B, n" 1 081, la description de cette croix. — S G, n° 746 ; prise
ledit saphir lxi liv. v sous t.]
1 166. Item, de cinquante et quatrc saphirs, que gros que
moiens que petis, qui sont d'un grant joyau d'or, declare en la
premiere patrie du cinquieme fueillet du compte precedant, ledit
Robinet en rent cy devant sur les parties de deux grans ymages
d'or, c'est assavoir Tun de Nostre Seigneur, et I'autre de Nostre
Dame et son enflfant, xiiii des plus gros saphirs de pluseurs fa-
mous et sortes ; et les autres xl ledit Robinet rent yci ; pour ce, xl
desdiz saphirs de pluseurs sortes et diverses fa«;ons.
De istis xl saphirs, redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum execu-
toribus XXXVII.
Respondeat de residuo, quod est in.
Isti tres saphirs dati fuerunt per dictum dominum Ducem, videlicet, epis-
copo Constanciensi I (2), episcopo de Lodeve I, die qua fuerunt sacrati, [ut]
constat per litteras dicti domini Ducis, datas vii* die julii M CCCC XV, supe-
rius redditas ; et I Imperatori, prout constat per alias litteras, datas u''^ aprilis
(i) Sur Simond de Cramand, archeveque de Reims depuis 1409, voyez ci-
dessus I'article 678.
(2) Jean II de Marie, nomme eveque de Coutances le 2 avril 1414. H fut
tue a Paris par les Bourguignons, le 29 mai 1418, avec son pere, Henri de
Marie, chancelier de France.
3 12 SAPHIRS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 99]
M CCCC XV ante Paschas, superius redditas. Et sic idem Robinetiis acquit-
tatur de eisdem.
[S G, n° 741 ; et rend ledit Robinet xxxvii saphirs de plusieurs sortes, pri-
ses CL liv. t. ; vendus viii" liv. t.]
SAPHIRS DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1 167. Item, ung saphir fait en maniere d'une cuvete, assis en
ung annel d'or, que maistre Symon AlHgret donna a Monsei-
gneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier Tan mil quatre
cans et treize.
Datus fuit Thome de Rancon (i),scancionario domini Ducis, prout constat
per litteras dicti Domini, datas vii^ die julii M CCCC XV, superius redditas.
Ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem.
1 1 68. Item, ung saphir en maniere de cuvete, assis en ung an-
nel d'or esmaille a rosiers vers semez de roses vermeilles, que
maistre Guillaume de Champeaux (2) donna a Monseigneur aux
estrainnes, Fan mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit episcopo Carcassonnensi (3), prout constat per litteras dicti
domini Ducis, datas x^ septembris M CCCC XV, superius redditas. Et sic
idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 1 69. Item, ung ours de saphir, assis en ung annel d'or, lequel
monseigneur de Bourbon a donne a mondit Seigneur ausdictes
estrainnes mil 1111^ et XIIII.
Iste ursus datus fuit Gervasio Merlin, barbitonsori domini Ducis, ut cons-
tat per litteras dicti domini Ducis, datas vii' die mail M CCCC XV, hie red-
ditas. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie.
(i) Thomas de Rancon figure comme echanson sur la liste dcs officicrs
de la maison du Due donnee a la fin de I'lnventaire S G(fol. 190 v°).
(2) Guillaume de Champeaux est tantotqualifie conseilleret secretaire du
due de Berry (141 3-14 : Arch. Nat., KK 25o, fol. 38 v), tantot conseillcr et
maitre des requetes de I'hotel du Due {Ibid., fol. 14). En cette qualite, il
rcfoit de nombreux presents de son maitre : 400 ecus d'or, puis du drap, du
camelot, des fourrures et une certaine somme « pour acheter de la vaisselle
d'argent pour luy aider a amesnagier » {Ibid. fol. 25 v% 3i, 47, 5i, 56 v").
Du 19 juin 141 3 au 20 septembre, il parcourt I'Auvergne pour inspecter les
etats des receveurs du pays, faire rentrer I'argent et I'envoyer a Paris {Ibid.,
fol. 63 v°). Nicolas de Baye, dans son Journal (t. II, p. 257), dit qu'il ctait
maitre de la Chambre des Comptes en 1416.
(3) Geraud du Puy occupa le siege episcopal de Carcassonne du 19 avril
1413 au 4 septembre 1420.
SAPHIRS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 99 V°] 3l3
1 170. Item, ung saphir a huit pans, assis en ung annel d'or,
que monseigneur I'arcevesque de Bourges donna a Monsei-
gneur quant il lui fist hommaige du chastel de Mehun, ou
moys de may Fan mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit domino archiepiscopo Turonensi, die qua fuit consecratus in
archiepiscopo(i),prout constat per litteras dicti Domini, datasxvi die januarii
M CCCC XIIII, superius redditas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus
de eodem.
ESMERAUDES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
Neant.
ESMERAUDES ACHAPTEES PAR MONDIT SEIGNEUR
1 171. Item, une esmeraude quarree, assise en ung annel'd'or,
que Monseigneur achapta de Perrin de la Dehors la somme
de soixante dix escuz, le premier jour de juillet I'an mil quatre
cens et quinze.
Reddita fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit-
tatur hie.
[S G, n" 727; prise xlv liv. t.]
ESMERAUDES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR
1 173. Item, une esmeraude cabouchonne sur le quarre, assise
en ung annel d'or, que Pierre Culon (2), receveur des Aides en
Berry, donna a Monseigneur, aux estrainnes, le premier jour de
Janvier I'an mil quatre cens et quatourze,
Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et sic idem
Robinetus acquittatur de eadem.
[S G, n" 728; prise xxvii liv. t.]
(i) Jacques Gelu remplav-a Ameil Dubreuil sur le siege archiepiscopal
de Tours apres le 1" septembre 1414.
(2) Un certain Culon figure comme clerc des offices dans I'etat de la mai-
son du Due en iSgS. Est-ce Ic memc qui parait ici comme receveur des
aides ?
3 14 DIAMANTS DES JOYAUX [fol. 20l]
DYAMENS DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
1 173. Item, deux diamens poinctuz, qui sont d'un grant joyau
d'or declare en la premiere partie du cinquieme fueillet du
compte precedant.
Redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo
[sit] quietus hie de eisdem.
[S G, n" 729; prise xxxii liv. t.]
DYAMENS ACHAPTEZ ET RECOUVREZ PAR MONDIT SEIGNEUR
1 174. Item, ung petit dianient poinctu, assis en ung annel d'or
poin9onne, ou il a ung J et une M couronnez, lequel Monsei-
gneur achapta ja piega de Kirigo des Vignes, le xxiii^ jour de
may Tan mil quatre cens et treize, pour le pris et somme de
trente escuz d'or.
Datus fuit Johanni Dupre(i), speciario dicti domini Ducis,prout constat per
litteras domini Ducis, datas v" die septembris M CCCC XIIII, superius red-
ditas. Et ideo de eodem acquittatur idem Robinetus.
1 175. Item, unggros diament quarre et plat, pesant dix et neuf
caraz de Jannes ou environ, que Monseigneur achapta de Andre
Succre, dit Massaye, avec autre perrerie ; lequel a este recouvre
dudit marchant auquel mondit Seigneur I'avoit bailie en gaige.
Redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus in uno moniie
existente penes Johannem Tarenne impignorato. Et de eodem idem Robi-
netus hie acquittatur.
1 176. Item, ung gros diament roont et plat en fagon d'un mi-
rouer, assis en ung annel d'or, que Monseigneur a achapte de
(i) Un Jean Dupre I'aine figure parmi ies chefs d'ofBce dans I'etat de
la maison du due de Berry dresse au moment de sa mort (Invent. S G,
fol. 190). Du Cange explique ainsi Ies fonctions de ce serviteur dont le
titre se traduit par Ic mot epieier : « rerum quarumcumque et supelleeti-
lium negotiator. »
DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 201 Vo] 3l5
Julian Symon (i), le xvi"^ jour de Juillet mil quatre cens et qua-
torze, pour le pris et somme de quatre vins escuz.
Datus fuit per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi, prout constat
per litteras dicti domini Ducis, datas v" die septembris'M CCGG XIIII, supe-
rius redditas. Et sic de eodem acquittatur idem Robinetus.
1 177. Item, ung autre gros diament roont et plat en fa^on
d'un mirouer, assis en un annel d'or, que Monseigneur a recou-
vrd de Nicolas Comy, a qui mondit Seigneur I'avoit bailie en
gaige, et I'achapta ja pie^a Monseigneur de Michiel de Paxi deux
mille six cens escuz.
Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo ac-
quittatur hie idem Robinetus.
[S G, n" i33i ; prise m frans.]
1 178. Item, ung petit diament poinctu (2) naif, assis en ung
annel d'or, que Monseigneur achapta, en aoust mil quatre cens et
quatourze, de Constantin de Nicolas, marchant de Florance
demorant a Paris, pour le pris et somme de xxx escuz d'or
comptans.
Datus fuit per dominum Ducem et per suas litteras, datas vii° die julii
M GGGG XV, superius redditas, Stephano de Montigny. Et ideo de eodem
acquittatur idem Robinetus.
1 179. Item, ung gros diament plat quarre, assis en ung annel
d'or, que Monseigneur achapta, en septembre mil quatre cens et
quatourze, de Berthelemy de Frangoys, marcheant et bourgois de
Paris, pour lepris et somme de quatre cens cinquante escuz.
Datus fuit domino episcopo Carnotensi per dictum dominum Ducem et
per suas litteras, datas v* die septembris M GGGG XIIIP, superius redditas.
Et ideo acquittatur de eodem idem Robinetus.
1 180. Item, ung diament en fa^on d'un mirouer, assis en ung
annel d'or en maniere d'une rose esmaille, que Monseigneur
(i) Julien Simon parait sur la liste des changeurs, lapidaires et orfevres,
dressee par les auteurs de Paris et ses liistoriens aiix xiv° et xv" siecles
(p. 363).
(2) D'apres le Glossaire des Emaux (p. 249), les mots diamant pointu et
diamant naif designeraient des pierres non taillees, conservees dans leur
etat naturel. Le moyen age recherchait toutes les sortes de diamants, surtout
ceuxqui affectaient des formes singulieres, tels que les diamants en miroir,
en tables, en losange. Gertaines pierres avaient refu la forme d'une lettre,
comme un E ou un V (cf. art. 458, 6o3).
3l6 DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 202]
achapta de Harmant Rince, I'an mil quatre cens et quatourze,
pour le pris et somme de soixante escuz d'or.
Datus fuit per dominum Ducem Stcphano de Montigny per litteras dicti
Domini, datasx" die septembris M CCCC XV, superius redditas. Et sic de
eodem acquittatur hie idem Robinetus.
DYAMENS DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1181. Item, deux petis diamens poinctus, assis en ung annel
d'or, que la duchesse de Guesles (i) envoya en don a Monsei-
gneur, le xxiii" Jour d'aoust Tan mil quatre cens et treize.
Dati fuerunt Stephano de Montigny per dictum dominum Ducem et per
suas litteras, datas vii' die julii M CCCC XV, superius redditas. Et ideo de
ipsis acquittatur idem Robinetus.
1 182. Item, ung diament poinctu, assis en ung annel d'or, que
madame la duchesse de Guienne donna a mondit Seigneur aux
estrainnes, le premier jour de Janvier Tan dessusdit mil Illl^et
treize.
Datus fuit per dominum Ducem uxori Baude de Guy, prout constat per
litteras suas, datas xxviii* die januarii M CCCC XIII, superius retentas. Et
ideo idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 1 83. Item, ung annel d'or, ou il a ung diament fait en maniere
de lozange et six petis escu^ons de diamens alentour; lequel
madame la contesse de Nevers donna a Monseigneur ausdictes
estrainnes mil quatre cens et treize.
Datus fuit Johanni de Ryon per dominum Ducem, [ut] apparet per litteras
dicti Domini, datas ut supra parte prccedcnte. Et sic idem Robinetus ac-
quittatur.
1 184. Item, ung diament poinctu naif, assis en ung annel d'or,
que Robinet d'Estampes donna a Monseigneur ausdictes estrain-
nes mil quatre cens et treize.
Datus fuit uxori Johannis des Ysles (2), varleti camere dicti Domini, prout
(i) Lc due de Gueldrc est souvent nomme due de Guesles ou Guelles par
les chroniqueurs, en particulier par Monstrelet. La duchesse de Gueldre
etait Marie, fille de Jean III, comte de Harcourt et d'Aumale; elle avait
epouse, en mai 1405, Renaud IV, due de Gueldre, de Zutphen et de Juliers,
qui avait succede a son frerc Guillaumc en 1402.
(2) Ce valet de chambre ne figure pas sur I'etat de la maison du due de
Berry dresse apres sa mort.
DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 202 V^] 3iy
constat per litteras suas, datas iii" die marcii M CCCC XIII, hie retentas.
Et sic idem Robinetus acquittatur de eodeni.
1 1 85. Item, ung gros diament poinctu, assis en ung annel d'or
esmaille a rosiers vers semez de roses vermeilles, que la royne
d'Angleterre (i) a envoye a Monseigneur en don, par enseignes,
le xiii^ jour de juillet mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit fratri Hennequinet per dominum Ducem et per litteras dicti
domini Ducis, datas V septembris M CCCC XIIII", superius redditas. Et
ideo de eodem acquittatur hie idem Robinetus.
1 1 86. Item, ung gros diament en fa^on de mirouer, assis en
ung annel d'or esmaille de bleu, seme de roses de rouge cler,
que la femme Fran^oys de Neisly donna a Monseigneur, le
xxviie jour d'aoust Fan mil quatre cens et quinze.
Datus fuit domino episcopo Claromontensi per dominum Ducem, prout
constat per litteras dicti domini Ducis datas ii" die aprilis M CCCC XV. Et
sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 187. Item, ung diament poinctu naif, assis en ung annel d'or,
que Thevenin de Montigny donna a Monseigneur, le vii« jour de
may I'an mil quatre cens et quinze.
Redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo ac-
quittatur hie.
[S G, n° ySo ; prise xiii liv. x sous t.]
1 188. Item, ung gros diament poinctu non fait, assis en ung
annel d'or, que le Roy a donne a Monseigneur, et I'a delivre Le
Vavasseur, general de France (2), en novembre mil quatre cens et
quatourze.
Redditus Parisius executoribus, ut supra, et est in uno monile auri penes
Johannem Tarenne impignorato.
1 189. Item, ung diament poinctu, assis en ung annel d'or es-
maille de blanc et de rouge cler, que monseigneur d'Eu donna
aux estrainnes a Monseigneur, Fan mil quatre cens et quatourze.
(i) Jeanne, fille de Charles le Mauvais, roi de Navarre, veuve de Jean IV,
due de Bretagne, avait epouse, en 1403, Henri IV, roi d'Angleterre, veuf lui-
meme de Marie Bohun, fille du eomte de Hereford. Jeanne mourut le
10 juillet 1437, sans avoir eu d'enfants de son second epoux.
(2) C'est-a-dire general des aides ou des finances. Les generaux des
finances etaient les principaux offieiers charges de la perception des
impots.
3l8 DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2o3 V"]
Datus Robineto d'Estampes per dominum Ducem et per litteras suas, da-
tas XIX* die februarii M CCGC XIIII, superius redditas. Et ideo de eodem
acquittatur idem Robinetus.
1 190. Item, ung aiinel dor poin^onne, ou il a deux petis dia-
mens poinctuz, que Monseigneur de la Marche donna a mondit
Seigneur ausdictes estrainnes.
Datus fuit magistro Jacobo Carite per dominum Ducem et per litteras
superius, parte precedenti. Et ideo acquittatur idem Robinetus.
1 191. Item, ung diament poinctu hautclet, assis en ung annel
d'or, que messire Guy de la Roche donna a mondit Seigneur
ausdictes estrainnes.
Datus fuit Stephano de Montigny per litteras dicti Domini, datas vii" die
maii M CCGC XV, superius redditas. Et sit de eodem quittus idem Robi-
netus.
1 192. Item, ung annel d'or esmaille de bleu, seme de goutes
de rouge cler, ouquel a ou millieu une fleur de diament, et aux
quatre coustes de ladicte fleur a quatre grains d'esmeraude, que
Constantin de Nicolas donna a mondit Seigneur ausdictes es-
trainnes.
Datus fuit Elyoto La Fleute, pennetcrio domini Ducis (i), prout constat
per litteras suas, datas x' die septembris M CCGC XV, superius redditas.
Et ideo de eodem acquittatur hie idem Robinetus.
1 193. Item, ung diament poinctu naif, assis en ung annel d'or
tout plain, que maistre Mace Heron, tresorier general, donna a
mondit Seigneur, le ix« jour d'aoust Pan mil quatre cens et quinze.
Datus fuit Bernardo d'Armignac per litteras domini Ducis, datas vii'mar-
cii M GCGG XV, superius redditas. Et ideo acquittatur idem Robinetus de
eodem.
1 194. Item, ung diament poinctu hautelet, assis en ung annel
d'or, que Thevenin de Montigny donna a mondit Seigneur aux
estrainnes mil quatre cens et quinze.
Datus fuit domino Oliverio de Mauni (2), militi, [ut] apparet per litteras
domini Ducis, datas viii' januarii M GGGG XV, superius redditas. Et acquit-
tatur hie idem Robinetus, ut supra.
1 195. Item, ung diament poinctu naif, assis en une verge d'or
(i) Ge pannetier n'est pas nomme sur la liste des officicrs du Due dressee
apres sa mort.
(2) Sur Olivier de Mauny voyez la note de la page 212.
DIAMANTS BONNES A MONSEIGNEUR [fol. 204] 3l9
non brunie, que ledit Robinet d'Estampes donna a Monseigneur
ausdictes estrainnes mil quatre cens et quinze.
Datus fuit Gervasio Merlin, barbitonsori domini Ducis, per litteras suas
datas et redditas prout in parte precedenti. Et sic idem Robinetus ac-
quittatur.
1 1 96. Item, ung gros diament plat et quarre, assis en un annel
d'or esmaille de blanc et rouge, que monseigneur de Clermont
a donne a Monseigneur; auquel mondit Seigneur I'avoit pid(;a
donne et achate de Berthelemy de Fran^oys pour le pris et
somme de iiii'^ l escuz.
1 197. Item, ung gros diament en fa^on de mirouer, que feu
monseigneur de Guienne laissa en son testament a Monseigneur.
Isti duo dyamens [1196-1197] redditi fuerunt Parisius executoribus per
dictum Robinetum. Et ideo de eisdem acquittatur hie idem Robinetus.
[S G, n° 735 ; prise vi° liv. t.]
PERLES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
1 198. Item, huit perles de compte hors oeuvre, dont I'une est
d'une petite salliere d'or et de grenat en fa^on d'une nef, declai-
ree en la penultime partie du iiii^^ xvi= fueillet du compte prece-
dant, et I'autre est d'une petite salliere de cristal, garnie d'or, a
troys ances, declairee en la penultime partie du iiii'^^ xvii« fueillet
dudit compte, et lej. six autres perles sont d'ung petit ours d'or
esmaille de noir, declaire en la derreniere partie du xLvni= fueillet
dudit precedant compte.
Iste viii° pessule reddite fuerunt per dictum Robinetum Parisius executori-
bus. Et ideo acquittatur hie de eisdem.
1 199. Item, de iinc vii perles, que unes que autres, qui sont
d'un grant joyau d'or declare en la premiere partie du cinquiesme
fueillet du compte precedant, ledit Robinet en rent cy devant
cent et trois des plus grosses perles sur les parties de deux grans
ymages d'or, I'un de Nostre Seigneur et I'autre de Nostre Dame
et son enffant; et les autres iii'^ iin perles ledit Robinet rent yci.
Pour ce iii'^ iiii desdictes perles de pluseurs sortes et famous.
320 PERLES DES JOYAUX [fol. 204 V^]
De istis iii*^ iiii pessulis, remanentihus de iiii'' vii, rcdduntur Parisius exe-
cutoribus per dictum Robinetum 11" xxi pessule. Etsic de eisdem acquittatur.
Respondfeat de residuo, quod est iiii"^ in pessule.
De isto residue date fuerunt pluribus personis per dictum dominum Du-
cem, prout constat per litteras suas, datas vii* die julii M CCCC XV, supe-
rius redditas, partes plenius in eisdem litteris declarate : xxvi pessule.
Et per aliud mandatum dicti domini Ducis, superius redditum, datum
vii* die marcii M CCCC XV, date fuerunt certis personis in eodem mandato
declaratis xxxvii pessule.
Et similiter date fuerunt per dictum Dominum Burello de Dompnomartino
XX pessule, prout certlficatum est per ipsum Burellum per litteram suam,
datam xx" die junii M CCCC XVI°^ positam cum litteris hujus inventarii, in
rccompensacionem certarum aliarum rerum dicto domino Duci per dictum
Burellum datarum. Et ideo de dictis iiii'" in pessulis acquittatur idem Ro-
binetus.
[S G, n° 732 ; ledit Robinet en rend nr xxxiiii, prisees vi° xvi liv. t. ;vendues
VI " XX liv. t.l
PERLES ACHAPTEES PAR MONDIT SEIGNEUR
Neant.
PERLES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR
1200. Item, une grosse perle, nommee la Grosse perle de
Berry^ assise en ung annel esmaille de noir ; laquelle feu monsei-
gneur de Guienne, que Dieu pardoint, donna a Monseigneur en
son testament.
[S G, n° 733; prise iiii"" liv. t.]
1201. Item, une autre grosse perle, nommee ISi Grosse perle
de Naverre, assise en ung annel esmaille de noir, laquelle feu
mondit seigneur de Guienne laissa semblablement a mondit
Seigneur.
Iste due partes ( 1 200-1 20 1 ) reddite fuerunt Parisius executoribus per dic-
tum Robinetum. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
[S G, no 734 ; prise 11" liv. t.]
SEAULX ET SIGNEZ ACHAPTEZ PAR MONDIT SEIGNEUR
Neant.
ANNEAUX DES JOYAUX [fol. 2o5 vo] 321
SEAULX ET SIGNEZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
Neant.
ANNEAULX, PIERRES ET AUTRES CHOSES DE PLUSEURS MANIERES
DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE
1 202 . Item, deux grenaz, I'un grant en fa^on de navete, et I'autre
petit et roont, qui sont d'une petite salliere d'or et de grenat en
fa^on d'une nef, declaire en la penultime partie du iiii'''' xvi« fueil-
let du compte precedant.
i2o3. Item, une pierre estrange de couleur tannde, en laquelle
a ung ymage de Nostre Dame tenant son enffant, une sepulture
et autres ymages; laquelle pierre est d'un petit tableau d'or
quarre, de la grandeur du fond de la main, declaire en la me par-
tie du xii^ fueillet dudit compte precedant.
1204. Item, ung cristal, ung grenat et pluseurs autres menuz
grenaz et esmeraudes de petite valeur, qui sont d'une petite sal-
liere de cristal, garnie d'or, a troys hances, declairde en la penul-
time partie du iiii^'^ xvn« fueillet dudit compte precedant.
Iste tres partes accolate (i 202-1 204) reddite fuerunt Parisius per dictum
Robinetum executoribus. Et ideo de eisdem acquittatur idem Robinetus.
PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS (EUVRE
COMMME AUTREMENT, ACHAPTEES PAR MONDIT SEIGNEUR
i2o5. Item, ung annel d'or esmaille, ou il a une louppe sem-
blant a louppe de saphir, et par dessus a ung poisson taille de la
fayon d'un gornaut (i), que Monseigneur achapta, ou moys de
juing mil quatre cens et quatourze, de Harmant Rince, orfevre
demourant a Paris, pour le pris et somme de vint escuz d'or.
(i) D'apres Godefroy, le mot gornal ou gornart designerait le rouget ou
lievre de mer.
322 PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 2o6 V°]
Datus fuit episcopo de Sallat (i), confessori domini Ducis, [ui] constat per
litteras dicti Domini, datas x* die septembris M CCCC XV, superius reddi-
tas. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem,
1206. Item, ung saphir citrin, en £39011 d'un oeil, assis en ung
annel d'or, qui fu achaptd de Guillaume Crochet, marchant
demorant a Paris, en decembre mil quatre cens et quatourze,
le pris et somme de vint et troys escuz d'or.
Datus fuit Johanni Barre, cambellano domini Ducis (2), per litteras suas
datas VIII die januarii M CCCC XV, superius redditas. Et sic de. eodem
acquittatur hie idem Robinetus.
PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS CEUVRE
COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1207. Item, ung annel d'or, ouquel a un moton de cassidoine
sur une fueille faicte d'esmeraude, lequel messire Guichart Daul-
phin donna a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de
Janvier I'an mil quatre cens et treize.
Datus fuit per dominum Ducem magistro Miloni Le Cavelier, [ut] constat
per litteras suas, datas xix» die februarii M CCCC XIIII, superius redditas.
Et sic idem Robinetus acquittatur hie.
1208. Item, ung annel d'or, ou il a une teste d'un More fait de
cassidoine, que monseigneur de Baviere donna a Monseigneur
aux estrainnes mil quatre cens et quatourze.
Datus fuit Johanni Barre, cambellano domini Ducis, [ut] constat per litte-
ras suas, datas x» die septembris M CCCC XV, superius redditas. Et ideo
de eodem acquittatur hie idem Robinetus.
VAISSELLE ET AUTRES CHOSES, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME
AUTREMENT, POUR PANNETERIE , ACHAPTEE PAR MONDIT SEIGNEUR
Neant.
(1) Jean III Arnaud occupa le siege episcopal de Sarlat de 1410 au
6 mai 1416.
(2) L'etat de la maison du Due ne contient aucun officier du nom de
Jean Barre, ni sur la liste des chambellans, ni sur celle des valets de cham-
bre (voy. art. 917). Peut-etre ce Jean Barre, dont la qualite est confirmee
par I'art. 1208, mourut-il avant son maitre.
VAISSELLE d'oR ET d'aRGENT [fol. 207 V] 323
VAISSELLE ET AUTRES CHOSES, TANT D OR ET D ARGENT COMME
AUTREMENT, POUR LADICTE PANNETERIE, DONNEE A MONDIT SEIGNEUR
i2og. Item, une cuiller de pierre serpentine, garnie au bout
d'argent dore, laquelle monseigneur le due de Bourbon donna
a Monseigneur, le xvii^ jour de septembre I'an mil quatre cens
et treize.
Ista pars cumin''"' partibus immediate sequentibus [1209-12 12] redduntur
Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et sic de eisdem acquittatur
hie.
[S G, n° 1 177; prise xx sous t.]
1 2 10. Item, une petite salliere d'or, dont le couvercle est fait
a ouvraige de Venise, garny d'un saphir, et le fertelet est d'une
perle; et ou fond de ladicte salliere a ung autre saphir, scant sur
quatre petis chiennez; laquelle salliere le cardinal de Pize (i)
donna a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier
Tan mil quatre cens et quatourze.
[S G, n" 736; prise iin"liv. t.]
121 1. Item, une petite salliere de gathe, garnie d'or, dont le
couvercle est d'or, et au dessus a ung fertelet garny d'un saphir
et quatre perles, laquelle salliere Pol de Limbourg (2) donna a
(i) Adhemar Alamanno, cardinal archeveque de Pise, fut envoye en France
comme legat du Saint-Siege par le pape Jean XXIII, en 141 1. II fit de grands
efforts pour retablir la paix entre le parti des Armagnacs et celui des Bour-
guignons. (Voyez Journal de Nicolas de Baye, a la table, et Chronique du
Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 553.)
(2) Pol de Limbourg est un des miniaturistes employes par le due de Berry
sur lequel on possede le moins de renseignements. (Voy. Delisle, Cabi-
binet des Manuscrits, 1. 1, p. 62, et L. de Laborde, Dues de Bourgogne, t. I,
p. cxxi). Les comptes encore existants nous apprennent qu'il avait, en 141 3,
le titre de valet de chambre du due Jean (Arch. Nat., KK 25o, fol. 25 v°) et
qu'il refut, le g novembre 141 3, la somme de 112 liv. 10 s. t. en considera-
tion de ses bons et agreables services « pour soy vestir, ordonner et estre
plus honnestement en son service. » On a vu plus haut (art. 995) le don
singulier qu'il offrit au Due, avec ses deux freres, d'un livre figure ; i'anecdote
prouve que le due de Berry soufFrait volontiers la plaisanterie. L'inventaire
de 1416 decrit, sous le n° 1064, "" manuscrit dont Pol de Limbourg avait
commence la decoration et qui n'etait pas termine a la mort du due de
Berry.
324 VAISSELLE d'oR ET d'aRGENT [fol. 2o8]
mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil quatre cens et qua-
tourze.
[S G, n° 737; prise xxx liv. t.]
12 12. Item, une autre salliere d'or et de pierre serpentine, gar-
nie de seize perles branlans, que ung portefaiz porte, seant sur
une terrace garnie de petis saphirs et grains d'esmeraude, et le
couvercle de pierre serpentine garny d'or et de pierrerie, c'est
assavoir de troys saphirs, troys balaisseaux et six perles, et le
fertelet d'un balay et quatre perles ; laquelle salliere rnessire
Guillaume de Lodde donna a mondit Seigneur ausdictes estrain-
nes mil quatre cens et quatourze.
[S G, n° 738; prise vi"" liv. t.]
121 3. Item, une petite salliere d'or, dont le fond et le couve-
cle sont de cassidoine, et par dessus ung fertelet garny d'un sa-
phir et cinq perles, et entour le couvercle a escript : Le temps
vendra (i); laquelle salliere madame de Bourbon a donnee a
Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier I'an mil
quatre cens et quinze.
Data fuit regi Chiprie per dictum dominum Duceni, [ut] constat per lit-
teras suas, datas viii" die januarii M CCCG XV, superius redditas. Et ideo
acquittatur hie idem Robinetus.
VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, POUR
ESCHANCONNERIE, ACHAPTEE PAR MONSEIGNEUR
1 2 14. Item, ung hannap d'or tout plain, convert, lequel mon-
seigneur le Due achapta de Jehan Tarenne aux estrainnes mil
quatre cens et treize.
Datus fuit Guillelmo de la Haye, scutifero, [ut] constat per litteras dicti
domini Ducis, vu* die septembris M CCGC XIIII datas, superius redditas.
Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eodem.
1 2 1 5. Item, deux douzainnes de tasses d'argent dorees, signees
ou fonds d'un ours, pesans xlviii marcs iiii onces x esterlins, au
(1) Cette allusion a une autre vie revient frequemment, comme on sait,
sur Ics manuscrits ayant fait partie de la librairie du due de Berry.
VAISSELLE d'oR ET d'aRGENT [fol. 2O9] 325
pris de dix frans cinq sols tournois le marc, valient iiii'^ ini'^'' xvii
livres xv sols iii deniers obole; lesquelles Monseigneur a achap-
tees de Audebert Catin, changeur et bourgois de Paris (i).
Iste due duodene tassarum reddite fuerunt Parisius execucioni dicti domini
Ducis per dictum Robinetum, et postmodum vendite pro facto dicte execu-
cionis, prout plenius in prima parte folii mi" vii de compote aut inventorio
precedent!; et precium earumdem receptum per Johannem Lebourne in
summade vi" ix" xxxiii lib. vii sol.vi den. t., ut plenius in inventario prece-
denti, tolio predicto, arrestatur. Quare super dictum Lebourne ad compu-
tandum.
1216. Item, douze tasses blanches, signees semblablement ou
fonds d'un ours, pesant xviii marcs xii esterlins obole; lesquelles
Monseigneur a achaptees de Audebert Catin, changeur et bour-
gois de Paris, au pris de sept frans dix sols tournois le marc,
valient six vins quinze livres onze sols huit deniers tournoys.
De dictis xii'^'" tassis redduntur per dictum Robinetum, ut supra, x; pre-
cium quarum receptum fuit per Johannem Lebourne, ut supra.
Et due alie tradite fuerunt filio domini comitis Armigniaci, prout reperi-
tur in inventario facto Parisius post obitum dicti domini Ducis per n"" no-
taries Castelleti Parisiensis.
1 217. Item, deux bassins d'argent dorez, ouvrez par dedans a
fueillages, pesant xi marcs d'argent ou environ; lesquielx Mon-
seigneur achapta de Denisot Lebrethon, aux estrainnes mil qua-
tre cens et treize, pour le pris et somme de cent cinquante frans.
Dati fuerunt per dcuninum Ducem capelle sue Bitturicensi, prout constat
per litteras dicti domini Ducis, datas xvi» die januarii M CCCC XIIII,supe-
rius redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eisdem.
1 2 18. Item, ung hannap d'or tout plain, couvert, lequel Mon-
seigneur achapta de Jehan Tarenne, aux estrainnes Fan mil qua-
tre cens et quatourze.
Datus fuit domino de Gaucourt, [ut] constat per litteras domini Ducis,
datas xvm^ die maii M CCCC XV, redditas* superius. Et dictus Robinetus
acquittatur, ut supra.
(i) Audebert Catin est porte sur la liste des changeurs, lapidaires et orfe-
vres donnee dans Paris et ses historiens aux xiv" et \V siecles, p. 362.
326 VAISSELLE d'oR ET d'aRGENT [fol. 2 I o]
VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, POUR LADICTE
ESCHANCONNERIE, DONNEE A MONSEIGNEUR
1 2 19. Item, une petite aiguiere de cristal, faicte a Paris, garnie
d'or, hachiee sur le pie et Fance, esmaillee a la devise de Mon-
seigneur; et ou couvercle a troys petis balaisseaulx et six petites
perles; laquelle aiguiere monseigneur Farcevesque de Bourges,
chancellier de mondit Seigneur, lui donna ou mois de mars I'an
mil Illl^et XIII.
[S G, n° 45i ; prise c liv. t.]
1220. Item, ung hannap d'or, ouvre a hours et branches d'o-
rengier en maniere de haulte taille, et ou fond a ung eigne, es-
maille de blanc et d'un escu aux armes de Monseigneur, et des-
sus le couvercle ung fertelet d'un eigne esmaille de blanc, garny
entour de huit perles branlans; lequel hannap fut donne a Mon-
seigneur par Jehan de la Barre aux estrainnes, le premier jour du
mois de Janvier I'an mil quatre cens et quinze.
Iste due partes [1219-1220] reddite fuerunt Parisius executoribus per dic-
tum Robinetum. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem.
VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR
FRUICTERIE, ACHAPTEE PAR MONDIT SEIGNEUR
1 22 1. Item, six petites escuelles d'argent dorees, armoyees aux
armes de Monseigneur, pesans dix marcs sept estellins obole;
lesquelles Monseigneur aachaptees de Audebert Catin, bourgois
et changeur de Paris, au pris de dix frans cinq sols tournois le
marc, valient cent deux livres, dix huit sols, onze deniers tour-
nois.
De istis vi parvis scuteliis, redduntur Parisius executoribus per dictum
Robinetum quinque, que postmodum vendite fuerunt pro facto execucionis
dicti Domini. Et precium receptum per Johannem Lebourne, commissum
ad receptam bonorum remanentium ejusdem Domini, in summa vi" ix<= xxxiii
lib. VII sol. VI den. t., prout plenius in inventario aut compoto precedenti,
folio im" VII, mencio habetur. Quare super dictum Lebourne.
VAISSELLE d'oR ET d'aRGENT [fol. 2 10 V^] 327
Respondeat dictus Robinetus de alia.
Amissa fuit in hospicio Nigelle, prout constat per mandatum dicti domini
Duels, datum ii" die junii M CCCG XVI, ut per certificacionem magistrorum
hospicii dicti Domini, dicto mandate alligatam, hie redditam. Et sic de
eadem exoneratur idem Robinetus.
1222. Item, six autres peds platelez d'argent dorez vermeilz,
armoiez aux armes de Monseigneur, pesans dix mars treize estel-
lins obole; lesquelx Monseigneur a achaptez de Audebert Catin,
bourgois et changeur de Paris, au pris de dix livres cinq sols
tournois le marc, valient cent troys livres, sept sols, troys de-
niers obole tournois.
Isti VI parvi disci redditi fuerunt ut supra, et postmodum venditi, et pre-
cium receptum, ut superius parte preccdenti.
VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR
LADICTE FRUITERIE, DONNEE A MONDIT SEIGNEUR
Neant.
VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR
ESPICERIE, ACHAPTEE PAR MONDIT SEIGNEUR
Neant.
VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR
LADICTE ESPICERIE, DONNEE A MONDIT SEIGNEUR
1223. Item, ung dragouer d'argent dore, hachie sur les bours
et sur le pie de flours, lequel monseigneur d'Armeignac donna
a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Janvier Tan
mil quatre cens et treize.
1224. Item, ung autre dragouer d'argent dore, ouquel a ou
millieu ung chastel, et entour le pie pluseurs tournelles, hachie
par dedans a paons; lequel I'evesque de Chartres donna a Mon-
seigneur ausdictes estrainnes.
Iste due partes [i 223- 1224] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum
328 VAISSELLE d'aRGENT [fol. 211 V]
executoribus, et postmodum vendite pro facto dicte execucionis, et precium
receptum per Johannem Lebourne, commissum ad receptam bonorum dicte
execucionis, in summa vi" ix'= xxxiii lib. vii sol. vi den. t., prout latius in in-
ventario aut compoto precedenti, folio iin" vii, mencio habctur. Ideo super
dictum Lebourne.
AUTRE VAISSELLE D ARGENT POUR CUISINE, ACHAPTEE PAR
MONDIT SEIGNEUR
1225. Item, six grans plaz d'argent dorez, armoyez aux armes
de Monseigneur, pesans soixante mars, sept onces,cinq estellins;
lesquelx Monseigneur a achaptez de Audebert Catin, bourgois
et changeur de Paris, au pris de dix franz cinq sols tournois le
marc ; valient six cens vint et quatre livres, cinq sols, neuf deniers
tournois.
1226. Item, douze petis plaz d'argent dorez, armoiez aux ar-
mes de Monseigneur, pesans lx marcs vi onces xv esterlins; les-
quelx Monseigneur a achaptez de Audebert Catin, bourgois et
changeur de Paris, au pris de x frans v sous t. le marc; valient
vi'= xxiii livres xii sous x deniers t.
1227. Item, deux douzainnes d'escuelles d'argent dorees, ar-
moides aux armes de Monseigneur, pesans lxi marcs iiii onces;
lesquelles Monseigneur a achaptees de Audebert Catin, bour-
gois et changeur de Paris, au pris de x frans v sous t. le marc ;
valient vi^ xxix livres i soux deniers obole tournois.
Iste tres partes accolate [1225-1227] reddite fuerunt Parisius executoribus
per dictum Robinetum, et postmodum vendite, et precium receptum per
Johannem Lebourne, ut supra, pagina precedenti.
LIVRES ACHAPTEZ PAR MONDlT SEIGNEUR
1228. Item, ung livre appelle le livre de Oy nous dit (i), es-
cript en frangoys, de bonne lettre de fourme ; et au commance-
(i) L. Delisle, Cabinet des maniiscrits, t. Ill, p. 174 (n" 42).
LIVRES ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 212 V] 32g
ment du second fueillet a escript : I'imaige de Dieu ; couveri de
cuir vermeil empraint, a deux fcrmoiers de latton et cinq petis
boillions de mesmes sur chascune aiz; lequel livre Monseigneur
achapta de maistre Regnault du Montet, librairc demorant a
Paris, en fevrier mil quatre cens et douze, pour le pris et somme
de vint escuz.
[S G, n° 526; prise x liv. parisis, vciidu xiii liv. t.]
L229. Item, ung autre livre appelle le Dialogue Saint Gre-
goire (i), escript en fran^oys, de lettre de court, et au comman-
cement du second fueillet, apres la table dudit livre, a escript :
oyes des hommes, couvert de vielz cuir vert, a deux fermoiers
de cuivre et cinq petis boillons de mesmes sur chascune aiz ; le-
quel livre mondit Seigneur achapta dudit maistre Regnault, oudit
mois de fevrier mil quatre cens et douze, pour le pris et somme
de dix escuz d'or.
Iste duo libri [1228- 1229] redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum
Robinetum. Et ideo acquittatur hie de cisdem.
[S G, n° 1 1 38 ; prise c sous t.]
i23o. Item, les Decades de Titus Liviiis (2), en troys grans
volumes, escriptes en fran^oys, de bonne lettre de fourme, tres
bien ystoriees et enluminees; et au commancement du second
fueillet du premier volume, apres le prelogue et la table dudit
volume, a escript : lespoetes; au commancement du second fueil-
let du second volume, apres I'exposicion des motz qui n'ont
point de propre frangoys, a escript : de puissance ; et au comman-
cement du second fueillet du tiers volume, apres les dictes expo-
sicion et table, a escript : pluseurs coursses; couvert chascun vo-
lume de cuir vermeil empraint, a deux fermouers d'argent dorez,
esmaillez d'un ymage de Nostre Dame tenant son enffant, et par
dessus a une chemise d'un satin vermeil figure de rainceaux, de
roses et cignes, double de tiercelin noir; lesquelles Decades
Monseigneur achapta de Jehan de la Cloche, tresorier de
(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n° 121).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n- 235).
33o LIVRES ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 2 I 3]
France (i), environ le moys de septembre I'an mil quatre cens et
treize, pour le pris et somme de
[S G, n° 1 1 36; prise in'' lxxv liv. t.]
123 I. Item, ung livre appelle \e Brut d'Angleterre (2), escript
en frangoys rime, de lettre de court; et au commancement du
second fueillet a escript : iingjili avoit; convert de cuir vermeil
empraint, a deux petis fermouers de cuivre et cinq boillons de
mesmes sur chascune aiz.
Redditi fuerunt, ut supra [i23o-i23i].
[S G, -:n° 517; prise c sous t.]
1232. Item, unes petites Heures (3), esquelles sont les Heures
de Nostre Dame, les sept Pseaulmes, Vigilles de mors, et aiytres
devocions; et au commancement a une oroison de saint Jehan
Baptiste et le kalendier; et a escript au commancernent du
second fueillet desdictes Heures de Nostre-Dame : quoniam ; cou-
vertes de drap d'or, fermans a deux fermouers d'or esmaillez aux
armes de Monseigneur, ouvre ledit drapt d'or a fleurs de liz, et
par dessus une chemise de drap de damas bleu, double de tier-
celin rouge ; lesquelles Heures mondit Seigneur achapta a Paris
en son hostel de Neelle, le xi'= jour de decembre quatre cens et
quinze, pour le pris et somme de cinquante escuz d'or comp-
tans de...
Redditus ut supra.
[S G, n" 739; prise xv liv. t.] ,
1233. Item, ung petit livre de la Passion Nostre Seigneur (4);
convert de cuir rouge empraint, fermant a deux fermouers de
latton; et a escript au commancement du second fueillet dudit
livre: pour ce appelle I'en; lequelle livre Monseigneur achapta
d'un libraire de Paris, pour le pris et somme de six escuz.
(i).Icaii dc la Cloche, concierge de la conciergerie du chastel Saint-
Antoine a Paris pour le due de Guienne, aurait perdu sa charge de tresorier
de France avant 1409, d'apres un document de cette date ou il est qualifie
« nagueres tresorier de France » (Arch. Nat., Y 382, fol. 196).
(2) Cab. des man., t. Ill, 192 (n" 271).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° i lo). — Voy. Gazette des Bcaux-Avts,
1884, t. I, n° 34.
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i33).
LIVRES ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 2l3 V"] 33 I
Redditus fuit ut supra.
[S G, n" 53o; prise lxvii sous vi den. t.]
1234. Item, ung livre des Proprietcs des chases (i), escript en
fran^oys, de lettre courant, et historic en aucuns lieux; convert
de cuir rouge empraint, a deux fermouers d'argent dorez, et par
dessus une chemise de toille blanche, et an commancement du
second fueillet dudit livre, apres le rebriches, a escript : diverses
sciences (2) ; lequel livre Monseigneur achapta a Paris, en son hos-
tel de Neelle, avecques deux autres livres cy apres declaires, le
second jour de mars Fan mil quatre cens et quinze, de maistre
Regnault du Montet, pour le pris et somme de six vings escuz
d'or.
[S G, n° 1 141 ; prise l liv. t.]
1235. Item, ung autre livre appelle le Livre du pelerinaige de
vie Jnimaj'ne f3), escript de lettre courant, en fran^oys rime, et
historic en pluseurs lieux; convert de cuir rouge empraint, fer-
mant a deux fermouers de latton, et par dessus une chemise de
toille blanche; et au commancement du second fueillet dudit
livre a escript : avec son pere Lucifer ; lequel livre Monseigneur
achapta de maistre Regnault du Montet, avecque le livre prece-
dant.
[S G, n" 1 140; prise xv liv. t.]
1236. Item, ung autre livre appelle les Croniques Martinien-
nes (4), convert de cuir rouge empraint, escript de lettre cou-
rant, fermant a deux fermouers d'argent blanc ; et au comman-
cement du second fueillet dudit livre a escript : il escript la
science; lequel livre Monseigneur achapta de maistre Regnault
du Montet, avecques les deux livres precedans.
[S G, n" 1 160; prise xv liv. t.]
1237. Item, ung tres bon et tres bel Breviere{5), en deux volu-
(i) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n" 144).
(2) L'inventaire S G complete ainsi la reference : diverses sciences que
voiis ave^ assemble:^. »
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 279).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (n" 204).
(5) Cab. des man., t. Ill, p. 174 (n" 5o). Bibl.Nat., fends fran^ais, n" 6747.
— Voy. Gazette des Beaux-Arts, 1884, t. I, n" 9.
332 LIVRES ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 214]
mes tres richement historiez et cnluminez et notez; couverts de
cuir rouge, et par dessus de drap de soye vert use, fermant chas-
cun volume a deux fermouers de latton; lesquelx Monseigneur a
achaptez a Paris pour le pris et somme de iiii^ escuz, et depuis
mondit Seigneur a fait faire a chascun desdiz volumes une che-
mise de veluyau violet figure, et deux fermoers d'argent dorez,
esmaillez aux armes de mondit Seigneur, et deux pipes d'argent
dorees, garnies de seignaulx.
Iste iiii""' partes [1234-1237] redditc fuerunt ut supra.
LIVRES DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR
1238. Item, ung petit livre du Tresor maistre Jchan de
Mt'/?207(i), escript en franc^oys rime, de grosse lettre de fourme,
hien ystorie et enlumine ; et au commancemement du second
fueillet a escript : qui contre (2) ; couvert de veluyau vermeil, a
deux fermoyers d'or, touz plains; lequel livre Monseigneur le
due de Baviere donna a Monseigneur aux estrainnes, le premier
jour de Janvier Tan mil quatre cens et treize.
[S G, n" 528; prise x liv. t.]
1239. Item, ung autre livre qui est intitule : le Livre de la
paix (3), escript en frangoys, de lettre de court; et au commance-
ment du second fueillet apres la premiere ystoire a escript : et
loysibles; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermoiers
de latton, de cinq gros boillons de mesmes sur chascune aiz;
lequel livre damoiselle Cristine de Pizan donna a mondit Sei-
gneur ausdictes estrainnes mil quatre cens et treize.
Redditi fuerunt [i 238-1239] Parisius per dictum Robinetum, ut supra.
[S G, n° 1 1 39; prise c sous t.]
1240. Item, nn^ Breviere a I'usaige de Paris (4), escript de
(i) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n° 148).
(2) « Qui comme, » dans I'lnventaire S G.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 288).
(4) Cab. des man., t. Ill, p. 176 (n" 60). — Voyez Gazette des Beaux-Arts,
n" 18.
LIVRES DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2 I 5] 333
bonne lettre de fourme, tres bien enlumine; et au commance-
ment du second fueillet, apres le kalendrier et le brief dudit
livi-e, a escript : niam tu percucisti ; convert de cuir vermeil eni-
praint, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez d'une Annun-
ciacion ; lequel Breviere I'evesque de Gap donna a mondit Sei-
gneur, oudit moys de Janvier mil quatre cens et treize.
Datus fuit magistro Johanni de Stampis, filio Robineti de Stampis, prout
constat per litteras domini Ducis, datas xvi* die januarii M CCCGXIIII, su-
perius redditas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus.
1241. Item, ung petit Breviere (i), bien portatif, a I'usaige de
Paris, escript de menue lettre de fourme; et au commancement
du second fueillet, apres le kalendrier et le brief dudit livre, a
escript : Israel ab alienati ; convert de veluyau vermeil, a deux
petis fermoiers d'or et une pipe de mesmes ; lequel Breviere le
Roy donna a Monseigneur, le xix^ jour de septembre Fan mil
quatre cens et treize.
[S G, n° 1 1 79; prise xxx liv. t.]
1242. Item, une petite Bible en latin (2), escripte de menue
lettre de forme ; et au commancement du second fueillet a escript :
miilta i3j; couvert de drap de soye rouge, a deux fermoers d'or
esmaillez aux armes de Monseigneur, et par dessus une chemise
de drap de damas vermeil, double de satin bleu; laquelle Bible,
sans lesdiz fermoers et chemise, que Monseigneur y a fait faire,
le Premier Presidant du Parlement (4) a donne a mondit Sei-
gneur, ou moys de septembre mil quatre cens et quatourze.
Isti duo libri [1241-1242] redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum
Robinetum. Et ideo de eisdem acquittatur hie.
[S G, n" 56o : a une pippe garnie d'un balay rond et de deux grosses per-
les, prises sanz la pippe xxxii liv. parisis, et ladicte pippe a este depuis prisee
(i) Cab. des man., t.III, p. 176 (n° 61). — Cf. Ga^. des Beaux-Arts, n° 19.
(2) Cab. des man., t. Ill, p. 171 (n° 5). Bibl. Nat., fonds latin, n" 10426.
(3) Cette citation est ainsi completee dans I'inventaire S G : « Miilta signi-
ficat. n
(4) Robert Mauger succeda, le 12 aout 141 3, comme Premier President du
Parlement a Henri de Marie, nomme Chancelier de France. Les Bourgui-
gnons le remplacerent, en 1418, par Philippe de Morvilliers. II mourut la
meme annee. Son testament porte la date du 25 septembre 1418. (Voy.
A. Tuetey, Testaments enregistre's au Parlement de Paris, p. 597).
334 LIVRES DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 21 5 vo]
par Julien Simon et Hermant Rainse c escuz; valent cxii liv. x sous t.; par
ainsi somme toute clii liv. x sous t.]
1243. Item, un Psaultier glosd (i), escript de lettre de fourme;
et au commancement du second fueillet a escript : modus autem;
couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermoers de latton,
et sur chascun aiz cinq boillons de latton; lequel Psaultier mais-
tre Symon Alligret donna a Monseigneur aux estrainnes, le pre-
mier jour de Janvier mil quatre cens et quatourze.
1244. Item, ung livre d^Eiivangiles, glose (2), escript de lettre
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript :
sin convocatis ; couvert de cuir rouge empraint, et sur chascune
aiz a cinq boillons de latton, fermant a deux fermouers de latton;
lequel livre maistre Arnoulx Belin donna a Monseigneur aus-
dictes estrainnes, le premier jour de Janvier Fan dessusdit mil
quatre cens et quatourze.
Isti duo libri [1243-1244] dati fuerunt per dominum Ducem sue capelle
Bitturicensi, prout constat per litteras suas, datas xvi die januarii JVI GGCC
XIIII, superius redditas. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie.
1245. Item, ung Psaultier glose (3), escript de grosse lettre de
fourme; couvert de cuir rouge empraint, fermant a deux fer-
mouers de latton, et par dessus cinq boillons de latton; et au
commancement du second fueillet dudit livre a escript : et in
lege; lequel livre maistre Arnoul Belin, tresorier de la chapelle
de Monseigneur, lui donna aux estrainnes, le premier jour de
Janvier I'an mil quatre cens et quinze.
Datum fuit sacre capelle Bitturicensi, [ut] constat per litteras dicti Domini,
datas VIII die januarii M CCCC XV, superius redditas. Et ideo acquittatur
hie idem Robinetus.
1246. Item, ung ^q\.\x Psaultier [^)^ de tres bonne lettre de
fourme; couvert par dessus d'un drap de soye ouvre a fleurs de
liz d'or; lequel Psaultier le conte Dauphin a donn^ a Monsei-
gneur, et despuis mondit Seigneur y a fait faire deux fermouers
d'or, esmaillez aux armes de Monseigneur et une pipe d'or; et au
(i) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n° 26).
(2) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n° 33).
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 173 (n° 24). Bibl. Nat., fonds latin, n''8874.
(4) Cab. des man., t. IIT, p. 173 (n" 27).
LIVRES DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2 I 6] 335
comniancement du second fueillet dudit Psaultier a escript : qui
conjidunt.
Datus fuit per dominum Ducem et per suas litteras, datas ii' die aprilis
M CCCG XV, domino archiepiscopo Bitturicensi; que littere sunt superius
redditc. Et sit acquittatur idem Rohinetus de eodem.
1247. Item, ung livre de la Cite de Dieu (i), en deux volumes
escripz en frangoys, de bonne lettre de fourme, tres bien historiez
et enluminez, couvers de cuir rouge empraint, a deux fermouers
d'argent dorez, et par dessus chascun a une chemise de satin
figure, doublez de satin noir; et au commancement du second
fueillet du premier volume desdiz livres a escript : sesydoles (2) ;
et au commancement du second fueillet de I'autre volume a es-
cript : que toute creature ; \es>c{\xehi le Roy a donnez a Monsei-
gneur en son hostel de Neelle, ou moys de mars mil quatre cens
et quinze.
Iste liber redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et
idee de eodem acquittatur liic.
[S G, n° 1 142 ; prise in'' lxxv liv. t.]
1248. Item, ung autre livre de Terence (3), escript en latin, de
bonne lettre de fourme, glose et historic ; fermant a deux fer-
mouers d'_argent dorez, esmaillez aux armes de feu monseigneur
de Guienne, par dessus convert de drap de damas sendre; et au
commancement du second fueillet dudit livre a escript : fere
5/i>i (4) ; lequel livre Fevesque de Chalon (5) donna a mondit
Seigneur.
[S G, n° 529; prise lxxv liv. t.]
124*9. Item, ung autre livre, escript en latin, de grosse lettre de
fourme, des Groniques de France (6) ; convert de cuir rouge,
(i) Cab. des man.,t. Ill, p. 180 (n° 1 17). — Voyez Gazette des Beaux-Arts,
n" 3.
(2) La citation donnee par I'inventaire S G, toute differente de cellequ'on
lit ici, est ainsi confue : a }-e vermeille ainsi reveramment. » Le debut du
second feuillet du deuxieme volume est le meme dans les deux manuscrits.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 262).
(4) « Fore sibi hanc » dans I'inventaire S G.
(5) Louis cardinal de Bar, eveque de Chalons-sur-Marne de i4i3 a 1420,
puis transfere a I'eveche de Verdun en 1420. On a vu precedemment qu'il
etait en relations suivies avec le due de Berry.
(6) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 2 38).
336 LIVRES DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2l6 V°]
fermant a quatre fermouers de latton; et au commancement du
second fueillet dudit livre a escript : tis et vocatum (i); lequel
livre Monseigneur a eu de Tabbaye de Saint-Denis.
Redditi fuerunt [1248- 1249] ut supra.
[S G, n° 1294 : lequel livre mondit Seigneur de Berry fist prendre en
I'esglise de Saint Denis pour monstrer a I'Empereur et aussi pour le faire
coppier, et voult a ses derrains jours, si comme il est relate par ledit Robi-
net et aussi le confesseur dudit feu mondit Seigneur, que mondit Seigneur
lui dist qu'il feust restitue a ladicte esglise].
i25o. Item, le second volume d'un Breviere {2) tres richement
historie et enlumine, garny d'une chemise de drap d'or semee
de fueilles miparties de blanc et vert ; lequel livre fut de feu
monseigneur de Guienne.
Redditus, ut supra.
1 25 1 . Item, unes petites Heures de Nostre Dame (3), tres bien
historides de menues histoires, dont les aiz sont couvertes d'or,
ouvrez aymages faiz de haute taille ; lesquelles Heures la femme
de messire David de Brimeu a donne a Monseigneur, ou moys
de Janvier I'an mil quatre cens et quinze.
Date fuerunt comitisse Armigniaci, filie dicti domini Ducis, [ut] constat per
litteras dicti Domini, datas xv' die maii M CGGG XVI°, superius redditas.
Et sic acquittatur hie idem Robinetus.
Presens inventarium visum, correctum et clausum fuit per
nos Stephanum de Brayo et Nicolaum de Pratis, Regis consilia-
rios, et ad hoc per litteras Regis commissos, prout in inventario
precedent!, xxii^ die januarii anno M CCCC XV1°
N. DE Praxis. — S. Bray,
(i) L'inventaire S G ajoute, apres vocatum : « est nomen ejus Adam. »
(2) Parmi les nombreux breviaires dont M. Delisle a releve la mention
dans les inventaires du due de Berry, celui qui porte le n° 64 dans la liste
du Cabinet des mamiscrits repond seul, et encore incompletement, a la
presente description.
(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° 109). — Voyez Gazette des Beaux-
Arts, n" 33.
CORRECTIONS ET ADDITIONS
(0
p. 9, note I : les lettres d'anoblissement de Robinet d'Etampes et dc sa
femme Jaquete, en date du 26 mai 1404, se trouvcnt au Tresor des
Chartes sous la cote JJ i58, n" 384.
P. 17, 1. 14 : supprimez la croix apres Ducis.
P. 18, note I : les amies mentionnees dans le texte peuvent aussi bien
etre celles de la deuxieme femme du due Jean que celles de la pre-
miere.
P. 19, 1. 19 : isti tabular, lise{ : isti tabularii.
— 1. 20 : supprimez la croix apres Ducis.
— 1. 22 : ajoutez le renvoi : [B, n° 21 3].
P. 20, note 2 : Henri III, dit le Malade, lise^ : dit le Maladif.
P. 21, art. 22 et 24 : apres la concordance avec I'lnventaire SG, ofoiite^ :
non prise.
P. 25, art. 40 -. apres le renvoi a I'inventaire SG, ajoiite^ : non prise.
P. 26, 1. I et note i : les amies de France et d'Evreux sont probablemcnt
celles de la reine Jeanne d'Evreux, veuve du roi Charles IV, niorte en iSyo.
P. 28, 1. i3 : au lieu de ii'' 1. t., lise:{ : xii" 1. t.
P. 32, note I : la somme promise aux Anglais par le due de Berry etait le
prix de leur assistance contre I'armee du Roi et du due de Bourgogne
lors du siege de Bourges. Les Anglais arriverent trop tard, il n'en
fallut pas moins payer leur alliance.
P. 37, art. 71 : ajoutez, apres le renvoi a I'lnvent. SG : prise M frans.
P. 48, 1. 12 : XV s., lise^ : xv esterlins.
P. 53, art. i25 : ajoutez le renvoi : B, n" 919.
P. 55, art. i3i : ajoutez le renvoi : B, n" 860.
P. 55, art. i32 : apres la reference a I'inventaire SG, ajoutez : « la saliere
en laquelle souloit avoir des reliques, prisee lx s. t. »
P. 66, art. i85, note : au lieu de : prise iiii liv. t. ; lise:{ : prise niv- 1. t.
P. 67, art. 1 86 : au lieu de : prise vii nii'^x vii liv., lisei : prise vn^ luixx vii liv.
P. 71, note I : voyez au sujet de ces medailles la notice publiee dans la
Revue de Numismatique de 1890, sous le titre Medailles de Constantin et
(i) On ne signale pas les fautes d'impression ou de ponctuation qui se
corrigent facilement a la lecture.
338 CORRKCTIONS ET ADDITIONS
d'Heracliiis acqinses par Jean due de Berry en 1402, 32 pages ct 1^ plan-
ches (Tirage a part a 25 excmplaires).
M. Froehncr, dans VAnnuaire de la Societe francaise de niimismatiqiic
(1890, p. 472-478, Varictcs numismatiques)jlaissant de cote la mddaille de
Constantin, s'attache a donner de nouvellcs explication des legendes inscrites
sur celle d'Heraclius. II pense qu'au lieu de portes de I'enfer, il faut tra-
duire les Portes de fer, dans le defile du Taurus, que TEmpereur dut fran-
chir pour gagner la Perse; il propose d'autres interpretations ingenieuses
des allegories gravees sur la medaille. Mais il parait impossible d'admet-
tre la lecture kitokrfi^'.!:, (reprises) proposee par lui au lieu de AIIOAINIC.
M. Froehner s'etonne de I'absence d'accents dans la legende grecque; n'est-
ce pas une regie generale dans toutes les inscriptions en capitales ? La
conclusion de M. Froehner qui attribue une origine viennoise a la medaille,
sans aucune preuve a I'appui, nous semble aussi contestable.
Dans la meme Revue (1891, p. 83-86j, M. Blanchet s'est donne la tache
de refuter une partie des observations de M. Froehner et ses observations
sont accompagnees d'une remarque ingenieuse sur Tidentite des litres hono-
rifiques attribues par les legendes aux deux empereurs. Nous sommes du
reste absolument d'accord avec M. Froehner sur la necessite d'expliquer les
monuments figures du moyen age par des textes de la meme epoque. Done,
avant d'entreprendre la publication d'un document comme I'inventaire du
due de Berry, il faudrait posseder a fond toute la litterature du moyen age.
C'est cntendu. Mais alors, qui serait jamais en mesure d'entreprendre une
pareille publication?
II y a bien d'autres articles de I'inventaire du due de Berry pour I'expli-
cation desquels la connaissance approfondie de la litterature et des legendes
du moyen age serait indispensable. II nous a semble qu'il fallait pourvoir
au plus presse, c'est-a-dire publier d'abord le texte aussi correctement que
possible. Les commentaires et eclaircissements viendront en leur temps;
chacun maintenant pent se mettre a la besogne.
P. 75, art. 209 : ajoutez le renvoi : B, n° 253.
P. 79, art. 233 : ajoutez le renvoi : B, n" 927.
P. 87, art. 281 : au lieu de : B, n" 642, Use:{ : B, n" 940.
P. 98, note I : le grand maitre de Rhodes etait Philibert de Naillac (Cf.
p. i83, note i).
P. 100, art. 341 : ajoutez le renvoi : B, n' 216, et, apres SG, n° 927, ajoutez :
prise avec 926 et 926 22 liv. 10 sous t. [voir la note de 338].
P. loi, note I : sur Guillemin Sanguin, voyez aussi Ic Journal dun bour-
geois de Paris, p. 239, note 2.
P. loi, note 2 : Valentine d'Orleans ; lise^ : \'alentine de Milan.
P. 1 1 5, art. 370 : ajoutez le renvoi : B, n" 144.
P. 122, art. 399 : ajoutez le renvoi : B, n° 240.
P. I 36, ligne 18 : Gervasio Martini, /zs<?f : Gervasio Merlini.
— note I, ligne 2 : due de Montpensier; //sef ; comte de Montpensier.
P. 142, art. 473 : ajoutez Ic renvoi : B. n° 162.
CORRECTIONS ET ADDITIONS 339
P. 143, art. 494 : ajoutez le renvoi : B, 11° 199.
P. 149, art. 5:^7 : ajoutez le renvoi ; B, n'' 931.
P. i5o, art. 538 : ajoutez : Cf. B, n° i(j(5.
P. 1 53, note 2 : rapprochez de cette note, I'ctude consacrce dans la Reme
de Numismastiqice, annee 1891, aux medailles des seigneurs de Carrare
(9 pages et i planche); il a ete fait de cette notice un tirage a part a
5o exennplaires.
P. I 55, note 2 : les joutes de Bourges, dont il est question dans les articles
576 et 931, a I'occasion de joyaux et autres choses livrees par le mar-
chand parisien, Barthelemy Rust, furent celebrees a la suite de la con-
secration et de la dedicace de la Sainte-Chapelle erigee par le due de
Berry. Les ceremonies religieuses avaient eu lieu les 18 et 19 avril 1405 ;
les joutes furent donnees les deux jours suivants, 21 et 22 avril, commc
le temoignent les articles de I'lnventaire.
P. 164, art. 61 3 : ajoutez le renvoi : B, n° 58.
P. 180, note I : la date de la mort d'Asselin Reine, donnee dans cette note
d'apres la date de son testament (1404), est en opposition formelle avec
I'article 680 de I'lnventaire parlant d'un cadeau offert au due de Berry
par Asselin Reine aux etrennes de 1408. II aurait vecu plus de quatrc
ans encore apres avoir fait son testament.
P. 180, note 2 : le nom de Guillaume de Ruilly, predecesseur de Robinet
d'Etampes dans la charge de garde des joyaux du due de Berry, revient
frequemment dans I'lnventaire B.
P. 181, note I : cette note fait double emploi avec la note plus complete de
la page 52.
P. 1 85, note 4 : sur Casin de Serenviller, voy. Invent. B, p. 3i, note i.
P. 2o3, art. 783 : ajoutez a la suite de I'art. le renvoi : SG, n" 1014, prise x 1. 1
P. 209, ligne 22 : au lieu de 801-807, lise\ : 802-807.
P. 21 1, note 2 : I'eveque de Lavaur, cite dans les articles 811 et 812, ne serait-
il pas Pierre III Giraud, cardinal du Puy, eveque de Lavaur de 1410 a
141 5, plutot que son predecesseur Pierre Neveu? La mention peut aussi
bien s'appliquer a I'un qu'a I'autre.
P. 223, note I : ajoutez a I'enumeration des publications sur la bibliotheque
du due de Berry : Le Laboureur : Le Religieux de Saint-Denis, 2 vol.
in-fol., i663. — Barrois, Bibliotheque protypographique on librairies
des fils du roi Jean, etc. Treuttel et Wurtz, in-4'', i83o, planches. — Ces
deux auteurs donnent la liste des livres mentionnes dans le manuscrit de
Sainte-Genevieve.
P. 226, art. 859 : ajoutez au renvoi SG 460 : prise xxx liv. t.
P. 226, art. 860 : le livre de Machaut offert au due de Clarence, est pro-
bablemcnt le miime volume que le due de Berry avait deja donne, en
1404, a la Sainte Chapelle de Bourges et qu'il s'etait fait restituer avant
141 2. — Cf. la note concernant ce manuscrit a I'Appendice III de la pre-
sente publication (tome 11, p. 3 18). C'est sans doute le manuscrit inscrit
sous le n" 9221, du fends frans:ais. II porte a la premiere et a la derniere
340 CORRECTIONS ET ADDITIONS
pages une double annotation ne laissant pas de doute sur sa provenance.
P. 23i, art. 883, note 4 : a la suite d'une communication faite a I'Acad^mie
des Inscriptions et Belles-Lettrcs, dans la seance du 3o Janvier 1891, au
sujet des ouvrages de Honore Bonnet, le prieur de Salon, M. Noel Valois,
a bien voulu nous donner les renseignements suivants : Honore Bonnet,
dans son Somniitm super materia scismatis, suppose un dialogue entrc lui
et le due de Berry, et met dans la bouche de ce prince une citation du
Hvre I g 4 de VArbre des Batailles, ouvrage, ajoute le Due « quem dudum
nobis dedistii ». IJ'Arbre des Batailles fut compose entre i386 et i389, et
le Somnium en 1394 (Cf. Bib. Nat., ms. lat. 14643, fol. 279 v").
P. 232, art. 886 : le due de Berry possedait trois exemplaires des Dialogues
de saint Gregoire, inscrits dans I'lnventaire A sous les n" 886, 962 et
1229. Un de ces manuscrits, provenant de la librairie des dues de Bour-
gogne, fait actuellement partie de la bibliotheque royale de Bruxelles oil il
porte le n" 9533 (voy. Delisle, Melanges de pale'ographie, p.23o, et Cab.
des man. tome III, p. 340).
P. 235, note 4 : sur Andre Beauneveu, consultez aussi : X\c\. Pinchart,
Archives des arts, des sciences et des lettres (tome II, p. 145), et I'abbe
Dehaisnes, Histoire de I'art dans la Flandre, VArtois et le Hainaut (t. I,
p. 242-257), ou se trouvent reproduites en heliogravure deux miniatures
attribuees avec toute vraisemblance a Andre Beauneveu. L'une reprc-
scntc la Vierge avec I'enfant Jesus; I'autre nous offre le portrait le plus
rcmarquable, on pourrait presque dire le plus ressemblant, qui existe du
due de Berry. On pent recourir aussi aux sources enumerees dans le Ca-
talogue raisonne des moulages du Musee du Trocadero pour les xiv" et
xv" siecles, p. 41.
P. 235, note 4 : au lieu dc vingt-quatre prophetes et apotres. Use:;: douze.
P. 2 36, art. 911: Jacques Courau qui offre en etrennes, au debut de I'annee
1402 (n. St.) un manuscrit de Valere Maxime, puis un livre de la Cite' de
Dieu en 1405 (art. 942), etait tresorier general du due de Berry depuis
1397 (cf. Arch. Nat. KK 253, fol. i et passim).
P. 2 38, art. 916 : M. Delisle pense que le Tite-Live decrit sous ce
numero est celui qui fait partie des collections de Chantilly. — Voyez
notre liste des manuscrits du due de Berry (Introduction, p. clxix, n" 41).
P. 239, note 2 : M. le baron Jerome Pichon vient de donner une nouvelle
edition du Viandier Taillevent.
P. 244, n" 934 : Le premier volume de cette Bible, conserve au British
Museum, a re(;u le n° 1175 dans le fonds Lansdowne. (Cf. Introduction,
p. CLXi, n° 4).
P. 245, note 4 : M. Delisle a constate que la bibliotheque de Bruxelles ne
possedait pas de Sidrac provenant de la librairie de Bourges {Cab. des
man. Appendice, t. Ill, p. 340.
P. 246, note 2 : ce n'est pas le n° 940, mais le n° 993 de notre Inventaire
qui porte aujourd'hui le n° 998 du fonds fran^ais.
P. 248, n" 946. Le manuscrit des Miracles de Notre-Dame apparticnt aujour-
CORRECTIONS KT ADDITIONS .->4 1
d'hui au Scminairc dc Soissons. Expose au Champ dc Mars en 18G7, il
a cte I'objet d'une etude tres coniplele dc M. Dclisle inscree dans Ics
Comptes rendus des seances de V Academic des Inscriptions, 1867, p. 262-
266. etude reproduite dans le Cabinet des Maniiscrits, tome III, p. 324-
327. L'histoire complete de ce beau livre, pris par Ics Anglais a la bataillc
de Poitiers, rachete par Charles V, puis donne au due dc Berry par
Charles VI, se trouve racontee par le detail dans la notice de M. Dclisle.
(Voy. notrc Introduction, p. clxxiv, n" 58.)
P. 24Q, art. 949 : sur 1 epitre d'Othea a Hector, voyez I'article 1004 du memc
Inventaire et la note qui I'accompagne.
P. 25o, art. 962 : la Mutacion de fortune porte, a la bibliotheque de La
Hayc, le n" 701 (Dclisle, Melanges de paleographie, p. 23i). — Voy. notre
Introduction, p. clxxvi, n° 70.
P. 25 1, art. 954 : au sujet de Jean Flamcl,rapprochez les notes des articles
961 et 991 de cellc de I'article 954.
P. 252, art. 957 : voyez la note du Cabinet des Maniiscrits, t. Ill, p. 340.
P. 253, art. 960 : depuis que M. Dclisle a decrit ce livre d'Hcures dans les
Melanges de paleographie, les heriticrs dn baron d'Ailly qui les posse-
daicntalors les ont vendues au baron Edmondde Rothschid en 1881 (Voy.
Cabinet des Maniiscrits, t. Ill, p. 389) et notre Introduction, p. clxxi,
n° 26.
P. 255, art. 964, 1. 5 : sur Pierre Le Fruitier, dit Salmon, secretaire du roi
Charles VI, voy. I'article deja signale plus haut (p. 22, note 2) public dans
la Ga::{ette des Beaux-Arts, par M. A. de Champeaux. Le manuscrit de
la Cite de Dieii dont il est question ici, fut reclame en 1416 par Pierre
Salmon qui pretendait nc I'avoir remis au Due que pour I'examiner;
cette revendication fut du reste admise par les executeurs testamentaires,
et Salmon rentra en possession de la Cite de Dieii.
P. 255, art. 965 : c'est la Bible vendue paries heriticrs dc Jean de Montaigu
a Galiache Pinel, marchand de Paris, Ic 18 mars 1418, pour i25 1iv. t.
(Cf. Delisle, t. Ill, p. 171).
P. 258, art. 971, note 1 : le Breviairc de Charles V est cote io52 et non
4o52 (comme le dit la note) dans le fonds latin dc la Bibliotheque Natio-
nale.
P. 262, art. 983 : M. Delisle, dans le Cabinet des maniiscrits (Appendice,
t. Ill, p. 389), a constate I'existence de deux manuscrits differentsdu3//roir
des Dames, ayant tous deuxappartenus au due de Berry. L'un est actuelle-
ment au British Museum, I'autre a la bibliotheque de Bruxelles (Voy.
t. II de notre publication, p. 3 18 et I'lntroduction, p. clxxv et clxxxi,
n"' 64 et 65).
P. 265, note I : ajoutez la reference Bib. Nat. f. fr. 598.
P. 267, art. 998 : ajoutez ce renvoi : SG, n" 1161 et 1162 : prises ensem-
ble CXX liv. t. — L'inventaire SG ajoute : « Convert de drap de Damas
vermeil, double de satin vermeil..., dont Ic brief d'icculx est en fran?ois. »
C'est par errcur que Ic Cabinet des Man. renvoie aux n" 1061 et 1062.
342 CORRECTIONS ET ADDITIONS
P. 2g3, lig. 28 : au lieu dc : prise ci frans, lisCy .-prise cl frans.
P. 297, note I ; Guillaume de Boisratier ne succeda a Pierre Aimeri sur le
siege de Bourges qu'en 1409. En 1400, il occupait aupres du due de Berry
les fonctions de conseiller et maitre des rcquetes de Fhotcl (Arch. Nat.
KK 253, fol. 14 v" et passim).
P. 3o3, note i , in fine : au lieu de : apres la mort du due de Bcrri, lise^ : apres
la mort de Jean.
P. 319, art. 1 196 : ajoutcz, a la fin, Ic renvoi suivant : Cf. SG, n" 701 ;
prise w XXV liv. t.
P. 33o, art. i23i, note : ce manuscrit porte actuellement le n" 1434 du fonds
franijais a la Bibliotheque Nationale. (Cf. Introduction, p. clxxiv, n° 59.
TABLE DES MATIERES
PREMIER VOLUME
Introduction '
Lettres du roi Charles VI adjoignant Etienne de Bray et Nico-
las Des Pres aux executeurs testamentaires du due de Berry,
et commettant Jean Le Bourne a I'administrationde ses biens
(8 aout 1416) ^
Lettres de Charles VI enjoignant a Arnoul Belin et a Mace
Sarreboursededelivreraux executeurs testamentaires I'inven-
taire du due de Berry reste entre les mains de Robinet
d'Etampes (8 aout 1416) ^
Inventaire des joyaux remis a garde de Robinet d'Etampes... 7
Decharge generale donnee a Robinet d'Etampes 8
Joj'aux pour chapelle :
Croix d'or et d'argent des inventaires 10
Croix d'or et d'argent achetees par Monseigneur 12
Croix d'or et d'argent donnees a Monseigneur 16
Grands joyaux et tabernacles ^7
Tableaux, reliquaires et petits joyaux d'or et d'argent des
inventaires '9
Tableaux, etc., achetes par Monseigneur 27
Tableaux, etc., donnes a Monseigneur ^-'
Images d'or et d'argent des inventaires ■ 4^
Images d'or ot d'argent achetees par Monseigneur 4^
Images d'or et d'argent donnees a Monseigneur 44
Calices, portepaix, corporaliers, boites, burettes d'or et d'ar-
gent des inventaires 4^
Calices, etc., d'or et d'argent donnes a Monseigneur 4^^
344 TABLIC DES MATIERKS
Chandeliers, benoistiers et encensiers d'or et d'argent des
inventaires 48
Chandeliers, etc., donnes a Monseigneur 52
Au tiers portatifs des inventaires 52
Autiers portatifs depuis les inventaires 53
Autres joyaux de diverses manieres, pour chapelle, des inven-
taires 53
Reliques saintes des inventaires 54
Reliques donnees a Monseigneur 55
Joyaux pour le corps de Monseigneur le due :
Colliers, chapeaux, echarpes et ceintures des inventaires 5j
Colliers et ceintures donnes a Monseigneur 59
Fermaillez des inventaires 59
Fermaillez achetes par Monseigneur 61
Fermaillez donnes a Monseigneur 62
Bullettes, petits reliquaires et patenotres des inventaires 62
Bullettes, etc., achetes par Monseigneur 66
Bullettes, etc., donnes a Monseigneur 69
Petits joyaux d'or des inventaires 70
Petits joyaux d'or achetes par Monseigneur 70
Joyaux et autres objets de peu de valeur des inventaires 73
Joyaux, etc., de peu de valeur, achetes par Monseigneur 88
Pierrerie des joyaux et vaisselle depece^.
Rubis 99
Rubis achetes 100
Rubis donnes a Monseigneur io3
Balais des joyaux et vaisselle io5
Balais achetes par Monseigneur 1 1 1
Balais donnes a Monseigneur 112
Saphirs des joyaux et vaisselle 112
Saphirs achetes par Monseigneur 1 17
Saphirs donnes a Monseigneur 118
Emeraudes des joyaux et vaisselle 121
Emeraudes achetees par Monseigneur i23
Emeraudes donnees a Monseigneur i25
Diamants des joyaux et vaisselle 126
Diamants achetes par Monseigneur 128
TABLE DES MATIERES 345
Diamants donnes a Monseigneur 1 3 1
Pedes des joyaux et vaisselle i36
Perles achetees par Monseigneur 140
Perles donnees a Monseigneur 141
Sceaux et signets 141
Anneaux, pierres, etc., et joyaux depeces des inventaires, en
oeuvre et hors oeuvre 148
Autres parties des inventaires de nuUe ou petite valeur i5i
Pierres en anneaux et hors oeuvre achetees par Monseigneur. . i55
Pierres en anneaux et hors oeuvres donnees a Monseigneur. ... i58
Vaisselle et autres choses, d'or et d'argent, pour panneterie,
des inventaires 1 64
Vaisselle, etc., achetee par Monseigneur 170
Vaisselle, etc., donnee a Monseigneur 174
Vaisselle d'or et d'argent, pour echansonnerie, des inventaires. 184
Vaisselle, etc., achetee par Monseigneur 199
Vaisselle, etc., donnee a Monseigneur 208
Vaisselle d'argent, pour fruiterie, des inventaires 217
Vaisselle, etc., achetee par Monseigneur 218
Vaisselle d'argent, pour epicerie, des inventaires 218
Vaisselle, etc., achetee par Monseigneur et a lui donnee 219
Vaisselle d'argent, pour cuisine, des inventaires 219
Vaisselle, etc., achetee par Monseigneur 220
Les livres des inventaires.
Livres acquis depuis les inventaires par achat, don ou autre-
ment 236
Livres acquis par Monseigneur depuis les comptes precedens et
qui n'y sont pas declares 269
Draps de soie, linge, et autres parties restant de I'inventaire
fait des choses estant en I'hotel de la chancellerie deBourges. 271
Depense de joyaux, vaisselle, pierrerie et autres choses donnees
en gage par Monseigneur, reunies ici pour la decharge de
Robinet d'Etampes et pour en mieux conserver la memoire
quand viendra le temps de les recouvrer 279
CoMPTE RENDU PAR RoBiNET d'Etampes des joyaux, vaisselle,
pierrerie, livres et autres choses advenues a Monseigneur par
achat, don ou autrement depuis le 3i Janvier 1412 {i4i3 n. St.),
date du precedent inventaire, jusqu'au iSjuin 1416, date de la
mart du due de Berry ^, 288
346 TABLE DES MATIERES
Joyaux pour chapelle :
Croix d'or ou autremcnt, achetees ou recouvrees par Mon-
seigneur 288
Tableaux, reliquaires et petits joyaux, d'or et d'argent, ou
autrement, achates ou recouvres par Monseigneur 289
Tableaux, reliquaires, etc., donnes a Monseigneur 291
Grands joyaux et tabernacles, d'or et de pierrerie, achetes et
recouvres par Monseigneur 292
Images d'or et d'argent, ou autrement, achetees et recouvrees
par Monseigneur 295
Calices, portepaix et burettes, d'or et d'argent, donnes a
Monseigneur 296
Joj^aiix pour le corps de Monseigneur :
Colliers, echarpes et ceintures, d'or et d'argent, achetes par
Monseigneur 298
Fermaillets d'or et de pierrerie, achetes et recouvres par Mon-
seigneur 299
BuUettes, petits reliquaires et patenotres, d'or et de pierrerie,
donnes a Monseigneur 299
Joyaux et autres choses de diverses manieres achetees par
Monseigneur ^° ^
Joyaux, etc., donnes a Monseigneur 3o2
Pierrerie des joyaux et vaisselle depeces :
Rubis 3o4
Rubis achetes par Monseigneur 3o4
Rubis donnes a Monseigneur 3o6
Balais des joyaux et vaisselle 3o8
Balais achetes et recouvres par Monseigneur 3o9
Balais donnes a Monseigneur 3 1 o
Saphirs des joyaux et vaisselle 3 10
Saphirs achetes et recouvres par Monseigneur 3 1 1
Saphirs donnes a Monseigneur 3 1 2
Emeraudes achetees par Monseigneur et a lui donnecs 3i3
Diamants des joyaux et vaisselle 3 14
Diamants achetes et recouvres par Monseigneur 3 14
Diamants donnes a Monseigneur 3 16
TABLE DES MATIERES 347
Perles des joyaux et vaisselle 3i9
Perles donnees a Monseigneur 32o
Anneaux, pierres et autres choses des joyaux et vaisselle 32i
Pierres et autres choses achetees par Monseigneur 32 1
Pierres, etc., donnees a Monseigneur 322
Vaisselle et autres choses, d'or et d'argent, pour panneterie,
donnees a Monseigneur 323
Vaisselle d'or et d'argent, pour echansonnerie, achetee pour
Monseigneur 324
Vaisselle, etc., pour echansonnerie, donnee a Monseigneur 326
Vaisselle d'or et d'argent, pour fruiterie, achetee pour Mon-
seigneur 320
Vaissselle d'or et d'argent, pour epicerie, donnee a Monseigneur . 327
Vaisselle d'argent, pour cuisine, achetee par Monseigneur .... 328
Livres achetes pour Monseigneur 328
Livres donnes a Monseigneur 332
Corrections et additions 337
Table des matieres ^42
I.c Puy, iiiiprimcrie Marc/icssoii Jils. boulevard Saint-Lattrcnl. I'.V.
NK
Berry, Jean de France
^;° ^ Inventaires de Jean due de
d4 ( Berry
t.l
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